En salle

28 février 2007

Le patrimoine du Candidat Nicolas Dublog

Afin de calmer les esprits après les révélations du Canard Enchaîné sur l’appartement de Nicolas Sarkozy, nous avons contacté l’ensemble des candidats à la présidentielle pour leur demander de nous préciser leur patrimoine et comment ils l’avaient bâti.

Toujours rapide et efficace, le
candidat Nicolas Dublog nous envoie sa réponse par mail. Nous vous communiquons cette première réponse.

La rédaction



Chers amis,

Vous vous préoccupez du patrimoine des candidats et je vous en félicite. Dans un souci de transparence, je vais répondre à chacune de vos questions mais je vous rappelle qu’il s’agit de la vie privée. Vous me les brisez menu.

Tout d’abord, j’ai un appartement de 48,10 mètres carrés au Kremlin Bicêtre que j’ai acheté 790 000 francs début 1994 et que j’ai fini de payer début 2006. Mathématiquement, ça revient à payer un mètre carré tous les trois mois. Ou 5486,11 francs, soit 836 euros par mois.

Mon collègue Nicolas Sarkozy a payé son appartement 5 747 670,25 francs. Il est très fort ! Négocier le prix de l’appartement au centime près !

Si Monsieur Nicolas Sarkozy avait eu à rembourser son appartement dans les mêmes conditions que moi, il aurait eu à payer 6000 euros par mois. Nous n’avons pas les mêmes valeurs ! Il est heureux de sa part d’avoir dans son programme une mesure sur les heures supplémentaires qui pourrait rapporter aux smicards environ 2000 euros par an si leurs patrons ont suffisamment de travail à faire.

Remerciez de ma part vos collègues du Canard Enchaîné qui me donnent l’occasion de rappeler que nous ne vivons pas dans les mêmes banlieues.

Mes chiffres (ceux de mon éminent homonyme, je ne sais pas) ne contiennent pas les frais de notaires et les frais bancaires. Si vous les intégrez, pour moi, vous arriverez probablement à la modique somme de 1254,28 euros par mois.

Vous aurez donc compris que je ne suis pas smicard. Mais vous m’interrogez sur la manière dont je me suis procuré les fonds. C’est simple ! J’avais un bel apport de base de 450 000 francs constitué d’un bel effort fait pour arnaquer le fisc et l’URSSAF en dissimulant une partie de ma rémunération sous la forme de frais de déplacement. Car un smicard ne peut pas tricher sur ses notes de frais, il n'en a pas.

Le reste de mon patrimoine est constitué d’une Citroën Xsara acheté d’occasion il y a 5 ans et totalisant 60 559 kilomètres au compteur ce qui me rappelle qu’il est temps que je fasse une vidange.

Sinon, j’ai une télé offerte par ma grand-mère en 1987 lors de mon entrée dans la vie active et un ordinateur portable relié à internet qui me permet d’écrire des bêtises dans les blogs.

Parlons maintenant de mes liquidités. Mon compte en banque est bien garni. C’est parce que j’ai été payé hier. Les charges tomberont dès demain.

J’ai un patrimoine boursier de 360 000 euros qui a pris une belle claque hier et ce matin ça n’a pas l’air terrible non plus. Mais comme l’an dernier il a pris plus de 100 000 euros ce n’est pas grave. J’ai en effet compris que c’est plus facile de gagner de l’argent en spéculant en bourse qu’en travaillant.

Sans rancune
Cordialement
Nicolas D.

P S. :
Mesdames, Messieurs du fisc et de l’URSSAF je plaisante ! Toutes ses informations sont fausses sauf le prix d’achat de mon appart, sa surface, son année d’achat et le truc sur la télé, mon PC et ma bagnole (y compris la vidange).
P.S. :
Les copains, ce que je dis au fisc est vrai !

27 février 2007

Les sondages sont formels !

Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy devraient arriver au deuxième tour et être suivis par François Bayrou et Jean-Marie Le Pen. Nous allons les appeler par leur prénom par la suite. Pas par manque de respect mais par fainéantise.

Mais comme les sondages ne disent que des bêtises, je vais essayer de les dépasser.

Mes réflexions sont issues des résultats et des sondages pour les présidentielles 2002 (tous les chiffres utilisés sont là http://2007.tns-sofres.com/) et des sondages actuels qui donnent Ségolène et Nicolas vers 28, François à 17 et Jean-Marie à 14.

Extrême droite

Les candidats ont fait 19,2% en 2002, 15% en 1995 et 14,4% en 1988. En 2002, il y avait Bruno Mégret en plus de Jean-Marie.

Je vais retenir 17%. Il n'y a pas de raison objective que Jean-Marie fasse moins que les précédentes fois. Au pire, s'il perd des points ça sera au profit des candidats divers droite, pas des candidats donnés comme potentiellement gagnants.

Divers droite

Nous allons considérer ici tous les candidats de droite qui ne sont pas dans d'autres catégories, ainsi que le candidat de CPNT par méchanceté.

Les candidats équivalents avaient fait 7,3% en 2002 (5% en 1995, moins de 4 en 1988).

Je vais retenir 7%.

Droite traditionnelle (UDF, RPR, UMP)

Résultats précédents : 2002 : 30,6% - 1995 : 39,4% - 1988 : 36,4%

Sondages précédents : 2002 : 30% - 1995 : 42,5% - 1988 : 41,5%

Je vais retenir 37%. Ca semble raisonnable au regard des résultats précédents. Nicolas et François sont à 45% dans les sondages (28+17). Un tel mauvais résultat nécessite une baisse de 8% dans les sondages. Une telle baisse serait digne de Chaban-Delmas devant Giscard d'Estaing en 1974.

Dans ces 37%, j'ignore totalement la répartition entre Nicolas et François.

Nicolas : 17 % ou 20%

François : 20 % ou 17%

Parti socialiste

Les candidats socialistes avaient fait 23,8% en 2002, 23,3% en 1995 et 34,1% en 1988 (en 2002, ça englobe Taubira et Chevènement).

A cette époque de l'année les sondages donnaient 33% en 2002, 24% en 1995 et 38% en 1988. En 2002, les sondages donnaient n'importe quoi. En 1995, ils étaient exacts et légèrement optimistes (+4%) en 1988.

Nous allons retenir 23% contre environ 28% dans les sondages.

Divers gauche

Nos petits candidats sympathiques sont actuellement inaudibles. Néanmoins, leurs homologues avaient fait 19,3% en 2002, 17,2% en 1995 et 11% en 1988 (qui était un peut atypique compte tenu du score de François Mitterrand et de l'effondrement du PC !).

Nous allons retenir 16% (mais la logique de la progression antérieure pourrait nous donner plus).

Bilan

Divers gauche : 16%

Divers droite : 7%

Jean-Marie : 17%

Nicolas plus François : 37%

Ségolène : 23%

Le total « UDF – UMP – PS » semble optimiste (mais avec l'effet d'un vote utile à gauche, c'est probablement Jean-Marie et les partis de divers droite qui pâtissent de mes choix).

Exactitude des sondages

Pour les deux dernières présidentielles, les sondages se plantent sur les présences au deuxième tour. Pour la précédente, les sondages de janvier étaient faux. Statistiquement, nous n'aurons pas à la fois Ségolène et Nicolas. En 1981, aucune surprise. En 1974, les chiffres début avril étaient entièrement faux !

Depuis 1981, la plus grosse baisse entre le sondage de février et l'élection est Lionel Jospin en 1995 (de l'ordre de 6%). Nous retiendrons la palme accordée à Jacques Chaban-Delmas en 1974 ! Il avait perdu 11 points en 20 jours !

Seuls Giscard et Le Pen ont fait des grosses remontées.

Conclusion

Admettons que les sondages d'aujourd'hui soient proches du résultat. Ca serait une surprise puisque, auparavant, les sondages n'ont jamais été bons…

Mais pour que les résultats changent et que les deux favoris ne soient pas en finale, il faudrait une très forte chute de Ségolène ou de Nicolas. Or, compte tenu du 21 avril 2002, on peut espérer que le résultat de Ségolène ne soit pas trop mauvais. Il revient donc à Nicolas de prendre une majestueuse gamelle en hommage à Jacques Chaban-Delmas !

Quand il y a deux candidats à droite et que le président sortant n'est pas candidat (74, 88 et 95), celui qui part en tête dans les sondages se prend une gamelle lamentable (n'oublions que Barre et Balladur ont respectivement dépassés 24 et 32% dans les six mois avant le vote). Nicolas Sarkozy peut donc se prendre une gamelle !

Tout laisse donc penser que c'est Nicolas Sarkozy qui prendra une gamelle en 2007. Chaban-Delmas était encore grandissime favori fin mars 1974…

L'ombre de Jacques Chirac plane…

L'UMP rappelle que l'UDF est un parti de droite

Jean-François Copé rappelle que François Bayrou est un homme de droite.

C’est gentil de sa part de rappeler aux électeurs de droite déçus par Nicolas Sarkozy peuvent aller voir dans la boutique d’à côté.

C'est gentil de rappeler aux quelques électeurs de gauche qui auraient pu croire à la sincérité de François Bayrou qu'il est bien à droite.

C'est gentil pour la lisibilité politique de tenir exactement les mêmes propos que les responsables du PS.

C’est également gentil de sa part de nous rappeler que Nicolas Sarkozy a surtout dit comment diminuer les recettes en favorisant les Français les plus riches : « Pour Jean-François Copé, "ce qui fait la différence c'est d'être capable de dire sur la dette pas seulement qu'il faut baisser la dette (...) mais qu'est ce que lui, concrètement, va faire pour faire baisser la dépense. C'est là qu'il y a quelques différences". »

La stratégie de l’UMP est parfois surprenante.

Pouf Pouf !

Encore un qui veut me faire bosser plus !

Laurent Guerby montre sur son blog que le nombre d’heures travaillées au Royaume Uni est à peu près le même qu’en France (j’avais déjà mis sur mon blog un des liens utilisés). Nous allons nous positionner à droite le temps de finir la démonstration. Le travail c’est ce qui permet de produire des recherches. Le nombre total d’heures travaillées est donc ce qui permet de définir la capacité d’un pays à produire des richesses. En l’occurrence, nous ne sommes pas plus des faignasses que les rosbifs.

Leur taux de chômage est très bon, mais tout le reste n’est que du pipeau. Un anglais qui travaille travaille moins qu’un Français chaque semaine.

Pour moi, ça confirme bien que tout est lié : âge de la retraite, durée de travail hebdomadaire, temps partiel, chômage des jeunes, …

C’est dommage que les mathématiques ne marchent pas en matière d’économie. On a tant de millions d’heures de travail à produire et tant de millions de type en âge de travailler… Combien chacun doit bosser pour assurer son boulot et empêcher notre pays de sombrer dans le déclin économique et quel est l’âge du capitaine ?

Rappelons que la lutte contre le chômage doit faire en sorte que plus de gens aient des revenus sur le travail pour qu’il y ait moins de pauvres. La lecture du billet de Laurent m’amène une conclusion : pour lutter contre le chômage permettre aux gens de travailler individuellement plus est idiot. Chaque Anglais travaille en moyenne moins qu’un Français et il y a moins de chômage là-bas (ce n’est pas la seule raison, je sais, mais c’est un fait).

Autre blogueur influent, Filaplomb se demande si, par hasard, François Bayrou ne serait pas un odieux populiste ?

Je le confirme. Il y a une semaine, sa principale mesure portait sur l’allègement des charges sociales pour les deux premiers emplois dans une boite (je ne crois pas que cela soit une bonne mesure, mais elle semble aller dans le sens d’une lutte contre le chômage). Et hop ! Depuis deux ou trois jours, il veut, exactement comme Nicolas Sarkozy, favoriser les heures supplémentaires.

Rappelons juste que les heures supplémentaires ne sont pas réellement limitées et c’est le gouvernement Raffarin, si ma mémoire est bonne, qui a réduit la rémunération des heures supplémentaires en faisant passer la majoration de 25 à 10%.

Rappelons aussi que cette mesure est purement démagogique : ce n’est pas l’employé qui décide s’il y a des heures supplémentaires à faire.

Non seulement François Bayrou récupère une partie du projet de Nicolas Sarkozy, mais, en plus, il utilise les mêmes clichés populistes !

Au crédit de François Bayrou, et contrairement à ce que je disais la semaine dernière, son programme on s’en foutait puisqu’il basait son projet sur la méthode. On pouvait y croire ou pas. Revirement. Il balance un programme démagogique pour faire joli et récupérer des voix à Nicolas Sarkozy.

Enfin… Ces deux gugusses ont un point central de leur programme (favoriser les heures supplémentaires) identique, complètement contre-productif en matière de lutte contre le chômage et de réduction des inégalités.

Ne votons pas pour eux.

26 février 2007

Mon avis, notre richesse et notre pauvreté

Juste après avoir diffusé mon court billet sur la pauvreté aux USA, en baguenaudant sur le web, je suis tombé sur le blog de Jacques Attali et tombé sur ce billet. La plupart des commentaires sont affligeants. Ils portent sur un propos que n’a pas tenud Jacques Attali : « Il faut nationaliser Total ». Ne les lisez pas, ce n’est pas la peine.

Regarder plutôt la photo de ce sympathique animal d’une couleur… Heu… et foncez lire la suite de mon billet.



Jacques Attali a raison, le bougre.

Si les bénéfices des entreprises étaient partiellement récupérés par l’état en tant qu’actionnaire, ça fait, à terme, moins d’impôts, moins de TVA et des ressources supplémentaires pour la chose publique. Sans oublier une meilleure répartition de la richesses et une réduction des inégalités.

Ce n’est pas du communisme, c’est de la finance. Des particuliers investissent dans des actions pour gagner des sous, il n’y a pas de raison que l’état ne puisse pas en faire autant.

Le gouvernement de M. de Villepin a vendu des sociétés d’autoroutes. De ce fait, il prive l’état de revenus substantiels, bien supérieur au montant des intérêts de la portion de la dette que cette vente aurait permis de rembourser.

La vente de ces sociétés d’autoroutes ne répond qu’à une volonté idéologique… et démagogique : MM. Breton et Copé nous expliquent que la dette de l’état diminue. Oui. Mais son patrimoine et ses ressources aussi. Cette privatisation est de la spoliation du patrimoine commun au profit d’intérêts privés. Ce n’est pas sympathique. Et je ne vois pas à quoi ça sert.

En quoi une société d’autoroute serait-elle plus performante si elle devient privée ?


Il n’est pas immoral que l’état, donc l’ensemble des citoyens, gagne des sous avec les entreprises et qu’il en soit co-propriétaires plutôt que leur capital reste dans les mains d’une poignée d’individu ou de fonds de pension américains.

Etudions cela…

Petit a : plutôt que de gueuler à cause de la dette qu’on laisse aux enfants, il serait très judicieux de réfléchir aux investissements de l’état et à l’opportunité d’acquérir des parts dans les entreprises de manière à laisser un héritage aux enfants.

Petit b : le programme de Ségolène Royal contient à juste titre des mesures pour les entreprises. La proposition de Jacques Attali de transformer les aides en participation au capital me paraît intéressant à étudier. Les entreprises auraient leur financement et une partie des charges serait convertie en investissements.

La totalité des aides publiques est environ 68 milliards d’euros… Si la moitié avait été investie dans des parts de nouvelles entreprises (par exemple), l’état serait plus riche de 34 milliards de patrimoine, soit à peu près le montant de son déficit.

Petit c : il y a beaucoup d’entreprises qui vivent de contrats à vocation strictement publiques (armement, BTP, …) ou qui devraient l’être (eau, …) et qui sont donc payées avec les impôts. Si une partie de leur bénéfice revenait dans le giron de l’état, ça ne serait que justice.

Petit d : on nous les bassine avec le patriotisme économique qui consiste à acheter des boîtes françaises pour les sauver ou pour les empêcher d’être rachetées par des méchants étrangers qui mangent nos enfants. Il faudrait parfois penser à le faire en amont !

Petit e : si l’état achète des parts dans une société et que les dividendes sont supérieurs aux intérêts de la dette, ce n’est pas dramatique ! On appelle ça un investissement.


Attention ! Je n’ai pas dit qu’il fallait nationaliser dans tous les sens, on a vu ce que ça a donné… Si les dirigeants du Crédit Lyonnais avaient eu à répondre devant des actionnaires et pas devant quelques fonctionnaires, la déroute aurait probablement été évitée.

Je dis juste qu’entre les deux extrêmes, communisme abruti et libéralisme con, une voie existe permettant de bénéficier des bienfaits du libéralisme économique (production ahurissante de richesse) en limitant les inconvénients (production ahurissante de pauvreté).

Et hop !

Unis

Ayant la flemme de rédiger un joli billet, je vous invite à découvrir le modèle de Nicolas Sarkozy, les USA.

"Cette augmentation de l'extrême pauvreté s'inscrit dans un contexte d'expansion économique hors du commun". Pensez-vous ?

"La part du revenu national consacrée aux bénéfices des entreprises a écrasé celle qui était destinée aux salaires". Ah bon ?

"Cela et d'autres facteurs ont contribué à faire basculer 43 % des 37 millions de pauvres que compte le pays dans la grande pauvreté, le taux le plus élevé depuis 1975". Vive le libéralisme ?

24 février 2007

Vive l'analyse !

Je vais vous faire un aveu. Mon choix est fait depuis 5 ans. Au premier tour de l’élection présidentielle de 2007, je voterai pour le candidat du Parti Socialiste. Je n’ai pas voté en 2002 et je suis donc un des responsables de la déroute. Seul un événement majeur pourrait me faire changer d’avis, mais vraiment très improbable. Il faudrait que Ségolène Royal annonce la suppression des 35 heures ou laisse entendre qu’elle ne connaît pas le nombre de sous-marins nucléaires en France.

Je fais partie de cette importante partie des électeurs qui ont une forte sensibilité politique, mais qui n’ont aucune carte d’un parti et ne veulent surtout pas en prendre. La campagne électorale ne s’adresse donc pas vraiment à nous. Je la regarde juste avec amusement, dans l’espoir que mon camp en fera une bonne.

Il parait que les gens n’ont pas une mémoire politique supérieure à 40 jours. En gros, les événements qui surgissent avant n’ont aucun impact direct sur le vote. Seuls comptent les signaux lancés, sur la personnalité du candidat et sur l’orientation générale du programme. C’est probablement pour ça que les deux candidats favoris ont lancé leurs campagnes par des grands shows, en débitant leur projet à la première personne.

Pourquoi les analystes politiques se concentrent-ils sur des faits divers de campagne ?

N.B. : Dans ces analystes politiques, je place aussi les blogueurs. Parmi ces blogueurs, il y a moi (à mon modeste niveau). Toutes les critiques que je fais sur les blogueurs par la suite pourraient se retourner contre moi, y compris certaines réflexions du présent billet. Ce billet n’est pas de mauvaise foi. Je répète : vous pouvez retourner les arguments, voire leur arrogance, de ce billet contre moi.

4000 euros net par mois

Revenons un mois en arrière et rappelons-nous tous les propos qu’on a eus sur les blogs à propos des 4000 euros lancés par François Hollande comme seuil pour une augmentation d’impôts, démentis par la suite par l’équipe de campagne. Les blogueurs de droite et analystes se sont bien amusés à critiquer le manque de cohérence fiscal du projet du PS et d’une manière générale de la cohérence de la direction du PS. Qu’en reste-t-il un mois après ? Rien ! Sauf, dans la tête de quelques électeurs hilares que les cadres UMP considèrent qu’à 4000 euros nets par mois, un célibataire fait encore partie des classes moyennes !

Car, en janvier, ces électeurs hilares n’en avaient rien à cirer de la cohérence fiscale du projet du PS.

Le cimetière des éléphants

Avant-hier, Ségolène Royal a annoncé le retour des éléphants dans son staff de campagne. Toute la presse en a longuement parlé ce qui est normal, mais nos collègues de droite… ou du centre en ont fait toute une analyse, de type « Ségolène est foutue, elle fait revenir l’arrière garde » ou « Elle commet une faute tactique affreuse », …

Si j’avais été blogueur UDF ou UMP, je me serais contenté d’ironisé sur le retour des vieux, la quasi absence de femmes dans une équipe dirigée par une femme, … J’aurais probablement fait des plaisanteries grivoises sur Yvette Roudy et Pierre Maurois… Ou alors je me serais emporté : « Quoi ! On a déjà une gauche une archaïque qui fait la risée de l’Europe et ils nous sortent les vieux crabes ! Ce pays est vraiment indécrottable, le progrès libéral restera impossible ». (ça me fait toujours marrer quand j’entends que le libéralisme est un progrès).

Mais si j’avais été blogueur de droite, je n’aurais pas donné à François Hollande une leçon de stratégie politique, sans voir ça de son côté. Essayons de le faire (modestement).

Qui a été intégré à l’équipe de campagne jeudi dernier ?

Le premier Premier Ministre de François Mitterrand. Les deux personnes en concurrence avec Ségolène Royal à l’investiture du parti. Une militante historique du combat des femmes, elle-même ancienne ministre entre 81 ou 86. La dame des 35 heures. Une figure de deux périodes de gouvernement socialiste, symbole de l’humanitaire, personnalité publiques parmi les plus populaire. La première femme a avoir été Premier Ministre en France. Le Premier Ministre de la période où la France a connu le plus fort progrès depuis longtemps (je sais, à droite, vous n’êtes pas d’accord !). Une figure de l’aile gauche du parti. Les maires des deux plus grandes villes de France, celles qui ont été ravies à la droite aux dernières élections. Les présidents des groupes parlementaires.

« Houhou, les gars, les militants historiques, on ne vous a pas oublié ». La vraie campagne commence, celle des militants, celle des tracts sur les marchés ou à la sortie du métro, celle des réunions publiques, celle qui va faire bouger les indécis… « Ségolène Royal est bien la candidate de votre Parti Socialiste » ! La machine électorale va se mettre en marche ! « Ce sont bien nos idées, nos valeurs, … que nous allons défendre ».

Chers amis de droite ou du centre, vous avez analysé l’événement sous l’angle de l’impact de l’annonce sur l’électorat… alors qu’à ce jour, l’électorat s’en fout totalement ! Mais pas les militants à qui il est rappelé (vous avez rappelé !) que nos valeurs sont toujours là, que le Parti Socialiste est toujours lui-même ! Ce que vous prenez pour une tare est un bel avantage !


Comparons les équipes

Pour ma part, je vois un autre intérêt à la tactique du PS. Un message pour les prochaines semaines : « Ségolène Royal est peut-être légère, mais il y a du monde derrière elle ! Des poids lourds » (je ne dis pas ça pour Pierre Maurois).

Qui trouve-t-on derrière François Bayrou ? Personne. Il a bien essayé de récupérer Dominique Strauss-Kahn, Jacques Delors et Bernard Kouchner, ce qui a d’ailleurs bien fait rigoler ceux qui ont une conscience politique ! Vous rappelez que le Parti Socialiste est à gauche. On se rappelle surtout que François Bayrou est à droite…

Qui trouve-t-on derrière Nicolas Sarkozy ? Johnny Halliday ? Doc Gyneco ? Mais qui avons-nous derrière Nicolas Sarkozy ? Trois poids lourds des gouvernements de Jean-Pierre Raffarin (en le comptant). Ca représente vraiment une période où la France allait très bien ? Qui avons-nous d’autre ? Des ministres en fonction ! Parfait pour incarner la rupture…Nous, les vieux, on peut les sortir, vous les jeunes, ils sont déjà en place !

Il n’y a pas de mal à se faire du bien : les militants sont lancés et Ségolène Royal a l’expérience avec elle.


Le mercato de la semaine

André Santini a été exclu de l’UDF. On en a parlé un peu. François Bayrou a sans doute voulu lancer un signal fort : « Le positionnement de l’UDF n’est plus à droite, ceux qui veulent continuer à travailler avec l’UMP ou à soutenir son candidat n’a plus rien à faire chez nous ! Bordel, on n’est plus à droite ! » Je crois que François Bayrou a pris un risque. Le signal aurait pu devenir « ceux qui ne sont pas d’accord avec moi n’ont qu’à fermer leur gueule »…

Le même jour, Eric Besson démissionne. 99,99% des électeurs s’en foutent.

Pourquoi une telle nouvelle a-t-elle fait la Une de l’actualité ? Qui va s’en rappeler le 22 avril ? Qui a lu jusqu’au bout la longue explication d’Eric Besson ? Pourquoi des analystes politiques et des blogueurs se sont fatigués à analyser l’événement ? Comment un responsable politique d’un tel niveau peut-il démissionner sur un coup de tête d’un Parti Politique au sein duquel il a un engagement fort depuis longtemps ? Pourquoi le secrétaire général du parti en question, qui dit « regretter son départ » ne lui a-t-il pas dit « Allez Eric, je t’invite au resto, on en parle, si tu veux tu te mets en réserve quelques temps, tu peux, mais on a besoin de toi » ?

Amis blogueurs ou journalistes, vous avez donné de l’importance de cette nouvelle en la traitant comme la déroute du PS, ce qui vous a bien amusé. Vous avez juste occulté la nouvelle du jour : « François Bayrou vire ses cadres de droite ».

Vous avez les sincères remerciements de Ségolène Royal. Probablement de Nicolas Sarkozy aussi, puisque ça éloigne François Bayrou du deuxième tour, mais ça lui conserve un concurrent à droite ce qui n’est pas très bon signe pour le premier. Il faudra que les blogueurs de droite me donnent leur point de vue sur la question !

Une histoire ! Une histoire !

N’étant pas un blogueur influent ni un journaliste soumis à des règles de déontologie, je vais imaginer une histoire. Ca n’est qu’une histoire !

Imaginons François Hollande dans son bureau. Il reçoit un coup de fil d’un de ses collaborateurs : « Putaing ! Fanfang » (c’est un collaborateur du sud ouest) « ils ont viré Santini, con ! ».

François Hollande réfléchit…

Il convoque ses collaborateurs.

Eric Besson est de retour pour chercher ses valises. François Hollande le voit et lui dit : « Dis donc, Eric ! Et si tu participais à une réunion avec nous ? ».

Tout le monde s’assoit autour d’une table. François Hollande prend la parole : « Bon, les gars, ça va mal, il faut qu’on fasse la une de l’actualité demain ». Julien Dray : « Je passe à la télé ce soir, je pourrais montrer mes fesses » (je vous rappelle que c’est une histoire). Hollande : « Juju, un peu de sérieux, c’est grave ». Arnaud de Montebourg : « Ah ! Je veux bien dire une bêtise sur un de nos camarades ». Hollande : « Non, il faut qu’on apparaisse soudé ».

Eric Besson : « J’y pense ! On est déjà brouillés ! Et si je démissionnais du parti ? »

23 février 2007

Nicolas Dublog change d'avis sur l'Europe

Pour la troisième fois, le candidat Nicolas Dublog nous livre ses réflexions sur la Construction Européenne. Il n’a pas changé d’avis sur le fond, mais sur la forme, si !
Nous n’avons pas que ça à faire de remettre ces trucs dans le bon ordre, aussi, nous vous les livrons telles qu’elles. Néanmoins, pour une fois, il a l’air un peu documenté.

La rédaction



Bon !

Mes collègues candidats à l’élection présidentielle ont commencé à exposer leurs positions sur la relance de la construction Européenne…

Va falloir reprendre ça au début ! Il y a des pays qui continuent à ratifier… et Jean-Claude Juncker nous expliquait qu’il faut qu’on change par la négociation l’avis du peuple français. Et on nous explique que si on a refusé le traité, il faut maintenant l’adopter par le dialogue. Ils ne nous prennent pas un peu pour des cons ?

Si une nouvelle constitution, il faut écrire que la politique est au service des citoyens. On ne pas leur dire : « Vous pouvez refuser de ratifier la constitution, nous pourrons alors discuter et finir par vous l’imposer ».

Nicolas Sarkozy a récemment présenté son point de vue à l’occasion d’un discours à Strasbourg.

Il est gonflé !

Il nous, traite, nous, ses opposants, de démagogues !

Il a juste oublié qu’il était le Président de la première formation politique en France en mai 2005 ! Et donc forcément responsable du Non ! Pas le seul responsable, mais responsable quand même… S’il n’a pas réussi à convaincre les Français de voter pour le « oui », c’est aussi SON problème.

Et Il a probablement oublié aussi qu’il était Ministre au moment de l’adoption du texte du traité à l’été 2004 !

Il ne doit pas oublier non plus qu’il était Ministre de l’Intérieur au moment où a été votée la loi du 11 avril 2003 qui prévoit le découpage de la France en 8 circonscriptions interrégionales pour le vote aux élections Européennes et donc principal acteur de cette loi. Cela a empêché les minoritaires de siéger dans les institutions Européennes ! Il ne faut pas s’étonner qu’ils s’opposent à une constitution quand on les fait disparaître de la représentation Européenne ! Ce n’est pas pour rien que l’opposition (dont Ségolène Royal) avait déposé une motion de censure

Tiens ! François Bayrou ne l’avait pas votée, celle-là !


Alors, en tant que démagogue et poseur de leçons, il se pose là, le Nicolas Sarkozy.

En plus, ce n’est pas le départ de ma femme qui a été médiatisé une semaine avant l’élection du 29 mai 2005, histoire de détourner les esprits ! Et de sortir personnellement de la campagne vers une défaite annoncée !

En plus, son idée actuelle de présenter un mini-traité est une vaste supercherie !

C’est une supercherie parce qu’on ne sait pas si nos voisins sont d’accord ! Tout ce que peut dire un candidat est : « voilà ce que je proposerai aux autres membres de l’UE ».

C’est aussi une supercherie quand il dit qu’il va supprimer du traité les sujets qui ont généré l’opposition du peuple ! Ce n’est pas possible !

Certains ont voté contre parce qu’il n’y a aucun volet social, donc les enjeux de l’Europe restent purement économiques !

Beaucoup ont voté contre parce certains textes déjà passés génère la une perte de certaines spécificités françaises, comme nos sens des services publics.

Certains ont voté contre parce qu’il y a une perte de souveraineté, ce qui restera vrai si l’unanimité n’est pas requise pour tous les sujets.

Ce dernier argument est sûrement haïssable puisqu’il rend presque impossible de nouveaux projets Européens. Dont une constitution ! Mais cet argument a été utilisé pour un vote massif.

S’il y a un nouveau traité, il doit y avoir un nouveau vote.

Il est illusoire de penser que les 27 pays de l’UE ratifieront chacun individuellement le même traité. Par exemple, si la France ratifie un nouveau traité (le mini traité ?) qu’est ce qui nous dit que les néerlandais ou les anglais vont l’accepter ? Qui nous dit que les pays qui ont ratifié le précédent, celui que nous avons rejeté, accepteront le nouveau ?

Rien. Absolument rien. On peut tourner en rond pendant des décennies !

Ainsi, ça ne sert à rien de faire un traité puis de le proposer à la ratification des peuples. Soit on l’impose contre le peuple, ce que veut faire Nicolas Sarkozy en passant uniquement par le parlement, soit on est sûr d’avoir un pays qui va le refuser… et ça va foirer.

Il faut donc trouver autre chose. Et comme il faut un vote, faisons-le avant l’élaboration du traité. Elisons les personnes qui le rédigeront et le valideront !

Voilà tout simplement ce que je vais proposer dans la nouvelle mouture de mon programme : élisons une assemblée constituante, ce qui ne peut être fait que sur la base du Parlement Européen ! Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis : j’étais contre en mai 2005, mais il se trouve que c’est la seule solution pour que 450 millions de zigotos se mettent d’accord sur un texte..

Il faut que les députés Européens qui seront élus pour cette « législature » aient pour seule mission d’écrire un nouveau traité. Il faut que tous les autres travaux soient suspendus pour que leur élection ait l’avenir de l’Europe comme seul enjeu. Et il faut que la loi le stipule.

Ces élections nécessiteront un système proportionnel dans tous les pays, pour assurer sa vraie représentativité. Pour la France, ça nécessite de revoir la loi du 11 avril 2003 à laquelle je pensais tout à l’heure.

Ce nouveau Parlement Européen aura ensuite à s’organiser pour permettre de sortir et valider un nouveau texte sur la base d’une proposition, puis une validation du Conseil Européen. Tous ces gugusses n’auront qu’à travailler ensemble dans la plus grande transparence pour que tous les politiques et constitutionalistes d’Europe puissent suivre les travaux. La base des travaux pourront être la partie 1 de l’ancien TCE.

Après, il faudra bien trouver un truc pour la ratification.

Mais le Parlement Européen élu spécifiquement pour ça aura la légitimité pour valider le texte. Les élus nationaux auront alors la légitimité pour le valider. Car maintenant, ils ne l’ont pas.

Bon ! Voilà. Il ne me reste plus qu’à écrire un beau texte pour présenter tout ça… et le discours qui ira avec.

Faut juste que je note deux trucs pour ne pas oublier.

Il n’y a pas que la « gouvernance de l’UE », mais aussi celle de la « zone Euro », mais ce ne sont pas les mêmes pays qui sont concernés.

Dans la future constitution, aucun sujet ne doit demande l’unanimité, sauf l’entrée de nouveaux pays. La souveraineté est en cause. Et ça évitera de devoir modifier l’article 88-5 de notre constitution !

J’ai bien mérité une bière, moi, à penser comme ça.

22 février 2007

Proximité du quartier

Cet homme n'est pas sérieux. Après avoir supprimé la police de proximité, Nicolas Sarkozy souhaite maintenant faire une police de quartier.

Il faudrait que toute la presse, demain, fasse la Une sur cette incohérence totale.

Une nouvelle preuve qu'il raconte tout et n'importe quoi dans le seul but d'être élu. Une preuve que toute sa politique depuis 2002 est de préparer la présidentielle de 2007, pour avoir une image d'homme providentiel, de garant de la sécurité.

Jusqu'à peu, encore, il critiquait cette police de proximité. Et là, il découvre maintenant qu'il faut rapprocher les policiers des habitants. Et réparer toutes les erreurs commises depuis 2002.

Bravo.

Notons que c'est une large invitation à voter pour Ségolène Royal. Voyons le Pacte : "La sécurité est un droit des citoyens et un devoir de l’Etat. Pour les contributeurs, cette coopération doit se faire au niveau local via une police « aux cotés des citoyens », qu’on l’appelle « police de proximité », « police de quartier » ou « police de contact »."

"54- Créer une nouvelle police de quartier pour mieux assurer la sécurité quotidienne "

Que fait l'extrême fauche ?

Hier les blogs de gauche et les blogs du centre ont connu une certaine euphorie consécutivement à la parution d’un bon sondage CSA montrant François Bayrou en nette hausse et Ségolène Royal devant Nicolas Sarkozy au premier tour. Pour les blogs de gauche, l’euphorie était confortée par les jolis discours de la candidate.

Aujourd’hui, c’est au tour de BVA de sortir un sondage, mais qui aurait été fait avant celui de CSA et partiellement avant l’émission télé de lundi. Les résultats sont bien différents de l’autre, mais des motifs de satisfaction sont là : la hausse de François Bayrou au premier tour et surtout le resserrement de l’écart entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy au deuxième tour, laissant entrevoir que la victoire est possible !

Cela dit, la cause de mon insomnie matinale qui me pousse à écrire ce billet est le souvenir de la promesse faite après chaque élection de ne plus écouter les sondages…

Hier, j’ai étudié la présidentielle 2002 et comparé les sondages de fin février et le résultat final. Je vous passe le détail, mais pour la plupart des candidats, il y a un écart de 4 à 6 points.

Cette année, ça pourrait être largement plus. Que constatons-nous ?

Petit 1 : les candidats des grandes formations politiques sont à un niveau exceptionnel. Pensez-vous réellement que deux candidats peuvent cumuler 60% des voix au premier tour ?

Petit 2 : Jean-Marie Le Pen est à un niveau dérisoire. Or j’ai du mal à penser qu’il pourrait faire moins de 16 à 18%.

Petit 3 : Les candidats de gauche hors PC représentent un score négligeable de l’ordre de 8 ou 9% (le sondage BVA semble plus optimiste).

Petit 4 : Le cumul des voix de gauche au premier tour arrive péniblement à 40% (et encore, je suis gentil), ce qui est peut-être lié à effet Bayrou, ou, plus probablement, un report des voix de l’extrême gauche sur Sarkozy, les braves gens étant tentés de croire au « Travailler plus pour gagner plus ».


Aussi, il est temps de rappeler que ce propos n’est que démagogique et frise l’arnaque. Nous ne nous étendrons pas dessus maintenant sauf pour rappeler que le nombre d’entreprises gênées par le quota d’heures supplémentaires est dérisoire (d’autant que rien n’empêche un patron de ne pas payer les heures supplémentaires et d’accorder des primes en compensation, ce n’est pas joli joli mais…). Et comme une partie des heures supplémentaires sont probablement payées au noir (quoi de plus facile dans la restauration ou dans l’artisanat et le bâtiment ?), les déductions fiscales promises par Nicolas Sarkozy sont grotesques. En plus d’immorales, contreproductives et peut-être anticonstitutionnelles !


Il est temps de nous préoccuper du « petit 3 ». Si l’ensemble des voix de la gauche hors PS ne fait pas entre 15 et 20%, ça ne fera pas de « réservoir » pour le deuxième tour. Surtout ça montre un malaise quelque part ! La fin de la politique ! Penser que les « écolos » cumulés aux « travailleuses travailleurs » puissent ne plus être représentés est consternant !


Enfin ! La campagne n’est pas réellement commencée et les médias se focalisant sur trois ou quatre candidats pour le plaisir de l’audimat, on peut espérer un revirement !

Hier soir, à la sortie du métro, un quidam m’a confié un tract de Marie-George Buffet. Comme France Soir n’était pas disponible pour que je puisse le lire en buvant ma bière chez Abdel, j’ai étudié ce tract.

Il y a quelques propositions inadmissibles… mais d’autres qui sont visiblement pompées sur le programme du Candidat Nicolas Dublog, notamment en termes de fiscalité. Je ne peux donc pas m’opposer à tout !

Nos amis du Parti Communiste Français nous rappellent en particulier certains chiffres que je vais citer de mémoire (je n’ai pas gardé le tract, je l’ai affiché chez Abdel pour étudier la réaction des clients).

Ces chiffres veulent dire : le pognon, on en a, il suffit de le prendre où il est ! Nous n’allons pas défendre ici la spoliation, le profit des sociétés étant quand même nécessaire à la bonne marche de l’économie, mais l’étude des chiffres est intéressante.

Par exemple, on nous fait chier avec un déficit chronique de l’ordre de 40 milliards. Ca ne représente que 17% du profit des entreprises… Le déficit des organismes sociaux (vous savez, le truc pour lesquels on veut nous faire bosser plus longtemps) représente environ 8% de ces profits !

La dette de l’état est à peu près égale à 5 ou 6 fois ces profits et des gugusses continuent à nous fatiguer avec l’héritage de la dette pour les générations futures. Ce n’est pas sérieux !

En fait, j’ai oublié les autres chiffres. Il y avait en particulier le montant total des profits financiers (les revenus des placements). C’est impressionnant !

On ne m’ôtera pas de la tête qu’on a un sérieux problème de redistribution en France et il ne serait pas surprenant que 90% des Français partagent cette conclusion.

Aussi, si les partis politiques qui dénoncent l’incohérence de la répartition des revenus entre le travail et ceux qui dénoncent le fait que ces profits soient largement réalisés au détriment de l’environnement n’ont pas au minimum 15 ou 20% des voix, je crois que la démocratie est sérieusement en danger !

Ce qui ne nous dit pas à qui appartiennent les instituts de sondage.

21 février 2007

Réflexions matinales

Ce matin, mis de bonne humeur par des nouvelles réjouissantes, j’ai écrit mon billet à la va vite comme souvent. Ensuite j’ai pris ma douche (je prends une douche le 21 de chaque mois depuis 2002) et je me suis dit : « Mon garçon ! Il est temps que tu parles un peu plus sérieusement de François Bayrou et de sa stratégie dans ton blog, plutôt que de débiter des âneries sur les sondages ».

Dont acte ! En mettant mes chaussettes, j’ai réfléchi. Je vérifie : elles sont à l’endroit. Et je n’ai pas mis les bleues qui ne vont pas du tout avec mon costard vert.

Le François Bayrou, donc. Voilà un gugusse qui dit qui veut gouverner avec tout le monde et cite en permanence Jacques Delors et Dominique Strauss-Kahn. Je ne sais pas du tout où il veut en venir et si sa stratégie sera payante, mais en communication, ça revient à marteler « les meilleurs économistes sont à gauche ».

Remercions François Bayrou. L’évolution des sondages dont je parle dans l’autre billet, montre que la stratégie est payante pour Ségolène Royal et pour lui.

Continuons à étudier cela… Il cite toujours, donc, Jacques Delors, DSK et indique qu’il n’hésitera pas à gouverner avec des gens de gauche. Il cite aussi souvent Jean-Louis Borloo, le seul type du gouvernement qui puisse apparaître avec un côté social.

Discours après discours, François Bayrou rappelle ainsi que les gens compétents sont à gauche. C’est gentil. Ségolène Royal est à moitié coincée pour parler des gens compétents du PS vu qu’elle a battu les anciens lors des primaires. Elle dispose néanmoins d’un certain nombre de seconds couteaux (Bartolone, Moscovisci, Lang, …) vaguement connus des gens, qui n’ont absolument rien à leur reprocher. Ségolène Royal est entourée.

Nicolas Sarkozy, quant à lui est très coincé. D’une part, toute sa stratégie est orientée sur lui, en voulant passer pour LE sauveur. D’autre part, les seconds couteaux connus dont il dispose sont au gouvernement, ce qui fait tâche dans sa campagne.

Il a essayé de nous propulser le François Fillon en nous laissant entendre qu’il serait Premier Ministre, mais personne n’a oublié qu’il a été viré deux fois du gouvernement et que ses réformes quand il était aux affaires sociales, celles qui devaient sauver la sécu et les retraites, n’ont servi à rien. Les systèmes sont toujours déficitaires et leur financement n’est pas assuré.

Il nous envoie Xavier Bertrand, ça ne pose pas de problème. Personne ne sait qu’il est ministre.

On entend un peu Thierry Breton. Mais pas Jean-Louis Borloo… Il est où ? Il milite pour François Bayrou ?

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Ca y est, je voulais parler de Bayrou et j’en suis à me foutre de la gueule de Sarkozy.

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Après cette douche, ces chaussettes et cette réflexion, j’ai voulu déjeuner en lisant le Parisien. Je suis donc allé prendre mon petit déjeuner au bistro du coin.

Là, j’ai rencontré un type que je vois souvent et avec qui je papote régulièrement. C’est un chef d’entreprise (6 ou 7 salariés) dans un secteur qui marche bien, que je ne peux pas citer ici, des gens tombent sur mon blog en cherchant « le Kremlin-Bicêtre » dans Google ! Quand je dis marche bien, je veux dire que les salariés du secteur n’ont pas beaucoup de risque de chômage. Les patrons ont du mal à recruter… et ce sont les employés qui demandent à être embauchés en CNE pour pouvoir se barrer plus facilement !

C’est un gars de droite. Bien à droite. Mais avec beaucoup de recul, ce qui nous permet de discuter politique sans nous étriper mutuellement comme dans n’importe quel blog venu.

Il m’a dit, ce matin : « Vous savez, Ségolène Royal est beaucoup plus libérale que Nicolas Sarkozy ». Ca m’a surpris, puis fâche, puis fait plier de rire !

Parce qu’il a rapidement démontré que seul le programme du PS fait un pas en direction des entreprises.

Nicolas Sarkozy propose le contrat unique. Les entreprises s’en foutent !
Nicolas Sarkozy propose de faciliter les heures supplémentaires. Les patrons s’en foutent. Ils font déjà ce qu’ils veulent. Ils ne sont pas opposés à la suppression des charges, mais c’est un effet d’aubaine.
Nicolas Sarkozy propose de diminuer les droits de succession et de mettre un bouclier fiscal. Les patrons s’en réjouissent personnellement mais savent bien que ce n’est pas ce qui va faire marcher leurs boites et l’économie en général.

Ainsi, les annonces de Nicolas Sarkozy sont à prendre comme telles : des annonces. Pour le reste, on sait ce qu’il fait. Patriotisme économique ne rime pas vraiment avec libéralisme. Des crédits d’impôts ciblés non plus…

Par contre, Ségolène Royal s’adresse aux entreprises : « Il faut stimuler la création d’entreprises, renforcer l’investissement et la recherche, remédier à la sous-qualification, développer la formation professionnelle, soutenir les PME et renforcer l’efficacité de la dépense publique. »

En introduction :
- Investir massivement dans l’innovation et la recherche.
- Mettre en place une politique industrielle capable de préparer l’avenir et de réduire les risques de délocalisations.
- Soutenir les PME avec la création de fonds publics régionaux de participation.
- Donner la priorité à l’investissement des entreprises.
- Sécuriser le parcours des jeunes créateurs en soutenant la création d'entreprises.

Mais aussi :
- Conditionner les aides publiques aux entreprises
- Moduler les aides aux entreprises et les exonérations de cotisations sociales,
- Développer la négociation collective à tous les niveaux et sur tous les thèmes,
- Renforcer la qualification et la capacité de revenir à l’emploi des salariés menacés de licenciement
- Adopter une loi de programmation pour redonner à nos universités les moyens de l’excellence.
- Créer un service public d’orientation pour que les jeunes soient informés pleinement des débouchés offerts par chaque filière.


Il n’aurait pas oublié quelques détails, le Nicolas Sarkozy ?

La campagne est lancée ?

Deux ou trois nouvelles lues dans internet ce matin me réjouissent ou plutôt me redonnent le moral.

La première, c’est le retour en tête des sondages pour le premier tour de Ségolène Royal. Ca me réjouit pour différentes raisons que je vais évoquer, mais l’objectivité nécessite de rappeler qu’elle est toujours donnée perdante au deuxième tour et qu’il ne s’agit que d’un sondage. Je ne peux pas dire du mal des sondages quand Nicolas Sarkozy est en tête et du bien quand c’est Ségolène Royal !

Raison 1 : on voyait depuis quelques semaines un rapport de forces bien ancré avec NS à 33% et SR à 26%. Je commençais à croire qu’il n’y avait rien à faire, que les espèces de maladresses de SR mettaient le doute…

Raison 2 : ce sondage montre que François Bayrou monte. Comme SR monte aussi, FB a nécessairement piqué des voix à NS. Ca montre que l’électorat de NS n’est pas très ancré.

Raison 3 : je ne croyais pas possible d’avoir un candidat de droite à plus de 30% et je l’ai dit dans le blog. Personne ne l’a jamais fait depuis Valéry Giscard d’Estaing. Ce sondage me donne raison (dans la limite de la validité d’un sondage !).

La deuxième nouvelle qui me réjouit est le changement de ton de SR montré à l’occasion du meeting à Rennes. Elle s’attache enfin à souligner la cohérence du programme qui n’est pas un catalogue et à taper sur FB et NS.

La troisième nouvelle est le maintient dans sa position de François Bayrou qui continue à vouloir faire croire qu’il pourrait passer à gauche !

La quatrième, celle qui me réjouit le plus, c’est les explications de Nicolas Sarkozy sur son programme. Il continue à vouloir faire un paquet de baisses d’impôts et de charges dès l’été. Il continue à promettre une baisse de la TVA qui ne ressemble à rien (comment définir qu’un produit est écologique ?). Surtout, plus sa présentation du programme avance, puis les points contradictoires vont être mis à jour.

Il annonce dans le même discours, d’un côté la création d’un contrat unique et le vote à bulletin secret pour les grèves et de l’autre côté que tout ce qui touche au dialogue social serait soumis à concertation.


Je crois aussi que certains trucs vont lui péter à la gueule. Tiens ! Ce contrat de travail unique. Déjà, qu’il nous explique comment il va traiter l’intérim ? Et surtout, laissons-le expliquer aux patrons qui remplacent une femme en congés maternité par un CDD ce qu’ils devront faire ! Ou au vigneron qui prend quelqu’un pendant quelques jours pendants les vendanges ! Laissons-le continuer à nous faire croire que certains jobs n’ont pas une vocation temporaire…

Et nous expliquer qu’il ne s’agit pas d’une destruction du CDI ! Qui offre déjà une période de six mois (deux fois trois) de période d’essai ! Qu’il nous explique ce qu’est le contrat unique !


François Bayrou n’abusera pas les électeurs de gauche. Il récupèrera juste les voix traditionnelles du centre droit qui ne veut pas de la politique de Nicolas Sarkozy.

Et là, j’entends le flash de 7h15 sur France Info… Il dit en gros que « la compassion n’est pas une politique ». A l’heure où François Bayrou présente sa méthode et Ségolène Royal détaille son programme en critiquant celui des autres, Nicolas Sarkozy continue à sortir des phrases pour critiquer le style de sa concurrente… Continue…

20 février 2007

J'ai regardé la télé !

Ségolène Royal a le record d’audience pour une émission politique depuis 15 ans.

A défaut de voir le meilleur score dans les sondages, essayons dJ’en tirer une conclusion amusante.

Heu…

J’ai trouvé !

Une majorité de Français ne peut pas encaisser François Bayrou et Nicolas Sarkozy.

Ils sont tous venus sur TF1 hier pour constater qu’elle n’est pas aussi nulle qu’une grande partie de la presse essaie de le faire croire.

La presse ? Ou les blogueurs ? Ca devient de pire en pire...

La chasse aux cons est-elle ouverte ?

Appelons les candidats à ne rien céder aux chasseurs !

D’après la dépêche, ils vont tous y passer. Nicolas Dupond-Aignan, un représentant de François Bayrou, Ségolène Royal, Frédéric Nihous, Philippe de Villiers, Dominique Voynet, des représentants de Marie-George Buffet, Jean-Marie Le Pen, José Bové puis Nicolas Sarkozy !

C’est quoi cette convocation ? Ca ressemble à la victoire anticipée d’un lobby !

Je ne suis pas contre la chasse, je m’en fous… Mais rappelons que les chasseurs sont des gens qui passent leurs loisirs à tuer des bestioles qui n’ont rien demandé. Quels que soient les arguments qu’ils peuvent trouver, rappelons qu’il s’agit de personnes qui prennent plaisir à tuer. On en connaît même qui élèvent des faisans en cage pour le plaisir de les relâcher dans la nature pour pouvoir les tuer.

Je suis moi-même un carnivore enthousiaste ! Mais je mange des animaux qui ont été élevés pour être tués dans des abattoirs pas des animaux qui ont été élevés pour être tués par des sanguinaires du dimanche.

Alors, c’est quoi cette convocation ?

19 février 2007

Ils sont légions...

Faut-il que Maurice Papon soit enterré avec sa médaille de la Légion d’Honneur ?

Déjà, personnellement, je suis a moitié contre ces décorations accordées à des types qui n’ont rien fait d’autre que de hanter les cabinets ministériels, voire gagner beaucoup de sous et être connu pour cela.

Imaginons un pompier qui se précipite au risque de sa vie dans un immeuble en flammes pour sauver deux enfants : il mérite largement une médaille. Mais le reste !

Voyons ce que nous apprend wikipedia : « L'attribution est presque automatique pour les anciens ministres, les préfets honoraires, les anciens députés ou sénateurs (les ministres et parlementaires en activité sont exclus du champ sauf pour faits de guerre), les hauts magistrats et les membres du corps diplomatique. L'obtention d'une médaille d'or aux Jeux olympiques est une promotion spéciale. L'armée obtient cinquante pour cent des places et les autres professions bien représentées sont les policiers, les pompiers, les élus, les hauts fonctionnaires et les représentants des cultes. »

En fait ce qui me laisse perplexe, c’est qu’il y a chaque année un ou deux millions de types qui partent à la retraite après 35 ou 40 de service. Quel que soit leur job, ils ont participé à la croissance de la France, à son niveau de vie, à sa prospérité sociale. Pourquoi un chanteur inconnu ou un général qui a passé 30 ans dans les états-majors mériteraient-ils plus que ces zozos ?

En quoi, un éditorialiste de presse aurait-il plus de mérite qu’un type qui a passé six heures par semaine, après son boulot, à entraîner des gamins d’une école de foot ?

Sur Wikipedia, ils fournissent des listes de types contemporains qui ont la légion d’honneur. Il y en a une grande partie que je ne connais pas ! En quoi peut-on dire qu’ils ont rendu service à la France au point de mériter une médaille ?

Revenons à Momo Papon.

Son avocat et sa famille insistent pour qu’il soit enterré avec sa Légion d’Honneur. Outre le fait qu’elle lui a été retirée et qu’il a été condamné pour l’avoir portée abusivement, sa famille semble oublier pourquoi d’autre il a été condamné.

Un de ces jours, ils vont nous faire un procès en réhabilitation.

Ils sont gonflés.

Mercato

La nouvelle politique du week-end est amusante. François Bayrou indique qu’il pourrait nommer un premier ministre de gauche. Tous les regards se tournent évidemment vers Dominique Strauss-Kahn. Le pauvre, il n’avait rien demandé.

Quelle est la stratégie de François Bayrou ? Je n’en sais rien. Pour l’instant, il semble essayer de montrer qu’il a la volonté de s’entourer de gens de compétents. Comme ils ont à gauche, il n’a pas le choix !

J’ai lu dans je ne sais plus trop quel forum politique, ce matin, que des gens imaginent déjà un François Bayrou, Président de la République, nommant, un gouvernement avec Strauss-Kahn, Kouchner, Borloo, …

On croit rêver ! C’est la saison des transferts ? Le mercato ?

17 février 2007

Dépense de promettre

Le coût du programme de Nicolas Sarkozy fait enfin l’actualité ! C’est avec délice que j’entends son staff de campagne annoncer que tous les trucs ne sont que promesses qui ne seront pas réalisées parce qu’on n’a pas les moyens !

Toutes ses annonces depuis trois mois ne sont que du pipeau. Ils avouent. Il serait bon maintenant que dès qu’il annonce quelque chose, l’ensemble des journalistes se foutent de sa gueule.

C’est bien, je ne vais plus à avoir à en parler sur le blog ! Sauf pour dénoncer des trucs rigolos.

Par exemple, la dépêche en lien nous apprend les dernières âneries de ses porte-parole à propos des 68 milliards de baisse des prélèvements obligatoires : « La réalisation dans le temps dépendra de la capacité à dégager des ressources »…

Traduisons : la possibilité de baisser les prélèvements dépendra de la capacité à les augmenter !

Très fort !

Que faudra-t-il encore pour que les électeurs se rendent compte que toutes les annonces relèvent de la mystification ?

16 février 2007

La Marine ou la Royal ? (pardon).

Faut-il un deuxième porte-avion nucléaire ?

Nicolas Sarkozy a déclaré en réponse à Ségolène Royal : « C'est quand même une idée curieuse de dire aux Français: il va falloir choisir, soit vous éduquez vos enfants, soit vous assurez leur sécurité! Moi, je veux à la fois de la sécurité pour la France et une bonne éducation pour les Français » !

C’est quand même incroyable ! Ce type est très fort ! Tout en réduisant le déficit, il augmente le budget de l’Education Nationale et construit un porte-avions !

Hé bien ! Non ! S’il y a des priorités budgétaires à prendre, ça me paraît logique de prioriser l’éducation par rapport à la défense. Ne pas construire un deuxième porte-avion n’est pas supprimer la défense ! Nicolas Sarkozy est un odieux démagogue qui par des petites phrases lancées à la va-vite essaie de faire rentrer n’importe quoi dans l’esprit des gens.

Ségolène aussi, me direz-vous ? Non ! Elle s’engage : « Les moyens, nous les trouverons. Si la nation est capable de dégager le coût d'un deuxième porte-avions, j'en fais ici le serment, cette marge de manœuvre supplémentaire, cette valeur là, n'ira pas à la Défense nationale mais ira à l'Education nationale ». C’est du moins ce qui est écrit.

Elle aurait également aussi dit : « Je maintiendrai inchangé l’effort de défense nationale, parce que nous vivons dans un monde menacé dans le cadre duquel la France ne peut pas baisser la garde, ni son effort de défense. Mais je n’engagerai pas la construction d’un deuxième porte-avions car je considère que cet équipement doit se faire dans le cadre de l’émergence d’une défense européenne et doit devenir un chantier européen. »

Voilà ce qui aurait entraîné les propos de Nicolas Sarkozy que je cite plus haut !

A sa place, ma réponse aurait été : « Elle est bien gentil mémère, mais pour avoir une défense commune, il faut une politique commune et pour ça, il faut des institutions communes, faisons passer le mini-TCE et notre porte-machin on va le construire nous-mêmes ».

Ségolène Royal aurait alors pu judicieusement répondre : « Qu’est ce qu’il veut Napoléon ? Faire passer un texte qui a déjà été refusé par le peuple ? ».

Ce en quoi, le candidat Nicolas Dublog aurait pu argumenter : « On n’est pas dans la merde ! » et revenir au cœur du débat : « On n’a pas que ça à foutre que de construire un deuxième porte-avion ». Et ensuite à ceux qui veulent le faire au niveau Européen : « Vous croyez peut-être qu’avoir des institutions communes permettra d’avoir une politique commune. Ca l’aiderait peut-être mais il y a d’autres conditions à poser avant ». Et rappellera : « Déjà qu’actuellement au niveau de l’économie, les différents pays de la zone Euro sont incapables de tirer dans le même sens ».

Avant de se laisser aller : « On a mis 50 ans avant d’avoir une monnaie commune, on n’est plus à dix ou vingt ans près pour la politique commune ». Et de philosopher : « On a fait beaucoup en 10 ans, tirer des pays comme l’Espagne vers le haut, laissons les 12 derniers rentrants se développer un peu et converger vers nous ». Et d’ajouter : « On a fait doucement l’Europe, c’est devenu un espace de paix. Ne dépensons pas notre énergie pour construire des engins de guerre dont l’efficacité n’est pas démontrée d’un point de vue politique, même si ce sont des engins magnifiques d’un point de vue militaire. Ca pourrait nous rapporter du prestige, mais on perd les hélices ! ».

Et aussi (sur le machin défendu par Vincent Peillon et aussi, je crois, l'UDF) : « On ne va pas faire un porte-avions avec les anglais ! Qu’est-ce qu’on aurait fait lors de la guerre en Irak, on l’aurait envoyé pour répondre aux souhaits des Anglais ? On ne l’aurait pas fait pour marquer la position de la France ? On joue ça à la belote ? ».

Et de répéter : « Ne dépensons pas notre énergie pour construire des engins de guerre alors qu’on veut construire un espace de paix ».

A la cantine, Nicolas Sarkozy ne sera pas élu.

J’aime bien l’analyse politique à la petite semaine. Des fois, j’essaie de faire bouger mes neurones pour trouver un truc à dire. Là pas besoin !

Comme tous les midis, j’ai mangé avec des collègues de boulot. Pendant ces temps là, j’aime bien parler boulot. Aucun autre sujet n’est intéressant. La varicelle de la fille de mon collègue ne m’intéresse pas. Le préparatif du départ au ski ne m’intéresse pas. La gastro à laquelle le voisin a échappé ne m’intéresse pas.

Ce midi, on parlait politique. Les idées de droite dominent largement la conversation. Non pas qu’elles soient majoritaires (dans mon domaine, ça serait plutôt l’inverse) mais les gens de gauche ont l’intelligence de ne pas exprimer leur avis pendant le travail. Par contre, les gens de droite, j’entends par là la vieille droite républicaine anti-soixante-huitarde, sont persuadés que tout le monde est de leur avis. Car on ne saurait tolérer de dangereux gauchistes dans l’informatique bancaire.

Ce ne sont pas les informaticiens qui votent à gauche mais les fonctionnaires et les ouvriers…


Travailler dans l’informatique, beaucoup de gens ignorent ce que ça veut dire. Beaucoup s’imaginent que les informaticiens sont en jean avec les cheveux longs à concevoir des trucs délirants en mangeant des sandwiches bios.

Ce n’est pas ça du tout ça. Je vous explique en bleu.

Un informaticien est un type en costard qui passe la moitié de son temps en réunion ou au téléphone pour obtenir des budgets pour tenir des engagements qu’à pris en son nom une maîtrise d’ouvrage délirante pour satisfaire des demandes des utilisateurs complètement irréalistes et ne répondant dans pas du tout à leurs besoins réels.

L’autre moitié du temps est passée en réunion ou au téléphone pour expliquer que le plantage général qui empêche toutes les agences de France d’avoir accès à l’informatique n’est réellement pas de sa faute, mais de celle de l’hébergeur des serveurs informatiques que la direction a choisi parce que c’est moins cher que d’exploiter soi-même les ordinateurs.

La troisième moitié est passée au téléphone ou en réunion avec des concurrents pour essayer de faire émerger des standards afin de diminuer les coûts de développement et garantir l’interopérabilité (vous trouvez évident qu’un touriste Chinois puisse payer avec sa carte au bistro du coin ?).

La quatrième moitié est passée à corriger ses propres conneries et à argumenter auprès de votre direction pour avoir plus de personnel pour tester les solutions.

Je vous passe les séminaires imposés par les RH, les rencontres avec les fournisseurs dont vous vous foutez royalement, les discussions avec la direction des achats pour justifier une dépense qui, de toute manière, est déjà au budget, la négociation avec le type des méthodes pour pouvoir faire un "cahier des charges" alors que lui voudrait que vous fassiez un "dossier de consultation", les trois heures perdues à apprendre les moyens de faire fonctionner les outils de visioconférence, les huit heures à remplir vos rapports d’activités et notes de frais pour justifier l’utilisation d’un taxi à 15 euros pour 10 minutes de trajet plutôt qu’une heure de transports en commun à 8 euros…

Il vous reste une demi heure pour manger votre sandwich bio et programmer un truc informatique qui vous botte.

Ceux qui ne sont pas informaticiens ne peuvent peut-être pas comprendre. Je n'ai jamais bossé en dehors de l'informatique. Tout ceci génère le stress, des horaires de boulots débiles. Et un salaire confortable.

Je disais qu'au boulot, les gens de gauche sont assez intelligents pour ne pas parler politique, on a assez d'engueulades dans le cadre du travail.

Ce qui n’empêche pas les gens de droite de le faire.

Ce midi, ils ont développé une théorie intéressante. En fait, suite à je ne sais plus quelle émission d’hier soir, ils sont persuadés que Nicolas Sarkozy va perdre. Moi j’étais plié de rire. On se console comme on peut.



La théorie est la suivante.


Côté gauche.

Le PS a un socle solide d’électeurs. Ils n’oublieront pas le 21 avril 2002 et ne feront pas les cons. Rien qu’avec ce socle, le PS est assuré de faire 25%.

N.B. : Amis de gauche ! Ils ont peut être raison. Je n’en sais rien. Ce que je sais c’est qu’ils ont raison sur un point. On a fait les cons en 2002. Il faut se mobiliser. J’en entends qui disent « je n’arrive pas à être convaincu par Ségolène Royal », « José Bové, finalement, il défend bien les idées de gauche » ou « François Bayrou, elles ne sont pas mal ses idées de rassemblement ». François Bayrou n’a pas encore réellement communiqué sur son programme, laissez-le s’agiter. Et n’oubliez pas l’essentiel : il faut que Ségolène Royal soit élue pour avoir une chance d’avoir la majorité à l’Assemblée Nationale et surtout un gouvernement de gauche pendant cinq ans.

Je reprends.

A l’extrême gauche c’est le foutoir. Ca permettra peut-être au PS de ne pas disposer d’un réservoir de voix pour le deuxième tour, mais surtout des électeurs d’extrême gauche vont se déporter sur Ségolène Royal.

N.B. : Amis de gauche ! N’oubliez pas de faire une campagne à gauche !

Donc Madame Royal pourrait dépasser les 30%


Côté droite.

Les sondages donnent 33% à Nicolas Sarkozy et 10% à Jean-Marie Le Pen. Or il est fort probable que Le Pen fera au moins 18%. Comme Le Pen ne piquera pas de voix à l’extrême gauche (il n’y a plus beaucoup de voix à piquer), c’est bien chez Sarkozy qu’il va les prendre. 33 moins 8, ça fait 25 !

D’ici à ce que François Bayrou en pique une partie !

Ce Bayrou, avec ses 14% ! Il est annoncé comme étant le troisième homme ! Soit la presse se plante comme pour chaque élection, soit il va encore monter ! Or, à la base, c’est bien un candidat de droite. S’il arrive à 20%, il piquera légitimement 6 % à Sarkozy (c'est-à-dire au gens qui disent dans les sondages qu'ils voteront pour Sarkozy car ils ont éliminé Royal). Ce qui nous fait le Sarkozy à 19%.



Je récapitule : mes collègues de droite sont persuadés que Nicolas Sarkozy ne sera pas au deuxième tour.

Ca fait chaud au cœur !

Nicolas Sarkozy vient

Nicolas Sarkozy confirme qu’il se rappelle d’où il vient.

Moi, je ne sais pas d’où il vient ! Je consulte donc.

Précisément, il est né dans le 17ème arrondissement de Paris. Pour ce qui ne connaissent pas bien la région Parisienne, je précise que le 17ème arrondissement n’est pas dans 93 !

Rappelons juste qu’il est issu d’une famille d’aristocrates hongrois que son père était publicitaire et sa mère fille d’un médecin du même arrondissement.

En 1976 (il y a plus de trente ans), il est parrainé par Charles Pasqua pour rentrer au RPR, qui fut par ailleurs son témoin de mariage. A 28 ans, il était maire de Neuilly-sur-Seine, peut-être la ville la plus riche de France.

Je ne critique pas sa carrière politique (au contraire !) et je m’en fous de son arbre gynécologique. Je le trouve juste un peu gonflé son « je n’oublie pas d’où je viens »… L’air de nous faire croire que ses parents étaient ouvriers et qu’il a gravi tout seul l’échelle sociale, grâce à son travail !

15 février 2007

Des fois, prenons la politique au sérieux plutôt que de rigoler bêtement

Mon copain Filaplomb me communique une information amusante. Rions de Nicolas Sarkozy avant d'aller se coucher.

Revue de presse du soir

Les portes paroles de l’UMP ont-ils bu ? De quoi se mêlent-ils ? « Rachida Dati et Xavier Bertrand, porte-parole de campagne de Nicolas Sarkozy, ont jugé "inquiétante" la "succession de dysfonctionnements dans la campagne" de Ségolène Royal, jeudi 15 février, au lendemain de la démission d'Eric Besson, en charge de l'économie au PS. »

Pourquoi sont-ils inquiets ? Ca ne devrait pas être une bonne nouvelle pour eux ?

Ségolène Royal : « Il y quelque chose d'insupportable, qui relève du mensonge d'Etat, lorsqu'on incite les jeunes à entrer dans des filières sportives et puis on supprime 70% des postes au Capes ».

J’espère qu’elle veut dire par là qu’un gouvernement de droite ne tient jamais ses paroles (ça me rappelle la promesse de Nicolas Sarkozy, devant l’Assemblée Nationale, de ne jamais privatiser GDF), pas qu’elle souhaite que je fasse du sport.

Et quand elle dit : « le premier apprentissage de la loi commune pour un jeune ou pour un enfant, c'est la règle sportive, c'est l'interdiction de tricher, c'est le respect de l'adversaire, c'est l'effort collectif » C’est de l’éducation civique ?

Tiens ! L’effort collectif, c’est le contraire du projet UMP. Le hasard ?

François Fillon : « Nous, on veut en six mois changer le statut des universités pour leur donner l'autonomie, on veut libérer le travail avec notamment la détaxation des heures supplémentaires, on veut supprimer les droits de succession, on veut permettre la déduction des intérêts d'emprunts pour l'achat de son logement et on veut ouvrir une grande négociation avec les partenaires sociaux sur la représentativité syndicale ».

Et raser gratis pour réduire la dette ? Fillon, il n’a pas été viré du Ministère des Affaires Sociales puis du Ministère de l’Education ?

« Tout cela serait fait avant le mois d'octobre », a-t-il ajouté. « On travaille depuis deux ans et demi sur ce projet. On a un calendrier en tête, on a une méthode, des textes législatifs qui sont prêts. »

Vous devriez peut-être profiter d’être au gouvernement pour le faire !

L'ancien ministre a précisé que Nicolas Sarkozy souhaitait « une équipe gouvernementale extrêmement réduite pour pouvoir conduire très vite un changement qui permette aux Français de se rendre compte au bout de six mois que voilà, cette fois-ci, il y a vraiment quelque chose de changé. »

On peut tout faire en six mois. Pourquoi ne pas l’avoir fait en 5 ans ? Vous croyez vraiment que Fillon est bien choisi pour incarner la rupture ?

Parfois, il a des instants de lucidité : « Si on veut faire des réformes, pour changer de manière radicale notre pays, il faut quand même accepter l'idée qu'il y a des dépenses nécessaires. Il ne faut pas dire aux Français : on va simplement tous les ans réduire la dépense publique sans rien changer, sans rien mettre en oeuvre de nouveau ».

Quelqu’un a un traducteur ? Ils ne vont rien changer ? Ils vont réduire la dépense sauf la dépense nécessaire ?

De toute manière, comment voulez-vous voter pour un type qui picole par obligation professionnelle ? Par contre, « Mais l'animal politique Royal, au contact de François Mitterrand dont elle fut la conseillère dans les années 80, a appris que la table et le flacon étaient les deux piliers de l'art de vivre à la française ».

Quand je pense qu’il y a encore des gens qui préfèrent Nicolas Sarkozy (« En fait, il ne boit pas une goutte d'alcool ») à Ségolène Royal ! Par contre, je crois que je vais finalement voter Bayrou qui « doit au vin "d'avoir vaincu son bégaiement" »

Thierry Breton nous apprend que Nicolas Sarkozy « s'attaquera d'abord au désendettement de l'Etat et ne commencera la baisse promise des prélèvements obligatoires qu'après 2010 […] la baisse de quatre points des prélèvements obligatoires […] doit se faire sur dix années ».

Nous avons le regret de vous annoncer que Nicolas Sarkozy ne se représentera pas en 2022, voire démissionnera de son troisième mandat en 2020 !

Plutôt que d’envoyer un collègue nous le dire, il ne pourrait pas le faire lui-même ? Annoncer que son programme ne sera mis en œuvre que quand les conditions économiques le permettront, c’est gonflé ! D’autant que ce programme est sensé préparer les conditions économiques en question…

François Bayrou : « Le chiffrage de ma campagne sera présenté début mars. Vous disposerez alors de l'intégralité du financement des mesures annoncées ».

Déjà qu’on a du mal à savoir quelles mesures sont annoncées !

Stéphane Pocrain renonce à présenter sa candidature. Je dis ça pour ceux qui savaient qu’il voulait se présenter.

On avait oublié Alain Krivine : « Elle mord un peu sur le score de Besancenot, un peu sur Buffet, mais pas sur Laguiller qui a un électorat stable ».

Stable à 1% ?

Pauvre François Bayrou !

Voilà une information dont je me fous totalement. Elle est reprise par Guy Birenbaum dans son billet du jour.

Nous sommes le 15 février. Le 8 février, il y a donc une semaine, Eric publiait l’information dans son blog Crise dans les médias.

Comme quoi, il y en a bien une de crise !

Un journaliste politique, chroniqueur politique sur la radio de plus forte audience en France (ce n’est semble-t-il plus vrai, NRJ serait passé devant), Alain Duhamel annonce qu’il va voter pour le troisième ou quatrième homme.

Ajout le 16/02/07 : l'information fait aujourd'hui la Une de l'actualité (ou presque) et la déclaration d'Alain Duhamel date de plusieurs mois !

Guy Birenbaum fait un nouveau billet aujourd'hui et souligne justement que la faute de Duhamel est une bricole au regard des rapports de la presse et des politiciens. Les Suisses se moquent bien de nous :
http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/0/mainmise_sur_la_presse.html

Fermé !

Pas de billet ce matin. Je me contente de réparer un oubli. Je n'avais jamais diffusé de photo de carotes.

Notons quand même l'information sympathique du jour. Alors que hier encore on nous disait le contraire... et ce matin aussi dans d'autres sondages. Ce qu'il y a de bien avec news.google.com et son condensé d'actualité, c'est que sur la même page on apprend que les sondages sont défavorables ET favorables.

Comme quoi, c'est bien de la bêtise tous ces sondages !

14 février 2007

Aujourd'hui, moquons-nous des politiques et des chefs d'entreprise !

Xavier Bertrand : « Le fait qu'une candidate à la présidentielle ne parle pas d'impôts est particulièrement inquiétant. C'est un sujet qui visiblement fâche au Parti socialiste, mais c'est surtout parce qu'elle veut augmenter les impôts et n'ose pas le dire ».

Oui ! Nicolas Sarkozy parle de baisses phénoménales d’impôts sans nous dire comment il va faire !

Dominique Voynet : « Regrettant que l'écologie politique soit "passée au deuxième plan" dans la campagne, l'ancienne ministre de l'Environnement et actuelle sénatrice de la Seine-Saint-Denis s'est fixé comme objectif "de faire en sorte que ce ne soit pas oublié (...) et que les engagements pris soient tenus au-delà de la présidentielle". »

Ce n’est pas plutôt Dominique Voynet qui est passée au deuxième plan ?

Rachida Dati (porte-parole de Nicolas Sarkozy) « a accusé mercredi le Parti socialiste d'instrumentaliser la question du déplacement très attendu en banlieue du candidat UMP. "On voit bien l'instrumentalisation de la banlieue que fait le Parti socialiste, qui n'y est pas allé depuis bien longtemps", a-t-elle dit lors d'un point-presse au QG de campagne du candidat Sarkozy »

C’est justement ce qui est reproché à Nicolas Sarkozy !

Thierry Desmarest (patron de Total) suite aux propos de Bruno Rebelle de taxer les profits financiers : « Dans un pays où on trouve indécent de faire des profits, à un moment, il faut savoir ce qu'on veut. »

Ce ne sont pas les profits qui sont indécents, c’est d’être « Dans un pays où il y a temps de misère ».

François Hollande : « Sécurité sociale professionnelle, bouclier logement, augmentation des petites retraites: c'est tout ça qui doit être maintenant compris par les Français »

Au boulot !

Le même : « a aussi défendu l'idée d'un prélèvement fiscal imposé aux Français expatriés. Mais il a reconnu que ceci ne pourrait se faire "qu'avec une convention fiscale avec le pays d'accueil". Il a expliqué que la mise en place de cette proposition n'avait pas encore été tranchée par Ségolène Royal. "C'est elle qui en décidera" »

Et les pays concernés… Qui vont sûrement accepter que leurs habitants payent moins d’impôts chez eux pour pouvoir en payer chez nous… L’intention est louable (et le problème réel) mais sans en faire un projet à l’échelle Européenne ça ne va pas être facile. Et si on le fait à l’échelle européenne, il ne reste plus qu’à convaincre nos camarades…

Nicolas Sarkozy : « Il faut être très humble face à tout ce qui se passe », puis, « Je suppose que là-bas, ils doivent avoir moins le moral qu'ici », le « là-bas » concernant le siège du PS.

Humble ?

Le même : « Il y a des gisements considérables. Je me demande par exemple si l'on ne pourrait pas moduler les aides liées aux 35 heures pour verser davantage aux entreprises qui créent des emplois et ont une politique salariale active ».

Hou ! Les méchantes entreprises qui profitent des 35 heures !

Toujours lui : « Je voudrais que les partenaires sociaux disposent de façon effective et systématique d'une période de six à huit mois pour trouver, dans le champ qui est le leur, des réponses aux questions qui leur sont posées en matière de droit du travail ».

Qui était le Ministre de l’Intérieur du gouvernement qui a voulu faire le CPE ? Comme de lois de « modernisation du dialogue social » en 5 ans ?

Encore lui : « Dès l'été, je soumettrai à négociation cette question : comment protège-t-on le salarié qui ne veut pas faire d'heures supplémentaires ? »

Si ce n’est pas de la démagogie, c’est quoi ?


Tous ses extraits sont issus de dépêche Reuters, AP ou AFP que j’ai trouvées sur www.boursorama.fr (je ne mets pas de liens sur chaque dépêche : à l’usage, il semble que les liens sur les dépêches boursorama ne fonctionnent pas toujours ou pas longtemps). Les propos de Nicolas Sarkozy sont extraits, je crois, d’un entretien avec Les Echos.


Une dernière dépêche Reuters m’amuse beaucoup. « La Banque de France table sur une croissance soutenue de l'économie française au premier trimestre 2007 »… Le lendemain de l’annonce d’une médiocre croissance en 2006, ils sont gonflés !

A propos je vous conseille la lecture du Parisien ce matin et les pages « économie ». Celle de gauche présente les profits des entreprises du CAC 40 et celle de droite la baisse de la croissance en 2006. Ils auraient pu éviter…