En salle

24 juin 2010

Comment peut-on faire grève ?

Ne rigolez pas, c’est une question sérieuse ! Je viens de me taper 20 minutes de transport en plus que d’habitude mais je m’en fous. D’ailleurs la question n’est pas d’ordre moral mais d’ordre physique.

L’ordre moral me va tout à fait, faire grève étant ne pas travailler…

Ne rigolez pas. On est environ 25 millions de salariés en France et à probablement plus de 24 millions à ne pas faire grève. Je me pose la question sérieusement. Je fais partie d’une grosse boite où 20% des salariés devraient ne pas travailler aujourd’hui mais je suis dans un service isolé et j’ignore la « procédure » pour faire grève. Faut-il déclarer au patron ? Faut-il se déclarer au syndicat ?

D’ailleurs, je ne sais pas où sont les syndicats ! Personne n’est syndiqué dans le service sauf un des représentants au CE car il en fallait un. Oui ! On a eu des élections. Je suis moi-même représentant du personnel. Probablement le seul cadre sup de la boite, un comble. Je m’étais auto-désigné, lors des élections. Il n’y avait aucun volontaire pour représenter le service. En me présentant, j’avais motivé les employés pour se présenter aux postes importants. Sinon, personne ne nous aurait représenté. Alors, j'étais là, à courir après les gens, à insister sur l'intérêt de la chose, ...

En principe, en tant que cadre sup, je fais peu la grève, devant assurer le service en cas d’absence des salariés. Limite collabo, quoi ! Mais, aujourd’hui, je n’avais aucune raison, tout roule… J’aurais même pu faire la grève en gagnant plus de pognon que d’habitude en me faisant désigner d’astreinte et en filant mon numéro de mobile. Je vous avais prévenu : ce n’est pas une question d’ordre moral. En plus, comme il ne se passe jamais rien, j’aurais pu rester au bistro avant et après la manif. Hips…

A chaque fois qu’il y a une grève, je me pose la même question : comment fait-on ? Je suis là, dans mon blog, à encourager les gens, à relayer la lutte, à persiffler, … Mais je ne sais pas…

Je me suis rappelé qu’il y avait grève, ce matin, quand mon radio réveil s’est mis à balancer de la musique à la place de la chronique de Stéphane Guillon (je plaisante : j’écoute France Info le matin).

La grève ne fait même pas la une de mes sites d’information en ligne. Certains parlent bien de difficultés à prévoir dans les transports en commun, mais je zappe. 20 ans de travail à Paris, on finit à ne plus faire gaffe. Blasé, le garçon… La presse rien. L'affichage en entreprise rien. Les syndicats ? Absents !

C’est en voyant les gens entassés dans le métro, crevés, en sueur, … que je me suis posé la question. Et si j’avais voulu faire grève, j’aurais fait comment ? Et eux, là… ?

22 commentaires:

  1. Faut pas prévenir, non ! C'est justement pour faire chier une grève, tu ne te pointes pas au boulot et puis voilà, tu es gréviste.

    Et surtout tu vas à la manif.

    Bonne journée...de boulot...

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  2. Mais quel réac vous faites, tout de même !

    Bon, je file, sinon je vais être en retard au boulot.

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  3. A chaque debrayage ou jour de manif, mon chef fait la tournée pour noter ceux qui participent.

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  4. CC, El Camino,

    C'est facile parce que vous faites partie de grosses boites ! Les syndicats déclarent pour vous, je suppose.

    Didier,

    Au boulot, fainéant.

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  5. C'est un bon billet, assez juste... Je discutais ce weekend avec des salariés de petites boites. Qui sont ceux qui s'en prennent le plus plein la gueule, et qui ne peuvent pas faire grève...

    Je leur enverrai ton billet

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  6. C'est toujours le même problème, et le pire provient bien des syndicats : aucune transparence à tous les niveaux, nous ne savons pas ce qu'ils négocient réellement et ce qu'ils empochent pour faire taire les grévistes car ce sont eux qui décident de déclencher et clore une grève. J'ai vu une directrice de RU (déléguée CGT) négocier avec son supérieur un ordinateur portable et une clé 3G pour fermer sa gueule, résultat des courses, le petit personnel s'est retrouvé avec 15 jours de salaire en moins et la der en question, n'a souffert de rien et s'est négociée un petit pécule. Donc...donc, les syndicats ils sont bien mignons, mais si nous connaissions toutes leurs transactions, il y aurait révolution dans le petit peuple et depuis belle lurette !Personne ne soupçonne à quel point il y a manipulation.

    Mais Nicolas, CC, nous en reparlerons sous peu. Un ami journaliste va publier bientôt un bouquin à ce sujet, sources à l'appui, attendez...ce bouquin rejoindra une série, nosu avons de jolis mois à venir.
    M'est avis que nous devrions profiter tous de notre bel été, car la rentrée va être chaude à souhait, et à tous les niveaux !

    Personne n'a raison, personne n'a tort !

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  7. Une des raisons que j'écris que je râle sur ma page, c'est parce qu'aujourd'hui, le hasard du calendrier fait qu'on ne travaille pas...
    Je juge que dire qu'on grogne, c'est un petit pas, je linke qui voudra d'ailleurs, un edit s'impose...

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  8. Je trouve assez absurde ces reproches adressés aux syndicats. Il m'arrive de ne pas être d'accord avec les délégués syndicaux, mais ils ne décident certainement pas à ma place ! Il arrive aussi qu'aucun candidat ne me convienne et je vote blanc sans m'en cacher et en expliquant pourquoi (avec le sourire mais c'est la faute de ma bonne éducation).
    Au début de ma vie professionnelle, je travaillais dans une petite entreprise : ceux qui ne venaient pas un jour de grève étaient considérés grévistes voilà tout.

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  9. Le rocrodile,

    Ne pas généraliser...

    Nekko,

    Je vais aller te lire (mais je n'ai rien lu, aujourd'hui).

    Axel,

    Oui, ça suffit, mais il faut qu'un préavis soit déposé par les syndicats.

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  10. Personnellement, le cadre que je suis dans une PME de 90 personnes a fait la grève deux fois en 10 ans. Je me suis contenté d'envoyer un mail la veille au responsable des services généraux par ailleurs responsable du personnel pour prévenir (Les confédérations syndicales déposant, pour ce type de journée, des préavis globaux couvrant les salariés de tous les secteurs).

    Résultat, je suis responsable à moi tout seul des 2/3 des jours de gréve de mon entreprise au cours des 10 dernières années (il y a un autre illuminé qui à fait grève une journée).

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  11. David,

    Vous avez raison. Je vais répondre globalement à tout le monde d'autant que j'ai eu des réponses par d'autres circuits.

    Ce que je regrette le plus est de n'avoir eu aucune information, comme, probablement, la plupart des gens... et c'est systématiquement ainsi.

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  12. Tiens ! Pourquoi je suis passé au vouvoiement, moi ?

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  13. La question qui me vient immédiatement, c'est l'efficacité des modes d'actions. Sortir dans la rue et manifester est devenue une telle routine... C'est presque un rituel, cela fait partie du mode de fonctionnement d'un syndicat, comme pour justifier leur existence.

    A mon avis, les syndicats majoritaires ne sont pas assez subversif et ne vont pas assez loin. Ils se posent peu de questions sur leur revendication et leurs modes d'actions. C'est ça le fond du problème. Tant que les travailleurs ne prendront pas en mains leurs problèmes et les délégueront aux centrales syndicales, je ne vois aucune amélioration possible.

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  14. Antonin,

    Oui, le fonctionnement actuel semble un peu archaïque...

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  15. Si tu n'es pas dans le public, pas besoin de préavis de grève.

    Il te faut juste des revendications collectives... en d'autres termes, tu fais grève pour la collectivité par pour ton petit intérêt à toi tout seul.

    Oui, je sais, dis comme ça...

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  16. tu connais ma position sur la question (on en avait déjà discuté chez Mtislav lors de la dernière grève), et je suis en train de mitonner un billet sur ce sujet crucial de "l'action" sociale (bon, ça sera un peu décousu, comme d'hab', et surtout, hors sujet... déjà au bac de philo j'avais eu ce problème, où je n'avais décroché qu'un 11 ou quelque chose d'approchant).

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  17. Tu pouvais faire comme moi: il n'y avait pas de manif dans mon coin, mais j'ai mis mon blog en grève. Comme dit CC: «C'est justement pour faire chier une grève». J'imagine le désespoir de mon lecteur de l'UMP, et je ris. La seule chose qui m'embête, c'est de ne pas pouvoir lui dire que je me marre.

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  18. La déclaration préalable doit parvenir 48 heures au moins et moi j'ai zappé comme d'hab :( du coup je n'étais pas parmi les deux millions

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  19. Doudette,

    Tu es sûr pour les préavis ?

    Lucia,

    Oui. Mais c'est surtout un problème de communication et d'organisation de la part des syndicats.

    Le Coucou,

    Il reste des lecteurs UMP ?

    Dominique,

    Moi non plus...

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  20. Pas lu les commentaires.

    Je vis dans un pays, la Belgique si d'autres l'ignorent, où les syndicats ont et jouent un rôle dans tout ce qui se décide à propos du monde du travail. Un système réellement paritaire dans lequel les syndicats participent à la mise en place de mesures de corrections par rapport à l'existant. Tout est négocié en amont avant que ca ne soit appliqué.
    Du coup, quand tu vois le fonctionnement français et notamment le peu d'importance accordé aux syndicats dans les décisions, tu vois bien l'idiotie du truc. En gros dans l'hexagone, les syndicats ne sont là que pour protester, c'est lamentable comme fonction sociale !
    J'avais pourtant gardé en mémoire un discours de Sarkozy qui vantait la future place qu'il accorderais aux syndicats.
    Du vent ?
    :-))

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  21. Poireau,

    Oui, du vent ! Mais depuis une vingtaine d'années !

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