En salle

10 mai 2012

Déveine de campagne

Je l’ai dit : la campagne fut belle, parfois au ras des pâquerettes. Toujours est-il que j’en garde un bon souvenir et ils continuent de s’entasser. Ce matin encore, à la radio, on avait l’impression que les Chefs d’Etats étrangers (ou de l’Europe) se précipitent à ce QG de campagne, juste à côté de mon boulot, derrière le siège de l’UNESCO, comme s’ils avaient enfin trouvé un interlocuteur ! Il n’empêche qu’il y a eu de très mauvais moments… Une petite chaîne de blogs pour les raconter s’impose !

Je ne vais pas revenir longuement sur la primaire et les engueulades sérieuses avec des copains très proches mécontents de mon choix et des motifs que j’exposais. Ils étaient persuadés que la primaire était faite pour choisir une ligne politique et un Président de la République alors que je répétais qu’elle était là pour choisir un candidat susceptible de remporter l’élection. Je ne crois pas m’être trompé.

Mon pire moment a duré une quinzaine de jours, à la fin de l’année dernière ou au début de cette année. Déjà, les collègues de travail trouvaient suspect que je sois si bien informé et devinais que j’avais une « activité numérique intense ». Ca me mettait mal à l’aise l’impression d’être observé, voire soupçonné.

Un matin, je discute avec collègue qui me dit avoir vu Brice Hortefeux dans l’immeuble. Tiens ! Il a disparu, lui ? Je retourne à mon bureau et fais quelques recherches. Une dépêche dit que Brice Hortefeux sera le directeur de campagne de Nicolas Sarkozy. Une autre dépêche dit que Nicolas Sarkozy commence à chercher un QG de campagne entre le siège de l’UMP et l’Elysée.

Mes neurones se mettent en action : il y a bien des locaux disponibles dans notre immeuble, avec toutes les caractéristiques voulues et des travaux semblent organisés en urgence dans les parties communes pour supprimer tous les revêtements en bois, remplacés par des surfaces blanches. Les locaux sont situés idéalement. D’ailleurs, François Hollande s’est installé à 2 ou 300 mètres…

J’en tire une conclusion : Nicolas Sarkozy installera bien son siège de campagne dans l’immeuble où je bosse. La coïncidence est terrible…

Je fais part de mes observations à mes collègues et la rumeur est lancée. A un tel point que l’un d’entre eux balance un message dans Twitter, rapidement repéré par un journaliste qui avait une autre information (que Nicolas Sarkozy s’installerait dans la rue, mais de l’autre côté). Du coup, des reporters débarquent dans le coin et je suis même interviewé mais j’envoie chier le lascar : je ne pouvais pas être repéré en tant que blogueur politique zinfluent. La nouvelle aurait fait le tour du web et serait fatalement arrivée aux oreilles de mes patrons. Du coup, c’est un de mes collègues qui est passé au grand journal (pour dire qu’il n’avait aucune information : le métier de journaliste est fascinant).

Quelques jours plus tard, on apprenait que les locaux avaient été retenus en « short list » avec quelques autres. Puis, j’ai cru comprendre « qu’on » avait été retenus finalement mais que le propriétaire des locaux avait refusé de louer les locaux pour un tel usage, ça aurait créé trop de désagréments pour ses autres clients.

Ainsi, pendant une quinzaine de jours, j’ai réellement eu très peur, envisageant de fermer mes blogs, de demander ma mutation ou je ne sais quoi… Les confrères blogueurs n’ont pas compris ma position. Je dois reconnaître qu’avec le recul, je ne sais plus trop quoi penser. Je ne me voyais pas publier des méchancetés sur mon blog avec des gugusses, trois étages plus bas, en train de surveiller les réseaux sociaux. Je m’imaginais me faisant engueuler par Brice Hortefeux ou Nicolas Sarkozy dans les couloirs. Je m’imaginais subissant une pression des services de sécurité. J’imaginais je ne sais qui allant voir mon big boss pour lui ordonner de me faire taire ou de changer de ligne éditoriale.

Le plus drôle est que l’adresse du bureau commençait à être « connue » puisque je la diffusais sur Foursquare et donc dans Twitter tous les matins… J’imaginais une tonne d’andouilles se battant pour être « Mayor » du « 100 Suffren » que j’avais créé.

Vous ne pouvez pas imaginer mon soulagement quand les sites d’information ont diffusé l’adresse du siège de campagne finalement retenu !

Mes collègues de travail étaient partagés. Certains se désolaient des règles de sécurité qui allaient nous perturber. D’autres se réjouissaient de ce moment de gloire…

Et vous, vous avez passé des mauvais moments, dans cette campagne ?

Sont tagués : Yann, David, El Camino, Melclalex et Gularu.

(photo)

14 commentaires:

  1. Oui, bien sûr, quand on a déformé les propos informels de Hollande à Londres dans un repas avec la presse, qui a donné lieu à un article factice, dont tout le monde médiatique a fait ses gorges chaudes.
    Quand DSK a été invité par Dray...impardonnable et heureusement condamné, et le nez creux de Hollande qui n'est pas tombé dans le panneau.
    Quand j'ai vu les insultes laissées par des anonymes contre Juan, de Sarkofrance.
    Quand j'ai discuté avec des gens qui croyaient que sans Sarko, même s'il était mauvais, on ne pouvait pas s'en sortir, à cause des raisons énoncés ci-dessus.
    PS: je suis désolée, Nicolas, de ces échanges musclés, hier et donc j'invite tous ceux qui ne sont pas d'accord avec moi de laisser des commentaires respectueux et motivés sur mon propre blog, et même avec humour, aussi.
    Amicalement

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  2. Respectueux.
    Voilà.
    Tu comprends Nico ?

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  3. ...et puis, la honte si on vous avait vu debout devant le zinc sur le coup de dix heures,avec Brice, la mousse aux lèvres...

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  4. Suzanne, désolé mais ce goujat de Nico a sucré une réponse que je vous faisais hier.
    Je n'ai pas envie de la reproduire ici, mais je ne sais toujours pas (c'est difficile avec les cyclotimiques) quelle mouche a bien pu le piquer.

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    1. Menteur et abruti. Si j'ai effacé un commentaire, ce qui n'est pas le cas, Suzanne l'aurait reçu par mail.

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  5. fredi: je crois que j'y survivrai.

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  6. hep vous là pour blogspot on a dit les baclinks en .fr et plus en .com

    rhoooooooooooooooo faut tout faire dans cette baraque :)

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    1. Oui, mais il faut que les réflexes évoluent...

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  7. Pas de mauvais moments, non , je me suis senti raplapla, au lendemain du 6 mai, un abruti m'a dégonflé un pneu sur le petit van .

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