En salle

30 avril 2020

Confiné jour 45 - rêve de télétravail


Rôti de porc glacé à l'érable de Diane- Kraft CanadaEn ce quarante-cinquième jour de confinement, je profite du temps de cuisson du rôti de porc pour rédiger mon billet confiné. Il sera précédé, le rôti, d’un pâté en croute aux morilles Franc-Comtois et accompagné de morilles. Je ne sais pas ce qui m’est passé par la tête, ce matin, j’avais envie d’un rôti de porc tout simple, au four, un peu d’huile d’olive et un fond d’eau. J’en salive d’avance. Si je finis les 650 grammes, il faudra que je refasse des courses pour demain.

« Le confinement a été une épreuve psychique » explique Lucie Joly, psychiatre à l’hôpital Saint-Antoine. « La grande majorité des gens ont mis du temps à s’adapter, à trouver un équilibre, une routine » […] Le déconfinement, « tant espéré depuis plusieurs semaines, est devenu aujourd’hui source d’angoisse. Certaines personnes ne veulent pas se déconfiner. » Voila ce qu’on lit dans cet article et je partage les impressions qu’il décrit. Vis-à-vis du boulot, je n’ai pas du tout envie de me déconfiner. Je n’ai pas envie de reprendre le métro et d’y passer près de deux heures par jour. Je n’ai pas envie de recommencer à déjeuner à la cantine. Je n’ai pas envie d’arrêter mon rythme de patachon tout aussi efficace que quand je vais au travail. Je n’ai pas envie de prendre des risques avec cette maladie. Je n’ai pas envie d’être perturbé par les nécessaires discussions des collègues sur le plateau et je n’ai pas envie de les déranger avec les miennes.

J’ai envie d’aller en Bretagne, de boire des bières avec les copains au bistro, d’avoir de l’espace, de voir la famille. Tiens ! A ce sujet, à force d’écrire des trucs ici et sur Facebook, les gens pensent que si je veux rentrer, c’est pour voir ma mère. Je n’en fais pas une fixette, je lui téléphone tous les jours et on fait des visios familiales de temps en temps. J’ai tout un tas d’autres raisons pour rentrer : être dans une maison de 150m2, avec un vrai bureau pour travailler, dans une pièce plus grande que mon séjour où la température ne dépasse jamais 22 degrés, avec la vue sur autre chose que des immeubles avec des imbéciles comme moi entassés, sans avoir à prendre l’ascenseur pour vider les poubelles, avec des voisins aimables, avec un jardin et une véranda, avec une grande cuisine où l’on peut s’assoir pour éplucher les patates et manger sans avoir à déplacer un ordinateur portable, avec des chaises qui ne font pas mal au cul, avec une télé, le wifi, avec des commerces où ne s’entassent pas trop les gens (à certaines heures…). Pour ma mère, c’est autre chose, elle est en pleine forme et je ne la verrai pas plus là-bas qu’ici sauf de temps en temps par un parloir ou de la fenêtre de sa chambre. Par contre, je suppose qu’elle a besoin de me savoir près d’elle et ça n’a pas de prix. Et il y a des trucs à faire : s’occuper de son ligne, des plantes, des papiers, du courrier,…

Depuis vingt-cinq ans, j’ai le même rythme de vie que j’aime bien, par ailleurs. Depuis deux ans, j’ai découvert le télétravail dans cette grande maison, un vendredi sur deux ou trois. Avec le confinement et le télétravail permanent, je me rends compte qu’un autre rythme est possible. J’en avais d’ailleurs fait un billet en début de la crise sanitaire à l’heure où il y avait une espèce de stress ou d’angoisse. Maintenant, j’ai plus de recul.

Avec la boite, dans mon service (une petite trentaine de personnes), on est très organisés, sans doute mieux qu’avant ! On a un point d’équipe, tous les matins, où chacun peut vider son sac, exposer ses problèmes… Il dure environ une heure et ce n’est pas du temps perdu, on peut continuer à travailler en même temps, on aide les collègues, on connaît l’avancement des dossiers, on sait ce que font les autres,… L’entreprise est répartie sur quatre sites, nos clients sont éparpillés dans toute la France, on passe déjà une partie de notre temps en réunion au téléphone. Le télétravail ne change pas grand-chose…

Je ne plaide pas pour le télétravail en permanence. C’est indispensable de connaître physiquement les personnes avec qui on travaille pour bien le faire, les comprendre,… Et rien ne vaut la réunion autour d’une table, avec un tableau, des schémas,… et les discussions au hasard des rencontres, la bonne vieille engueulade et le partage de l’excitation… Il faut aussi rencontrer les gens avec qui on bosse régulièrement mais d’autres services voire d’autres directions.

Alors, je rêve d’une autre organisation du travail. Vous pouvez sauter ces paragraphes.

Sous mon directeur, il y a trois services, le nôtre avec une petite trentaine de lascars et deux autres avec 10 ou 15 personnes. Sur le tout, une quinzaine ne peut pas faire de télétravail ou ne souhaite pas en faire (habitant près, avec un appartement ne se prêtant pas au télétravail,..) ou doit être au bureau pendant quelques mois pour la formation. On a donc quatre groupes dont trois services, disons A, B et C. Au sein de chaque service, tout le monde doit être là de temps en temps en même temps et chaque service doit rencontrer un des deux autres de temps en temps. Par ailleurs, chacun a des contraintes particulières (moi, par exemple, c’est d’avoir beaucoup de jours consécutifs en télétravail pour aller en Bretagne). Je propose des cycles sur trois semaines. Les semaines paires, personne ne vient au bureau. L’équipe A vient au bureau la première semaine et la troisième, l’équipe B, la première et la cinquième, l’équipe C la troisième et la cinquième. Chaque équipe alterne donc des semaines au bureau et des périodes d’une semaine ou de trois semaines sans venir. Après tout, on aura réussi à passer trois mois sans mettre les pieds au bureau. Pendant chaque semaine au bureau, chacun a le droit à un jour de télétravail, le mercredi ou le vendredi exclusivement. Toutes les six semaines, chaque personne passe trois jours avec toutes les personnes d’une des deux autres équipes et chaque équipe est réunie au complet toutes les trois semaines en moyenne.

Chacun n’étant présent qu’en moyenne 8 jours tous les 30, on pourrait travailler en « flex office » (des bureaux non attribués, chacun peut se mettre où il y a de la place), on pourrait économiser 30% de la surface occupée par l’ensemble de la direction. On pourrait faire plus en alternant avec d’autres vu qu’une semaine sur deux, les bureaux sont quasiment vides. Il faut quelques contraintes sur les salariés. Par exemple, il ne doit pas être possible de sauter plus de deux semaines de travail au bureau par an à cause de congés  en dehors de ceux d’été ; dans la mesure du possible, les périodes de formation doivent être pendant les semaines de télétravail. Pour convaincre les RH, les représentants du personnel et les grands chefs, cela revient à une moyenne de 1,3 jour par semaine au bureau et permet de baisser de 75% l’utilisation du métro pour ceux qui sont concernés (de 67% pour ceux qui ont déjà une journée de télétravail). A l’échelle de la boîte, avec ceux qui sont obligés de rester présent, on devrait être à 60 ou 70.

Toutes les réunions institutionnelles seraient faites en audioconférence (sauf les gens naturellement présents ce jour-là), qu’elles soient internes ou avec des partenaires extérieures.  La direction pourrait imposer 4 journées de présence par an pour des séminaires dans des lieux ad hoc, de même que la présence à 3 cérémonies genre « vœux de la direction générale ». Les bureaux du flex office seraient équipés d’un PC fixe pour éviter aux salariés de transporter leurs ordinateurs portables professionnels.

Pour ma part, j’alternerais les périodes de trois semaines en Bretagne et à Paris, avec une semaine de télétravail à Paris, trois en Bretagne et deux au bureau en six semaines. Les jours aux bureaux se passeraient comme avant le confinement. Ceux à Bicêtre et à Loudéac seraient proches mais avec des horaires légèrement différents.

C’est beau de rêver, non ? J’ai tout mis au conditionnel, j’espère ne pas avoir fait de faute de conjugaison sinon, je vais me faire engueuler.


Côté actualité de confinage, il n’y a pas grand-chose à raconter, on parle beaucoup de masque. Ouest-France propose un site pour répondre aux questions sur le déconfinage. J’y ai posé la mienne.

Le pâté en croute, le rôti et les pommes grenailles étaient bons.



29 avril 2020

#confiné jour 44 - tâches ménagères et mauvais confinement

Le covid tue plus que le ridicule.

En cette quarante-quatrième journée de confinement, j’ai beaucoup bossé ce matin et cette après-midi, j’étais en congés. Après la sieste, je me suis mis sur l’ordinateur professionnel, j’ai regardé Facebook, ma messagerie et parcouru ma messagerie professionnelle en cas d’urgence vu que ces vacances sont improvisées quand j’ai eu une idée ! J’ai donc bossé de 15 heures 30 à 18h30 en conséquence, mathématiquement, je n’aurai qu’une heure à faire demain (vu que je suis en congés l’après midi). Pendant ces trois heures, j’ai pondu une présentation de 19 pages (dont 12 utiles, les autres sont pour le sommaire, les titres,…) avec que du texte. Je n’ai pas trop perdu la main (je n’aime pas PowerPoint, sur Word, j’aurais pu faire le même nombre de page mais avec une police de « 12 »…

Par contre, le billet confiné est un peu en retard…

Parmi les nouvelles de la journée qui m’ont été signalées (je n’ai pas regardé les sites d’informations depuis ce matin et j’ai, finalement, peu trainé dans les réseaux sociaux), il y a, tout d’abord, la crise sanitaire qui pourrait faire baisser la consommation de bière de 30% ou 40% cette année. C’est bien dommage pour  les bistros et les producteurs indépendants mais, d’un autre côté, les principaux producteurs de bière sont des multinationales. On ne va pas pleurer tant qu’il n’y a pas de licenciements.

Il y a aussi l’annonce de l’ouverture de Facebook Meet. Une recherche sur Google me permet de voir que Google Meet sera inclus à Gmail pour le grand public. Les deux gros sont donc à l’attaque de Zoom, la suite professionnelle de Google concurrençant déjà Teams. Et j’ai vu aussi l’ouverture d’un autre nouveau service de visioconférence. En fait, il va y en avoir plein pour le grand public. Deux mois de confinement et ça va nous révolutionner l’usage du téléphone…

A propos de Google et de ses applications web, à une époque, je m’y intéressais beaucoup étant un grand utilisateur de Gmail et de Blogger (sans compter Google, Google News, Google Analytics et j’en passe). Google Plus me fascinait autant que la guerre entre les mastodontes (les GAFAM sauf Amazone). J’utilisais peu Facebook mais les trois autres rythmaient ma vie : pour le boulot, Microsoft, pour la téléphone, Apple et pour les activités personnelles sur ordinateurs, Google. Je me rends compte maintenant que je suis largué côté Google et Facebook mais au top côté Microsoft. Vivement le déconfinement que je prenne une cuite avec Styven afin qu’il me remette à niveau.

Sinon, hier, j’ai fait la vaisselle. Il faut dire que les deux bacs de l’évier étaient pleins. En début de confinement, je la faisais au fur et à mesure et j’ai repris mes vieilles habitudes qui datent de l’époque où j’avais un lave-vaisselle : je mettais les machins à tremper où les rinçait puis faisait tourner la machine quand il y avait suffisamment de contenu… J’ai conservé cette habitude quand mon lave-vaisselle est tombé en panne (sauf que je mangeais très rarement à la maison).  Toujours est-il que j’ai eu beaucoup de mal à me débarrasser de la graisse ce qui ne m’était jamais arrivé. De cette opération, les verres, les outils pour faire la cuisine et les assiettes sont sorties comme neuves mais les couverts en inox avaient une gosse couche blanche (y compris sur les manches en plastic des couteaux) ce que je n’ai vu qu’aujourd’hui. Du calcaire, très certainement, mais pourquoi que sur les trucs en plastic et en inox ? Il a fallu que je les relave et que je les rince à l’eau coulant du robinet (et pas dans le deuxième bac) pour en venir à bout.

On est peu de chose, quand même, et vous noterez que je suis sans doute le seul blogueur politique au monde à parler de ça dans ses billets. Je vais quand même regarder les blogs vaisselle pour savoir ce qu’ils proposent.

Il est temps de revenir à la politique et à l’actualité, d’ailleurs, même si cela n’intéresse ni mes lecteurs habituels ni moi. Tout d’abord, la déchèterie de Loudéac rouvre au grand public le 6 mai. Il y a quand même des décisions débiles qui sont prises. Je ne parle pas de la municipalité (ou de la communauté de communes, LCBC) qui n’ont fait que prendre acte de l’interdiction d’aller déposer des ordures. Pourtant, d’autres patelins les avaient ouvertes avant (au grand public, il est évident que les professionnels en avaient besoin, notamment pour vider les camions benne…). Que pouvaient faire les particuliers confinés, notamment dans une maison, à part ranger, trier les caves et grenier, jardiner ? Quel risque y a-t-il, pour les autres ou pour soi, à remplir sa voiture ou sa remorque de saloperies et à aller les porter à la déchetterie alors que la « distanciation » y est forcée par les faits ?

Je suppose qu’un tas de secteurs n’avaient pas besoin de confinement et, en réfléchissant un peu plus, on aurait évité une partie de la crise économique. Pour ma part, je bosse sur un plateau et allait en transport en commun : le confinement était naturel et il va durer (avec télétravail et masques pour les sorties). On me rétorquera que c’est facile à dire a posteriori mais il n’empêche que c’est la réalité et que je me demande pourquoi la femme de ménage de ma mère ne peut pas passer à la maison. Elle est, certes, inhabitée et donc peu sale mais la poussière s’entasse et les plantes vont crever faute d’arrosage. Elle est passée une fois pour éteindre la chaudière et va tous les quinze jours relever le courrier mais bénévolement parce qu’elle n’a que ça à faire, habite à côté et peut remplir l’attestation pour dire qu’elle s’occupe d’une personne dépendante mais on peut difficilement lui demander d’arroser les plantes ou de passer un coup d’aspirateur dans un cadre légal (elle est employée par une association que l’on paye et qui a fermé une partie de ses activités, dont le ménage). Donc on ne le fait pas. Elle ne prendrait pourtant aucun risque, ne croise personne et la maison n’a vu quelle depuis mon dernier passage là-bas, une semaine avant le confinement.

Des amateurs, ce gouvernement et cet appareil d’Etat.

Voilà un intéressant article qui montre quelles sont les modifications de la loi nécessaires pour appliquer le déconfinement présenté hier par Philippe (intéressant pour moi car ces sujets d’articulation entre la loi, les décrets et tout ça me passionnent ; je comprends néanmoins qu’on puisse s’en contrepignoler). Je me demande d’ailleurs si l’interdiction d’aller à plus de 100 km de chez soi est bien constitutionnelle… Les gens sont égaux en droit et tout ça, mais pourquoi un type de Bicêtre pourrait aller voir sa mère à Chartres et pas à Loudéac ? Cela étant, je ne vois pas l’intérêt d’avoir une mère à Chartres.

Des amateurs…

L’illustration de ce billet vient de là.

Un collègue père de famille vient d'envoyer le compte rendu d'une réunion de ce matin, il est 20h15. Il aurait pu attendre jusqu'à vendredi, comme d'habitude (vendredi étant férié, lundi aurait été acceptable). 

Les gens s'emmerdent vraiment pendant le confinement.

28 avril 2020

La Bretagne, me voilà ! J'ai mon motif impérieux mais néanmoins surprenant

Pays Centre Bretagne
Authentique photo du Centre Bretagne mais si ça fait plus de trente ans que
je n'ai pas vu ce barrage à une vingtaine de kilomètres de la maison.

Je dois reconnaître que l’interdiction d’Edouard Philippe de faire des déplacements de plus de cent kilomètres m’a foutu un coup au moral. Il faut un motif impérieux familial ou professionnel. Objectivement, je n’en ai pas. Ma mère est en pleine forme et elle a deux enfants à moins de cent kilomètres.

J’aurais néanmoins pu tenter le coup ! Les deux enfants en question ne peuvent pas habiter à Loudéac pour des raisons familiales et professionnelles et ma mère aurait besoin de quelqu’un pour faire sa lessive, lui préparer sa déclaration de revenus, faire des compléments de courses,… Et son âge justifie qu’elle puisse voir tous ses enfants, c’est aussi une question de santé.

Puis le vieux m’a appelé pour me dire que je risquais, au pire une amende de 135 euros ce qui n’est pas non plus la mer à boire vu ce que j’économise depuis la fermeture des bistros… Mais, moralement, ça me gêne d’être dans l’illégalité. Je suis comme ça.

C’est alors que j’ai pensé à un détail. Mon contrat de travail ne me permet de faire du télétravail que de chez ma mère pour des questions d’assurance mais aussi d’un engagement que j’ai signé comme quoi patati patata j’ai les conditions satisfaisantes, une pièce dédiée au travail et tout ça.

Le fait d’avoir des meilleures conditions là-bas qu’ici est une évidence. A la limite, j’ai un blog où je le démontre. Je n’ai pas de wifi, pas de bureau, pas de prise de courant me permettant de travailler longuement sur ordinateur. Tiens ! Je n’ai pas de fauteuil de bureau. Savez-vous qu’il est impossible de rester à assis à une chaise en bois de séjour plus de deux heures sans avoir mal au cul ?

J’ai un motif impérieux professionnel.

Mon horizon s’était assombri à 16 heures quand j’ai consulté les actualités et vu les propos de Philippe. Trois heures plus tard, je me revoyais en Bretagne, buvant des coups avec les copains en terrasse (pas de bistro) en respectant la distanciation sociale…

Les gars, si vous voulez passer une soirée à la maison, prenez vos affaires de couchage, je ne tiens pas à faire des lits.

#confiné jour 43 - mon évolution en six semaines


TRUITE : tout connaître sur ce poisson, choisir sa truite, la ...En ce quarante-troisième jour de confinement, je repense à ma publication d’hier soir où je résumais mes billets de confiné pour tenter de voir l’évolution de mon état d’esprit du côté de mon confinement personnel et de ma vision de la politique en cette période. L’objectif n’est pas atteint, sans doute parce que j’en dis plus dans Facebook que dans mon blog. Alors, je vais recommencer mais de mémoire.

Pour l’aspect personnel, il y a eu une courte période (deux ou trois jours) où j’étais perdu : persuadé d’être malade, ne trouvant plus le sommeil, n’ayant plus d’appétit,… On l’expliquera assez facilement par une forme de stress ou d’angoisse mais je n’en avais pas conscience. Ensuite, pendant trois ou quatre jours, j’ai pris les dispositions pour me remettre, refaisant la cuisine, commençant un grand ménage chez moi (je n’ai jamais continué),… Il y avait l’emmerdement du formulaire à recopier à la main, mon appartement qui n’est pas adapté au télétravail. Après, pendant quatre semaines, la routine s’est installée, je me suis habitué, le formulaire électronique est arrivé… J’ai continué à faire la cuisine mais j’ai commencé à prendre de plus en plus de plats préparés (faire la cuisine pour une personne tout en variant les menus est particulière chiant). Et il y a eu une dernière phase, sans doute depuis le début de la semaine dernière mais je ne m’en suis rendu compte qu’il y a quelques jours : je me fous du virus, la routine est tellement installée que je procède par réflexe. Allez hop, le formulaire, le jean, la veste, le tour chez Leclerc pour acheter de quoi faire quatre ou cinq repas, retour à la maison, lavage de main. Cette dernière phase est sans doute explicable par l’habitude mais il y a deux volets nouveaux : on voit le bout du confinement et je commence à faire des visios avec des potes alors que je n’y pensais pas avant.

J’ai l’impression que mes billets politiques sont plus poussés qu’avant pendant cette dernière semaine, un peu comme j’aimais bien les faire quand j’étais encore un blogueur forcené.

Truite fario : taille, description, biotope, habitat, reproduction
Pour ce qui concerne le volet politique, en relisant mes billets, je me suis rendu compte que dès le début, je ne croyais pas à l’efficacité du confinement pour tuer le covid (ce qui ne veut pas dire que je ne comprenais pas ça nécessité et j’ai respecté le jeu, considérant que les gens qui déterminent la stratégie sont plus compétents que moi). La réticence contre le professeur Raoult m’a également très vite énervé car elle était extrêmement caricaturale.

Au début, j’avais une assez grande confiance dans ce gouvernement pour la gestion de cette crise mais elle s’est rapidement émoussée tant les contradictions entre les propos des ministres est très forte. J’ai gardé confiance en Macron jusqu’à il y a une dizaine de jours. Je crois que j’en ai encore pour Philippe et Véran. Ça va peut-être changer avec la présentation du plan de déconfinement cette après-midi… De toute manière, on n’a pas d’autre choix que de suivre les consignes. Alors la confiance, hein !

Pour le boulot, ma vie est rythmée par des réunions. En dehors des réunions, je ne fais pas grand-chose d’une part parce que ma boîte nous a forcé à prendre des congés (je les ai « globalisées » jusqu’au 11 mai : il n’y a pas une demi-journée où je ne bosse pas mais, souvent, je ne fais rien entre 11 et 16 heures) et, d’autre part, je ne suis pas en totale harmonie avec les collègues et client sur la manière de gérer les dossiers. Je peux faire tout en même temps et au fil de l’eau tout en laissant en plan un sujet qui ne va pas…

Truite fario - Fédération de Pêche de l'AllierJe ne peux pas en  parler plus et ce n’est pas l’objet du billet. La situation a évolué au cours de ces six semaines. Il y a bien sûr eu une première phase d’adaptation puis la vie a repris le dessus et les gens ont absolument voulu combler leurs retards ce qui ne sert à rien (je ne vais pas expliquer pourquoi mais je pourrais en faire un billet de trois pages…). J’en ai profité pour mettre au carré certains trucs, pour approfondir ma connaissance des outils de télétravail. Puis, il y a une quinzaine de jours, la situation est redevenue normale (ou presque…) et les collègues sont redevenus comme avant, méticuleux, sans recul sur ce qui est de leur responsabilité ou pas… On a encore eu un épisode, hier, au moment où je finissais mon billet, après 22 heures, où j’ai reçu un mail complètement à côté de la plaque (parce qu’en plus, les gens s’occupent de leurs mômes pendant le télétravail alors le soir, ils sont obligés de bosser).

L'évolution de mes sentiments va en conséquence : de la frénésie à la pure routine.



Revenons au covid. Un  copain a discuté dans Facebook un article avec des conseils pour laver les masques en tissus. Du coup, j’en ai cherché un autre dans Google. Les deux sont d’accord : il ne faut pas utiliser d’eau de Javel et il faut les laver avec sa lessive habituelle à 60 degrés. Pour le reste, les conseils sont contradictoires ce qui m’a fait rigoler.

27 avril 2020

Revenons sur six semaines de billets de confinements


Pinson des arbres - Fringilla coelebsLe confinement a six semaines. Chaque jour, je rédige un billet de blog. En sirotant mon apéritif, je me demandais comment il a pu évoluer.

Jour 1 – 17 mars

Rentrant à la maison après une dernière soirée à la bière pression (un bar tabac à côté du bureau ayant entendu que les tabacs pouvaient rester ouvert pensait qu’il pouvait encore vendre des consommation), je mets en place le journal en me demandant s’il tiendrait.

Jour 2

Je décris la mise en place du télétravail en parlant vaguement de mes découvertes sur Teams.

Jour 3

Le billet du jour prend sa forme actuelle où je parle un peu de tout alors que j’avais pour principe de traiter un sujet par billet dans ce blog. Je parle de ma journée de travail pénible vu que mon agenda était vide. J’y écris : « j’ai commencé à réaménager mon appartement pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Il reste du boulot ! » Je n’ai quasiment rien fait depuis à part trouver une lampe de chevet pour éclairer le séjour, le soir, je préfère ça à l’halogène, et déplacer une prise multiple avec une rallonge pour être peinard à bosser dans mon salon.

Jour 4

Je parlais de ma première sortie, du fait que mon organisme qui retrouvait ses esprits, de la faim qui revenait. A posteriori, je pense que j’ai eu une période de quelques jours d’angoisse ou de stress. A partir du 20 mars, donc, ça commençait à revenir.

Jour  5, le premier samedi

Tout d’abord, je constatais un retour des blogs et j’ai rouvert mon blog bistro. Je commence déjà à douter du jour d’après, du moins de ce qu’en disaient les internautes : « vous allez voir, c’est génial, cette crise va nous permettre de changer de modèle de société » et tout ça. Tu parles ! Je commence à parler de ma vie personnelle et me rends compte que je n’ai pas fait la cuisine chez moi depuis plus de 12 ans. J’avais perdu ma passoire alors qu’elle se trouvait dans le tiroir où elle était depuis que j’ai aménagé la cuisine en 2000.

Jour 6

J’ai décidé de commencé à décrire précisément mes journées me promettant de le faire tous les jours. J’ai pris des notes dès le matin. Ca fut la dernière journée.

Jour 7, le 23 mars

Je fais le premier billet de blog « hors confinement » depuis le début de la période. J’y exprime mes forts doutes sur le jour d’après dont je parlais plus haut.

Dans le billet confiné, j’évoque les conditions de travail dans les supermarchés après avoir fait mes courses, le boulot, de la routine qui s’installe… Et le manque de motivation pour faire ma toilette, le matin, alors que je ne verrai personne de la journée ce qui ne m’a pas empêché d’aller faire des courses. Vous connaissez l’adresse d’un psy ?

Jour 8

Divers propos… Je commence à me prononcer contre les oppositions aux solutions du Professeur Raoult.

Jour 9

Je fais deux billets « non confinés », le premier sans intérêt, le second avec un tutoriel pour Microsoft Teams (que j’ai transmis aux collègues également).

Côté  billet de confiné, je parle des habitudes prises et surtout de l’urgence de sortir du confinement qui ne mène pas à grand-chose (je précise : je parle de l’urgence, pas de la nécessité d’en sortir immédiatement). Je suis revenu sur le sujet par la suite.

Jour 10

Billet pas inintéressant mais sans trucs précis à part mes problèmes de poivre.

Jour 11

Je commence par parler boulot car j’ai un client qui nous a demander de l’aider à satisfaire les besoins des siens dans le cadre de la distribution des aides sociales. C’est la première fois depuis 14 ans que je parle vraiment de mon job, ici.

Jour 12 – un samedi

Billet court pour dire qu’on a fait le premier visiokdb. J’y écris néanmoins ceci : « Il parait qu’Edouard Philippe a fait une conférence de presse et qu’il a dit que les 15 prochains jours seraient plus durs que les 15 derniers. » Notre premier ministre raconte n’importe quoi.

Jour 13

Pour la première fois, je mets franchement en cause les informations officielles. Et toujours mon doute pour « le jour d’après ».

Pendant la nuit, on a changé d’heure. Comme si un confiné pouvait s’intéresser à ces conneries.

Pour la première fois, je ne préfixe plus mon billet par #journaldeconfinement. Depuis, je me contente de « #Confiné ».

Jour 14

RAS à part le premier « visioafterwork » avec les collègues (moment que j’apprécie).

Jour 15

J’y raconte une journée de travail normal : je n’ai rien à mon agenda mais j’ai une idée ce qui fait que je bosse comme un fou. Et un pic contre les types de gauche qui parlent « du jour d’après ».

Jour 16

J’y parle des réseaux sociaux et des blogs, compare les machins…

Jour 17

Long billet de rien. J’y parle néanmoins de la rumeur de la mort de l’ancien maire de Loudéac.

Jour 18

Je raconte ma première (et seule) longue sortie pour chercher un truc précis. Tous les commerces étaient fermés ce qui fait que je me suis tapé 2,5 km. Pour la deuxième fois, j’exprime mes doutes sur l’intérêt du confinement pour l’éradication de ce virus.

Entre nous, je pense que l’avenir montrera que j’avais raison. Le confinement a été utile pour ne pas surcharger les hôpitaux et sauver des gens, pour attendre les masques, les médicaments… Mais que côté Covid, il n’aura pas eu d’effet.

Jour 19, un samedi

Mon premier rendez-vous téléphonique avec une copine connue dans les réseaux sociaux. Ma première discussion avec un voisin. Le port du masque passe du statut « inutile » à celui de « fortement recommandé ».

Jour 20

Je commence à évoquer les erreurs de communications du gouvernement. Je finis mon billet en parlant d’échalotes confites. Je me demande s’il y a un lien.

Jour 21

RAS. A part une phrase : « Il n’y a pas de fonction de sécurité : c’est simplement un formulaire « codé » pour être lu plus facilement par les forces de l’ordre. C’est très bien. Ils auraient pu le faire avant (contrairement à ce que j’ai dit) mais, si on en croit le ministre, il fallait d’abord que cette notion de formulaire rentre dans les mœurs. »

Jour 22

RAS.

Jour 23

J’y évoque des souvenirs de fermetures de bistros (c’est à partir de ce moment que bon blog bistro a vraiment redémarré dans sa fonction première).

Jour 24

Je continue les histoires de bistro. Donc RAS.

Jour 25

J’ai rencontré plein de gens mais RAS côté confinage.

J’ai fait un deuxième billet où je commence à évoquer le déconfinement avec une vision plutôt optimiste.

Jour 26

Je commence à m’énerver contre certains qui interprètent mes billets de blogs : je ne suis ni scientifique, ni politicien, ni devin, je me contente d’émettre des hypothèses.

Jour 27

J’ai commencé par un billet non confiné pour dire à quel point étaient cons les gens qui disaient qu’il fallait bosser plus pour sortir de la crise économique issue de la crise sanitaire.

Dans le billet confiné, j’y parle du KdB de la veille et d’un ressenti que j’ai eu, celui d’une différence de perception du confinement ne zone rurale et en ville. Pour résumé, à Paris, on sait pourquoi on est confiné : on ne va pas s’entasser avec d’autres connards dans le métro. A la campagne, ils se demandent.

Surtout, c’est mon premier billet comme « moi dans le temps » : je prépare le discours de Macron, le lendemain.

Jour 28

RAS. Macron doit faire un discours le soir. 

Jour 29

Je parle donc du discours de Macron et estime que ceux qui le critiquent sont des imbéciles. On sait après que ce discours était critiquable vu que rien n’a été respecté sauf, peut-être, la date de déconfinement, mais les propos des opposants, à l’époque, étaient profondément ridicules.

« Les gens disent que le discours a été nul. Pour ma part, je pense qu’il a été bon. Je n’ai plus la moindre confiance en ce président et dans son équipe mais le discours a été bon, laissant enfin entrevoir un avenir. Les internautes militants politiques s’imaginent que Macron s’adresse à eux alors qu’il s’adresse aux citoyens. Ils le jugent dans un sens uniquement à charge, sans le moindre recul. »

Dans mon billet confiné (troisième billet de la journée), je décris longuement ma journée de travail mais, côté confinage, je parle à nouveau de Raoult qui aurait les preuves que son traitement est bon.

Jour 30

Mon premier billet était hors de la série #confiné. Je reviens longuement sur le discours du Président. Nouvel extrait : « J’ai vu des gens gueuler, hier soir, parce que Macron n’avait pas annoncé la suppression de la réforme des retraites. Mais quel rapport avec le coronavirus ? Le réforme des retraites – peut-être inique – en est-elle la cause ? »

Mon billet confiné est optimiste.

Jour 31

Je raconte une dizaine d’anecdotes de ma vie de confiné.

Jour 32

Un premier billet me permet de raconter ma découverte du jour, pour les visioconférences : jitsi.
Dans le billet confiné, je critique longuement l’attestation et dis du bien des outils collaboratifs pour le télétravail.

Jour 33

RAS.

Jour 34

Je diffuse « en direct » mon avis sur la conférence de presse de Philippe. Je dis qu’il a été bon ce qui a été contredit par mes contacts sur Facebook. A posteriori, je maintiens ma position. Avec ses deux compères, il a expliqué longuement, trop longuement, la situation et n’a fait aucune annonce qu’il ne pouvait tenir. Forcément, ça ne va pas aux types qui ne pensent qu’à le casser et auraient espéré qu’il annonce la mort du virus le 10 mai à 20 heures tapantes.

Jour 35, un lundi.

RAS. J’explique pourquoi je commence à apprécier le confinement.

Jour 36

Pas grand-chose à signaler mais : « je suis effaré par l’amateurisme de ce gouvernement en terme de communication. Aujourd’hui, c’est Blanquer qui fait la une. Il a raconté des choses incohérentes avec les propos de Philippe avant-hier. Il faut qu’ils apprennent à la fermer. Philippe nous a annoncé une communication dans quinze jours. D’ici là, que le ministre travaille avec les spécialistes, les partenaires,… et arrête de nous pondre des trucs qui seront faux. S’il veut causer, il peut évoquer des hypothèses mais doit être très prudent. C’est la crédibilité du gouvernement qui est en jeu. »

C’est le premier « billet confiné » que je publie en journée et pas le soir (il y au tas d’explications, disons que ça va occuper ma pause déjeuner alors que le soir, j’ai souvent d’autres conneries à raconter).

Jour 37

RAS (à part mes problèmes techniques pour le boulot qui accaparent mon temps).

Jour 38, le 23 avril, mon anniversaire

Je critique la démarche annoncée (mais démentie ensuite) du gouvernement quant au déconfinage et « démontre » qu’ils sont les seuls fautifs pour l’absence de masques.

Jour 39

Je reviens essentiellement sur la communication désastreuse du gouvernement.

Le soir, je fais un deuxième billet où j’esquisse des pistes pour sortir de la crise.

Jour 40

Je fais un premier billet pour rigole pour montrer les bienfais du confinement.

Le billet confiné est consacré aux bistros et aux inepties des représentants du secteur.

Jour 41

Un vrai billet politique sur l’avenir de la gauche (la mienne) et ce qu’il faudrait faire pour en sortir. Comme je le disais plus haut, un vrai billet comme dans le temps.

Jour 42, ah ben c’est aujourd’hui, je ne savais pas si j’allais tenir.

De la politique politicienne comme j’aime à propos de l’intervention de Philppe devant l’Assemblée, demain.

Un deuxième billet, non confiné, avec le récapitulatif des six semaines. Vous y êtes. J’ai dû boire plusieurs Ricard pendant la rédaction de ce billet, sans doute le plus long de l’histoire de ce blog.

Le billet récapitulatif des deux dernières semaines sera plus court.

#confiné jour 42 - voyage virtuel en Bretagne et politique politicienne


Immobilier à LOUDEACEn ce quarante-deuxième jour de confinement (six semaines…), je me rappelle d’une réflexion que j’ai eue hier en me demandant si nous allions garder le réflexe de remplir un formulaire avant de sortir après le 11 mai. A 11h20, j’étais en train de m’habiller dans ma chambre quand j’ai reçu un coup de fil. Je suis venu avec mes chaussettes dans la main pour répondre sur mon téléphone pressionnel et tout en discutant, machinalement, j’ai rempli l’attestation avec l’autre et j’ai mis mes chaussettes. Arrivé dans le Leclerc, je ne me souvenais plus si je l’avais fait…

Photo à Loudéac (22600) : Le Village - Loudéac, 356325 Communes.comCe week-end, pour la première fois, j’ai pensé à faire des visios avec des potes en Bretagne. Cela fait du bien. Depuis que je bosse à Paris (octobre 1987), je n’ai jamais passé plus quatre semaines sans mettre les pieds au bled (et à chaque fois que c’est arrivé, c’est une erreur de ma part ou une réunion que je suis obligé d’accepté). J’ai eu une première visio avec des copains d’enfance (peu, le créneau était mal choisi) puis avec les patrons du bistro puis avec l’ancien patron. Au total, ça a duré près de deux heures. On ne se téléphone quasiment jamais (seulement quand ce qu’on a à dire est trop long pour être envoyé par SMS). En les voyant sur mon écran, je me suis senti avec eux, c’est évident, mais aussi sur place.


Côté Covid, l’information d’hier était que Philippe va présenter son plan de déconfinement à l’Assemblée demain et qu’il y aurait un vote. J’ai demandé dans Facebook à quoi servirait ce vote mais je n’ai eu aucune réponse entièrement satisfaisante. Ce n’est pas un texte de politique générale et le gouvernement ne va pas engager sa responsabilité, il n’y aura donc pas de motion de censure. Les députés vont voter pour en grande majorité (Mélenchon a annoncé que LFI voterait contre et je n’ai pas lu les commentaires des autres) car ils seraient montrés du doigt si le déconfinement était retardé à cause d’un vote idiot et inutile. La conséquence d’un vote contre est que Philippe ne pourrait pas rester en place mais ça ne me parait pas le bon moment pour faire un remaniement.

Le vote est inutile. Ce n’est pas un texte de loi comme ce qui a été fait vers le 20 mars pour permettre la mise en place de l’état d’urgence sanitaire pour permettre au gouvernement de légiférer par ordonnance dans ce cadre et, depuis, pour faire voter des lois de finance rectificatives pour débloquer le pognon. L’argumentation de Mélenchon ne tient pas : il n’a pas besoin de temps pour travailler sur le texte, ce n’est pas ce dernier qui est soumis au vote mais le plan global et ce n’est pas un projet de loi qu’il faudrait amender.

LOUDEACLe vote est inutile. Philippe aurait pu nous annoncer les mesures à la télé sans se préoccuper de l’Assemblée. Il a été mis en place par un Président élu au suffrage universel qui a également nommé le gouvernement, le tout ayant été validé par les députés, également élus au suffrage universel. Ils ont la légitimité pour prendre tous seuls les décisions qui s’imposent en cas d’urgence et, pour chacun des éléments, ce n’est pas le rôle du Parlement tant qu’il n’y a pas à légiférer

Ce vote est inutile. C’est probablement un coup politique de Philippe. Il y a trois ans, il était totalement inconnu et s’affirme de plus en plus comme le patron. La presse nous dit qu’il y a des conflits entre Macron et lui…

Je disais que ce n’était pas le moment de faire un remaniement, avec, en sous-entendu, un changement de premier ministre, parce qu’on ne change pas le capitaine et ses principaux lieutenants pendant la tempête. Mais, si nous n’étions pas en crise, il y aurait probablement eu ce remaniement pour différentes raisons.

La première : nous sommes à trois ans de mandat, Macron doit bien penser à la prochaine élection. Des candidats sérieux commencent à poindre du nez, à droite, comme Bertrand, et ils pourraient bien lui faire de l’ombre. Par contre, dans la gauche modérée, il n’y a personne sauf peut-être, comme je le disais hier, Montebourg qui se prépare, mais aussi Cazeneuve que j’avais oublié et qui doit continuer à travailler ses dossiers avant de faire quelques déclarations… Macron aurait peut-être intérêt à nommer un premier ministre de gauche (allez, au pif : Le Drian) tout en gardant des ministres de droite comme Le Maire… Cela lui permettrait peut-être de récupérer son électorat de 2017 en partie voire d’empiéter sur celui des autres à gauche, notamment Mélenchon, vu qu’il est probable que les électeurs soient fatigués de ses moulinets.

La deuxième : les élections municipales auraient probablement été un fiasco pour LREM. Excellente raison pour changer le cap.

La troisième : la seule réussite notable de ce parti aurait sans doute été la conquête du Havre par Philippe. Excellente raison pour lui de partir…

Les modalités de la poursuite des municipales ont des impacts imprévus. Je ne suis pas devin mais je les verrais bien en juin (sauf si les députés votent contre le discours de Philippe) et le premier ministre sera remplacé à cette occasion par un type de gauche.

Tant qu’à faire des supposions idiotes, disons qu’on aura en tête du premier tour de la présidentielle : Le Pen, Macron, Bertrand et Montebourg, les trois derniers dans un mouchoir de poche. On verra ça à l’autopsie…


Gare de Loudéac — WikipédiaPour en revenir à ce vote, il y a également en jeu l’application pour smartphone. Je ne sais pas si c’est ici que j’en ai parlé ou dans Facebook mais elle non plus n’est pas du ressort du Parlement. La loi existe déjà et c’est à la CNIL de décider de la conformité. Les gens se font un monde pour rien et feraient mieux de réfléchir à l’après confinement quand il faudra tracer chaque cas. Il faudra des dizaines de milliers d’enquêteurs et un gadget respectant l’anonymat et la protection des données pourrait bien les aider (voir cette tribune dans Libération).  

Dans l’actualité, on a aussi le relâchement qui inquiète à Paris, un record de hausse du chômage, la vente de masque qui est autorisée dès aujourd’hui dans les pharmacies (j’ai oublié en faisant mes courses),…


Et pour la première fois depuis le confinement, j’ai mangé une entrée ! Un œuf en gelée. Même hors confinement, je ne mange jamais d’entrée quand je suis chez moi (sauf en Bretagne). Mon Leclerc, en six semaines, semble avoir changé son approvisionnement : il est beaucoup plus adaptés aux célibataires en télétravail. Par contre, le stock d’apéro diminue dangereusement, notamment le Ricard.

Un rapport entre les deux ?

26 avril 2020

#confinés jour 41 - faire revivre notre gauche


Diaporama vieilles voitures années 1960 - YouTubeEn ce quarante-et-unième jour de confinement, je vais commencer par tenter de résumer une partie des propos tenus lors de notre apéro de blogueurs hier soir tout en y mettant mon grain de sel au sujet de l’avenir « politique » de la France. Les questions centrales tournaient autour de trois thèmes : « le clivage droite gauche existe-t-il toujours ? » ; « comment faire triompher nos idées ? » (nous étions tous d’une gauche, disons, modérée) et « quelles politiques seront opposées au second tour de 2022 ? ».

Electoralement, Macron a tué le clivage en question. Il l’a fait habilement en se positionnant au centre gauche tout en disant qu’il n’était ni de droite ni de gauche. Il a eu une part de chance en bénéficiant des erreurs des anciens deux grands partis de gouvernement mais aussi des casseroles de Fillon.

C’est assez facile d’expliquer les victoires électorales par la chance et les erreurs des autres puisque c’est presque toujours le cas mais il y a un fait nouveau : ces deux partis n’ont pas réussi à se refaire une santé depuis la dernière présidentielle et c’est une conséquence de ces erreurs. Mais ce n’est pas l’objet de ce billet. Je me fous de LR et, des échos que j’en ai, le PS n’écoute plus les militants et est devenu une structure verticale avec des ordres qui partent d’en haut, d’un conseil national dans une bulle, même s’ils n’ont aucun sens. Force est de constater que l’électorat cumulé des deux partis représentaient plus de 50% des électeurs il y a une dizaine d’années et que l’on doit être aux alentours de 15 actuellement.

Les vieilles voitures s'exposent et se baladent à Nogent-le-Rotrou ...Une des erreurs du PS fut d’entrer en opposition totale avec LREM alors qu’une majorité des électeurs de Macron au premier tour était issu de son propre électorat. On me dira que ce n’était pas une erreur et on argumentera mais le résultat est là. Le PS a été incapable de trouver un candidat pour les européennes et si les municipales n’ont pas été un échec c’est, outre le fait qu’elles ne soient pas terminées, grâce à la personnalité de certains maires sortant et sûrement pas de l’échelon national. Aucune personnalité de se distingue pour 2022.

Je m’écarte de l’objet de mon billet. Répondons tout de suite à une question posée. Le clivage droite-gauche existe-t-il toujours ? La réponse est « oui », dans nos cœurs voire notre façon de penser, mais il ne pèse plus dans les urnes et il est submergé par un tas d’autres clivages qui rendent beaucoup de positions illisibles. Souverainiste ou européiste ? Républicain ou communautariste ? Populiste ou progressiste ? Libéral ou étatiste ? Vous pouvez compléter.

Ce qui nous amène à traduire une autre des trois questions : « quelle force politique sera opposée à une extrême droite au second tour de 2022 ? ». La dernière question devient donc : « comment faire pour que nos idées y soient ? » Elle est évidente, cruciale, tous les partis se la posent mais depuis 45 ans, le PS ne le fait plus. En 2002, il était sûr de lui. En 2017, il était sûr de ne pas y être.

RASSEMBLEMENT DE VIEILLES VOITURES: 23 juin à SEES. - Le blog de ...Certains participants à notre apéro d’hier avaient des avis qui tournent autour de l’écologie et du progressisme. Pourquoi pas ? Tout d’abord, le progressisme, en matière sociétale, on imagine ce que cela peut être. En matière économique, je ne sais pas. L’écologie, sûrement, mais de manière pragmatique. Un grand aéroport dans l’ouest, c’est mal. C’est quand même mieux que 14 aéroports dans une région. Le nucléaire, c’est mal. C’est quand-même mieux que le pétrole et encore (peut-être pas pour toujours) plus efficace que le renouvelable.

Il reste les quatre questions que je posais : « Souverainiste ou européiste ? Républicain ou communautariste ? Populiste ou progressiste ? Libéral ou étatiste ? » Il ne s’agit pas franchement d’y répondre mais de se positionner en fonction des clivages qu’ils représentent. Les sujets sont ardus. Par exemple, la gauche tape souvent sur le libéralisme mais c’est une erreur profonde : qui va foutre à la poubelle la liberté d’entreprendre ? Qui va nationaliser toutes les boîtes ? Mais qui va penser que l’Etat ne doit pas intervenir dans l’économie ?

Qui sont les "Youngtimers", ces nostalgiques fans de vieilles ...Enfin, il faut bien penser à ce qu’est la gauche parce le cœur de l’électorat y est. Il ne veut pas qu’on l’oublie… Mais il ne faut pas une gauche idéologique mais une gauche pragmatique. Prenons la réforme des retraites. J’ai fini par me ranger contre car il devenait de plus en plus évidemment qu’on allait être arnaqués… Néanmoins, l’idée d’un organisme géré par l’Etat et auquel on cotise et qui reverse de l’argent à ceux qui ne peuvent plus travailler, à partir d’un âge raisonnable, disons 62 ans, en fonction de ce qu’ils ont eux-mêmes cotisé avec néanmoins un minimum tout en prenant en compte les modifications de la société, de la structure du travail… n’est pas idiot. C’est un régime unique et universel de retraite par points. C’est très gauchiste, on ne défend plus des intérêts particuliers ou celui de caisses de retraite, de corporatismes… C’est ballot. L’opposition systématique n’est jamais bénéfique…

Voila ma réponse aux questions d’hier soir mais il reste deux points à aborder. Le premier tourne autour de la conséquence de la crise sanitaire. Je suis persuadé qu’ii y en aura très peu au niveau électoral mais qu’elle est probablement une chance pour les idées écologistes et que le type qui fera campagne pour continuer à importer des masques de Chine parce qu’ils sont moins chers ne risque pas d’être élu… Elle est aussi la démonstration de la nécessité de l’Etat d’intervenir à certains niveaux de l’économie (tout comme la crise de 2008, mais l’argumentation a vite été oubliée).

Le dernier, sans doute le plus important, malheureusement, est qu’li faut un type ou une gonzesse pour porter tout cela, une personne connue du grand public, quelqu’un qui saura faire de la politique autrement sans se baser sur la verticalité d’un PS moribond avec un mode de fonctionnement complètement archaïque. Et avec la dose de populisme nécessaire sans l’opposer au progressisme.

Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 ...Chez LR, ils ont des candidats potentiels mais à gauche, c’est le calme plat.  A la limite, il y aurait Montebourg qui répond à certains critères mais beaucoup ne peuvent pas le blairer, dont moi, mais s’il se déclarait, il aurait probablement mon soutien, par défaut.  On sent Royal dans les startingblocks. Il faut que le PS et ses alliés naturels se dépêchent de trouver une stratégie, un enrobage de projet et la personne idéal, pas nécessairement au PS, pas dans une logique en cohérence avec les appareils des partis. La question n’est à ce jour pas de savoir si on va remplacer des vibromasseurs au gazole par les godemichets électriques mais de savoir quelle vision globale de la société on va présenter et qui sera aux manettes.

Au boulot !


Quant à moi, j’oubliais que je n’étais pas dans un billet politique mais dans mon journal de confinement. « Pour les masques en revanche, nothing as usual. Enfin presque, on apprend qu’après quatre mois de retard, et avoir verbalisé un million de français [….] (ce qui représente […] 1,2 Milliard de masques), la fameuse de livraison de masques par l’état sera en fait une vente de masques ...en provenance de Chine donc. » Vous pouvez prendre des nouvelles du gouvernement chez Seb Musset.

Pour le reste, j’ai fait une visio avec des copains de Bretagne, hier soir, et une autre ce matin avec les patrons du 1880 puis les vieux du même bar. C’est rigolo que je ne pense à faire des visios avec les potes qu’au bout de six semaines de confinement alors que j'en fais tous les jours pour le boulot...