En salle

10 janvier 2014

Sauvons l'Europe

Gloire ! Un des mes billets à propos des élections Européennes est repris par Sauvons l’Europe. J’y parlais du fonctionnement des institutions, notamment du Parlement, et de l’intérêt des prochaines élections. J’ai en effet peur qu’elles se transforment en referendum contre le gouvernement ou contre l’Europe alors que ce n’est pas du tout son rôle. Elles devraient mettre en avant des projets présentés par des partis politiques Européens…

Toujours est-il que les commentaires des internautes sont intéressants parce qu’ils émanent de gens qui aiment l’Europe et en sont de chauds partisans (comme moi) mais aussi de fin connaisseurs. J’ai fait une longue réponse au cours de laquelle je raconte une anecdote.

Ce matin, en sortant du métro, je regarde mes mails et je vois la newsletter de Sauvons l’Europe. Normalement, je la fous à la poubelle (je plaisante mais quand je lis mes mails avec l’iPhone, j’efface toutes les newsletters et autres machins publicitaires) mais, comme je savais que mon billet allait être repris ce mois-ci, je l’ai ouverte. Et j’ai relu mon billet.

Figurez-vous que j’ai appris des trucs. C’est un billet que j’avais écrit le mois dernier. Trois semaines après, j’avais oublié. Pour le rédiger, je m’étais documenté, c’est le genre de billet qu’on prend du temps à écrire, on pense apprendre et on oublie.

Alors, je pose la question aux connaisseurs de l’Europe : si un type écrit un billet ne se rappelle pas de ce qu’il a écrit au bout de trois semaines, pensez-vous réellement que les citoyens, ceux qui vont voter, savent comment elle fonctionne, quels sont les enjeux de cette élection,… ?

Une partie des électeurs vont voter « comme d’habitude », une autre parce que le candidat est dans leur mouvance, une autre parce que les discours ou le projet lui parait correct… Mais une part importante (pas majoritaire mais suffisante pour faire basculer un vote) va voter par rejet de l’Europe ou du gouvernement.

A chaque fois qu’on a un traité qui se pointe, les gens sont majorités contre. Le traité finit par passé, ce qui est dérangeant, au fond, puisque pas spécialement démocratique, mais ils sont contre le traité pour une mauvaise raison. D’ailleurs, ils ne l’ont pas lu !

Je vois déjà un gros blogueur normand préparé son commentaire, du genre : « Ah, le gros (on s’appelle comme ça, c’est affectif, nous faisons tous les deux 75 kg) va encore expliquer aux gens pour quoi ils votent et qu'il le sait mieux qu'eux ». Le gros, laissez-moi terminer. Vous avez raison, tout le monde croit savoir pourquoi les gens votent. Ca me fait penser au sondage d’hier qui a du décevoir toute la gauche qui pensait que les électeurs voulaient une politique plus à gauche. C’est con, lors des élections, il y a des perdants. C’est à cause des candidats qui croyaient savoir pour quoi les électeurs allaient voter. Ce sont les mêmes qui passent à la télé, le soir des élections, pour expliquer aux gens pourquoi ils ont voté.

Toujours est-il que les gens sont contre ces nouveaux traités parce qu’ils sont contre les anciens. Par exemple, le traité de Lisbonne était très bien : il renforce la démocratie et le fonctionnement de l’Union. La Constitution de 2005 aurait été très bien si ce n’avait pas été une Constitution mais un traité.

Ce qui ne va pas ce sont les traités d’avant, notamment celui que Mitterrand nous a refilé en 1992 et qu’on a signé les doigts fermés et les yeux ailleurs. Etre contre les nouveaux, c’est se faire plaisir. On ferait mieux de penser à corriger les vieux qui ne vont pas plutôt que de supprimer les nouveaux qui corrigent les vieux. Relisez cette phrase si vous n'avez pas suivi.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Imposer un traité de force refusé par le peuple n’est pas très démocratique. Mais utiliser des arguments faux pour le rejeter ou le faire voter non plus… Ceci est bien compliqué.

Toujours est-il que faire voter des gens pour une institution qu’ils ne connaissent pas n’est pas très démocratique et c’est ce que je voudrais dire aux gens qui connaissent l’Europe et qui voudraient la faire progresser.

Et pour « Sauver l’Europe » (je ne vois pas bien comment on en sortirait ! », il faut remettre les enjeux de ces élections, à savoir les projets des partis politiques européens, en leur centre.

C’est mal barré.

21 commentaires:

  1. Si les gens savaient réellement ce qu'est l'Union européenne (et non l'Europe, qui est tout autre chose et existe depuis plus de mille ans), ils ne voteraient plus du tout ! Mais, au fond, ils sont assez sages, ou au moins pragmatiques : comme ils sentent bien que ce machin n'a aucune réalité autre que coercitive, ils votent comme lors des élections nationales, dans la mesure où les nations, elles, existent encore, malgré les efforts des “Bruxellois” pour les dissoudre dans le machin.

    La solution la plus raisonnable me semble être de voter systématiquement pour les candidats qui assurent vouloir détruire l'UE, ou au moins la quitter.

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    1. Ben non. Ils devraient voter pour une Europe démocratique qui leur foute la paix. Et je vous rappelle que vos fans invoquent la machine européenne des droits de l'homme, maintenant.

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    2. Justement ce qui est intéressant, c'est qu'on ne vote pas du tout comme lors des élections nationales. Les scores de Tapie, Cohn Bendit, Bayrou ou à l'inverse Rocard et Sarkozy en sont les preuves.....il est vrai que le fonctionnement dans toutes ses dimensions reste complexe, pas facile de rédiger un billet pédagogique sur ce thème. A l'échelle de l'humanité cette construction est naissante, quand la Turquie sera adhérente depuis cinquante ans, tout sera plus stabilisé .....?

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    3. Ça, c'est sûr que l'entrée de la Turquie arrangerait tout !

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  2. Justement les votes ne sont pas semblables aux élections nationales ; les résultats de Tapie, Bayrou, Cohn Bendit....ou à l'inverse ceux de Rocard ou Sarko en sont des exemples. Il est vrai que rédiger un billet pédagogique sur ce thème ce n'est pas évident.
    L' Union européenne ou la zone euro est naissante, en pleine construction...attendons l'arrivée de la Turquieour se faire une idée plus précisé ...dans une trentaine d'annees

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    1. Voila. Après l'arrivée de la Turquie, on attendra celle de l'Iran, de l'Irak, puis celle de la Syrie... On finira par prendre Israël, puis l'Egypte et l'Arabie et on finira par la Libye, la Tunisie, l'Algérie et le Maroc. Dans soixante ans, on a toute l'Afrique et la Russie.Commençons par faire un truc qui marche.

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    2. Et je ne vois pas pourquoi ces pauvres Latino-Américains devraient rester hors du coup : c'est très discriminant !

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    3. Et les chinois, hein ! Les chinois ? Vous y pensez aux Chinois ?

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    4. Je ne pense qu'à ça, pratiquement.

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    5. Ouf. Je propose néanmoins d'exclure de l'Europe le centre de l'Australie.

      Fuck les aborigènes.

      (Et le premier qui répond ou il y a aborigène y'a pas de plaisir aura des baffes)

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    6. L'aborigénétique est pourtant une science grosse de promesses…

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    7. Ah ' mais c'est vous le spécialiste de Darwin et tout ça. Moi je suis de gauche. Je combats donc ces théories qui voient le plus fort triompher.

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    8. Spécialiste, spécialiste… comme vous y allez !

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    9. C'est vous qui faites des billets. Moi je commente pour vous dire le bonjour et rigoler des autres cons. Au fait ! C'est vous qui répondez à Robert, ci dessous ou moi ?

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    10. Ah ! Je savais bien que ça allait vous plaire

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    11. Arrête de draguer le vieux. Non seulement il ne couche pas mais en plus il a une petite bite d'après la police.

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  3. L'Europe est un gigantesque Conseil d'Administration. Cette Europe là n'est pas réformable comme le pensent les eurobéats. Faisons les choses dans l'ordre, la démocratie au niveau local, puis national, etc...

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  4. Sauvons l'Europe15 janvier, 2014 07:35

    On est d'accord, c'est tout le problème: comment les gens iraient-ils voter pour ce qu'ils ne comprennent pas? Mais en fait c'est pareil en France: quand on vote pour les municipales, qui connait le fonctionnement des intercos? Aux législatives et présidentielles, qui connait le mécanisme précis de la navette parlementaire?

    Et pourtant le système fonctionne parce que les principaux acteurs sont identifiés: on sait qui sont le président, le premier ministre et 4-5 autres ministres, que le Parlement vote les lois et qu'il est du même camp que le gouvernement. Et pour le reste, on regarde le bilan et les politiques proposées (vite fait). Et les quelques types dans l'opposition qui assurent le cirque en face.

    Il faut faire la même chose en Europe, et ne pas attendre que chacun devienne un spécialiste des institutions bizarroides. Il doit y avoir une Commission qu'on a élue parce qu'on a bien vu qui était le candidat pour la diriger, un Parlement qui vote et les ministres et les chefs d'Etat qui négocient. Et des types qui viennent causer dans le poste pour dire que c'est horrible ce que fait le gouvernement européen et qu'il ne faut surtout pas les réélire. Le reste c'est un peu de la littérature pour praticiens...

    Et puis si un jour on a une démocratie qui fonctionne au niveau européen, ben ce sera déjà mieux que si c'était pire!

    Arthur

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