En salle

07 août 2013

Vive le burger de cellules souches !

Quand j’ai entendu parler de cette bidoche – un hamburger – produite à base de cellule souche, mon premier sentiment a été une espèce de dégoût envers ces apprentis sorciers et ces abrutis qui allaient produire de la bouffe dégueulasse puis je me suis vite calmé. Ces burgers sont probablement beaucoup moins dangereux que d’autres saloperies qu’on a tenté de nous faire bouffer, comme les machins à base d’OGM ou, il y a plus longtemps, ces bestioles herbivores nourries à base de farines animales…

Avec la bouffe, il faut relativiser. Je connais des gens qui bouffent du poisson parce que c’est meilleur pour la santé. Quand on voit avec quoi on nourrit les poissons en pisciculture, ça laisse rêveur. Et quand on sait le taux de cochonneries, genre mercure, dans les poissons pêchés en mer… Je ne regrette pas d’être un viandard. Au moins, les côtes de veau de la Comète, je sais de quelles bestioles elles proviennent…

En plus, j’imaginais les réactionnaires gueuler contre ces machins immondes alors que ce sont les premiers à défendre les OGM dans leur plus grand plaisir à enfoncer le principe de précaution, ce machin mis dans la Constitution par la droite pour se dédouaner de toutes les conneries qu’elle pouvait faire.

La lecture du
billet de l’ami Romain m’a convaincu définitivement de revoir ma position et de me demander si ce n’était pas une chance pour l’humanité.

Aspects scientifiques

Rassurez-vous, je n’ai aucune compétence particulière mais le sujet m’avait intéressé avec ces réacs anti-mariage pour tous qui confondent tous les sujets. Partant du mariage entre homos, ils viennent à la PMA, qu’ils confondent avec la GPA, puis déboulent sur la recherche sur l’embryon humain… et les cellules souches.

Je vais résumer : une cellule est une unité constituant la base d’un être vivant. Même toi. Tu dois en avoir environ cent mille milliards, si je compte bien. Au départ, tu étais le croisement d’un spermatozoïde et d’un ovule. C’était ta première cellule. Elle s’est développée en se coupant en deux. Tu avais donc deux cellules. Elles se sont coupées en deux et ainsi de suite jusqu’à ce que tu deviennes un magnifique bébé un peu gras du bide puis un adulte feignant la cirrhose.

En se coupant en deux, une cellule souche est une cellule qui permet d’engendre des cellules de plusieurs types. Elle a la capacité à proliférer dans l’organisme ou en culture. Dans un embryon, la plupart des cellules sont « souches ». Chez l’adulte, à part le cancéreux, elles sont plus rares. Elles permettent de faire repousser la queue d’un lézard si on lui a arraché par pure sadisme mais aussi de nous régénérer le sang ou la peau et certains trucs en cas de lésion. Les cellules souches sont donc de pure bonté. Nous devons les respecter.

Et les réacs ne vont pas venir m’emmerder avec des cellules de souche.

Cela étant, il ne faut pas faire les cons avec ces machins, il faut respecter la morale, l’éthique et tout ça, notamment si on s’amuse avec les cellules souches des embryons humain.

En l’occurrence, pour produire un burger, il faut cultiver les cellules en laboratoire, par des méthodes qui m’échappent… Contrairement aux OGM, il ne s’agit pas de triturer l’intérieur d’une cellule pour modifier son ADN. Les OGM sont haïssables et sont le mal absolu alors que les cellules souches assureront la survie de l’espèce humaine. Surtout, grâce à elles, on pourra utiliser les surfaces cultivables pour produire de l’orge pour faire de la bière à la place du maïs pour nourrir les animaux destinés à être mangés.

Aspects gastronomiques

Passés mon dégoût et ma stupeur, ces sentiments initiaux, je me suis dit : ça doit être dégueulasse. Affinant la réflexion, je me suis dit aussi : bah, peu importe. De toute manière, certains des produits que l’on nous file à becqueter sont déjà immondes. Je parlais des poissons de pisciculture mais n’oublions pas les volailles produites en batterie et tous les machins industriels dont on se gave, le jambon pourri et les terrines foireuses…

La science permettra bien de donner du goût à ces machins. Et quand on voit nos citoyens qui préfèrent manger un morceau de filet de bœuf à une entrecôte ou un faux-filet, tout cela me laisse rêveur : ils préfèrent le filet parce que c’est tendre mais le filet n’a quasiment aucun goût vu qu’il n’a pas de gras.

D’ailleurs, on voit le nombre d’abrutis qui disent adorer le pot-au-feu et sont prêt à le payer la peau des fesses dans une brasserie de luxe en oubliant que, à la base, c’est le plat du pauvre… Ce qui n’est pas grave. Mais ils mettent – et toi aussi, lecteur, j’en suis persuadé – de la moutarde avec, ce qui gâche le goût de la viande. Ils disent que ça relève. C’est faut : ça masque.

D’ailleurs (bis), la plupart des viandes sont bonnes grâce à la sauce qu’on met avec ou à une préparation spécifique. Ce midi, au tourbillon, il y a des brochettes de volaille au curry. Je vais me régaler. J’adore le curry. Alors peu m’importe la qualité réelle de la volaille.

Souvent, le dimanche midi, je regarde l’émission culinaire de Petitrenaud, sur la 5. Au début, on les voit faire le marché, c’est presque émouvant. A la fin, on les voit surtout insister sur la présentation de l’assiette.

On oublie que la plupart des viandes sont préparées en sauce pour cacher le goût de la viande.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : la charcuterie ne sera jamais aussi bonne qu’avec un bon vieux vrai cochon, tout comme une pièce de bœuf prélevée sur une bestiole nourrie et élevée normalement, avec de la vraie herbe et castré comme il faut.

Enfin, à côté de chez moi, j’ai une boucherie halal. Beaucoup de gens me disent qu’ils n’y achètent jamais rien parce que ce n’est pas bon. C’est complément crétin, c’est de l’excellente bidoche. Ils font même une espèce de charcuterie – sans porc, andouille – qui n’est pas spécialement mauvaise.

Aspects négatifs

Outre le fait que, malgré ce que je viens de baver, je doute fort qu’ils arrivent à faire une viande correcte, il est fort probable, nous n’avons aucune garantie que ces trucs sont vraiment comestibles, sans danger pour l’humain.

C’est un peu comme les OGM sauf que, en plus, les OGM sont très mauvais pour l’environnement et nous rendent dépendants d’un seul fournisseur…

Aspects positifs

Je vous invite à lire le billet de mon ami Romain que je signalais en introduction.

Petit 1 : si on arrive à industrialiser ce machin, on a la garantie de pouvoir nourrir l’humanité et lui fournir les apports en protéines nécessaires.

Petit 2 : les végétariens et les ceusses qui bouffent halal ne nous feront plus chier. Il restera les réacs mais, là, je ne vois pas trop ce que l’on peut en faire.

Petit 3 : on va pouvoir arrêter de produire d’autres cochonneries, dont celles que je citais plus haut (volailles entassées, poissons en pisciculture), mais aussi toutes les viandes reconstituées, les poissons panés et tous les trucs sans aucune saveur qui sont probablement produits dans des conditions « lamentables ».

Petit 4 : selon les connaissances que je peux avoir aujourd’hui, ces nouveaux machins sont beaucoup moins mauvais pour l’environnement que l’agriculture traditionnelle pour différentes raisons.

D’une part, les vaches, les cochons et tous ces machins n’arrêtent de péter, produisant du méchant gaz à effet de serre qui pue. Quand ils ne pètent pas, ils chient et ils pissent, ce qui oblige à étendre ça dans les champs, ça va dans les nappes phréatiques, ça génère des algues vertes sur les plages bretonnes et tout ça.

En outre, pour nourrir toutes ces bestioles qui n’expriment même pas un signe de reconnaissance pour l’éleveur qui a pris soin d’elles, même au moment du transport vers l’abattoir, il faut consacrer une part non négligeable des terres en cultures diverses, essentiellement du maïs, je crois, ce qui nécessite de l’eau, des produits chimiques,…

D’autre part, les sites de production pourront être installés au plus près des sources de consommation, ce qui évitera les inconvénients liés au transport.

Petit 5 : en conséquence, ça nous évitera d’importer des machins de l’étranger. Evidemment, les paysans gueulent avec une mauvaise foi assez coutumière des opposants au progrès. Ils dénoncent le jeu d’apprentis sorciers et tout ça. On les écouterait avec plaisir s’ils ne nous faisaient pas périodiquement le coup des OGM, des farines animales… et s’ils n’étaient pas proche de la droite française.

Il n’empêche qu’il ne s’agit pas de remplacer toute la viande par des « burgers souches » mais de remplacer les produits dégueulasses et de donner des protéines à tous les habitants de la terre.

Les paysans se foutent évidemment des enjeux et regardent leurs portefeuilles. Qu’ils continuent à produire des bons produits, ils continueront à gagner de l’argent !

Mais qu’ils n’oublient pas qu’ils vivent surtout des subventions. Et je veux bien subventionner l’agriculture mais pour des bons produits, bons produits qui pourront être vendus par des commerces de proximité, redynamisant ainsi les centres-villes.

Enfin, la science n’a pas fini ses travaux : ce n’est pas demain que l’on verra se développer les produits à base de cellules souches. Les agriculteurs ont probablement plusieurs générations devant eux pour se préparer…

Je vous laisse, mes brochettes de volaille au curry m’attendent.


23 commentaires:

  1. "il faut cultiver les cellules en laboratoire, par des méthodes qui m’échappent…"
    C'est dommage, il n'y a pas de raison que cela t'échappe si tu cherches bien. Et c'est interessant pour construire cet avis que tu partages ensuite.


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    1. Abruti. Comment je peux le savoir alors que les scientifiques n'ont pas la solution pour faire de la production de masse.

      En outre, tu sous entends que seuls les scientifiques peuvent avoir un avis.

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  2. Nos lecteurs ont rectifié d'eux même07 août, 2013 13:53

    "ils viennent à la PMA, qu’ils confondent avec la PMA"

    Alors qu'en fait il s'agit de la PMA. Les cons !

    " Au départ, tu étais le croisement d’un spermatozoïde et d’un ovaire"

    Ou le croisement d’un spermatozoïde et d’un ovule, ça dépend des sources...

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  3. Je crois qu'on peut déjà nourir l'humanité.... Sauf que ceux d'en haut ne veulent pas donner gratos à ceux d'en bas. Et je doute que la viande made in éprouvette changera grand-chose à cet aspect là.

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    1. La population va encore augmenter... Il y aura de plus en plus de besoins... Et ce sont de nouveaux marchés à développer.

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    2. dans l'état actuel, on ne va pas pouvoir nourrir tout le monde en viande répartition ou pas (en céréales c'est autre chose). Plus d'un quart des terres émergées servent aujourd'hui à la viande...

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  4. "Ces burgers sont probablement beaucoup moins dangereux que d’autres saloperies qu’on a tenté de nous faire bouffer, comme les machins à base d’OGM ou, il y a plus longtemps, ces bestioles herbivores nourries à base de farines animales…"

    Les scientifiques ont sans doute dégusté un morceau de viande irréprochable, de la viande à 200%. Je me réjouis cependant de découvrir ce que l'industrie va pouvoir y injecter... par exemple pour accélérer le processus, favoriser la conservation de cette viande jusqu'au supermarché, diversifier le goût, etc.

    "les ceusses qui bouffent halal ne nous feront plus chier."

    Minute de mauvais esprit de ma part: une viande pas du tout égorgée/abattue, avec ou sans respect du rituel, est-elle hallal?

    Enfin, viande toujours, est-ce que l'expérience décrite dans l'article du Figaro suivant ( http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/07/09/20002-20120709ARTFIG00564-le-b339uf-eleve-au-vin-bientot-sur-les-tables.php ) relève à ton avis du mauvais traitement? ;-)

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    1. L'expérience me plait.

      Pour les saloperies, on est d'accord mais il y en a déjà.

      Pour le halal je ne sais pas.

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  5. "Contrairement aux OGM, il ne s’agit pas de triturer l’intérieur d’une cellule pour modifier son ADN. "

    Précision: le triturage viendra sûrement, à mon avis, afin que la viande produite ait immédiatement les propriétés recherchées.

    Et en complément à tout à l'heure encore (l'article du Figaro, donc), j'apprends aussi que le boeuf de Kobé est nourri à la bière.

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    1. Oui il faudra être vigilant. Mais contrairement aux OGM il n'y a pas dissémination et les autres inconvénients, les abeilles qui meurent et tout ça.

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    2. il est surtout massé à la bière le boeuf de Kobé

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    1. Pour une fois que tu fais un bon billet ! (Smiley).

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  7. pour info
    les dégustateurs du new steak l'ont pas fini, ils en ont laissé la moitié
    on se demande pourquoi

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    1. peut-etre pour garder des reliques...tous ont dit qu'il était bon.

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  8. Mouais, faut voir.
    Ceci dit, me dit tout de même pas que c'est la sauce qui fait la viande (enfin que j'ai compris) c'est sacrilège; En 1916, quand j'avais un salaire, je pouvais me permettre d'aller chez un boucher (qui n'existe plus puisqu'il y a un Super U devant qui désormais pratique des prix exorbitants pour un viande à vomir.. mais là est un autre débat...), bref, je me prenais un gros steack Haché à 4 ou plutôt 5 euros (Oui, un truc énorme/ je te rappelle, j'étais salarié, donc riche), et ben je te dis pas le gout délicieux de la viande, avec de la sauce ç'eut été une sorte de crime, pas moins, et je pèse mes mots.

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    1. Évidemment pour le steak haché. D'autant que c'est un truc qu'on bouffe sans sauce !

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    2. Franchement, hier, je me suis fait un Steak de Cheval acheté chez le bouché du coin avec rien d'autre qu'un peu de beurre pour le faire revenir dans la poêle... J'ai même pas manger mes haricots avec tellement j'étais bien.
      Et Aujourd'hui, je lis tout ça. :-(

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    3. Jamais tu ne manges une pizza surgelée ? Jamais tu ne te réchauffe une barquette de hachis Parmentier au microonde ? Jamais tu ne prends du veau moins cher pour faire une blanquette ? Jamais tu ne fais des bolognaises avec de la viande achetée en supermarché ?

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  9. Franchement, le plus inquiétant, avec ça, c'est que si ça ce démocratise, on va se retrouver avec des viandes de laboratoire partout dans les supers marchés. Et après les viandes, rien ne nous empêchera de passer aux légumes, puis aux fruits puis...
    Donc, on peut prévoir, que l'agriculture va en prendre un sacré coup. Les cultures ne seront plus aussi favorisées (Je ne parle pas ici d'exploitations industrielles contre les quelles je suis). Mais l'on n'aura plus notre café qui vient de Colombie, favorisant un tant soit peu ridiculement un exploitant de manière dite "équitable". Mais on aura un bon café made in le Labo du coin.
    Bref, sans compter que ce ne seront pas des Labo ou tout le monde ira travailler. On va industrialiser les productions de viandes comme on a industrialisé les élevages (Cf photos dans l'article au dessus).

    Conclusion, en voulant à tout pris nourrir les gens, on va les rendre dépendants de laboratoires, en privant une partie de la populace mondiale des maigres revenus qu'ils se font.


    Et le pire, c'est que la bonne vraie viande deviendra tellement chère qu'il nous faudra gagner à l'euro million pour en acheter 1kg.

    Omega

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    1. Non. L'agriculture traditionnelle ne va pas disparaître, je ne vois pas du tout le même scénario que toi !

      Pour les fruits et légumes, et alors ? Quand on achete des fraises en mars, elles sont loin de ressembler à des fraises. Les cultures industrielles sont aspergées de produits dégueulasses. Les bananes sont transportées congelées. Des patates produites dans la terre coûteront toujours moins cher que des patates de laboratoire. La plupart des gens prennent du café avec du sucre pour cacher le goût. Les petits producteurs sud américain seront sous la coupe de multinationale. J'en passe comme le fait qu'une grande partie de notre bouffe n'est pas traditionnelle mais issue d'une longue évolution.

      Surtout, on bouffe déjà beaucoup de merdes, dont le poisson.

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  10. Pour les bananes, le transport est réfrigéré (+13.3°c), mais surtout pas congelé (dès les +12.8°c) " sinon le fruit pourrait être endommagé par le phénomène de "chilling", qui est le givrage ou le gel de la pulpe du fruit, ce qui rend certainement les fruits impropres à la commercialisation ".
    ( http://www.memoireonline.com/07/09/2414/Le-transport-international-de-fruits-sous-temperature-dirigee-Cas-du-transport-par-voie-maritime-d.html )

    Pour le poisson, entre l'atlantique de plus en plus assaisonné aux métaux lourds, et le pacifique agrémenté à la sauce Fukushima, c'est que du bonheur.

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