Les magasins Boulanger ont un fichier de clients où les vendeurs donnent des avis sur les clients. La CNIL a gueulé. La routine.
Le plat du jour à la Comète est du cabillaud enrobé de lard avec des pommes de terre écrasées. C'est encore un truc à la mode. Je commande cela et le serveur peu habitué à me voir manger du poisson me demande ce que je veux comme légumes. Je réponds : Ben des pommes de terre écrasées mais pas trop. Pour rigoler.
Il n'empêche que je suis un client chiant. Les serveurs ont noté (en rigolant) que je suis un client chiant.
Alors je pose la question : pourquoi un commerce ne pourrait-il pas laisser ses employés faire des annotations sur ses clients ? Si un type achète chez Boulanger un vibromasseur par semaine et le renvoie systématiquement parce qu'il n'est pas satisfait pourquoi ne pas enregistrer ce fait dans la mesure où le client a donné son accord pour être enregistré ?
Réfléchissez bien à la question avant de faire une réponse de principe. Nous avons deux ministres d'un gouvernement que je soutiens qui vont présenter deux lois sur le numérique auxquelles je vais probablement m'opposer (par principe : elles ne résolvent rien).
Google sait tout sur vous mais Boulanger n'a pas le droit de mémoriser quels clients sont casse-couilles.
Axelle Lemaire, en particulier, va pondre une loi pour protéger la vie privée. Le résultat sera que Boulanger ne pourra pas savoir que vous êtes casse-couilles mais Amazon pourra faire ce qu'il veut. Boulanger perdra de l'argent parce que vous leur renverrez les vibromasseurs non satisfaisants pendant qu'Amazon pourra refuser des ventes à des clients chiants.
C'est du propre. Au niveau où on est, la seule loi efficace serait de supprimer la CNIL, machin réactionnaire créé par la droite avant l'existence d'Internet, voire de la mondialisation.
Les clowns qui parlent de la transformation numérique me fatiguent. Et les pingouins qui vont critiquer ce billet oublient que c'est la droite qui a créé la CNIL pour maîtriser leur vie privée.
Vive la liberté. Ça s'arrose.
Tiens ! Je vais raconter une anecdote. Quand on a créé le site stopbashing, nos juristes nous ont signalé qu'en sauvegardant les adresses mail des commentateurs, on sauvegardait des données personnelles et qu'il nous fallait faire une déclaration à la CNIL. Je l'ai donc fait. J'ai rempli (et pas renseigné, hein !) le formulaire dans lequel on ne m'a jamais demandé ce que j'allais faire de ces données et quel était le site web, voir l'organisme le chapeautant,... En tant qu'individu j'ai l'autorisation d'héberger des données personnelles sur un serveur qui ne m'appartient pas (merci Marco) avec un nom de domaine qui a été déposé par un autre (merci Gilles et bon anniversaire).
C'est grotesque. Il faut complètement repenser le dispositif, donner d'autres missions à la CNIL (créée avant le Minitel !).
Tout foutre en l'air et repenser le numérique en France.