En salle

31 juillet 2007

Droit de grève, sauf pour les blogs

Une baisse du chômage a été annoncée ce matin (ou hier) par notre bon gouvernement. La dernière nouvelle que je lis a-t-elle un rapport : "Le moral des Français est en baisse" ?

J’ai bien une réponse : il ne fallait pas voter pour Nicolas Sarkozy. Au moins, avec Ségolène Royal, nous n’aurions pas eu un tour de France pourri et un mois de juillet du même qualificatif.

Heureusement que notre Président de la République figure parmi les hommes politiques les mieux habillés, mais je ne retrouve pas la dépêche aperçue ce matin qui m’a inspiré pendant le repas à la cantine et la discussion avec les collègues afin de me permettre de faire une jolie dépêche pour défendre le droit de grève.

Un des mes collègues expliquait que le service minimum dans les transports était nécessaire et demandé par 80 pourcents des français d’après les sondages. Je lui ai démontré qu’il était proprement victime de la démagogie gouvernementale alimentée par les journaux.

Il faudrait arrêter avec ces conneries. Ce type d’arguments est grotesque et ne fait qu’encourager les projets débiles et totalement liberticides.

Les salariés en France représentent environ 40% de la population, il n’y en a probablement pas un tiers qui a besoin des transports en commun pour aller travailler, dont peut-être 80% vraiment exaspérés par les grèves, soit 10% de la population.

Il faut arrêter de sonder n’importe quoi et de faire dire n’importe quoi aux chiffres : les chiffres débiles sont repris par des abrutis à table avec les collègues.

La dépêche que je cherchais est à classer dans la rubrique « faits divers » même si on est en plein été. Aux USA, un patron d’entreprise a tiré sur ses employés qui voulaient une augmentation. C’est évidemment n’importe quoi ! Mais ça m’amuse de rebondir sur cette bêtise pour rappeler que les salariés ne sont jamais défendus contre les agressions des patrons.

Le droit de grève est un des éléments de cette défense. Les petits bourgeois qui défendent le service minimum devraient y réfléchir à deux fois.

L’argument habituel de la prise des usagers en otage est carrément débile. Les grévistes n’empêchent pas les gens de travailler. C’est par leur travail quotidien que les gens peuvent aller travailler. S’ils ne veulent pas du service public, ils peuvent utiliser un autre moyen de transport ou déménager ou bosser plus près.

Au prétexte de défendre le service public, ces petits bourgeois sont tout simplement en train de le torpiller. Je lisais sur un blog une blogueuse qui indiquait qu’elle mettait ses enfants à l’école privée à cause des grèves et qui luttait pour le service minimum dans les transports à l’école. Elle aurait du prendre son raisonnement dans le bon sens « Je veux ou je ne veux pas un service public ? ».

Une loi pour le maintien d’un service minimum dans les transports publics n’est pas très grave en elle-même, d’autant qu’elle n’empêchera rien : si 5000 cheminots se mettent en grève sans prévenir, ils ne seront pas licenciés ! Elle ressemble même à n’importe quoi, d’autant que, encore une fois, ce ne sont pas les grèves qui causent des perturbations et provoquent l’exaspération des gens, mais les problèmes techniques ! Sur « ma » ligne 7 du métro je suis plus gêné par les « accidents graves de voyageurs » et surtout les « défauts de signalisation » (ce qui correspond d’ailleurs à un problème de budget !).

Je disais que ce n’est pas très grave cette loi. Ce qui est grave c’est qu’elle est la porte ouverte à deux dérives qui pourraient être très graves :

1/ l’extension à d’autres services publics dont l’éducation nationale. J’ai déjà fait un billet sur le sujet, mais les parents qui souhaitent le service minimum dans l’éducation nationale confondent beaucoup trop l’école avec une garderie et feraient mieux de se poser la question de leur propre capacité à éduquer des enfants. Les filles, je suis un peu provoc, quand vos mômes ont la jaunisse vous arrivez à les garder ! Alors quand leurs instits sont en grève pour empêcher la fermeture d’une classe, vous pourriez faire preuve de bon sens.

2/ l’extension à des sociétés privées (notamment dans le transport). On peut à la limite exiger qu’un service public soit obligé de remplir un service, mais en aucun cas, nous autres électeurs, ne pouvons nous mêler dans une discussion entre un patron et ses employés, sauf en défendant les droits de chacun.
Dont le droit de grève pour les salariés.

18 commentaires:

  1. le delegue cgt ce matin sur France Inter était trés bon pour expliquer l'ineptie d'une telle loi face aux réels problèmes budgétaires.

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  2. Oui, mais entre les blogs, les facebook (je m'y mets) et twitter, je n'ai pas le temps d'écouter la radio.

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  3. il clique là et il écoute...

    ou alors il copie le lien pour l'écouter dans son netvibes tout en touittant


    http://radiofrance-podcast.net/podcast/rss_10239.xml

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  4. Oui, mais au boulot, j'ai pas le son

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  5. Oui, même en plein été, l'actualité continue !

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  6. Oui, Nicolas, comme d'habitude (les privatisations partielles par exemple) ils mettent un pied dans la porte et ensuite, discrètement, ils enfonceront le tout.
    Bien sûr que la deuxième étape ce sera le privé ! Tant qu'ils gouvernent à coup de sondage, hein ?

    [Pour le service minimum, je rigole aussi ! Du temps où j'allais bossais en train, les jours de grève, j'avais un train à 8h00 et un train à 20h00. Donc, un vrai beau service minimum avant même la Loi ! :-) ]

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  7. Fil,
    Te revoilà ! Il va falloir que récupère le retard sur les blogs, les gonzesses sont déchainées.

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  8. elle continue surtout l'été

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  9. Mais non ! Après je suis en vacances. Le gouvernement aussi.

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  10. Si 5000 cheminots se mettent en grève, ils vont être difficiles à virer et à remplacer. Mais j'imagine bien Sarkozy en train de mâter une grève, peut-être avec les forces de "l'ordre", se croyant un bon disciple de Reagan qui avait réussi, lui, à faire licencier les contrôleurs aériens grévistes, et à briser le syndicalisme américain.

    Le problème, c'est de trouver les cheminots...

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  11. Même si je suis en gros d'accord avec ta diatribe sur le droit de grève, je ne peux m'empêcher de relever le : "Les filles, je suis un peu provoc, quand vos mômes ont la jaunisse vous arrivez à les garder !"

    Oh éh oh bon, les gamins ça se fait à DEUX !!!!!
    naméo !

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  12. Ellie,

    Je dis bien "je suis un peu provoc" !

    Tu as raison, ça se fait à deux. Mais en faisant cette remarque, je pensais à quelques personnes en particulier (des collègues à moi ou des gens rencontrés sur les blogs).

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  13. Ouais mais quand même...

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  14. Je pensais surtout au premier commentaire de fanette dans les commentaires à mon précédent billet sur le sujet !

    Elle (je suppose que c'est une femme) va mettre son mome à l'école privée car l'école publique ne peut pas le GARDER !

    J'ai des collègues féminines qui tiennent ce genre de propos. Du type gueuler lors de la journée annuelle de fermeture de l'école maternelle parce que les instits ont une journée de formation, séminaire, ... ou je ne sais quoi.

    Je n'ai jamais entendu un collègue masculin tenir ce genre de propos (ce qui ne les empêche pas de prendre des journées de congés pour s'occuper des mômes).

    Mon commentaire n'a rien de sexiste (on n'a pas nécessairement les mêmes discussions entre hommes qu'avec des femmes).

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