En salle

27 mai 2011

Les p'tits Mickey de la politique


Voilà les résultats d’un sondage fait auprès d’une personne réunie dans un bistro hier soir significatif d’à peu près rien à part de mes craintes. Il prévoit le résultat du premier de la Présidentielle.

Marine Le Pen
18,01%
Nicolas Dupont Aignan
2,00%
Nicolas Sarkozy
19,00%
Hervé Morin
2,00%
François Bayrou
9,00%
Corinne Lepage
5,00%
Nicolas Hulot
9,00%
Candidat Socialo
17,99%
Jean-Pierre Chevènement
5,00%
Jean-Luc Mélenchon
8,00%
Candidat NPA
2,00%
Candidat LO
1,00%
Divers
3,00%

La chose qui devait arriver arriva : aucun candidat de gauche au second tour. J’entends déjà les objections, à l’arrivée de mes camarades de comptoir.

-         Wouhahahah ! Jamais Marine Le Pen ne sera à 18% !
-         Ah ! Non, c’est ça… Son père était donné à 12% un mois avant les élections, en 2002, il a fini à 17. Tu vas voir que Marine Le Pen en fera 25…
-         Mouarf ! Jamais François Bayrou ne sera à 9%, il est mort, il n’a pas de projet, il n’a pas de troupe.
-         Ben moi non plus, je n’ai pas de projet, à part d’aller en vacances chez FalconHill et Le Coucou puis chez Poireau, voire boire des bières à Tours. Il n’empêche que je vois très bien François Bayrou partir « tout seul », sur un créneau de centre droit, largement déserté par les autres. C’est lui qui a le plus d’expérience des campagnes. S’il sait se faire encadrer un peu, il finira au second tour.
-         N’importe quoi, jamais les écolos ne voteront pour Nicolas Hulot, il ne leur fait pas confiance.
-         Ben non, ils voteront pour Corinne Lepage ou pour qui ils voudront. Par contre, que feront les bobos, les « protestataires du centre gauche », … ?
-         Tu délires, jamais Méluche ne fera plus de 6% !
-         Ah non, et tu voyais Besancenot à 4% en 2007 ?
-         De toute manière, le candidat du PS ne fera jamais moins de 22 ou 23%.
-         Ouais, c’est ce que pensais les socialos en 2007, mais là, quand l’UMP partira comme un seul homme à lui faire un procès en nullitude, en fumagedecannabissitude en alcoololitude, en normalitude, en boboitude, ou je ne sais quoi… Parce que le seul candidat qui puisse sérieusement détrôner Nicolas Sarkozy, c’est bien celui du PS…
-         Bah, t’es pas drôle…

Et la discussion s’éternisera, jusqu’à ce que le patron intervienne :
-         bon, les gars, je ferme,
-         allez, patron ! Une dernière tournée,
-         non, vous m’avez déjà dit ça en 2002 et en 2007,
-         ah ben merde, bon, on se revoit en 2017, alors !
-         c’est ça, salut les gars, et merci !

Je ne suis pas porte-parole des copains qui ont signé et relayé la « Lettre ouverte d’un électeur à tous ceux qui font de la politique à gauche » mais voila mes craintes. Je ne suis pas Madame Soleil, je ne spécule pas à la petite semaine.

Alors, j’ai lu, ce matin, des billets critiquant cette lettre, je ne vais pas argumenter point par point, je vais en citer deux.

Je vais commencer par celui de Philippe Sage, intitulé « Le Pays Joyeux Des Blogueurs De « Gauche » » ! Ah ! Encore un qui met gauche entre guillemets, comme s’il représentait la gauche à lui tout seul. Il nous appelle « les Casimir » (d'où le titre de ce billet) et base toute son argumentation sur le fait qu’on espère réunir toute la gauche. « De voir, unis, bras dessus, bras dessous, le PS, le Front de Gauche, les Verts, le NPA, Lutte Ouvrière et le Schivardi de l’année, s'en aller défier le Sarkozy et la frontiste, scandant à tue-tête : « Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais ! ». »

Non, Philippe, pas un seul d’entre nous n’imagine empêcher LO ou le NPA de présenter un candidat et, pour ma part, je ne rêve pas une minute d’empêcher Jean-Luc Mélenchon d’y aller. J’envisage juste que le PC n’est pas obligé de le soutenir parce qu’il aurait gros à perdre : des députés. Et la vie. J’envisage aussi que les Verts ne soutiennent pas forcément Nicolas Hulot, j’envisage plein de truc. J’envisage que Jean-Pierre Chevènement n’aille pas à la bataille.

Ca n’est qu’en parlant entre eux que les uns et les autres pourront faire les concessions, parce que dans une négociation, tout le monde doit faire des concessions...

Je vais terminer par le billet de mon copain « Des Pas Perdus » ou, plus exactement, sur un passage. « Le Front de gauche est minoritaire aujourd'hui mais il a vocation à devenir majoritaire pour mettre en œuvre une véritable alternative politique. Et, plus son candidat obtiendra de voix, plus le Front de gauche pèsera sur les orientations d'une majorité de gauche... »

Rien de plus normal et légitime de la part d’un militant d’estimer que son parti est le plus fort et finira par être majoritaire. Je ne dirai donc rien, je n’ai pas vocation à casser le moral. 

« Plus son candidat obtiendra de voix, plus le Front de gauche pèsera sur les orientations d'une majorité de gauche... »

Et on fait quoi s’il n’y a pas de majorité de gauche ?

La seule manière de peser sur les orientations de la politique, c’est de s’asseoir, maintenant, à une table, avec le Parti Socialiste, pour réorienter le projet…

Mais pendant qu’on discute éternellement, ce sont toujours les mêmes qui trinquent

Pour demain, je vais tenter de préparer un billet plus optimiste.

J’ai déjà la base.

Marine Le Pen
16,00%
Nicolas Dupont Aignan
6,00%
Nicolas Sarkozy
22,00%
François Bayrou
5,00%
Corinne Lepage
5,00%
Nicolas Hulot
5,00%
Candidat Socialo
31,00%
Jean-Luc Mélenchon
4,00%
Candidat NPA
2,00%
Candidat LO
1,00%
Divers
3,00%

("photo")

15 commentaires:

  1. Denis,

    Ton commentaire a disparu (je vais vérifier dans les spams mais je n'ai pas de pc sous la main). Toujours est-il qu'il est presque impossible de gagner les législatives si on n'a pas gagner la présidentielle juste avant.

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  2. « La chose qui devait arriver arriva : aucun candidat de gauche au premier tour. »

    Lapsus révélateur…

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  3. Cela dit, en effet, il est peu probable que Marine Le Pen fasse 18 %. QUE 18 %, veux-je dire.

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  4. Enfin (et après j'arrête d'encombrer), ne me dites pas que vous êtes naïf au point de croire que Mélenchon et ses supplétifs communistes aient jamais eu l'intention de faire gagner le PS ? Le but est d'affaiblir (voire de détruire) le parti dominant dans le but de prendre sa place, ou une partie de sa place. La vieille tactique de Chirac avec Giscard en 1981, voire de Marchais avec Mitterrand (mais là ça a foiré)…

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  5. Merde ! Je sais pour quoi le commentaire de Denis n'est pas la. C'a n'est pas ce billet.

    Didier,

    Je corrige.

    Et je dis dans le dialogue qu'elle pourrait 25%.

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  6. Je n'avais pas encore tout lu, je commentais au fur et à mesure. Sinon, ce commentaire du ravi de l'étable :

    « La Gauche commence à gauche du PS. C'est pratiquement la seule chose dont nous soyons sûrs. »

    Ça va être dur, pour l'union.

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  7. Didier,

    Je ne suis pas naïf et les cocos non plus. S'ils veulent conserver des députés...

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  8. Didier,

    Le Front de Gauche est surtout présent dans les blogs,... Dans la vraie vie, il y a des fiefs avec des militants communistes,... Alors ce que peut dire un révolutionnaire en short et cheveux blancs...

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  9. @Nicolas

    Je te suis. ;+)

    La Ve reste parlementaire.

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  10. Denis,

    Vois mon premier commentaire, je répondais au com que tu as laissé à l'autre billet.

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  11. Il est vrai que l'implantation joue un grand rôle. Et je ne citais l'autre semi-mongo que pour vous faire sourire…

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  12. Casimir, c'est pour rigoler.
    Mais le fond du billet, n'était pas là. C'est sur "les réserves de voix" pour le second tour. Où sont-elles avec un "candidat unique de la gauche" ?

    Deux exemples.
    Et pas n'importe lesquels : ils concernent Mitterrand.

    En 1965, il se présente comme le "candidat unique de la gauche". Surprise, au 1er tour, il met De Gaulle en ballotage. Personne n'y croyait.
    De Gaulle : 37,45 %
    Mitterrand : 26,61%
    Mais comme il n'avait pas de "réserve de voix", Mitterrand sera battu au second (55,20/44,80)

    En 1974, rebelote d'une certaine façon.
    Le PCF, pour cause de "programme commun" ne présente pas de candidat. Et à cette époque le PCF est puissant.
    Certes, nous avons deux petits candidats (trotskistes : Laguiller, Krivine) et pour la première fois un "écolo" (Dumont). Ils feront à peine 3,5% au 1er tour à eux trois.
    Mitterrand est donc le "candidat unique de gauche" (PS, PSU, PRG, PCF, etc.) et il nous sort un score monstrueux au 1er tour : 36,09 % !
    Giscard est loin derrière avec 27,21%.
    Mais... c'est Giscard qui va gagner (50,81/49,19) car lui, peut compter sur des "réserves de voix" (Chaban-Delmas et Royer, entre autres)

    En 1981, fini le "candidat unique de la gauche", et Mitterrand gagne l'élection. Pourquoi ? Parce que là, enfin, il avait des réserves de voix (celles de Marchais, en l'occurrence).

    Alors j'ai bien compris que ce candidat unique de la gauche" était condamné, quasi, à ... être élu dès le 1er tour. Mais, ça, c'est pas possible. La France est de droite. Elle est conservatrice. Ne jamais oublier que ce sont les plus de 65 ans qui ont voté Sarko massivement en 2007.
    L'électeur rétablit l'équilibre dans des élections locales (cantonales, régionales, municipales). Mais pour une présidentielle, c'est pas le même enjeu.

    J'ai bien compris aussi que Marine ceci, Marine cela.
    Et que, bon sang, de bonsoir, on n'en veut plus de Sarko.

    La gauche ne gagnera pas avec un candidat unique. Au PS de nous proposer un programme qui tient la route et se démarque du néo-libéralisme. Et ça, c'est pas gagné.

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  13. Didier,

    C’est gentil…

    Philippe,

    Dans les deux exemples que je présente, la gauche (avec ses réserves de voix un peu critiques) est majoritaire de peu (si je n’ai pas fait une erreur de calcul). J’ai fait de l’arithmétique électorale, comme toi.

    Un jour, il faut arrêter cette arithmétique électorale et la comparaison avec Mitterrand : la gauche n’a plus de leader tel que lui.

    Mais en 81, il y avait deux partis de gauche forts, qui ont fait, à eux deux, plus de 40%. Cette fois, il y a un parti de gauche (que tu peux mettre entre guillemets) fort et deux partis moyens. Il y a donc un risque nouveau qui n’existait pas en 81 et qui n’a jamais existé… sauf en 2002 (c’était quand même un peu différent).

    Je préconise (je « signe » la lettre mais je ne suis pas porte parole des autres) d’arrêter de jouer avec le feu, c’est tout. Je ne préconise pas « un seul candidat », juste de faire en sorte qu’un candidat puisse arriver au second tour. Le créneau du Front de Gauche est de taper sur le PS ce qui a pour seules compétence de prendre les un ou deux pourcents qui pourraient lui manquer tout en favorisant la fuite de ses électeurs (les fameux « ouvriers » qu’ils revendiquent) vers le Front National.

    Le courrier ne s’adresse pas aux militants… Mais les militants du PC pourraient s’interroger si la bonne stratégie est bien de diluer (et presque tuer) leur parti pour la gloire d’un « gugusse médiatique » (et de quelques blogueurs qui se voient au centre du monde, j’attends encore le commentaire de DPP qui va me parler du FMI, car il n’a que ça à la bouche, sans regarder le fond : en divisant la gauche, on ne risque pas de lutter contre le libéralisme et ses méfaits).

    Le courrier ne s’adresse pas aux militants… Mais les militants écolos pourraient s’interroger si avaliser les candidatures de Eva Joly ou de Nicolas Hulot va bien faire progresser l’écologie, seuls (à mon avis) Cécile Duflot et DCB ayant réellement un poids (voire une légitimité) pour porter les couleurs de l’écologie.

    Le courrier ne s’adresse pas aux militants… Mais les militants MRC pourraient être fatigués de voir leur parti (et donc les idées qu’ils défendent)

    Alors les militants MRC, verts et cocos pourraient envoyer « la lettre » à leur chef, en disant d’arrêter de faire les cons. Les maires cocos, par exemple, pourraient refuser de donner leur signature pour être représentés par quelqu’un qui n’est pas de leur parti. Les députés cocos pourraient se dire, par exemple, qu’ils pourraient perdre leurs places si les socialos ne gagnaient pas à cause d’eux. Les élus MRC au Conseil Régional d’IDF (Maire et Premier Adjoint de ma commune, le maire étant le Président du MRC) pourrait se dire qu’il faudrait éviter de mettre le PS en colère en vue de 2014.

    Ca n’empêche pas Eva Joly, Méluche et Hulot de se présenter s’ils en ont envie… et de faire 10% à eux trois.

    Il faut arrêter de jouer avec le feu.

    Il n’y pas la place à gauche pour trois candidatures « sérieuses » (je mets des guillemets parce que deux des candidats n’ont pas les moyens de gagner l’élection). C’est tout. Et on se retrouve avec potentiellement, en plus du PS, trois clients susceptibles de faire plus de 5% des voix.

    Alors, il n’y a qu’une solution : se mettre autour d’une table et arrêter de présenter des candidats pour le plaisir d’exister.

    Le but du jeu n’est pas, aujourd’hui, d’avoir des réserves de voix pour le deuxième tour mais de passer, tous ensemble, les deux tours.

    Et je ne tiens pas à passer un an à avoir comme seul espoir que mes alliés se cassent la gueule…

    L'histoire de 2002 s'est écrite en 2001. L'histoire de 2011 s'écrit aujourd'hui. Ca ne veut rien dire mais à ce rythme on en sera encore en 2022 à se poser des questions sur l'origine des défaites précédentes alors qu'elles sont évidentes...

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  14. Bon billet, excellents projets ! Pour le flair électoral, faudra voir… Je sens que nous n'en avons pas terminé avec les empoignades d'ici 2012…

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