En salle

26 janvier 2017

Les quatre gauches irréconciliables

Avec cette histoire, les débats deviennent passionnants à suivre et surtout rigolos. Ce phénomène est amplifié par l'affaire Pénélope qui pourrait faire que ce pauvre Fillon soit victime d'un 21 avril à l'envers et que son poulain sera au second tour et gagnera haut la main face à Marine Le Pen. 

Au risque de fâcher mes confrères de gauche, ceci est faux. Mme Le Pen espère bien être face à Hamon ou Mélenchon : c'est à peu près la seule chance qu'elle ait de gagner (ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit : elle n'est pas sûre de gagner face à ces deux gugusses et elle peut aussi gagner face à Valls ou Macron). 

Revenons à nos quatre gauches. 

La première : les normaux. Comme moi, quoi ! Smiley. On va aussi les appeler les orphelins d'Hollande voire les déçus de Pépère ou de ses résultats. Disons qu'on ne croit plus en la collectivisation des moyens de production, en l'arrêt du libéralisme, de la mondialisation,... mais qu'on pense qu'un État peut amener de la justice sociale par la fiscalité, la loi... ce qui fait que l'on choisira le candidat le plus apte à ne pas avoir un choix de deuxième tour entre Le Pen et Fillon. À ce stade, on pense donc que l'on n'aura pas d'autre choix que de voter Macron mais on espère qu'Hamon fera une belle campagne et remontera bien la pente dans l'opinion publique et qu'on pourra voter pour lui. Quant à Valls et Montebourg, on pense qu'ils sont incapable d'arriver au second tour car trop aux extrêmes de la gauche. 

La deuxième : les insoumis. Ils se font appeler ainsi car ils sont persuadés que c'est porteur electoralement. Appelons les les mélenchonistes, c'est plus simple. Ils se considèrent comme les seuls à gauche. Comme ils croient qu'ils feront plus de 20% au premier tour, cela veut dire 80% des Français sont à droite. Politiquement c'est peut-être vrai mais géométriquement c'est ridicule. C'est donc faux. Ils sont les principaux alliés de la droite puisqu'ils vont la faire gagner. Ce sont les plus ahurissants dans les réseaux sociaux. J'ai des copains communistes (dont un qui manque dans un coin, il se reconnaîtra) qui n'arrête pas d'en rigoler dans Facebook et Twitter. C'est mal. 

La troisième : les vallsistes. Ils font pitié tant ils racontent des bêtises mais je les comprends. J'aurais pu sombrer aussi. Valls reprennent un peu l'héritier de la gauche qui gagne, le centre gauche,... Maus le Brutus d'Hollande. De fait, un type commme moi aurait dû le suivre mais il s'est ridiculisé avec une très mauvaise stratégie et des éléments de programme très sarkozystes (sur le fond comme sur la forme). 

Les quatrièmes : les harmonistes (l'air est gratuit et les fautes de mon iphone bienvenues) ou les socialistes légitimistes. Ils sont persuadés comme les valseurs que le salut viendra du PS, seule vraie force de gauche apte à gouverner. Ils sont sûrs qu'un élan sera donné à Hamon par la primaire. Ou l'espèrent (comme moi, d'ailleurs). Dans les réseaux sociaux, ils sont un peu comme les Hollandais de 2012 (comme moi, d'ailleurs), sûrs d'eux, dominateurs à gauche,... Mais leurs propos dans les réseaux sociaux sont du type : nous, on est réellement à gauche comme Mélenchon et contrairement à Valls. On en rigolera encore trois mois. Les réseaux sociaux ne font pas que du bien. 

Je pourrais ajouter une cinquième catégorie. Les macronistes. Mais on ne sait pas s'il est à gauche parce qu'on ne connaît son projet. Ses fans pensent que c'est le meilleur pour faire barrage à la droite et ils ont raison. Ils pensent aussi, toujours à raison, qu'il pourrait apporter un coup de jeune, de renouvellement,... On verra mais ne faites pas dire pour la deuxième fois ce que je n'ai pas dit. Pour l'instant, je me fous du projet de Macron. Il le presentera (ou pas) quand il jugera le moment venu. 

C'est un point important. Les Français ne votent pas sur la base d'un projet. Mais tous les militants politiques défendent des projets. Macron ne défend pas un projet mais une vision. Un peu comme Hollande en 2012. 

Et sans doute comme Hamon aujourd'hui. 


14 commentaires:

  1. Mince !
    Ils ont tous des visions tes héros, on va bientôt les canoniser.😇😇😇😇😇😇😇😇😇

    Bénis sois tu St Nicolas 🙂

    Hélène dici

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  2. Beau billet. Belle synthèse digne d'un FH . Bon seulement, je suis un mixte entre le 1 et le 5....j'ai bon ?

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    1. Oui et non. Le 1 implique de pouvoir voter Macron. Le 5 oblige à voter pour lui.

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    2. Ah merde je me suis trompé je suis 1 et 4 évidemment...et là , c'est encore pire

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    3. Mais non. C'est pareil. Je ne peux pas être harmoniste sans savoir s'il a une chance de gagner.

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  3. Si tu es si désespéré sur les chances de victoire à gauche (et il y a de quoi), tu devrai du coup changer ton analyse: que chacun vote en fonction de ses convictions, et non d'un hypothétique vote utile. Pour ma part, je reste persuadé qu'en plus, nous ne sommes à l'abri de surprise. Celles et ceux qui nous ont bassiné que Bernie Sanders n'avait aucune chance ont finalement pleuré comme tout le monde le 8 novembre quand l'irréparable a été commis.

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    1. Ben justement. Bernie machin n'avait aucune chance et il a perdu. Je t'ai aucune plus exact dans tes raisonnements. Mais si ma tante en avait.

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  4. Trop de division pour pouvoir gagner 2017, même si Fillon ne plait pas à tout le monde à droite, il est vraiment le seul à la représenter, avec Le Pen, quand même.

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  5. Je crois être un 5, car je ne pourrais pas du tout voter Hamon, en fait.

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  6. C'est l'analyse la plus pertinente pour l'instant.

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  7. Entre une vision certes encore imprécise mais dont on peut deviner les contours et une vision beaucoup plus définie mais bien trop dispendieuse , le choix me parait évident .
    vincent

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  8. "mais qu'on pense qu'un État peut amener de la justice sociale par la fiscalité"
    Petit rappel : Pépère a eu le temps d'amener de la justice sociale par la fiscalité. Sarkozy n'est plus au pouvoir depuis un certain temps, non ?
    Cdt
    Pierre

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