En salle

05 février 2013

Twitter, ce réseau antisocial

Mon compte Twitter aura six ans en avril. Depuis deux ans, voire un peu plus, Twitter n'en finit plus d'être à la mode ! Il avait été le héros des printemps arabes (même s'il semble le seul survivant). Aujourd'hui, il est utilisé pour suivre les débats à l'Assemblée Nationale sur le mariage pour tous, ... Ce matin, il y à plus de titre dans la presse avec le mot Twitter qu'avec le mot mariage. L’orientation que prend Twitter me « déplait » : il s’éloigne beaucoup du réseau social bon enfant que j’ai connu.

J'observais ma TL hier soir vers 20 heures. Le hashtag #DirectAN figurait dans un tweet sur deux. C'est aussi une nouvelle mode. Les gugusses sont devant leur poste de télé à regarder des émissions pour rechercher des conneries à dire. Ainsi, dimanche ou samedi soir, c'est #TheVoice qui me gonflait à un point que j'ai unfollowé quelques types. Hier soir, heureusement qu'on avait le mariage pour tous pour rendre moins visible #dcdc puis #MasterChef. Je crois. Ne regardant jamais la télé, je ne connais pas par cœur les programmes. 

Je connais des types qui se vantent de ne pas regarder la télé. Une espèce de snobisme. Moi pas. Je ne regarde pas la télé parce que je suis au bistro à l’heure où les gens regardent la télé. Mon côté social... Par contre, quand je vois des braves gens regarder des émissions télé uniquement pour pouvoir tweeter en même temps, je trouve ça ridicule. Ils feraient mieux d'aller au bistro. 

Je ne suis pas en train de faire une leçon de morale à deux balles. Chacun fait ce qu'il veut. Il n'empêche que ma TL est polluée par des conneries. Ce qu'il y a de plus grotesque dans Twitter tourne autour des types qui passent leurs journées à faire des commentaires très sérieux sur la vie politique et deviennent complètement cons, le soir, devant #kohlanta. Il y en a qui passent leurs journées à expliquer que les électeurs sont des veaux et les médias des ânes mais qui vont, quand même,se comporter comme les pires des veaux suivant les ânes.

Cela étant, je comprends très bien que des Twittos puissent être exaspérés par mes vannes à deux balles lancées du bout du comptoir. Et je suppose que j'ai gonflé plein de monde pendant la campagne pour #FH2012. Les soirées de riposte étaient l’enfer.

Twitter est à la mode mais, en plus, il y a des modes à l'intérieur de la mode comme ces articles de presse à propos des députés qui tweetent et ces livetweets d'émission télé. Parfois, ça part en vrille. L'autre jour une « chaîne » a démarré, il fallait remplacer un mot dans un titre de film par Boutin. On rigole bien. Il y en a qui proposaient des trucs comme : "la Boutin et le prisonnier", ce qui n'est pas aimable. Moi j’avais fait, entre autres conneries : « Elle ne parle pas, elle ne fume pas, elle ne drague pas mais… Boutin cause. »

Ce qu'il y a de rigolos avec Twitter, c'est que chacun en fait son propre usage et l'utilise comme il veut jusqu'à ce que ça ressemble à un gros bordel quand les Twittos se mettent à faire comme tous les autres et suivre une de ces modes débiles. 

Parmi les usages, un des plus anciens consiste à backtweeter des « liens » : des billets de blogs, des informations intéressantes, … Je ne doute pas qu’on trouve un tas de trucs bien dans tout ce pataquès mais, pour ma part, je ne clique quasiment plus sur rien sauf quand les backtweets sont avec « @jegoun ». Toujours est-il que j’ai constaté deux comportements rigolos : d’une part, il y a les twittos qui publient des informations qui ont déjà fait le tour du web depuis plusieurs heures et, d’autre part, il y a les twittos qui backtweetent si rapidement qu’ils ne peuvent pas avoir eu le temps de lire les dépêches ou les billets. On frise parfois le sublime.

J’ai des noms.

Je vais vous poser deux questions. La première : cliquez-vous souvent sur un lien que vous voyez dans Twitter si vous ne connaissez pas réellement la personne qui l’a balancé ? La deuxième : pouvez-vous me rappeler la deuxième question que j’avais en tête ?

Mes billets de blogs (pour les six…) sont publiés automatiquement sur mon compte @jegoun. Savez-vous combien de Twittos vont cliquer sur les liens ? J’ai retrouvé ma question. C’est simple, en moyenne 14 ou 15. Celui-ci aura peut-être un peu plus de visiteurs car il parle de Twitter. Je vais essayer de mettre un titre qui claque.

Si on triture ce chiffre dans tous les sens, on arrive au résultat suivant : un abonné sur 300 clique sur les liens vers mes propres blogs que je balance. C’est dérisoire. La proportion tombe à un abonné sur 140 pour les blogs qui sont repris par @kremlindesblogs. Sur @lefuroscope, on tombe à un sur dix. Tirons-en une conclusion idiote : l’influence des compte twitter est inversement proportionnelle à leur notoriété et à leur nombre d’abonnés. Je pourrais d’ailleurs déprimer : les comptes Twitter que je gère en « sous-marin » sont plus efficaces que mon compte principal, visiblement suivi plus pour les conneries que je raconte que pour les informations que j’y diffuse.

Il y a d’autres phénomènes que je trouve ridicules.

Le premier : les twittos politiques qui se prennent pour des gens importants. Il y en a plein. Les gugusses ont 1000 ou 10000 abonnés et ils se prennent pour les rois du monde. Ils oublient qu’ils ne sont que des trous du cul comme les autres, voire pire. Par exemple, pour faire mes billets de blogs, je bosse. Celui d’hier soir avec une liste de nominations par les socialos a nécessité du boulot, des recherches sur Google et Wikipedia, de la rédaction. D’autre twittos ont une activé politique, ils militent, distribuent des tracts, vont à des réunions, des meetings, font du porte à porte, … Mais le profil typique du Twittos politique est celui qui traine dans Twitter de 19 heures à 21 heures et qui se prend pour quelqu’un d’important. Il mérite des baffes.

Le deuxième : parmi ces imbéciles, il y en a qui m’agressent personnellement pour mes billets de blogs. Une véritable police de la pensée. Des trous du cul. Cela étant, je trouve complètement délirant qu’ils oublient que derrière @jegoun, il y a une vraie personne. Ca ne me viendrait pas à l’esprit d’agresser un type qui n’est pas lui-même agressif dans Twitter.

Le troisième : les twittos qui pleurnichent quand je les unfollowe. Je suis désolé, je présente mes excuses et tout ça. J’unfollowe parce que suivant beaucoup de monde, je m’y perds et que je trouve complètement con de faire croire à des gens que je les lis alors que ce n’est pas vrai. C’est bien cela qui me désole : des gens qui s’imaginent qu’on est réellement potes alors que je n’ai fait que cliquer sur un bouton, une fois, pour demander à les suivre pour voir s’ils disaient. Ils confondent un avatar avec un ami. C’est à pleurer.

Le quatrième : les amis (plus ou moins proches) qu’on est obligés d’unfollower parce que leur comportement dans Twitter nous gavent.

Je me demande donc si je n’aurais pas intérêt à arrêter de tweeter. Je ne vais pas le faire mais c’est une question que je me pose de temps en temps. Il y a un mois, environ, j’avais commencé à passer des soirées dans @nicolasjegou plutôt que @jegoun et y tenir une activité tout autre que celle du blogueur politique qui passe ses soirées au bistro : celle du non blogueur politique qui passe ses soirées au bistro.

Il y a quelques années, dans Twitter, on rigolait et on papotait avec les copains. Twitter est monté en puissance. Les blogueurs ont été un peu perdus. Les commentaires à leurs billets se sont déportés vers les réseaux sociaux et ils ont cru indispensable d’utiliser Twitter pour améliorer la notoriété de leurs blogs. On s’est mis à compter le nombre de backtweets, de RT, de clics, …

Mais on ne rigole plus avec les copains.

Twitter n’est plus un réseau social, c’est devenu le coin où l’on papote avec des gens qu’on ne connaît pas et dont on n’a que faire. On perd du temps à échanger avec des andouilles, certes très souvent fort sympathiques, mais au détriment de tout le reste. On patauge dans l’actualité immédiate sans savoir prendre du recul. On s’éloigne de la vraie vie pour s’attacher à des avatars.

Un réseau antisocial. Je préfèrerai toujours mon comptoir.

20 commentaires:

  1. Oh oui twitter à commencer à changer dès qu'il a eu un grand succès, c'est bien regrettable.

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  2. Il m'arrive d'envoyer des liens sans les ouvrir (ou plus exactement je le ouvre mais ne lis pas entièrement), mais je ne le fais qu'avec des gens en qui j'ai entièrement confiance. Sinon oui, je lis.

    Il m'arrive de faire des livetweet d’émissions que je regarde su style #ONPC, #OVSG, #TopChef ou #Masterchef si je regarde....désolé si ca pollue, mais j'aime bien.

    Et oui, je passe en ce moment des heures à regarder LCP AN 24/24 et de commenter les débats de l'assemblée Nationale......Que veux-tu, me finance ne me permettent plus d'aller au bistrot. Pourtant un paire de patrons de ces établissement ont pu se payer une résidence secondaire rien qu'avec ce que je leur ai laisse, lol.

    Voili Voilou :-)

    PS : Je note que je dois finir tous mes tweets par @jegoun, lol

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  3. Je te le disais ce matin sur un autre blog: twitter me fatigue: trop de n'importe quoi, trop de trucs moutonniers, trop de trolls gratuits.Et trop chronophage.

    Je l'utilise pour veiller, pour diffuser les billets de mes deux blogs (et l'un des tiens qui est automatiquement diffusé dès publication), pour discuter, veiller et organiser des trucs.J'ai rencontré des gens par ce biais, j'occupe des heures perdues dans le bus, des pauses...mais je suis de plus en plus fatigué par les nerfs que tout cela bouffe.

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  4. Je ne regarde pas la TV : pas par snobisme,mais parce que ça me saoûle. Je peux suivre les émissions que je veux sur mon ordi : ça prend moins de place. Si je veux une qualité d'image pour un film,je vais au cinéma : y'en a des dizaines à moins de 2km de chez moi.Ce n'est pas le cas dans certains coins,banlieues ou province : et c'est pour cela que je suis encore plus en colère contre les chaines de TV qui ne jouent pas à fond leur rôle de vecteur de l'information et de diffusion de la culture.
    Twitter : pour le moment, je trouve ça drôle :ça permet aussi de donner sa propre opinion à qui veut bien la recevoir sans forcément créer des liens plus que ça.Tant pis si on échange un peu à tort et à travers.Des espaces où l'on peut exprimer librement son opinion et même essayer de convaincre certaines personnes,car le prosélytisme,c'est normal et c'est légal, finalement,il n'y en a pas tellement : y compris dans les partis ou les associations où les réunions,c'est le plus souvent, moins le lieu de débats d'idées que celui du cadrage des tâches militantes ou des projets associatifs.
    Néanmoins, il y a un tas de comportements qui me font rigoler comme toi : celui des personnes qui courent après le nombre de followers ou de clics et qui croient que ça les notabilise; celui des personnes qui ont un avis tranché, sûrement pas mal de blessures d'ego dans leur sac à dos et qui passent leur temps dans la confrontation avec autrui ou se sentent blessés et jaloux des paroles ou des actes d'autrui : ces problèmes c'est entre eux et eux, pas entre eux et toi ou moi, ou tel autre type.Mais peut-être que dans 6 ans, j'aurai un autre avis : pour le moment mon compte n'a pas six mois ! :DDD
    Bz

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  5. Excellent billet, vraiment. Moi j'ai cliqué pas mal sur "Unfollow" ces temps-ci, marre de la pollution. Et même si je n'envisage pas de quitter Twitter, il y a des moments où je n'y reste pas, et des jours où je n'y passe pas du tout. Parfois, la pause s'impose...

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    1. Tiens ! Je ne t'ai pas répondu. Pareil j'ai une utilisation chaotique.

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  6. " Ils oublient qu’ils ne sont que des trous du cul comme les autres, voire pire" --> J'adore...

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  7. Tchache,

    Regrettable, je ne sais pas ? Je le regrette personnellement mais si plein de gens y trouvent leur bonheur, pourquoi pas ?



    Fred,

    On fait tous ça ! On lit à moitié, on juge intéressant, on balance. Mais dans le fond, on pollue. Je fais même ça avec les blogs des copains, je tweete quand je les vois mais je ne lis qu’ensuite.

    Ce n’est pas la peine de terminer par @jegoun tous tes tweets, je vais finir par te bloquer.



    Romain,

    Oui, cela tape sur les nerfs. Quand un lascar m’énerve, j’en fais un billet sur macomete.com, ça le fait passer pour un taré.



    Apo,

    Ton comportement avec Twitter (et je le comprends) n’a rien de « social ». Je ne sais pas si le comportement de certains ont un rapport avec l’égo. Je crois que c’est souvent de la pire connerie.

    Au début, Twitter n’avait rien à voir. On y discutait réellement, on s’échangeait des informations. Quand je balançais un lien, j’ajoutais un @ machin parce que je savais qui ça allait intéresser.



    FalconHill,

    Bah !

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  8. Je clique souvent je crois sur des liens balancés par des personnes que je ne connais pas. Curiosité, info qui m'aurait échappé (ce qui m'arrive souvent puisque je dois regarder la TV 1h en journée et le soir en prime time à tout casser seulement).
    Et quand je tweete une info qui tourne en boucle depuis 3 heures, c'est pas par souci du sccop mais plutôt pour dire "tiens j'ai lu ça, j'ai trouvé ça intéressant".
    Quant aux blogs, je ne tweete que ce que je lis. J'ai abandonné le RT automatique depuis longtemps.
    Mais je te comprends et comme Apo, quand mon compte aura 6 ans (si je tiens jusque là), j'aurai sans doute un autre regard sur Twitter.

    Tu aurais pu mettre la vidéo de Trust "Antisocial" quand même merde!

    Et comme Falconhill, j'adore aussi cette histoire de trous du cul!

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  9. Je me reconnais. Je préfère tes vannes de comptoirs au LT d'émissions débiles. D'ailleurs je n'ai pas la télé. Aucun intérêt à l'avoir tout simplement, qu'en ferais-je ? Je manque déjà de temps pour tout ce que j'ai envie de faire, y compris raconter des conneries ici.

    Mais twitter ça a parfois des bons côtés. Tiens, lundi soir, je dînerai à New York avec un type rencontré à la Comète un jour, grâce à twitter et aux blogs :) Non, ce n'est pas le commentateur précédent, qu'il faudra que je croise à nouveau un jour d'ailleurs !

    Et un truc pas mal avec ce genre de réseaux sociaux c'est qu'on peut parfois faire reset et repartir de zéro. Je cherche le nom de mon prochain compte twitter…

    Éric

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  10. J'ai cliqué sur ton lien et, je viens de lire ton billet grâce à Twitter.

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  11. Bon avec ton système de modération en fait mon "commentateur précédent" est loin plus haut. Il se reconnaîtra. Et moi aussi au fait j'ai cliqué sur ton lien dans twitter pour ouvrir ton billet.

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  12. Bem,

    Oui, je clique aussi sur les billets des copains quand je découvre leurs billets dans Twitter. Mais c’est plutôt par Google Reader que je découvre.

    Elooooody,

    J’ai pensé à antisocial mais je n’ai pas accès du bureau… Quand on publie sur le net, il faudrait toujours penser aux gens en face. Par exemple, mon billet, ici, est trop long (et encore, j’ai fait le ménage).

    Eric,

    Tu as tué l’autre compte ? Je n’arrive plus à lire tes tweets…

    Tu as raison, Twitter permet de faire plein de rencontre intéressante. D’ailleurs, c’est dans ce machin qu’on s’est rencontrés.

    Ouais, repartir à zéro…

    (je suis obligé d’activer la modération pendant quelques temps, trop de connards réactionnaires).

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  13. Paf, je l'ai twitté ce billet pour la peine.

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  14. Devrais je créé un nouveau blog, un macomete?

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  15. Comme d'autres, ce que je retiens c'est que ben oui c'est pas parce qu'on a des followers sur twitter qu'on a plus de poids (ou de pertinence) dans ce qu'on dit. On pourrait dire la même chose de certain(e)s qu'on voit et entend beaucoup dans les médias.

    Je lis en général les liens, mais pas toujours en détails. Ou alors il arrive que je les ai lus plus tôt dans la journée et que je n'ai pas twitté, du coup je RT ce qui le font (flemmardise quand tu nous tiens). Et je reste persuadée que le débat est plus efficace autour d'un verre en vrai que sur twitter, avec le recul, des échanges qui ne se limitent pas à 140 caractères.

    Mais j'ai fait de belles rencontres (même cyber rencontres) grâce à twitter et eu même des échanges utiles et constructifs. En fait c'est comme dans la vraie vie il faut apprendre à faire du nettoyage, et j'utilise plus qu'avant la fonction bloquer/unfollow (pas encore le réflexe des listes).

    Et mon blog est un défouloir je n'ai aucune prétention et j'essaie de mettre des liens à d'autres qui écrivent et analysent mieux que moi.

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  16. Ben je suis venue sur ton blog pour le dernier billet et j'ai cliqué sur des liens dans la colonne de droite pour aller à d'anciens billets. Rho mais 2 mois d'archives on peut pas dire que je remonte à 10 ans en arrière non plus hein!

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