En salle

30 avril 2014

Européennes : ce pays est foutu !

Ce pays est foutu dirait l'autre. Toujours est-il que la ministre de la culture a probablement lu mon dernier billet puisqu'elle a écrit au CSA pour lui demander d'obliger France Télévision à diffuser le débat entre les candidats à la présidence de l'Union européenne. 

Toutes les chaînes publiques d'Europe avaient prévu de le faire sauf chez nous pour vous montrer comment le traitement de l'actualité est à la ramasse chez nous. France Télévision pense sans doute qu'elle aura plus d'audience en commentant la montée de l'abstention et des extrêmes...

Ce pays est foutu. Le service public ne fait plus son boulot. Il est incapable de penser à ce qu'est une émission de service public, voire d'utilité publique. On devrait les privatiser ou lui changer ses missions à coup de pied au cul. Tiens ! La moitié du temps d'antenne défini par le gouvernement, l'autre moitié donnée aux partis en fonction de leurs scores aux élections. Non. Je déconne. 

Ce pays est foutu. L'organisme de tutelle n'est pas capable de négocier en douce ce genre de bricole. Genre : "allo Rémi, c'est Olivier ! Tu ne pourrais pas nous diffuser ce truc ?" 

Ce pays est foutu. L'organisme chargé de garantir l'indépendance de l'audiovisuel se permet de faire pression sur les chaînes pour qu'elles diffusent un truc. 

Ce pays est foutu. Les organismes ne faisant pas leur boulot, le gouvernement est obligé d'intervenir. 

Ce pays est foutu. Le ministre de la culture se permet d'intervenir auprès de l'organisme chargé d'assurer l'indépendance de la télévision publique pour qu'il lui demande d'adapter ses programmes. 

Ce pays est foutu. 

Alors qu'il aurait été si logique que personne ne se pose la question : ce débat doit évidemment être diffusé par une chaîne accessible à tous et c'est évidemment la télévision publique qui doit s'y coller sur sa chaîne principale, sauf si une autre grande chaîne nationale décidé de le faire. 

Si j'étais le patron de M6, j'annoncerais immédiatement que "nous" allons diffuser le débat pour montrer la crédibilité de la chaîne dans le domaine de l'information. À défaut de faire un tabac au niveau des recettes publicitaires, il est assuré d'avoir la sympathie de beaucoup. 

Ils sont tous tarés. Ce pays est foutu. 

France 2, les européennes et la censure

France 2 a refusé de diffuser le débat entre les chefs de file des partis européens le 15 mai contrairement à toutes les autres chaînes du service public des autres pays de l’Union. C’est scandaleux. Il y a un tas de raisons de le diffuser.

« Les éditorialistes se préparent sans doute déjà, pour le soir des résultats des élections européennes le 25 mai, à commenter l'ampleur de l'abstention et le succès annoncé des populistes hostiles à la construction de l'Europe. »

Voila ! France 2 préfère le spectacle à l’information.

Cette chaîne, propriété de l'Etat c'est moi, avait déjà répondu aux exigences de Marine Le Pen qui refusait d'avoir Martin Schulz en face d'elle au cours de l'émission DPDA.

Vous z’aussi, blogueurs politiques, protestez sur votre blog !

Impact de Kron sur Alstom

Sosie officiel d'Alain Juppé
Patrick Kron assure le démantèlement d’Alstom dans une interview au Monde. « Si c'est pour assurer l'avenir des métiers et des salariés d'Alstom, j'assume la perspective d'un adossement de certaines activités d'Alstom à un groupe qui a la capacité de mieux relever les défis futurs. » Manquerait plus dise qu’il n’agit dans l’intérêt des métiers et des salariés.

Je n’ai pas spécialement d’avis sur l’avenir d’Alstom : je ne suis pas un industriel et ne connais rien à la production de trains et de turbines. Comme beaucoup, j’aurais voulu que l’industriel reste français ou européen mais l’important est que la production reste en France. On lit beaucoup de trucs à propos de cette histoire. Jean-Luc Mélenchon a exigé, je crois, que la boite soit nationalisée. C’est du populisme : ce n’est pas parce qu’une boite est propriété de l’Etat qu’elle vendra plus de turbines et de TGV !

Il y a un truc qui me fait rigoler, dans cette affaire, mais uniquement parce que j’ai mauvais esprit. Les défenseurs du nucléaire pourront de moins en moins invoquer l’indépendance énergétique de la France, non pas que je sois spécialement opposé au nucléaire mais je n’aime pas les arguments crétins.

Toujours est-il que ce brave patron tient des propos surprenant qui déclenchent l’hilarité avant d’avoir pu lire la fin de l’interview.

« J'en suis convaincu, la voie d'une stratégie autonome, qui est celle que j'ai menée ces dix dernières années, est devenue risquée et dangereuse. »

Ce type avoue avoir mené une mauvaise stratégie (soutenue par Nicolas Sarkozy…) pendant 10 ans. C’est donc probablement au nom de sa mauvaise stratégie, risquée et dangereuses, qu’il poursuit à la mettre en œuvre en torpillant son entreprise.

Quand on fait ce genre d’aveu, on devrait avoir les couilles de démissionner immédiatement.

Démocratie dans l'alcool

Musée à la mémoire de la démocratie
Ce n’est que vers 21 heures, hier soir, que j’ai appris le résultat du vote à l’Assemblée, dans Twitter où régnait une ambiance bizarre. Normalement, je suis le premier à m’énerver sur les twittos de gauche qui critiquent la politique de François Hollande mais, hier soir, il a fallu que je défende les 41 députés socialistes qui se sont abstenus et les 3 MRC qui ont voté contre le texte contre les partisans de Pépère !

Entendons-nous bien : si j’avais été député, j’aurais voté pour le texte même si je désapprouve certaines mesures, notamment le gel des revenus de certaines catégories (j’ai toujours pensé que les salaires étaient une priorité). Mais ce texte n’est pas l’objet de mon billet… Je peux très bien voter pour un truc auquel je suis opposé dans une logique de cohésion de la majorité. Prenons un exemple : le droit de vote des étrangers aux élections locales. J’aime bien cet exemple, il fait chier les gauchistes et les réacs. J’y suis opposé. Non pas que je sois un méchant raciste qu’il conviendrait de pendre par les couilles dans les meilleurs délais mais parce que je considère que cela reviendrait à créer une couche de sous-citoyens. Je préfèrerais que l’on facilite l’accès à la nationalité à ceux qui en ont envie. Je suis donc fermement opposé à ce droit de vote qui est une mesure de gauchiste de salon qui se donne bonne conscience à peu de frais… Il n’empêche que je ne ferais pas campagne contre si l’occasion se présenterait. Je rappellerais ma position de principe mais aussi le fait que c’est une des promesses de campagne qui a permis à la gauche de gagner tout en manquant de lui faire perdre puisque c’est le seul axe qu’avait trouvé la droite pour nous taper dessus dans la dernière ligne droite…

On a les paradoxes que l’on mérite. Suzanne appellerait ça de la mauvaise foi et c’est pour ça qu’elle m’aime.

Ainsi, la liste des 41 circulait hier mais pas de la part des zozos de la vraie gauche pour qu’on leur décerne une médaille, de la part de fiers bataves qui auraient voulu qu’on les fusille sur le champ pour traitrise.

J’ai pris mon blanc dextrier et je suis parti à leur défense, un demi dans la main gauche et un iPhone dans la main dextre. J’ai le jeu de mot foireux, ce matin.

J’ai dit, en gros et en 140 caractères bien tassés, genre un bit sur deux : « Bon les gens, un peu de sérieux, Manuel Valls a eu une majorité pour faire passer son bordel, ne nous fâchons pas, ne faisons pas un procès à ces 41 personnes qui, certes, protestent, mais ont eu le courage de leurs opinions contrairement à un certain nombre qui ont préféré conserver leur poste. C’est le jeu démocratique. »

Les contrefrondeurs m’ont alors répondu que les députés avaient été élus pour soutenir François Hollande et qu’ils devaient voter les lois que ce dernier proposait. Je leur ai envoyé dans la gueule qu’ils ne faisaient que militer pour la suppression du Parlement. Ils m’ont dit : « hein quoi comment ? »

Je leur ai donc expliqué : « Hé oui, bande de cons, si vous voulez que les députés de la majorité votent selon les consignes du président de la République, ce n’est plus la peine d’avoir des députés, des débats, des échanges,… On pourrait donc les supprimer, transformer le palais Bourbon en lupanar avec des grands parkings. Les députés pourraient rester au bistro mais la devises de mon blog ne tiendrait plus la route. »

Je vous rappelle cette devise qui n’a pas pris une ride depuis que j’ai improvisé une connerie, fin décembre 2005 : « S'il fallait connaître quelque chose en politique pour en parler, ça limiterait l'intérêt de la démocratie et la recette des bistros ».

Ainsi, nos brillants démocrates voudraient imposer un vote aux députés.

Pour un peu, nos fiers bataves constatant que la politique de Hollande n’a pas très bien marché jusqu’alors même si l’inversion tendancielle de la courbe est latente souhaiteraient installer une dictature.

Je veux bien défendre François Hollande, Manuel Valls et tout ce que vous voudrez mais pas avec n’importe qui.

Vive la démocratie, la bière et les serveuses à gros nichons.

29 avril 2014

3% sinon rien

À l'heure où je fais ce billet, je ne sais pas où en sont les débats à l'Assemblée. Les députés MRC voteront contre. Jean-Luc Laurent, le président de ce parti (et mon député maire), l'explique dans son blog. Je ne critique pas ses raisons mais un passage de son billet me déplaît. 

"La règle des 3% et le contrôle opéré par la Commission sur notre budget sont les symboles d'une Europe disciplinaire qui a vécu: il est du devoir du Premier Ministre de s'en affranchir et de faire entendre une autre voix à Bruxelles. En s'engageant dans cette voie, la France, assurément, trouverait des soutiens".

À quelques semaines d'une élection majeure, il est maladroit de mettre les responsabilités sur le dos de l'Europe. Nous avons voté pour ses 3%. C'était en 1992. On s'est peut-être faits entuber par tonton mais c'était un entubage au suffrage universel direct.

Manuel Valls n'a pas le droit de s'affranchir de règles. Il a seulement le droit de négocier avec nos partenaires pour qu'on change ces règles. 

Donner l'impression que l'on va voter pour des gougnafiers qui vont nous imposer des règles qu'on devra ne pas respecter ne me semble pas bienvenu. 

http://www.jeanluclaurent.fr/Programme-de-stabilite-2014-2017-je-vote-contre_a232.html





Envoyé de mon iPhone

28 avril 2014

Alstom, égérie de l'industrie française

Jean-François Copé a déclaré que l’Etat se comporte comme un pompier pyromane avec Alstom. Encore une fois, il pourrait faire preuve d’un peu de retenue dans ses propos vu que Nicolas Sarkozy présentait Alstom comme un modèle de sauvetage de l’industrie française par l’Etat quand il est était ministre de l’économie.

Sous son impulsion (que certains minimisent, Francis Mer aurait fait tout le boulot avant lui), l’Etat a pris une participation dans Alstom en 2004. Alstom a alors vendu une partie de ses activités (les Chantiers de l’Atlantique, les turbines industrielles – vendues au concurrent Siemens – et la division T&D) et, quelques mois plus tard, l’Etat a pu vendre sa participation (avec une confortable plus-value) à Bouygues, dont le patron est un ami (parrain de Louis Sarkozy, par exemple).

Martin Bouygues espérait pouvoir récupérer des parts dans Areva et créer un géant de l’énergie. Nicolas Sarkozy travaillait dans ce sens mais il a échoué pour ne pas fâcher Mme Merkel vu qu’Areva travaillait avec Siemens et d’autres raisons.

Alstom a connu quelques déconvenues depuis…

Depuis quelques temps, constatant son échec (ou celui de Nicolas Sarkozy, il cherche à vendre ses parts dans Alstom, ce qui lui ferait aussi une belle plus-value. D’où une partie du bordel actuel.

Mais Alstom paye aussi la déroute du développement d’un champion d’Europe de l’énergie, voire du TGV et la désindustrialisation de la France (l’industrie est passée de 35% du PIB de la France vers 1975 à environ 18% maintenant), pour partie lié au capitalisme de connivence…

C’est ainsi que Nicolas Sarkozy avec ses amis Martin Bouygues et Arnaud Lagardère aurait voulu faire quelques échanges avec l’Allemagne et proposé à Mme Merkel : EADS, toi, le nucléaire, à moi.

François Hollande devait recevoir le PDG de General Electric mais Nicolas Sarkozy l’avait reçu avant lui : pour tenter de lui faire acheter une partie de Areva…

C’est Anne Lauvergeon, ancienne patronne d’Areva débarquée par Nicolas Sarkozy, dénonçait le manque de stratégie industrielle de ce dernier et sa vision « clanique ». Elle déclarait, en 2012 : « Nous avions en 2000 un avantage de 16 % par rapport à l'Allemagne sur le coût du travail. Il a disparu. Si l'on veut redresser la barre, il va falloir maîtriser l'évolution des dépenses sociales, alléger les charges des entreprises et trouver un autre équilibre fiscal. Il n'est jamais trop tard pour faire, il suffit de s'y atteler. » C’est maintenant la gauche qui s’y colle…

Alors quand Jean-François Copé parle de pompier pyromane, il devrait regarder dans le rétroviseur. L’Etat français est arrivé comme pompier en 2004 et, 10 ans, l’incendie n’est visiblement pas éteint. Il dit : « cela fait des mois que ce dossier est connu. » Seulement des mois ? Ou depuis que Nicolas Sarkozy a échoué et que le sujet n’intéresse plus son copain Bouygues ? Il dit que General Electric « est aujourd'hui la seule offre concrète  » et qu’elle « pose le problème qu'Alstom ne serait plus une entreprise française, là où j'aurais préféré évidemment qu'Alstom, qui a besoin d'élargir son capital, trouve une solution européenne. » N’est-ce pas un peu facile ?

Je lui rappelle en outre qu’il est censé être dans un parti politique pour lequel votent les libéraux et ce n’est pas à l’Etat français d’intervenir d’autant qu’une telle industrie se fait nécessairement à l’échelle Européenne.

Bientôt, on vote, tiens ! J’imagine l’UMP travailler dans le même groupe que celui de Mme Merkel au Parlement

M. Copé devrait avoir un peu de retenue.

33% des tramways et 25% des métros au monde sont faits par Alstom, 70% des TGV, 25% des ampoules, rien qu’en dehors des centrales.

Créée à la fin des années 90, quatre ou cinq ans plus tard, il fallait que l’Etat la sauve et dix ans plus tard, c’est à nouveau le bordel.

Jean-François Copé et l’UMP défendaient le nucléaire au nom de l’indépendance énergétique de la France… Si Alstom est racheté par GE, « la seule offre concrète », c’est la fin de l’indépendance énergétique.

Il faut évidemment un rapprochement avec Siemens.

L’Etat a parfaitement raison d’intervenir dans l’urgence, comme pompier, parce qu’Alstom a annoncé son intention de vendre il n’y a que quelques jours…

La droite travaillait sur le long terme pour filer les fleurons de l’industrie française, éventuellement nationalisée, à ses copains.

On a vu ce que ça donnait d’un point de vue industriel. Il n'y a pas le feu au lac pour Alstom, Siemens, General Electric, il faut simplement cesser un processus qui serait probablement catastrophique pour la France. Les partis politiques n'ont pas à intervenir à ce stade... Si l'Etat n'était pas intervenu dans l'urgence, on n'aurait pas eu le loisir de s'inquiéter des détails.

Comme l'emploi, l'avenir des salariés, l'avenir du secteur de l'énergie en France, l'avenir de l'industrie nucléaire et ferroviaire,...

Comment sauver l'Europe ?

La construction Européenne a été bien lancée au lendemain de la guerre mais est partie en sucette ensuite. Elle ressemble parfois à n’importe quoi et semble souffrir d’un manque de démocratie qui pourrait aboutir à ce qu’elle nous pète à la gueule prochainement, ce qui serait dommage pour les musaraignes et les pizzas à l’andouille.

Tout allait bien jusqu’à 1973 mais cette année a été marquée par deux événements : une crise économique et l’entrée d’autres pays dans l’union dont le Royaume-Uni. Les Etats ont mené des politiques bien différentes, notamment quand Tata Thatcher et Tonton Mitterrand étaient au pouvoir dans leurs pays réciproques.

Et est arrivé Maastricht. Ah ! C’était bien ! On va avoir une monnaie communique, on est tous frères, l’Europe avance, ça s’arrose. Mais on a oublié de regarder les petites lignes, voire entre les lignes. D’une part, le fait d’avoir une monnaie unique nécessitait des critères de convergences (notamment le fameux 3% du déficit). Ils ont été fixés arbitrairement car il n’y avait pas d’autres solutions… D’autre part, les institutions sont devenues bien trop illisibles : j’en ai fait des billets.

Après Maastricht, il y a eu le traité l’Amsterdam puis celui de Nice pour améliorer un peu le fonctionnement et enfin celui de Lisbonne qui a remplacé la constitution qui avait été refusée par referendum. Le traité, du fait qu’il s’appelait « constitution », contenait un tas de textes antérieurs qui devenaient gravés dans le marbre. Il introduisait un contenu politique alors qu’une constitution doit se limiter ou presque au fonctionnement des institutions. « Lisbonne », s’il améliore le fonctionnement des institutions, il reste totalement illisible et est une usine à gaz et il lui sera toujours reproché d’avoir été imposé par la force contre la volonté des peuples.

Il y a eu, enfin, le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (le TSCG), le fameux machin signé par Nicolas Sarkozy, que François Hollande avait promis de négocier mais n’a pas eu satisfaction et qui a fini par être ratifié par le Parlement avec une foireuse promesse de pacte de croissance. Il a beaucoup été critiqué mais, à mon avis, à côté de la plaque : il a rendu obligatoire ce qui l’était déjà avec le traité de Maastricht, suite à la crise de la zone euro.

Les deux derniers traités ont renforcé le sentiment (je ne juge pas du fond) de la construction d’une Europe par des élites, contre le peuple, et donc totalement antidémocratique.

Mais le principal fautif est bien Maastricht. Les « pères » pensaient que de cette union monétaire suivraient une union fiscale et une union sociale. C’est raté. Et le fait que Maastricht soit coupable, cela rend illisible les critiques de ses successeurs.

Un déficit de démocratie ?

Je ne sais pas s’il est réel mais, c’est comme pour la sécurité, le sentiment d’insécurité et le sentiment d’absence de démocratie sont bien réels !

La conséquence est le populisme dont je parlais et le fait qu’on fasse dire n’importe quoi à l’Europe quand ça arrange mais de l’oublier totalement quand elle va dans le bon sens. Par exemple, l’opposition de gauche à l’Aéroport de Notre-Dame-des-Landes ne dit pas que c’est à cause de textes européens qu’elle va finalement probablement avoir gain de cause…

L’Europe doit donc combler ce déficit. Ou ce sentiment… On ne doit plus pouvoir dire : la Commission impose aux Etats de respecter la règle d’or alors qu’en adhérant aux différents traités les Etats se sont engagés à ne pas dépasser un taux de déficit et un taux de dette. On ne doit plus pouvoir dire : la troïka impose des conditions inadmissibles quand on prête du pognon aux Etats pour les sauver alors qu’ils n’ont pas respecté des engagements. Ce qui n’empêche nullement de critiquer les mesures prises ou la politique menée.

Sinon, l’Europe va exploser ce qui pourrait passer pour pas trop grave si les conséquences étaient vraiment évoquées. Je reste persuadé que l’union fait la force. Par exemple, on parle beaucoup du traité transatlantique en cours de négociation mais il me semble que face à la mondialisation, les pays occidentaux doivent aussi se protéger des économies émergentes…

Ce que je propose ?

Mes propositions ne serviront à rien, ce qui fait l’intérêt de pouvoir raconter n’importe quoi dans un billet de blog.

Premier volet : que l’Europe s’occupe de ses fesses !

Je n’ai pas pris l’exemple de Notre-Dame-des-Landes au hasard. Pourquoi des directives européennes vont-elles nous empêcher de construire un aéroport parce qu’on met vaguement en danger une musaraigne qui est de toute manière en voie de disparition pour un tas de raisons liées aux activités humaines ? Je sais : on pourra trouver un tas de raisons valables et démocratiques. De même qu’on pourra en trouver à l’Allemagne pour faire tourner des centrales à charbon ayant un impact sur la santé des Français quand les méchantes particules volent vers nous…

A contrario, il faut qu’elle ait des compétences bien plus fortes dans certains domaines. Par exemple, je veux être pour la libre circulation des biens et des personnes, c’est un peu son but, mais, dans ce cas, il me semble évident :
-         que l’immigration doit être du ressort exclusif de l’Europe,
-         que la fiscalité et les conditions légales de la vente de biens soient unifiées.

Deuxième volet découlant du premier : la construction européenne doit se poursuivre dans les domaines sociaux et fiscaux.

Je ne vais pas épiloguer.

Troisième volet : des institutions lisibles

Petit 1 : le Conseil de l’union européenne, qui regroupe les ministres des différents Etats, doit disparaître en tant qu’institution. Il n’a pas la légitimité démocratique. Ca n’empêche pas les ministres de se réunir pour débattre et faire des propositions mais ce machin n’a pas vocation à avoir un tel rôle dans les institutions.

Petit 2 : en conséquence du petit 1, le Conseil européen, qui regroupe les chefs d’Etat, doit avoir son rôle renforcé, pour reprendre totalement la représentation des Etats dans les processus de décision. Le Conseil européen doit avoir les pleins pouvoirs en matière de politique internationale et sur le volet « recettes » du budget.

Petit 3 : la Parlement doit avoir des élections nationales (et non pas régionales, comme chez nous…) sur scrutins de listes présentées par les partis européens, sur la base de programmes et de projets élaborés par les partis européens. Le Parlement doit avoir les pleins pouvoirs sur le volet « dépenses » du budget.

A ce propos, j’ai lu le programme de l’UMP, ce week-end (ben oui, j’avais bien lu celui du Parti Socialiste Européen, mais je n’ai pas trouvé le projet du PPE). C’est n’importe quoi.

Petit 4 : la Commission européenne doit ressembler plus au Conseil des ministres en France (et dans d’autres pays). Globalement, après les élections pour le Parlement, le Conseil européen doit choisir un président de la Commission en fonction de leur résultat. Ce dernier devra proposer des membres d’une Commission en fonction de la politique qu’il souhaite mener suite à l’élection et la faire valider le Conseil puis par le Parlement, devant qui elle sera responsable. Appelons-là « Gouvernement » plutôt que « Commission ».

Petit 5 : les statuts de la BCE doivent être du ressort du Conseil et du Parlement et plus des traités (en gros, hein !).

Petit 6 : le traité décrivant les nouvelles institutions ne doit pas faire plus de deux pages.

Petit 7 : le président de l'Europe doit être celui du Parlement, sinon, ça fait trop. Comme tout bon président, il ne doit avoir aucun pouvoir sauf celui de représentation. Le président de la Commission doit trouver un autre nom. Commissaire en chef ?

Quatrième volet : vers l’Europe fédérale et confédérale, et hop !

Je ne dis pas qu’il faut y aller maintenant mais il faut poursuivre la construction européenne en pensant à ces bricoles. Ce n’est pas un gros mot, il s’agit de définir qui est compétent en quoi…

Pour résumer, la situation actuelle est grotesque : l’Europe pond des directives qui doivent être retranscrites dans le droit des différents Etats. Cela renforce le « c’est à cause de l’Europe ». Ca serait plus simple si l’Europe pondait directement des lois…

Prenons notre exemple de musaraigne qui menace l’aéroport. Les autorités françaises jugent que l’aéroport est conforme à la loi française sur les musaraignes mais un recours est porté par les opposants auprès de la Cour de justice de l’Europe parce qu’elle serait contraire à la directive européenne sur les musaraignes. Si l’Europe a à légiférer sur les musaraignes, pourquoi avoir fait une loi nationale ? Il n’empêche que l’Europe pourrait dire (voir le premier volet) : je n’en ai rien à cirer de vos musaraignes et laisser chaque Etat légiférer à propos de ses propres musaraignes.

Et les confédérations ?

Prenons l’exemple d’une confédération que nous pourrions monter avec l’Italie à propos des pizzas à l’andouille. Compte tenu des échanges internationaux, il est logique que l’Europe légifère sur la sécurité sanitaire des aliments. Par contre, c’est bien aux Etats de légiférer sur leurs propres spécialités (les pizzas pour l’Italie et les andouilles pour la France). Cette confédération pourrait nous permettre de légiférer entre les deux pays pour les pizzas à l’andouille. On pourrait l’étendre à toutes les gastronomies française et italienne qui sont largement les meilleures d’Europe, avec celle du Maroc, nos accords bilatéraux au sein de la confédération pourraient faire en sorte que l’Italie soit spécialisée dans les escalopes de veau à la milanaise et nous dans les escalopes de veau à la Normande, que, dans un monde idéal, nous pourrions décentraliser au sein de la région concernée pour éviter les trolls normands.

Ils sont bien, mes exemples, aujourd’hui, non ?

Ca ne vous donne pas envie, une Europe, comme ça ?

(billet inspiré par celui de mon confrère Sarkofrance).

26 avril 2014

Google+ bande encore

Le patron du réseau social Google+, chez Google, a démissionné, officiellement pour des raisons familiales. Les geeks se sont immédiatement : c'est la fin de ce réseau social. Sur mon blog techno, j'ai donné mon avis mais ce sont maintenant les grands médias qui s'interrogent : est-ce un constat d'échec de la part de Google face à la montée en puissance de Facebook et de Twitter ? C'est à un point que l'on retrouve maintenant l'information en une de Google News, avec différents articles de la presse nationale donc celui-ci du Plus du Nouvel Obs.

Il est moqueur.

Il a peut-être raison : Google+ a relativement peu d'utilisateurs actifs comparé à ses concurrents. Il n'empêche que le problème n'est pas là : les services sont gratuits et Google+ ne génère aucun chiffre d'affaire. Il n'y a pas de publicité, par contre Google récupère un tiers du chiffres d'affaire mondial de la publicité sur internet, huit fois plus que Facebook.

Le 16 mars, Google a lancé "+Post Ads", un nouveau service lié à Google+ qui permet aux professionnels, moyennant finances,... de booster leurs pages sur internet. Ainsi, si vous cherchez un plombier au Kremlin-Bicêtre dans Google, vous trouverez en premier l'entreprise qui aura payé de la publicité pour une page à Google.

Ainsi, tous les professionnels vont être obligés de développer leurs pages Google+ et Google a trouvé une source de revenus supplémentaires.

Ce n'est pas parce qu'un type démissionne que le monde s'arrête et la mode des réseaux passera. Google sera maître du monde parce que le simple fait d'avoir un compte Google+, sans même le savoir, parce qu'il a été créé au moment de la création d'une messagerie Gmail, de l'achat d'un smartphone Androïd ou de l'ouverture d'un compte Youtube pour diffuser la vidéo du nouveau petit chien des enfants...

Alors, on s'emballe ! Google va tout savoir de notre vie privée. C'est mal. Mais personne n'explique vraiment où est le mal, ce que Google pourrait en tirer comme bénéfice. On nous dit qu'il pourrait proposer des publicités mais personne n'a jamais réussi à me faire savoir ce que Google pourrait faire de mes données privées pour faire gagner du pognon à une entreprise. Me faire changer de bistro ?

Les geeks sont ravis de pouvoir annoncer que Google+ est mort, ce qui n'est pas vrai, mais il reste que Google a un tiers du marché de la publicité et la quasi-exclusivité pour les recherches, la première place pour les OS de smartphone et de tablettes,...

Sans compter qu'ils hébergent mon blog.

Les comptes Google ne sont pas morts.

Pétard !

Dans mon blog annexe, j'ai diffusé cette photo avec comme titre, au billet : "Formation en communication à l'ENA". Une multitude de commentateurs (deux) sont venus en commentaires dénoncer un premier couac.

On m'explique que Gaspard aurait du nettoyer son statut Facebook quand il a été nommé à l'Elysée. C'est grotesque. On aurait trouvé les photos de lui fumant un truc louche quand il bossait avec Laurent Fabius, on l'aurait critiqué également et ainsi de suite jusqu'à la nuit des temps... 

Il avait 27 ans, était en soirée avec des potes, fumait un machin qui ressemblait à un joint, a diffusé la photo sur son compte Facebook, la belle affaire !

Ce n'est pas un couac. Au contraire, ça le rend beaucoup plus sympathique aux yeux d'une part des fumeurs de joints occasionnels et d'autre part de ceux qui aimeraient pouvoir faire les cons sans être emmerdés par des moralisateurs, y compris dans leur Facebook.

Un conseiller en communication d'un président de la République de gauche n'est pas là pour rendre le présent sympathique aux yeux de quelques chaisières (pas plus que celui d'un de droite n'est là pour améliorer l'image de marque de son chef auprès des fumeurs de pétards...).

La seule chose qui m'intéresse est si ce lascar est compétent. Il doit remonter la cote de popularité de Pépère ce qui risque de ne pas être simple...

25 avril 2014

Télégramme

Il y a des jours où l'on n'a pas envie de faire des billets de blog alors qu'on n'a plein de choses à dire. Ça m'est revenu en ouvrant le Télégramme qui était posé devant mon nez sur le comptoir du 1880. 

En une, il y a la canonisation de deux anciens papes. N'étant pas catholique, je m'en fous. Il n'empêche que le Télégramme fera une une avec des fêtes musulmanes, j'imagine la tronche des réacs locaux. Ça me rappelle un blogueur du même métal qui fait un billet pour dire que Manuel Valls n'avait rien à foutre à la cérémonie. Je suppose que s'il n'avait pas été, le même blogueur aurait aussi crié au scandale. 

En page 4, il y a une interview de Mme de Sarnez. Dans la première question, le journaliste lui demande quelle offre politique, l'UDI et le Modem allait présenter aux Français pour les européennes. Elle répond en gros : un langage de vérité et une attitude non sectaire. J'imagine aussi si elle avait dit le contraire. Une demi page. Elle ne dit rien du projet qu'elle compte porter. Elle promet de mettre fin aux disparités sociales et fiscales. En siégeant avec les libéraux ?

Ça me rappelle que l'ami Sarkofrance évoque aussi ses élections. Il gueule parce que les partis ne disent rien du traité transatlantique en cours de négociation. Je ne vois pas ce que l'on peut en dire dans la mesure où on ne connaît pas le contenu. On connait les attentes mais aussi les dangers. Le nouveau Parlement tranchera mais les partis ne peuvent rien dire d'un truc inconnu.

Je vais lire les pages locales. 

Hier, déjà, l'actualité politique m'avait gonflé avec l'histoire des décolletés de Ségo et le pauvre Gaspard qui se fait charrier parce qu'à 27 ans il avait diffusé sur son Facebook une photo où il fumait une cigarette mal roulée. 

Le 6 mai

L'anniversaire approche. L'ami Jérémy Sahel a mis en ligne le film qu'il a fait à l'occasion de ce 6 mai 2012.



LE 6 MAI par EnfinBrefProd Se rappeler pourquoi on se bat...

24 avril 2014

Ensemble, nous changerons l'Europe

« L'Union européenne doit changer, c’est notre conviction profonde. En mai, grâce à votre vote lors des élections européennes, nous pourrons bâtir l'Europe que vous êtes en droit d'attendre. Une Europe qui avance, une Europe qui protège, une Europe qui agit. Notre famille politique, forte de sa présence dans les 28 pays, se battra pour vous offrir un avenir sûr. La droite a plongé l'Europe dans la peur et dans l'austérité. Pendant cinq années de domination des conservateurs au sein de l'UE, nous avons lutté pour défendre une Europe forte, démocratique et socialement juste. Mais aujourd'hui, c’est de front que nous devons mener cette bataille. »

C’est ainsi que commence le manifeste du PSE, emmené par Martin Schulz, que vous pourrez lire sur son site web. Je ne sais pas quel est le projet des autres formations politiques. Peut-être n’en ont-ils pas ?

« Pour cela, nous avons besoin de votre soutien, de votre aide, de votre voix. Notre programme pour l’Union Européenne pour les cinq prochaines années, c’est la création d'emplois, une économie dynamique, un sentiment d'appartenance commune et le respect de tous. »

« Nous voulons que vous, en tant que citoyens et en tant qu'électeurs, repreniez les commandes; nous voulons redonner espoir aux jeunes européens. En mai, vous aurez pour la première fois votre mot à dire dans le choix de la personne qui dirigera l'Europe. Votre vote décidera du nom du prochain Président de la Commission européenne. La seule manière de changer la majorité de droite dans l'Union européenne est de voter pour les socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes, démocrates et progressistes européens. »

Le projet tient en dix points. Je vous les résume.

Le premier : c’est évidemment l’emploi

Cela passe d’abord par l’emploi des jeunes et du renforcement de « la garantie jeunesse » mais aussi par une politique industrielle ambitieuse, le soutien aux PME et à ce qu’on appelle « l’économie sociale », la promotion des technologies vertes innovantes.

Cela passe aussi par le renforcement du droit du travail, l’égalité de rémunération, la protection des détachés, le dialogue social,…

Le deuxième : la relance de l’économie

Outre les points ci-dessus, il faut redonner des marges de manœuvre aux Etats pour l’investissement, poursuivre la construction de l’Union économique et monétaire, mettre de nouveaux outils pour gérer les dettes mais aussi renforcer la souveraineté des Parlements nationaux et casser « les Troïkas », lutter contre la fraude fiscale, les paradis du même métal.

Le troisième : la finance au service des citoyens et de l’économie réelle

Le sauvetage des banques a coûté 1 600 milliards d'euros, payés par les contribuables. Il faut que le secteur financier soit plus solide pour qu’on n’ait plus à raquer. La réglementation obligera les banques à servir les citoyens plutôt que de les dépouiller.

Il faut renforcer la réglementation pour mettre un frein à la spéculation. La mise en œuvre de la taxe sur les transactions financières sera accélée.

Le quatrième : l’Europe sociale

« La droite a mis en place des politiques néolibérales pour réduire les aides qui permettaient aux citoyens de rebondir après une période difficile. Nous nous battrons pour faire en sorte que l'Europe ne laisse aucun citoyen au bord du chemin. »

L’UE doit devenir aussi sociale qu’économique.

Le cinquième : l’égalité

Une Union pour l'égalité et les droits des femmes. Hop ! J’ai un coup de mou, moi.

Le sixième : une Union de la diversité

Ca va faire chier les réacs… Il faut que les Etats collaborent dans la gestion de l’immigration.

Le septième : sécurité et santé !

A la tienne !

Renforcement des droits des consommateurs, mise en avant de l’agriculture et de la ruralité, participation au développement du numérique, du droit à l’accès à l’informations, renforcement de la coopération dans la lutter contre la criminalité.

Le huitième : renforcement de la démocratie

Renforcement du rôle du parlement, rapprochement des décisions au niveau le plus approprié (local, régional, national ou européen), …

Le neuvième : l’environnement

L’UE doit redevenir le leader mondial dans le domaine de la protection de la nature et des ressources naturelles ainsi que dans la lutte contre la pollution et le changement climatique.

Le dixième : l’influence de l’Europe dans le monde

Tout est dans le titre.

« Avec ces 10 projets, nous, socialistes, sociaux-démocrates, travaillistes, démocrates et progressistes, changerons l'Europe au cours des cinq prochaines années. Nous comptons sur votre voix et nous n'aurons de cesse de défendre vos intérêts. Ensemble, nous changerons l'Europe. » 

Ce n’est pas un beau projet de gauche, ça ? Tout y est. Le changement, la lutte contre la finance,...

Moderniser les taxis ?

Thomas Thévenoud, député PS, a sorti un rapport sur les taxis et les véhicules avec chauffeur. qui sera présenté cette après-midi au premier ministre. On connaitra alors le détail mais la mesure la plus emblématique est l’interdiction par les sociétés de VTC de fournir à leurs clients des applications pour smartphones permettant d’indiquer la localisation des voitures les plus proches. Je suppose que M. Thévenoud, s’il avait été député il y a 40 ans, aurait interdit l’utilisation du téléphone pour avoir un taxi…

Les taxis et les sociétés de VTC ne sont pas contents.

Cela étant, je ne vais pas développer, j’ai suffisamment fait de billets à ce sujet. Il n’empêche que la presse nous dit que le texte vise essentiellement à moderniser les taxis. Je doute qu’il revienne à la loi de moderniser une profession.

La loi est faite, en l’occurrence, pour protéger les consommateurs ou les salariés pas pour protéger des professionnels sauf sur un point : la question des licences. On ne va pas spolier ceux qui ont acheté une licence pour avoir un taxi.

Encore que… Une vraie modernisation de la profession serait d’interdire la vente des licences, licences qui ne devraient être utilisées que pour vérifier que le taxi respecte la tarification.

En l’occurrence, si les taxis veulent mettre en place des forfaits pour les aéroports, pour la prise en charge ou des couleurs pour les voitures, il leur revient d’en faire la demande au ministre de tutelle et de montrer qu’ils sont majoritairement d’accord pour se fixer des contraintes supplémentaires. Ce n’est pas à un député de faire une proposition, surtout s’il est du PS.

Si les taxis veulent mettre en place une application smartphone pour que l’on puisse les appeler, c’est à leur organisations syndicales de le faire, pas au législateur. Pour un peu, il faudrait créer un service public au service des chauffeurs privés.

Cette histoire sombre dans le grand Guignol. D'ailleurs, dès que je tombe sur le rapport, je le lis pour trouver des perles pour un billet.

L'héritage [des blogs de droite]

Les blogueurs qui militent à droite me font généralement assez rigoler. "La gauche moderne a oublié l'essentiel de l'héritage de Jaures et autres grands apôtres de leur Panthéon" nous dit Lady Waterloo.

On n'a surtout pas oublié l'héritage de Nicolas Sarkozy et de la droite. Je ne cite qu'elle parce que je l'aime bien mais je vous invite à lire le blog de P. P. par exemple, blogueur très proche de l'UMP, qui tape régulièrement sur le gouvernement parce qu'il n'est pas assez à gauche. C'est à mourir de rire.

"On mettra les huées qui accompagnent le président où qu'il aille sur le dépit qu'éprouve les braves citoyens de ne pouvoir approcher leur bon président, éloignés par des barrières  toujours plus nombreuses, toujours plus hautes. Cachez ce peuple que la gauche ne saurait voir." dit aussi Lady Waterloo oubliant que Nicolas Sarkozy faisait venir des militants par car à chacune de ses sorties pour jouer le rôle du peuple.

23 avril 2014

La politique économique de la France est la bonne

Les camarades de la vraie gauche cumulent les billets de blogs contre l’austérité, comme si une politique faisant en sorte qu’on dépense 80 milliards de plus qu’on touche pouvait être qualifiée d’austéritaire. Gauche de Combat, par exemple, réussi à trouver une étude scientifique prouvant que l’austérité en Grèce avait provoqué une augmentation notable des suicides. Je ne critique pas le résultat mais l’article précise deux choses intéressantes. La première est que le taux de suicide est quatre fois supérieur en France. « En 2012, des chercheurs britanniques avaient déjà estimé qu'une hausse annuelle de 10% des chômeurs faisait augmenter de 1,4% les suicides chez les hommes. » Heureusement qu’il y a des chercheurs pour nous montrer que c’est plus difficile de vivre quand on est au chômage.

L’ami DPP, quant à lui, explique comment Manuel Valls fait avaler des couleuvres néolibérales à l’aile gauche du Parti Socialiste avec son plan de 50 milliards, ce qui aurait du être l’objet de mon billet d’hier soir (que j’avais annoncé dans les commentaires, chez un confrère). Pour moi, les députés socialistes en sautant au plafond se sont coupé l’herbe sous le pied en refusant d’attendre que les textes passent au Parlement pour pouvoir les amender. DPP appelle cela « avaler des couleuvres » alors qu’ils ont merdé. Peu importe.

Heureusement, que l’on trouve des lectures plus sérieuses, dans les blogs, comme ici.

Lisez-le. Je vais le résumer car c’est la conclusion qui m’intéresse.

La « troïka » (FMI, BCE, UE) a à moitié merdé en Grèce. Elle a réussi à résoudre les déséquilibres macroéconomiques en 4 ans en supprimant le déficit commercial mais, il y a plusieurs mais que vous pouvez lire. En particulier, ces « résolutions » ont été faites en l’absence de structure.

Un constat intéressant est fait en introduction, pour justifier ces réformes : « les détenteurs d’obligations publiques sont des rentiers au détriment des classes populaires qui doivent payer des impôts pour payer les intérêts de la dette publique. » C’est un argument que je reprends souvent : une politique de relance ne peut profiter, aujourd’hui, qu’à ceux qui prêtent du pognon pour la mener. Elle ne peut être de gauche puisqu’elle favorise les plus riches. Aucun « vrauchiste » ne m’a jamais répondu à ce sujet.

Venons-en à la conclusion.

« En France, le déficit commercial est 60 milliards €. Incroyable, les déséquilibres macro-économiques sont résolus en Grèce, mais pas en France. »

Ben oui… Comme vous êtes encore plus cons que moi, ce qui n’est pas rien, je vais vous expliquer avec mes mots à moi. En quelques mots, seulement, pour ne pas vous fatiguer le cerveau. Le pognon ne rentre plus. La balance a toujours été raplapla jusque dans les années 1990. On pouvait toujours s’endetter, l’inflation faisait en sorte qu’on se fout de l’augmentation de la dette. Dans les années 90, on a commencé à gagner plein de pognon et subitement, vers 2000 (on va dire 2002, tiens, pour faire chier la droite), le déficit a augmenté de façon catastrophique. Non seulement on n’a pas d’inflation pour atténuer la dette mais, en plus, le pognon ne rentre plus de l’étranger : on n’arrive plus à se financer nous-mêmes, par la dette privée nationale. On appelle ça un déséquilibre macro-économique. Si vous n’avez rien compris, ce n’est pas grave, moi non plus. Si vous n’êtes pas d’accord, je vous mets au défit de prouver le contraire.

Continuons cette conclusion passionnante.

« Toute sortie de l’Euro en France aujourd’hui ne nous rendrait pas notre souveraineté, puisque nous serions dépendants des marchés financiers internationaux. »

Et paf !

« Une sortie de l’Euro ne pourrait être envisageable que lorsque ce déficit commercial sera comblé. Comment le combler ? En diminuant le coût du travail par exemple et en améliorant l’investissement et la formation ou la négociation dans les branches. Avec le CICE par exemple. Ou même avec un pacte de responsabilité ? »

Héhé ! Je me demande si le rédacteur n’est pas un partisan de François Hollande…

« La baisse du coût du travail et les contreparties du pacte de responsabilité ne sont pas des solutions libérales, c’est un choix stratégique pour faire face à une difficulté majeure de la France : son déficit commercial. »

Voila… Z'avez vu ? On peut trouver plein de lectures passionnantes...

L'Europe, ses institutions et ses élections

« J’ai entendu à la radio qu’on vote, encore, mai, mais je n’ai pas compris pour qui ou pour quoi ? » me dit le vieux Joël, camarade de comptoir. « Oui, ce sont les européennes, comme tous les cinq ans. » que je lui réponds. « Ah, mais on vote pour quoi, un homme, un projet ? » « Ben pour une liste, c’est pour l’élection des députés européens ? » « Oui, mais qu’est-ce que l’on choisit, un député, un programme,… » « Ben, une liste de députés. »

J’ai posé mon iPhone, mon demi (après une dernière gorgée…) et je lui ai expliqué. J’aurais pu lui dire d’aller voir les blogs, comme chez Cyril ou Bembelly. Non. J’ai tout repris à la base.

Nous avons la Commission européenne avec un président. C’est un peu comme un gouvernement. Nous avons le Conseil européen qui est la réunion des chefs d’Etats, avec un président. C’est lui qui nomme le président de la Commission et fixe les grandes orientations. Nous avons le Conseil de l’Union européenne, appelé aussi Conseil des ministres. Ce sont les ministres des Etats qui y participent, selon les thèmes abordés. C’est lui décide des machins législatives et budgétaires, avec le Parlement. Nous avons enfin ce Parlement, pour qui nous allons voter.

« Ah ben dis donc, c’est un bordel, ton truc. » qu’il me dit le vieux. Il faut dire qu’à l’écrit c’est assez facile. On sort Wikipedia du tiroir et on tape des conneries. A l’oral, les explications sont plus hachées et ponctuées de « Ah merde, je sais plus comment s’appelle ce truc. »

Attends ! Vieux ! Je n’ai pas fini… Il y a aussi la Cour de justice de l’Union européenne, la Banque Centrale Européenne et la Cour des comptes mais elle ne sert pas à grande chose. Et je te passe le Conseil de l’Europe et la Cour européenne des droits de l’homme qui ont aussi les pays qui ne font partie de l’Union européenne, comme l’Ukraine.

« Je ne comprends plus rien, il y a deux Europe, maintenant ? »

Joël, ça a toujours été le cas. Nous avons d’un côté le Conseil de l’Europe et de l’autre l’Union Européenne.

Le Conseil de l’Europe regroupe 47 Etats dont la Russie ce qui fait que ce machin va de l’Atlantique au Pacifique. Il y a un Comité des ministres, avec les ministres des affaires étrangères, qui décide de tout ce qu’il y a à décider. Il y a l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe qui ne sert pas à grand chose. A l’oral, ça donne : « heu oui, c’est un machin plus large qui ne sert pas à grand-chose sauf pour les droits de l’homme et ces trucs là. »

« Et c’est pour ça que l’on vote ? »

Ben non. C’est pour le Parlement européen, l’organe démocratique de l’Union européenne, créée par le Traité de Maastricht, modifié par les traités d’Amsterdam, de Nice et de Lisbonne.

« Ah ben ça bouge tout le temps. » « Ben oui, faut bien qu’on s’engueule à chaque fois. » « Donc, ce sont les pays qui ont l’Euro ? » « Ben non, certains seulement. » « C’est vraiment le bordel, ça nous fait donc une troisième Europe ? » « Si tu veux… »

Nous avons l’Union économique et monétaire de l’Union Européenne (l’UEM), définie par les traités de l’Union européenne) qui vise à rapprocher les économies des 28 pays de l’Union Européenne, composée de :
-         18 pays qui sont passés à l’euro,
-         8 pays qui passeront obligatoirement à l’euro quand ils auront rejoint les critères de convergence,
-         2 pays qui ont des dérogations pour ne pas passer à l’euro (le Royaume-Uni et le Danemark).

La politique monétaire des Etats de la zone euro est définie par la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est indépendante. La politique des autres Etats est définie par leurs propres banques centrales qui doivent être indépendantes. Tous ces machins sont regroupés au sein Système européen des banques centrales (SEBC) qui définit la politique monétaire de la zone euro que devrait suivre la BCE mais aussi toutes les autres banques centrales.

L’Eurosystème, quant à lui, regroupe la BCE et les banques centrales des pays passés à l’Euro (si tous les états membres passaient à l’Euro, l’Eurosystème et la SEBC seraient une seule structure)… On s’en fout donc.

Le président de la BCE est nommé par le Conseil européen (le machin avec les chefs d’Etat, suivez un peu) sur recommandation du Conseil de l’union européenne (les ministres des finances, quoi…) après consultation du Parlement.

Rassurez-vous, je n’ai pas expliqué ça au vieux Joël. Je ne le savais pas. Pendant que j’y suis, nous avons aussi l’Eurogroupe qui regroupe les ministres de finances des pays de la zone euro qui a plus de poids que le Conseil des ministres des finances européens, qu’on appelle aussi ECOFIN ou Conseil pour les affaires économiques et financières.

C’est tout un bordel et je me demande comment ils s’y retrouvent.

Toujours est-il que l’on va voter pour un truc que tout le monde dénigre. Il est important de savoir ce que c’est.

Je résume donc devant vos yeux ébahis.

Nous avons le Conseil de l’Europe avec 47 pays qui sert essentiellement dans le domaine des droits de l’homme, de la démocratie, et qui intègre notamment la Russie. Ses institutions ont peu d’importance : ce sont globalement les ministres des affaires étrangères qui gèrent la boutique.

Nous avons l’Union européenne qui, elle, a un tas de pouvoir, qui est tenue par trois instances :
-         la commission,
-         des conseils avec les représentants des états,
-         le parlement pour qui nous allons voter.

L’Union européenne englobe l’Union économique et monétaire. 18 pays sont passés à l’euro, géré par la Banque Centrale Européenne, organisme indépendant dont les chefs sont nommés par les instances de l’Union européenne.

La Commission européenne a un président. La Commission a essentiellement un rôle dans le domaine de la concurrence, de l’agriculture et pour la négociation des traités internationaux. Ses autres jobs sont fournis par le Conseil de l’Union (les ministres). Ce président devra être élu par le Parlement européen. C’est une première cette année.

Je cite mon confrère Cyril : « Pour la première fois, le président de la commission européenne sera issu du parti majoritaire au Parlement Européen. Le dernier président de la commission, José Manuel Barroso, était un conservateur partisan d’une Europe toujours plus libérale choisi de façon assez obscur par le biais d’accord de couloirs. Le prochain président de la commission européenne aura une légitimité citoyenne. Il aura donc la responsabilité de composer une équipe de commissaires européens suivant la ligne majoritaire au Parlement Européen. »

Cinq partis européens ont désigné un candidat. En toute logique, le président élu sera celui d’un des deux partis majoritaires. En d’autres termes, si vous voulez ne pas avoir un président favorable d’une Europe plus libérale, vous devriez voter pour la liste du Parti Socialiste Européen.

Et j’en reviens au vieux Joël, parce que ça, il a bien compris ! Je lui ferai réviser ses leçons, ce soir.

Pour le reste, le parlement vote pour un tas de trucs généralement issus de compromis avec le Conseil de l’Europe (les ministres), donc une représentation des Etats. Quand vous entendez un gugusse dire que tous les partis sauf le sien votent ensemble, c’est très vrai. Ils votent à l’issue d’une phase de négociation.

Alors je vais répondre au vieux Joël : « Tu vas voter pour une liste menée par une certaine Pervenche qui ne te mettra pas à l’amende. C’est la chef de file du Parti Socialiste dans la région parisienne. Tu ne la connais pas, mais avoir sur Google, elle est expérimentée. Le Parti Socialiste fait partie du Parti Socialiste Européen qui est le seul l’équivalent à droite à pouvoir emporter quelque chose. »

Et je vais ajouter : « tu reprends une bière ? »

22 avril 2014

Le KdB du cinq mai

C'est en l'honneur de Ménilmuche qui débarquera du bout du monde. A noter dans vos agendas. C'est en plus du KdB du 23 avril qui devrait commencer dans 15 minutes.

Regroupement des régions : vive l'Armorique ?

A propos du rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, on lit beaucoup d’âneries, y compris dans mes propres blogs, d’ailleurs. Entendons-nous bien : je suis assez favorable à ce rattachement mais je ne verrais pas, d’un mauvais œil, non plus, la création d’une grande région ouest, avec la fusion, en gros, des deux régions, la Bretagne et les Pays-de-Loire.

L’histoire de la Bretagne est compliquée, mais, pourtant, certains se basent sur elle ou les sondages pour formuler des exigences.

L’histoire de la Bretagne

J’avais fait un billet à ce sujet, cet été. Je résume. Au début, on avait les hommes préhistoriques qui étaient là. On ne sait pas comment ils sont arrivés là et on s’en fout. La civilisation Celte est arrivée.

On considère qu’il y avait cinq peuples celtes sur le territoire de l’actuelle Bretagne au début de notre ère. Voir l’illustration en haut à gauche. On ne parlait pas encore de la Bretagne, d’ailleurs. Les Romains sont arrivés. Ils appelaient ça l’Armorique qui, en gros, s’étendait de l’estuaire de la Loire à celui de la Seine. C’était le bordel.

Les peuples germaniques ont méchamment décidé d’envahir l’Ile de Bretagne, ce qu’on appelle aujourd’hui la Grande Bretagne. C’était il y a deux millénaires, en gros. Du coup, les peuples rosbifs ont été obligés de fuir et de se pointer chez nous. C’est pour ça qu’on appelle cela la Bretagne. Nos envahisseurs avaient une culture proche de la notre issue des Celtes.

Ceux qui venaient du pays qui deviendra la France ont envahi un tas de trucs ce qui fait que les coins qui n’étaient pas en France, s’étendaient de l’estuaire de la Rance à celui de la Vilaine.

Charlemagne est arrivé et a créé les Marches de Bretagne, avec Rennes et Nantes (qui étaient dans a lui) pour se défendre des méchants Bretons qui auraient pu l’envahir. Finalement, c’est cette andouille qui a fini par envahir la Bretagne, ou, du moins, l’ensemble des petits royaumes qui la composaient, pour avoir la paix. Il y a fusionné tout ça, avec les Marches et son fils a nommé un lascar, Nominoë, pour diriger ce bordel.

C’est ainsi que Charlemagne a créé la Bretagne, en gros, au nord de l’estuaire de la Loire, avec des Celtes envahis par des anglais…

Par reconnaissance, certainement, Nominoë a foutu dehors les Carolingiens et c’est son fils, Erispoë qui a finalement fini par reconnu comme roi de Bretagne par les rois de France. Ces andouilles ont continué à faire la guerre, ont gagné un tas de trucs et ont fini par perdre. Après 50 ans d’existence, le royaume devint un duché, le duc « prêtant hommage » à Louis IV en 942.

Toujours est-il qu’ils ont continué à se foutre sur la gueule. Le comté de Nantes ne voulait pas être intégré au duché de Bretagne. Du coup, le comté se balada un peu partout et fut même rattaché à l’Anjou. Nantes est revenu « définitivement » en Bretagne que vers le XIIIème siècle.

Finalement, François 1er a baisé les Bretons en devant usufruitier du duché avant d’être roi de France en se mariant avec la fille d’Anne de Bretagne en 1514. En 1532, la Bretagne était rattachée à la France. On peut dire que la révolution a fini de la tuer. C’était un peu le but du redécoupage par département même s’il a été fait plus ou moins sur la base des frontières de contés.

Pendant la guerre, en 1941, les régions furent recrées pour des raisons administratives et le découpage fut conservé après la guerre. On connaît la suite.

Des sondages ?

Si vous posez la question aux habitants de la Loire Atlantique : « Comme on va redécouper les régions, voulez-vous que votre département soit rattaché à la Bretagne ou à une autre entité ? » 90% des braves gens, au pif, vont répondre oui. J’imagine que la question n’a pas été posée ainsi.

C’est ainsi que les défenseurs du rattachement disent qu’une majorité d’habitants sont favorables au rattachement…

Par contre, « 29 % des sondés étaient favorables au rattachement administratif de la Loire-Atlantique à la Bretagne, contre 32 % pour le « maintien des structures régionales actuelles » et 36 % pour « La mise en place d'une grande région ouest dont ferait partie la Loire-Atlantique » ».

Ainsi, moins d’un tiers des habitants du coin souhaitent réellement leur rattachement à la Bretagne.

Ce sondage date de 2002 et il y a plein de sondages dans Wikipedia.

En 2009, les Bretons, eux, étaient majoritairement pour mais d’une courte tête.

Ca vaudrait le coup de faire un sondage, auprès des habitants de la région et ceux du département 44. Je résume : le gouvernement va faire une réforme territoriale, deux projets s’opposent :
-         la création d’une nouvelle grande région par la fusion des deux régions,
-         la création d’une région avec les cinq départements.
Quelle solution préférez-vous ?

Une fois cela fait, dans le cadre d’une réforme qui va se faire, on pourra avoir une idée de « l’opinion publique ».

On pourrait aussi poser la question uniquement aux habitants du sud de la Loire…

Et moi et moi ?

Honnêtement, je m’en fous. Ce sont les élus qui travaillent au quotidien et connaissent les machins administratifs qui sont nécessaires.

Par contre, je n’aime pas l’argument de la Bretagne historique car si une Bretagne historique a existé, c’était entre 851 (de mémoire) et 1532. L’argument est nationaliste. Ou alors, arrêtons-nous à la Bretagne des cinq peuples Celtes qui a existé beaucoup plus longtemps. Mais on n'avait pas encore été envahis par les Anglais.

Recréons l'Armorique, qu'on n'en parle plus...


La vanité dans l'actualité

Mon confrère Sarkofrance s’en prend au verbiage en politique. A peu près en même temps, la consœur RosaElle évoque la vanité du discours politique. Ils ont raison. C’est ce que j’appelle parfois le manque de fond. Cela étant, n’est-ce pas l’essence des blogs politiques ?

Tiens ! Mon dernier billet. Je prends des propos de Laurent Fabius à propos du travail le dimanche et je pousse ma gueulante, sans approfondir, sans même rappeler l’histoire récente, ces conflits avec les grandes surfaces, ce décret de 15 mois, jugé illégal…

Sarkofrance nous dit : « Il faut se forcer à lire plus loin, plus en détail. Se remettre à l’ouvrage. Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi. Oublier les émissions d’information. » C’est aussi la réflexion que je me faisais en me forçant à regarder le direct de la libération des otages. A aucun moment, un journaliste n’a rappelé pourquoi ils étaient otages, ce qui se passe en Syrie, l’origine du conflit, les soutiens de chacun,…

Plonger dans les sites parlementaires pour lire des textes de loi ? Je le fais mais la plupart sont incompréhensibles pour les non juristes. Pour faire court, un texte de loi est là pour modifier un Code, comme le Code civil, le Code du travail… Pour comprendre une loi, il faut donc se référer au code correspondant…

C’est le boulot de la presse, de faire ça, de nous expliquer le tout. Pourtant, c’est plus vendeur, pour la presse de titrer sur un raccourci de Laurent Fabius que de nous expliquer, tout simplement, pourquoi Laurent Fabius veut ajuster la loi Maillé. Tiens ! Allez la lire pour comprendre ce que je voulais dire au paragraphe précédent.

Rosa, elle, s’en prend à la vanité de la parole politique. Elle a raison. Je ne l’aurais pas exprimé ainsi, mais le personnel politique n’est plus crédible. Tiens ! Laurent Fabius, Ministre des affaires étrangères vient nous parler d’ouverture des commerces le dimanche. On croit rêver.

C’est même pire. David revient sur l’affaire Morelle et du cirage des pompes au château. « Le gouvernement demande 50 milliards d'euros d'économie supplémentaire. Et en même temps nos élites semblent ignorer le souci quotidien de leurs compatriotes. Pire, les images d'un cireur de chaussures de collaborateurs vient rappeler qu'une certaine aristocratie existe toujours. » Comment pouvait-il, Aquilino, ne pas se rendre compte des problèmes d’image que ça pouvait donner ? Comment peut-on s’imaginer que la parole du politique puisse rester crédible ?

Juan a raison, il faut qu’on travaille nous-mêmes les dossiers, ce que je fais à l’occasion. Mais nous ne sommes que des blogueurs. Mes billets d’humeur sont bien plus lus que tous les billets vaguement sérieux que je peux faire.

La vanité a deux significations : l’orgueil et la futilité.

Lequel s’applique aux blogs ?