En salle

08 mars 2022

Programme PS vs. programme LFI : vingt-cinq à trois

 


Dans le dernier billet, je me lançais sur le comparatif sorti par LFI entre les programmes de Jean-Luc Mélenchon et Fabien Roussel. Un commentateur me dit qu’il aurait été plus judicieux de le faire entre les programmes du premier et d’Anne Hidalgo mais ce n’était pas le sujet : je ne vire pas gauchiste, si je vote pour Roussel, c’est mon problème mais les insoumis appellent à voter pour leur chef en claironnant que les programmes sont proches. Ce n’est pas vrai.

J’irai bien regarder le programme du PS mais ce que j’en sais me semble insipide et je crois qu’il n’est pas inutile de rappeler que, pour les trois éditions précédentes, il avait été préparé longuement en amont. Benoît Hamon, par exemple, prenait en compte les évolutions du monde du travail et proposait la taxation des robots et le revenu universel. Un vrai projet de société, quoi ! Une transformation radicale de nos rapports au boulot et aux revenus. En 2012, François Hollande avait travaillé sa candidature depuis deux ans et un vrai travail avait été mené par le Parti Socialiste sous la houlette de Martine Aubry. Enfin, on se rappelle de la campagne de 2007 de Ségolène Royal, l’ordre juste, les grands meetings et tout ça.

Je suis désolé de le dire mais, cette année, on a bien l’impression que le PS n’a rien glandé depuis 2017 (voire depuis 2012) ; je le dis souvent pour ce qui concerne le bilan de François Hollande mais c’est très certainement le cas, aussi, pour le projet. Du coup, il en ressort d’habituelles mesures insipides comme le SMIC à 1500 euros (vous pouvez vérifier, Mme Royal le proposait déjà en 2007) mais rien de global. Quant à Anne Hidalgo, on a l’impression qu’elle a été parachutée là par ses potes. Genre « tu devrais y aller, sinon on va encore avoir un gugusse de la bande à Hollande, on va pipeauter des primaires, go go go ! De toute manière, Macron ne sera pas réélu vu qu’un sortant n’est jamais réélu et à droite ils n’ont que des branquignoles à placer, go go go ! »

 

Si vous voulez, on peut quand même étudier le comparatif mais plus « légèrement ». Le PS veut réformer le CESE mais l’AEC de LFI ne veut pas d’une réforme des institutions qui ne passerait pas par la constituante. Ca commence bien, côté rigolade. Un point pour le PS. Le PS veut faire démissionner les ministres mis en examen. LFI ne veut pas. Deux zéro. Vote blanc, j’en parlais hier. Trois zéro. Le PS veut une dose de proportionnelle ce qui n’est pas assez pour LFI. On sait que sans proportionnelle, on se retrouvera comme en 1986. Quatre zéro. Le PS veut mettre les législatives avant la présidentielle. Pour LFI, cela ne règlera rien. Cinq zéro. Le PS veut permettre le vote par correspondance. Pas LFI. Six zéro. A propos de la sécurité, je ne vais pas détailler mais on passe à huit zéro. Allez ! Huit un avec la légalisation du cannabis. Dix un avec l’écologie.

Finalement, c’est mieux de compter les points que d’argumenter : ça évite les redites par rapport à hier. A propos de l’organisation du territoire, j’en parlais hier. Onze un. Et il y a un deuxième point : « L’Avenir en commun propose d’interdire le « droit à la différenciation » – qui permettrait que des règles différentes s’appliquent selon les territoires – afin de garantir l’égalité entre les citoyens ». Il n’y a pas besoin d’argumenter, en fait. Il faut donner le droit à des différence pour garantir l’égalité. C’est très fort. Douze un.

On passe à l’Outre-Mer mais je m’en fous (dans le sens où je n’y connais rien, un peu comme l’éducation que je vais sauter aussi).

A propos du logement, l’AEC perd un point dès le départ vu qu’ils conditionnent des aides aux propriétaires en fonction de leurs revenus. Ras le bol de mélanger revenu et capital. J’en étais où ? Ah, oui ! Treize un. Ils perdent aussi un point sur le nucléaire mais on s’en doutait. Quatorze un.

A propos des lignes d’avion intérieur, quinze un. Je ne suis pas pour autant d’accord avec la proposition du PS.  Amusant, on passe à seize deux avec la proposition au sujet des limitations de vitesse (on pourrait même dire seize trois : cela n’a rien à faire dans un programme). Je suis d’accord avec l’AEC mais leur argumentation est débile sans réel rapport avec la choucroute.

Pour la santé et l’hôpital et la tarification à l’acte, je suis assez d’accord avec LFI mais seul PS propose quelque chose de pragmatique… Dix-sept deux. De mémoire. Le reste (des propos LFI) est incompréhensible : dix-huit deux.

Limitation des écarts de salaire : dix-neuf deux. Aucun pragmatisme chez LFI (mais là, je suis vraiment opposé d’un point de vue politique). La retraite : j’en ai parlé hier et j’ai la flemme de donner des points (voir pourquoi dans mon billet d’hier). Chômage : l’AEC a oublié de chiffrer. Vingt trois. 32 heures. Vingt-et-un trois. Hop ! Je n’ai rien compris aux propos… Je laisse tomber la fin des propos sur l’emploi mais je me demande si l’AEC ne veut pas rétablir l’esclavage… Sans doute une bonne idée mais très mal formulée.

Impôt sur les successions. J’en parlais hier. Vingt-deux trois. Pareil pour la TVA sur le carburant. Vingt-trois 3.

IVG : je ne veux pas me fâcher avec Elodie mais l’AEC veut la garantir de la Constitution (on se demande d’ailleurs pourquoi ils veulent une constituante si tout est dans le programme). Niet ! C’est du ressort de la loi. Vingt-quatre trois.  

A propos de l’Europe, j’en parlais aussi récemment. Vingt-cinq trois.

 

J’ai fait court (mais un poil dans la main m’est poussé, vers la fin…).

Cela étant, si les électeurs étudiaient les comparatifs des programmes, Hidalgo serait à 13% et Méluche à 2. C’est bien la preuve que les programmes ne servent à rien et qu’il suffit de raconter n’importe quoi…

 

6 commentaires:

  1. Merci pour ce comparatif. 25 à 3, y'a pas photo...

    "Cela étant, si les électeurs étudiaient les comparatifs des programmes, Hidalgo serait à 13% et Méluche à 2."

    Les adorateurs de Méluche ne lisent pas les programmes (ils beuglent "6ème République" c'est tout) et ceux qui se sentent proches du PS ne trouvent pas en Hidalgo un vrai porteur de projet.

    "C’est bien la preuve que les programmes ne servent à rien et qu’il suffit de raconter n’importe quoi…"

    Oui...

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  2. Vous accordez un but au PS pour le vote par correspondance? On pourrait pas revoir la video au ralenti sur ce point là?
    Les programmes ne servent pas a grand chose, c'est vrai. Je crois que c'est parce qu'il font peur aux électeurs retranchés dans leurs a-priori. Il existe par exemple dans ces programmes progressistes beaucoup de points qui feraient le miel d'un conservateur comme moi. Augmenter le pouvoir du CESE au détriment de l'assemblé, c'est écouter les forces vives de la nation (les syndicats, les familles, les associations) et un peu moins les partis. Voter pour l'assemblée avant le président, permettrait de mieux la légitimer. Enfin, si effectivement les forces du progrès s'engagent à me fournir quelques esclaves pour m'aider à cultiver mon potager, nettoyer mes clapiers, nourrir mes oies, faire ma lessive, je me demande si je ne vais pas changer de bord.
    Décidemment, cette campagne est pleine de surprises!

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    1. Le problème n'est pas, ici, le vote par correspondance, mais ce qu'en disent les insoumistes.

      Pour le reste, on est à moitié d'accord. Je suis probablement un réac de gauche.

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  3. Vous me faites marrer avec votre mantra : "le sortant-n'est-jamais-réélu". Prenons les présidents de la Ve dans l'ordre :

    – De Gaulle : n'a été élu qu'une seule fois, en 1965 et ne s'est évidemment pas représenté. Donc : NE COMPTE PAS.

    – Pompidou : mort durant son premier mandat. NE COMPTE PAS.

    – Giscard : battu en 1981. NON RÉÉLU

    – Mitterrand : deux septennat. RÉÉLU.

    – Chirac : un septennat + un quinquennat. RÉÉLU.

    – Sarkozy : battu en 2012. NON RÉÉLU.

    – Hollande : non représenté en 2017. NE COMPTE PAS.

    Si je résume, nous avons donc, sur 7 présidents, 2 battus, 2 réélus et 3 qui sont hors-jeu pour diverses raisons.

    Voilà qui me paraît un peu léger pour ériger votre "règle d'or"…

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    1. Ce n'est pas un mantra mais j'ai oublié la précision : hors période de cohabitation. D'un autre côté, le type qui "a" le gouvernement perd toujours l'élection : ça vaut pour Giscard, Chirac, Balladur, Jospin, Sarkozy... On pourrait ajouter Hollande : il n'a pas pu se présenter... Sarko est une exception vu qu'il a gagné en 2007 alors que son camp était au pouvoir.

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