En salle

07 janvier 2026

Le droit international est mort, vive le droit international !

 


Les réactions suite aux événements du week-end dernier au Vénézuéla continuent à m’exaspérer. L’épisode avec Mathilde Panot refusant de reconnaitre Maduro comme un dictateur est affligeant. Il en est pourtant un et on dispose de toutes les preuves. LFI est en train de réitérer les erreurs « du 7 octobre » quand ces andouilles avaient refusé de qualifier ces attentats de terroristes. C’est une erreur historique, presque une faute !

On trouve par ailleurs des gens qui expliquent que la situation économique du Vénézuéla est mauvaise à cause des USA. C’est complètement bidon : les dirigeants du pays ont une énorme réserve de pétrole et n’ont pas réussi à en tirer profit. Le PIB de ce pays a été multiplié par trois du temps de Chavez mais il est redevenu plus bas, avec Maduro, qu’il ne l’était à l’arrivée de Chavez.

Il est aisé de comprendre que l’on puisse en vouloir à l’impérialisme américain et je n’ai pas plus que les autres Trump et ses prises de position, comme celles, très récentes, au sujet du Groenland mais on ne peut pas tout charger.

D’ailleurs, n’oublions pas que les USA sont une démocratie, contrairement à certaines puissances économiques que nous devrions avoir dans le viseur. Les Américains votent peut-être comme des pieds. Mais ils votent.

 


Un autre sujet qui m’énerve est l’utilisation que l’on fait de la locution « droit international ». Il faut garder les pieds sur terre : on ne va pas entrer en guerre contre une puissance nucléaire sous prétexte qu’il a violenté un dirigeant… Les actions pourraient devenir légales si elles émanaient de l’ONU mais on sait très bien que ce machin est paralysé par des enjeux qui nous échappent. Il n’empêche qu’une intervention en Iran pour dégager un régime meurtrier ne serait pas dénué de toute moralité…

Invoquer le droit international pour justifier l’immobilisme, par contre…

Mais il est si pratique de raconter n’importe quoi sur la première puissance économique mondiale, qui n’est évidemment pas exempte de défauts, uniquement pour se glorifier (ou penser le faire) au niveau de la politique intérieure. Et qu’on soit bien clair : je ne critique pas, ici, LFI mais une grande partie de la « classe politique ». Par exemple, cherchez « Villepin » dans Google News. Le gars parle devant le micro pour essayer de récupérer son aura d’autant. Oh ! Chaque phrase est juste mais il ne propose rien (comme si Trump pouvait avoir quelque chose à cirer des sautes d’humeur de nos politiciens…). Il ne fait que rajouter du bruit en espérant qu’un créneau se libère pour 2027.

 

Vous allez me dire : « qu’est ce que tu proposes, toi, ducon ? »

 


Malheureusement, pas grand-chose dans l’immédiat. Il faut que le fameux droit international revienne dans la course mais ce n’est pas en criant à sa supériorité qu’on y arrivera. Il faut que les pays qui ne sont pas alignés sur les trois grosses puissances reprennent de la force et cela ne se fera pas en quelques années.

Nous nous avons l’Europe. C’est pour ça que je citais Glucksmann dans mon dernier billet. J’aurais pu parle d’Attal, aussi. Il appelle à un retour de la force dans l’Union Européenne.

Je vais faire un aparté honteux mais je ne salue pas ceux qui nous ont empêché d’avoir une Constitution européenne, il y a maintenant plus de 20 ans. Ils ont voulu lutter contre un libéralisme et nous sommes maintenant à la merci de puissances économiques. Bravo les gars !

 


Mais l’Europe n’est plus crédible ! Il faut en changer le mode de fonctionnement, non pas en changeant les institutions, on a déjà essayé, mais en lui donnant de poids. Prenez cette histoire de Mercosur. Comment en est-on arrivé au point que l’on puisse laisser penser que c’est une obscure présidente d’une commission européenne qui va décider de nos orientations ? Comment a-t-on pu, pour changer de registre, laisser des députés européens, bien éloignés de l’économie du réel, comme on dit, imposer le remplacement des véhicules thermiques par des véhicules électriques en laissant le marché de ces derniers à la Chine ? Pendant que les Américains font les cons pour renforcer leur production de pétrole…

Il y a du boulot mais il faut que l’on coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui nuisent à l’Europe et que l’on renforce la légitimité du Conseil européen (formé des dirigeants des différentes nations) pas simplement pour des mesures d’urgences (en soutien à l’Ukraine, par exemple) mais aussi pour élaborer des politiques à long terme sur tous les plans que l’on pourrait imaginer : numérique, militaire, industriel…

Il y a le feu au lac ! Nous étions fiers, par exemple, de notre industrie aéronautique, du succès d’Airbus, mais, depuis trois ans, la Chine est devenue un concurrent sérieux. Rien qu’en fermant les yeux, on va se faire baiser !

Ce qui n’est sans doute pas déplaisant mais la question n’est pas là.

 

Le droit international redeviendra fort le jour où l’on aura les moyens de l’invoquer autrement que pour de la politique politicienne.

05 janvier 2026

2026, chic ! Une guerre !

 


Il est temps que je vous souhaite une bonne année 2026. En 2025, les histoires suite à la mort de Brigitte Bardot m’ont un peu gonflé, d’autant que le seul élément scandaleux est qu’est morte à 91 ans et trois mois alors que ma mère a passé l’arme à gauche à 91 ans et deux mois et demi. Il n’y a pas de justice !

On a de la chance, pour 2026, on commence directement par une nouvelle guerre et, dès le début, on a vu du n’importe quoi dans les réseaux sociaux et dans la bouche des dirigeants politiques.

Dès le premier jour, samedi, le matin même, j’ai vu un lascar hurler qu’on nous mentait, que le trafic de drogue n’était qu’un prétexte, que c’était le pétrole qui était en cause ! C’est quand même amusant de tomber sur des jobards qui pensent que les autres peuvent être encore plus con que lui.

Pour rigoler, j’ai failli lui expliquer que ce n’était pas vraiment ça mais qu’il y avait un risque pour que le Vénézuéla vende son pétrole directement à la Chine et que cette dernière règle en Yuans et non plus en dollars, que la monnaie américaine aurait ainsi perdu son hégémonie sur les marchés mondiaux. Outre le fait que je ne sais même pas si j’ai vraiment tort, je suis prêt à inventer absolument n’importe quoi pour rigoler.

 


On a eu aussi les andouilles qui ont tout fait pour taper sur Trump, ce qui est de bonne guerre, et qui, pour cela, se sont mis à défendre un dictateur sanguinaire qui a appauvri son peuple. LFI a plongé les deux pieds dedans en organisant une manifestation pour soutenir le peuple vénézuélien sans même se rendre compte que le peuple vénézuélien manifestait… sa joie, d’être débarrassé du dit dictateur sanguinaire ce qui nous montre que ces braves sont plutôt favorables à Trump (je n’ai pas dit qu’ils avaient raison, je n’en sais fichtre rien, je ne connais absolument rien à la politique dans ces contrées lointaines, contrairement à tout ceux qui se sont spécialisés en une demi-douzaine d’heures).

Toujours samedi matin, on a trouvé des zozos qui criaient parce que l’Amérique était en train d’envahir le Vénézuéla ! Tu parles ! Ils ont balancé quelques bombes, capturé le dictateur et son épouse et au revoir. Ou presque. Mais on est bien loin d’une invasion en bonne et due forme.

Au même moment (donc moins de 12 heures après les faits), on a trouvé des imbéciles qui gueulaient parce que la France – Macron – n’avait pas encore fait un communiqué pour préciser la position de la France. Il a fini par le faire et les andouilles l’ont critiqué. Je pourrais parier que si Macron avait condamné l’attaque, les mêmes abrutis auraient hurlé sur le thème « on ne peut tout de même pas critiquer les USA qui nous débarrassent d’un dictateur et qui sont beaucoup plus forts que nous ».

Tout au long de cette période, nous avons encore entendu des éminences dénoncer le viol du droit international comme s’il n’était pas devenu évident qu’il ne sert pas à grand-chose, surtout face à la première puissance mondiale qui fait bien ce qu’elle veut.

 

N’allez pas croire que je défends les USA, ici, l’objet de ma publication est plus de critiquer les oppositions en France.

 

En France, ça fait deux ou trois ans que l’opposition parle du droit international (sans rien n’y connaître et sans recul : comme un Etat pas reconnu par l’ONU peut-il avoir un domaine maritime ?) ce qui ne sert à rien, tout comme les manifestations organisées en urgence qui servent surtout à se faire plaisir. Mais de là à se ridiculiser…

Je crois donc, simplement, qu’il aurait été urgent d’attendre avant d’avoir des prises de position, d’autant que, dès dimanche midi (36 heures après), on commençait à avoir des textes ou reportages détaillant assez bien les enjeux.

 


Mais il faut tout de même se rendre compte que les pays d’Europe vont se retrouver de plus en plus à la ramasse derrière les USA, la Chine et la Russie et qu’il est un peu temps de se demander ce qu’il faudrait faire.

Je vais donc reprendre, comme conclusion, une publication de Raphaël Glucksmann, hier :

« Je ne verserai pas une larme pour le dictateur Maduro et son régime ploutocratique que j’ai toujours dénoncé et combattu, mais ayons toutes et tous bien conscience que nous sommes entrés dans un monde sans droit international et où prévaut la seule loi du plus fort.

Et nous, Européens, sommes prévenus : la doctrine publiée par l’Administration américaine n’est pas qu’une compilation de mots. Elle se traduit en actes et forme un véritable projet géopolitique qui heurte de plein fouet nos intérêts stratégiques (ne prenons pas à la légère - par exemple et comme semblent le faire certains de nos dirigeants - les propos tenus sur le Groenland).

La vérité est simple : seul le peuple vénézuélien est légitime à décider de l’avenir du Venezuela. Œuvrons donc tous à ce que la parole lui soit rendue au plus vite.

Quant à nous, Français et Européens, la voie de Trump n’est pas, ne peut pas être la nôtre. Et nous n’avons pas aujourd’hui de mission plus importante que d’assumer notre autonomie et de construire notre souveraineté. Voilà pourquoi je me bats et me battrai chaque jour pour qu’émerge une véritable puissance européenne capable de défendre, même seule, nos intérêts vitaux et nos principes essentiels. »