En salle

23 juillet 2021

Oui à la vaccination, non au "passe" !

Il y a une dizaine de jour, le Président nous imposait le « passe sanitaire ». J’ai pris acte. J’ai pris rendez-vous pour les deux doses et je me suis bien décidé à ne rien faire sans PCR avant la date correspondante. Il a bien fallu, pour cela, que j’enterre mes réticences (pas que j’oublie) et que je fasse rentrer dans mon crâne les assertions suivantes : petit 1, le vaccin n’a pas de danger ; petit 2, atteindre un taux de vaccination important permettra de se débarrasser du virus. Heureux les humbles disait l’autre ; je dirais, pour ma part : heureux ceux qui n’ont pas de doute…

La conséquence de mon revirement est que je suis dorénavant pour l’obligation d’avoir le vaccin pour tous ceux qui fréquentent des lieux à caractère public, le tout mis en place progressivement (Macron nous a mis le couteau sous la gorge et, comme chaque décision depuis le début de la crise, celle-ci a des défauts). Il aurait pu laisser deux mois de plus (de toute manière, s’il y a un vrai danger avec le nouveau variant, il faudra reconfiner…). L’interdiction pour les non vaccinés de fréquenter les lieux publics pose évidemment des problèmes notamment si elle empêche toute activité professionnelle. Je vais sans doute y revenir mais le gouvernement a fait passer un texte, hier, pour indiquer que les entreprises pouvaient licencier (sous conditions) les salariés refusant le passe-sanitaire. C’est scandaleux et c’est une grosse régression dans le droit du travail (si le salarié ne veut pas se mettre en condition de travailler, on peut lui supprimer le travail mais il faut être vigilant quant à ses revenus).

 

Ce qui m’énerve, avec le passe sanitaire, c’est qu’il introduit un amalgame entre la notion de test et celle de vaccination alors que cela n’a rien à voir et met la grouille dans l’opposition. Par exemple, si, pour fréquenter un lieu, disons un bistro, un test ou un vaccin sont nécessaires, pourquoi faire un papier qui regroupe les deux, sous la forme d’un « passe » ? C’est une question de principe, de communication ou de politique, que sais-je ?, mais on se retrouve avec une espèce d’Ausweiss (je pointgodwine pour rigoler) ! En outre, ça laisse penser que les deux sont similaires… Cela empêche toute pédagogie.

Reprenons.

Le test (PCR) est un truc qui indique qu’au moment du prélèvement tu n’étais pas malade au point de propager la maladie. S’il n’est pas trop ancien, il n’y a qu’une faible probabilité que tu sois devenu contagieux. Le vaccin (deux doses résolues) montre que tu risques très peu de développer une forme grave de la maladie et que la probabilité que tu puisses « attraper le virus » est faible, te permettant ainsi de participer à ce qu’on appelle, à tort ou à raison, l’immunité collective.

Si tu vas visiter une maison retraite, il y a très peu de chance pour que tu tombes malade (les établissements sont surveillés et tout ça). La vaccination, en tant que telle, n’est pas suffisante. Par contre, il ne faut pas que tu y introduises le virus. La garantie apportée par le vaccin est insuffisante : il faut faire un test avant… Par contre, si tu vas dans un bistro fréquenté, c’est presque le contraire : le test ne sert pas à grand-chose tant il est fort probable que d’autres imbéciles importeront le virus par contre, le vaccin est souhaitable pour t’éviter d’emporter la bestiole avec toi et te permettre de participer aux efforts collectifs.

Tu vas te dire que j’ai une fâcheuse tendance à la sodomie des diptères mais la question n’est pas là. On peut comprendre que le test devienne obligatoire pour certaines actions (comme la visite des maisons de retraite) si le « taux d’incidence » est élevé mais pourquoi obliger la vaccination d’un type qui ferait le choix de vivre sans fréquenter des lieux avec beaucoup de public ?

Je veux aller voir ma mère en maison de retraite : je me teste. Je veux aller au bistro : je me vaccine. Pourquoi mélanger les deux ?

 

Le passe sanitaire tel que présenté par Emmanuel Macron et promu par de nombreux lascars enjoués laisse à penser que c’est LA solution mais il n’en est rien. Tant que le taux de couverture vaccinal est insuffisant, les formes graves de la maladie se multiplieront. Il convient donc de maintenir les anciennes mesures jusqu’à cette couverture or on sent un relâchement (ne serait-ce qu’au bistro, les poignées de main ont repris comme si les imbéciles se disaient maintenant « je suis au-dessus de tout ça, maintenant). S’il y a une nouvelle vague avec de nouvelles mesures strictes, comme un reconfinement, il ne faudra pas être surpris. Ceux qui accusent les non vaccinés (ou, pire, les non « passesanitarisés ») sont des imbéciles. Ils feraient mieux de se demander s’ils ne sont pas fautifs, pour les précédentes vagues. Pour ma part, j’ai toujours joué le jeu (aidé par ma possibilité de faire du télétravail et ma haine de la foule, des centres commerciaux…).

 

Il me faut parler, maintenant, du caractère obligatoire de la vaccination. Tout d’abord, je n’ai pas changé d’avis quant à la vaccination : j’étais contre mais j’ai pris le choix de me faire vacciner parce qu’avec les textes qui s’annoncent ma situation personnelle serait devenue invivable. En outre, le consensus scientifique est fort : la vaccination permettra d’arriver à une forme d’immunité collective. J’ai mis le temps à l’admettre mais je n’ai plus de doute. Par contre, il est hors de question que je me désolidarise des copains qui, comme moi, étaient « antivax non complotistes ».

Je suis donc opposé à la vaccination obligatoire sauf pour la fréquentation de certains lieux (la plupart : travail, vie associative, loisirs…) et la pratique de certaines activités. Cette obligation doit exclure les transports en commun terrestres parce que la liberté de circuler est importante (j’ai d’autres raisons en tête et ce n’est pas l’objet du billet) et les lieux d’achat de produit de première consommation.  

S’il n’est pas possible de mettre en place la vaccination obligatoire, le respect des gestes barrière doit être drastique tout comme les contrôles qui vont avec. Des dérogations doivent pouvoir être accordées mais de manière très contrôlée (pourquoi faire chier les bars tabacs de campagne, par exemple ?).

Si des salariés refusent de se faire vacciner alors que les conditions l’imposent, les entreprises doivent pouvoir les mettre en chômage partiel à condition qu’ils fournissent une attestation sur l’honneur visée par la sécu… Le nombre de personnes concernées ne devrait pas être très élevé…

Tout comme le nombre de fraudeurs. On commence à voir dans les réseaux sociaux des personnes qui s’inquiètent de la fraude. Ne nous affolons pas ! Le con moyen préfèrera passer chez le toubib que subir des poursuites judiciaires… La fraude ne concernera que peu de monde et comme il s’agit d’atteindre un taux d’immunité (qu’on ne connait), il n’y aucune raison de s’inquiété pour 5% d’imbéciles.

 

Il reste donc pour le gouvernement à supprimer le passe sanitaire mais à mettre en œuvre une obligation de vaccination telle que décrite ici et à renforcer, encore et toujours, les gestes barrière. Dont les PCR gratuits font partie.

10 commentaires:

  1. Et la sodomie des diptères, ça fait mal. A qui ?

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  2. « antivax non complotiste" voilà une dénomination qui vaut son pesant en cacahuètes de comptoir streptocoque free.

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  3. Sur le même sujet, un article qui tente de, comme on dit, "prendre de la hauteur".

    Il est ici.

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  4. Je suis pour le pass sanitaire qui encourage la vaccination de masse ce qui nous permettra de sortir de cette pandémie et de retrouver ainsi une vie normale...

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