Il est temps que je vous souhaite une bonne année 2026. En 2025, les
histoires suite à la mort de Brigitte Bardot m’ont un peu gonflé, d’autant que
le seul élément scandaleux est qu’est morte à 91 ans et trois mois alors que ma
mère a passé l’arme à gauche à 91 ans et deux mois et demi. Il n’y a pas de
justice !
On a de la chance, pour 2026, on commence directement par une
nouvelle guerre et, dès le début, on a vu du n’importe quoi dans les réseaux
sociaux et dans la bouche des dirigeants politiques.
Dès le premier jour, samedi, le matin même, j’ai vu un
lascar hurler qu’on nous mentait, que le trafic de drogue n’était qu’un
prétexte, que c’était le pétrole qui était en cause ! C’est quand même
amusant de tomber sur des jobards qui pensent que les autres peuvent être
encore plus con que lui.
Pour rigoler, j’ai failli lui expliquer que ce n’était pas
vraiment ça mais qu’il y avait un risque pour que le Vénézuéla vende son pétrole
directement à la Chine et que cette dernière règle en Yuans et non plus en
dollars, que la monnaie américaine aurait ainsi perdu son hégémonie sur les
marchés mondiaux. Outre le fait que je ne sais même pas si j’ai vraiment tort,
je suis prêt à inventer absolument n’importe quoi pour rigoler.
On a eu aussi les andouilles qui ont tout fait pour taper
sur Trump, ce qui est de bonne guerre, et qui, pour cela, se sont mis à
défendre un dictateur sanguinaire qui a appauvri son peuple. LFI a plongé les
deux pieds dedans en organisant une manifestation pour soutenir le peuple vénézuélien
sans même se rendre compte que le peuple vénézuélien manifestait… sa joie, d’être
débarrassé du dit dictateur sanguinaire ce qui nous montre que ces braves sont
plutôt favorables à Trump (je n’ai pas dit qu’ils avaient raison, je n’en sais
fichtre rien, je ne connais absolument rien à la politique dans ces contrées
lointaines, contrairement à tout ceux qui se sont spécialisés en une demi-douzaine
d’heures).
Toujours samedi matin, on a trouvé des zozos qui criaient
parce que l’Amérique était en train d’envahir le Vénézuéla ! Tu parles !
Ils ont balancé quelques bombes, capturé le dictateur et son épouse et au
revoir. Ou presque. Mais on est bien loin d’une invasion en bonne et due forme.
Au même moment (donc moins de 12 heures après les faits), on
a trouvé des imbéciles qui gueulaient parce que la France – Macron – n’avait
pas encore fait un communiqué pour préciser la position de la France. Il a fini
par le faire et les andouilles l’ont critiqué. Je pourrais parier que si Macron
avait condamné l’attaque, les mêmes abrutis auraient hurlé sur le thème « on
ne peut tout de même pas critiquer les USA qui nous débarrassent d’un dictateur
et qui sont beaucoup plus forts que nous ».
Tout au long de cette période, nous avons encore entendu des
éminences dénoncer le viol du droit international comme s’il n’était pas devenu
évident qu’il ne sert pas à grand-chose, surtout face à la première puissance mondiale
qui fait bien ce qu’elle veut.
N’allez pas croire que je défends les USA, ici, l’objet de
ma publication est plus de critiquer les oppositions en France.
En France, ça fait deux ou trois ans que l’opposition parle
du droit international (sans rien n’y connaître et sans recul : comme un
Etat pas reconnu par l’ONU peut-il avoir un domaine maritime ?) ce qui ne
sert à rien, tout comme les manifestations organisées en urgence qui servent
surtout à se faire plaisir. Mais de là à se ridiculiser…
Je crois donc, simplement, qu’il aurait été urgent d’attendre
avant d’avoir des prises de position, d’autant que, dès dimanche midi (36 heures
après), on commençait à avoir des textes ou reportages détaillant assez bien
les enjeux.
Mais il faut tout de même se rendre compte que les pays d’Europe
vont se retrouver de plus en plus à la ramasse derrière les USA, la Chine et la
Russie et qu’il est un peu temps de se demander ce qu’il faudrait faire.
Je vais donc reprendre, comme conclusion, une publication de
Raphaël Glucksmann, hier :
« Je ne verserai pas une
larme pour le dictateur Maduro et son régime ploutocratique que j’ai toujours
dénoncé et combattu, mais ayons toutes et tous bien conscience que nous sommes
entrés dans un monde sans droit international et où prévaut la seule loi du
plus fort.
Et nous, Européens, sommes
prévenus : la doctrine publiée par l’Administration américaine n’est pas
qu’une compilation de mots. Elle se traduit en actes et forme un véritable
projet géopolitique qui heurte de plein fouet nos intérêts stratégiques (ne
prenons pas à la légère - par exemple et comme semblent le faire certains de
nos dirigeants - les propos tenus sur le Groenland).
La vérité est simple : seul
le peuple vénézuélien est légitime à décider de l’avenir du Venezuela. Œuvrons
donc tous à ce que la parole lui soit rendue au plus vite.
Quant à nous, Français et
Européens, la voie de Trump n’est pas, ne peut pas être la nôtre. Et nous
n’avons pas aujourd’hui de mission plus importante que d’assumer notre
autonomie et de construire notre souveraineté. Voilà pourquoi je me bats et me
battrai chaque jour pour qu’émerge une véritable puissance européenne capable
de défendre, même seule, nos intérêts vitaux et nos principes essentiels. »