En salle

18 mars 2010

Camarade Juppé

Mon éminent confrère blogueur Alain Juppé, par ailleurs maire de Bordeaux et ancien Premier Ministre tient un blog. Sinon, nous ne serions pas confrères blogueurs mais simples copains de bistro.  Il est moins productif que moi mais est plus lu. Dans son dernier billet, il tire le bilan du premier tour des régionales.

« Qu’un électeur sur deux, et même un peu plus, ne soit pas allé voter, c’est un échec collectif pour la politique et les politiques. »

Il a raison. Mais que le parti qu’il soutient (voire qu’il a créé) ne recueille que 26 ou 27% des voix en voulant représenter la majorité des Français n’est pas un échec de la gauche.

« Echec aussi pour toutes les têtes de listes et leurs équipes, qui n’ont pas pu ou pas su créer le débat. »

Notamment les têtes de listes de l’UMP. Pourtant, il aurait pu venir en Ile de France, on a bien rigolé, dans les blogs et dans twitter avec les têtes en question.

« A ce stade, le diagnostic est simple: poussée des gauches qui, malgré leurs divisions de fond d’avant le premier tour, vont se réunir pour le second. »

Il n’y a bien sûr aucune division à droite. Je ne vais pas citer toutes les protestations qu’on entend de nos jours, Alain Juppé, lui-même, dans CE billet, critique ouvertement l’action du Président de la République. « Quelques gagnants gagnent trop, et que les perdants souffrent trop. » C’est beau. Il devrait tenir un blog politique de gauche.

« Marginalisation du MODEM qui paie son anti sarkozysme réducteur ». Mouarf ! Le sarkozysme antiréducteur a montré ses limites, dimanche !

« Une réflexion s’impose désormais sur le rythme des réformes, la méthode selon laquelle elles sont lancées et préparées, la concertation qui les accompagne, la façon dont elles peuvent être mieux comprises et acceptées par une opinion que la crise déboussole. »

A qui le dis-tu, si je puis me permettre ?

« C’est apparemment l’intention du Président de la République. » Ah ?

« L’une des clefs, c’est le déficit de justice que ressentent beaucoup de Français. » Ben ouais. Qui employais le mot « juste » pendant la campagne pour les Présidentielles ?

« Mais le sentiment s’est installé que, au coeur de la tourmente, quelques gagnants gagnent trop, et que les perdants souffrent trop. » Ah ! Merde ! J’ai déjà cité cette partie.Elle est trop belle...

« Dans cette perspective, un ré examen de notre système fiscal est sans doute incontournable. » Oui, monsieur Juppé, il faut réexaminer notre système fiscal. Il faut revenir sur TOUTES les réformes fiscales mises en œuvre depuis le début de la législature. Il faut torpiller le bouclier fiscal. Vous avez parfaitement raison de terminer votre billet par cette conclusion car le pognon est le nerf de la guerre et la fiscalité est la seule solution pour redistribuer les richesses et combattre les inégalités.

« Dans une élection à deux tours, il y a bien des exemples de retournement de tendances entre le premier et le deuxième. Ne serait-ce que du fait de la prise de conscience des abstentionnistes. »

Vous voulez vraiment que la gauche gagne avec 70% ?

Vous avez raison.

8 commentaires:

  1. L'ivresse de la victoire ! Tu roucoules si fort que je l'entends d'ici. Mais après tout c'est le moment.

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  2. Tu racontes n'importe quoi. Lis le billet de Juppé...

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  3. On peut faire différentes lectures du billet de Juppé. Je ne fais pas forcément la même que la tienne : je vois chez Juppé une forte critique de l'action de Sarkozy, et de sa manière de faire de la politique.

    Et quand tu parles du rééxamen fiscal, Juppé est de ceux, nombreux à droite (mais inaudible) qui pensent que le bouclier fiscal doit être revu.
    Rien de choquant à revenir sur une erreur. Ca fera glousser le plaisir la gauche qui sabrera le champagne devant ce qu'elle considérera comme un désaveu du Président. Mais persévérer dans l'erreur pour que cela n'apparaisse pas comme une défaite, c'est con.

    Bonne journée à toi

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  4. FalconHill,

    On n'a pas nécessairement une lecture différente du billet d'Alain Juppé.

    Il n'y a rien de choquant à revenir sur une erreur... Mais Alain Juppé est "coupable" dans le sens où il soutient officiellement la politique de Nicolas Sarkozy (il a même été ministre, pas longtemps...). La France ne serait pas dans cette merde si des cadres de l'UMP s'étaient opposés avant à la politique de Nicolas Sarkozy.

    Tu vois, je vais être bête et méchant, tu peux toujours faire des billets pour taper sur le PS qui soutient Frêche mais on pourrait faire 10000 billets sur les cadres de l'UMP qui soutiennent la politique actuelle, même par leur seul silence.

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  5. Tu n'es pas bête et méchant Nicolas. Mais on tape forcément sur le "camp d'en face", c'est normal.
    Quoique s'il y avait eu silence du PS vis à vis de Frêche aujourd'hui, je serai moins triste et me sentirais moins blessé, mais c'est un autre sujet.

    Mais oui, il y a eu soutien de l'ensemble de l'UMP, au départ, à la politique de Sarkozy. Peut être est une des raison, parmi tant d'autre, pour laquelle je n'ai jamais voulu adhérer à l'UMP.
    Mais doit on pour autant persévérer dans ses erreurs ? Et n'est ce pas louable de les reconnaitre ?

    Pour autant, je ne suis pas naïf. Nous sommes en période électorale. Normal que tu tapes sur des personnes de droite...

    Bonne journée

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  6. Sauf que je ne tape pas sur le camp d'en face, je tape sur le gouvernement et ceux qui le soutiennent ! De la même manière que j'aurais pu taper sur le gouvernement Jospin (si j'avais eu un blog) quand, par exemple, ils ont privatisé des boites.

    Le billet de Juppé est peut-être vaguement critique vis-à-vis du gouvernement mais c'est surtout un appel à voter pour un ministre...

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  7. Juppé a tellement été relégué au second rang par Sarkozy, il sent bien qu'il a l'occasion de revenir un peu dans la lumière !
    :-))

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  8. Oui, mais ça ne nous éclaire pas...

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