En salle

11 février 2011

On attend 2012

J’ai loupé Nicolas Sarkozy hier soir. Même dans Twitter, je n’ai pas trop suivi, ma batterie ayant rendu l’âme comme celle de Dominique.

Alors je lis Sarkofrance, ce matin. Il a probablement fait le billet de blog le plus complet, à propos de cette intervention.

Tout ça est pathétique. « Nicolas Sarkozy a assuré jeudi les Français que la lutte contre l'insécurité et le chômage seraient les "priorités absolues" de son gouvernement en 2011, quinze mois avant l'élection présidentielle de l'an prochain. » nous dit Reuters. Comme si ce n’était pas la priorité de tous les gouvernements depuis que je suis électeur.

Rien. Rien de nouveau.

Une odeur de fin règne.

On attend 2012, pour qu’enfin une politique puisse être menée. Pour qu’enfin la politique serve à quelque chose.

Si j’avais regardé la télé. « Que me reste-t-il ce matin de cette longue épreuve ? Le sentiment d'avoir entendu le président bégayer son éternel discours d'homme qui n'a rien appris, rien compris. Tout juste est-il parvenu à proscrire l'arrogance dans son jargon d'inculte et à simuler une aménité nouvelle, comme un faux aveugle chercherait à émouvoir le passant. J'ai vu Sarkozy faire la manche à la télé, quêtant des bribes de popularité auprès du peuple de France. » Nicolas Sarkozy fait la manche. Mais il ne tient plus le manche.

On attend 2012 comme des passagers d’un avion dont le commandant est absent et qui espèrent que les systèmes automatiques vont permettre à l’engin de se poser, sans louper la piste, espérant que la vie reprendra un fil normal, ensuite. Sans pouvoir agir. On écoute.

On attend 2012. Pas seulement moi. En tant que sympathisant de gauche, j’espère évidemment la victoire de mon camp. Pas seulement moi. Tous les Français ou presque attendent 2012 que l’heure soit venue de fermer cette trop longue parenthèse, qui a ruiné la France, qui a ruiné la République, qui a ruiné la Démocratie.

Et pourtant. J’ai bien peur d’avoir un billet à faire, dans cinq ans : « on attend 2017 ».

Les Français doivent se fédérer. Ce n’est plus une question de droite-gauche, c’est une question de politique qui échoue (il suffit de regarder les courbes du chômage), de mensonges consécutifs (je diffusais hier des schémas comparatifs de la fonction publique dans différents pays), de déclin de la France (que pense le peuple Egyptien d’une nation dont le Premier Ministre s’est fait offrir ses vacances par le gouvernement qu’ils combattent ?).

J’aurais pu écouter Nicolas Sarkozy, jusqu’au bout de l’ennui. Je n’ai pas boycotté. Je n’ai pas oublié. J’avais mieux à faire. Rester dans la vraie vie. Avec des vrais gens. Corinne, sa mère, le Gros Loïc, Jim, Michel, Yannick, Tonnégrande, le Vieux Joël, Djibril. Ambiance fiesta, hier ! Ils se foutaient de ma gueule quand je tentais de suivre les déclarations du Président, avec Twitter. Ils se foutaient de ma gueule quand la batterie s’est éteinte.

Sauf le vieux Joël, il fallait que je recharge l’iPhone pour trouver un dictionnaire pour finir les mots fléchés d’Alain Bonhomme, dans France Soir.

10 millions de Français auront peut-être écouté Nicolas Sarkozy, hier soir, lors d’une émission qui n’aura servi à rien.

Hier soir, vers 22 heures 30, les copains étaient partis. Yannick ramassait la terrasse. Nous attendions que l’iPhone se recharge un peu. 22h45. C’était chose faite. On a pu trouver un mot. Le chaînon manquant. Le reste s’est décoincé.

Attendons 2012.

15 commentaires:

  1. En regardant machin à la téloche, j'ai pensé à la Comète. Dans 8 jours je vais retrouver mes copains de là-bas. Soulagement.

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  2. "Pour qu’enfin la politique serve à quelque chose."

    Le Sarko va finir par nous faire croire que la politique ne sert à rien, n'a jamais servi à rien et ne servira jamais à rien.

    Il n'a pas cessé de vouloir très fort et de menacer : "ça va marcher", "ce serait pire autrement"...Méthode Coué et vœux pieux...

    Comment croire encore que la politique sert à quelque chose ?

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  3. Ah ben oui ! J'aurai préféré un KdB hier, je ne peux pas la semaine prochaine.
    :)

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  4. pas besoin de (free ) pour avoir tout compris

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  5. bon, lui, il est "out", ok (ko) ! mais, la gauche elle est comment ? ok ou ko ?

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  6. Ne chipotons pas, les bleus y z'ont gagné, quand même...

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  7. Le moment sur Laëtitia, "vous vous rendez compte m'sieurdames, elle a été découpée en morceaux", avec longues pauses et regards graves, était digne de l'Actors Studio. Peut-être une reconversion à la Tapie pour lui après 2012 ?

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  8. C'est dommage que tu aies loupé la fin : il a promis de la bière et des frites à tous ses électeurs de 2012 !
    :-)

    [J'ai regardé, c'était ennuyeux. Sauf qu'il a vraiment perdu la main, on voyait toute la structure de son discours qu'il n'arrivait pas à cacher malgré une belle recherche d'émotion sur différents sujets ! :-) ].

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  9. Poireau,

    Ah oui, c'est dommage.

    Romain,

    La prison ?

    MHPA,

    Oui, c'est vrai. Nicolas Sarkozy aussi, en 2007. Nous, moins.

    Lucia,

    Je dis dans le billet que j'ai peur d'avoir à faire le même billet dans 5 ans...

    Gildan,

    Tu sors trop.

    CC,

    Il a presque réussi.

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  10. Complètement d'accord Nicolas, la soirée avec Sarkozy est vraiment bien résumée chez sarkofrance

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  11. Bah, comme ni toi ni moi ne l'avons vue, on peut difficilement juger.

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  12. Je l'ai regardé jusqu'au bout : à la fin j'avais un peu honte, comme si je m'étais mêlé aux badauds attroupés autour d'un accident de la circulation politique.

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