En salle

04 juillet 2007

Un discours ! Un discours !

La session parlementaire est ouverte ! Je vais pouvoir me consacrer à mon passe temps favori : rigoler avec les comptes rendus diffusés sur le site de l’Assemblée Nationale.

Commençons par celui d’hier, avec le discours du Directeur de Cabinet de l’Elysée, Monsieur François Fillon.

« Comme vous, je me fais une haute idée du Parlement, où j'ai siégé durant plus de vingt ans ». En fait, comme il a été aussi Ministre et Sénateur, il n’a pas siégé plus de vingt ans, mais peut-être un peu plus de 17. C’est un détail. Mais déjà un mensonge dans l’introduction du discours !

« Je vous dois la vérité, car elle est au cœur de la rupture. Nous n'avons pas réussi, faute d'avoir osé rompre avec ce cercle vicieux qui consiste à travailler de moins en moins (Même mouvement) et à s'endetter de plus en plus afin de combler l'écart croissant entre nos capacités de production et nos ambitions redistributives, qui n'ont cessé de s'élargir. » Doit-on rappeler à Monsieur Fillon qu’il était lui-même ministre les années où la dette a le plus grossi ?

« Des millions de Français regardent cette séance. » Heureusement qu’il pleuvait hier, des millions de Français pouvaient regarder les débats à la télé.

« La France est grande lorsqu'elle l’est pour le monde. Elle est grande lorsqu'elle prend ses responsabilités pour le Darfour (Applaudissements sur les bancs du groupe UMP), lorsqu'elle défend, à travers la libération d'Ingrid Bétancourt et des infirmières bulgares […] » Ingrid Betancourt et les infirmières bulgares ont été libérées ?

« le monde de demain a pour seule ambition d'être un vaste casino où l'avenir des hommes se joue sur un coup de dés, si les succès commerciaux dérogent à tous les droits sociaux, humains ou environnementaux, alors nous irons à la catastrophe ». Oui !

« La France est grande lorsqu'elle s'engage dans la lutte contre le réchauffement climatique. Dans la perspective de la réunion de Bali, en décembre, la France se fait un devoir de convaincre ses alliés américains et les grands pays émergeants de se rallier à une approche ambitieuse pour préparer l'après-Kyoto… » Au boulot !

« Le « non » de notre peuple au traité constitutionnel a été respecté » NON !

« La République, en France, vient de loin. Elle est née de siècles de combat pour faire triompher l'intérêt général, la liberté de conscience et l'égalité face à la dure résistance des privilèges et des corporatismes […] ». La résistance des privilèges ? On refait la lutte des classes !

C’est au tour de Jean-François Copé de s’exprimer.

« votre message, Monsieur le Premier ministre, est parfaitement clair : vous nous invitez à sortir du temps de l'élection pour entrer dans celui de l'action. » C’est pour ça que Nicolas Sarkozy continue à faire des meetings ?

« Les dernières élections ont suscité un immense espoir » 50 députés de moins pour la majorité ?

« Sur tous ces sujets, Monsieur le Premier ministre, vous pouvez compter sur notre totale mobilisation puisque vous vous êtes engagé à respecter le « carré magique » en baissant simultanément les dépenses, les impôts, les déficits et la dette ». C’est marrant, avec mon propre budget, je n’y arrive pas.

François Hollande, maintenant.

« Nous vivons en réalité une dérive présidentialiste : peut-on encore prétendre, avec l’article 5 de la Constitution, que le Président de la République « veille au respect de la Constitution » et « assure, par son arbitrage, le fonctionnement régulier des pouvoirs publics » ? Que signifient désormais l’article 20, qui dispose que le Gouvernement détermine et conduit la politique de la nation, et l’article 21, selon lequel le Premier ministre dirige l’action du Gouvernement ? » On se demande…

« Vous auriez mauvaise grâce à accabler l'héritage de vos prédécesseurs puisque, si je puis dire, vous êtes l’un d’eux… Parler de rupture signifie bien d’ailleurs que le bilan n'était pas fameux. »

C’est rigolo, je trouve moins de commentaires désagréables à faire quand c’est Hollande qui cause.

« Monsieur le Premier ministre, compte tenu de la politique que vous préconisez, vous n’avez que ce choix : creuser les inégalités, ou creuser les déficits publics ; et je pense en fait que vous ferez les deux à la fois ! »

Voyons voir ce que va dire Jean-Claude Sandrier, le coco de service (et le seul de la bande qui ne s'appelle pas François ou Jean-François).

« Les choix avancés par l'Élysée, ou par son secrétaire général, promu au rang de Premier ministre bis, ne font que dévoyer les aspirations de nos concitoyens. La méthode est connue : il s'agit d'attiser les divisions, de jeter les salariés du privé contre ceux du public, d'opposer les chômeurs aux salariés, les érémistes aux chômeurs, de faire croire à ceux qui ont moins que ceux qui ont plus doivent s'aligner sur le bas ; tout cela dans un vaste mouvement de casse des garanties collectives et avec la remise en cause insidieuse du droit de grève. » Il a remarqué, aussi ?

« Les premières mesures sont éclairantes. Vous osez parler de réformes, alors que vous préparez un recul social sans précédent. Vous n’êtes pas dans la réforme, mais dans la régression ; non dans la modernité, mais dans l’anachronisme. La modernité, je n’en connais qu’une seule forme : c’est celle qui fait toujours passer l’être humain avant le CAC 40 » « Nous vivons le retour d'une société de rentiers : en vingt ans, les dividendes ont été multipliés par neuf, alors que le SMIC a à peine doublé. Dans aucun de vos discours, il n’est question du cancer financier qui ronge notre économie. » « Le paquet fiscal que notre assemblée examinera la semaine prochaine est soumis à cette vénération des hauts revenus, alors même que les inégalités ont explosé ces cinq dernières années. ».

Ce qu’il y a de bien avec les cocos, c’est qu’ils disent explicitement ce que les socialos sous-entendent !

« Deux mesures phares de ce gouvernement, le bouclier fiscal à 50 % et l'élargissement de l'exonération des droits des successions et donations, visent uniquement les plus fortunés. En effet, 90 % des successions étant déjà exonérées, votre proposition ne concernera que les plus grosses successions. Quant au bouclier fiscal, qui va coûter l'équivalent de 400 maisons de retraite, ou trois fois ce que vous voulez accorder aux universités, il serait un moyen pour éviter la fuite des fortunes. Pourtant, d’après un rapport de la Banque mondiale, un diplômé britannique sur six part travailler à l’étranger : le paradis que vous nous décrivez n’est pas celui qu’ils vivent... »

François Sauvadet du Nouveau Centre parle aussi. Mais tout est résumé en une phrase : « Dans ce contexte, le groupe du Nouveau Centre a fait un choix clair : l’engagement au sein de la majorité présidentielle et au service de la France ».

4 commentaires:

  1. Ingrid Betancourt est prisonnière d'infirmières bulgares ?...

    Bordel je suis jamais au courant de rien moi !

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  2. Ingrid Bettancourt est partie se réfugier à l'étranger en attendant que les impôts baissent. Elle habite actuellement à Gstaadt avec un certain monsieur Halliday ressortisant belge de nationalité française…

    Finalement, il n'y a que les communistes qui disent vrai dans tout ça.
    Bizarre qu'on ne vote pas plus pour eux…
    :-)

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  3. J'ai voté pour eux (aux législatives) !

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