31 mars 2015

Parler aux électeurs ?

« Interrogé sur RTL quant à la situation économique française, Jean-Luc Mélenchon a refusé d'envisager l'assouplissement du marché du travail comme une solution de relance. "L'assouplissement, c'est un durcissement des conditions pour les travailleurs", a dit le député européen. Le problème se pose, selon lui, par les carnets de commande. "Est-ce que les carnets de commande des entreprises sont pleins ou est-ce qu'ils sont vides ? Et pour que les carnets de commandes se remplissent il faut qu'il y ait de la production". » C’est dans le Figaro du jour…

Je suis tombé dessus en cherchant « Mélenchon » dans Google News pour argumenter dans le cadre d’une discussion avec des potes. C’est la première phrase qui m’intéressait à l’origine et je vais y revenir. Mais la dernière a généré une certaine hilarité de ma part. Outre le fait que je me demande comment il va faire de la production (il est complètement déconnecté, visiblement), il ne fait que défendre la politique de l’offre…

Cette discussion porte sur le fait que la gauche ne sait plus s’adresser aux catégories populaires. Les ouvriers et les employés votent maintenant plus pour le Front National que pour un des partis dans la moitié gauche de l’échiquier politique. Et cette première phrase est emblématique. A gauche, on sera bien d’accord pour protéger les salariés mais seule une minorité de l’électorat fait partie de ces salariés qui pourraient pâtir d’un assouplissement. Pas facile d’être à gauche, de lutter contre les privilèges tout en devant bien admettre qu’avoir un travail dans une boite solide, où l’on n’est pas susceptible d’être licencié dans le mois, est devenu un privilège…

« Il propose pour l'avenir un rassemblement des forces de gauche, « quelque chose d'extrêmement large pour donner une alternative aux français ». L'idée étant de rassembler sous une même bannière parti de gauche, socialistes démissionnaires, verts ou encore nouvelle donne, entre autre. "Ma vie est éclairée par le combat", rappelle Mélenchon, qui "refuse d'être embauché dans le tripartisme" s'étant fait jour au lendemain des départementales. »

C’est notre mode de scrutin qui a généré le tripartisme qui en est un faux : le Front National n’a pas d’élus ; dans les « assemblées », les débats sont entre la gauche et la droite, pas d’extrême… La solution, pour en sortir, c’est la proportionnelle mais si on introduit une dose de proportionnelle, le Front de Gauche perdrait une partie de ses élus et le Front National en gagnerait des tas.

En outre, le rassemblement qu’il propose, parfaitement honorable mais peu crédible (on attend de voir leur position commune sur l’Europe), regrouperait au maximum 20% de la population et ferait passer le PS « dans ces eaux-là ». Avec des votes nominatifs, tous les bénéfices iraient à la droite. Avec des votes sur listes, des majorités seraient impossible à trouver et on aboutirait à des coalitions « autour » de l’UMP.

Je tacle un peu Jean-Luc Mélenchon. Cécile Duflot mériterait aussi une avoinée. C’est Le Point qui s’en charge en expliquant qu’elle fait une Fixation sur Manuel Valls. Encore une fois, elle se coupe complètement des électeurs sans même se rendre compte que tout le bénéfice ira à Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili qui sont favorables à un retour des Verts au gouvernement.

Il n’y a pas que la gauche de la gauche qui ne sache plus s’adresser aux braves gens. Regardez cette copie d’écran de Google News, prise dans l’après-midi. Le premier article parle de Marisol Touraine qui veut rétablir le fond de la loi sur la prostitution. Qu’en pense le peuple ? « Ils nous font chier ». Le deuxième article est au sujet de Manuel Valls qui regrette de ne pas avoir baissé les impôts. Qu’en pense le peuple ? « Il nous prend pour des cons. »

La question est de savoir à qui s’adressent Mmes Duflot et Touraine et MM. Mélenchon et Valls. Aux autres responsables de gauche, aux militants ou aux braves gens ?

Imaginons, par exemple, que Manuel Valls s’adresse au reste de la gauche pour dire « bon ben ho je vais infléchir ma position, ne vous fâchez pas, hein ! ». Est-ce vraiment de gauche de baisser les impôts et donc les moyens de faire une jolie « redistribution » ?

N’est-il pas dans la même situation que Jean-Luc Mélenchon qui prône la politique de l’offre sans s’en rendre compte ?

Remettez-vous !

Il ne sert à rien de s'interroger sur les raisons de la défaite. La gauche et la droite ont toujours perdu les élections locales quand ils étaient au pouvoir depuis quelques années et à chaque législative depuis 1981, sauf en 2007, il y a eu alternance. On a toujours trouvé des analystes en culotte courte qui connaissaient mieux les raisons que les autres.



La démocratie [dans la colle !]

Reste de démocratie
« Ah putain, mais c’est quoi ce bordel ? J’ai appris qu’on vote encore à la fin de l’année ! » C’est en substance ce que m’a dit le vieux Joël, hier soir, pas exactement dans ces termes mais largement aussi grossièrement… Je lui ai répondu : « Ben oui, pour la régionales. » « Ah ! Mais on votait pourquoi, alors, hier ? » « Ben pour le département. » « Il fait quoi le département ? » « Bah, l’aide sociale, les collègues, les routes,… C’est pour ça qu’on a voté hier ! » « Moi pas ! J’ai voté pour la gauche. » « C’est bien… »

Je suppose qu’il est comme la plupart des Français ou, du moins, de ceux qui votent. Il ne sait pas pourquoi. Moi-même, je connais assez bien à quoi sert le département mais je ne sais pas du tout ce que proposaient les braves gens pour qui j’ai voté (au premier tour seulement). De toute manière, on a nos élus qui devront ensuite négocier avec d’autres forces politiques pour former une majorité. C’est triste à dire mais on ne vote pas pour un programme ou un projet. De toute manière, il n’est pas appliqué.

L’ami Yann fait le même constat, à partir des résultats de la dernière élection et du nombre de suffrage exprimés : 45,82% des électeurs ont fait un choix. Il faudrait faire une étude plus précise mais une grande partie des électeurs ont fait un choix purement politique en fonction des étiquettes, pour ou contre les socialistes au gouvernement, pour ou contre la droite traditionnelle et les gros partis… Une autre grande partie a voté pour une personne en qui ils ont confiance.

Quel est le taux d’électeurs qui ont choisi en fonction des propositions ?

Je vous livre la conclusion de Yann : « Comprendre tout cela devra ou devrait être l'une des priorités des partis politiques. A défaut, notre système électoral, pourrait vaciller encore plus lors des scrutins à venir et devenir, une Bérézina nationale. »

La suppression des départements, en tant que collectivité territoriale, fait régulièrement débat (tout comme, d’ailleurs, l’utilité du Parlement européen mais pour de mauvaises raisons, les gens ignorant le fonctionnement des institutions). En étudiant la campagne des départementales et ces chiffres, elle devient de plus en plus une évidence ou, du moins, celle de la nécessité de revoir ses attributions pour les limiter à une représentation auprès de la région et de l’Etat et la mise en valeur du territoire qu’il couvre. Par exemple.

Il y a des gens qui militent pour une sixième République pour améliorer la démocratie. Pour ma part, je pense que la démocratie mériterait moins d’élections. Ce n’est pas paradoxal. Il y a tellement d’élections qu’on ne sait plus à quoi elles servent et on vote pour autre chose. C’est antithèse de la démocratie.

Je suis donc pour le renforcement des intercommunalités, donc des communes, au détriment des départements car elles sont l’émanation du pouvoir des maires qui siègent dans les collectivités correspondantes et en forment pour partie l’exécutif. 

Je suis aussi pour de grandes régions avec un réel pouvoir en matière d’économie et d’aménagement du territoire.

Je suis pour le changement radical de mode de scrutin pour les législatives. On devrait en avoir un comme pour les communes et les régions, comme ce qui se pratique à l’étranger, avec des scrutins de listes, les résultats permettant d’en déduire un exécutif et une coalition pour diriger le pays.

Je n’ai rien contre la présidentielle mais il faudrait arrêter de la coupler aux législatives. Il ne devrait pas revenir au président de mener la politique de l’Etat. Regardez la définition du Larousse du mot « président ». Un président est là pour présider, pas pour gérer.

Je suis pour un changement radical du mode de scrutin pour les européennes, comme pour les législatives : il faut un vote à l’échelle de l’Europe qui permette, comme les municipales chez nous, de désigner l’exécutif.

Hop !

Un jour on retrouvera la démocratie…





30 mars 2015

Léger revers électoral...

Au lendemain de ce que, pour le plaisir d’utiliser un euphémisme, on peut appeler un léger revers électoral, il est amusant de regarder les analyses faites par les uns et les autres, dans les blogs. A droite, ils disent que la gauche a perdu parce que le gouvernement est trop à gauche et à gauche parce qu’il est trop à droite. Faudrait savoir ! Encore une fois, les blogs se montrent particulièrement inutiles et il faut que je me surpasse pour faire pire que les autres.

On y trouve néanmoins des choses intéressantes, comme ce billet de Captain Haka. Il constate que le Front National a fait pschitt avec peu de cantons gagnés alors qu’on lui promettait des départements. Il faut modérer les propos de l’ami, maintenant : le score du Front National, au premier tour, est très élevé. Mais il serait temps de parler d’autre chose.

Le billet de Perdre la Raison est intéressant aussi. Je lui pique son schéma et j'en balance un autre pour lui faire plaisir. Il montre l’évolution du nombre de conseillers départementaux depuis les cantonales de 1998. Il est clair que l’on vient de balayer 17 années de victoires… Il n’empêche que la gauche reste mieux implantée localement qu’à cette époque. En outre, le système électoral a été modifié : ce sont tous les conseillers qui ont été renouvelés alors que, auparavant, seule la moitié était concernée : les variations sont bien plus brutales maintenant. En fait, on dirige toujours plus de département qu’en 1998 avec beaucoup moins de voix…

David, quant à lui, évoque le résultat dans son département, les Côtes d’Armor. Moi qui suis natif du coin, je n’imaginais même pas la possibilité que la droite gagne. Et pourtant…

Evolution des scores aux élections départementales (premier tour)
Ainsi, chacun à ses explications pour cette défaite. Julien Dray en avait une bonne : la gauche ne fait plus envie. Tiens ! Prenez les Côtes d’Armor et ses socialistes. En presque quarante ans, on a eu deux présidents du Conseil général.


Quand certains réclament un coup de barre à gauche, Julien Dray demande « à gauche de quoi ? » et poursuit : « Quand vous avez un vote comme vous avez autour du Front national, vous voyez bien qu'il y a des questions importantes qui sont posées, sur l'identité de France, son avenir, son rôle. »

29 mars 2015

La théorie de la relativité électorale


La large victoire de la droite selon le Figaro est deux points de plus pour l'UMP par rapport au PS. 

Quand j'étais jeune, Jean Roucas me faisait rire


Naufrage de la vieillesse. 

Un voile sur la laïcité ?

à lire ici. Via +Andrée Deneuvis

Le cèdre débouché

Cèdre portant plainte pour usurpation d'identité
La nouvelle politique du jour, à part une vague élection, est la probable création d’une nouvelle force politique suite à un scission des Verts, avec ceux qui sont favorables au retour au gouvernement, comme Barbara Pompili, François de Rugy, Jean-Vincent Placé, Denis Baupin,… qui seraient peut-être rejoints par le Front Démocrate de Jean-Luc Bennahmias ou le mouvement de Corinne Le Page.

Evidemment Gauche de Combat n’est pas content et les considère probablement comme d’affreux traitres ce qui nous les rend évidemment sympathiques, l’andouille, comme la plupart des militants de la vraie gauche, oubliant que pour peser politiquement, il vaut mieux être proche du gouvernement.

Il proteste le jour d’un deuxième tour d’une élection qui voit la gauche s’effondrer car elle n’a pas su faire l’union au plan local et mettre ses dissensions au niveau national sur leur oreille pour la fumer plus tard.

Je soutiens donc ces braves gens qui, pour des raisons variées, ne veulent pas plus que moi rejoindre le Parti Socialiste mais sont exaspérés par les autres forces de gauche. Ils sont, toujours comme moi, dans la mouvance de la majorité présidentielle dans une logique de rassemblement autour d’elle, le rassemblement n’empêchant pas le débat.

Je ne suis pas spécialement optimiste quant à leur capacité à réussir et il est probable que leur mouvement rejoigne Cap 21 et Génération Ecologie dans les oubliettes de la République mais je leur souhaite de réussir et d’être rejoints par quelques cadors du Parti Socialiste, du moins ceux qui se rendent compte du caractère quelque peu éculé (toi-même) de ce dernier.

Ils cherchent un nom et envisagent « le Cèdre ». On pourra faire des jeux de mots rigolos. Comme : « ils sont vendus au banque, c’est le Cèdre de l’IBAN. »


Je vais leur donner un conseil. Qu’ils nomment leur force « les Démocrates ». Cela aura de la gueule quand l’UMP s’appellera « les Républicains » et cela fait très « centre gauche ».  

28 mars 2015

Blanc

Dans notre canton, il ne reste plus qu'un seul couple de candidats pour le second tour, celui formé avec le conseiller général sortant, Alain Desmarest, que j'aime bien. Il va donc gagner avec 100%. 

J'aurais été voter pour lui avec plaisir s'il était opposé à la droite, ou, du moins, à cette droite débile que l'on doit supporter en France. 

Je vais donc voter blanc. Pour la première fois de la vie parce que je considère que le vote blanc est une connerie. Pour vous dire, je pense que ceux qui défendent la prise en compte du vote blanc mériteraient des baffes, d'être obligés de sodomiser leurs mères mais pas leurs pères, ce sont des batards. Cela dit en passant. 

Toujours est-il que dans le contexte contextuel, je suis bien content que les connards de droite aient été éliminés dès le premier tour. Je dis "connards" sans la moindre méchanceté. Le problème est que les pas connards de droite se sont alliés avec les connards de droite. 

Cela étant, je vais voter blanc et je suis bien content de ne pas avoir à voter pour les connards du Front de Gauche.

Mais ça m'aurait fait plaisir de voter pour Alain Desmarest s'il avait eu la seule casquette du Parto Communiste. 

Comprendre la politique


Voilà un tweet de Jean-Luc Romero que j'aime bien par ailleurs et même ici. Il paraît que l'on va éteindre la lumière pendant une heure pour sauver la planète. Je veux bien. Du moment qu'on ne ferme pas les pompes à bière. 

Néanmoins, cependant et en revanche, je le demande s'il est bien fin de l'annoncer avec des machins lumineux. Faire un geste symbolique annoncé par des machins symboliques....

Je propose de sauver symboliquement la planète, ça sera moins chiant. 

27 mars 2015

L'objectivité du blogueur politique

« Le pouvoir d'achat des Français n'avait pas autant progressé depuis 2010. Il a augmenté de 1,1% sur l'ensemble de l'année 2014, en dépit d'un recul à la fin de l'année, selon l'Insee, jeudi 26 mars. » C’est la Tribune qui le dit. L’information date d’hier mais je n’ai vu aucun blog de gouvernement en faire la publicité.

Ils disent plein de choses, d’ailleurs, l’Insee et la Tribune. « La consommation des ménages a augmenté de 0,6% sur l'année et progressé modérément (0,2%) sur le quatrième trimestre. Celle des administrations publiques a augmenté de 1,9% sur l'année. » Je me demande pourquoi les loustics de la vraie gauche parlent de politique d’austérité alors que la consommation des entreprises publiques augmente.

Je vous laisse vous esbaudir devant ces bonnes nouvelles si vous avez envie. La situation semble réellement se renverser, le chômage est moins élevé que fin 2014 (je pourrais faire la communication du gouvernement…). Nous devons nous réjouir.

Mais ce n’est pas le sujet de mon billet. Je citais un blogueur de droite, vers midi. Tous les mois, il diffuse les chiffres du chômage. Tout juste s’il n’affiche pas sa joie de voir la situation empirer parce que ça prouverait ses thèses. Et il diffuse une courbe du chômage qui démarre en mai 2012 pour démontrer qu’il a raison et que la croissance est continue.  Voir la dernière ici. Allez voir, sérieusement et observer le graphique. Il est en pour cent sur une base de 0 en avril 2012 et de 20%. Cela ne veut rien dire…

Je pourrais diffuser une courbe depuis 2007, pour rigoler. Nicolas Sarkozy a « reçu les clés » avec un chômage qui baisse et que la hausse du chômage est continue depuis 2008. Vous m’objecterez qu’il y a la crise de 2008 et la conjoncture. Certes. C’est pour cela que je ne montre pas une courbe depuis 2008 mais une courbe depuis 1997 (c’est le hasard et l’article d’Atlantico duquel elle est tirée ne va pas dans mon sens, sauf sur un point, avec les chiffres qu’ils prennent, le taux de chômage baisse en France depuis 2012…).

Alors la conjoncture, mon cul, si je puis me permettre. Les tendances, en France, ce sont clairement inversées vers 2008 ou 2009. Il y a donc bien impact de la politique menée dans les pays (et si l’Allemagne s’en sort correctement avec une jolie baisse vers 2005, c’est grâce à des réformes de droite menées par la gauche ; néanmoins, les conséquences sociales de cette baisse sont dramatiques : précarité, travailleurs pauvres,…).

Il est donc aisé de démontrer que tous les maux du monde reviennent à la gestion de la droite, qui pourra en faire porter le tort des 35 heures et on devrait pouvoir remonter ainsi jusqu’à Vercingétorix.

Le blogueur en question tellement soucieux de prouver que la politique de François Hollande est mauvaise qu’il en est arrivé à s’autopersuader que le chômage a démarré en mai 2012. C’est couillon quand même. Si j’étais dans l’opposition, je pourrais faire un billet sur le thème : ah mais vous voyez bien que la politique de Pépère n’est pas plus efficace que celle de Sarko mais non.

Si le pouvoir d’achat est en augmentation en 2014 pour la première fois depuis 2010, cela veut dire qu’il a commencé à baissé en 2010, c’est-à-dire après trois ans de Nicolas Sarkozy et huit ans de droite.

C’est un fait. Pas nécessairement une explication, mais un fait.

Par contre, quand un blogueur de droite montre une courbe du chômage avec 0% en 2012 et 20% en 2014, c’est peut-être un fait puisqu’il prend l’augmentation depuis le début du quinquennat mais cela ne veut rien dire…

Et comme c'est une déformation éhontée de la vérité, c’est donc un mensonge. Le blogueur militant de droite arrive à transformer un fait en mensonge. C'est fort.

C’est amusant car je suis persuadé qu’il s’imagine avoir raison.


La politique pour les nuls

"Je trouve dommageable qu’un Premier Ministre, Chef du Gouvernement d’une Nation et de tous les français, juge plus important de s’occuper de la campagne du Parti Socialiste, plutôt que de s’occuper en priorité des français… Devons-nous donc comprendre que Manuel Valls est le Premier Ministre des (rares) électeurs socialistes, mais pas de tous les français ?"

C'est Pierre Parrillo qui le dit ! Il ne sait pas que premier ministre est aussi traditionnellement le chef de la majorité et peut difficilement être critiqué pour cela (contrairement au président de la République quand il reçoit des députés). Peu importe. C'est de la polémique à la petite semaine et je ne peux pas ne taper que sur Corto et Gauche de Combat. 

Je vais néanmoins répondre sur un détail qu'oublient beaucoup de militants politiques de tous les côtés. Faire en sorte que son camp gagne les élections pour gérer une collectivité territoriale est "s'occuper des Français". 

Surtout, j'imagine bien Parrillo faire un billet pour expliquer que les socialistes ont perdu les élections à cause de la politique menée par le gouvernement donc par le premier ministre mais dans l'attente il voudrait que le premier ministre ne se mêle pas des élections. C'est fort. 

Il est par ailleurs invité à parler correctement le français. La première phrase veut dire explicitement que le premier ministre est le chef de tous les Français ! Non ! Il n'est que le chef du gouvernement (et de la majorité) mais ce gouvernement n'est pas celui d'une nation mais d'un État ou de la République. 

26 mars 2015

Air Suicide (de la blogosphère)

Mon dernier billet portait sur celui de l'abject Corto qui accusait la gauche de récupérer l'accident d'avion pour la campagne politique. Ses commentateurs prétendaient même plus ou moins qu'il avait provoqué ce truc à des fins électorales. Un des miens, amusé, répondait qu'effectivement on avait vu Cazeneuve errer près du zinc avec un tournevis avant le décollage. 

Maintenant, on en sait plus. Ou on croire savoir. On échafaude des scénarios. Le pilote ou le co-pilote aurait profité que son collègue soit parti pisser ou sauter l'hôtesse pour fermer la porte du cockpit "à clé" et enclencher une procédure de descente d'avion pour provoquer son crash. Un suicide, quoi. Il a emmené 150 personnes dans sa mort. 

Déjà que je gueule quand un type se suicide dans le métro, mettant des milliers de gens dans la merde. Je gueule surtout si j'en fais partie, d'ailleurs. Les autres peuvent crever, hein !

Alors on ne sait pas quoi penser. Qu'un type veuille en finir avec la vie, je comprends. Je ne suis pas catholique. Mais qu'il entraîne autant de type avec lui, je ne comprends pas. Vous, je ne sais pas. 

Corto accusait le gouvernement de faire de la récupération. Tu parles ! Le roi d'Espagne était chez nous. Pépère a du faire le déplacement. Cela étant, pour faire son billet, Corto faisait aussi de la récupération. Et moi aussi, en lui répondant, hier ou avant-hier. 

Je soir, je ne sais pas. 

Je le fais parce que je ne sais pas quoi penser à part à ces familles qui commencent à comprendre pourquoi leurs proches son morts tout en ne pouvant blâmer ce type si désespérer. Mais je n'avais pas fait de billet aujourd'hui, alors que j'ai ceci sur le cœur depuis que l'on a l'information (ou qu'on suppose l'avoir). 

Toujours est-il que je ne fais pas de billet de blog pour obtenir des records de lectures et de commentaires en surfant sur la mort de tant de gens pour asseoir ma réputation. Je fais des billets de blog pour parler de blog et de politiques et quabd les blogs politiques partent en couilles, je suis triste. 

Didier Goux me disait, dans les commentaires de mon billet, que si la droite avait été au pouvoir, les blogueurs de gauche auraient fait pareil que Corto. Je lui répondais que "non" (ou du moins pas les blogs "en vue"). Que, si Hollande ne s'était pas déplacé, Corto, dans bêtise peu mesurable aurait fait un billet sur l'indifférence de nos dirigeants. Il m'a répondu qu'on ne pouvait pas faire ce genre de supposition, un procès d'intention et tout ça. Il a sans doute raison. Il n'empêche que le premier "si" vient de lui, il me semble. 

C'est une polémique à la petite semaine. Des centaines de gens sont morts mais vous savez combien je suis attaché à la blogosphère. Elle se suicide elle-même à force de conneries de ce genre. 

Il est d'usage de dire qu'on pense aux victimes, aux familles des victimes et tout ça. Je vais vous dire : j'y pense mais pas beaucoup. En fait, je ne les connais pas. Ils ont ma compassion, mes condoléances mais, ne quittez pas, il faut que je commande une nouvelle tournée. Au fond, je m'en foutrais si je n'imaginais pas que cela puisse arriver à des proches. C'est compliqué. Il faut être politiquement correct. Vous vous rappelez le tsunami ou le tiramusu qui avait fait des dizaines de milliers de mort à Noël, il y a des années. Tout le monde s'émeut et reprend une part de moule. Un copain à moi, perdu de vue, a perdu sa femme et ses deux enfants dans ce machin. 

Par contre, je pense beaucoup à ce pilote (si l'hypothèse est vraie, sinon je m'en fous). Comment on arrive au suicide, je comprends. Mais comment on entraîne 150 personnes, je ne peux pas. Franchement. 

Et c'est de lui que j'ai pitié ce soir, même si je ne suis pas croyant. Peut-être l'ébauche d'une différence entre la droite et la gauche. Corto, blogueur homosexuel affiché, appelant les musulmans "les muzz" comme on appelait les arabes "les bougnoules" et les homosexuels "les pédés", "les tarlouzes",... profite d'un drame pour faire le buzz. 

C'est abject. Et j'ai aussi pitié de lui. 

24 mars 2015

Le blogueur de droite et l'envie de vomir

C'est l'ignoble @corto74 qui s'y colle. Il sous-entend que la catastrophe aérienne du jour rend service au gouvernement. Encore un ou deux grammes et il va prétendre qu'ils l'ont provoquée.

Je me demande si on a déjà vu un tel connard dans les blogs.

Vive la peine de mort propre !


L'Utah fait face à une pénurie de produit pour tuer ses condamnés à mort et le gouverneur vient de rétablir les pelotons d'exécution pour faire face à ce grave problème probablement dû au libéralisme à outrance ou la mondialisation. Et cela fait scandale chez ceux qui pensent bien. 

Le débat ne porte plus sur la peine de mort mais sur la façon de tuer. C'est delirant. 

On sera d'accord qu'il est préférable d'éviter que le condamné ne périsse pas dans d'affreuses souffrances même s'il travaille à Levallois. Le pal ou la lapidation, l'éviscération et ces trucs ne sont drôles que pour les spectateurs.

Il n'empêche qu'au nom de l'honneur , le condamné pourrait exiger de voir la mort en face. Le peloton ou la pendaison pourrait lui permettre un certain épanouissement. Et hop ! 1. 2. 3. T'es mort. 

A la limite, l'injection létale, ça fait un peu tafiole. Ce propos n'est pas homophobe mais un tantinet provocateur. Volontairement. Genre : ah cher ami, ne vous inquiétez pas, on va vous faire une piqure et vous vous réveillez bien mort. Serrez bien les points qu'on trouve les veines plus facilement, sinon on vous fera un bobo pour rien. 

Quant à la chaise électrique, ça ne fonctionne pas toujours, ça pourrait créer des douleurs intolérables voire pire : une coupure d'électricité dans le quartier ce qui pourrait m'empêcher de tweeter des conneries. 

Les gens, remettez vous. Vous ne pouvez pas être contre la peine de mort et préférer des méthodes. 

Vous voulez des chiffres ?

On continue à lire des analyses diverses au sujet du résultat des élections. Par exemple, je voyais un papier, ce matin, où le rédacteur tentait d’expliquer que le Front National n’a pas réellement réussi. C’est évidement n’importe quoi. Quand je vois qu’il est 15% dans mon canton de Centre Bretagne, je suis sidéré. Certains lascars vont jusqu’à prétendre que le vote frontiste dans les zones urbaines n’a pas de rapport avec l’immigration. Je leur conseille d’aller y faire un tour et de discuter avec les braves gens dans les commerces.

Par exemple, ce matin, je lisais un article qui expliquait que les écolos se disaient avoir été volés par le ministère de l’intérêt qui leur donne un résultat de 2% parce que ce chiffre ne prend pas en compte les circonscriptions où ils ont fait « liste commune », soit avec le Front de Gauche soit avec les socialos. Qu’ils nous expliquent ce que le ministère aurait du faire ! Ils nous disent que dans les cantons où ils se sont présentés avec une étiquette EELV, ils sont à près de 10%. Je peux leur répondre qu’ils se présentent à leur couleur dans les patelins où ils font habituellement de bons scores et font donc naturellement de meilleurs scores…

Avec des raisonnements comme cela, il est assez facile de démontrer que l’UMP a fait un bide complet puisqu’ils ont fait seulement 6,57%.  Or l’ensemble de la droite de gouvernement fait 36,6%. Certains n’ont pas encore compris le système électoral en France… Vous me direz que la proportionnelle serait bienvenue en France mais on arrivait à la situation allemande avec l’obligation de faire des coalitions entre les deux plus grands partis…

Ce qui importe est l’évolution globale des scores aux élections locales. Heureusement pour vous : je suis là. On va regarder l’évolution depuis belle lurette des scores aux cantonales en séparant trois groupes de candidats : la gauche dite parlementaire, la droite dite de gouvernement incluant le centre et la droite de la droite. Appelons-les gauche, droite et Front National.

Gauche
Droite
Front National
Cantonales 1973
53,94
46,06
Cantonales 1976
55,8
42,86
0,61
Cantonales 1979
51,31
43,52
0,69
Cantonales 1982
49,06
49,73
0,2
Cantonales 1985
40,64
49,07
8,84
Cantonales 1988
47,42
45,43
5,39
Cantonales 1992
Non disponible
Cantonales 1994
43,77
44,64
10,03
Cantonales 1998
44,29
40,11
13,66
Cantonales 2001
45,85
41,85
9,9
Cantonales 2004
45,43
37,07
12,13
Cantonales 2008
47,77
45,13
4,85
Cantonales 2011
48,97
32,96
15,06
Départementales 2015
36,7
36,6
25,31


N’oublions pas que d’une année à l’autre, ce ne sont pas les mêmes cantons qui votaient et que le mode de scrutin a changé pour la dernière fois. Avec ceci, on peut en tirer un tas de conclusions. Par exemple, les chiffres sont clairs : la gauche était en tête dimanche mais elle a fait le pire score de son histoire récente. Son précédent plus mauvais score était en 1985 alors qu’elle était au pouvoir depuis quelques années. Elle a fait son meilleur score des 30 dernières années en 2001 alors qu’elle était au pouvoir dans une conjoncture économique sacrément bonne.

Regardons entre 1982 et 1985. La droite ne bouge pas. La gauche perd 8,5. Le FN gagne 8.5. Regardons entre 2008 et 2011 : en 2008, la droite (comme à la présidentielle de 2007, l’effet « Sarkozy ») avait siphonné l’électorat du FN et l’a perdu ensuite (comme à la présidentielle de 2012).

En 2014, la gauche perd 12 points au profit de l’UMP et surtout du FN. La gauche est la grande perdante, comme elle l’est à chaque fois qu’elle est au gouvernement pour une longue période. C’est dommage que Wikipedia ne donne pas plus de précisions sur les chiffres de 1992 mais rappelle qu’ils avaient été catastrophique au point que François Mitterrand a du virer le premier ministre, Edith Cresson, à leur issue.

Si la droite gagne un peu, elle reste à un niveau exceptionnellement bas.

En 40 ans, la gauche a perdu 15 « points » dans son électorat et la droite 10. Le Front National en a pris 25. Le compte est bon. Ou pas. Et en 2011, on aurait pu démontrer que la gauche a perdu 5 point et la droite 10 sur cette longue période et que le FN en a pris 15. 


Ces querelles de chiffres ne servent qu’à masquer une évidence… Les écolos peuvent toujours prétendre qu’ils représentent 10% et pas 2 et les blogueurs de gauche gouvernementale expliquer que la baisse n'est que conjoncturelle... On peut analyser la défaite du PS par ses divisions et relativiser cette défaite par le fait que des primaires permettront de ne pas trop perdre.

Pendant ce temps, le Front National s’installe.

23 mars 2015

Des couilles, à droite !

Le sénateur maire de Nîmes s'oppose frontalement à Nicolas Sarkozy et appelle franchement à faire barrage au Front National. Vive lui, et vive tous les électeurs de droite de ce département qui vont prendre leurs responsabilités. Je me demande si j'en connais... ;-) 

Départementales : désistement des candidats de la gauche unie au profit des candidats du Front de Gauche au Kremlin-Bicêtre

Tout est dans le titre, cela a été annoncé ce soir. Dans le canton du Kremlin-Bicêtre - Gentilly, la "liste" menée par la gauche unie, le MRC, le PRG et le Parti Socialiste mais pas EELV se retire au profit de "la liste" de gauche passée en tête, celle du Front de Gauche. Cette dernière sera donc la seule en lice au second tour, si je compte bien.

Honnêtement, ce n'est pas la solution que j'aurais préférée. Je laisse décider la gauche unie si c'est la meilleure mais je n'oublierais jamais que le candidat FdG s'est désisté face à gauche de gouvernement pour les législatives en 2012.

Pierre Gosnat aurait apprécié ce choix.

65% à gauche : fait !

Du moins dans le canton du Kremlin-Bicêtre - Gentilly. Si les autres n'ont pas fait aussi bien, ils n'ont qu'à s'en prendre à eux-mêmes. Le seul truc qui me désole est qu'il y aura un second tour, soit avec une seule liste de gauche, soit deux (si j'ai bien compris). 

Le FdG est arrivé premier, le MRC allié au PS est arrivé deuxième, l'UMP associée à l'UDI troisième, suivis du FN et des écolos (de mémoire). Rappelons que je regrette qu'il n'y avis pas eu une vraie union de la gauche qui aurait eu un sens. Le Front de Gauche n'a laissé qu'une place de suppléant et gardé pour lui les trois autres candidatures : de toute manière, si le Val de Marne ne bascule pas à droite, toute la gauche devra s'unir pour le gérer. 

Halte aux postures grotesques. 

Moquons nous de l'UDI locale qui a loupé l'occasion de cartonner en se sentant obligée de s'allier avec l'UMP. Moquons nous aussi des verts qui n'auront rien alors qu'ils auraient pu avoir un suppléant. 

Je suppose que l'état major de la gauche unie arrivée deuxième doit se poser des questions : se maintenir au second tour ou laisser les cocos ?

Je suis partagé mais sans complexe : le canton restera à gauche. 

Le "désistement à gauche" en faveur de la "liste" de gauche arrivée en tête aurait de la gueule et donnerait une belle leçon de discipline... Cela serait aussi un bel hommage à Pierre Gosnat, qui s'était  désisté aux législatives en 2012, dans la situation "inverse" (la gauche sûre de gagner mais les cocos en deuxième position). 

D'un autre côté, le maintien ne serait pas pour me déplaire. En éjectant le PC au second tour, ça leur donnera une belle leçon : au premier tour, ils n'ont laissé qu'un poste sur quatre aux autres partis de gauche ce qui est gonflé. C'est aussi de ça dont nous avons besoin, montrer que les listes de gauche ne peuvent gagner qu'en jouant le jeu et que le Front de gauche, avec ses 5 ou 10%, ne peuvent plus rien gagner. Et qu'on peut les virer. 

Je lisais un papier de Reporterre, aujourd'hui. La "vraie gauche" accuse Valls d'avoir minimisé son succès et pense être sortie renforcée de ce scrutin. C'est évidemment ridicule. 

J'ai lu d'autres analyses aussi grotesques à propos de cette élection qui expliquait que la gauche n'avait jamais été aussi basse en France. C'est faux : à la Presidentielle de 2007, l'ensemble des partis de gauche avait fait moins. 5 ans après elle remportait la présidentielle, avait une majorité de collectivités territoriales et le Sénat... pour perdre le tout en trois ans. 

On fera le compte le jour de l'élection des exécutifs départementaux. Ou alors faisons l'analyse de Pierre Parrillo qui arrive à démontrer que la gauche a perdu 6000 cantons sur 3500 (de mémoire). 

Quant à mon autre fief, Loudéac, je suis triste et partage la peine des copains qui ont fait campagne. La droite à presque 50% et le FN à 15... C'est ce résultat qu'il faudra analyser et commenter. La victoire de la gauche dans une banlieue rouge pleine de bobos n'est qu'une anecdote. 

L'école des fans

N’arrivant pas à avoir les résultats pour « mes cantons », je ne me suis pas réellement intéressé au détail des résultats du premier tour des départementales, hier soir. Du coup, c’est ce matin que je me suis mis à lire la presse où j’ai constaté que tout le monde avait gagné.  Par exemple, le PS et ses alliés ont pris une raclée mais ont mieux résisté qu’annoncé.

Les principaux perdants sont ainsi les annonceurs en question, dont moi, d’ailleurs, vu que je pensais que l’abstention dépasserait 60%. Les 50% semblent miraculeux d’autant que le précédent scrutin était couplé à une élection municipale où les électeurs se déplacent plus facilement. Ce regain de participation ne semble pas être pour donner une gifle aux socialistes vu qu’ils ont mieux résisté…

En publiant les chiffres définitifs, lesEchos nous disent : « Au total, gauche et droite sont au coude-à-coude à 36 %. » Si ma tante en avait, il resterait donc 28% pour les autres dont le Front National qui n’est même plus classé dans la droite par la presse du même nom.

Par rapport à la moyenne des deux scrutins précédents : la droite ne bouge pas, le FN prend 15 points et "la gauche de gouvernement" en perd 10 et la vrauche deux ou trois.


Le plus grand perdant est néanmoins l’humour dans lesblogs politiques, pas la dénonciation. 

22 mars 2015

Joie

Twitter est en liesse, ce soir. Le FN devrait arriver troisième avec moins de 25%. Les sondeurs et autres analystes se sont plantés.

Un rien nous réjouit. On est content parce qu'il y a que 25% de fascistes et autres raclures islamophobes, pédophiles, racistes qui puent de la gueule et ont du poil dans les marines dans notre douce France cher pays de mon enfance. 

On ferait mieux de se foutre de la gueule de la vraie gauche qui fait un bide. 

Au final, l'abstention...

« Et au final, l'abstention devrait s'élever sur l'ensemble de la journée à 48,5% selon CSA et à 49,5%. Un taux est nettement inférieur à celui des élections cantonales de 2011 (56,78%) mais supérieur à celui des cantonales de 2008 (36,23%).  » Nous dit 20minutes. Les instituts de sondage et les prévisionnistes à la petite semaine, dont votre serviteur se sont probablement rétamés, d’autant que les cantonales de 2008 étaient couplées à des élections importantes, les municipales.

Cela étant, on s’en fout. J’étais dans Twitter de midi et quinze avant de sombrer dans un sommeil de juste consécutif à une marche jusqu’au bureau de vote qui m’a donné soif.  J’ai vu 3049230 twittos dire qu’ils avaient été voter et 3402933 annoncé le taux de participation dans un tas de départements dont personne n’a strictement rien à cirer comme la Corrèze Atlantique ou le Finistère Bourbonnais.

Nous allons donc traiter d’un autre sujet. Nous allons demander à 20 minutes de licencier le journaliste qui a écrit une pareille abomination. « Final » est un adjectif. « Finale » est un nom commun et un adjectif. Commencer un paragraphe par « au final » est très répandu mais devrait être passible de la peine de mort.

Le nom commun « final », ou substantif, n’existe pas ou, plus précisément, ne peut s’appliquer qu’en musique : « le final de l’opéra », par exemple. Je tolère qu’il s’applique au bistro, comme dans l’expression : « Le final de la cuite », ce qui, au fond, est assez musical, mais pas dans l’idiote locution « au final ».  On peut aussi dire « la finale de la cuite » mais cela ne s’applique que lors de concours idiots, par exemple lorsque le vieux Joël et Tonnégrande ont parié qu’ils pouvaient boire plus de bière que moi et qu’on se livre à une vérification inutile mais fort ludique.

ON NE DIT PAS « AU FINAL », BORDEL ! On peut dire « finalement » mais ça fait un peu trou du cul. On préfèrera d’autres expressions sans le moindre intérêt comme « en fin de compte ». Et si on ne dit pas « au final », on l’écrit encore moins. Un peu de sérieux.


Un peu de pédagogie ne fait pas de mal en période électorale.

21 mars 2015

Alternons les conneries


Suite à mon dernier billet et à une alerte du Figaro, il me faut la diffuser. 

Sans oublier de préciser qu'il n'y a pas d'élections à Paris ce week-end. 

L'alternance vaut pour la circulation pas pour la connerie. 

Malheureusement, elle vaut aussi pour les exécutifs. 

Laissons l'écologie à des gens raisonnables

Ségolène Royal a refusé la circulation alternée demandée par la Mairie de Paris à cause des pics de pollution. C’est une très bonne chose et Bruno Roger-Petit nous explique pourquoi et, finalement, bien que totalement opposé à la voiture à Paris, je suis parfaitement d’accord avec lui, ne refusant absolument aucun paradoxe, ce qui nécessite quelques explications que vous trouverez dans un excellent billet de blog, ce matin, ici-même. Il nous rappelle aussi qu’elle avait empêché la loi interdisant les feux de cheminée, ce qui est aussi une très bonne chose.

Par contre, il faut que je fasse gaffe à ne pas devenir Ségoliste.

Halte à l’écologie punitive !

BRP évoque l’écologie sociale, ce qui ne veut rien dire mais je suis contre l’écologie incitative et surtout contre l’écologie punitive qui sont, tous les deux, antisociaux. Les incitations ne profitent qu’à ceux qui ont les moyens d’en profiter (demandez à un SDF s’il est content des aides fiscales pour l’isolation) et les punitions concernent les défavorisés (j’ai les moyens de payer pour ne pas me chauffer au bois). La gauche de la gauche qui a inventé « l’écosocialisme » a fait une grosse connerie, son score dans les urnes le montre. Je l’ai dit souvent, à un tas de sujets, comme le nucléaire ou Notre-Dame-des-Landes. Le nucléaire ne manque pas de défauts mais on n’a pas trouvé grand-chose d’autre pour rendre le service à bas prix sans trop polluer même si on trouve toujours des andouilles pour tenter de démontrer le contraire.

Electoralement, c’est de la connerie. Faire de la politique pour ne pas être élu ne sert pas à grand-chose et les écolos et socialos parisiens ont la chance d’avoir des électeurs riches et une droite conne.

Revenons à mes paradoxes

Je suis contre la voiture à Paris parce que cela génère de la pollution, des encombrements gênants pour ceux qui ont besoin de leur voiture (un plombier ne va pas trimbaler sa caisse à outils dans le métro et la famille qui va manger chez la grand-mère en grande banlieue n’a pas d’autre moyen pour tenter de capter l’héritage), des risques pour les piétons et une transformation de l’automobiliste en gros con, fier de lui, s’accordant tous les droits, y compris celui de prendre sa voiture.

Cela me rappelle ceux qui gueulent contre les lois du gouvernement « contre internet ». Je suis contre ces lois mais certains le font au nom des droits fondamentaux ! Comme si raconter des conneries sur le web était un droit fondamental. Comme si utiliser sa voiture était un droit fondamental ! On croit rêver. Le droit fondamental est de respirer dans Paris, ce qui n’est pas toujours possible pour tous….

Je suis aussi contre la voiture à Paris parce qu’elle ne sert généralement à rien

Ainsi, la circulation alternée quand il y a des pics de pollution m’amuse beaucoup vu qu’elle fait chier les gros cons. Il n’empêche qu’elle ne sert à rien en cette période, surtout quand elle est mise en œuvre après le pic de pollution.

L’écologie doit être un travail de longue haleine, une réflexion constante. Cela ne sert à rien de lutter contre les pics de pollution par une mesure qui emmerde les citoyens. La politique du « tout voiture » menée pendant des années a été néfaste, contreproductive, augmentant les temps de trajet… et surtout empêchant le développement et l’amélioration des transports en commun, cette amélioration qui nous permettrait de voyager peinards évitant les rames pourries, les changements qui n’en finissent pas,…

L’écologie ne doit pas être un gadget. BRP évoque les Vélib, à Paris. Ces machins plaisent certainement aux Parisiens un peu branchés qui s’imaginent sauver le monde mais ils ne sont que des gadgets voire des icônes, celles de l’écologie bobo, tout comme la fermeture des voies sur berge que j’approuve néanmoins, plongé dans mon paradoxe.

Un paradoxe, cela s’explique

Les voies sur berge sont un inconvénient pour les promeneurs, pour ceux qui voudraient déambuler dans Paris (qu’ils aillent au bistro, plutôt). Leur fermeture permettra de fluidifier la circulation en incitant les gens à ne pas prendre la voiture et générera une forte diminution de la pollution. Il n’empêche que les voies sur berge ne sont pas la cause d’un problème. La cause initiale est l’entassement des gens en région parisienne et l’obligation qui faite de se déplacer pour aller travailler. La cause supplémentaire est la volonté des gens à habiter des pavillons en banlieue, générant l’étalement urbain et rendant obligatoire l’utilisation de la voiture. Et cette cause initiale provoque non seulement des dégâts environnementaux mais aussi sociaux avec des gens qui se tapent plus de deux heures de trajet par jour, qui passent leur temps à courir pour s’occuper des gamins, faire les courses,…

Alors la circulation alternée, les cyclistes qui vont plus vite, les voies sur berge qui ferment les emmerdent. Ils conchient l’écologie et la cause initialement défendue. Dans la voiture, ils écoutent la radio et des écolos qui luttent contre des aéroports. Si les entreprises d’envergure nationale et internationale pouvaient s’installer en dehors d’un axe « Paris – Lyon – Marseille » en ayant des moyens de transport leur permettant de « rayonner », la cause de l’environnement ne serait-elle pas mieux défendue ?

Je ne fais pas une obsession sur Notre-Dame-des-Landes, rassurez-vous mais il est très drôle de voir des gens se battre contre au nom de l’écologie tout en racontant n’importe pour minimiser les dégâts de l’autre aéroport de Nantes, la gêne et la pollution qu’il provoque, l’étalement urbain dévastateur qu’il impose en occupant des mètres carrés au cœur de la cité…

Laissons l’écologie à des gens raisonnable, pas aux écolos.

Ségolène Royal est raisonnable.

Et on vit très bien sans voiture, à Paris.

On ne le dira jamais assez. Vélib est un symbole. Pas Autolib qui permet d'avoir une voiture seulement quand on en a besoin.


20 mars 2015

Votons puis supprimons l'élection

Les élections départemento-cantonales arrivent. C’est l’objet du billet de mon copain FalconHill qui est de droite et souhaite la victoire de la droite mais votera à gauche car le candidat socialiste est un homme remarquable. Je me moque ! Il nous dit surtout son attachement à son canton et au département. Alors je vais lui dire pourquoi je n’y suis pas attaché.

En préambule, ce n’est pas parce que je ne suis pas attaché au canton et au département, que l’élection de dimanche n’est pas importante ! Allez voter. Surtout si vous habitez dans le Val de Marne et votez à gauche… Une page dans le Parisien d’aujourd’hui nous met en garde : la majorité risque fortement de basculer à cause des divisions de la gauche… Allez voter parce que le rôle du département est important.

Le canton

Il ne correspond plus à grand-chose d’un point de vue géographique ou démographique et à aucune entité administrative ou de gestion. Les structures de proximités sont les communes et leurs regroupements divers, qu’on les appelle « intercommunalités » ou « pays ». Le canton n’est qu’un truc abstrait, utile uniquement pour le vote au conseil départemental (ex général). Ces machins sont encore plus grotesques dans les métropoles…

Quand ils ont été créés, lors de la révolution, ils étaient une division administrative qui ne devait pas dépasser 10 kilomètres de rayon. Ils ont évolué et tout ça. Avant la décentralisation, ils envoyaient un représentant du territoire auprès de la structure administrative de l’Etat la plus proche, le département.

Avec la décentralisation de 1982, le conseil général qui regroupait ces représentants a commencé à avoir des compétences propres. Le conseil général est devenu un lieu de décision avec un exécutif, avec des compétences.

Le mode de scrutin aurait du être changé pour se rapprocher de celui utilisé pour les communes et les régions, c’est-à-dire un scrutin de liste avec, pour résumer, les types qui arrivent en tête formant l’exécutif (comme les adjoints au maire ou les vice-présidents des conseils régionaux). On aurait alors voté pour un programme et une tête de liste, futur chef de l’exécutif.

Avec le mode de scrutin actuel, on vote pour un représentant (deux pour être exacts) mais pas pour un exécutif et des actions qu’il pourrait mettre en œuvre. Et on le voit à cette campagne : ce que pourrait faire les formations politiques arrivées en tête n’est pas évoqué puisque le scrutin n’est pas départemental.

A noter que mon avis sur les législatives est à peu près le même (à la différence près que la campagne étant nationale et suit généralement une présidentielle, on y voit plus clair, d’autant que le premier ministre, chef de l’exécutif, est une personnalité du parti arrivé en tête).

Le département

On nous dit : la gauche veut supprimer les départements. C’est faux. La gauche veut supprimer la collectivité territoriale, c’est-à-dire le conseil départemental. Il n’est pas question de supprimer le département en tant qu’échelon administratif de l’Etat avec, notamment, les préfectures. Le projet de la gauche est de transférer les compétences du conseil départemental aux échelons en dessous (l’intercommunalité) et au-dessus (la région) pour différentes raisons, soit être plus proche des gens soit avoir des structures plus puissantes (par exemple, l’aménagement des routes ne doit pas être centré sur les départements mais doit être réparti entre la proximité et la région).

La droite avait un projet équivalent, annulé par la gauche, qui était de laisser les conseils généraux mais avec les mêmes élus que l’échelon régional tout en cassant le scrutin de liste des élections régionales, ce qui aurait été une catastrophe, rendant les régions ingérables car dans l’incapacité de trouver une majorité (imaginez si elles avaient lieu maintenant avec 20% d’élus du FN, 40 de la gauche et 40 de la droite).

Le conseil général doit donc disparaitre.

L’élection cantonale


Elle servait à avoir un représentant auprès de l’Etat à moins de deux heures de chez soi. A l’heure d’internet, de l’avion qui nous amène d’à peu près partout en deux ou trois heures au centre de Paris et des chaines de télévision qui transmettent les débats  à l’Assemblée, le représentant est-il toujours utile d’autant que les gens ont totalement oublié sa fonction… ?

19 mars 2015

Le dessin du jour


Ce dessin tourne dans Twitter pour comparer les musulmans et les cathos pour dire : ah ben c'est pareil. 

Rappelons que les musulmans intégristes veulent habiller en prison toutes les femmes et les catholiques veulent faire porter un uniforme à celles qui "entrent dans les ordres". 

Certaines comparaisons nuisent à la cause. 

18 mars 2015

La blogosphère, une cour d'école ou la révélation de la vraie gauche dans Twitter ?


Je vous explique. Prenez une aspirine ou deux avant de me lire. Gauche de Combat qui est à la vraie gauche ce que le Pastis Duval est à l'anisette, un truc infâme en voie de disparition, fait un tweet où il "relaie" une manifestation des femmes israéliennes opprimée. Je fais un "contre tweet"  où je signale qu'il oublie de parler des femmes musulmanes opprimées.

Une discussion se lance dans Twitter, j'ai du mal à suivre. On me parle de Soral. Ca me fait rigoler. J'en fait un billet et je me trompe de blog. Hop ! Le blog geek

GdC commente (il avait fait le même tweet avant) disant qu'il savait maintenant qui était ma taupe, celui qui me renseigne sur mon compte. C'est le gars qui l'avait retweeté et auquel je suis abonné ! Au lieu de le remercier pour le fait de faire tourner une information qu'il avait déniché, il l'insulte et le traite de taupe (à mes ordres).

Je vais donc expliquer à Gauche de Combat que j'ai d'autres moyens de suivre ses tweets (son compte n'est pas privé, il suffit que je me connecte sans être identifié pour lire ce qu'il dit, que mon compte "identifié" soit bloqué ou non par ses soins, ce message s'adressant aussi à Pierre Parrillo qui est un peu l'andouille de la droite pour compenser notre idiot du village).

Je vais donc l'inviter à présenter ses excuses au gentil garçon qui a fait un RT de son tweet au moment où, par hasard, je débarquais dans Twitter. Je vais aussi lui rappeler que ce n'est pas la peine de me traiter d'alcoolique pour démontrer que j'ai tort (je suis arrivé au bistro qui ferme à 22h30 vers 21h30, je sortais du boulot et d'une heure de métro mais, cela étant, je ne vais pas faire une leçon de morale aux chômeurs qui n'ont que ça à foutre de leurs journées de donner des leçons de morale sur le web).

Je vais néanmoins lui adresser une demande : j'aimerais que les cons de gauche soient moins cons que les cons de droite.

Le Figaro et l'information en continu

Je suis abonné aux alertes du Figaro. Il y a eu cette après-midi l'attaque d'un musée en Tunisie. Ces braves gens du Figaro m'envoient un premier mail à 13h59 pour m'informer de l'attaque et de la mort de 8 touristes et un deuxième (illustration du haut) à 15h35 pour dire que les otages ont été libérés. Le troisième (illustration du bas) arrive 39 minutes plus tard pour dire que 17 touristes étaient morts.

Première question : en quoi est-ce utile d'envoyer l'information ? Certes, l'événement est important (mais on ne connait pas les causes de la prise d'otage) mais le direct est-il nécessaire ?

Deuxième question : pourquoi avoir émis les deux premiers messages avec une information fausse (surtout le premier) ? Pourquoi ne pas attendre une confirmation.

Troisième question : il y a eu un incendie dans la tour à côté de celle où je bosse, ce matin. C'est idiot mais l'information m'est plus utile que l'autre que j'aurais découvert ce soir... J'aurais pu aller à la fenêtre (je ne travaille pas du bon côté) et regarder l'intervention. Pourquoi ne pas avoir émis d'alerte ?

J'ai la réponse à se dernière question : je suis le seul intéressé.

Porc en campagne

Cochon très stigmatisé
On ne pouvait évidemment pas avoir une campagne électorale sans une dose de stigmatisation des musulmans avec cette histoire du maire de Châlons-sur-Saône qui a décidé de supprimer le menu de substitution pour les gamins qui ne mangent pas de porc dans les cantines scolaires.  Ni ailleurs, d’ailleurs, mais la question n’est pas là. Evidemment, il a fait ça juste avant une intervention de Nicolas Sarkozy au journal de TF1. Ce dernier (Sarko, pas le journal, essayez de suivre) a donc pu rebondir.

« Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l'enseignement privé confessionnel ». « Quand vous allez dans un établissement public (...), c'est l'enseignement de la République, la République est laïque, et nous refusons absolument – c'est notre tradition, c'est notre façon de vivre, c'est notre idéal – qu'on fasse la différence entre des personnes, dans le service public, en fonction de leur appartenance religieuse ou de leur origine. »

Je vous passe le fait que l’heure devrait être à l’apaisement et un responsable politique prétendant avoir une stature de chef d’Etat devrait éviter ce genre de propos. Politiquement, c’est idiot. Il aurait pu dire une connerie du genre : « il est dommage que cette décision ait été prise en période électorale. J’appelle au discernement »

Sur le fond, je m’en fous un peu. Il ne coûte pas très cher à une école d’avoir des œufs ou des steaks hachés en réserve. Il ne faut pas confondre ce problème avec celui du voile, par exemple, qui est un signe ostensible d’appartenance à une religion et de soumission des femmes.

Je suis donc parfaitement d’accord avec l’ami Sarkofrance.

La position du blogueur de droite Pierre Parrillo est plus rigolote puisqu’il arrive à taper sur le gouvernement. Il commence fort : « Le truc est tellement gros que je ne peux pas ne pas en parler ! » Cela veut dire qu’il n’a rien à dire.  Gageons que si Najat Vallaud-Belkacem avait soutenu le maire de Châlons, PP lui serait rentré dans le lard, au nom de la protection de l’enfance, du vivre-ensemble et de je ne sais quelle connerie.


La réflexion n’est pas le fort de la Sarkozie.

Après, le président de l'UMP accuse la gauche de faire monter le Front National... On croit rêver.