En salle

06 mai 2014

Bon anniversaire, Monsieur le Président !

« En 2012, si j’ai gagné, ce n’est pas parce que j’avais un programme étincelant, c’est sans doute parce que mon prédécesseur avait échoué, c’est parce que les Français savaient bien quelle était l’ampleur de la crise. » Je crois que c’est cette phrase qui marquera l’interview de François Hollande par Jean-Jacques Bourdin, ce matin. Je ne l’ai pas écouté, j’étais dans les transports en commun, c’est donc dans Twitter que j’ai pu suivre mais comme je suis surtout abonné à des supporters du président, je ne sais pas si ma TL était vraiment objective…

Voila, c’est dit : il a été élu pour virer cette droite incompétente qui a foutu la France dans la merde.

« Est-ce que j'ai dissimulé la gravité de la crise ? Non, je l'avais évoquée pendant la campagne présidentielle. Est-ce que je n'ai pas suffisamment dit au lendemain de l'élection que la situation que j'avais trouvée était grave ? Oui, je ne l'ai pas suffisamment dit. » Il a aussi rappelé à une auditrice que la France était au bord du bilan en 2012.

Il a dit, aussi : « Comment voulez-vous qu’à la fin du mandat, si j’ai échoué sur la croissance, échoué sur le chômage, échoué sur le redressement du pays, je puisse dire "j’ai la solution pour la suite" ? » C’est aussi une belle critique de son prédécesseur qui n’aurait jamais du se représenter.

A propos de sa vie privée : « Jamais je n'ai été dans une forme de vulgarité ou de grossièreté. » Ah ! Hé hé… Encore une allusion…

A propos de son soi-disant amateurisme : « Amateurisme quand il s’est agi de sortir de la crise de la zone euro ? Amateurisme quand il s’est agi d’intervenir au Mali quand personne ne le faisait et que le terrorisme était en train de gagner la partie ? Amateurisme quand il s’est agi d’aller en Centrafrique pour éviter un génocide ? Amateurisme sur la crise syrienne quand j’ai été le seul chef d’Etat occidental à dire "Attention, ce qu’on est en train de laisser faire, c’est un massacre" ? Je préfère prendre mes responsabilités et être jugé sur mes résultats. »

Pour le reste, pas trop de surprise à part le possible report des élections régionales qui serait rendu nécessaire par la réforme territoriale et qui, n’en doutons pas, sera bien critiqué !

Selon Twitter, les échanges avec les auditeurs ont été grotesques. Je cite un tweet de mémoire : « #BourdinPR : M. Le Président, j’ai une lessive de coton à faire, je mets sur 30 ou 40. » Le comble du ridicule a été atteint quand on a su qu’une des auditrices était une élue UMP de Meaux, donc a priori une proche de Jean-François Copé.

Deux ans

Avant cette interview, je lisais différents articles de presse qui tiraient un bilan de ces deux ans. Généralement, les éditorialistes notent deux énormes bordels : Cahuzac et Léonarda, une communication qui ne passe pas, l’étrange promesse d’inversion de la courbe qu’on a entendue pendant longtemps, le débat sur le mariage pour tous qui a trop duré,…

Je vais ajouter trois points qui me sont restés en travers de la gorge. Les deux premiers sont l’augmentation de la TVA et la réforme des retraites. On s’était battus contre quand Nicolas Sarkozy était au pouvoir et il aurait fallu les défendre maintenant. Le troisième est la réforme territoriale et la décentralisation, notamment pour ce qui concerne la métropole du Grand Paris, qui me parait être un gros bricolage. On aimerait voir clairement où l’on va…

Pour le reste, je n’ai pas le courage de mon confrère Sarkofrance qui se livre à un abécédaire complet… On y retiendra des points positifs et des points négatifs et chacun partagera ou non son avis. Je vais simplement prendre un exemple pour rigoler. « La suppression de la défiscalisation des heures supplémentaires dès l'été 2012, mesure macro-économiquement désastreuse, provoque une petite secousse, entre 3 et 4 milliards d'euros en jeu. » Quand la défiscalisation a été mise en œuvre, on disait, à gauche, que c’était une mesure macro-économiquement désastreuse.

Ce que je retiens de ces deux ans de « blogage de gouvernement », c’est l’impatience de tous, de la mienne, des twittos, des réseaux sociaux, des journalistes,… Je retiens aussi la nullité de certains médias, débordés par l’évolution de l’actualité (chaînes d’information en contenu, chasse au tweet, à la rapidité,…),… Ce qui m’amusait beaucoup quand la droite était au pouvoir.

Je retiens aussi un tas de mesures qu’il fallait prendre et qui ont été prises.

On a un président qui se bat.

La vie continue. L’OCDE prévoit des chiffres légèrement moins bons que prévus pour 2014 et 2015. En plus, ils disent : « Dans le contexte d’une reprise toujours fragile, les pouvoirs publics ont de la marge pour laisser jouer les stabilisateurs automatiques. »

Ce qui veut dire : pas trop de rigueur, hein !

8 commentaires:

  1. "Les deux premiers sont l’augmentation de la TVA et la réforme des retraites. On s’était battus contre quand Nicolas Sarkozy était au pouvoir et il aurait fallu les défendre maintenant."

    Ce qui prouve l'absurdité de l'opposition systématique et par principe, ne serait-ce que sur le plan tactique: si une opposition espère accéder bientôt au pouvoir, il est plus malin de voter pour les réformes dont elle sait très bien qu'elle sera obligée de les poursuivre.

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    1. Oui et non. Je reste convaincu que les deux mesures en question sont mauvaises, surtout les retraites. Mais oui, l'opposition systématique est grotesque.

      On le voir d'ailleurs actuellement (dans l'autre sens). L'UMP gueule contre un pacte qu'ils auraient du faire au prétexte qu'il est pas suffisant.

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  2. C'est vrai qu'on a tendance à oublier ce qu'il a déjà fait, et en deux ans c'est bien.

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