En salle

07 août 2013

Fais comme moi : lis le rapport du FMI

Certains à droite essaient de montrer que le rapport du FMI sur la France serait assez négatif pour le Gouvernement. Pourtant, ils devraient le lire, il est disponible sur le web (en anglais et en pdf). Il commence par une charge contre le gouvernement précédent ou presque qui n’aurait rien fait et donne un large satisfécit à la gauche qui a entrepris les bonnes réformes.

C’est amusant que les types de droite critiquent d’ailleurs ces réformes puisqu’elles sont plutôt de droite, pour certaines, ou, du moins, font bondir la gauche de la gauche. J'ai fait un billet pro Hollande, à midi... Ca change.

Contrairement à ce que disent certains à droite, le FMI salue les mesures du Gouvernement pour la réduction des dépenses publiques qui se fait au bon rythme, même si d’autres pistes peuvent être recherchées.

Ils indiquent que sur les efforts prévus en avril 2013 dans le projet présenté à la BCE, on ne pourrait prendre en compte que les mesures de baisse des dépenses et arrêter celles de hausse des recettes.

D'ailleurs, c'est rigolo aussi : le FMI tape sur la Commission de Bruxelles (et les différentes instances) qui ont imposé n'importe quoi...

Je vous en conseille la lecture et vous en livre quelques extraits, traduits par mes soins, ce qui n’est pas peu dire…

Je me demande comment des types qui ont soutenu Nicolas Sarkozy et le Gouvernemetn de François Fillon se permettent encore de faire les malins alors que la lecture de ce rapport est clair : ils méritent des baffes.

Je me lance, sans filet…

« A cause d’un renfort de la fiscalité (ben oui, la hausse de la TVA, début 2012, et l’annonce d’une nouvelle hausse pour août 2012) et d’un manque de confiance (envers un gouvernement sans ligne politique franche jusque là), la reprise est restée au point mort en 2012. La consolidation budgétaire demeure importante et il pourrait y avoir une contraction en 2013 (ben oui, les principaux effets de la loi de finance pour 2013 n’arrivent qu’en fin 2013 et les principales décisions depuis, le CICE et la TVA, entrent en application le 1er janvier 2014) pour arriver à une croissance légère en 2014.

Contexte : des rigidités structurelles dans le travail (avant les réformes libérales faites par la gauche, on croit rêver) et dans les produits de marché (traduction… ?) avec des actions peu rentables (ben oui, les mesures à la con de la droite) ont sapé la croissance et contribué à la diminution des performances à l’export (ben oui, elles baissent depuis l’arrivée de la droite au pouvoir, en 2002). D’un côté positif (ah !), les conditions de crédit restent favorables et la « demande privée » n’est pas plombée par ces histoires de consolidations budgétaires (on peut donc augmenter les impôts ?) et est donc plus apte à répondre favorablement à une amélioration de la confiance (ben oui, elle revient…).

Risques : les principaux risquent résident dans les mauvaises perspectives de croissance en Europe, une résurgence des tensions sur les marchés financiers, l'incertitude politique intérieure, notamment pour ce qui concerne les futurs choix de politique fiscale (qui ne bougera pas, sauf pour ce qui concerne le financement des retraites, il a dit, le chef, le 16 novembre si ma mémoire est bonne) et un blocage des réformes structurelles internes. En échouant à récupérer un brin de croissance, il serait difficile de renverser la dynamique de la dette à court terme. Les risques concernant la stabilité financière ont néanmoins diminué depuis le dernier rapport, les banques ayant amélioré leurs comptes. Néanmoins, leur manque de rentabilité reste un risque (ce que j’avais déjà dit dans un billet, provoquant les foudres de mes lecteurs gauchistes).

Recommandations : une grande partie de la consolidation fiscale devant aboutir fin 2013 (ben oui, « on » a bossé), le rythme des ajustements devrait être assoupli en 2014 par rapport aux plans actuels afin de soutenir la reprise (ce qui veut dire qu’il ne faut pas augmenter la TVA, comme promis, je suppose, ce cher impôt de droite repris par la gauche…). Les réglages doivent aussi être opérés vers une maitrise des dépenses pour améliorer la consolidation des comptes et pour supprimer les incertitudes qui pèsent sur les dépenses privées.

Une maîtrise des dépenses crédible être soutenue par mesures budgétaires structurelles : des économies ont été identifiées et la réforme des retraites (celle ratée par la droite) sera un élément clé de la stratégie mais il est possible de rationaliser les dépenses publiques sur une plus grande échelle. Le gouvernement a enclenché des réformes structurelles (ben oui, les prédécesseurs n’avaient rien glandé) avec des mesures importantes pour améliorer la compétitivité – notamment une réduction de la fiscalité sur le travail –, une vaste réforme de flexibilité du marché du travail, des améliorations dans les mécanismes de formation et la simplification de la réglementation.

La réforme devra être complétée par l'approfondissement des réformes du marché du travail et l'ouverture des marchés à la concurrence notamment dans les services, comme un levier important de la croissance de la productivité et la création d'emplois (il faudra qu’ils m’expliquent comment).

Les politiques du secteur financier devraient viser à consolider les progrès réalisés dans la stabilité financière (qui a fait une réforme des banques ?) et de pour préserver la capacité des banques à accorder des crédits à mesure de leur adaptation aux nouvelles exigences prudentielles, notamment par un meilleur alignement des incitations fiscales sur les produits financiers en fonction des objectifs réglementaires (traduction…). »

C’était l’introduction.

Dans le reste, on trouve des choses intéressantes. Exemples…

Page 10 : un joli schéma montre l’augmentation continue du coût du travail depuis 2000 en France, alors qu’il a commencé à diminuer en Allemagne quand la droite est revenue au pouvoir en France. Ca n’a effectivement rien à voir mais ça m’amuse. Ca montre que l’Allemagne a pris des mesures (que je désapprouve par ailleurs) qu’aurait du prendre la France…

Page 13 : les risques concernant les liquidités se sont stabilisés en France en mai 2012.

Page 22 : ils ont pété un câble : « Face à une baisse tendancielle de la productivité depuis les années 1990, la croissance des salaires réels en France a été soutenue au détriment de la part du revenu allant vers les profits. » Ben heureusement. Après ils nous expliquent que la demande intérieur est notre meilleure chance…

Un peu plus bas : « Face à une croissance plus faible que prévue en 2013, les autorités ont décidé de ne pas prendre des mesures supplémentaires dans la poursuite de réduction de déficit, mais de laisser jouer les stabilisateurs automatiques de fonctionner pleinement. » Ah ! Et ils ajoutent que le gouvernement précise que cet ajustement qui, selon le FMI, a été trop fort, a été imposé par l’Europe.

« Dans le cadre du programme de stabilité d’avril 2013, l'ajustement structurel resterait importante en 2014, avec un projet de contribution de 70 pour cent de maîtrise des dépenses et 30 pour cent par des mesures fiscales. » Ah ! Et les réacs ronchonnent parce qu’on ne travaille pas assez à la maîtrise des dépenses. Néanmoins, le FMI estime que les prévisions de croissance du gouvernement sont un peu optimistes… Toujours est-il qu’ils prévoient un déficit de 0,3% du PIB en 2016 alors que la France prévoit un léger excédent. A ce niveau d’incertitudes, c’est du pipi de chat.

Page 25 : le FMI suggère de ne retenir du programme en question que les 70% de maîtrise des dépenses voire de les accélérer et de les faire durer plus longtemps.

Page 26 : le FMI insiste sur le fait que les efforts faits maintenant doivent durer, l’Etat ne devra pas laisser remonter ses déficits ensuite. Le FMI souligne que les projets de dépenses pour les prochaines années sont appropriés. Ainsi, la dette devrait atteindre son sommet (par rapport au PIB) en 2014. Patati patata (je saute les explications techniques). Le FMI pense qu’une plus forte maîtrise des dépenses à moyen terme pourrait être nécessaire.

Je vous passe la suite… Vous pouvez lire vous-mêmes.








5 commentaires:

  1. Bon, d'accord, ceci dit faudra m'expliquer qui est le dithyrambique administrateur pour la France, monsieur de Villeroché, et combien il a eu de repas gratos.
    7 dernière pages traduites en français, genre bilan. Et c'est vrai que c'est le parfait amour, tellement que ça en parait énorme, à part quelques petits bémols d'usage et encore.
    T'es mis ces quelques pages en PDF, ci dessous :

    https://skydrive.live.com/redir.aspx?resid=57ECE313B3A9A311!230

    (t'excuseras les retours à la ligne, copier-collé d'un PDF à Word, justement, et machiner tout à la main après)

    RépondreSupprimer
  2. A partir de la 83ème page du doc original jusqu'à la fin (89)

    RépondreSupprimer
  3. « Face à une baisse tendancielle de la productivité depuis les années 1990, la croissance des salaires réels en France a été soutenue au détriment de la part du revenu allant vers les profits. »

    Il me semble a voir lu un peu partout, notamment chez Olivier Berruyer, que c'etait le contraire: la part des profits est en augmentation constante.

    Qui croire?

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires est activée. Je publie ceux que je veux. On ne va pas reprocher à un journal de ne pas publier tous les courriers des lecteurs...