En salle

30 décembre 2012

2012, l'année du rêve ?

L’heure est au bilan de l’année 2012. Les journaux vont nous abreuver de rétrospectives. Je pourrais faire la mienne. Je commencerais par le 22 janvier 2012. J’étais au Bourget, pour le fameux discours de François Hollande qui nous parlait du rêve. J’étais là avec les amis blogueurs sauf Gildan, l'andouille, qui était arrivé trop tard !

Les blogueurs étaient réunis autour d’une table où nous n’entendions pas grand-chose. En fait, on n’écoutait pas. On cherchait à capter le réseau Internet pour faire le job, ce job qui nous a réuni, toute la campagne, au cours des « riposte parties ». Nous bloguions, nous tweetions…

A un moment, avec Zeyes, on était las de ne pas entendre, de ne pas participer à la liesse des militants qui écoutaient celui que nous savions être le futur Président de la République. Alors, on s’est levés. On s’est rapproché de la foule (et des hauts parleurs…) et on a écouté. Je suis resté, captivé.

Quelques mois plus tard, j’étais chez ma mère et je suis tombé par hasard sur une vidéo de la fin de ce discours.


J’en avais les larmes aux yeux. Tout ce chemin accompli et tout ça.

« Je veux, je veux que nous allions ensemble vers la France de demain ! Une France du travail, du mérite, de l’effort, de l’initiative, de l’entreprise, où le droit de chacun s’appuiera sur l’égalité de tous. Une France de la justice, où l’argent sera remis à sa place, qui est celle d’un serviteur et non d’un maître. Une France de la solidarité, où aucun des enfants de la Nation ne sera laissé de côté. Une France du civisme, où chacun demandera non pas ce que la République peut faire pour lui, mais ce que lui, peut faire pour la République ! Une France de la diversité où chacun apportera sa différence, mais dans l’unité de la République, où les Outremers nous ouvrent à tous les horizons du monde et où les enfants d’immigrés doivent être fiers, fiers d’entre Français, Français, parce que c’est le plus beau nom qu’on puisse donner à un citoyen du monde, à une France de l’exemple, où le pays se retrouve dans ce qui l’élève, dans ce qui le réunit, le dépasse, une France de la confiance où toutes les forces qui la constituent se mobilisent pour l’avenir !

La France, la France n’est pas un problème. La France est la solution !

Voilà le choix, chers amis, voilà le choix qui vous attend. Toujours le même, toujours celui, depuis que la démocratie existe, entre la peur et l’espoir, entre la résignation et le sursaut, entre l’agitation et le changement. Eh bien le changement, le changement, c’est maintenant ! Le redressement, c’est maintenant ! La justice, c’est maintenant ! L’espérance, c’est maintenant ! La République c’est maintenant !

Mobilisons-nous, rassemblons-nous et dans trois mois, dans trois mois, nous ferons gagner la Gauche, avancer la France et nous réussirons le changement ! Le changement, j’y suis prêt !

Vive la République ! Et vive la France ! »

Du rêve au cauchemar.

« Et je me permettrai de citer Shakespeare, qui rappelait cette loi pourtant universelle : « ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve ». Eh bien nous réussirons parce que nous commencerons par évoquer le rêve ! Le rêve français, c’est la confiance dans la démocratie, la démocratie qui sera plus forte que les marchés, plus forte que l’argent, plus forte que les croyances, plus forte que les religions ! »

Le 6 mai est arrivé. J’étais sur le plateau de France 2 (pas devant la caméra, dans le décor ! Je ne savais pas que j’étais décoratif à ce point…). En sortant, j’ai croisé Lionel Jospin. J’ai refusé de lui serrer la main… Il faut dire que je sortais des toilettes et mes mains étaient encore humides.

Je n’ai pas eu le courage d’aller à la Bastille faire la fête avec les copains blogueurs. Je suis rentré au Kremlin-Bicêtre et j’ai foncé à l’Aéro, le petit bistro en bas de chez moi. Nous avons regardé la télévision jusqu’à une heure avancée, avec Karim, Ramdane et les autres. Dans la soirée, je me suis mis à penser à deux copains blogueurs socialistes morts en 2011 et j’ai commencé à ressentir une profonde émotion, à nouveau, allant jusqu’à verser quelques larmes en écoutant Hollande causer.

Dans le tramway, pour rentrer, j’avais continué à penser au billet que j’allais faire le lendemain : « Ca fait quelques semaines que je l’ai en tête, ce billet du 7 au matin. Depuis que la victoire est acquise. Je me demandais combien de banalités j’allais pouvoir balancer par ligne de texte. Attention, c’est parti !

Je voulais dire combien j’étais fier de notre candidat. 18 mois que j’y crois. J’ai toujours suivi François Hollande suite à une anecdote que j’ai déjà raconté ici […]. Depuis, il a été encensé comme stratège politique suite à des élections territoriales puis jeté dans la boue suite à 2005, … Tout ça est balayé. Il a trouvé une belle place dans les livres d’histoire.

Mais on l’a à l’œil quand même.

Je voulais dire combien j’étais fier de ses équipes, tous ces gens que j’ai côtoyés, qui on fait un boulot formidable tout au long de l’année !

Je voulais dire combien j’étais fier des copains blogueurs et combien j’étais fier de moi, pour avoir contribué à ce machin à mon modeste niveau, faisant youplaboum dans les blogs et dans Twitter.

Merci à tous, merci François ! […] »

Après il y a eu les législatives et la belle équipe gouvernementale mise en place. L’été est arrivé et dès le mois d’août on a commencé à faire face à une hostilité parce que les Français trouvaient que ça n’allait pas assez vite.

Certes, on a eu des belles mesures mais combien de petites désillusions qui ne seraient rien si le cumul n’était pas lourd à porter.

L’année a fini en beauté. J'ai lu beaucoup d'avis d'internautes depuis que le Conseil Constitutionnel a censuré "les 75%". Les réseaux sociaux voient passer un peu de tout, en commençant par des gauchistes en peau de zob qui voient derrière tout ça une énorme manipulation de François Hollande qui ne voulait pas que le texte passe. Les internautes plus proches du Gouvernement sont atterrés mais cherchent des coupables : des hauts fonctionnaires, des députés,... Trouver un coupable est sans doute rassurant mais ça ne suffit pas pour masquer ce cirque

Jean-Marc Ayrault a déclaré : « L'opposition voulait une censure sévère. Elle est symbolique mais pas sévère » !

On est d’accord ! Mais quel symbole ! L’art de clôturer en beauté une année qui fut magique puis pénible. Un camouflet sérieux que le Premier Ministre qualifie de « symbolique »…

On va faire comme lui. On va positiver. Le Conseil constitutionnel a validé les grands principes de la réforme fiscale, et notamment :
  • le renforcement de la progressivité de l’impôt sur le revenu (tranche à 45 %, plafonnement du quotient familial),
  • l’alignement de la fiscalité des revenus du capital sur celle des revenus du travail,
  • le rétablissement d’un impôt sur la fortune, injustement abaissé au bénéfice des plus aisés par le précédent Gouvernement,
  • le rapprochement de l’impôt sur les sociétés payé par les plus grandes entreprises de celui acquitté par les PME,
  • le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), mesure centrale du Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi.

François, Jean-Marc et les autres, n’oubliez pas le rêve Français. N’oubliez pas le 22 janvier 2012.

« ils ont échoué parce qu’ils n’ont pas commencé par le rêve »

« Mais on l’a à l’œil quand même. »

N’oubliez pas le rêve !

20 commentaires:

  1. Excellent comme souvent. Je retiens : "n’oubliez pas le rêve Français. N’oubliez pas le 22 janvier 2012". Malheureusement, je ne suis pas très optimiste pour le passage du rêve à la réalité. Les chiffres et prévisions semblent me donner raison pour 2013. Ah, si je pouvais me tromper et eux aussi...

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    1. Merci.

      Oui les chiffres sont mauvais mais il ne fallait s'attendre à sortir de la merde en claquant des doigts.

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  2. Quelques vérifications de textes et de procédure s'imposent (la procédure législative pour les lois de finances est dérogatoire & plus contraignante que celle des lois ordinaires).
    Quant à la sacro-sainte règle de l'imposition d'un "foyer" fiscal : peut-être serait-il temps de passer à autre chose : cette règle qui pose que l'assiette de l'imposition à l'IR résulte du cumul des revenus des personnes physiques du foyer est injuste : celui qui gagne le moins dans le foyer paye autant que celui qui gagne le plus. En cas de divorce,le conjoint le plus riche se fait un malin plaisir de laisser au plus pauvre la facture.
    Ce sacro saint principe ne favorise pas la "famille" : quand on sait que l'imposition par foyer sera trop défavorable, on ne se marie pas, on ne se pacse pas ...
    Quant à la solidarité familiale fondée sur la participation du plus pauvre au paiement à hauteur de la moitié des impôts générés par les revenus du plus riche, je trouve ça plutôt moyen. Il se trouve que ce sont les femmes, qui, à compétences égales,gagnent à peu près 1/3 de moins que les hommes.
    L'idée de faire voler en éclat ce principe de l'imposition par foyer, qui est totalement inique, est loin de me déplaire.
    Bz

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    1. Pareil. Mais le pb n'est pas là. Cette histoire est la couille de trop.

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  3. Mais avec les promesses de prendre un contrepied à l'Europe et de pratiquer une politique de relance, on y croyait !
    J'ai du mal à croire qu'on se lance dans la course à la Présidence sans connaitre un minimum la difficulté et les dossiers qu'on va rencontrer.
    Avec une politique fiscale qui change sans cesse, comment voulez-vous qu'on puisse calculer sur du long terme.
    Bah, rêvons encore un peu alors

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    1. Tu as raison sur les changements mais il est logique de changer... Je crois qu'il y a un engagement de ne plus faire de gros changement pendant la législature, notamment pour les entreprises.

      Il n'a pas promis une politique de relance réellement. Il a promis un retour des déficits sous les 3% ce qu'il tente de faire.

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  4. Je suis entièrement en accord avec votre description de l'émotion durant le discours de votre candidat.
    J'ai ressenti la même chose pendant celui de Sarkozy au Trocadéro.
    Ils sont décidément très fort ...
    J'ai été déçu par Sarkozy durant son quinquennat, mais pas au point de le renier, tant je craignais le retour des socialistes. On y est, et ce qui me choque le plus est cette imprécision dans la gouvernance.
    Vous êtes (relativement...) objectif: combien de temps il vous faudra pour vous sentir floué?
    Allez, bon bout d'an quand même!

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    1. Je ne me sentirais pas floué, ce n'est pas la question, je crois. Je suis seulement ulcéré par des petites conneries, un sentiment d'amateurisme (ce n'est qu'un sentiment).

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  5. Restons positifs, les temps sont durs...
    On fini l'année avec la gauche aux manettes, c'est une satisfaction. Beaucoup d'erreurs, d'approximations et de "renoncement" n'en tâchent en rien ce "rêve" devenu réalité au soir du 06 Mai.

    Je me sens bien dans la France de François, personne ne m'agresse à la télé, chez moi devant mes gosses. Mes origines "étrangères" ne sont plus l'alpha et l'oméga de la politique du gouvernement, je ne suis plus l'excuse, ni la "causse" des mots de la république, Enfin libre...

    Et cette liberté porte un nom : François Hollande. Pour moi, le rêve se lit aussi sur le volume quiétude gagné au jour le jour, depuis ce jour historique du 06Mai2012.

    Blogueur de gouvernement? Oui. Au nom de la liberté, de l'égalité (on verra pour la fraternité), je confirme le fait que "le rêve français" est déjà en marche. La perception de ce rêve est à géométrie variable en fonction des attentes des uns et des autres...

    Ce rêve, je l'espère pour tous. Il faut du temps, celui du changement pour bâtir, dans le respect, une France toujours plus belle, toujours plus prospère, et prête pour le grand rendez-vous de la croissance. Chantier gigantesque.

    Vive la république apaisée, vive la France et Merci François.

    À chacun son rêve.

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    1. Beau commentaire. Tu devrais en faire un billet. Mais rassure toi ! Je suis juste énervé par une succession de bourdes, je ne renie pas le reste !

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    2. Bonne idée.
      (Merci)

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  6. Rêvons encore et positivons, il reste 4 ans et demi pour construire une belle France. J'y crois.

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  7. J'ai eu un message d'erreur en mettant un commentaire v'là autre chose!

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    1. Problème de cache visiblement.
      Je disais donc qu'il reste 4 ans et demi pour construire une belle France. J'y crois à donf.

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  8. L'année 2012 semblait bien mal engagée quand le musulman d'apparence fut une catégorie de français apparue dans la bouche de Nicolas Sarkozy...
    L'âpre campagne de la droite non pas forte, mais de la droite extrême commençait, dérivant sans cesse du cadre républicain.
    Certes aujourd'hui tout n'est pas rose, le changement prendra du temps en raison des montagnes de dettes qui pèsent chaque jour sur nos capacités d'actions.
    Mais grâce à notre Président qui cherche à apaiser ces tensions pour refonder concrètement, par l'éducation l'envie de vivre ensemble, loin du débat sur l'identité nationale qui avait pourtant le même but. Je remercie vivement notre Président d'avoir apaisé les tensions racistes dans notre pays.
    Espérons que ça dure malgré l'impact des prochains conflits (Mali, Iran)...

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    1. Oui. Mais n'oublions pas que "nous" n'avons gagné que de peu.

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