En salle

18 novembre 2012

Le mariage pour tous ou le mariage contre tout

C’était un grand jour de manifestation, hier. Le combat est le même, au fond : empêcher les mariages entre homosexuel pour qu’ils ne puissent pas prendre l’avion à Notre Dame des Landes pour partir en voyage de noces.

Le mariage pour tous ?

J’étais résolument contre ce mariage pour tous. J’aurais préféré une amélioration du PACS pour qu'il garantisse strictement les mêmes droits que les couples soient hétéro ou homo. J’ai même écrit ici que j’étais pour la suppression du mariage. Je trouve lamentable que notre code civil définisse des droits différents… Ensuite, progressivement, je me suis fait à l’idée de ce mariage pour tous. Pourquoi pas, au fond ? Le mariage est surtout un contrat entre un homme et une femme. Qu’il le devienne entre deux femmes ou entre deux hommes n’a rien de choquant.

Pourtant, ce matin, j’ai lu ce billet de Dorham, indispensable catho de gauche, puis la tribune de Virginie Despentes, à la quelle il fait allusion, puis, à nouveau, le texte de Dorham.

Dans mon petit crâne, Le mariage est surtout un contrat mais c’est aussi un machin que je n’arrive pas à définir. Les opposants au mariage pour tous appelleraient ça « un fondement de la société » mais tout est discutable. On pourrait vivre sans le mariage. Le mariage est une institution. Traditionnellement, c’est l’union d’une femme et d’un homme pour la vie, qui leur donne un cadre pour avoir et élever des enfants.

Je ne veux me battre ni pour ni contre les traditions. Seule une tradition est valable : celle de l’apéro le dimanche midi, en famille ou avec les copains.

Le mariage, en tant que contrat, a évolué. En tant qu’institution fondatrice d’une famille, c’est un peu différent. Ne serait-ce que parce que nos ancêtres masculins étaient des va-t-en-guerre mourant joyeusement au front mais aussi à cause des évolutions de la société (le divorce, les familles recomposées), le mariage n’est plus le fondement « obligatoire » de la famille et de l'élevage des gamins. En outre, avec l’adoption et la Procréation Médicalement Assistée, les divorces, les remariages, … le mariage n’est plus nécessairement significatif de filiation biologique.

Et c’est ce mariage qu’on voudrait faire évoluer aujourd’hui.

Outre l’aspect contractuel (et l’octroi des droits qui vont avec), le mariage est généralement resté dans les cœurs ce qu’il a toujours été : un homme et une femme qui s’unissent pour la vie pour avoir et élever des enfants. Je comprends fort bien ceux qui défendent le mariage en tant que cette institution de fondement d’une famille.

De l’évolution du mariage avec notamment la facilité avec laquelle on divorce maintenant, Dorham « y voit moins une raison d’ouvrir l’institution aux homosexuels […] que de réaffirmer fortement ce qu’est le mariage et à quel point il est important de le respecter. »

Je ne suis pas sûr que les manifestants d’hier soient venus réaffirmer ce qu’est « ce » mariage et l’importance de le respecter. Frigide Barjot a dit « Nous tenons à notre code civil (...), base même de notre société. » Elle s’attache à un texte de loi, pas à une institution. Ce texte de loi a été créé en 1804 et définissait le mari comme le chef de famille. En 1804, le divorce était quasiment impossible. Il ne l’était que par consentement mutuel mais les conditions étaient telles qu’il valait mieux pisser dans un violon que d'entamer la procédure. En 1816, il est interdit puis rétabli en 1884 mais pour faute seulement, pas par consentement mutuel, ce qui mettra des années à arriver. Les conditions évoluent sans cesse jusqu’à une profonde réforme en 1975. Ce n’est qu’en 1970 que cette notion a été supprimée. Le code civil a ensuite contenu le PACS, à partir de 1999.

Le code civil n’est pas la base de notre société, uniquement la base légale… On pourrait en tirer une conclusion. Si les manifestants d’hier étaient venus pour défendre le mariage en tant qu’institution fondatrice d’une famille sur la base du code civil défini en 1804, ils devraient aussi lutter contre le divorce. C’est presque la conclusion qu’en tire Dorham, s’adressant à Mme Despentes : « Oui, tu comprends bien, je réclame moins un statu quo qu’un retour en arrière ; au temps où l’on ne pouvait pas divorcer pour quelques broutilles dans le genre : « Monsieur m'étouffe » ; « Madame me castre ! » ; « J’ai jamais rien le droit de dire aux enfants » ; « et toi, tu rentres tous les soirs à des heures indues, je suis pas une bonniche merde »… »

Dorham n’est pas un monstre. Il « propose » ensuite d’étendre certains des droits accordés pour le mariage par le code civil au PACS. Tous ? Je ne sais pas. Je ne suis pas le porte-parole de Dorham. Moi, j’y suis totalement favorable…

Je pense que les manifestants se trompent dans leur combat tout simplement parce qu’il est perdu d’avance : le mariage civil ne sera plus jamais le mariage. Plus personne ne voudrait revenir sur le divorce. Il n’empêche que mes copains gauchistes qui défendent le mariage pour tous se trompent peut-être aussi. Si le mariage n’est plus le mariage, pourquoi le mettre pour tous ? Ce qui nous importe est l’égalité des droits pour tous, c'est-à-dire revenir sur ce qui fait que les homosexuels ne puissent pas fonder une famille.

Laissons le mariage aux religieux. D’ailleurs, je n’ai pas à m’occuper ce que doivent dire les autorités religieuses. Mes camarades gauchistes m’énervent prodigieusement quand ils critiquent leurs propos contre le mariage pour tous. Ils font leur job. Je ne suis pas catholique, je n’ai pas à écouter ce que des autorités que je ne reconnais pas me disent. Je m’en fous. Le pape m’énerve quand il « lutte contre le préservatif » parce que sa « lutte » favorise le développement du sida mais je conçois que, luttant contre les rapports sexuels hors mariage, par conviction religieuse, voire par autorité religieuse, il ne puisse pas défendre les capotes…

Il n’empêche que les arguments des opposants au mariage pour tous me paraissent bien légers, ce matin. Je parcours Google News à leur recherche. Il parait qu’il faut défendre « le mariage qui unit un homme et une femme, constituant le fondement de notre société et qui permet aux enfants de s’épanouir dans un cadre durable et harmonieux. » Argument refusé au contrôle technique. Le mariage n’est déjà plus durable. Il parait aussi qu’il faut dire « non à un bouleversement majeur et dangereux » qui « ignorera désormais les deux piliers de l'identité humaine: la différence sexuelle et la filiation ». Refusé au contrôle technique, la différence sexuelle n’est pas spécifique à l’identité humaine, ni même la filiation, qui peut se faire hors mariage et, surtout, qui a deux volets, biologiques et culturels que l’on peut très bien dissocier. « Sous prétexte de donner un mariage à deux personnes de même sexe, on va imposer un nouveau mariage à tous les autres. » Refusé au contrôle technique. Ce n’est pas parce qu’on change des mots dans un texte de loi que dans une majorité de famille il ne restera pas un père, une mère et des enfants. Les parents pouvant divorcer et se remettre en couple avec quelqu’un d’autre. « La loi veut supprimer les mots homme, femme, père et mère. Ces mots n’existeront plus dans le code civil et seront remplacés par les mots époux et parents. Et ce bouleversement remet en cause la filiation. » Refusé au contrôle technique : les liens sociaux et culturels des parents, même s’ils ne sont pas biologiques, continueront à être transmis. Ou alors, interdisons l’adoption, l’accouchement sous X, obligeons les femmes enceintes suite à un viol ou à un accident, donc sans père à donner à l’enfant, à se faire avorter…

Et on en revient à la base : Interdisons aussi le divorce. Comment transmettre des liens sociaux et culturels, si les parents ne vivent plus ensemble ?

Je suis circonspect. Finalement, si la « loi veut supprimer les mots homme, femme, père et mère. », pourquoi ne supprimerions nous pas aussi le mot « mariage » au profit de je ne sais quel contrat que nous pourrions appeler Contrat d’Union Légal pour rigoler avec l’acronyme ?

Je me fous du mariage. Et comme me le signale Dorham en commentaire chez lui, c’est paradoxal de se foutre du mariage et de le vouloir pour tous. Je ne le veux pas pour tous. Ce que je ne veux pas, c’est qu’un dispositif du Code civil donne des droits différents aux gens selon leurs orientations sexuelles. Comme tout le monde ne se fout pas du mariage, il n’y a que deux solutions : soit on supprime le mariage du Code civil soit on l’accorde à tous.

A mon avis, la première solution n’a pas suffisamment été étudiée. Elle ferait surement descendre beaucoup plus de monde dans la rue qu’hier, mais ceux d’hier y seraient probablement.

Il s’agirait alors de défendre le mariage. Je m’en fous, je ne suis pas concerné, je n’envisage pas de fonder une famille. J’imagine des manifestations dans les rues. Je demanderai aux manifestants : « vous défendez quoi ? » « le mariage » « ah ! et c’est quoi ? » « l’union d’un homme et d’une femme pour fonder une famille pour la vie pour avoir et élever des enfants ensemble » « ah ! mais ce n’est pas pareil, on ne se marie pas pour divorcer ». Ah ben non.

Les divorcés, ceux qui élèvent des mômes qui ne sont pas à eux, ceux qui n’élèvent pas leurs mômes, ceux qui ne les voient jamais parce qu’ils travaillent trop (ou vont au bistro), … Sortez des rangs.

Elle serait belle cette manifestation. Elle sera organisée de manière festive, je suppose, pour sortir avec les enfants, pour montrer l’attachement aux familles, comme s’il ne pouvait y avoir de famille sans mariage.

Celle d’hier était belle, aussi. Ils nous ont trouvé un jeune homosexuel de service et une représentante de la gauche, « Laurence Tcheng du mouvement pour le mariage républicain.  Inutile de chercher quoique ce soit sur ce mouvement qui n'a aucune existence que celle d'être dans la manifestation. » Ca fait joli dans la presse. Ils ont donné des consignes : « 6. Si des participants sont sollicités par des journalistes, ils sont invités à reprendre les messages du tract d’appel à manifester  […] 7. Les participants sont encouragés à venir habillés aux couleurs de La Manif Pour Tous : bleu, blanc rose. » Pas de dérapage, surtout ! Pas de vieilles chaisières de Versailles qui pourraient faire penser à une manifestation catholique, des gens en couleur ! Pas de slogan politique. Pas d’argument qui ne soit pas inscrit sur le tract ou crié par les organisateurs habilités !

Nous sommes des Républicains, que diable ! Et tant pis si tous les citoyens n’ont pas les mêmes droits…

Non au mariage ! Oui au mariage pour tous !

Je ne sais plus.

Heureusement que les opposants au mariage pour tous ne sont pas homophobes. Qu’est-ce que ça serait, sinon…

"Un papa, une maman, on ne ment pas aux enfants." C'est bien contre le mariage pour tous, qu'ils manifestent, là ? Ca ne serait pas un peu faux cul, tout ça ? Quel rapport avec le mensonge aux enfants ? On ne pourra plus leur dire que les petits garçons naissent dans des choux et les petites filles dans des roses. Ou vice versa. Ou qu'ils sont apportés par des cigognes ?

Je me rappelle d'un copain qui s'est suicidé, en 1994, parce qu'il ne supportait l'idée de devoir divorcer. Sa femme, j'aurais pu dire sa future ex, m'a téléphoné, un soir, vers 19h30. Nous avons discuté puis je lui ai demandé ce qu'elle avait pu dire aux enfants. Le petit était trop jeune pour qu'on lui explique. La grande, par contre, avait environ cinq ans, peut-être six. 

Sa mère lui a dit : "Papa est parti vers les étoiles". Elle lui a menti. Mais que pouvait-elle dire d'autre ?

Continuons à défendre les familles. Toutes les familles.

47 commentaires:

  1. Comment ça, Dorham n'est pas un monstre ? Et depuis quand ? On ne me dit jamais rien, à moi…

    Cela dit, utiliser l'expression "mariage républicain" ne me paraît guère judicieux, quand on sait ce qu'elle a signifié dans les années 1790…

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    1. Ah mais je n'ai rien contre l'expression.

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    2. Si on ne peut plus faire le monstre pour foutre la trouille à Didier Goux, franchement...

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    3. Foutre la trouille au vieux ? Dis lui que tu respectes profondément les opinions des islamistes ou un truc comme ça.

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    4. Je respecte profondément les opinions des islamistes...

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  2. Combats d'arrière garde, sans grand intérêt. Dans quelques dizaines d'années, l'Eglise récupèrera ces avancées sociétales, comme d'habitude...
    Je ne suis pas particulièrement "pour" le mariage pour tous. Le problème me semble posé à l'envers : dans une démocratie, lorsqu'une institution existe ou est mise en place, elle ne doit supporter aucune exclusive ni aucune exclusion au regard de critères subjectifs (couleur de peau, religion, orientation sexuelle...). Partant, il est vital que les droits soient les mêmes pour tout monde.
    Et que l'on cesse de s'occuper de ce qui se passe dans les alcôves !

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    1. On est d'accord : il fait que les droits soient les mêmes pour tous. Mais il s'agit d'une modification d'une notion importante du code civil. Il faut prendre en compte les "idées" de tout le monde.

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  3. Bon dimanche Nicolas,
    moi aussi je suis dans une certaine incertitude de pensée, sur ce sujet. Les certitudes affichées des uns des autres aident à se déterminer, je pense, aussi prendre un peu de temps pour tout entendre ne me semble pas inutile.
    Sur un plan plus général, voici le lien d'un entretien avec D.C.B. qui a des formules intéressantes :
    http://www.varmatin.com/actualites/daniel-cohn-bendit-ee-lv-il-faut-assumer-de-faire-partie-du-gouvernement.958951.html

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  4. D'accord à près de 95% avec toi (d'accord sur toutes les conséquences de ton raisonnement et d'accord sur 95% de ses causes). Je ne vais pas chipoter sur les 5% restants.
    Perso, moi aussi j'ai du mal à me faire une religion sur le sujet. Je ne suis ni vraiment pour ni vraiment contre. En revanche, je pense juste que les familles homoparentales ne sont pas pires que les autres. Si on interdit aux homos d'adopter des enfants, dans ce cas, je veux que l'on en fasse autant et d'abord avec les intégristes, les maris violents, les fachos et cetera...Et je pense que ce serait bien plus salubre que de désigner les homos comme étendard avancé de la perversion.

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    1. Oui. Mais il faut aller plus loin et remettre en cause le droit de certains abrutis d'élever des enfants (ce qui est déjà le cas, partiellement). Le droit à l'enfant (odieuse expression) doit être dissocié du mariage.

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  5. mêmes droits pour tous , point barre
    et qu'en cas de pépin , le(a) survivant(e) puisse continuer à vivre avec les enfants qu'il (elle) a contribué à élever avec affection sans être foutue dehors du logement familial

    au fait barbarin , hier il était en civil ou en évêque , je l'ai pas vu à la télé

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    1. Ce n'est pas qu'une question de droit, c'est aussi une notion de respect des opinions de tous. Il se trouve que traditionnellement ou historiquement le mariage veut dire quelque chose pour certains. Et nous n'avons pas le droit de changer ça au nom de la modernitude.

      On aurait du se contenter de l'égalité de droit. Pas de modifier la signification d'un mot.

      La qrepublique a-t-elle le droit de le faire ?

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  6. J'ai un peu changé d'avis, mais ne répondais pas complètement à Dorham, mais plutôt à la conjonction de plusieurs articles, car chacun à son avis, bien tranché sur la chose. Je comprenais les arguments de Dorham, mais le poids religieux en arrière-plan (et en plus qui se planque derrière le code civil, fais moi rire Johnny) m'emmerde très sérieusement.
    Suis Ok avec Virginie Despentes, et ça me semble simplement "Normal", sans remettre en compte ni la "foi" de certains, ni ce auprès de quoi (l'"institution") ils ont lié leurs existences. Voir commentaire chez Dorham.

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    1. Je ne suis pas ok avec Virginie machin et avec toi via ton long commentaire chez Dorham. J'ai un profond respect pour ceux qui croient en cette vision de la famille : papa, maman, la bonne et moi. (Smiley...)

      Ces braves gens ont une conception du mariage qui n'est pas la nôtre, tant pis. Ça montre donc que le mariage n'a rien à faire dans le code civil.

      Toute position mérite le respect tant qu'elle ne se base pas sur la haine de l'autre. Et ton commentaire chez Dorham se base aussi sur la haine du catho.

      Le mariage est devenu un truc purement religieux. Qu'on leur laisse cette notion et qu'on laisse la République définir les droits liés à la famille.

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    2. Pas la haine du catho, j'aime pas qu'il me bourre le mou avec ces illuminations, c'est tout. Quand une pensée prend sa source principale dans la conscience religieuse, je n'aime pas. Les valeurs n'appartiennent pas aux tenanciers des religions, j'en ai évidemment comme tout le monde, mais je n'aime pas ce sentiment de "ILS sont tous contre nous", surtout que l'ordre moral est très prégnant depuis des années, contrairement à ce que disent les croyants.
      Après, c'était peut-être contre mon propre premier commentaire (un peu endormi), que j'ai réagi. Et surtout après avoir lu Virginie Despentes (après je ne connais pas ses bouquins, jamais lu).
      Franchement le mariage, je m'en bats la nouille, et dans ce cadre (intime entre deux êtres) je ne vois pas du tout pourquoi certain en seraient alors privés.
      L'équilibre du gamin ? Tout le monde le sort. Le problème est plus profond, dans une société homophobe, forcément ça ne sera pas facile pour le gamin, mais si l'environnement" se diversifie et s'ouvre (normalement, parce que c'est dans l'ordre des choses pour moi), je ne vois pas pourquoi il y aurait des problèmes.

      Deuxio, je comprend bien que cette idée de père et mère remue énormément, mais franchement je pense que c'est dans l'évolution et qu'un gamin a avant tout besoin d'être aimé, entouré et soutenu, et qu'il n'y a encore pas très longtemps, l'homosexualité était une "maladie". Même qu'elle l'est toujours pour un grand nombre de nos compatriotes.

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    3. Voilà, tu t'en bats les nouilles, un autre...

      Putain, mais qui te bourre le mou ? A un moment donné, c'est le genre de conneries qui commencent légèrement à m'énerver. On n'a pas le droit de s'exprimer en tant que cathos. Tu crois que les conneries dans le genre : "le mariage, je m'en fous et c'est pour ça que je suis pour que les homos se marient" ne m'énervent pas moi ? Et après, on se tape le couplet sur l'homophobie d'il y a des décennies où l'on considérait les homos comme des malades. C'est encore le cas aujourd'hui ? C'est dingue ce besoin de décrédibiliser l'interlocuteur dès qu'il n'est pas d'accord avec vous. Par ailleurs, tu débats sans fournir un seul argument, sans répondre tout du moins un seul instant à ceux que je présente. A la place, tu préfères nous faire un couplet sur l'ordre moral...

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    4. Qui a dit que tu n'avais pas droit de t'exprimer en tant que catho ? Si je dis le mariage je m'en fous c'est purement subjectif, pour moi il ne représente pas grand chose, si tu vois ce que je veux dire , et je suis bien loin d'y voir le "sacré" que vous, les cathos, y mettez dedans. C'est déjà un argument, le second, c'est la réalité de la chose, et comme il vire très très souvent. Le pire étant sans doute (désolé...) le mariage à l'église, car il n'est pas fait de consentement mutuel, mais généralement de soumission au poids de la tradition alentour (environnement, famille, etc...). Deuxième argument. L'homophobie est bien réelle, et extrêmement prégnante. tu habites peut-être paris, mais va dans le campagne de Morbihan (par exemple), et tu verras ce qu'on fait des PD, bosse dans des secteurs du bâtiment, où j'aio bossé des années (ou autre), et tu verras ce qu'on aimerait faire des PD. Mais je m'éloigne du sujet. Deuxio, je n'essaie pas du tout de "décrédibiliser", je ne suis pas d'accord, point.
      Et c'est toi qui t'appuie systématiquement sur la "morale".

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  7. Intéressante réflexion que je partage en grande partie.

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    1. Il faut un débat sur cette question, si mineure soit-elle, ne serait-ce que pour éviter de prendre des mesures basées sur du vent et ne menant nulle part(selon moi)mais susceptibles de provoquer de nouvelles oppositions radicales.

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    2. Elle n'est pas mineure. Elle définit la société. Sur le reste on est d'accord, il faudrait arrêter de créer des clivages abrutis.

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    3. Elle n'est pas mineure au niveau des principes mais au niveau des faits la question est négligeable.

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  8. Je me fous du mariage. Je me suis mariée pour faire une grosse fête ! Mais même droit pour tous !
    Et juste pour dire : on ne doit pas mentir aux enfants. C'est difficile mais le mensonge est dangereux.

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    1. "Je me fous du mariage. Je me suis mariée pour faire une grosse fête ! Mais même droit pour tous !"

      Vous pouviez faire une grosse fête sans piétiner un symbole millénaire, vous ne trouvez pas. Voilà ce qui m'énerve. J'en ai rien à foutre du mariage, alors balançons- le par la fenêtre. Magnifique propos et plein de considération pour les autres. Tiens, moi, je me fous la Sécu : arrêtons de rembourses des médicaments...

      Pfff, vraiment...

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    2. Je ne pense pas avoir pietiner un symbole ! Je pense simplement que l'on doit donner le droit à tous de se marier ... ou pas ! Parce que soyons réalistes le mariage civil comme acte d'amour : laissez moi rire ! La plupart d'entre nous regarde aussi leur feuille d'impôts par exemple ! A l'heure où 1 couple sur 2 divorce je ne suis pas sure que le symbole soit encore si présent : et je parle bien du mariage civil.
      Mais je crois qu'il va falloir que je réexplique ma position dans un autre billet.

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    3. Justement ! Différencions l'aspect fiscal ou légal du mariage des autres aspects : la création d'un famille.

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    4. Dis donc, comment j'ai écrit mon précédent commentaire, moi ? Avec des moufles ?

      Je comprends ce que vous dites, Hiéléna. Mais c'est justement un argument que je reprends à mon compte. Plutôt que de détruire encore plus ; reconstruisons. Ou, j'ose le dire, finissons-en avec le mariage civil si cela ne veut plus rien dire. Et laissons les choses sérieuses aux gens sérieux.

      Par ailleurs, le mariage civil reste quand même un acte d'engagement. S'engager sans y croire, je trouve cela... Je ne veux pas juger, mais enfin, c'est tristement révélateur de l'époque...

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  9. Un truc sur lequel je suis d'accord. Le dualité mariage civil/religieux rend un tantinet schizophrène. La problème de la transmission du patrimoine pour les homosexuels m'a toujours semblé ahurissante, tout comme le statut de deux parents homosexuels, puisque des couples homosexuels éduquent déjà des enfants.

    Toutefois, tous ces problèmes peuvent être réglés sans toucher au mariage. On notera que j'ai fait assez peu référence à la religion malgré ce que dit Stef - je n'ai fait que défendre André 23 qui est un homme bien, il est celui par exemple, qui s'est le plus opposé aux intégristes.

    Mon problème est plutôt similaire à celui qu'évoque maladroitement Jospin. Qu'est-ce qui fonde une société ? Sur quoi construit-elle son avenir ? C'est une question pratique. Et en effet, il me semble que les enjeux sont importants, dès lors que l'on touche à ses symboles. J'ai l'impression que nos sociétés, en pensant avancer, reculent en réalité et se tirent plusieurs balles dans les pieds. Penser qu'une société a besoin de symbole pour notamment assurer le renouvellement des générations, je comprends bien que ça sent le combat d'arrière-garde, surtout pour quelqu'un qui penserait de manière absolument individualiste... Ou simplement détaché. C'est surtout une question qui monopolise l'attention de l'Humanité depuis les premiers âges... Je ne sais comment le dire mais il y a quelque chose de mortifère dans ce projet de société dont on nous vante tant les qualités...

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    1. Je ne crois que ça soit mortifère mais je réagis surtout à ton premier paragraphe : l'héritage. Je m'en fous. J'en ai fait plusieurs billets à une époque. Je parle de l'héritage en tant que transmission du patrimoine, c'est à dire le seul truc qui puisse rentrée dans un code civil (et je ne suis même me pas sur qu'il le soit) ma mère a deux maisons. J'y suis attaché et je paierai ce qu'il faut pour les garder.

      Mais si on pouvait séparer cet aspect culturel de cet aspect fiscal, ça m'arrangerait bien.

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  10. ça c'est un sujet en or pour les repas familiaux ou les dîners entre amis : chacun ayant un avis ça m'est de l'animation et cette animation complémentairement fait mieux passer les plats trop copieux.
    Maintenant il est à se demander ce que cela peut bien leur foutre, aux uns et autres, qu' une telle ou un tel ait le désir de se marier ... ou pas, d'ailleurs. En quoi une telle décision peut-elle perturber leur vie ou leurs convictions ?
    Il y a bien là le désir, chez ces parangons de vertu, de régimenter la vie de l'ensemble de la population selon leur particularité religieuse.
    C'est amusant - si on peut dire - parce que ce sont ceux-la même qui nous gonflent en permanence avec la soit disant opposition Etat/individu

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    1. À part ça tu as quelque chose à dire, connard ? Parce que pour énoncer des ećvidences en restant caché mais sans vouloir approfondir, tu me sembles parfait.

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  11. Le mariage c'est plutôt ce qu'on en fait qui est important, plutôt que ce qu'il est ou n'est pas ... Faudrait pas quand même avoir besoin d'être docteur en droit pour arriver à faire le tour de son statut personnel marié ou pas marié !
    Le droit du mariage n'a pas évolué aussi vite que les bouleversements médicaux et la notion de droits de l'enfant, ont fait évoluer le droit de la filiation.
    Il faut que ça bouge. Si je n'ai pas trop la flemme je ferai une note chez moi ! POurtant, c'est facile à comprendre que si un examen comparé des sangs permet de savoir qui est l'enfant de qui, et si tous les enfants anciennement dits "légitimes","naturels", "adultérins", ont exactement les mêmes droits ... en sorte que ces catégories disparaissent ... Et si,même, certains pères stériles sont contents de la possibilité d'élever l'enfant de quelqu'un d'autre et le demandent, comme le mari de Lady Chatterley, alors, c'est bien que la notion de famille est multiple de nos jours, que la notion de "fidélité" conjugale ne regarde plus l'Etat mais juste le couple qui se jurera fidélité ou qui se dira, je m'en fouts du tiers comme du quart, pourvu qu'tu m'M et que tu ne m'humilies pas ... C'est bien aussi, vu qu'il n'y a pas si longtemps, il y avait plus de pères que prévu qui ne s'occupaient jamais de leurs gamins (notion de "père absent") ... que si aujourd'hui, il y a des pères et des mères qui sont motivés pour s'occuper de leurs mioches, faut les laisser faire, sans que l'Etat ait à se demander avec qui ces parents couchent et comment !
    Le mariage, pour moi, non merci, j'ai déjà donné ...c'est un lien juridique superflu qui ne protège de rien du tout, ni le conjoint, ni les enfants et qui, au contraire, expose sans facilité pour s'échapper, à des violences physiques, morales et économiques très graves.
    Mais ch'suis pas là pour dégoûter les autres et je suis bien d'accord qu'homos ou hétéros doivent pouvoir se marier si ça les chante.

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  12. Je vais vous aider Nicolas: le mariage est une institution bourgeoise qu'il est bon et juste de démollir.
    En l'offrant aux homos nous oeuvrons pour la disparition de l'ancien monde, obscur et dégoutant, rétrograde et sclérosé.
    Voilà.
    Vous avez des éléments de langage; désormais vous pourrez raccourcir vos billets.

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    1. Nous devrions surtout supprimer tes parents.

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    2. Si c'est de l'humour c'est un peu limite.

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  13. Bel article, très intéressant. Je continue à voter blanc ou pour, à botter en touche ou à longer la ligne côté pelouse...
    Mais il y a une chose sur laquelle je ne vacille pas et qui me désole : la résurgence de l'homophobie exprimée à haute voix, les horreurs verbales habituelles en période de mutation des "fondements de la société" (gays = pervers, zoophiles et/ou pédophiles) et le retour des arguments qui condamnent les homosexuels PRATIQUANTS à l'Enfer (les non-pratiquants (les courageux qui ne se sodomisent point) peuvent être sauvés...).
    Bref, un gros travail de rétro-pédalage pour se rendre compte qu'il suffit d'un rien pour que les sombres opinions que la Loi étouffa ne se réveillent brutalement.
    sébastien h.

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  14. Je ne suis vraiment pas doué pour participer à de telles discussions. Le texte que je cite dans mon billet me semblait montrer combien ces barrages opposés à des évolutions sociétales inévitables se dilueront très vite dans la vraie vie.
    J'ai relu le billet de Dorham, je viens de lire ces commentaires. Le débat me semble toujours aussi faux.
    - Le mariage est à la base une institution religieuse, (principalement judéo-chrétienne, les autres religions ont des relations -disons plus variées- avec cette institution).
    - le code civil a choisi -à une certaine époque- de baser la construction de la société sur cette structure familiale, un père, une mère, des enfants. (Et non une mère, un père, et sa descendance. Mais, bref... Ce choix de normes a été, petit à petit, comme tant d'autres, grignoté. Le divorce, l'adoption, la procréation assistée, tout ça, tout ça... Je fais partie de ceux qui se demandent ce qu'il reste réellement aujourd'hui des idées fondatrices ?
    - Aujourd'hui, la demande DE BASE est de prendre en compte l'évolution de la société, en définissant la nouvelle cellule primaire qui constitue une famille. En prenant en compte la phénoménale évolution de ces dernières cinquante années.
    Les croyants auront toujours leur mariage religieux. Qu'ils en fassent ce qu'ils veulent.
    La république, par cette loi, remettra de l'égalité entre toutes les cellules familiales. LES DIFFERENTS CELLULES FAMILIALES, bon sang ! C’est tellement simple !
    Et arrêtez de vous mettre des œillères ! Derrière, il y a surtout ce qui pourrait être une formidable offensive contre l’homophobie. Etre comme tout le monde, fera peut-être quelques jeunes gays qui éviteront le suicide, quelques homos ou lesbiennes qui respireront un peu plus facilement !
    Pour finir : je fais partie de ces homos dont Dorham parle, qui ont choisi de fonder une famille « normale », avec une femme hétérosexuelle. En toute transparence. Aucun mérite, en 1970, ne n’aurais pas su faire autrement. J’ai eu la chance, je dis bien l’extraordinaire chance, de vivre 40 ans de bonheur et d’avoir 3 merveilleux enfants… Mais Dorham, et les autres « cathos de gauche » pleins de bonnes intentions, pour un couple comme le mien, pour une famille heureuse et épanouie, combien de « honteux » et de « honteuses » ont fait le malheur de centaines de femmes et sans doute de milliers d’enfants ? Quelle proportion des divorces dont vous vous désolez ? C’est sûr, si les pédés se les coupaient… Si les lesbiennes étaient rééduquées par de « vrais hommes »…

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  15. Boby,

    NON, je ne parle pas de ces homos qui ont choisi l'hétérosexualité pour quérir une forme de normalité. C'était pure provocation de ma part. Je respecte les homosexuels et ne milite en aucune façon pour qu'ils se nient. Je suis aussi favorable au fait que la société progresse vers toujours moins d'homophobie, plus d'acceptation vis à vis de la différence. Les drames humains que tu évoques me touchent autant que toi...

    C'est le débat sous l'angle que tu abordes qui me semble faux. Un coup, c'est le symbole qui est primordial, le coup d'après, c'est l'égalité... C'est quand même à s'y perdre. Moi, je suis favorable aux droits, sans le symbole. Je ne peux pas faire plus clair que cela... Et arrêtez (un vous collectif) de dire que le mariage civil, puisque civil, ne peut pas être un enjeu pour les catholiques. C'est absolument faux. Ces deux mariages sont liés. Ils n'ont certes pas la même force, ni la même solidité puisque l'un est quasi indissoluble quand l'autre est quasi effervescent. Toujours est-il qu'en qualité de symbole, ils influent grandement sur la société que l'on construit, sur ce quoi elle se fonde, sur ce qui permet de la perpétuer...

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  16. Tssss, Dorham !...
    Bonsoir, d’abord. Depuis le temps…
    C’est moi qui aborde le débat sous un faux angle ??
    Le symbole peut améliorer l’égalité, hé ! Oh ! Et grandement !
    C’est l’une des principales raisons pour lesquelles je suis partisan de cette réforme. Le mariage en soi ne m’importe guère, personnellement, comme tu peux t’en douter. D’autant que là, avec un compagnon du tiers de mon âge, je te dis pas les nouveaux remous !
    Sacro-sainte morale judéo-chrétienne.
    Mais j’ai vu tant de souffrances. Je voudrais tant qu’elles cessent ! Venons en au fait de ma réponse : « Et arrêtez (un vous collectif) de dire que le mariage civil, puisque civil, ne peut pas être un enjeu pour les catholiques. C'est absolument faux. »
    Là est la pierre d’achoppement, Dorham ! Je me fiche de ce qui peut être un enjeu pour les catholiques ! Ils représentent une minorité de pensée dans la République, et je ne leur reconnais pas le droit de bloquer l’évolution d’une institution laïque et républicaine, et de prétendre régenter ma vie. Qu’ils réfléchissent, qu’ils s’interrogent, qu’ils s’expriment au sein de leurs Eglises. Mais qu’ils ne viennent pas me dire ce que je dois penser et faire. Tu apprécies le « Sieur 23 ». Soit. Mais ce qu’il a dit, il l’a dit dans un cadre que la loi de 1905 ne lui autorise pas. Les français ont voté, notamment sur cette proposition de « mariage pour tous ». La démocratie veut que l’ensemble des français se plie au suffrage universel.
    Je sais que je suis maladroit dans mon expression. Lis Amin Maalouf, il relativise bien mieux les choses que moi dans sa réflexion sur les identités.

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    1. Boby,

      Ton commentaire est très intéressant. Pour ne pas enquiquiner Nicolas qui n'aime pas les discussions à rallonge sur son blog, je vais essayer de te répondre point par point sur le mien. Tu le liras ou non. Selon ce qui te semblera bon ou non.

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