En salle

02 février 2026

Gauche 2027 : la primaire ou le malentendu ?

 


Il y a une dizaine de jours, un certain nombre de partis de gauche, incluant les socialos et les écolos, ont annoncé la date pour leur primaire en vue de la présidentielle de 2027. Ma réaction a été très négative, du genre : « c’est quoi cette bande de loosers ? » Je voulais en faire un billet de blog mais je n’ai pas trouvé les mots, tout simplement parce que je n’ai pas grand-chose de mieux à proposer. Cela me hante tellement que je n’ai d’ailleurs fait aucun billet depuis.

Récapitulons tout de même. La gauche « non radicale » peu très bien gagné sur un malentendu. Disons que l’on pourrait très bien avoir trois ou quatre candidats de la droite ou du centre (par exemple : Philippe, Villepin et Retailleau) qui se feraient concurrence. Un candidat du centre gauche pourrait se glisser devant et affronter Le Pen ou Bardella au second tour, aucun des deux n’arrivant à prouver qu’il n’est pas totalement incompétent. Et hop ! Voila 50,01% pour Glucksmann (en oui, c’est à lui que vous avez pensé en me lisant, non ?).

Un malentendu ! Admettez que ce n’est tout de même pas très bandant, surtout si on tient un blog politique de centre-gauche qui parle de bière, de nichons et de bites.

 

En d’autres termes, on est beaucoup dans cette « mouvance politique » à attendre l’homme ou la femme providentielle, celui qui part de très loin à 18 mois du scrutin mais finira par émerger, à l’image d’un Hollande fin 2010 ou d’un macron fin 2015 ! On pense évidemment au retour d’Hollande, puisque la plupart des commentateurs le voient rêver, on pense à Glucksmann, seul type du centre-gauche à ne pas afficher des sondages ridicules, on pense à Cazeneuve, qui doit bien bosser dans son coin pour nous préparer quelque chose (je suis abonné à sa newsletter, je vois bien que ça turbine !).

Les braves gens de la gauche radicale pourraient nous dire qu’on ferait mieux de penser à Mélenchon mais on ne le voit pas gagner un second tour. LFI s’est fait beaucoup de mal et a réussi à se faire plus détester que l’ensemble des autres partis. Ils pourraient changer, il reste du temps ! Mélenchon avait changé, d’ailleurs, mais, la semaine dernière, il a recommencé à parler d’islamophobie. Il faudra bien que le vieux se foute dans le crâne que si je ne trouve pas normal que des fillettes de 6 ans portent le voile, ce n'est pas parce que je suis un facho et que tous les Français sont admiratifs des Iraniens qui luttent contre les mollahs…

Les militants LFI se rendent ridicule auprès de beaucoup d’électeurs à l’occasion des municipales. En résumé, ils veulent la gratuité pour tout sans avoir le moindre financement (faut-il leur rappeler que ce n’est pas du ressort des communes de taxer les riches ?). Ils racontent n’importe quoi. L’autre jour, dans ma commune, le numéro deux de la liste menée par LFI disait qu’ils voulaient déplacer le marché forain parce que les commerçant de l’actuel marché avaient augmenté les prix car ils avaient moins de clients… Le gars qui n’a rien compris à l’offre et la demande…

 

En fin de semaine dernière, l’ami Valerio Motta a fait un billet pour montrer l’importance des primaires, les différences entre la présidentielle et les autres scrutins. Son texte est long et je ne peux pas le résumer. Il part d’exemples, de Chirac en 1995, qui a réussi, évidemment sans primaire, à battre Balladur parce que l’appareil de son parti était derrière lui jusqu’à des faits plus récents. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit, peu importe, mais il amène un éclairage intéressant sur différents phénomènes.

Prenez 2017 ! On est « tous d’accord » sur le fait que Macron a profité de la chute du PS et des casseroles du candidat de l’UMP mais, si on regarde plus précisément, le score de Fillon est très bon, supérieur à 20%, alors qu’on le disait grillé par ses costumes et Pénélope ! En fait, avec ses affaires, il a peut-être perdu 5 ou 6 points mais son niveau était exceptionnel (légèrement inférieur de celui de Chirac en 1995, par exemple). Cela aurait-il été possible sans un parti fort (et riche…) et sans la légitimité fourni par la primaire ?

 

Est-ce qu’un Olivier Faure, gagnant un primaire en octobre prochain, fort de sa position de l’homme qui a permis le consensus sur le budget pour éviter le naufrage de notre pays, soutenu par un PS qui reste costaud mais aussi d’autres formations politiques, comme les Ecologistes et les militants gravitant autour de Corbière, de Ruffin, d’Autain, bref, une gauche unie, n’aurait-il pas une chance de l’emporter en mai 2017 ? Et, au fond, qu’est-ce qui empêche Glucksmann, Hollande ou Cazeneuve de jouer le jeu ?

Au fond, on nous a cassé les burnes, à juste titre, avec une gauche sans LFI. N’est-il pas temps de jouer cette carte jusqu’au bout ? De laisser tomber une rêvée social-démocratie dont la victoire ne pourrait venir que d’un… malentendu ? De capitaliser sur l’existence de cette gauche du compromis dont on verra aujourd’hui, je crois, si elle est une réussite ?

 

Je n’ai pas fini de me poser des questions, moi… Sans compter que je n’ai pas souhaité l’anniversaire de Captain Haka. Et qu'en lisant mon billet, des zozos de la droite "républicaine" pourraient se dire qu'il leur faut une primaire et qu'ils pourraient gagner.

6 commentaires:

  1. Très bonne question : "qu’est-ce qui empêche Glucksmann, Hollande ou Cazeneuve de jouer le jeu ?" surtout Glucksman bien testé par les sondeurs et pour qui je pourrai voter, si Attal n'est pas candidat (c'est dire que je ne sais plus où j'en suis). Et le lien entre les sondages au moment des primaires et le premier tour : c'est la campagne , Valerio explique tout ça très bien dans son long billet et oublie de rappeler que son candidat avait fait un peu plus que 6% finalement sans doute + par porosité avec Merluchon qui l'a aspiré violemment . Et que faire si la primaire fait gagner Ruffin ! un ex-melenchoniste ? il est actuellement le plus populaire à gauche (lire là https://www.ifop.com/article/tableau-de-bord-des-personnalites-janvier-2026/) devant tout les autres? logiquement c'est lui qui doit sortir de la primaire.

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    1. On ne sait pas qui pourrait sortir de la primaire... Glucksmann est probablement au maximum.

      Et Valerio parle assez bien d'Hamon : la primaire fut merdique, le candidat mauvais (il ne le dit pas) et a subi le sort logique : le candidat de gauche avec le plus de chance a reçu un maximum de voix car ça ne servait à rien de voter pour Hamon.

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    2. pour l'instant Glucksman a dit qu'il n'irait pas dans cette primaire.

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    3. Je sais. Mais s’il n’y va pas et que le PS y va, il ne bénéficiera pas de son pognon, de la force de ses meetings…

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  2. Je comprends mieux ce silence depuis quelques temps.

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    1. J’ai menti : ce n’est pas la seule raison. En fait, l’actualité tourne autour de l’international et je n’ai pas grand chose à dire. Je suis d’accord avec Glucksmann (il faut renforcer l’Europe et tout ça) mais je n’ai pas envie de radoter plus que d’habitude.

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