En salle

06 juillet 2017

Les premiers pas du petit Nicolas dans la vie professionnelle

Je racontais ce soir une anecdote à Benjamin. Il m'a dit que je devrais la raconter dans les blogs. Dont acte. Je vous préviens, c'est absolument prétentieux. 

A 21 ans, j'avais fait un stage de fin d'études merdique au Crédit Agricole des Côtes d'Armor. Le mari de la femme avec qui je bossais était responsable des distributeurs de billets. Un jour, ils reçoivent un de ses fournisseurs de logiciel. Il finit par leur dire qu'ils cherchaient un jeune informaticien. Elle me recommande. Envoi de CV. Entretiens. Me voila embauché à Paris à 8500 francs bruts par moi, ce que je jugeais fort raisonnable. 

Me voilà donc commençant un CDI à Paris le 4 octobre 1987 (je garde des trucs inutiles en mémoire). Au bout de trois mois, je remplaçais 3 personnes que je devais seconder (sans vantardise, c'était le but, les projets étaient finissant). Au bout de quelques mois, j'étais augmenté de 1000 francs brut par mois. 

En octobre 1988, je vais partais au service militaire. En septembre 1989, le directeur commercial de la boite où j'étais m'a appelé (à la caserne, je ne sais pas comment il savait où j'etais, à l'époque on n'avait pas de portable). 

Je vais faire un aparté hors sujet : ma grande honte. Début 1988, Gérard Longuet était ministre de je ne sais quoi. C'était un copain du patron de la boite. Et le patron lui avait demandé de me pistonner, ce que j'ai découvert des années après. Ce qui explique que j'étais très peinard pendant mes 12 mois de service. J'ai été bloqué trois week-end et ai fait trois gardes de nuit et cinq jours de terrains pendant les classes. Le 14 juillet 1989, j'ai été le seul appelé autorisé à prendre des congés pour cette date anniversaire ! Mon régiment était "régiment de secours" pour le 14 juillet en question (au cas où un autre régiment ait un problème) et j'avais quartier libre pendant qu'ils répétaient les défilés. Tout ça parce que j'étais la seule andouille à avoir posé des congés. Pistonné par un ministre, les gens, les copains, qui bossaient au service du personnel, savaient que j'étais pistonné par un haut placé (et me demandaient qui mais je ne savais pas). On est hors sujet. Je vous passe le 11 novembre 1988 où on avait aussi un bel anniversaire (j'avais servi Pasqua, Président du CG92, à un banquet au Mont Valérien). 

Revenons à nos moutons. Vers la fin de mon service, le directeur commercial de mon ancienne boite me téléphone pour me demander si je voulais bosser encore pour eux. C'était un peu con, je n'avais pas démissionné. 

On arrive à négocier le salaire. Vu que j'étais parti à 9500 francs, j'ai dit, au pif, il fallait bien que je bosse, que je voulais au minimum 10000 francs. Il me dit qu'il ne pouvait pas m'embaucher à moins de 14500 francs. J'ai accepté ! Vous pensez... 

Trois mois après, ils m'augmentaient mécaniquement de 1000 francs. Mais on parlait entre collègues... 

Du coup, ils, les collègues, ont commencé à se plaindre parce que le type qui n'avait pas fait d'études et qui avait 22 ou 23 ans était plus qu'eux alors qu'il n'avait pas fait d'études eux qui ont 25 ans. 

Du coup (bis), les patrons de la boite m'ont appelé : on augmente les autres de 500 euros et toi de 1000 mais tu fermes ta gueule. 

Ce que j'ai fait. 

Je vous ai dit que c'était prétentieux. 

Mais je continue. En 1990, la boite (celle du client de la SSII qui l'employait) a été réorganisée. Comme son siège était en Bretagne, je suis le seul à avoir accepté de suivre. Au final, comme on dit à tort, je me suis retrouvé (à 24 ans) comme le seul "sachant" d'une équipe de 6 personnes, donc le véritable chef (à part le big boss qui tenait les cordons de la bourse et un autre type, un copain, à qui je laissais - par hasard - l'illusion, tellement la gestion m'emmerde). 

Je vous ai dit que c'était prétentieux. 

Ils ont fini par me virer en 1993 (trop cher, je vais y revenir) et couler l'année après. 

Je vous ai dit que c'était prétentieux. 

Le plus drôle est que venant d'une boite  de Paris pour bosser en Bretagne, j'avais des frais de déplacement. 10500 francs par mois (de mémoire). Non déclarés (il y a prescription). Et j'habitais chez mes parents. 

Si Macron ne disait pas autant de conneries, je serais supporter naturel.

4 commentaires:

  1. Oui, mais bon. Qu'est-ce que tu as fait de cet argent? Tu l'as pissé finalement...

    RépondreSupprimer
  2. "on augmente les autres de 500 euros et toi de 1000 mais tu fermes ta gueule.

    Ce que j'ai fait. "
    ça c'est du collègue de boulot! Ah les valets du patronat!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Dans une SSII avec des gens qui ne pensent qu'à leurs gueules. Pauvre con.

      Supprimer

La modération des commentaires est activée. Je publie ceux que je veux. On ne va pas reprocher à un journal de ne pas publier tous les courriers des lecteurs...