En salle

31 août 2006

Sexe et politique

N'ayant pas le temps de rédiger un billet, je me contente de faire une revue de presse et de la limiter à un seul article que je recopie ci-dessous.

C'est pourtant avec plaisir que nous aurions pu évoquer l'interview de Pierre Mehaignerie dans Ouest-France de ce matin qui nous laisse benoît qu'en à la compréhension de la politique économique du gouverment par ce type là, qui, si ma mémoire est bonne, est président de la commission de finances à l'Assemblée.

Mais le sujet n'est pas là. Voilà l'article. J'espère que le titre aura au moins le plaisir de faire augmenter la fréquentation du blog.

Reuters le 31/08/2006 14h51
Un livre veut briser le tabou du sexe et de la politique

PARIS (Reuters) - Un livre sorti jeudi, "Sexus politicus", entend briser le tabou français du sexe et de la politique, dévoilant certains pans de la vie privée des dirigeants et leur influence sur les affaires de l'Etat.

A huit mois de l'élection présidentielle, l'ouvrage écrit par les journalistes Christophe Dubois et Christophe Deloire se donne pour objet de lever le voile jugé "hypocrite" sur cet aspect de la vie publique.

"Les hommes politiques présentent une vie lisse qui n'est pas leur vraie vie. C'est une zone non explorée, un sujet tabou que nous avons brisé avec la complicité de la classe politique", a expliqué à Reuters Christophe Dubois.

Pour cette enquête sans précédent, les auteurs ont rencontré environ 200 personnes, mais n'ont pu obtenir ni les confidences de Valéry Giscard d'Estaing, qui a refusé l'entretien, ni celles de Jacques Chirac, qu'ils n'ont pas sollicité.

Deux facteurs expliqueraient le goût des dirigeants pour les femmes, selon les auteurs. D'abord, le pouvoir serait un "aphrodisiaque absolu" qui saisirait de surcroît des "énarques besogneux ayant longtemps mis leurs pulsions en berne".

Surtout, tradition qui remonterait à la monarchie, "avoir beaucoup de femmes est un attribut du pouvoir, de même que le faire savoir", explique Christophe Dubois. De fait, les frasques sentimentales de Valéry Giscard d'Estaing, François Mitterrand ou Jacques Chirac sont innombrables, rappelle-t-il.

En 1974, un accident de la circulation impliquant le président Giscard d'Estaing, conduisant lui-même une voiture aux côtés d'une conquête, au petit matin dans une rue de Paris, avait fait les titres de la presse satirique.

Entre 1981 et 1995, François Mitterrand a multiplié les liaisons en dehors même de ses deux familles, écrivent les auteurs, qui racontent même qu'à la fin de sa vie, une jeune femme d'une vingtaine d'années avec qui il semblait avoir lié une amitié amoureuse platonique lui rendait fréquemment visite.

BASSE POLICE

Aspect moins romantique, le président avait logé sa seconde famille, Anne et Mazarine Pingeot, dans une annexe de l'Elysée et mis sur pied une cellule "antiterroriste" qui a pratiqué des écoutes téléphoniques illégales pour préserver le secret.

Quant à Jacques Chirac, la fréquence de ses infidélités a été rendue publique par son épouse Bernadette dans un livre paru en 2002, souligne Christophe Dubois.

Les auteurs reviennent sur les voyages payés par des espèces d'origine douteuse, dans les années 1990, par le maire de Paris d'alors. La justice a mis en lumière en 2001 l'aspect privé et sentimental des voyages, auxquels participait une journaliste amie du président.

Fait révélateur de l'hypocrisie sur ces sujets, les responsables politiques, qui exigent des médias le respect du secret, font fréquemment appel à la police ou à des officines pour connaître et utiliser la vie privée de leurs rivaux.

Le livre raconte que lors du débat télévisé du second tour de la présidentielle de 1974, Valéry Giscard d'Estaing avait adressé à François Mitterrand un message subliminal, évoquant Clermont-Ferrand, ville natale d'Anne Pingeot : "une ville qui vous connaît et me connaît bien".

Plus récemment, le départ momentané de l'épouse de Nicolas Sarkozy, Cécilia, aurait été provoqué et médiatisé par ses rivaux dans la majorité.

Cécilia s'est vu remettre un dossier avec "des noms, des dates, des lieux" sur les infidélités supposées de son mari. Les mêmes personnes auraient ensuite fait connaître dans le tout-Paris le départ de Cécilia du foyer conjugal.

Le président de l'UMP a ensuite médiatisé en retour sa brève liaison avec une journaliste, le statut d'homme délaissé étant jugé peu attractif, avant de mettre en scène plus tard le retour de son épouse au foyer conjugal, ajoutent-ils.

Les auteurs évoquent en conclusion la favorite des sondages pour la présidentielle, la socialiste Ségolène Royal.

Fait inhabituel, "elle ne croit pas qu'il faut être malheureux en mariage pour faire carrière" et pourrait donc "mettre à bas le vieux modèle monarchique français".


N.B. : J'ai récupéré ça là : http://www.boursorama.com/pratique/actu/detail_actu_flash.phtml?&news=3641084

29 août 2006

Re le chèque transport et autres mesures clownesques

Un joyeux commentateur à mon précédent billet disait que finalement on s’en fout royalement du chèque transport. Et moi, benoîtement et bêtement, j’ai acquiescé.

En fait, on ne s’en fout pas tant que ça… d’autant que DDV a annoncé la création du truc hier, ainsi que d’autres mesures.

Le chèque transport est un détail parmi le reste… mais quand même…


1/ Un gouvernement de droite annonce des mesures anti-libérales

Anti-libérales ? Ben oui : des mesures fixées par le gouvernement et incitant les entreprises ou coûtant à l’état.


2/ Un gouvernement de droite annonce des mesures anti-libérales

Ca devrait réjouir un type de gauche. Ben non, sauf peut-être l’augmentation de la prime pour l’emploi, bien que je n’ai jamais trop bien compris ce truc là.

Il s’agit de mesures ridicules à pure fin électorales qui vont s’inscrire durablement dans notre système budgétaire et fiscal qui est déjà suffisamment lourdingue comme ça.

Mais qui ne règle rien le problème à la base (en l’occurrence le coût de l’immobilier et la diminution des stocks de pétrole).


3/ Un gouvernement de droite annonce des mesures anti-libérales

N.B. : Je mets le même titre à tous les paragraphes, c’est plus simple.

Ca empêche la lisibilité de la politique ! Comme c’est une mesure visant à augmenter le pouvoir d’achat, la gauche ne pourra jamais les critiquer sauf pour indiquer que ce n’est pas assez !

Alors qu’il faudrait dénoncer une immense supercherie de la part d’un parti politique qui s’apprête à détruire la notion même de contrat de travail (CPE, …) d’un côté et offre misérablement quelques centaines d’euros à des individus de l’autre côté.

Une immense supercherie aussi, car le jour même de l’annonce par le premier ministre, le ministre du budget rappelle la volonté du gouvernement d’affecter tout le surplus des recettes fiscales liées à la croissance à la baisse de la dette. L’argument annoncé par le premier ministre est en gros de faire participer les français à l’embellie des comptes de l’état.


4/ Un gouvernement de droite annonce des mesures anti-libérales

N.B. : Ca ne s’arrange pas côté titres de paragraphes

Ca empêche la lisibilité de la politique, disais-je ! Je traîne pas mal sur les blogs de droite, et le principal argument de ces gens là contre la gauche c’est justement que la gauche de 1997 à 2002 a profité d’une embellie des comptes de l’état liée à la croissance pour ajouter des charges qui viennent grever durablement ces comptes. Ils disent même que c’est ce qui a expliqué les difficultés pendant les années Raffarin.

Et pendant la campagne, il vont tenter de s’adresser aux types, qui comme moi, s’intéressent beaucoup aux aspects financiers de l’état, en essayant de faire croire qu’ils ont œuvré dans le sens de la dette alors que la gauche en est incapable, en prenant pour exemple l’année 2000 ou une partie des surplus a été affectée à des dépenses supplémentaires.

Alors que, je le rappelle encore, le gouvernement d’alors voulait affecter ce surplus à un remboursement de la dette, ce sont toutes les formations politiques ont insisté pour « faire partager avec les français les fruits de la croissance ». Et c’est le parti d’opposition, Président de la République en tête, qui ont avancé ce terme de cagnotte.

N.B. : Ce que nous rappelait récemment le Parisien à l’occasion du discours de JC du 14 juillet.


4/ Un gouvernement de droite annonce des mesures anti-libérales

N.B. : heu...

Ce n'est pas la seule mesure anti-libérale. La prochaine privatisation de GDF, évidemment blamable, est en fait un truc pour la faire fusionner avec Suez avec que cette dernière ne puisse plus être achetée par un groupe étranger.
Si ce n'est pas de l'intervention de l'état dans l'économie, qu'est-ce que c'est ?
Un gouvernement de droite annonce des mesures anti-libérales. Il se fout obligatoirement de notre gueule.

28 août 2006

L'art de noyer le poisson dans une usine à GAZ

Jeudi dernier, j’ai entendu Jean François Copé indiquer à la radio (France Inter, je crois) que le premier ministre allait annoncer prochainement la mise en place des chèques transports et j’ai lu, ce matin, une dépêche Reuters indiquant que FO insistait également sur ce chèque transport.

Mon présent billet est "apolitique" dans la mesure où la critique ne s'adresse pas directement au gouvernement mais un peu à tout le monde.

Cette histoire de chèque transport, par exemple : on a en France et dans le monde une crise abominable de l’énergie (augmentation du coût du pétrole, diminution des stocks, sensibilisation croissante aux dommages de l’effet de serre, …) et on est sur le point de créer une nouvelle usine à gaz pour permettre à certains de bénéficier d’exonérations de charges et d’impôts…

Je reviendrai sur ces des derniers points par la suite, pas admettez que pour s’attaquer au problème du coût de transport « domicile – travail », ça fait un peu léger.

Je ne propose rien, certes, d’ailleurs tout ça est très complexe, puisque passe par l’aménagement du territoire, le renforcement des transports collectifs, le développement d’énergies renouvelables, l’organisation du travail et de l’entreprise, …

C’est comme cette histoire de prime de 300 euros accordés aux étudiants en début d’année annoncée récemment. Ca équivaut un peu à pisser dans un violon. Les étudiants seront probablement ravis de la toucher, mais le vrai problème est bien le coût de l’immobilier à Paris… Devoir payer 500 euros par mois pour une chambre de bonne n’encourage pas vraiment les études…

Encore une fois, je ne propose pas de solution. Si claquer dans les doigts suffisait à faire baisser le prix de l’immobilier, ça se saurait… Mais s’il n’y a pas assez de logements pour les étudiants en France, peut-être faut-il en construire ?

On pourrait poursuivre les exemples, mais c'est assez pour la première partie du billet : arrêtons de créer des mesurettes pour occulter les vrais problèmes.

Revenons maintenant sur ce chèque transport. Les modalités ne sont pas encore connues donc il est impossible d'entrer dans le détail.

Il pourra être très utile aux citoyens utilisant leur voiture pour aller au boulot, mais ces modalités risquent d’être compliquées à mettre en œuvre. Par exemple, comment s’assurer que cette mesure n’encourage par les usagers à prendre leur propre voiture au lieu des transports en commun ? Et comment faire pour que les usagers des transports en commun ne se sentent pas lésés par cette mesure ? Comment vérifier que le montant versé au salarié corresponde effectivement à sa consommation réelle ?

En outre, la finalité est globalement de payer l’essence et donc de contribuer au résultat des compagnies pétrolières. Je n’ai aucune idée du coût de la mesure, par contre, je crois savoir que le bénéfice de Total était entre 10 et 15 milliards d’euros en 2005 ! Faut-il encore que des allègements de charges et donc le déficit de l’état alimentent le résultat des pétroliers ?

De même, la mesure permettra finalement aux entreprises d’allouer un complément de revenus aux salariés en les déduisant des charges et donc des différents prélèvements.

L’idée du chèque transport est certainement louable, mais à qui profite le crime ? Je ne dis pas ça méchamment, mais pour rappeler qu’on va mettre en place un truc compliqué pour contourner une crise énergétique mais qu’on se demande bien à quoi ça va servir !

Dans le début du billet, je parlais d’usine à gaz.

Je vais prendre l’exemple des tickets restaurants (ou chèques déjeuner, ou autres, …). Je ne critique pas le fait qu’une partie des repas soient à la charge de l’entreprise et défiscalisée pour l’employé. Lors de leur mise en place (et tout le monde n’y a pas encore le droit), c’était probablement une très grande avancée sociale pour tous les salariés qui ne pouvaient pas profiter d’un restaurant d’entreprise ou de tout autre moyen de s’alimenter sur le lieu de travail ou sur note de frais, prime de panier, ...

Cher lecteur, je suis désolé, je vais, comme à ma grande habitude, être un peu long, mais démonter une usine à gaz en trois lignes dépasse mes capacités !

Je touche des tickets restaurants à 7,4 euros, dont 4,4 (à peu près), payés par l’employeur et 3 à ma charge. L’employeur me retire donc 3 euros de salaire (net et imposable) par jour, soit environ 60 euros par mois. Déjà, je n’ai jamais compris quel esprit tordu a mis en place un système (on me retire 60 euros de mon virement mensuel pour me les reverser par un autre moyen) !

Ensuite, l’employeur me verse 4,4 euros par mois non imposables et exonérés de charges soit à peu près 1000 euros par an. J’ai toujours été curieux de savoir combien ça lui coûte en tout !

D’une part, les tickets restaurants sont gérés par des entreprises indépendantes qui doivent bien avoir des frais de fonctionnement, une marge, … D’autre part, le service du personnel doit gérer la mise à disposition de un ticket restaurant par jour de travail (ce qui se traduit par un rattrapage en août et en septembre). Enfin, je suppose qu’il doit également avancer de la trésorerie. Sans compter ce que ça coûte au commerçant, qui d’une part doit gérer des billets de 7,4 € (j’ai un copain qui en a de 6,41 € !) et d’autre part doit aussi avancer la trésorerie et payer des commissions !

Ca ne serait pas plus simple de rajouter une ligne sur les fiches de paie, type « panier repas », non imposable et exonérée de charges ? Le tout géré entièrement par l’informatique, sans avoir à manipuler ces horribles papiers ?

D’autant que je travaille généralement dans les locaux de clients. Je déjeune dans leur cantine où je paie le prix fort (il n’y a pas de « part employeur » puisque ce n’est pas mon employeur). Il est donc justifié que je touche une « aide »… Mais ces cantines n’acceptent pas les tickets restaurants… et je suis obligé de dépenser mes tickets autrement qu’en mangeant le midi !

Enfin, travaillant chez des clients et pas au siège de ma société, je reçois tes tickets restaurants avec mon bulletin de salaire, par la poste… où les tickets sont régulièrement volés !


Alors pour le chèque transport, merci de ne pas faire une usine à gaz au prétexte que l’essence est trop chère !
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Un truc qui n’a rien à voir à propos de J.F. Copé que je cite là-haut.

Une dépêche AFP d’hier soir nous indique que : « La totalité des surplus fiscaux attendus cette année sera affectée au désendettement de la France, a annoncé dimanche le ministre délégué au Budget, Jean-François Copé, au Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. »

J’ai envie de refaire un retour arrière, en 2000, ce qui n’est pas inutile à l’heure où il est de bon ton de défendre Jospin dans les blogs !

En 2000, il y avait également des surplus fiscaux que la majorité d’alors voulait affecter à la réduction du déficit et de la dette. D’ailleurs, pour la première fois depuis plus 20 ou 25 ans, le budget de l’état avait failli être excédentaire.

Ses surplus fiscaux et ces pratiques avaient été dénoncés par l’opposition de l’époque, qui accusait le gouvernement de cacher une cagnotte. C’est d’ailleurs JC qui avait commencé la bataille sur ce thème à l’occasion de son discours du 14 juillet.

Si les militants du PS pouvaient parfois rappeler quelques vérités plutôt que de s’étriper entre eux…

27 août 2006

Jospin Président !

Lionel Jospin a versé une petite larme à La Rochelle hier. En fin de soirée, j’ai fait un court billet sur le sujet dans le blog.

Pourquoi un court billet ? On était samedi soir et le samedi soir j’ai la mauvaise habitude de me livrer à des activités fortement déconseillées par la faculté de médecine : ces sages prônent une certaine modération. Ne connaissant pas ce Monsieur Modération, je n’arrive pas à consommer avec lui.

Ce matin, je me lève non pas en chantant… comme le dit la chanson mais avec la tête dans le cul, comme le dit la France d’en-bas, et hop ! Sur les blogs ! Avant même le café, qui commence juste à couler à l’heure où j’écris.

Persuadé qu’Eric Mainville a déjà parlé du sujet dans son blog, je fonce vérifier et je constate qu’il nous fait part de son émotion. Je cours chez Guy Birenbaum qui laisse également des sentiments du même métal s’épanouir.

Ce fonce maintenant chez google lancer une requête pour vérifier le sentiment général des blogueurs sur le sujet.

http://www.google.fr/blogsearch?hl=fr&q=jospin&lr=&ie=UTF-8&scoring=d

Ce n’est pas une jolie requête, ça ?


Ben voilà, alors que trois blogueurs notoires (Eric, Guy et moi !) semblent penser que les larmes de Lionel sont sincères et nous émeuvent relativement, la dizaine de blogs que j’ai consultés déversent une relative hargne sur le personnage.

Ca frise souvent l’odieux ! Je refuse donc d'en citer le moindre extrait ici, mais certains vont jusqu’à l’accuser de comédie ! D’autres, c’est moins grave, lui reprochent de faire parler de lui sans toutefois avoir annoncé si, oui ou non, il était candidat.

Ma première remarque : hé ! les blogueurs ! N’oubliez pas que c’est un humain ! D’ailleurs, tous nos politiques sont des humains. Tous ont droit à un moment de faiblesse ou d’émotion.

D’accord, Lionel a tendance à oublier d’indiquer certaines raisons de sa défaite en 2002 (pour ma part, je n’avais pas été voté au premier tour en 2002, estimant difficile de m’engager en l’absence d’un programme).

Mais mettons-nous deux minutes à sa place. Pour lui, il a été le chef du meilleur gouvernement dont la France a pu disposer depuis des décennies, avec une période bonne vitalité économique au cours de laquelle des vraies réformes sociales ont pu être faites et ayant vécue, pour la première fois, une vraie baisse du chômage, en particulier grâce à des actions menées, actions qui étaient inscrites dans son programme et pour lesquelles il avait été élu en 97.

Je suis tout à fait d’accord avec cette idée, mais je ne veux pas faire maintenant un débat sur le sujet, ce n’est pas l’objet du billet. Néanmoins, le fait qu’un gouvernement mette en œuvre les deux mesures phares de son programme me parait être un élément de plus à mettre au crédit du bonhomme.

Donc Lionel est persuadé avoir mené la meilleure politique pour la France de 1997 à 2002 et il a été jeté comme une vieille chaussette. Il ne comprend pas. Il est humain.

Même moi, dans mon ancrage politique, j’ai du mal à comprendre pourquoi on a pu rejeter avec tant de vigueur une politique qui est la seule qui a marché en France depuis des années, au profit d’un gugusse qui passe son temps à faire des promesses tellement ridicules qu’il n’arrive jamais à les suivre. Mais, comme je le disais, je n’ai pas voté au premier tour en 2002. Ce qui m’a valu de voter pour l’autre gugusse au deuxième tour. Et même deux fois, ma mère ayant eu la bonne idée de prétexter un voyage à l’étranger pour ne pas voter Chirac et me faire une procuration. Depuis, je me suis inscrit sur les listes électorales au KB pour que je ne sois plus obligé d’aller à Loudéac en son absence, et surtout pour qu’elle ne puisse pas me refaire le coup. Bref…

Ma deuxième remarque : Lionel s’est exprimé devant les militants, au cours de l’université d’été de la force politique pour laquelle il milite depuis des années. Il ne s’est pas exprimé au 20 heures de TF1… Cette université d’été est un truc « privé » où les militants peuvent débattre entre eux.

Il n’est pas étonnant qu’un vieux briscard de la politique se laisse aller à un brin d’émotion quand un jeune militant, représentant l’avenir du parti, lui demande pourquoi il est parti.

Un truc privé ? Bof, avec le déballage médiatique qu’il y a autour ça prête doucement à rire.

Néanmoins, encore une fois, mettons-nous dans l’ambiance ! Papi n’est pas en campagne politique devant la France, il discute avec des jeunes militants.

Ma troisième remarque : si Jospin n’a pas annoncé sa candidature (ou sa non candidature) est son problème. On peut le lui reprocher, certes. On a tous envie de savoir qui sera le candidat du PS en 2007 et on est tous pressés de voir ce bordel se terminer à la tête du parti. Cependant, profiter de son moment d’émotion pour faire un billet dans un blog sur le fait qu’il n’a pas annoncé sa candidature ne me parait spécialement brillant.

Ce n’est pas brillant, mais je vais quand même donner mon avis sur le sujet, puisqu’on me le demande (heu…). Je le fais à reculons, puisque ça m’amène à critiquer les personnes et donc forcément à critiquer le parti et la future personne qui sera amené à le représenter. A nous représenter. Il est vraiment temps que ce bordel se termine si on veut que les petites phrases assassines soient oubliées avant l’élection.

A mon avis, il y a deux critères à prendre en compte pour le choix du candidat :

- il doit avoir une chance d’être élu,

- il doit avoir les compétences nécessaires pour diriger le pays, représenter le pays et toutes autres choses que doit faire le Président de la République (boire de la bière, tâter le cul des vaches, …).

Ce deuxième est critère est évidemment le plus important, mais avoir un type compétent, s’il n’est pas élu, ça ne sert pas à grand-chose ! Il y a évidemment un troisième critère à prendre en compte : la capacité de l’élu à défendre nos idées quand il le sera… Mais je mets ça dans le domaine de la compétence ci-dessus.

Qui a les meilleures chances d’être élue ? Ségolène parce qu’elle est populaire et Lionel parce que les français sont comme ça ! Avec une bonne campagne, il peut représenter cette compétence et les français aiment bien choisir un président avec de l’expérience politique. Mitterand et Chirac n’étaient pas des débutants quand ils ont été élus. Mais Lionel part avec une longueur de retard et Ségolène risque de s’effondrer pendant la campagne.

Sur la compétence en tant que président, je pense que Lionel et Dominique sont largement les meilleurs ! C’est une conviction intime, n’en discutons pas, ce n’est pas l’objet du billet.

Nous remarquerons que Lionel figure dans les deux listes de « meilleurs » ci-dessus. Des militants pourront m’objecter un tas d’arguments, mais on risque de friser rapidement l’ennui et le ridicule. Sans compter que si les arguments consistent à dire du mal d’autrui, ça risque de faire reculer le débat.

Voilà pourquoi, à mon avis, Lionel Jospin doit être candidat à la candidature et doit être le candidat du parti (s’il ne l’est pas, je choisi DSK). Sans oublier le cœur du problème : c’est son gouvernement qui a fait le meilleur boulot depuis que je m’intéresse à la politique.


Ca mérite bien une larme.

Et pour conclure : le choix du candidat concerne les adhérents du parti, ce que je ne suis pas. Pas nous autres, pauvres blogueurs.

Passé cette conclusion, je crois que j’ai oublié un truc essentiel. Jospin a indiqué hier que s’il s’était retiré en 2002 c’était pour ne pas nuire au parti, aux militants, pour leur laisser une chance pour les législatives.

C’est beau et j’y crois.

Tout le monde lui tape dessus, y compris dans son propre camp, mais pouvez-vous me citer un autre personnage politique de cette carrure, de cette honnêteté ? Mesdames, Messieurs, Blogueuses, Blogueurs, pouvons-nous parfois cesser les polémiques à la petite semaine ?

Photo : REUTERS - Jean-Paul Pélissier, sur le site Challenges.fr

26 août 2006

16 ans

La lecture d'une dépêche AFP relayée par actu.voila.fr ('http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--une/060826111841.8erx4pa6.html) a tendance à m'émouvoir et à me faire croire que ce gars-là mérite de présiter la taule.

Je n'en ai jamais douté depujis 16 ans, mon copain Philippe pourrait en témoigner, ça fait 16 ans que je me moque avec beaucoup d'affection des jospinistes.

Et hop.

Voila mon avis. Je n'ai pas envie d'en discuter plus ce soir.



Complément posté le 27/08 : Voir aussi le billet d'Eric sur son blog.

25 août 2006

Carte postale

Eric indique dans son blog qu’il est désormais possible d’écrire à Monsieur Jacques Chirac directement à partir de son site (pas celui d’Eric, celui de Jacques).

Bon exercice pour cette rentrée !



Cher Papi Jacques,

Je passe de très bonnes vacances avec papa et maman au camping à Cavalaire. On s’amuse beaucoup comme le montre la photo de papa dansant avec la dame qui a avait des gros roplopos, même que maman n’était pas trop contente et qu’elle a dit « ça pu le silicone ». Je n’ai pas compris ce qu’elle voulait dire.

Mes nouveaux copains sont très sympathiques et on passe beaucoup de temps à la piscine.

J’ai gagné le concours de pétanque des juniors et hier soir il avait la remise de la coupe. Je n’ai pas pu te regarder à la télé mais maman m’a dit que tu avais l’air en forme et que tu allais envoyer plein de soldats au Liban. J’espère qu’ils vont leur foutre la pâtée aux Libanais, ça leur apprendra à gagner au basket alors qu’on doit être champion du monde, puisque c’est encore toi, mon papi, qui est le chef de la France.

J’ai des nouvelles de la famille à la radio dans la voiture. Hier, tonton Thierry a annoncé que tonton Dominique allait promettre 200 euros pour la rentrée. C’est gentil, ils n’auront plus qu’à trouver 4800 euros pour payer le reste du loyer pour l’année scolaire.

Tonton Nicolas continue à ramener chez eux les gentils touristes qui ont perdu leurs papiers pendant leurs vacances.

Tonton Jean-François a dit hier que tonton Dominique allait aussi inventer le « chèque transport ». C’est bien, papa n’arrête pas de rouspéter quand il s’arrête faire le plein de la voiture.

Notre voisin au camping, un monsieur du nord qui nous invite souvent à l’apéro, n’arrête pas de critiquer les tontons. Il dit qu’il y a une crise de l’énergie sans précédent (ou un truc comme ça) et que les « clowns qui nous gouvernent » (c’est lui qui dit ça) mettent en place un nouveau machin qui ne résoudra rien. Il dit aussi qu’un étudiant, maintenant, n’arrive plus à se loger et à manger et que le gouvernement leur accorde une aumône ridicule ». Enfin… Je ne comprends pas toujours ce qu’il dit.

Mais, le voisin, il n’est pas gentil. Moi je trouve que les tontons, ils sont bien.

J’espère que Mamie Nénette va bien et a bien bronzé à Brégançon.

Grosses bises
Ton petit Nicolas.

Je me demande si la signature est assez précise. Posted by Picasa

08 août 2006

A bientôt !

Voilà ! Une deuxième phase de vacances commence demain. Après quelques jours au soleil de Bretagne, je pars errer dans la France d’en bas. Je veux dire en bas si on met la carte verticale : au sud de la Loire, quoi !

Le hic ! Fini internet. Fini le blog ! Déconnexion totale à partir de demain 10 heures pour une quinzaine de jours.

Ca ne me manquera pas, le seul problème c’est la grossièreté de ne pas répondre aux commentaires qui seront déposés. L’autre problème, c’est, qu’en rentrant, au rythme actuel, je devrais avoir au moins deux cent spams dans mes messageries.

Au cours de la dizaine de mois de vie de ce blog, j’ai essayé d’aborder avec humour l’actualité, et parfois avec plus de sérieux des sujets politiques ou économiques.

Hier, suite à un moment de colère, j’ai voulu aborder pour la première fois un sujet de société : une certaine forme de racisme. Pas le racisme ouvert ou revendiqué. Non ! Une forme de racisme plus caché, presque involontaire, oublié au fond de soi et resurgissant au gré des passions…

Je me suis planté lamentablement sur un point. J’ai voulu utiliser de manière anonyme un extrait d’une conversation que j’ai eue avec une blogueuse. Raté pour l’anonymat. Le seul truc anonyme c’est le commentaire d’insultes qu’elle m’a posté !

Ca y est… Ca me reprend…

Enfin ! Toutes mes excuses s’il y a malentendu.

Dans ce billet d’hier, je voulais évoquer différents aspects. Certains sont passés comme une lettre à La Poste mais d’autres nécessitent certaines précisions. L’exemple que j’ai pris n’était qu’un exemple, mais mon propos était de souligner qu’au travers d’échanges de tous les jours on risquait de flirter avec l’odieux et d’entretenir une pensée collective malsaine.

Le français est une langue complexe. Vous dites de quelqu’un « il est bien brave ». En français, ça veut dire textuellement « il est très courageux ». Néanmoins, tout le monde comprend « il est bien gentil mais à moitié idiot ».

Quand on tient des propos sur un peuple étranger, il faut s’interroger sur le sens réel de ce qu’on écrit. Ou plus exactement, sur ce que l’autre va lire.

Quand un ministre explique qu’il faut nettoyer une banlieue à la haute pression, il veut évidemment dire qu’il faut éradiquer la délinquance et la violence. Quand on habite cette banlieue, ce n’est nécessairement ce qu’on entend. Quand on habite ailleurs non plus. Il a été relativement politiquement correct : il n’a tenu aucun propos condamnable.

Par ailleurs, j’ai deux potes militaires qui ont fait leurs 15 ans de service en Afrique et en Océanie et qui s’imaginent tout connaître. Il n’empêche qu’ils ont toujours été nourris par l’armée française. Ne prenons pas pour prétexte de tout connaître pour raconter n’importe quoi.

Indépendamment du sujet de mon dernier billet, un aspect des blogs que j’ai déjà évoqué récemment me semble intéressant à rappeler. Ca s’applique principalement aux blogs politiques.

Il faut savoir gérer les commentaires que l’on poste…

Déjà, un type qui n’est pas d’accord avec votre argumentaire n’est pas nécessairement un abruti. Ce n’est pas la peine de l’insulter lorsque vous lui répétez deux fois la même chose. Ce n’est d’ailleurs pas la peine de répéter deux fois la même chose : en principe ça implique la même réponse de l’interlocuteur !

On appelle ça un dialogue de sourd. Sur les deux, il y en a probablement un qui a raison, mais si vous partez du principe que vous ne voulez pas écouter l’autre, ce n’est pas la peine de rester.

Ca diminue l’intérêt du débat politique, mais c’est comme ça…

Ensuite, et même si je n’ai pas à dicter la conduite à qui que ce soit, mais en commentant, essayons de rester dans le sujet voulu par l’auteur du billet.

Par exemple, si un type parle de Cuba et des US, et si dans les commentaires d’un billet précédent vous avez une différence de point de vue sur le racisme en région parisienne, ne le reprenez pas en commentaire d’un autre billet en prenant pour exemple la vie des peuples en Afrique. Ca ressemble à du n’importe quoi et ça frise l’hystérie.

M… Ca me reprend.

Par ailleurs, évitez les commentaires anonymes. Plus précisément, plutôt que de mettre une signature bidon, mettez un lien sur votre blog (ou éventuellement votre adresse email). C’est bien facile de déverser sa haine sur les blogs des autres.

M… Ca me reprend.

Que dire encore ? Ah ! Oui ! Le propriétaire du blog a toujours raison. Même quand il a tort. Et quand il siffle la fin de la récré, écoutons-le !
Et aussi : n'utilisez jamais "brut" l'argument "moi, je connais"... Ca se traduit par "vous les autres, vous n'y connaissez rien, seul MON avis a une quelconque importance".
M… Ca me reprend.

Enfin, n’oublions pas la loi de Godwin.

Et attachons-nous à un brin de courtoisie…

Donc…

Bonnes vacances, le cas échéant,
Et à bientôt
Nicolas

07 août 2006

Fier et altier

Une des choses les plus fatigantes, sur les blogs, c’est la confrontation quotidienne à un racisme ordinaire, un peu comme dans les conversations au bistro ou ce qu’on entend dans le métro.

Ce n’est pas un racisme violent ni même forcément visible, mais quelques allusions disséminées au fil des commentaires…

Le pire, c’est quand on le fait remarquer aux auteurs, ils rentrent dans une posture défensive qui les fait s’enterrer de plus en plus…

Ce n’est pas toujours évident de reconnaître qu’on voit l’autre comme différent.

Comme en plus j’ai eu peu une grande gueule, j’aime bien alors en rajouter une couche.

L’autre jour, nous devisions sur un blog à propos de Paris Plage, et du fait que la mairie de Paris empêchait les tenues trop légères… et une comparse de droite a fait une allusion aux femmes voilées, de type « on empêche le naturisme à Paris alors qu’on tolère les femmes voilées ». Ce n’est pas exactement ce qu’elle a dit, ni même probablement ce qu’elle a voulu dire, mais comme plusieurs fois dans des conversations précédentes, elle avait mêlé l’immigration à d’autres problèmes, je me suis permis de lui dire que ça commençait à bien à faire. Je vous passe une série d’échanges (en fait, il semblerait que Le Parisien lui-même ait abordé le sujet en fin de semaine dernière)…

Sur la défensive, elle m’explique qu’en fait, elle défend la condition des femmes, de toutes les femmes. Je vous cite un extrait de son commentaire : « Je connais très bien l'Afrique Noire et je l'aime. Les Sénégalais sont Musulmans en grande majorité. Les femmes mariées cachent leurs cheveux : mais elles rivalisent de féminité dans le choix des couleurs de leurs foulards (les + "pétantes" possibles !) et dans la façon de les porter ; elles ont un port altier et fier, et on voit qu'elles sont féminines et non soumises. »

Je lui ai fait remarqué que l’expression « fier et altier » a une forte connotation péjorative (outre le fait qu’elle soit probablement un pléonasme). Elle n’a pas compris et s’est fâchée.

Cette anecdote est à l’origine de ce billet. Je ne pouvais en effet pas répondre sur un blog autre que le mien sous peine de déclencher une polémique sans fin. Elles ont une démarche « fière et altière » : c’est ce qu’on pourrait entendre à la télé en regardant les juments lors des préparatifs du tiercé à la télé.

Non pas que je prétende que cette comparse fasse des comparaisons odieuses, juste qu’en se permettant une observation sur le comportement physique des populations lointaines, les limites du racisme commencent à être franchies. Pour ma part, quand je vois ces femmes africaines avec des fringues de toutes les couleurs, la seule pensée qui me vient c’est que c’est étrange d’avoir deux cultures avec une vision tellement différente des couleurs. Et je souris bêtement dans mon costar gris avec ma cravate rouge foncé.

Ce dialogue avait ainsi commencé quand elle parlait de voile et je lui ai fait remarquer que son propos était légèrement raciste. Elle m’a répondu à peu près ceci que le voile était un truc religieux et ne concerne pas les races. Que je parle de racisme était donc ridicule.

Voilà le premier point où elle s’est enfoncée, en voulant se défendre à propos des mots utilisés plus que du fond du dossier… sans se rendre compte qu’elle enrichissait elle-même l’amalgame. Quand on parle du voile en région parisienne, tout le monde fait un rapide rapprochement avec les populations d’origine du Maghreb vivant dans nos banlieues. Le danger des « bien pensants » c’est qu’ils refusent de faire l’amalgame… et que ça ouvre la porte à toutes sortes de dérives. C’est ainsi qu’en tournant bien certaines phrases, des dangereux populistes d’extrême droite évitent des procès… et que certains ministres candidats arrivent à ratisser large.

Ceci dit, je ne vais pas continuer à accabler cette pauvre comparse… sauf pendant deux ou trois cent lignes ci-dessous.

Notez bien l’extrait du commentaire ci-dessus. Elle commence par « Je connais très bien l'Afrique Noire ». Le célèbre « je connais donc je peux parler » dont s’enorgueilli le premier touriste venu en provenance du bout du monde. Moi aussi, j’ai été au Sénégal. J’ai visité aussi ces villages avec des quelques huttes et des femmes qui pilent le mil ou je ne sais quel truc qui ne me donne absolument pas faim. Hé bien, je ne dis pas « je connais l’Afrique », je dis « j’ai visité une réserve ». Je ne fais pas mine d’ignorer que l’organisateur du voyage à choisi avec soin le village et que les habitants sont payés pour nous recevoir, sinon comment tolérer une telle intrusion dans la vie privée ? En fait, je me demande s’ils habitent vraiment dans le village ou viennent quand des touristes arrivent !

Je connais beaucoup plus l’Afrique par les longues conversations que j’ai avec des potes que par le voyage que j’ai fait là-bas !

Au fait ! Salut Djibril ! Sénégalais marié à une Ivoirienne et réfugié il y a deux ans au Kremlin Bicêtre pour éviter à la famille de se faire massacrer... et lecteur de blogs !

Elle est belle l’Afrique touristique…

Enfin ! On lit de ces bêtises dans les blogs !

Mais il n’y a pas que dans les blogs. Certains propos sont tellement banalisés qu’on en oublie le sens.

Je parle souvent de mes potes le vieux Jacques, Tonnegrande, Jim et les autres sur mon autre blog. http://jegoun.blogspot.com/.

Tonnegrande, qui n’est pas très blanc dans cette histoire, appelle Jacques « le vieux ». En réponse, Jacques l’appelle « le Nègre », ce qui n’est pas très fin, mais on en entend tellement ! C’est devenu un rituel dans ils se rencontrent « salut le vieux » « salut le nèg’ ».

L’autre jour, on était au bistro, à la Comète, et le fils de Jim – 4 ans – a tiré sur Tonnegrande avec son pistolet en plastique. « PAN ! T’es mort ». Tonnegrande dit « je vais appeler la police ». Sur ce fait son téléphone sonne (ça devait être sa femme lui rappelant qu’il avait mieux à faire qu’aller au bistro). Décrochant son téléphone, Tonnegrande dit au petit : « tiens ! ça doit être eux qui m’appellent pour la confirmation ». Voilà le mouflet en larmes, inconsolable ! Et tout le monde de dire un mot : « c’est pas grave, il rigolait, … ».

Le vieux Jacques, très sérieux : « il ne faut pas écouter, c’est un nègre, ça ne dit que des bêtises ».

Du coup, c’est moi qui me suis fâché après le vieux qui a vite compris l’énorme boulette qu’il avait faite.

Vous parlez d’une éducation pour enfant ! Comment, en plaisantant, on oublie le contexte !

Voilà ce qui arrive quand on joue avec les mots, qu’on mélange les plaisanteries avec la vraie vie.

Voilà comment s’entretient le racisme ordinaire.

04 août 2006

Emotion bretonne

Ce soir le blog est consacré au pitoresque breton... Loïc et Eric venant y raconter leurs souvernirs émus. Posted by Picasa

Abysse

Cette brillante citoyenne nous invite à découvrir le déficit abyssal de la sécu, de l'ordre de 13 milliards, me dit-elle, mais elle n'est pas encore très douée pour les chiffres. Elle compte très bien, à 2 ans (depuis avant-hier) jusqu'à 10 milliards. Mais après elle ne sait plus.

Pendant ce temps, son oncle épanoui a lu le Télégramme ce matin, Télégramme dans lequel est annoncé le résultat de Total pour le premier semestre 2006 : 7,1 milliards d'euros.

Vous me direz : oui, mais à ce niveau là les chiffres, on a du mal à se représenter... ce qu'ils représentent.

Halte là !

C'est très clair, Claire (c'est le prénom la demoiselle qui souhaite nous donner une leçon d'économie) : l'excédent semestriel de Total fait 4,6 millions de millions de nos anciens francs.

Et encore, les 7,1 milliard, c'est pour la moitié d'une année, puisque c'est à peu près la durée du premier semestre.

En gros, à l'année, ça fera 14 milliards d'euros.

Ca y est, vous arrivez à vous représenter ce montant ?

Non ?

Je reprends sous un autre angle : les actionnaires de Total vont toucher un bénéfice du même ordre de grandeur que le déficit de la sécu !

Vous me direz : "Nicolas, vous faites de la démagogie."

Je vous remercie de ce vouvoiement, mais ce n'est pas de démagogie. Je présente uniquement l'ordre de grandeur de quelques chiffres. Posted by Picasa

03 août 2006

Libéral ! Pouf pouf !

Il y a un côté rageant quand on n’a pas internet et qu’on a envie de publier d’urgence un truc dans un blog.

Hier après-midi, je rentrais de Paris vers la Bretagne (à Baden pour information et pour les incultes ça se trouve entre Vannes et Auray). 5h30 de route pour faire moins de 500 km. Quelqu’un peut-il m’expliquer pourquoi, un mercredi en fin de matinée, au mois d’août, ça bouchonne à Paris, ainsi qu’à Vannes, vers 16h30 ?

Je n’ai pas internet dans la voiture.

5h30 avec la radio, et un flash qui nous informe régulièrement d’une des nouvelles de la journée : le ministre de la santé M. Bertrand a conclu un accord avec les médecins libéraux. C’est la sécu (ou le budget de l’état, je ne sais plus) qui va payer une grande partie des cotisations d’assurance de ces médecins.

En quoi, des gens qui se prétendent libéraux peuvent-ils réclamer une aide de plus de la part de l’état ? En quoi l’état français doit-il aider une fraction de la population parmi la plus riche ? En quoi mes impôts ou mes cotisations sociales doivent-ils payer les assurances de praticiens privés ?

Que veut dire libéral ?

En plus, on apprend récemment que la consultation augmente prochainement de 1 euro.

Notre gouvernement se vantait récemment de l’augmentation du SMIC de 17%, ce qui est d’ailleurs faux (ça ne concerne que les tranches inférieures du SMIC, mais on ne va pas dire que c’est de la faute à la droite qu’il y avait plusieurs niveaux de SMIC !).

Depuis 2002, la consultation est passé de 17 à 21 euros, soit une augmentation de plus de 23%.

Je ne veux pas dire par-là que les médecins ne méritent pas de gagner de l’argent, mais il faut savoir mesurer un peu tout… Et si on a un problème avec trop de gens qui font des procès pour des médecins, ce n’est pas des assurances qu’il faut payer… mais des mesures pour les médecins aient les moyens de faire leur boulot, et pour empêcher les ahuris de faire des procès pour rien. On n’est pas aux USA.

Le gouvernement a annoncé pour la rentrée une loi sur les « actions de groupe » en justice… Et maintenant ils payent les assurances des médecins.

Qui paye ?

A part ça, et ça n’a rien à voir. Je devais quitter Baden vers 14h30 aujourd’hui pour arriver à Loudéac vers 18h… Largement le temps de prendre le chemin des écoliers. Je me suis dit : « allons faire une promenade à Etel ». Je vous le conseille. Etel est un mot très pratique pour ceux qui rédigent des mots croisés, mais c’est surtout très joli.

Je prends donc l’espèce d’autoroute direction Lorient, mais j’oublie de sortir et je me retrouve à Lorient. Tant qu’à être là, je me dis : « allons visiter la côte plus loin, ça fait longtemps que je n’ai pas été ». Je commence par Larmor-Plage, puis le Fort Bloqué. De fil en aiguille me voilà près de Guidel. Et que vois-je sur le bord de la route : un panneau marqué « Doelan ».

Et moi qui me demandais d’où venait le nom d’un blog voisin…

Très joli, ce petit port.

Que je ne connaissais pas ! C’est lamentable, à 100 km de Loudéac et une quarantaine de Baden !

01 août 2006

Comme chaque année, pendant les vacances, je n’arrive pas à suivre l’actualité. Chaque année le dernier vendredi de juillet à 18 heures, je zappe. Ca doit être génétique. Ensuite, au bout de 5 ou 6 jours (une dizaine cette année, à cause de l’anniversaire à Jocelyne) je me déconnecte totalement d’internet et je m’en vais crapahuter au travers de la France profiter au maximum de la presse régionale.

Cinq ou six jours de début de vacances que je passe à musarder dans Paris et le Kremlin Bicêtre, avec une première cette année, quelques heures quotidiennes à errer de blog en blog, avec parfois, comme là, un sujet de billet qui me saute aux yeux

Je disais que je ne m’intéresse pas à l’actualité : c’est faux. Périodiquement au cours de la journée, je plonge sur actu.voila.fr vérifier si une brève ne ferait un excellent sujet de délire.

Mais voila (.fr, si je puis dire), peut-on délirer avec tout sur les blogs et peut-on rire de tout ? Pas avec n’importe qui disait Pierre, mais le problème n’est pas là. Sur les blogs on est susceptibles d’être avec tout le monde, donc n’importe qui.

Ce matin, je vois que « La France a remporté sa cinquième victoire en cinq matches de préparation au Mondial-2006 de basket-ball en dominant l'Italie (66-59) » D’excellents sujets peuvent en découler : de type, nous on n’a pas besoin de tricher pour battre des transalpins. Avec l’autre nouvelle sportive : « L'Union cycliste internationale (UCI) a demandé lundi la contre-analyse après le résultat "anormal" du contrôle antidopage subi par le vainqueur du Tour de France, l'Américain Floyd Landis, pendant l'épreuve, a-t-on appris de source officielle ». Je n’ai pas envie de chercher maintenant, mais il y OBLIGATOIREMENT matière à plaisanterie.

Sur le sport, vu ce qui se passe sur les routes et sur les stades : on peut rigoler dans les blogs.

Les pages (pardon l’écran) « économie » nous apprennent par exemple que « Le taux de rémunération du Livret A grimpera de 2,25% à 2,75% à partir du 1er août, son plus haut niveau depuis trois ans et qui sera en vigueur jusqu'à début février 2007 au minimum, selon un avis paru vendredi au Journal Officiel ». Alors les pauvres, on est content, on va pouvoir faire fructifier son RMI ! Elles nous disent aussi que : « Le gouvernement "sera prêt" lorsque viendra en septembre le temps du débat parlementaire sur le projet de fusion GdF-Suez, a déclaré lundi le ministre de l'Economie Thierry Breton. » Le gouvernement est prêt, mais les députés UMP ? « Alliance Boots, premier réseau de pharmacies en Europe, est né lundi du mariage des groupes britanniques Boots et Alliance Unichem, doté de 3.000 points de vente dans 15 pays et d'un chiffre d'affaires d'environ 20 milliards d'euros ». Ils vont pouvoir sponsoriser beaucoup de courses de vélo ! (j’ai vu un excellent billet dans un blog l’autre jour sur le fait que les laboratoires pharmaceutiques devraient sponsoriser les équipes de vélo, mais, honte sur moi, je n’ai pas noté l’adresse). « La Bourse de Paris a clôturé en baisse lundi, le CAC 40 cédant 0,38% à l'issue d'une séance calme, marquée par des prises de bénéfices après cinq séances consécutives de progression. » Catastrophe ! A l’attention des pauvres disposant de livrets A, avant de médire, sachez que le CAC40 n’a augmenté que de 6,24 % depuis le 1er janvier.

Excellentes, ces pages « économie » ! Avec l’économie, on peut rire de tout, même des pauvres !

Passons maintenant aux pages « politique ». Elles promettent d’être copieuses, je crois bien qu’il y avait la conférence de presse du chef, hier.

Ca commence bien « Dominique de Villepin a insisté lundi sur l'unité au sein de son gouvernement, promettant de "garder le rythme" de l'action pour "aborder sereinement" les élections de 2007. » Ca commence même tellement bien que ça se passe de commentaires. Non ! Garder le rythme. Avec la première année de Villepin au gouvernement, on a vu les émeutes dans les banlieues, le truc du CPE, l’affaire Cleartruc. La deuxième année risque d’être encore plus drôle ! « Le gouvernement de Dominique de Villepin va rester mobilisé dans la lutte contre le chômage pendant la pause estivale, a indiqué le porte-parole Jean-François Copé à l'issue d'un séminaire gouvernemental à Matignon lundi soir. » Ce n’est pas comme ça qu’en août 2005, ils nous avaient préparé le CNE ? « Les ministres vont passer des "vacances studieuses", a promis M. Copé, évoquant l'emploi et l'égalité des chances mais sans avancer de pistes précises. ». Les pauvres, travailler pendant les vacances. Le « sans avancer de pistes précises ». Comment faut-il l’interpréter ? « Dominique Strauss-Kahn, candidat à l'investiture socialiste pour 2007, a appelé lundi à une "demi-finale" au sein du PS, afin de choisir "un champion", "apte à battre" celui de la droite, Nicolas Sarkozy. » C’est vrai que par les temps qui courent, on gagne plus souvent les demi-finales que les finales ! « Julien Dray, porte-parole du PS, a estimé lundi que "le gouvernement essaye de faire de la gonflette sur les chiffres du chômage, avant la trêve estivale".» De la gonflette avant de sortir en maillot de bain. Normal. « L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a regretté lundi sur RTL que "la politique ne parle pas assez d'amour". » Il nous manquait celui-là, cet ancien supporter de VGE célèbre hauteur de romans érotiques (Le Passage, si ma mémoire est bonne). Un autre nous manquait : « Le président du Mouvement écologiste indépendant (MEI) Antoine Waechter a accueilli favorablement les propos de Nicolas Hulot sur une éventuelle candidature à l'Elysée, estimant que l'animateur "est aujourd'hui le seul" à pouvoir réunir les partis se réclamant de l'écologie. ». Waechter, depuis que je suis électeur, on nous le ressort avant chaque élection présidentielle. On ne s’en lasse pas.

La politique, on peut rire. Heureusement, sinon mon blog serait un peu fade.

Les pages cultures, maintenant : « Un des films les plus attendus de l'été sort mercredi sur les écrans: "Le secret du coffre maudit", deuxième volet de la saga des "Pirates des Caraïbes", part à l'abordage des salles françaises après avoir raflé la mise du box-office nord-américain. » Les pirates à l’abordage… même l’AFP nous fait des jeux de mots à 3 balles. « Le Festival Richard Wagner de Bayreuth, inauguré il y a 130 ans, est certainement la plus vénérable manifestation musicale estivale européenne, mais surtout il reste un festival unique, car voulu pour ses opéras par le compositeur et par l'ambiance faite d'une certaine gravité qui y règne toujours ». Ils ont le moral, au Liban, continuer le festival dans leur capitale avec tout ce qui leur arrive ! Chapeau.

Excellente transition, pour la conclusion du billet. L’autre jour quand j’ai vu sur actu.voila.fr le bombardement de Cana avec plus de cinquante morts dont trente enfants, ma déformation bloguistique m’a fait chercher des jeux de mots idiots, du type « hé bien ! Ils ne sont pas à la noce ! » ou « Heureusement, je n’étais pas invité au mariage ».

Mais non… On ne peut pas rire de tout !

Quoique.

Dans ces heures matinales de congés, j’ai pas mal bourlingué sur les blogs, et j’ai vu beaucoup de propos sur les palestiniens, les libanais, les israéliens. Mes plaisanteries ne sont que du mauvais goût. Elles ne sont pas ignobles, haineuses, révisionnistes et j’en passe. J’ai vu que beaucoup de gens ont des avis sur les conflits au Proche-Orient. Moi, je n’en ai pas, à part qu’il faudrait que ça cesse, qu’ils arrêtent de se massacrer. Mais, tous ces gens qui ont un avis, il serait assez heureux qu’ils ne l’expriment pas ! Je ne fais ici que rebondir sur le billet d’Eric. Il dit « Rien de plus facile que de donner son avis, caché derrière son écran d’ordinateur, dans un pays en paix. Rien de plus difficile que d’écouter l’autre. » Je vais juste ajouter un truc : il faut aussi apprendre à se taire. Et parfois, il vaut mieux ne pas écouter l’autre. L’autre disant parfois des trucs à ne pas dire.

Cela dit, ce n’est pas vrai, je n’ai pas cherché un jeu de mot à faire. Comme je le disais, je ne lis pas l’actualité… J’ai découvert le drame en lisant ces blogs. Imaginez ma stupéfaction.

Cette source de jeux de mots m’est venue naturellement en voyant un célèbre tableau sur un blog voisin mais quasi-antipodal.

Antipodal est d’ailleurs un très joli mot qui se prête à un tas de jeux de mots pour ceux qui cherchent à comprendre ce qu’il veut dire, mais j’ai déjà traité le sujet avec Sarkoprout sur un de mes blogs il y a quelques temps.
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