En salle

10 octobre 2006

Du style

Rien à signaler en ce lundi soir. On n’a pas eu la visite de blogeurs influents au bistro du coin, donc on est rentrés de bonne heure. Il n’y a rien à la télé. J’ai donc tout le loisir de développer le style de président que je vais être, après avoir, en dix jours annoncé ma candidature et détaillé mon programme.

Je dis bien le style de président que je vais être, pas que je compte être. En effet, mon élection ne fait plus, maintenant, aucun doute, vu le nombre de messages de soutien que j’ai reçus. On se demande pourquoi il faut organiser un scrutin. Ca va couter des sous.

Le gouvernement sera très élargi. J’en ai marre de ces gugusses qui annoncent vouloir faire des gouvernements resserrés et qui finissent avec une quarantaine de ministres. Moi, j’hésite entre 64 et 128. Ce que je sais, c’est que le nombre de ministres doit être une puissance de deux pour faciliter l’organisation des tournois de belote.

Et en plus la politique c’est quelque chose de relativement binaire.

On est à gauche ou à droite. Point. Le reste n’est que des enluminures pour faire joli. Par exemple, on est pour ou contre la privatisation de GDF. Ou alors on s’en fout, ce qui est assez louable et on peut fermer sa gueule.

Dans mon gouvernement, je n’aurai qu’une seule catégorie de ministres. Pas de ministres délégués, de ministres d’état, de secrétaires d’état, … ou de truc comme ça. Je n’ai jamais compris à quoi ça sert. Ca n’empêche pas un minimum de hiérarchie. Par exemple, le ministre des bananes doit être rattaché au ministre des fruits et légumes lui-même rattaché aux ministres de l’alimentation et de l’agriculture.

Oui, c’est un gouvernement où il y aura plus de chefs que de sous-fifres. Les gens comprendront plus facilement : tous les cadres moyens pourront leur expliquer comment ça se passe dans la vraie vie.

Nous avons traité du nombre de ministres. On les désignera ensuite, j’ai déjà fait un certain nombre de promesses, j’espère qu’il n’y aura pas de doublons. Par exemple, j’ai nommé hier soir Pascale B. ministre des paréos et bas résilles. J’espère que je n’avais pas déjà promis le poste à quelqu’un d’autre sinon ça va encore faire des histoires.

A part ça…

Je ne serai pas le président de la rupture.
Il est hors de question que je change quoi que ce soit qui ne marche pas trop mal. Par exemple, GDF fonctionne bien et rapporte de l’argent. Je ne vois pas quel intérêt on peut trouver à la privatiser.

Je serai un président fainéant et je vais inciter toute la population à faire pareil.

Nous allons appeler ça de la fainéantise efficiente. Il ne faut pas faire travailler un type, épuiser les ressources de la planète en en profitant pour la polluer, pour produire un truc qui ne sert à rien. A part deux ou trois œuvres d’art sans trop de poils pour égayer nos couloirs.

A mon sens, d’ailleurs, la fainéantise devrait être obligatoire pour un président de la république. Ca fait partie de son boulot. Un président n’a que quelques trucs à faire, que nous allons tenter d’énumérer.

Petit 1 : faire des jolis discours pour le 14 juillet et pour les vœux.

Petit 2 : énoncer quelques jolies phrases sur des reconnaissances historiques de différents trucs (colonisation, génocides, …) ou sur des grands programmes (cancer, …).

Petit 3 : inaugurer tout et n’importe quoi.

Petit 4 : aller déjeuner avec des chefs d’états du monde entier.

Petit 5 : organiser des déjeuners avec des chefs d’état à l’Elysée.

Petit 6 : présider le conseil des ministres et donner des baffes aux ministres qui disent des bêtises ailleurs que dans des blogs spécialisés dans les bêtises.

Petit 7 : être chef d’un tas de trucs, comme l’armée, la magistrature, …

Voilà. C’est à peu près tout. Le petit 6 et le petit 7 doivent se faire dans la plus grande neutralité. Le chef ne doit pas empiéter sur le travail des sous-fifres. Par exemple, si le ministre des bananes veut faire une loi sur la traçabilité des bananes. Le président n’a pas à intervenir sauf pour demander si ça ne va pas fâcher les voisins. Il revient aux députés et aux sénateurs de décider du contenu de la loi. Ils sont payés pour ça.

A la limite, je me demande pourquoi un candidat à la présidentielle aurait un programme. J’ai travaillé pour rien.

6 commentaires:

  1. Essaie un peu de donner ma place!!!
    Si nous n'avons pas le droit de multiplier nos fonctions, a-t-on plus le droit de les diviser?
    Remarque, tu n'a pas encore abordé le pb des droits ou non droits chez tes ministres alors je m'avance un peu.
    (croyais-tu que ton boulot était fini, ah ça non!!)

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  2. On ne peut pas tout faire en cinq minutes.

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  3. Et tu en fais déjà beaucoup.
    Allez, bon courage.

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  4. "Le gouvernement sera très élargi. J’en ai marre de ces gugusses qui annoncent vouloir faire des gouvernements resserrés et qui finissent avec une quarantaine de ministres. Moi, j’hésite entre 64 et 128. Ce que je sais, c’est que le nombre de ministres doit être une puissance de deux pour faciliter l’organisation des tournois de belote."

    64 ça me paraît bien. c'est le nombre de cases d'un jeu d'Echecs. J'aime bien les échecs. En revanche, je suis contre un gouvernement à 100 ministre: je n'aime pas les Dames.

    D'accord avec ce concept de "fainéantise efficiente". Mais c'est le programme de Chirac, ça? Ne rien branler, soit parce qu'on a un premier ministre socialiste qui vous interdit de lever le petit doigt ou un vice premier ministre qui veulent tous les deux faire semblant de tout faire, c'est Chirac. Résultat, au bout de 12 ans les gens se rendent compte que sa "fainéantise efficiente" ainsi que son "honnêteté non effective" et son "efficacité restreinte" ont produit de beaux résultats. Bravo l'illusionniste!

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  5. Tu n'aimes pas les dames ?

    Tu préfères le Leerdamer ?

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