En salle

30 décembre 2021

2020, 2021 - Pandémie d'années de m...

 

Buveurs de bout

On approche la fin de l’année et ça fait une bonne demi-semaine que je me demande quel bilan je pourrais publier. En lisant Denis, j’ai trouvé et c’est une évidence. Vous avez échappé à un couplet sur les gauches irréconciliables, la laïcité, la République… Autant de thèmes qui me sont chers car tant qu’on continuera à déconner à ces sujets, on ne retrouvera pas le pouvoir pour faire passer nos projets de gauche, gauche que l’on va continuer à se ridiculiser en atomisant 2007. Cumulés, les scores des candidats de gauche atteignaient péniblement 36% au lieu des 45 habituels ; cette fois, on ne dépassera pas les 25 et pour une seule raison : les gens d’une gauche relativement radicale poussent vers la sortie – oups, vers Macron – les sociaux-démocrates. Et je me répète, c’est la seule raison : à considérer que la moitié des nôtres ne sont pas des nôtres, on perd fatalement du terrain… Et répéter à longueur de journée que c’est de la faute d’Hollande ne changera rien à ce fait !

J’ai moi-même fait des billets au sujet de ce que dit Denis dont je vais citer un seul extrait : « En effet, être qualifié de criminel de la part d’amis au prétexte que nous avons fait le choix de ne pas recevoir en conscience et en responsabilité des injections expérimentales testées en 112 jours chrono à une fréquence de 3 mois m’amène à m’interroger sur le degré de bêtise d’individus que, finalement, je ne connaissais pas vraiment. » Et je vais lui faire un reproche : de rentrer dans le jeu en utilisant ce mot, « bêtise ». Mais, à sa décharge, il est dans le camp minoritaire.

Nous avons une crise sanitaire majeure. Deux camps s’affrontent : les partisans et les opposants à la vaccination, en gros, même si ce n’est qu’un résumé et qu’il faudrait être plus subtil… Par exemple, je suis pour la vaccination mais totalement opposé à son obligation (pour les raisons citées par Denis dans l’extrait), à son contrôle et à des contrôles d’identité « liés » à l’état de santé des braves gens.

Mais je ne voudrais pas revenir sur les arguments pour ou contre les vaccins mais uniquement sur l’état d’esprit qui règne sein de ce qui était les groupes de copains et qui a dégénéré dans un climat de haine à cause d’abrutis, des deux camps, qui se sentent plus intelligents que les autres, mais bien plus intelligents, au point de les prendre pour des merdes !

Pourtant, la situation est « simple » : nous avons des vaccins qui semblent éviter les formes graves de maladie, ce n’est pas Bogdanov qui me contredira, il ne peut plus, mais qui ne suffisent pas à enrayer cette saloperie, on bat records sur records, et, pour lesquels, on a assez peu de recul quoi qu’en disent des ahuris qui oublient qu’un cancer peut mettre des dizaines d’années à se déclencher. Et je suis vacciné.

On a dans les réseaux sociaux des andouilles qui se vantent, eux-mêmes, d’avoir eu la énième dose en disant youpi alors que c’est une information qui devrait être confidentielle (je ne suis pas le dernier à parler de ma vie privée dans ces réseaux mais il y a des sujets que j’évite sauf s’il y a une anecdote de comptoir à raconter ! En l’occurrence, je dis que je suis vacciné car ça n’aurait aucun sens que je fasse un billet « pour ou contre » sans parler de mon propre état mais soyez sûr que cela ne vous regarde pas – mais je dois reconnaitre que ce qui m’a valu mes séances d’hôpital est une thrombose trois mois pile poil après ma deuxième dose).

J’aimerais donc maintenant qu’on se calme, qu’on prenne du recul et tout ça ! Je veux bien reprendre l’organisation de soirées de blogueurs mais pas les trier du genre « cette semaine, nous recevront les antivax et je rappelle que le passe sanitaire est obligatoire » !

21 décembre 2021

Adieu Pompidou, Thrombus, gauche et Bouvet !

Photo piquée à Dagrouik dans Facebook


C’est la première fois depuis un mois que j’ai accès à un clavier autre que celui de l’iPhone et il est temps que je reprenne le blogage après tout juste un mois de glandage hospitalocole alors que j’attends avec une impatience feinte l’infirmière loudéacienne qui doit faire un état des lieux après le largage pompidolien. Et va-z-y que je te piquasse d’anticoagulant et que je refaisisse les pansements ad hoc en trois lieux bien différents sur mon pauvre petit corps grassouillet où, je dois admettre, elles ont de la place à s’épanouir d’autant que le compte rendu des quatre semaines de planque rédigé par la cardiologue spécialisée dans le coeur mentionne une sur morbide surcharge pondérale, comme si je n’avais que ça à foutre, déjà que j’ai arrêté de fumer.

Je vais donc commencer par résumer la situation de mon thorax et des zones apparentées en quelques mots. La responsable des ressources humaines de mon entreprise sentant qu’elle allait perdre une ressource m’a avisé : « toi, mon lascar, je vais te faire convoquer par la médecine du travail et ça ne fera ni une ni deux ». Ca n’a pas fait trois non plus et le lendemain je me pointait en haletant fortement au siège de la boutique où la toubib a dit « ho là là » puis a appelé les pompiers. Même qu’il y en a un qui a dit « putain de bordel de merde, ça fait des années que je fais le boulot, c’est a première fois que je récupère un lascar aussi mal en point à sa médecine du travail. ». C’était il y a bientôt trois mois et je vais résumer : les gens de la faculté ont fait ce qu’ils avaient à faire pour me retaper et je frisais la bonne santé pour la reprise du boulot et pour la visite médicale du travail. La toubib, la même, semblait bien surprise de me retrouver encore vivant et a fait les contrôles nécessaires : ma tension était revenue à la normale, baissant d’environ 30%.

Les gens de Cochin qui m’avaient soigné n’étaient pas contents d’eux car ils n’avaient pas trouvé de raison valable à ma faiblitude. Ils m’ont donc convoqué à une série d’examens complémentaires comme un pet scan, un scanner sans péter, une IRM et des trucs comme ça. A la fin de la deuxième journée à l’hôpital de jour, un type en blouse blanche pour montrer sa compétence m’a dit : « putain de bordel, on a foiré votre scanner, il faut recommencer d’urgence ». Cela sentait mauvais, limite le sapin. Ils m’ont refoutu dans le machin rond puis collé dans un coin. En fin de journée, un type me dit « on a réfléchi avec les cardiologues de Pompidou (l’hôpital, pas le musée), il faut vous opérer d’urgence car vous avez un bête caillot même qu’on appelle ça un thrombus qui pourrait exploser et vous provoquer un AVC alors que je n’avais pas envie d’y aller. Me voila transféré dans un nouvel hosto, Pompidou, donc, où j’ai pu discuter avec le chirurgien qui m’a annoncé les réjouissance : « ah ben on va vous ouvrir le thorax à la scie électrique ou à la hache puis vous arrêter le cœur pour faire passer le machin. » Hé ho ! J’étais venu à Cochin, ce matin, pour m’assurer que mon épanchement pleural n’avait pas d’origine cancéreuse et me voila opéré lourdement… Ce que je n’ai pas compris de suite, d’ailleurs.

Je me suis réveillé en salle de réveil, ce qui est fait pour ça, mais comme personne ne parle et que je n’arrivais pas à bouger, je pensais être mort. C’est assez surprenant comme sensation. Pour moi, la mort était la fin de la vie et il semblait que je continuais à penser… Je me disais que si ça devait durer l’éternité, j’étais mal barré ! Mais non ! On finit par émerger dans le cirage à cause des médicaments contre la douleur provoquée par l’opération et l’ouverture du Thorax puis tout rentre dans l’ordre et au bout de quelques jours vous vous retrouvez dans une chambre normale où vous pouvez vous laver les fesses et pratiquer beaucoup de gestes quotidiens sans l’aide d’une infirmière… Au bout d’une quinzaine de jours, ça ne pouvait plus durer mais Pompidou ne pouvait plus me garder et Cochin ne voulait pas me récupérer. Les hôpitaux « de suite » étaient complets et, en discutant avec les cardiologues, on a fait un constat imparable : le mieux était que je « rentre dans la famille en Bretagne » (je me suis bien gardé de dire que la famille n’était pas à la maison…) à une condition : que je ne prenne pas le train tout seul… J’ai mis quelques jours à comprendre pourquoi…

Finalement, l’illustre El Camino a décidé de sortir son automobile et de me ramener directement en Bretagne, ce qui fut fait hier soir mais nous n’avons eu le temps d’aller que dans deux bistros.

Quatre semaines à Cochin, deux à la maison dont une en travaillant et quatre à Pompidou, voila comment passer un excellent quatrième trimestre… Même si, des fois, on a tendance à s’inquiéter un tantinet comme si une opération à thorax ouvert suite à un truc possiblement dû à un cancer et pouvant vous provoquer un AVC était vraiment préoccupant.

 

Au moins, je suis vivant ! Ce n’est pas le cas de tout le monde. Tout d’abord, la gauche est morte. Tant pis. Je ne vais pas développer aujourd’hui à part un bête aspect : les vrais gauchistes ne s’en rendent pas compte. Ils continuent à penser que c’est de la faute des autres et que nous méritons au minimum le pal ou, pire, une soirée avec Ségolène Royal et Christiane Taubira. Ils ont tort. Ils sont presque les seuls coupables car, quelles que soient les erreurs faites par François Hollande et les siens, en cinq ans, ils n’ont pas su redresser la barre. Je reconnais évidemment que le débat est sans fin et je ne souhaite pas le relancer avec ce billet : on aura le temps d’en causer. Je vous promets.



Si cette gauche n’arrive pas à retrouver un fond de sympathie de la part « du peuple » et si elle conserve, comme électeurs, que des gens qui ont le cœur profondément à gauche au point de n’oser partir, elle devrait se rendre compte des nombreuses erreurs qu’elle fait, jour après jour, ne serait-ce qu’en conchiant des personnalités issues de la gauche qui, elles, avaient compris le sens de la vie… Il suffit de lire les réactions suite à la mort de Laurent Bouvet, dans Twitter, pour comprendre le malaise…

Car Laurent Bouvet est mort, aussi… C’était samedi dernier, à la fin de mon séjour à l’hôpital pour préparer mon propre décès ou, du moins essayer de l’éviter pour les trente ou quarante prochaines années. Il mériterait un hommage bien plus appuyé, de ma part, dans ce blog, mais je ne sais pas faire un papier à froid. J’aurais pu pondre trois A4 samedi mais, là, j’en suis incapable, surtout après avoir lu la prose d’autres andouilles dans la presse et les réseaux sociaux.

 

Et de toute manière, ma mission actuelle est de me remettre en forme pour rejoindre mon travail, Boulevard des Bouvets, à Nanterre (non sans un rendez-vous, fin décembre, avec mon chirurgien et une nouvelle convocation à Cochin pour faire le point sur tout ça).

Salut Laurent ! On va essayer de reprendre le combat, à notre niveau…