En salle

19 janvier 2015

Le retour de la politique, par la petite porte

La cote de popularité de François Hollande et de l’exécutif a fait un bond depuis les événements du 7 janvier. Le blogueur de gouvernement doit se réjouir. Le blogueur de droite doit relativiser ce résultat en utilisant l’humour, ce que fait par exemple Jacques Etienne.  Pierre Parrillo aussi fait de l’humour mais malgré lui.

Rien que la premier phrase provoque une hilarité qui empêche de lire la suite : « D’autant plus qu’on aurait préféré que le sursaut de la cote de popularité du Président de la République soit consécutif à son action politique et non à un simple calcul politicien malsain, tel que celui auquel il se livre depuis une petite dizaine de jours maintenant ! » Ainsi, Pierre Parrillo accuse François Hollande d’avoir gérer correctement la crise uniquement pour le bien de sa propre priorité. En d’autres termes, il lui reproche de ne pas l’avoir bien gérée.

La suite est tout aussi drôle. Le blogueur revient sur le « Hollande Bashing » ! « En réalité ce « Hollande bashing » n’a jamais existé. » Je l’invite a regardé la une des journaux depuis l’été 2012 pour vérifier ses propos.  On peut se réjouir ou critiquer ce bashing, on peut l’expliquer ou ne pas le comprendre, on peut le mettre sur le dos de pépère mais, pour le nier, il faut le faire !

« Le désenchantement a été rude. Et pour le moins pas si apprécié que ça. A un point tel que quelques grands cerveaux de gôôôôche, incapables d’apporter le recul nécessaire pour juger objectivement de la nocivité de la politique initiée par le Chef de l’Etat, en sont arrivés à diaboliser et à dénigrer quiconque ne pensait pas comme eux. » Ce qu’est d’ailleurs en train de faire le blogueur… Ce type a défendu Nicolas Sarkozy et prétend avoir du recul et de l’objectivité…

« La gauche et plus précisément la majorité, doit comprendre que ça n’est pas parce qu’elle tape pour le plaisir de taper que tout opposant politique en est forcément rendu à s’abaisser à son niveau lorsqu’il bascule dans l’opposition. » Ceci n’est pas une plaisanterie mais un jeu pour nos lecteurs. La question est : qu’a voulu dire le blogueur ?

« Je reconnais que la posture du Chef de l’Etat, au regard des évènements de ces derniers jours, a été la bonne. Il a géré ces évènements comme ils auraient dû à mon sens être gérés. »  Ah ! Il reconnait ! Il critiquait la posture du chef de l’Etat dans la première phrase mais explique maintenant qu’elle est la bonne. J’aurais dû faire des cours de psychologie.

La fin du billet est également intéressante : le blogueur souhaite que les résultats du pays soient mauvais afin que la cote de popularité du président retombe… A la limite, cela mériterait presque des baffes.

Je vous livre la conclusion, vu que qu’elle est l’objet de mon billet : « D’ailleurs ce regain provisoire de popularité du Chef de l’Etat est uniquement consécutif aux évènements qui ont violemment frappé notre pays durant la première semaine du mois de janvier… Il ne traduit en aucun cas une adhésion des français à sa politique, que l’actu nous a d’ailleurs un peu vite fait oublier ! »

Elle est l’objet de mon billet car elle contient une erreur, le mot « uniquement », et une approximation, la popularité avait commencé à remonter avant, mais c’est un détail, sans compter le volet « provisoire » au sujet duquel on ne peut rien juger.

Deux autres phénomènes expliquent ce rebond. D’une part, la popularité était au plus bas et ne pouvait que remonter. Tous les indices étaient dans les indicateurs des mois précédents : François Hollande retrouvait un niveau de confiance correct auprès de son électorat. Cette popularité au plus bas par plusieurs éléments, comme l’absence de résultat, une série de couacs et d’incidents depuis son élection, son incapacité à montrer un cap et, comme le disent d’éminents spécialistes, son incapacité à « vêtir le costume présidentiel » ce qui, en langage normal, veut dire qu’il passe pour un guignol, pour vous dire à quel point je suis objectif. Les événements et leur gestion par l’exécutif ont permis de boucher certaines lacunes, peut-être provisoirement.

La presse fait le rapprochement entre cette progression de François Hollande et celle de François Mitterrand après la guerre du Golfe. TNS-Sofres (qui n’est pas l’institut qui constate cette forte progression, la question posée n’est pas du tout la même) donne des chiffres bien différents. D’une part, la cote de popularité de Tonton tournait autour de 55 ou 60% au moment de la guerre du Golfe alors que celle de Pépère oscille entre 15 et 20… D’autre part, on ne voit pas cette progression On voit, par contre, nettement la chute qui a suivi.

D’autre part (on ne devrait pas imbriquer les « d’une part » - « d’autre part », j’en étais aux phénomènes qui expliquer le rebond), c’est à l’occasion de ces douloureuses épreuves que l’on se rend compte que tout autre exécutif aurait fait pire (ou qu’aucun n’aurait fait mieux). C’est un peu une « popularité par défaut ».  On pourrait imaginer un sondage : « avez-vous confiance dans l’exécutif ? »
-          Réponse 1 : oui, assurément,
-          Réponse 2 : oui, on n’a pas le choix,
-          Réponse 3 : non, mais bon c’est moins pire que si c’était les autres,
-          Réponse 4 : ah non, hein !
On se retrouverait avec 25% (au pif) de « réponse 4 », donc une popularité de 75%...

On fait ainsi dire aux chiffres et aux sondages à peu près ce que l’on veut. Mes deux blogueurs de droite font l’analyse des chiffres sans réussir à mettre de côté le fait qu’ils ne puissent pas blairer François Hollande.

Pierre Parrillo nous dit que l’actualité nous fait oublier la politique (je suppose qu’il parle de la politique économique). Il devrait le formuler positivement : c’est une chance, pour son camp, la droite « sarkozyenne », qui s’est fait déborder par ces événements et qui va entrer dans une mauvaise phase avec la loi Macron. Nicolas Sarkozy a appelé à s’y opposer alors qu’un chef normal de parti de droite aurait eu intérêt à s’y associer pour foutre la merde à gauche. L’ex va réussir à souder la majorité autour d’un texte qui est critiqué en son sein.  J’en reviens à mon dernier « d’autre part », Nicolas Sarkozy est passé pour un guignol avec son comportement, le jour de la grande manifestation, prenant ainsi la place du « guignol » préalablement réservée à François Hollande.

Ce retour à la politique politicienne, avec son volet « analysons bêtement les sondages » fait du bien, en quelque sorte. Il s’est passé un truc dans notre monde, le 7 janvier 2015. On devrait être en train de faire des billets pour donner notre façon de voir sur ce qu’il faudrait faire. On a vu beaucoup de spécialistes de l’Education Nationale expliquer aux professeurs ce qu’ils devaient faire, comme si rétablir l’autorité en claquant des doigts était possible.

Hier, j’écoutais Bruno Le Maire qui disait qu’il fallait couper les allocs aux parents des mômes qui n’ont pas respecté la minute de silence, comme si un gamin pouvait être sensible à ce genre de choses. Les débats, entre nous, sont déjà terribles alors comprenons les mômes perdus. Néanmoins, les pires réactions sont dans les blogs de la vraie gauche qui s’imaginent pouvoir sauver la paix dans le monde en traitant de racistes ou d’islamophobes ceux qui ne sont pas d’accord avec eux. Je leur propose de continuer à jouer dans leur bac à sable.

Prenez Corto, ce pauvre blogueur de droite ! Dans un récent billet, il a écrit : « Que Charlie continue d'insulter le sacré d'autrui, c'est son choix, c'est sa liberté mais à provoquer, arrive ce qui devait arriver, on se prend violemment le retour de manivelle dans la tronche de la part de gens radicalisés. » En français, cela veut dire : « c’est bien fait pour leur gueule ».

Alors, je laisse ce débat à mes honorables confrères.

Je vais continuer à analyser les sondages et, de temps en temps, je ferai un joli billet pour parler du fond, pour dire ce qu’il faudrait faire pour sauver le monde.

Ca manque, dans la blogosphère. Tant qu'il y reste autant de gens indispensables que dans les cimetières. 


12 commentaires:

  1. Mais tu n'as rien compris, ô pauvre blogger goooochiste, Pierre Parrillo a raison, personne ne le contredit sur son blog ............. à moins que ............

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  2. Il n'y a pas que la "vraie gauche" qui marche actuellement à côté de ses pompes. Beaucoup de types de droite n'ont plus tellement l'air de savoir où ils habitent. Ce 7 janvier semble avoir pas mal battu les cartes.
    Une fois la poussière retombée il va y avoir des reclassements à faire.

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    1. Oui. Ca va être rigolo à observer (pour les partisans d'Hollande, comme moi, qui par nature ne peuvent pas douter). Entre le centre qui va soutenir la loi Macron avec une partie de la droite qui dira merde à Sarko et les frondeurs qui seront risibles.

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  3. C'est quand même dingue que pour faire la promotion, tu parles encore de Parillo...

    (surtout que en ce moment, avec un Valls qui est plutôt bon, et un Hollande qui a fait le job ni plus ni moins, il n'y a pas forcément à aller taper sur la droite pour promouvoir...)

    Enfin bon, je conclue que c'est difficile aussi d'être blogueur d'opposition... (pour quelle majorité que ce soit). Peut être ne faut il être blogueur de rien...

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    1. Tu aurais du lire le titre de mon billet avant le billet...

      La promotion de quoi ? J'ai encore de la promotion à faire ? Tu penses qu'un blog politique a de l'influence au point de faire de la promotion ?

      Relis mon billet et voûs ce qui en sort : arrêtons de faire n'importe quoi, je peux faire pire que les autres.

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  4. Corto est carrément mou du slip....

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  5. Qu'est ce que la hausse de la popularité de Hollande a à voir avec la politique ?
    Les gens ont simplement jugé sa capacité à gérer ces évennements et ses réactions très humaines face aux proches des victimes.
    Des gens, donc nous, ont été très touchés par les réactions très humaines du président de la république qui est avant tout un homme, rien a voir avec sa politique économique. On fait dire ce qu'on veut à ce genre de sondage nul .

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  6. La France a comme chef d'état quelqu'un qui :
    - a trompé sa compagne ouvertement. Ca indique quelque
    - a remplacé au pied levé quelqu'un qui a trompé sa compagne ouvertement.

    Personnellement, cela indique quelque chose au sujet de la France et pardonnez-moi, des français (qui votent encore).

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    1. on t'a demandé où toi t'as été tremper le biscuit ?

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    2. Ne réponds pas aux trolls des autres, bordel ! La modération des commentaires étant activée, si je publie des commentaires cretins, c'est que j'ai des raisons et vais répondre.

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La modération des commentaires est activée. Je publie ceux que je veux. On ne va pas reprocher à un journal de ne pas publier tous les courriers des lecteurs...