En salle

09 mai 2023

Les états d'âme du petit Nicolas et le gentil Monsieur Ruffin

 


« Mais je ne veux pas les décevoir, qu’ils se trompent de canasson : car si j’ai changé, c’est vrai, dans mon expression, je varie peu dans mes convictions. » Même si ça tombe comme un cheveu sur la soupe et si je n’ai pas grand monde à décevoir, je reprends à mon compte cet extrait d’une récente tribune de François Ruffin, intitulée : « Le gentil Ruffin contre le méchant Mélenchon ? »

C’est un copain qui m’en parlait en réponse à un de mes nombreux billets où je peste contre les orientations de la gauche. Hier soir, je suis tombé par hasard sur le billet et je l’ai lu. Je l’approuve d’ailleurs en grande partie. J’aime bien Ruffin (comme beaucoup de monde, ceux qui parlent gentil Ruffin). Les raisons sont peut-être dites dans la conclusion : « Rien ne sert de répéter « radicalité » à chaque phrase : soyons-le, avec sérénité, avec d’autant plus de force tranquille que nous avons pour nous l’évidence. » Sans compter que le lascar n’est adepte de certaines compromissions qui me font quitter cette gauche.

Le copain me disait que j’étais peut-être en train de quitter la gauche. Honnêtement, je m’en fous un peu mais je crois plutôt que la gauche a connu une mutation, en dix ans, et qu’une autre gauche est devenue majoritaire et a exclu « l’ancienne gauche » mais si certains s’accrochent à ce machin qu’est la Nupes. C’est plus la gauche qui me quitte que moi qui quitte la gauche, en fait…

 


Mon positionnement politique a peu changé depuis mes vingt cinq ans. Je me prétends toujours de gauche, je suis un grand défenseur du partage du travail (donc de la diminution du temps de travail) et de la répartition des richesses produite via la progressivité de l’impôt sur le revenu. Je dois reconnaitre, par contre, que je suis bien loin de certains principes de gauche quant à, par exemple, la défense du droit des travailleurs. Du moins, j’en ai une autre notion… Quand je vois certains lutter contre l’ubérisation sans plus se poser de question, cela m’amuse.

De toute manière, beaucoup de militants des réseaux sociaux ont perdu leurs repères. Probablement d’ailleurs parce qu’ils ne sont que militants des réseaux sociaux. Je voyais, récemment, une espèce d’infographie, dans Facebook, avec la liste des propositions de la NUPES refusées à cause de Renaissance et du RN à l’Assemblée nationale. Les ânes qui partagent cela ne se rendent pas compte que certaines des mesures ne sont pas de gauche. Il y a, par exemple, la diminution des impôts pour rendre du pouvoir d’achat. On croit rêver. Ils veulent se priver d’une partie des moyens de redistribution. Il y a, aussi, la défiscalisation heures supplémentaires. Je vais quand même rappeler que la gauche était contre, à juste titre, quand Nicolas Sarkozy la mettait en place.

Il y a d’autres points qui mériteraient un peu de recul. Par exemple, nos gauchistes expliquent que « LREM » est contre la nationalisation d’EDF alors qu’ils gueulaient, il y a deux mois, parce que le gouvernement voulait nationaliser EDF afin de la vendre plus facilement « par lots ». Il y a aussi l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution. Comme si on ne pouvait pas être contre par pragmatisme. En l’occurrence, je suis contre parce que c’est une mesure d’affichage et que n’importe quel réactionnaire nouvellement élu Président pourra la supprimer avec l’article 11 de la Constitution.

Sans compter que c’est assez rigolo de voir des types utiliser le texte fondateur de notre République alors qu’ils souhaitent, par ailleurs, la foutre à la poubelle…

 


Vous pouvez lire le texte de François Ruffin. Dans le fond, il a raison, il faut retrouver le vote populaire et tout ça. Il n’empêche que j’étais stupéfait à plusieurs reprise, notamment quand il a parlé du referendum pour le « Traité pour une Constitution européenne ». Je pensais que les gens avaient tourné la page, surtout que « ils » ont gagné même si les gouvernements ont fait passer des textes alternatifs.

Il y a une double erreur d’analyse.

La première est que le refus ne vient pas spécialement de la gauche. Il n’y a pas un bloc « unifié » d’électeurs ayant refusé ce bazar. Le deuxième est que « les saloperies libérales » qu’on nous a imposées ne viennent pas de cette époque mais du « traité originel », Maastricht que nous a refilé Mitterrand. Ruffin a raison quand il dit qu’il faut récupérer les « votes populaires » et que ceux-ci étaient bien opposés aux « saloperies libérales imposées par la suite » mais un peu de prudence s’impose.

 

Ensuite, Ruffin fait l’éloge de Mélenchon (et je ne remets rien en cause dans ses propos). Il conclut ainsi : « J’ai suivi ses trois campagnes, 2012, 2017, 2022, où avec son immense talent, « L’Insoumis » a sorti la gauche de l’ornière, a rendu nos idées majoritaires – sinon dans le pays, ça reste à faire, du moins dans notre camp. » On en revient toujours au même : LFI est devenu majoritaire mais dans une mouvance politique bien réduite. Il faut être prudent. En outre, parmi les électeurs de Mélenchon puis de Nupes, il y a des électeurs de gauche qui ont voté par défaut. Parce qu’il leur fallait bien voter à gauche. Et pas par conviction.

 


Ensuite, Ruffin explique qu’il faut tourner la page de 40 ans de gauche. C’est un peu ce que je dis dans différents billets, sans être virulent. Mais même ici, quand je parle de Maastricht. Ruffin n’est pas virulent et ni l’un ni l’autre ne sommes révolutionnaires dans l’âme.

Il en profite, d’ailleurs, pour rappeler que le quinquennat Hollande a déjà été oublié. Malheureusement, ce que je disais dans mes derniers billets, beaucoup semblent ne pas encore avoir tourné la page. En commentaire, un autre utilisateur me parlait de la responsabilité d’Hollande dans l’état de la gauche en 2017 et, surtout, du score de cette dernière. En peu d’objectivité ne nuisant pas, rappelons que François Hollande n’était pas candidat en 2017. Il ne peut pas être tenu pour responsable. Et s’il n’a pas pu être candidat, c’est pour différentes raisons, comme la présence de Macron, mais aussi le fait qu’il ait été torpillé par une partie de sa gauche, ce qui a d’ailleurs permis la montée du Macron en question. On pourrait tourner en rond longuement.

Mais, il est amusant de constater que les militants de gauche, s’ils tapent volontiers sur Hollande, oublient totalement qu’Hollande ne fut pas le seul dirigeant de gauche tout au long des 40 années. C’est d’ailleurs aussi pour ça que Ruffin en parle. C’est quand même délirant de voir que l’on continuer à chier sur Hollande pour des trucs comme le CICE (qui n’était qu’une réponse à une revendication de gauche, aussi : aider à la réindustralisation du pays nécessite bien des baisses de charges, les entreprises sont assez peu bénévoles) mais qu’on oublie, par exemple, que Mitterrand nous a collé Maastricht et que Jospin et son illustre majorité pluriel a boosté à un point incroyable les privatisations.

 

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Je suis pour le CICE (et la loi travail), certaines privatisations et la construction Européenne.

Et si je suis assez d’accord avec l’introduction de Ruffin et sa conclusion, le développement pourrait me faire sourire.

Si j’avais le temps, ce billet est déjà assez long.

9 commentaires:

  1. Moi aussi je partage les conclusions de Ruffin dans son billet mais il y aurait beaucoup à dire sur le contenu...

    Il oublie notamment que la parenthèse de la rigueur ouverte par le gouvernement de gauche en 1983 a bien été fermée, en 1999 par Jospin avec une coalition politique à laquelle appartenait d'ailleurs Mélenchon. Je ne vais pas en dresser le bilan, que les gens de gauche ont salué, je m'en rappelle très bien.

    Sauf que... on a eu Chirac-Le Pen à l'élection présidentielle de 2002. Une explication Monsieur Ruffin ?

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  2. Arié, connard, tu continues à pleurer auprès de mes potes en faisant semblant de ne pas comprendre pourquoi je t’ai viré le tout en remettant en cause ma santé mentale.

    Tu viens de laisser au moins trois commentaires ici avec ton habituel ton professoral alors que tu sais que tu me casses les couilles. Ça fait six ou sept ans que tu continues à me laisser des commentaires en sachant que je ne vais pas les publier. C’est évidemment ton cas qui relève de la psychiatrie.

    Par ailleurs, tu fais semblant de ne pas savoir l’origine de la colère alors que te l’ai répété plusieurs fois. Tu m’as harcelé au moment de l’histoire de la déchéance de nationalité par Hollande. De la folie, des dizaines voire des centaines de commentaires ou de mails. Encore une preuve que c’est bien ton cas qui relève de ta psychiatrie d’autant que c’est la preuve que tu ne voulais pas admettre que je ne sois pas d’accord avec toi. Mon pauvre, tu es vraiment fou.

    Par ailleurs, tu te plains de ma grossièreté exprimée de différentes manières, l’insulte, le tutoiement… mais la grossièreté vient de chez toi puisque tu continues à déposer des commentaires alors que je t’ai demandé de ne plus le faire.

    Si je l’ai fait, ce n’est pas que parce que tu me casses les couilles mais aussi parce que tu ne lis pas les billets, tu commentes hors sujet et tu es persuadé avoir de la culture politique alors qu’elle est limitée à ce qu’il faut pour faire chose les autres dans un repas de famille. Tu te plantes systématiquement tellement tu es fier de me reprendre sur un détail, toujours à tort vu que tu le sors du contexte.

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    1. Ce qu’il y a d’amusant, en plus, c’est que tu ne comprends pas pourquoi Didier t’a viré alors qu’il a été parfaitement clair. Mais comme il est poli, ça ne fonctionne pas. Alors relis l’extrait du journal. Il a expliqué que tu lui cassais les couilles. C’est pourtant simple non ?

      Tu es si con que la médecine ne peut rien pour toi.

      A ce sujet, je me fous de tes explications sur le cancer. J’ai un toubib qui m’explique bien les trucs. Tu es prétentieux au point d’être persuadé être utile. Or, tu n’es que grossier car tu entres dans ma vie privée.

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    2. Ne te justifie pas, connard. Surtout avec des tartines que je ne lis pas. Je te dis (tu as raison, je me répète) pourquoi je ne peux plus te blairer. C’est tout. Tes considérations n’ont aucun intérêt. Le mal est fait.

      Mon billet ne concerne pas l’Europe, par ailleurs, mais Ruffin (et la gauche en général) qui parle d’Europe. Si je publie ton commentaire (ce que je ne fais pas…), l’échange porterait sur l’Europe. Ce n’est pas l’objet.

      Cela étant, il y a eu deux référendum depuis les 40 ans dont Ruffin et moi parlons au sujet de l’Europe. Tu oublies de prendre en compte ce fait.

      Vraiment un gros connard, tu es.

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    3. Connard, tu t’accroches à une bricole pour te persuader que tu as raison mais, encore une fois, tu n’as pas compris le propos. Qui faisait deux lignes.

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    4. Connard, Arié, mes lecteurs ont l'image exact de ce que tu es : un vieux débile qui me harcèle. Ils n'ont même pas pitié pour toi. C'est mal.

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    5. Arié, tu as un gros problème de mémoire... A ce propos, je t'invite à lire celui que tu m'as envoyé le 8 janvier 2016 (me promettant par ailleurs d'arrêter de visiter mon blog) où tu expliques très bien pourquoi je t'ai viré et où tu avoues m'avoir envoyé beaucoup de mails pour démontrer quelque chose alors que je ne disais même pas vraiment le contraire.

      Je suis désolé, mais les lecteurs des commentaires, ici (s'il y en a que ça intéresse, ce qui m'étonnerait beaucoup), comprendraient aisément que tu m'as réellement envoyé des centaines de mails et sans doute des milliers de commentaires, au cours de ces 7 ans.

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  3. Joli billet. J'ai bien aimé la photo de Charles et Philippe. Souvenirs... (même si je n'ai jamais eu l'occasion de rencontrer le deuxième).

    Après je reste sur ton début et sur la phrase de Ruffin. L'expression est importante. Mathilde Panot peut dire quelque chose de très pertinent : sa vulgarité et son intolérance font que non...
    (et puis Ruffin a publié un livre très intéressant sur le football : donc bon ;) )

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    1. J’ai même servi Charles pendant un repas…

      Panot, en foot, elle pourrait faire le ballon.

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