30 juin 2012

Mort d'Olivier Ferrand

Je ne connaissais pas personnellement Olivier Ferrand mais des copains à moi, notamment au sein des leftblogs, étaient plus ou moins proches de lui. Je tiens à leur rappeler mon amitié.

« Olivier Ferrand, agé de 42 ans, patron de Terra Nova et député, est décédé. Sa mort est survenue brutalement après un jogging ce matin. » annonce Romain. Rimbus, quant-à-lui, revient plus longuement sur sa carrière.

Quand on imagine un président, fondateur d'une fondation proche du PS, on imagine un vieux crabe au crane dégarni.

42 ans.

J'arrête le jogging.

Mes condoléances à sa famille et à ses proches et une grosse pensée pour les copains.

Bas du Front de Gauche

Il n'y a pas à tortiller du cul pour chier droit, disons-le tout net : les gens du Front de Gauche m'énervent. Ils n'ont pas compris qu'ils viennent de perdre successivement deux élections ce qui n'est pas très grave mais il faudrait qu'ils essaient d'en tirer les conséquences correctes. La version « ils n'ont pas voté pour nous parce que les médias ne nous ont pas laissé assez nous expliquer et faire de la pédagogie » suffit peut-être à leur faire arrêter de pleurer mais je vais leur donner une autre : « les électeurs ne croient pas possibles les propositions que vous faites et vous passez pour des gros guignols. »

Cela étant, s'ils veulent perdre encore en 2017, qu'ils se débrouillent. « Nous », on a une France à gérer.

Hier matin, j'ai fait un billet exprimant ma satisfaction suite aux première annonces de Marylise Lebranchu à propos, globalement, de l'évolution du fonctionnement de l'Etat et des Collectivités Territoriales. En introduction et en conclusion, je mentionnais d'autres nouvelles qui me paraissaient bonnes...

Du coup, une vieille amie du Front de Gauche m'envoie un mail, auquel je dois répondre point par point...

« J'admire ton optimisme ! » Je ne suis pas optimiste. « Mais il est vrai qu'il n'y a que la foi qui sauve ! » Ben oui, si tu veux continuer à pleurer dans ton coin, tu peux aussi.

« Ta ferveur pour le nouveau gouvernement confine à la naïveté. » Quelle ferveur ? Tu devrais lire plus souvent mon blog. Surtout, tu aurais du le lire avant qu'il ne soit plus un blog d'opposition. J'aurais pu tenir les mêmes propos depuis le départ, ayant toujours été contre la réforme territoriale et pour la décentralisation, notamment des sujets économiques. Cela étant, me faire traiter de naïf par une révolutionnaire de clavier a quelque chose de jouissif.

« Enfin si pour les smicards, un carambar suffit, c'est tout bon. » Je suppose que, comme Méluche, tu ne connais pas le pris des Carambar. Je suppose que, comme Méluche, tu n'es pas à 250€ par an près. Ce n'est grave. On peut parler de la souffrance des autres sans la connaître. Cela étant, tu peux me dire depuis quand les smicards n'avaient pas eu un tel « coup de pouce » ?

« On peut même y ajouter (pour les plus riches) la cerise sur le gâteau du pacte pour la croissance et pour l’emploi » Pourquoi pour les plus riches seulement ? Il ne faudrait donc pas de croissance. Il faut donc donner totalement raison à Madame Merkel. Il aurait fallu la défendre devant les revendications éhontées de nos amis espagnols et italiens.

Ah ça ! Pour défendre les Grecs, ils sont bien. Mais quand la crise arrive à nos portes, il n'y a plus personne... La Grêce, c'est loin. En plus, c'est un tout petit pays, on se fout totalement de leur dette qu'on pourrait rembourser rien qu'avec le bénéfice des brasseries de petites couronnes. L'Espagne et l'Italie, c'est autre chose. Ils ont disparu au Front de Gauche ? Presque ! Ils en sont à défendre Madame Merkel pour le seul plaisir de faire chier Hollande.

« Plus belle la vie !!! Youpi ! »

Dit-elle en préparant la révolution derrière son clavier tout en essayant d'imaginer ceux à quoi aspirent des braves gens qui n'ont pas le tiers de ses revenus...

Je me demande si ces braves gens n'aspirent tout simplement pas à ne pas être représenter par des politiciens qui proposeraient une politique crédible et qui ne les prendraient par pour des cons.

En tout état de cause, je recommande sérieusement aux militants du Front de Gauche sur Internet (c'est plus facile que sur le terrain) d'arrêter cette posture hautaine, ce petit air de dire : ah ah vous avez gagné les élections malgré votre mauvais projet et ben débrouillez-vous maintenant ; les gens n'avaient qu'à choisir le notre qui est bien mieux et en plus il gagnerait beaucoup plus d'argent et comme les coureurs du Tour de France seraient payés au SMIC, un Français gagnerait ; c'est tellement évident, on vous l'avait dit.

Mon cent millième tweet

Il fallait une parole historique.

29 juin 2012

Un jeudi, des annonces. Une autre France se dessine ?

La journée d’hier a été très intense avec beaucoup d’annonces de la part du gouvernement (et même au niveau Européen, avec « l’union bancaire », lancée par la zone euro). Jean-Marc Ayrault a transmis les lettres de cadrages au différents Ministres, expliquant les différentes économies que devront faire chacun. J’évoquais hier les annonces de Manuel Valls relatives à l’immigration. Mon confrère Juanpolic (ex Sarkofrance) revient plus longuement dessus. Surtout Marylise Lebranchu a tourné la page de la dévastatrice RGPP et confirmé l’annulation du « Conseiller Territorial », au cours d’un entretien avec « Acteurs Publics ».

« Quel est le calendrier du nouvel acte de décentralisation ?
La première étape sera l’abrogation du conseiller territorial. Ensuite, il faut passer au crible toutes les dispositions de la loi de 2010 sur les collectivités et voir ce qui ne rentre pas dans notre vision des choses. Nous avons engagé une concertation. Nos décisions doivent marquer le retour de la confiance entre l’État et les collectivités. La défiance crée le mépris, nous devions arrêter cette spirale et redonner espoir aux élus locaux et aux fonctionnaires territoriaux. Le texte sur la décentralisation sera donc prêt à l’automne, après les états généraux du Sénat, qui s’achèveront en septembre. Je souhaite que ce projet de loi soit examiné à la fin de l’année.

Quelles seront les compétences transférées et à quelles collectivités ?
Un exemple : tout le monde est d’accord pour affirmer que la compétence “économie” des régions soit renforcée. Les conseils régionaux auront ainsi une mission plus clairement définie. Nous comptons aussi sur la création de la banque publique d’investissement, avec la possibilité donnée aux régions d’entrer au capital de certaines entreprises innovantes ou en développement. Ce seront deux outils très importants. Nous aurons à cœur d’étendre les compétences et de les clarifier. »

L’abrogation de la réforme territoriale me tient à cœur depuis longtemps et j’en ai fait de nombreux billets à l’occasion des dernières cantonales.

Je m’y suis particulièrement intéressé parce que j’habite un fief du MRC où le Maire et son Premier adjoint sont conseillers régionaux, au cœur d’un canton dont le Conseiller Général est communiste (dans un département qui était le dernier géré par les communistes avant les dernières cantonales). Avec le redécoupage électoral, j’aurais probablement « perdu » une partie, voire tous « mes » élus.

C’est la première ineptie de cette réforme emblématique du quinquennat Sarkozy. Il s’agissait de diminuer de plusieurs milliers le nombre d’élus en France, comme si on pouvait améliorer la démocratie en diminuant le nombre d’élus… Les raisons avancées étaient oiseuses mais peu importe aujourd’hui : la réforme va être annulée.

Il est au moins amusant de constater que les élus UMP seront les plus satisfaits de cette mesure de la gauche qui va réussir à leur sauver à la louche un bon millier de postes.

Peu importent aussi les autres inepties de cette réforme. Elle aurait renforcé le bipartisme (j’espère que les écolos et les cocos remercieront les socialos…) et surtout la « recentralisation ».

A propos ! Cécile Duflot a fait des annonces cette semaine au sujet du Grand Paris mais je n’ai pas vu de ligne claire et forte. Marylise Lebranchu ou Jean-Marc Ayrault pourraient-ils nous confirmer les grandes tendances, à savoir, pas nécessairement l’annulation de la loi, mais la nécessaire gestion des transports de la région par le STIF et pas par l’Etat ?

Revenons sur les propos de Marylise Lebranchu

  1. Il fallait sortir de la logique arithmétique qui prévalait pour l’organisation des services de l’Etat et de l’organisation territoriale.
  1. La décentralisation est une priorité pour un état fort et des collectivités fortes.
  1. La RGPP était une posture politique. Le seul but était de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux sans se poser d’autres questions (quels fonctionnaires, l’avenir du service public, …).
  1. Les missions qui relèvent de l’action publique seront discutées lors de la conférence sociale de cet été.
  1. Les Conseils Régionaux auront plus de compétences en matière d’économie (Bercy ne peut pas tout régenter ; d’ailleurs, le Ministre de la Fonction Publique n’y est plus rattaché).
  1. Les agents du service public ne seront plus en permanence pointés du doigt.
  1. Il va falloir mettre de l’ordre dans les statuts, les rémunérations, …

Et maintenant…

Depuis quelques semaines, les imbéciles couinent, sur le thème « gné gné gné ce sont 2 fonctionnaires sur 3 que Hollande ne veut pas remplacer. » Il n’en est rien. La logique arithmétique idiote est terminée. On va travailler pour avoir une organisation des services publics des collectivités locales efficaces, au service des citoyens, …

Les socialistes ne seront pas laxistes en matière d’immigration mais la politique mise en place ne sera pas celle du chiffre. Le Sarkozysme avait mis en place une politique avec pour seul un but un nombre de lascars à expulser. C’est terminé.

Les orientations économiques de François Hollande sont validées par d’éminents économistes (en gros, « les marchés » ne sont pas tarés et savent que les politiques d’austérité retardent la reprise économique et qu’une politique économique orientée uniquement pour faire baisser les taux d’intérêt n’a aucun intérêt).

L’Europe change progressivement d’orientation (même s’il faut bien reconnaître que faire bouger Madame Merkel n’est pas évident).

Les services publics seront renforcés, tout comme les collectivités territoriales.

Une autre France se dessine. Sérieuse. Ca change.

Installer l'opposition !

Il parait que c'est le nouveau truc de Jean-François Copé contre François Fillon. Tout ce qui l'intéresse est d'installer l'opposition. Il s'en tire très bien ! Depuis qu'il est le patron de l'UMP, cette dernière a perdu à peu près toutes les élections et est bien installée dans l'opposition.

28 juin 2012

Les politiques et la délicate équation de l'immigration

Je ne pense pas spécialement grand-chose de la position de Manuel Valls à propos de l’immigration. Le sujet est très compliqué et il déchaîne des passions des deux côtés de l’échiquier politique entrainant des malentendus qui n’ont même pas le mérite d’être rigolos.

Il faut être pragmatique. D’un côté on ne peut pas accueillir toute la misère du monde et tout ça et de l’autre, il faudrait voir à ne pas oublier qu’il s’agit d’êtres humains et on ne peut pas blâmer des braves gens qui pensent qu’ils pourraient vivre chez nous que dans l’espèce de dictature tiers-mondiste d’où ils viennent. Amen.

Manuel Valls a parlé dans le poste ou plus exactement dans Le Monde. Il a dit des trucs qui ont énervé des gugusses de la gauche de la gauche qui ont probablement oublié de lire l’article en entier.

Nos camarades n’ont lu que deux phrases. Une de Manuel Valls : « être de gauche, ce n'est pas régulariser tous les sans-papiers » et une de Jean-Luc Mélenchon : « Manuel Valls valide une thèse du Front national ». Nous allons laisser Méluche temporairement. Il pourrait apprendre à tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler. M. Mélenchon a échoué dans sa bataille contre le Front National et ça ne plait pas du tout à ses alliés du PCF qui pourraient commencer à préférer la stratégie du PS…

Donc, laissons Manuel Valls (et Madame Taubira) gérer l’immigration paisiblement, on verra l’état du Front National ensuite. Dans l’attente, j’invite tous mes camarades de gauche à lire l’ensemble des propos tenus par M. Valls dans Le Monde (ne serait-ce que pour me faire un résumé).

A propos de résumé, exceptionnellement, je vais donner la parole à Didier Goux qui a laissé une réponse à Dorham qui demandait un résumé : « en gros, il a dit que les sans-papiers seraient régularisés “au cas par cas” et non massivement comme le souhaitent les officines appointées. Et, du coup, il commence à se faire taper dessus. Je ne sais plus qui a dit qu'en partant, Sarkozy avait oublié un ministre sur place. Vous voyez l'ambiance ? »

Didier Goux n’est pas un mauvais bougre. Il a un copain noir. D’ailleurs, c’est moi qui le lui ai présenté, il s’agit de Tonnégrande. Il a fait un billet pour défendre pour Manuel Valls.

Restons sérieux.

L’immigration a été au cœur des campagnes en y rentrant par la porte et par la fenêtre. Elle est entrée par la porte avec la campagne de l’UMP (vous savez, celle qui a été « droitisée »…), au bout de plus années de stigmatisation de voleurs de poules et prieurs dans la rue. Elle est revenue par la fenêtre dans les campagnes des seconds tours pour terroriser l’électeur à propos du projet du PS d’accorder le droit de vote aux immigrés aux élections locales.

Il est temps d’apaiser les esprits.

Par exemple, se moquer de l’UMP permettra de réjouir les partisans de François Hollande.

Les pauvres. Ils ont commencé par taper sur Manuel Valls. C’est de bonne guerre. Mais ils ont fini par se rendre compte que leurs coups ne faisaient pas mouche puisqu’ils ne pouvaient critiquer que des aspects techniques dont tout le monde se fout. Par exemple, Jean-François Copé a déclaré, hier, que le « cas par cas » ne veut rien dire : « Ca peut cacher un projet d'une très grande rigueur ou d'un très grand laxisme, en fonction du nombre de cas et des critères retenus. » Ca va bien aider les électeurs, ça ! Eric Ciotti et Xavier Bertrand « avaient également critiqué les mesures sur l'immigration de Manuel Valls en parlant de "politique dangereuse" et de "double langage" pour le premier, de "rideau de fumée" pour le second. »

Etre dans l’opposition, ça n’est pas une sinécure, hein ! 6 ans et demi de blogueur d’opposition, j’ai fait. Je peux rigoler, maintenant… Il faut qu’ils se rendent compte, tout les trois, qu’ils viennent de dire aux électeurs, tous les trois, que la politique de Manuel Valls était probablement très bien mais qu’il fallait attendre pour juger.

Remercions-les… Parfois, il vaut mieux ne rien dire…

Heureusement que l’UMP a François Baroin… J’ai déjà dit ici que ce gars m’était très sympathique et expliqué les raisons « personnelles ». Toujours est-il que c’est le premier cador de l’UMP a avoir exprimé une position intelligente et presque compréhensible par les électeurs. « J'ai trouvé que les positions de Manuel Valls étaient à la fois courageuses et logiques ». « En tant que ministre de l'intérieur, il n'est pas là pour favoriser l'ouverture des frontières. La France, ce n'est pas l'hôtel des courants d'air. Donc, il est normal qu'il tienne ces positions, elles sont cohérentes avec sa ligne. » «la régularisation au cas par cas, c'est la méthode la plus logique, la plus naturelle, la plus humaine aussi parce qu'elle tient compte du parcours de la personne qui est venue chez nous et les critères qui sont retenus par Valls sont également excellents. » « Chacun a sa sensibilité dans son expression politique. Moi, il se trouve que j'ai été ministre de l'intérieur et ministre de l'outre mer et cette question de l'immigration clandestine, je la connais plutôt bien. Le cas par cas, c'est le seul moyen et j'ajoute qu'on l'a toujours fait. »

Les autres cadres de l’UMP sont restés dans la position qu’il fallait tenir avant les élections et sont maintenant dans une stratégie de reconquête de l’UMP pour un congrès à l’automne en vue de la Présidentielle de 2017, persuadés que l’immigration sera au thème de la prochaine campagne et que la droitisation est de plus en plus de rigueur.

Pendant ce temps, François Baroin montre qu’il est un gugusse raisonnable, posé, … Il rappelle aussi que le cas par cas est la seule solution possible (à part, bien sûr, les régularisations massives), ce qu’ont fait la plupart des gouvernements. Il rappelle surtout que parmi tous les prétendants, c’est le seul à connaître vraiment la question puisqu’il a fait un passage (éclair, il a remplacé Nicolas Sarkozy fin mars 2007, pendant la campagne).

Tiens ! Dans les propos qu’il a tenus, il a également dit que l’idéal était de ne pas dépasser 30000 régularisations par an… Et la seule année où cet « objectif » a été atteint depuis 2004, est celle où il passé 6 ou 7 semaines à l’Intérieur.

Tiens ! Alors que l’UMP qui perdait fixait des objectifs minimum d’expulsion favorisant une politique du résultat, François Baroin fixe des objectifs maximum de régularisation favorisant une politique plus réaliste, plus humaine…

Ca serait amusant que « la gauche modérée » parvienne à sauver une « droite modérée ».

Je ne sais pas comment Manuel Valls arrivera à gérer ce dossier, un des plus complexes que puisse avoir à gérer un ministre. Il deviendra peut-être seul contre tous dans son propre camp, tout en ayant à subir la logique opposition de Christiane Taubira, qui a aussi un job à faire.

J’espère que ces deux ministres phares sauront travailler ensemble !


Le non-cumul, c'est maintenant !

Certains de mes confrères (Elooooody, Politeeks et, en marge, Abadinte) reviennent sur le cumul des mandats. Concrètement, certains élus socialistes, maintenant que les élections sont passées, s’apprêtent à revenir sur les engagements de non-cumul qu’ils ont pris en votant le 8 juin 2010 au Conseil National de la Rénovation du PS…

« Tout candidat-e à une élection parlementaire abandonnera ses mandats exécutifs locaux dans un délai maximum de trois mois après la tenue du scrutin. Il-elle devra avoir préparé avec le Parti les modalités de sa succession.

Le Parti Socialiste inscrira dans le projet présidentiel le vote d’une loi dès l’été 2012 sur le non-cumul des mandats et le statut de l’élu. »

Je ne sais pas ce que François Hollande a retenu précisément dans son projet. D’ailleurs, peu importe la date de la loi… Les prochaines élections locales sont en 2014 et je ne vois pas comment une loi faite dès cet été pour avoir « un effet rétroactif immédiat ». La généralisation à l’ensemble des élus du pays devra donc attendre les élections municipales de mars 2014. Par contre, l’ensemble des élus (pardon, des élus-es, je crois, …) du Parti Socialiste est d’ores et déjà concerné.

L’engagement a été pris devant les militants au cours d’un processus de rénovation des pratiques politiques, incluant les primaires et tous les machins qui « nous » ont permis de gagner la Présidentiel et qui « leur » ont permis d’avoir un siège à l’Assemblée Nationale.

Les députés-maires du Parti Socialiste devront donc démissionner de leur poste de maire dès mi-septembre (ils pourront rester conseillers municipaux si ça les amuse).

Si les élus sociolos ne se montrent pas exemplaires dès le début de la législature par rapport aux engagements pris devant les électeurs, qu’ils ne s’étonnent pas de tout perdre par la suite.

Et qu’ils ne comptent pas sur moi pour leur servir la soupe.

Violence routière ?

Braves automobilistes, ne l’oubliez, à partir du 1er juillet, il vous faut un éthylomètre dans la voiture. C’est obligatoire. Je vous conseille même d’en avoir deux, comme papa. Si vous en avez un et que vous soufflez dedans pour savoir si vous avez la possibilité de conduire, vous perdriez immédiatement cette possibilité puisque vous n’aurez plus d’éthylomètre.

Quand cette mesure du précédent gouvernement est sortie, j’avais fait un billet pour gueuler : encore une loi (ou un décret, je ne sais plus) qui ne sert strictement à rien mais qui ne coûte pas cher tout en donnant au public l’impression qu’on s’occupe de lui. Vallenain est un blogueur de droite. Mardi, il demandait à quoi servait cette mesure. Je me suis foutu de sa gueule. C’est au moment de la sortie des textes que je fais des billets, pas au moment de leur mise en application.

Néanmoins, il y avait un reportage sur France Info, ce matin. La Présidente (je crois) de l’Association de Lutte contre les violences routières (de mémoire) y était interviewée. Figurez-vous que j’étais totalement d’accord avec elle, ce qui n’arrive pas tous les jours.

Par exemple, quand elle se réjouit de la hausse du nombre de radars fixes non signalés, je ne suis pas d’accord. Je ne suis par contre pas d’accord avec les autres lascars pas d’accord (essayez de suivre) : je ne revendique pas le droit de faire des excès de vitesse ou des étourderies. Je roule au régulateur de vitesse et ne fais donc jamais d’excès de vitesse.

J’étais d’accord avec elle, ce matin : la mesure ne sert à rien. La plupart des accidents mortels dus à l’alcool sont dus à des forts taux d’alcoolémie, c'est-à-dire à des imbéciles qui sont tellement inconscients qu’ils n’auraient pas eu l’idée de souffler dans le machin ce qui n’aurait servi à rien : quand on a un gramme cinq, on sait très bien qu’on a trop bu.

Pour vous rendre service, je vais faire un aparté et vous expliquer ma stratégie face à l’alcool et au volant. A priori, un type normal atteint le seuil d’alcoolémie à 2 verres. Comme j’ai une légère surcharge pondérale, ça fait au moins 3, pour moi. On va dire 4, le temps que l’alcool du dernier passe dans le sang… Ma stratégie : je ne bois jamais une goutte d’alcool quand j’ai la voiture et qu’il y a la moindre probabilité pour que je dépasse ce seuil. Je ne joue pas a posteriori sur ma capacité à juger, je me fixe d’emblée l’interdit et je rentre déposer la voiture quoiqu’il arrive.

Ainsi, ce matin, la présidente de l’association de lutte contre la violence routière m’est devenue très sympathique. C’est dommage que l’association porte ce nom qui est « violent » contre les conducteurs routiers ce qui la rend, à leurs yeux, un tantinet haïssable. Il faudrait trouver un truc plus positif, comme : « tous les conducteurs ne sont pas des gros cons ».

Le fait qu’elle lutte contre les dispositifs inutiles est très positif.

Deux ou trois fois par semaine, j’ai rendez-vous à l’Amandine avec Corinne et sa mère. Mamie ne peut pas marcher sans être aidée et avance à la vitesse d’une tortue. Corinne avait pris l’habitude de garer sa voiture dans la voie de bus, devant l’Amandine, d’aider sa mère à marcher les quatre ou cinq mètres jusqu’à une chaise disponible en terrasse du bistro, puis de reprendre sa voiture, d’aller la garer un peu plus haut où des places sont souvent disponibles. Un jour, elle a reçu un PV par la poste pour stationnement dans une voie de bus, elle a compris que des voitures de police sont équipées de dispositifs permettant de prendre des photos des voitures en stationnement interdit et de verbaliser automatiquement.

En l’occurrence, la violence routière semble émaner de la police… Ceux qui connaissent le coin savent que la voie de bus, en montant vers l’hôpital de Bicêtre, ne sert à rien à 20 heures, il n’y a jamais de circulation dans ce sens. Je ne suis pas en train de faire un réquisitoire pour autoriser les français à se garer en stationnement interdit s’ils jugent en avoir la possibilité ! Je pense juste que la police devrait arracher les couilles des connards qui se garent là aux heures de pointe plutôt que d’embêter, pendant les heures creuses, les petites dames qui permettent à leur mère d’avoir une vie sociale…

La Présidente de l’association de lutte contre la violence routière peut devenir l’amie des automobilistes si elle continue à lutter contre les dispositifs inutiles ou « outranciers ». C’est presque une des conditions pour que la sécurité routière continue à progresser.

(source de la photo) (désolé...)

27 juin 2012

Marc Le Fur Vice Président de l'Assemblée Nationale

J'apprends par son blog. je ne suis pas content. C'est normal, je me suis battu pour le candidat du Parti Socialiste pendant la législative dans la troisième circonscription des Côtes d'Armor et surtout contre lui, mais je tenais un blog pour dénoncer ses agissements.

Je n'étais pas content de son élection mais je ne tenais pas les mains des électeurs dans l'isoloir. J'ai donc fermé ma gueule.

J'ignore quel processus fait en sorte qu'un député UMP puisse être élu Vice Président d'une Assemblée Socialiste (et vice versa). C'est peut-être très bien, je m'en fous.

Toujours est-il que le PS aurait pu négocier avec l'UMP pour qu'elle choisisse un autre candidat qu'un type qui a été élu à 55% dans une circonscription qui a voté à 55% pour François Hollande (j'arrondis les chiffres), donc avec des choix d'électeurs n'ayant à voir avec le job de député.

La circonscription a toujours voté dans le sens du vote national (à gauche en 81, en 88, à droite en 1993, à gauche en 2007, à droite en 2002). Il y avait bien des députés élus dans des circonscriptions bien à droite pour faire le job.

Je ne suis pas content et j'imagine le désarroi des copains du coin qui doivent se sentir trahis par le Parti Socialiste qui a laissé faire ça. C'est un comme si le Parti Socialiste montrait sa satisfaction de ne pas avoir avoir gagné un siège en confirmant dans ses fonctions un députés de l'opposition.

Je suis calme mais ça va chier.

Vénérer l'Equipe de France, c'est se mentir

Vers 20h30, hier soir, au bistro, j’ai craqué : j’ai engueulé des potes qui parlaient de l’Equipe de France de Foot, de ces « petits cons trop payés » avec toutes les banalités qui vont avec mais qui sont significatives d’un état d’esprit : ils ne connaissent pas l’hymne, il y a trop d’étrangers, ils manquent de respect. Dans les blogs, on peut éviter de lire les billets qui évoquent le foot, on va voir ceux des copains parce qu’on les aime bien mais on évite tous les autres. Au bistro, au bureau, on ne peut pas. On dit souvent que, « en France il y a 60 millions de sélectionneurs. » ! Tant mieux.

Que des millions de gugusses essaient de trouver l’équipe idéale est très bien mais ils pourraient éviter tous les autres commentaires. On entend aujourd’hui des lascars qui exigent que Laurent Blanc soit débarqué parce qu’il manque de charisme. Ce sont les mêmes qui exigeaient, il y a deux ans, qu’il vienne prendre la tête de l’équipe parce qu’il avait beaucoup de charisme.

Je n’aime pas le foot. Je suis désolé. Je n’aime pas la tête de veau, non plus. Ca ne m’empêche pas d’en manger si c’est le seul plat du jour correct. Quand on n’aime pas le foot et qu’on le dit, on passe souvent pour une espèce de snobinard. Pas du tout. Je ne suis pas né dans le foot, ça ne m’a jamais intéressé. C’est tout.

J’ai beaucoup aimé l’équipe de France de 1998, celle qui nous a permis de gagner pour la seule fois la Coupe du Monde.

Cette Coupe du Monde avait passionné les Français parce qu’elle se tenait en France. Dès le début, la mayonnaise a commencé à monter. On a gagné le premier match 3 à 0 et le deuxième 4 à 0. Nous étions vite devenus intouchables. Le gain du troisième match fut moins grandiose mais l’équipe en face plus solide. Huitièmes de Finale : gain aux tirs aux buts, la vraie baraka. Quart de Finale : gain aux tirs aux buts, la vraie baraka… Demi-finale : sauvé par deux buts d’un défenseur qui n’avait jamais (de mémoire) marqué de but en Equipe de France, la vraie baraka. Finale : pas d’adversaire, ou presque. Epuisés, les Brésiliens… Deux buts de notre idole et un dernier inespéré ! Le bonheur !

La victoire est belle. Qu'importe la baraka. Sans joueurs exceptionnels, nous n'aurions jamais gagné.

Je ne vais pas refaire l’histoire. Le 12 juillet, nous étions sur un nuage. Mais tous les Français, y compris ceux qui suivent le foot en prétendant y connaître quelque chose ont oublié qu’en 1990 et 1994, on n’était même pas qualifiés… On a été qualifiés en 1998 en tant que pays organisateur.

On a aimé l’équipe de 98. On a aimé celle de 2000, également.

Mais tout c’est cassé la gueule en 2002, quand l’équipe de France a été pire que tout, un peu comme 8 ans plus tard. Ah ! Il a, bien sûr, eu 2006, où on est arrivé en finale. On a l’impression qu’elle nous a été volée en oubliant que c’est le geste le plus imbécile qui soit qui nous a couté la victoire. On vivait sur la nostalgie de 1998, comme si la France avait toujours été une grande nation du football…

Et maintenant ?

C’est fini. Ca va repartir mais je voudrais que ça se calme. Dites ce que vous voulez dans vos blogs mais pas au bistro ou à la cantine, quand je suis présent, s’il vous plait.

Continuez à rêver, à imaginer la meilleure équipe du Monde, celle qui nous fera revivre 1998, à rêver du parfait sélectionneur mais arrêtez ces procès infâmes, souvent politiques,… La France a été éliminée mais elle a probablement fait sa meilleure compétition internationale depuis 2006 (deux coupes d’Europe et une du Monde ratées depuis).

Nasri n’a pas sali l’image de la nation. Il a peut-être grillé sa carrière. C’est son problème. Pas le vôtre. Vous trouvez que les joueurs sont trop payés ? Arrêtez de regarder les matchs à la télé, seule justification de ces salaires indécents : vous en être à l’origine.

La France ne perd pas à cause du comportement individuel des joueurs, des conneries de la Fédération ou des inepties des sélectionneurs. Vous êtes surement meilleurs qu’eux, mais eux, ils gagnent de l’oseille avec ça.

La France perd parce que ça fait plus de dix ans qu’on n’a pas réussi à aligner suffisamment de bons joueurs pour faire une vraie équipe qui gagne (je ne sais pas combien il en faut pour aligner en permanence les 11 qui vont bien sur un groupe de 23 sélectionnés – de mémoire – parce qu’ils sont en forme à cette époque de l’année… Une trentaine ?).

La France perd et vous êtes déçus parce que vous êtes persuadés que l’Equipe de France est une grande équipe que tout nous est dû. Madame Merkel refuse peut-être les eurobonds mais l’Equipe de son pays a gagné trois fois la Coupe du Monde et trois fois la Coupe d’Europe. Je vais néanmoins me foutre de sa gueule : sauf erreur de ma part, l’Allemagne n’a jamais gagné au foot aux JO contrairement à nous.

Arrêtez de regarder les matchs, de supporter, de juger ces guignols… Occupez vous donc du club de foot de votre patelin, celui qui permet à un maximum de gamins de rêver à être champions et qui permettra, peut-être de faire émerger suffisamment de talents pour qu’un jour on n’ait plus besoin de chercher des mauvais prétextes pour expliquer nos défaites.

Qui ne sont pas les nôtres, d’ailleurs, juste celles d’une équipe dont on aimerait pouvoir dire qu’elle est la nôtre sans à avoir à rougir pour des raisons idiotes.

Ca va mal

« Recul record du pouvoir d'achat attendu pour 2012 » nous dit cette dépêche ! « La France devrait échapper de justesse cette année à la récession, mais la croissance restera minimale (0,4%) tandis que le chômage continuera d'augmenter et que le pouvoir d'achat s'inscrira à la baisse. » Ainsi, tout va mal ! On apprenait hier une « augmentation historique » du chômage… Le mois qui suit l’élection. On comprend mieux le slogan « Le changement c’est maintenant ». Dès l’élection, les chiffres surgissent.

Le pouvoir d’achat va baisser de 1,2%, plus forte baisse depuis 1984 alors que l’ancienne majorité s’était vantée d’avoir maintenu une progression constante.

Comme prévu, c’était un énorme mensonge. Chaque jour, on découvre de nouvelles difficultés pour le gouvernement et on n’a pas encore le rapport de l’audit de la Cour des comptes. Sortir de la m... ne se fera pas sans mal.

26 juin 2012

La parité dans le sport

Pour les matchs des tournois du grand chelem (au Tennis, andouille), l'égalité des primes est de rigueur entre les hommes et les femmes. Gilles Simon qui vient d'être nommé à l'instance qui représente les joueurs auprès des organisateurs des tournois souhaite que cette mesure (que je ne connaissais pas) soit remise en cause sous prétexte que les matchs de femmes ont moins de spectateurs et durent moins longtemps...

Il y en a qui ne manquent pas d'air...

25 juin 2012

L'inventaire lourd à l'UMP

Je dois avouer que je ne comprends pas l’UMP. Je n’ai pas l’habitude de défendre Roselyne Bachelot (pourtant, j’en disais vaguement du bien la semaine dernière) ni Nathalie Kosciusko-Morizet mais elles s’en prennent plein la poire pour oser, l’une demander à « étudier l’inventaire » de l’UMP, l’autre critiquer ouvertement la stratégie de droitisation qui a entrainé l’échec de l’UMP aux dernières élections.

L’UMP ne gagnera pas d’élections si les dirigeants et les militants ne se posent pas de question.

C’est un travail qu’avait fait le Parti Socialiste, en 2002 et 2007 (j’ai oublié 1995…), même s’il s’est fait dans la douleur et même si aucune conclusion formelle n’en a été tirée. A posteriori, maintenant qu’on a gagné, on pourrait même en rigoler, mais ça serait méchant…

On trouvera dans Le Parisien, par exemple, les propos de Madame Bachelot. « "Je suis terrorisée à l'idée qu'on puisse ne pas faire ce travail" de remise en cause. "Il y a des voix - au nom d'affections que je peux comprendre - qui disent: surtout il faut mettre la poussière sous le tapis, qui pensent même que si on avait huit jours de campagne en plus, on aurait gagné cette campagne présidentielle". Elle-même "constate un paysage politique où on a perdu les municipales, le conseil général, les régions, la présidentielle, le Sénat, les législatives. On ne va pas dire qu'il y a un hasard à tout cela". Interrogée sur les responsabilités, Mme Bachelot a observé que Nicolas Sarkozy avait "lui-même dit: +je serai seul comptable de la défaite, je l'assumerai complètement+. Dont acte, c'est lui notre chef, c'est lui qui a choisi la ligne". "Je pense que cette ligne idéologique n'était pas bonne sur le fond, je ne la partage pas, et puis elle a été finalement une erreur sur le résultat", a insisté Mme Bachelot. »

On lira  NKM dans 20minutes, par exemple. « «Je défends tout ce qu'on a fait pendant la campagne», «je suis d'un tempérament loyal et toutes les propositions que j'ai portées au nom de Nicolas Sarkozy, je les revendique». «J'ai regretté, dans la médiatisation de la campagne, on se laisse enfermer dans un discours» de droitisation, a-t-elle dit. «Nous nous sommes laissé caricaturer» »

Les deux ont soutenu le candidat mais regrettent la droitisation. Personnellement, je ne la regrette pas, je m’en fous. Il se trouve que Nicolas Sarkozy a échoué, mais, il faut le reconnaître, de bien moins que ce que laissaient entendre les sondages et que ce l’on pouvait espérer, tant on le voyait comme un repoussoir. Depuis la fin de la primaire des socialos, aucun sondage n’a donné à François Hollande un score inférieur à 52,5% et il a terminé à 51,64% (en 2007, aussi, l’écart s’était resserré sur la fin).

Jean-François Copé se dit choqué par les propos des anciennes ministres. Il fait ce qu’il veut.

Les deux dames ont reçu le soutien de Jean-Pierre Raffarin.

La situation est compliquée. Valérie Pécresse, par exemple, qui soutient François Fillon, critique NKM. Benoist Apparu, proche de Alain Juppé, pense qu’il faut prendre du recul pour analyser « où [ils ont] pêché ».

Je souhaite bien du courage aux électeurs de droite…

Le retour de Nicolas Sarkozy

« L'ancien préfet de police de Paris Michel Gaudin rejoint l'état-major de Nicolas Sarkozy » nous apprend Marianne 2, ce qui laisse à penser que L’ancien Président de la République compte bien revenir sur le devant de la scène politique, probablement pour la Présidentielle de 2017, notamment si Jean-François Copé et François Fillon continuent à ne plus pouvoir se blairer.

C’est bizarre, ça semble très réaliste.

Alors que le 6 mai au soir, on pensait être débarrassés… En plus, la constitution est claire : « Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs ». Vous allez voir qu’il va revenir en 2017, être battu en 2022 et revenir en 2027…

Le retour de Nicolas Sarkozy est très possible. Il a très bien réussi sa fin de mandat, par exemple avec l’invitation de François Hollande aux cérémonies du 8 mai. Il a très bien réussi sa sortie, partant en vacances et se faisant oublier tout en se mettant au boulot, au Conseil Constitutionnel dès son retour en France.

S’il l’UMP organise des primaires, en 2016, il est possible qu’il soit candidat, auquel cas les deux autres poids lourds n’auraient pas d’autre choix que de se retirer. Il pourrait même apparaître comme un « sage ». Les militants UMP ne se tromperont pas de candidat : ils savent que c’est bien Nicolas Sarkozy qui a réellement le plus de chance de l’emporter face à François Hollande, sauf si ce dernier réussi son mandat, le retour à l’équilibre, la croissance, la baisse du chômage,…

On pensait être débarrassés…

22 juin 2012

The Economist : messieurs, vous avez raison de tirer les premiers...

Selon Le Lab, The Economist, joyeux hebdomadaire libéral anglais, va lancer une nouvelle charge contre François Hollande. « Investisseurs, fuyez : Hollande est là !" : les bons conseils de The Economist. »

« Une France affaiblie n’a pas d’autre choix que de recourir à des réformes structurelles et libéraliser son économie. »

Ce canard ne devrait pas oublier que la crise actuelle a été provoquée par le libéralisme et qu’au bord du gouffre il est assez rarement recommandé de faire un grand pas.

« Loin de réduire les dépenses du secteur public qui représentent 56% du PIB, soit la plus grosse part de la zone euro, il semble vouloir l’augmenter. Avec cette politique, il fait l’inverse des autres pays européens. »

« François Hollande est en passe de conduire la France dans la mauvaise direction plus rapidement que ce qui était redouté. »

Ce sympathique (non) canard devrait nous expliquer le « plus rapidement » dans la mesure où tout a été annoncé pendant la campagne. Par exemple, il a obtenu un plan de relance de 130 milliards de la part au niveau Européen (ce qui n’est certes pas libéral mais conforme aux engagements).

D’ailleurs, les mesures qu’il prend semblent moins importantes que prévues, comme, par exemple, le coup de pouce au SMIC qui semble dérisoire (moins de 10 euros par mois).

J’invite The Economist à attendre les premières mesures qui seront prises. Pour l’instant, l’équipe de François Hollande a annoncé une augmentation de la prime de rentrée scolaire et l’emploi de 1000 profs pour la rentrée, ce qui ne représente pas une somme considérable, d’autant qu’il s’est engagé à faire revenir le déficit de l’état à 3% en 2013.

Wait en see…

Les écolos et leur déplorable image

Daniel Cohn-Bendit a lancé une violente charge contre Europe Ecologie Les Verts en disant qu’ils ont une image déplorable. Je ne peux que lui donner raison : je ne sais pas ce qu’en pensent mes braves lecteurs qui ont les commentaires de ce billet pour s’exprimer sans modération (sauf celle des commentaires), mais, personnellement, ça fait que ce parti me sort par les trous de nez.

Ca ne date pas d’hier, mais tout empire. Au début de la campagne pour la Présidentielle, il y a eu la primaire de ce mouvement pour choisir un candidat. Je considère qu’Eva Joly n’était pas une bonne candidate mais que, de toute manière, la finale de la primaire n’avait pas un bon casting.

Cette primaire aurait du se jouer entre Cécile Duflot et Daniel Cohn-Bendit pas entre les deux autres qui ne représentent pas grand-chose (mais je conçois que Mme Duflot et M. CB n’avaient pas envie…). J’ai lu quelque part, récemment, que Daniel Cohn-Bendit regrettait de ne pas avoir participé à la primaire du PS (ou de ne pas avoir poussé quelqu’un, Cécile Duflot, donc, à le faire). Les choses auraient été beaucoup plus claires par la suite.

A la fin de l’année, l’histoire de l’accord avec le PS a été déplorable, tant pour le PS que pour les écolos mais ces derniers ont surtout donné l’impression d’aller à la soupe pour avoir des sièges de députés, comme s’ils allaient à l’Election Présidentielle uniquement pour rigoler. D’ailleurs, je crois bien que DCB avait dit qu’il aurait souhaité que Mme Joly se désiste et se rallie à François Hollande. Ca m’aurait paru la moindre des choses (et surtout la seule solution pour ne pas faire un score dérisoire).

Jean-Vincent Placé a été vu beaucoup des photos prises lors d’événements qui ont suivi l’élection de François Hollande, comme si son propre parti n’existait et qu’il a fait partie de l’équipe de campagne du nouveau Président. Ce matin, il se permet, tout comme le remplaçant de Cécile Duflot, de pester contre le remaniement d’hier soir et le changement de Ministre de l’Ecologie. Comme s’il regrettait de ne pas avoir eu le poste.

Tout ceci n’est que des impressions. Je ne suis pas au cœur de ce parti pour regarder ce qu’il s’y passe. Mais je crois que Cohn-Bendit à raison : l’image est déplorable.

Les écolos devraient regarder les autres petits partis de la gauche pour apprendre ce qu’il ne faut pas faire… Et les autres petits partis de la gauche devraient regarder les écolos : au moins, ils ont des ministres et des députés…

Une bourde, des élections et un remaniement

L’actualité politique a été riche en événements anodins, hier, avec un léger remaniement ministériel, des élections dans les groupes parlementaires et la sortie de Madame Morano.

Cette dernière inspire mon confrère Yann. Elle a dit : « Me faire passer pour quelqu’un par exemple qui serait raciste, alors que j’ai des amis qui sont justement arabes, et dont ma meilleure amie qui est tchadienne, donc plus noire qu’une arabe, je trouve ça choquant. »

Je vais apporter une correction : je ne crois pas qu’on vous accuse d’être raciste, on vous reproche uniquement les propos que vous tenez. Je ne sais pas trop ce qu’est le racisme qu’on emploie un peu trop facilement. Marcel Le Fiacre, éminent personnage de mon blog bistro, est raciste et ne s’en cache pas. Il se trouve que j’ai moi aussi des copains noirs, dont Tonnégrande, avec qui je passe des soirées au bistro. Mon grand jeu, à une époque, était de provoquer Marcel quand nous étions tous les trois accoudés au comptoir. Il s’agissait de pousser Marcel à critiquer les noirs et à lui rétorquer : « Oui, mais tu es bien avec un noir au comptoir, c’est un copain, non ? » ce à quoi il répondait systématiquement « oui, mais lui il est bien ».

On a tous son bon noir.

Cela étant, si vous voyez un blanc habillé de manière ridicule passer sur le trottoir, vous vous dites : « Tiens ! Un type habillé de manière ridicule. » Si vous voyez un noir habillé de manière ridicule, vous vous dites : « Tiens ! Un noir habillé de manière ridicule. »

Ceci est probablement très raciste.

Il faudrait que Madame Morano apprenne à ne plus être maladroite.

Des élections dans les Groupes parlementaires ?

Je crois bien que j’ai critiqué la réélection de Christian Jacob à la tête du groupe UMP, hier. Mon copain FalconHill me faisait remarquer deux choses en commentaires. La première est qu’il grotesque de maintenir ceux qui sont en poste et qui sont donc à l’origine de la déroute électorale. La deuxième est que le PS avait fait pareil en 2007 et que je ferais mieux de fermer ma gueule, ce en quoi il n’a pas tort.

Bruno Le Roux a été élu à la tête des députés socialos. C’est un proche de Hollande et c’est très bien. Je l’aime bien, lui. J’en parlais hier, je crois. Je l’ai rencontré une fois, à un point presse pendant la campagne de François Hollande. Ca me surprend toujours comment on peut se forger un avis sur une personnalité politique dès qu’on la rencontre…

Claude Bartolone a été élu par les socialos pour être leur candidat à la Présidence de l’Assemblée Nationale. Il sera donc élu vu que les socialos ont la majorité absolue. J’aime bien, finalement, la manière avec laquelle s’est tenue cette élection : ils ne se sont pas engueulés, il n’y a pas de sentiment de division. Bravo donc à Jean Glavany de s’être désisté.

Un petit remaniement

 Ce que j’en retiens, ce matin (j’ai lu les informations pendant notre soirée de blogueurs ce soir). Delphine Batho a quitté son titre de Ministre de la Justice qu’elle partageait avec Christiane Taubira. Elle devient Ministre de l’Ecologie en remplacement de Nicole Bricq. Il y a un nouveau Ministre en charge de l’agroalimentaire.

Pour le reste, je vais me faire aider par la presse.

LES NOUVEAUX ENTRANTS

Thierry Repentin,  « nommé ministre délégué à la formation professionnelle. A 49 ans, ce spécialiste des questions de logement, sénateur de Savoie et ancien secrétaire d'Etat au logement sous Jospin, hérite d'un poste qui n'existait pas dans le premier gouvernement Ayrault […] ». Ainsi, un spécialiste du logement est nommé à la formation professionnelle alors que la ministre du logement, Cécile Duflot ne connaît pas probablement pas plus le sujet que vous et moi…

Anne-Marie Escoffier « devient ministre déléguée à la décentralisation. Sénatrice de l'Aveyron, Mme Escoiffier est membre du Parti radical de gauche, allié au PS. » C’est une spécialiste du domaine mais j’attends d’avoir plus de précisions sur ce poste et de voir ses relations avec Marylise Lebranchu, sa ministre de tutelle…

Guillaume Garot « devient ministre délégué en charge de l'agroalimentaire. A 46 ans, le député-maire de Laval est un proche de Ségolène Royal. C'est la "surprise" de ce remaniement, où il n'était pas attendu. » C’est un poste bidon pour faire plaisir à Ségolène Royal ? Originaire d’un patelin où l’agroalimentaire est très important, je ne peux qu’approuver la création de ce poste. Attendons de voir comment le ministre se écartelé entre celui de l’agriculture et celui du redressement productif…

Hélène Conway « devient ministre déléguée aux Français de l'étranger. » J’ai assez gueulé contre le gouvernement de droite d’avant le 6 mai qui avait créé ce nouveau poste à des fins purement électoraliste pour être perplexe. Je me demande toujours à quoi il sert. Mes copains Louis et Poireau, éminents Français de l’étranger sont invités à m’expliquer.

LES CHANGEMENTS D'AFFECTATION

Nicole Bricq « passe de l'écologie au commerce extérieur. L'ex-sénatrice, plutôt décrite comme une spécialiste des questions d'économie, retrouve un domaine qu'elle connaît et quitte celui de l'écologie, où sa nomination avait surpris. » En gros, ils avaient fait n’importe quoi et réparent leurs conneries.

Delphine Batho prend l’écologie. Elle « était auparavant ministre déléguée à la justice. Egalement proche de Ségolène Royal, Mme Batho, qui n'avait pas de champ de compétence spécifique dans son ancien poste, hérite d'un ministère important. »

Je vais m’attarder un peu sur son cas. D’une part elle m’est très sympathique. Je l’avais rencontrée dans le même contexte que Bruno Le Roux (voir ci-dessus). D’autre part, je n’ai jamais compris ce qu’elle faisait rattachée à Christiane Taubira. Je ne voyais pas comment deux ministresses pouvaient avoir le même intitulé.

Christiane Taubira m’est très sympathique aussi pour une raison idiote. Tonnégrande, mon pote noir de comptoir, l’a très bien connue il y a longtemps, alors qu’il était lui-même engagé en politique en Guyane. J’aurais plein d’anecdote (rien de sexuel, rassurez-vous !) à vous raconter. Toujours est-il que c’est une femme de caractère et qu’on ne la voyait pas partager ses fonctions.

C’était, pour moi, la principale erreur de casting du premier gouvernement…

Le plus amusant dans cette histoire est que Tonnégrande est en relation avec Claude Bartolone, en tant que Président du Conseil Général pour le boulot. Nos prochaines conversations sont assurées…

Yamina Benguigui « perd la charge des Français de l'étranger pour ne conserver que la francophonie. » Mon blog s’appelant « Partageons mon avis », je ne vais pas me priver : je m’en fous.

Dominique Bertinotti, « ministre déléguée à la famille, prend en charge en plus les personnes handicapées. » Pareil.

(photo)

21 juin 2012

Et les Kremlins des Blogs ?

En plus de celui de ce soir qui sera réduit (c'est aussi la Fête de la Musique), j'envisage d'en organiser un vers le 5 juillet. Qu'en pensez-vous ?

Le Figaro premier journal d'opposition

Le Figaro a publié un article, hier, avec pour titre : « Dépenses de l'État : coupes drastiques en préparation ». François Hollande a jugé ses informations invraisemblables. Le Figaro est dans son rôle et le premier paragraphe résume la situation : « Pendant cinq ans, la gauche a accusé Nicolas Sarkozy de casser le service public, à coup de suppressions de postes, de fermetures de petits tribunaux et autres services locaux. Mais pour tenir ses objectifs de baisse de déficits publics, le gouvernement Ayrault s'apprête à mener une politique tout aussi sévère. »

On pourrait tout de suite prouver que le Figaro raconte n’importe quoi : la gauche ne fermera pas de petits tribunaux mais augmentera le budget de la justice et la casse du service public de Nicolas Sarkozy concernait beaucoup l’Education Nationale.

Le Figaro a oublié de préciser que l’équipe précédente a laissé une ardoise plus importante que prévue de 10 milliards et qu’il faut bien faire quelque chose pour tenir les objectifs. Le Figaro a oublié de rappeler que Nicolas Sarkozy a laissé une ardoise de 600 milliards…

J’ignore quelles seront les mesures prises par le gouvernement, mais, à un autre sujet (la compétitivité), hier, lors de sa conférence de presse, François Hollande a rappelé la jeunesse de son Gouvernement : « Sur ces reproches qui peuvent être faits à la France, j'imagine qu'ils avaient été donnés avant que je n'arrive. Nous sommes là depuis à peine un mois et encore, j'allais dire quelques jours depuis qu'une majorité a été largement trouvée à l'Assemblée nationale. »

Le Figaro serait bien avisé de laisser le Gouvernement et surtout la nouvelle Assemblée Nationale travailler. C’est amusant, en tant que blogueur de gauche, d’avoir Le Figaro comme principal journal d’opposition.

10 ans que ce n’était pas arrivé.

Tiens ! Le démenti de François Hollande est en haut de la une du site du Monde… Enfin un journal parfaitement objectif. Smiley.

20 juin 2012

Plein de Présidents !

Alain Jacob a été réélu Président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale. C’est un copain de Jean-François Copé qui place ses pions un par un (en plus de la Présidence de la Commission des finances qui pourrait être attribuée à Gilles Carrez). Ca empêchera aux potes de François Fillon d’avoir accès aux médias.

L’UMP et probablement Jean-François Copé font une grossière erreur : il faut que l’UMP reconstruise un début de projet avant de lancer encore une bataille de chef. De fait, il y a quelques « inconnus » comme Dominique Dord (trésorier de l’UMP, remplaçant d’Eric Woerth) qui se présentent. Si j’étais à l’UMP, je voterais pour ces lascars.

Jean-Louis Borloo a organisé la création d’un groupe de Centre Droit, à l’Assemblée. Je suppose qu’il en sera le Président. Aux dernières nouvelles, Hervé Morin boude.

Les écolos aussi ont créé un groupe, pour la première fois de l’histoire de la Cinquième. Et probablement de la Première, de la Deuxième, de la Troisième et de la Quatrième. Tout le monde s’en fout. Ces andouilles ont décidé d’avoir deux présidents pour la première fois. Ca va être pratique. François de Rugy et Barbara Pompili s’y collent. Si vous ne connaissez pas cette dernière, c’est normal. C’est la première fois qu’elle est citée par un blog non écolo. Ca s’arrose. Si vous ne connaissez pas l’autre, ce n’est pas très grave non.

Les Radicaux de gauche vont aussi créer un groupe s’ils arrivent à trouver assez de participants à leurs tournois de belote, c'est-à-dire se faire appuyer par le Mouvement des Citoyens et les divers gauches… Roger-Gérard Schwartzenberg en sera le président.

Les socialistes ne sont pas en reste. D’ailleurs, je ne sais pas qui sera le Président du Groupe Socialiste. Probablement Bruno Le Roux. Je le connais celui-là, je l’avais rencontré lors d’un « point presse » lors de la campagne de Hollande. Il avait tweeté pendant que Delphine Batho parlait. Je l’avais dénoncé. Et paf ! Depuis quelques jours, ils font beaucoup moins le con avec Twitter, les socialos.

Les socialos qui sont des gens sérieux ne vont pas tarder à s’engueuler pour savoir qui remplacera Martine Aubry. Le débat semble tellement ridicule que l’actuelle patronne pourrait être obligée de rester pour finir le boulot.

Ils vont surtout se battre pour savoir qui sera Président de l’Assemblée Nationale, fonction qui offre quelques avantages. D’ailleurs si j’avais été élu député (et donc si je m’étais présenté), j’aurais également postulé à la Présidence de l’AN.

Nous en sommes à 4 candidats. Daniel Vaillant vient de se réveiller après Elisabeth Guigou qui avait suivi Jean Glavany et Claude Bartolone pendant que je soutiens Marylise Lebranchu parce que son père était mon prof de tennis quand j’avais une douzaine d’années. Mais elle n’est pas candidate car elle veut arrêter sa carrière politique dans trois ans, ce que je comprends.

Ceci était un rapide résumé de l’actualité politique. Vous pouvez m’en remercier mais si ça n’a aucun intérêt.

La seule vraie information de ce billet est que j’ai fait du tennis dans ma jeunesse (et le père de Mme Lebranchu a réellement été mon prof de tennis).

La radio des blogueurs


Vallenain, Melclalex, Elooooody, Ju et David relaient le lancement de la troisième saison de la radio des blogueurs, par Lolo, chez qui vous pourrez avoir toutes les précisions.

Bachelot de consolation

J’avais une furieuse envie de faire un billet à propos de Roselyne Bachelot. Je ne sais pas si c’est grave et si je dois consulter. Du coup, j’ai tapé « Roselyne Bachelot » dans Google News. On n’est pas nombreux en ces temps troublés. Et je suis tombé sur cet article de 20minutes. Je me suis alors rappelé que je l’ai lu ce matin dans le métro où j’ai fait plein d’autres trucs. Je suis bien content : je sais maintenant pourquoi je pense à Madame Bachelot. Je suis rassuré.

L’ancienne Ministre de l’Achat en masse des vaccins inutiles sort un livre et est interviewée par ce canard. Des parties ont attiré mon attention.

A propos des erreurs de Nicolas Sarkozy : « Les erreurs qui l’ont empêché de gagner étaient évitables. Il a été de loin le meilleur leader européen sur la gestion de la crise. Mais ses adversaires l’ont attaqué sur le Fouquet’s, le bling-bling... Nicolas Sarkozy a été son pire ennemi. »

Cette phrase est étrange. On ne sait pas si les adversaires sont vraiment critiqués. Elle a raison : Nicolas Sarkozy a été son pire ennemi. Mais s’il s’est grillé auprès des électeurs, on ne peut pas dire que c’est de la faute de ses adversaires.

Il n’a pas été le meilleur leader européen sur la gestion de la crise. Il a suivi Madame Merkel et on a perdu un A, ce qui n’est pas arrivé à tout le monde. Les adversaires ont aussi parlé de fond. C’est Nicolas Sarkozy qui a communiqué en décembre sur la nécessité de garder ce A et qu’il était un rempart et tout ça. S’il a échoué, ce n’est pas mon problème…

C’est bizarre cette manière de dire du mal et du bien dans la même phrase.

A propos de la campagne : « On est passé à côté de la campagne. La stratégie droitière était une erreur sur le fond et sur la forme. Les résultats de la présidentielle puis des législatives l’ont démontré. »

Mesdames, Messieurs, j’ai le plaisir de vous informer que je suis en parfait accord avec Madame Bachelot. C’est dommage qu’elle prenne sa retraite.

Je suis aussi d’accord avec la suite de ce qu’elle dit, à propos des anciens conseillers de Nicolas Sarkozy, comme Claude Guéant, Patrick Buisson et Emmanuelle Mignon : « Ces gens-là ne connaissent pas la vie politique. Ils ne vont jamais sur le terrain ni voir un électeur. J’ai constaté que le président a été isolé du terrain et de ses ministres. »

Je pense effectivement que certains barrages ont empêché, très tôt, Nicolas Sarkozy de se rendre compte de l’esprit des électeurs…

Elle dit à peu près la même chose à propos de Rama Yade et de Rachida Dati : « La politique n’est pas un métier mais elle doit être exercée de manière professionnelle. Il faut de l’expérience que l’on acquiert par l’exercice de mandats électifs. »

Pour une partie du reste, par contre, elle commet une lourde erreur : « Jean-Pierre Raffarin et Jean-Louis Borloo nous ont mis un coup de poignard dans le dos en affirmant que le gouvernement ne menait pas de politique sociale, alors que nous avons préservé et amélioré notre modèle social. Réclamer un tournant social était un déni de réalité. »

MM. Raffarin et Borloo ont eu parfaitement raison.

D’une part, il faut arrêter de vouloir faire croire à quiconque que le modèle social a été amélioré alors que l’hôpital est dans un état catastrophique, tout comme l’école, que le chômage a explosé, que l’âge de la retraite a reculé, que les finances publiques sont mortes, …

D’autre part, Madame Bachelot critiquait, en début d’interview, le virage à droite de Nicolas Sarkozy. Nicolas Sarkozy aurait du communiquer avec une couche plus sociale dès lors que le débat autour de l’Islam s’est avéré être un bourbier pour l’UMP. Ceci aurait nécessité de changer de Premier Ministre. Mais Madame Bachelot va : « faire campagne pour François Fillon à la présidence de l’UMP. »

On a les contradictions qu’on mérite.

En tant que chef de la majorité, François Fillon est un des premiers responsables du fiasco. S’il n’était pas d’accord avec la campagne menée et donc la politique suivie, il n’avait qu’à démissionner.

C’est amusant de penser que si j’ai encore un fond de sympathie pour François Fillon, c’est parce qu’il est le meilleur barrage contre son principal rival, Jean-François Copé.

Je vais donc être indulgent avec Madame Bachelot, d’autant que j’ai trouvé un titre rigolo pour ce billet.