01 juillet 2015

Le numérique français à la ramasse

Tu vois, quand on va sur le site d’Amazon et qu’on cherche un produit, il nous le trouve en moins d’un tiers de seconde. C’est fabuleux. Tu vas sur le site de la SNCF, il faut plusieurs secondes ce qui fait que notre honorable voyagiste a le temps de nous refiler une publicité. Le numérique français est à la ramasse et c’est grave. Ces braves gens d’Amazon ont fait des études : quand un client fait une recherche sur internet, il faut lui donner la réponse en moins de 350 ms.

Un de ces jours, Amazon vendra des billets de train et on restera comme des imbéciles.

Tu vois l’illustration de ce billet : c’est une copie d’écran d’un tweet du Conseil National du Numérique, de cette après-midi, qui nous dit de faire des choix stratégiques. Je vais lui répondre : l’heure n’est plus au choix stratégiques, l’heure est à se retirer les doigts du cul. Arrêtons la politique immédiatement et foutons-nous au boulot.

Tiens ! Lis cette dépêche. Ca commence fort : « La technologie détruit désormais plus d'emplois qu'elle n'en crée ». Mon dieu ! « Alors que la création de richesses augmente, le nombre d'emplois chute. De quoi créer d'importants troubles sociaux à l'avenir. » Ben oui, mais ce n’est pas le sujet de mon billet. Un de ces jours, on n’aura plus de pognon pour acheter des conneries et on fera la révolution et ça sera pire. Je répète : le numérique détruit plus d’emplois qu’il n’en crée. J’ai rigolé (jaune) en voyant cela car c’est à peu près ce que je prédis depuis que je tiens mon blog. Et il y a toujours des abrutis qui disent : mais non, avec les nanotechnologies et tout ça, on va créer de l’emploi. Ben non. Le numérique est aussi là pour baisser les coûts et une baisse des coûts ne peut se faire qu’avec une baisse des effectifs, chez nous.

Malheureusement, cela est probablement inéluctable et il nous faudra inventer un autre mode de répartition des richesses mais occupons-nous aujourd’hui du numérique. Croyez-vous qu’un des membres du CNN a déjà eu l’occasion de mettre réellement en œuvre un vrai projet numérique, en France ? Etudiez la liste des membres. Croyez-vous qu’un seul de ces braves gens ait eu à négocier avec un DSI ou un PDG des vrais projets numériques dans une boite, autrement que comme consultant ou pour mener une expérimentation pour se donner un verni moderne ?

Je n’en connais aucun. Je pense néanmoins avoir la réponse. C’est : non, aucun. Ils sont tous consultants ou patrons de SSII, de cabinets machins inutiles, d’agences de communication, de départements « montre nous que tu innoves bien »… Pas un seul n’a eu à mettre en œuvre un vrai projet numérique avec dégagement de valeur ajoutée.

Des coups de pied au cul se perdent. On va se faire bouffer par les « GAFA » (les gagas contre le gafas ?) et tout ce que le CNN trouve à dire, en juillet 2015, est qu’il nous faut faire des choix stratégiques…


Bravo.


Edit : mes attaques contre le CNN et ses membres ne sont pas personnelles, relisez ce que j'ai écrit, à savoir qu'ils n'ont pas mené un vrai projet de transformation numérique dans une entreprise, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne sont pas compétents dans le domaine.

10 commentaires:

  1. Que l'on soit d'accord ou pas d'accord, moi, je ne dis qu'une seule chose: ça c'est du post de chez post !

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  2. Réponses
    1. il en est au décryptage, il ne comprend pas tous les mots

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  3. Mon chonchon, au tout départ, je suis informatitien, et ben je ne comprend PAS ce que tu raconte, je suppose que je suis un vieux schnoque tout cassé !

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    1. Ben réfléchis. A partir du moment où l'on peut payer avec un iPhone (cela va arriver en France) et qu'Apple assure le service pour les commerçants, les banques françaises ne touchent plus de commission. Des centaines de milliers d'emplois détruits en direct (manque de revenus) sans compter les dommages indirects (plus de pognon dans les banques pour financer l'économie).

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    2. Le pognon des rentes de situation comme les commissions sur les comptes ou les paiements ne sert pas à financer l'économie. Par contre effectivement il asseoit de la "vraie" trésorerie pour que l'emploi bancaire ronronne tranquillement.
      Le financement de l'économie se fait via la "fausse" monnaie banque centrale que les banques "transforment" en "vraie" monnaie en accordant des crédits et prêts, avec un ratio de 1 pour 10. (donc oui il est normal que la banque prête plus qu'elle n'a en dépôt, sinon pas de croissance). Avec la rente des paiements et autres services, cela leur permettait de finalement de ne pas prendre trop de risques sur ce sujet quand l'économie va mal, car leurs socles d'emplois ronronnant étaient basés sur une rente peu touché par la crise. Donc finalement cela va peut-être les obliger à aller plus dans le financement de l'économie pour aller faire des bénéfices si elles perdent leurs rentes. Mais effectivement cela va changer la structure de l'emploi bancaire, fini la carrière à vie (qui est encore la norme hors traders et commerciaux de haut vol), fini la stabilité d'un intéressement qui bouge peu même en pleine crise, fini les emplois administratifs classiques, faudra suivre des dossiers, s'immpliquer, prendre des risques.
      A mon sens, le vrai risque pour les banques traditionnels est leur manie de tout faire passer par internet ou téléphone en détruisant le contact direct avec l'agence (et non en complémentaire), où il n'y a plus de numéro direct pour appeler son agence quand on a un problème. A ce compte là, pourquoi payer 20€ par mois un service qui ne sera pas pire sur une banque en ligne pour 5 fois moins cher? Leur vraie force est leur réseau d'agence justement.

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  4. A mon nonop il y a une caisse automatique, avec un caissier expliquant, résultat même temps qu"en caisse avec les vielles ! C'est null !

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  5. Je n'ai pas l'impression que tout soit à la ramasse en France.

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