Les réactions suite aux événements du week-end dernier au
Vénézuéla continuent à m’exaspérer. L’épisode avec Mathilde Panot refusant de reconnaitre
Maduro comme un dictateur est affligeant. Il en est pourtant un et on dispose
de toutes les preuves. LFI est en train de réitérer les erreurs « du 7
octobre » quand ces andouilles avaient refusé de qualifier ces attentats
de terroristes. C’est une erreur historique, presque une faute !
On trouve par ailleurs des gens qui expliquent que la situation
économique du Vénézuéla est mauvaise à cause des USA. C’est complètement bidon :
les dirigeants du pays ont une énorme réserve de pétrole et n’ont pas réussi à
en tirer profit. Le PIB de ce pays a été multiplié par trois du temps de Chavez
mais il est redevenu plus bas, avec Maduro, qu’il ne l’était à l’arrivée de
Chavez.
Il est aisé de comprendre que l’on puisse en vouloir à l’impérialisme
américain et je n’ai pas plus que les autres Trump et ses prises de position, comme
celles, très récentes, au sujet du Groenland mais on ne peut pas tout charger.
D’ailleurs, n’oublions pas que les USA sont une démocratie,
contrairement à certaines puissances économiques que nous devrions avoir dans
le viseur. Les Américains votent peut-être comme des pieds. Mais ils votent.
Un autre sujet qui m’énerve est l’utilisation que l’on fait
de la locution « droit international ». Il faut garder les pieds sur
terre : on ne va pas entrer en guerre contre une puissance nucléaire sous
prétexte qu’il a violenté un dirigeant… Les actions pourraient devenir légales
si elles émanaient de l’ONU mais on sait très bien que ce machin est paralysé par
des enjeux qui nous échappent. Il n’empêche qu’une intervention en Iran
pour dégager un régime meurtrier ne serait pas dénué de toute moralité…
Invoquer le droit international pour justifier l’immobilisme,
par contre…
Mais il est si pratique de raconter n’importe quoi sur la
première puissance économique mondiale, qui n’est évidemment pas exempte de
défauts, uniquement pour se glorifier (ou penser le faire) au niveau de la politique
intérieure. Et qu’on soit bien clair : je ne critique pas, ici, LFI mais
une grande partie de la « classe politique ». Par exemple, cherchez « Villepin »
dans Google News. Le gars parle devant le micro pour essayer de récupérer son
aura d’autant. Oh ! Chaque phrase est juste mais il ne propose rien (comme
si Trump pouvait avoir quelque chose à cirer des sautes d’humeur de nos
politiciens…). Il ne fait que rajouter du bruit en espérant qu’un créneau se
libère pour 2027.
Vous allez me dire : « qu’est ce que tu
proposes, toi, ducon ? »
Malheureusement, pas grand-chose dans l’immédiat. Il faut
que le fameux droit international revienne dans la course mais ce n’est pas en
criant à sa supériorité qu’on y arrivera. Il faut que les pays qui ne sont pas
alignés sur les trois grosses puissances reprennent de la force et cela ne se fera
pas en quelques années.
Nous nous avons l’Europe. C’est pour ça que je citais
Glucksmann dans mon dernier billet. J’aurais pu parle d’Attal, aussi. Il
appelle à un retour de la force dans l’Union Européenne.
Je vais faire un aparté honteux mais je ne salue pas ceux
qui nous ont empêché d’avoir une Constitution européenne, il y a maintenant
plus de 20 ans. Ils ont voulu lutter contre un libéralisme et nous sommes
maintenant à la merci de puissances économiques. Bravo les gars !
Mais l’Europe n’est plus crédible ! Il faut en changer
le mode de fonctionnement, non pas en changeant les institutions, on a déjà
essayé, mais en lui donnant de poids. Prenez cette histoire de Mercosur.
Comment en est-on arrivé au point que l’on puisse laisser penser que c’est une
obscure présidente d’une commission européenne qui va décider de nos
orientations ? Comment a-t-on pu, pour changer de registre, laisser des
députés européens, bien éloignés de l’économie du réel, comme on dit, imposer
le remplacement des véhicules thermiques par des véhicules électriques en
laissant le marché de ces derniers à la Chine ? Pendant que les Américains
font les cons pour renforcer leur production de pétrole…
Il y a du boulot mais il faut que l’on coupe l’herbe sous
les pieds de ceux qui nuisent à l’Europe et que l’on renforce la légitimité du
Conseil européen (formé des dirigeants des différentes nations) pas simplement
pour des mesures d’urgences (en soutien à l’Ukraine, par exemple) mais aussi pour
élaborer des politiques à long terme sur tous les plans que l’on pourrait
imaginer : numérique, militaire, industriel…
Il y a le feu au lac ! Nous étions fiers, par exemple,
de notre industrie aéronautique, du succès d’Airbus, mais, depuis trois ans, la Chine est devenue un
concurrent sérieux. Rien qu’en fermant les yeux, on va se faire baiser !
Ce qui n’est sans doute pas déplaisant mais la question n’est
pas là.
Le droit international redeviendra fort le jour où l’on aura
les moyens de l’invoquer autrement que pour de la politique politicienne.