En salle

07 octobre 2022

Ernaux futur


 

C’est chouette ! Nous avons deux prix Nobel, cette année. Je les félicite sincèrement malgré toutes les saloperies que je me prépare à sortir. Je comprends parfaitement ceux qui se réjouissent en particulier de l’attribution du prix Nobel de physique à Alain Aspect, en même temps qu’à d’autres lascars, même si je me demande si ses écrits valent bien un prix Nobel de littérature. Quant à ceux d’Annie Ernaud, je n’ai lu que les quelques extraits lus dans Facebook, hier, et je me demande si le jury n’était pas saoul au moment de la délibération.

Entre nous, je ne vois pas comment un jury international peut juger de la prose d’une personne qui écrit dans une langue probablement à peine déchiffrée par les trois-quarts d’entre eux mais je ne vais pas tergiverser par pure méchanceté. Ah ! Si. On va dire que c’est politique, en fonction de la notoriété et tout ça et, au fond, je n’avais pas ronchonné quand Modiano était monté sur la plus haute marche.

Mais, au moins, j’avais lu quelques bouquins. Alors que, pour Ernaux… J’avais même oublié son existence et il a fallu que je prenne des renseignements en lisant des réactions dans les réseaux sociaux.

 


C’est chouette ! On a une polémique suite à l’attribution d’un prix Nobel à une Française. Je ne sais pas comment on peut qualifier la dame : woke, islamogauchiste et j’en passe. Rayez les mentions inutiles. J’entends bien les réactions de ces partisans qui, en fin de compte, « nous », ses opposants, traitent de « peine-à-jouir ». Tant pis ! J’assume.

J’ai mis le mot « nous » entre guillemets car je ne suis pas franchement un farouche opposant. Il n’empêche que Mémé défendait le port du voile, notamment par des tribunes, qui, au fond, sont à mourir de rire. Surtout, elles expliquent pourquoi elle mérite un prix. Elle sort une tribune à rallonge, peut-être bien écrite mais je ne suis pas un spécialiste, en racontant strictement n’importe quoi et, on est tellement sur le cul, qu’on ne peut dire que « c’est strictement n’importe quoi ». C’est sans doute la preuve que c’est une brillante intellectuelle et qu’elle mérite amplement son prix même si c’est un prix d’ami, probablement.

 


Tenez cette bafouille parue dans libération, datée de 2019, au moment de l’affaire Décathlon (je précise que c’est un lien qu’on m’a communiqué à ma demande, je ne tiens pas des dossiers - j'insiste : contrairement à des camardes, j'ai une très mauvaise mémoire pour ces machins - et il y a des moyens plus facile que Google pour trouver des âneries). Elle y défend le « hijab de course ». Dès l’introduction, il y a un monceau de mauvaise foi : elle reproche les « attaques » faites contre les commerçants lors d’une critique fait aux commerçants. Il fallait oser ! Le tout « faute de pouvoir s’en prendre à celles qui portent le hijab ». Je suis désolé, mais je n’ai aucune raison de m’en prendre à de pauvres femmes obligées à s’habiller en porte de prison à cause d’un système patriarcale.

Non mais sans blague ! Et en plus, t’as vu ça, hein ? J’arrive à utiliser la rhétorique des féministes…

 

Venons-en au second paragraphe même si on va penser que je fais des citations par pure fainéantise. « Si quelques voix ont souligné la liberté d’une entreprise privée de vendre ce qu’elle veut, d’autres rappelé que c’est l’Etat qui est laïque et non pas les individus, lesquels ont le droit d’arborer les signes d’une pratique religieuse (la loi de 1905 n’a pas obligé les prêtres à enlever leur soutane ni les religieuses leur voile), il n’a pas été fait mention de cette violence infligée, une nouvelle fois, à une partie des femmes qui vivent, travaillent, étudient sur le sol français, qui sont une composante de notre société. »

Décathlon peut bien vendre ce qu’il veut et cela n’a évidemment rien à voir avec la laïcité mais les gens sont libres, tout autant que cet honorable commerce, de critiquer et de boycotter. Le commerce voit ses intérêts commerciaux et retire ses produits. Nous voila avec des gauchistes en peau de fesse qui défendent des entreprises qui soutiennent les religions contre ceux qui considère l’opium du peuple et tout ça.

Quand je vous ai dit qu’elle racontait n’importe quoi ! Pour ma part, préventivement, je n’ai jamais mis les pieds dans un magasin d’articles de sport. Je fais du boycott d’anticipation.

 


Le troisième, youpi ! « Violence, parce que sous couvert de défendre la liberté et l’égalité, dans les faits on tente de limiter le droit des femmes qui portent le hijab, ici, à faire du sport, là à chanter dans un télé-crochet (Mennel), à militer (Maryam Pougetoux), à accompagner des enfants en sortie scolaire (et se souvient-on de ce projet d’une sénatrice socialiste d’interdire le voile, dans leur domicile, aux assistantes maternelles ?), naguère à fréquenter les plages et se baigner. Bref, c’est de la vie collective qu’on cherche à les écarter. »

Si je comprends bien, d’emblée, il faudrait conchier la défense de la liberté et de l’égalité. Ensuite, on mélange un peu tout histoire de perdre le passant. Tout d’abord, on interdit le voile aux accompagnatrices d’enfants en sortie scolaire car elles font alors une mission bénévole de service public et les parents n’ont pas à refiler la garde de leurs gamins à des prosélytes, même de rouge. Elles chantent comme elles veulent dans les télé-crochet et on a bien le droit de se foutre de leur gueule, même méchamment.

La dernière phrase est un pur mensonge : on ne cherche pas à éloigner des femmes de la vie collective. Elles s’éloignent elles-mêmes en portant certaines tenues. Si on les tolérait, alors qu’elles sont obligées de se vêtir ainsi, cela reviendrait à soutenir la société patriarcale (bis) qui leur impose des contraintes.

 

Pour le quatrième, je vais me contenter d’un extrait : « Qu’avaient-elles à dire sur cette possibilité de pratiquer le sport conformément à leur croyance ? » Encore une fois, on ne leur retire rien (sauf le burkini mais on ne va pas refaire le débat). En outre, je ne vois pas ce que les croyances religieuses ont à faire dans le débat à propos du sport. Aussi bien, dans certains des pays d’origine, elles n’ont même pas le droit de faire du sport ! Ici, on se contente d’insister sur la nécessité de se vêtir conformément aux pratiques en vigueur, comme pour les petites culottes à Wimbledon.

 

Je ne vais pas tout citer. La chronique est longue mais tout est l’avenant. Tenez ! « Comment nous, femmes féministes, qui avons réclamé le droit à disposer de notre corps, qui avons lutté et qui luttons toujours pour décider librement de notre vie pouvons-nous dénier le droit à d’autres femmes de choisir la leur ? » Je ne suis pas une femme féministe, vous me direz, mais… D’une part, on ne dénie aucun droit sauf le port de certaines tenues pour faire des missions de service public et pour tenir certaines activités tout aussi publique (elles n’ont qu’à avoir des piscines privées… Smiley, hein !). D’autre part, peut-on raisonnablement dire que ce sont ces femmes qui choisissent leur tenue ?

C’est quand même amusant que ce prix Nobel soit accordé après les événements en Iran et que des gonzesses qui se disent féministes continuent à défendre les propos passés de notre joyeuse prix Nobel.le !

Je vous laisse lire le reste de la tribune. S'il y avait un Nobel du nombre d'âneries par ligne, elle mériterait une statue à Stockholm. 


 

Félicitations, encore, à nos nouveaux champions !

 

05 octobre 2022

Qatar ta gueule à la récré



« En 2029, l'Arabie saoudite sera le pays hôte des Jeux asiatiques d'hiver, qui se dérouleront dans la mégalopole futuriste de Neom. » L’idée semble effectivement saugrenue et même si, pour ma part, je n’ai aucune idée de la météo dans le coin, les écolos très divers français qui ne sont pas occupés à nous arracher les couilles sont scandalisés : c’est – sans doute – un scandale environnemental. Néanmoins, tout cela ne fait que confirmer que l’on nous prend pour des cons. On nous demande des mesures individuelles, comme pisser sur l’étendoir à linge où sèchent les cols roulés en mangeant du quinoa, alors que nos problèmes climatiques ne viennent pas spécialement de nos comportements individuels mais de celui de quelques géants, Etats et industriels…

En outre, l’Arabie prépare « l’après pétrole » et est bien obligée de penser à l’avenir du pays, d’où ce projet « Neom » (Google est votre ami mais ça ressemble quand même à de la folie) pour éviter de se retrouver dans le tiers monde… Je ne vais pas les blâmer et je ne vois pas pourquoi je serais vraiment autorisé à juger tout le monde.

Mais tant que les internautes français grilleront de l’énergie à hurler…


 

Alors, revenons au Qatar et à la coupe du monde de foot. De nombreuses municipalités ont annoncé ne pas vouloir mettre des écrans géants et, hier, Paris s’est joint au lot. C’est assez ridicule si l’on considère que le Qatar est le principal sponsor de l’équipe de foot locale et notre éternel champion de France par intermittence. Ridicule et abject (d’autant que le PSG verse en moyenne 200 millions par an à la ville qui a oublié de cracher dessus).

Tout d’abord, il fallait gueuler avant et, outre les scandales divers, le nombre de morts prévisible, les conséquences sur le climat…, le plus gros problème est quand même que le foot est un sport populaire et que le Qatar « n’a pas de peuple ». D’autres pays, je pense en particulier aux grands pays d’Afrique, auraient largement mérité de recevoir cette compétition.

Les communes françaises qui boycottent n’ont ne sont pas franchement légitimes pour le faire : pourquoi iraient-elles privé le peuple local de manifestations populaires. Que feront-elles si l’équipe de France se retrouve en demi-finale ?

J’espère que les bistros prendront le relai et je me demande si ceux qui annoncent le boycott ne le font pas par opportunisme. Aussi bien, ils n’ont pas de téléviseur et ne diffusent jamais les matchs. Un peu de sérieux.

 


On nous parle de climatisation mais la température moyenne, au Qatar, vers novembre et décembre, est de l’ordre de 20 degrés et la climatisation ne sera fonctionnelle qu’environ cinq heures les jours de match sans compter que les systèmes fonctionneront à l’énergie solaire. Je suis allé faire un tour chez Google pour prendre connaissance du sujet : je m’étonne que les arguments des climatiseurs soient aussi peu pris en compte (il y en a plein, comme le fait que baisser un peu la température permettra de limiter la gravité des blessures des joueurs) par rapport à ceux des lascars qui crient au scandale sans aucune donnée chiffrée. Aussi bien, la consommation d’énergie (et je ne parle pas du fait que, en plus, elle est solaire) sera moins importantes pendant le mois que celle des tours de la Défense partiellement inoccupée à cause du télétravail pendant une demi-journée. Au fond, je n’en sais rien.

La température moyenne au Qatar « les mois de match » est du même ordre d’idée qu’en France et largement inférieure à celle au Brésil. La climatisation faisait scandale quand la compétition était prévue à l’été mais, à l’époque, personne dans nos salons parisiens ne disait rien, mais à partir du moment où elle a été décalée, on s’en fout un peu. Beaucoup de stades récents sont climatisés aux Etats-Unis et ces systèmes sont destinés à devenir la norme.

Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Outre ce que j’ai dit sur la localisation de la compétition dans un petit pays, je trouve évidemment stupide de climatiser des espaces ouverts mais je trouve assez ridicule les différentes réactions. Tant pis.

 


Il reste les 6500 morts en 10 ans. Boycotter la compétition ne les fera pas revenir et cela reste plus de dix fois moins que les morts à cause de la pollution en Ile-de-France. C’est du même ordre d’idée que le nombre de morts en France chaque année par accident du travail (même si, évidemment, notre pays est bien plus peupé). Comparaison n’est pas raison mais c’est tout ce qui concerne les conditions de travail dans « ces pays » qui est probablement à revoir (et ils le feront sans nos gauchistes). Par exemple, la loi, au Qatar, autorise 60 heures de travail par semaine, avec un seul jour de repos.

Mais n’oublions pas que nous ronchonnons sur internet grâce à des produits construits par des gamins à l’autre bout du monde.

Mes condoléances aux familles et aux proches. Aussi bien, les familles seraient mortes de faim si la Qatar n'avait pas fait venir de la main d'œuvre. L'esclavagisme aurait du bon ?

 


Il reste que je n’aime pas spécialement le foot. Probablement une question d’éducation, de prime jeunesse ou je ne sais pas. Sans compter que quand on jouait avec les copains, comme tous les petits gros, j’étais cantonné dans un poste de gardien de but. Mais je regarde les matchs au bistro, avec les copains, en buvant des bières…

En faisant la fête, quoi ! Et vous ne nous priverez pas de nos fêtes.

 

J’espère que personne ne critique les Arabes parce qu’ils sont des arabes, hein ! Et que nos réfractaires nationaux et gauchistes boycotteront ce sport qui fait circuler des milliards d'euros et permet à des andouilles de s'enrichir ignoblement. J'espère qu'il ne l'oublieront pas en regardant Benfica PSG, ce soir...


04 octobre 2022

Passer les morts au barbecue et autres billevesées non voilées

 


L’actualité politique est très riche depuis quelques jours. Je passe l’espèce de discours de Macron en col roulé qui voudrait nous faire participer à je ne sais trop quel truc. Il ferait mieux de s’occuper de ses deux proches ayant des ennuis avec la justice. Il y a le dépôt de plainte de Mme Quatennens contre son époux. Pour les trois, je reste sur ma position : rappeler la présomption d’innocence. Mais, au moins, l’Adrien c’est mi en retrait… A ce sujet, je vais dire du bien de Mathilde Panot, ma député, qui a envoyé se faire cuire le cul (j’adopte les langages à la mode) des journalistes qui voulaient la démission du gugusse : qu’il s’occupe de ses fesses. A voir l’interview, on sentait qu’elle avait envie de lui coller un aller-retour et on ne peut lui donner tort.

Il y le tweet de Mémère Obono qui envoie les gens qui ne sont pas d’accord avec « manger leurs morts ». Ce n’est pas franchement du niveau des élus de la République, cette dernière sortirait un peu grandie si des branquignoles payés 7000 euros, par mois et par nos impôts, apprenaient à fermer leurs gueules. Cela étant, je ne rentrerai pas dans le jeu des différents militants qui comparent ces différentes histoires du genre "plus grave que ça, tu meurs". 

Tous ces branleurs méritent le cabanon. C'est tout.

 

Ce sont deux autres aspects que je voudrais évoquer, ce matin, avant même d’avoir pris mon huitième café : le voile et la vapeur le Printemps Républicain. Des esprits pas si tordus que ça feront le rapprochement entre les deux mais les faits ne font que se télescoper…

 


Le tweet Obono fait suite aux polémiques après la manifestation de soutien aux femmes iraniennes qui ne baissent pas leurs focs par rapport au voile. Je me suis rappelé que cette querelle entre les féministes qui défendent le voile et celles qui voudraient en faire des torchons est au moins aussi vieille que ma présence dans les réseaux sociaux. La position des premières est qu’il faut laisser la liberté aux femmes de s’habiller comme elles veulent et celles des autres est qu’elles ne sont pas libres et que l’obligation du port par ceux qui interdisent le porc est une marque politique d’une part de soumission des femmes et d’autre part d’affirmation politique de l’islam même si j’ai déjà été plus clair. Je me range évidemment à cette dernière opinion qui me parait de bon sens.

Entre nous, je me suis toujours demandé comment ceux qui défendent le voile peuvent se prétendre de gauche (et féministes mais ce n’est pas mon problème) : ils estiment défendre des opprimés alors que les « porteuses » sont les opprimées, de toute évidence. Ils défendent un truc religieux et ont oublié Marx. Défendre une tenue religieuse me semble plus proche de l’extrême droite mais ces pingouins se demandent pourquoi on les traite d’islamogauchistes. A la limite, les élus qui défendent le voile peuvent le faire par clientélisme mais les militants n’ont aucune excuse.

Je lisais récemment une interview de Jean-Louis Bianco, le fossoyeur de l’observatoire de la laïcité. Il ne raconte pas que n’importe quoi mais il se plante parfois violemment au sujet de la laïcité et de ce qui doit aller avec. Par exemple, dans ces propos, il défendait la liberté des femmes voilées d’encadrer bénévolement des sorties scolaires vu qu’elles ne sont pas fonctionnaires. Dans la mesure où elles accomplissent une mission de service public pour aider les instits, les sont évidemment assujetties aux mêmes obligations. Je ne vois pas pourquoi des parents seraient obligés de confier leurs mômes à des petites dames, sûrement pleine de bonne volonté, faisant du prosélytisme…

Les histoires récentes avec l’Iran me semblent montrer que ma position est la bonne. Me voila donc de retour dans le camp du bien. Ca s’arrose.

 


Ce que je voulais dire du Printemps Républicain n’a rien à voir avec la laïcité, pour une fois, mais ils viennent d’envoyer Macron se faire « cuire le cul » suite au discours dont je parlais en introduction. Il a tweeté en réponse à une tweet du Président annonçant son discours : « Communiqué officiel du Printemps Républicain : Merci Président mais on a déjà donné ! »

Voyant cela, je fus bien surpris pour la forme comme pour le fond puis assez content.

J’étais membre du PR il y a quelques années mais, en 2021, étant malade, j’ai oublié de renouveler ma cotisation. Début 2022, je n’étais pas satisfait de sa position en préparation des élections avec son rapprochement avec LREM. Du coup, je ne me suis pas réinscrit (ce qui ne m’a jamais empêché d’être totalement en phase avec eux sur les déclarations hors « politique politicienne).

Ca pourrait bien changer.

 

On va laisser un peu de temps, tout de même. Il me semble maintenant un peu souhaitable que tous les gugusses qui s’éloignent de la macronerie et de la nupserie s’entendent un peu… Je ne vais pas m’inscrire partout. Le spectre est assez large, entre les centristes pur jus et les gauchistes républicain mais rien n’est simple dans la vie, ma pauvre dame.

03 octobre 2022

Les petites Rousseau font les grandes misères

 


« Ce matin je lis des posts de mecs ouin-ouin qui ont peur de Coffin et Rousseau. Peur de quoi les gars? Coupage de glaouis? (Despentes étant rentrée dans le rang, heureusement qu'il reste quelques meufs qui ne lâchent pas l'affaire, sinon on retourne aux fourneaux et au devoir conjugal fissa) » est ce qu’a dit une copine dans Facebook, ce matin.

Je vais lui dire : je peux faire des publications de pleurnichard au sujet de Ruisseau (pas de Coffin, j’avais oublié son existence) parce qu’elle m’énerve à vouloir nous couper les couilles, surtout le mois où on fait des publications contre le cancer du sein. Il faudrait quand même que les deux sexes puissent cohabiter sur cette planète. L’un dans l’autre.

Par contre, je n’en ai rien à cirer, dans le fond. Si je m’intéresse à ce que dit la furie, c’est uniquement pour pouvoir rigoler dans les réseaux sociaux, y compris mon blog. Ce ne sont ni les réseaux sociaux ni les médias audiovisuels qui me font suivre l’actualité et que je me fais un plaisir de survoler, d’ailleurs, pour mieux voir ce que peuvent penser les gens. Tiens ! Je lisais des internautes français qui parlaient des élections au Brésil en priant pour la victoire de Lula. Au fond, beaucoup de lascars souhaitent sa victoire car on n’aime pas l’autre, là, le Borsalino ou je ne sais plus, et puis Lula ressemble au père Noël… mais on s’en fout, au fond. C’est le thème de ce billet. Ce qui n’empêche pas que nous avons la sagesse de penser que les Brésiliens savent mieux que nous ce qui est bon pour eux.

Cela étant, l’Amazone n’est pas un Ruisseau et la dame de nage et d’émasculation réunies finira balayée aux élections nationales avec un 2% pas Joly Joly. Cela ne m’empêche pas, en tant que sympathisant politique, de penser, justement, que mémère est mortifère pour son camp et ce qui me gène est que ce dernier est proche du mien. Alors j’en parle.

 

Madame Sandrine Rousseau a réduit l’écologie politique à une émasculation mais elle a oublié le mode opératoire pour la gestion des couilles usagées. Peut-on les mettre dans le compost ?

Il n’y a pas de quoi être fiers, les verts…

02 octobre 2022

Une refondation de la gauche - l'Europe en ligne de mire



Ca doit être la mode, chez les socialos, de diffuser des tribunes dans le JDD. Je signerais bien la dernière si j'étais au Parti Socialiste mais j'ai déjà posé ma croix sous les papelards de Dray et de Cazeneuve... Je ne peux pas tout rénover avec mes petits bras. Il s’agit, cette fois, d’un texte de dirigeants du parti, proches de personnalités assez peu partisanes de la direction actuelle du parti, comme Hélène Geoffroy (principale opposante à Olivier Faure), Anne Hidalgo et Carole Delga.

Il s’agit, cette fois, de : « rassembler les socialistes sur l’essentiel pour pouvoir espérer à nouveau rassembler la gauche durablement ». J’ai tout lu, je vous jure, mais c’est un peu abscons et surtout très chiant : ça ne parle pas de bière et de nichons. Et comme les motions des congrès, on a du mal, quand on est à l’extérieur, de voir la différence avec les autres publications.

 


Il y a des points qui me touchent particulièrement et auxquels j’adhère. Un extrait : « Refondation de la République, pour qu’elle tienne toutes ses promesses de liberté, d’égalité et de fraternité. Par le renforcement et le redéploiement de ses services publics dans tous les territoires, par la priorité absolue à l’éducation, à la santé, à l’enseignement supérieur et à la recherche. Par un soutien sans faille à la Culture que nous considérerons toujours comme « essentielle ». Par le renforcement et l’impartialité de sa justice et de sa police déployées au plus proche des citoyens. Par son engagement contre toutes les discriminations, le racisme, l’antisémitisme, le sexisme et l’homophobie, et pour faire vivre la laïcité partout. Par l’aboutissement de sa décentralisation, pour donner enfin de l’air et de la visibilité budgétaire aux territoires, en co-construisant les politiques et en clarifiant les compétences. »

Il va de soi que je me fous un peu de la culture (on pourrait en discuter mais tant que l’on continuera à subventionner des va-nu-pieds sans une nette priorité pour l’apprentissage de la musique et l’éducation des mômes via le renforcement de médiathèques, par exemple, je m’en contre-pignole). Il va de soi, aussi, que je ne serai pas d’accord avec les rédacteurs quand ils parlent du renforcement des services publics (tant la plupart le réduise, dans leurs discours, au maintien de bureaux de poste dans des trous à rat d’où ne part aucun courrier ou à la construction de voies ferrées totalement inutile mais ça fait joli dans un bilan). Pour le reste, oui ! Ca me fait penser que je n’ai pas fait de billets sur la décentralisation depuis la nuit des temps.

 


C’est, toutefois, la partie sur l’Europe qui m’a incité à déballer mon clavier, aujourd’hui. A droite, ils ne pensent qu’à supprimer les normes de courbages des concombres et, à gauche, ils veulent imposer de nouvelles normes dont ne veut personne tout en conchiant les accords existants. Cette fois, on voit enfin une proposition pour renforcer l’Union Européenne sans énerver les zouaves qui se pensent patriotes ou penchent vers le nationalisme. Défendre l’Europe du travail, par exemple (et même si cela ne veut pas dire grand-chose), n’est pas une perte de souveraineté.

Ce n’est pas vraiment le sujet de mon billet mais je pense sincèrement que c’est ainsi qu’il faut parler puis agir.

Je vais citer la conclusion de la première partie qui est très jolie : « Pour mener à bien ces refondations, nous revendiquons la radicalité des politiques publiques nécessaires. Car c’est bien à la racine que tous ces défis doivent être relevés. Et vite, car le temps nous est compté. Mais cette radicalité ne peut se confondre avec les démagogies et populismes qui conduisent au chaos. Chercher la vérité et la dire, c’est avoir le courage de nommer les problèmes autant que celui de proposer des solutions ambitieuses mais crédibles, que nous réaliserons réellement. Elles seules sont susceptibles de rassembler et d’emporter l’adhésion d’une majorité de nos concitoyens. »

 

La suite est consacrée au Parti Socialiste et à son prochain congrès. Encore un extrait (je fais un billet de fainéasse) : « L’accord électoral Nupes a été le produit de l’état « comatique » de la gauche sociale et écologique, une réponse électorale unitaire attendue par le peuple de gauche face à sa dispersion, une réponse conjoncturelle visant à préserver sa présence à l’Assemblée Nationale et y agir ensemble. Pour regagner et créer une dynamique positive, d’espérance et de conquêtes, sans laquelle la gauche même unie est condamnée à n’être qu’une force d’opposition plus ou moins forte, nous devons la refonder avec audace et sincérité, et changer son centre de gravité actuel qui la conduit à l’impasse. » Je vais traduire pour les non-comprenant. En bleu, tiens ! Certains zozos ont voulu s’allier avec des radicaux pour sauver leurs postes au Parlement mais il convient de retrouver le centre gauche, la base de notre électorat. Fin du bleu. J’ai mis en gras, tant qu’à cliquer sur des trucs.

Vous pouvez tout lire, aussi ! Prenez trois cafés avant et mettez la musique à fond, tout de même.

 


On a vu récemment dans la presse (article réservé aux abonnés et comme c’est le Figaro, je ne peux pas lire) que la direction actuelle du PS (contrairement à celle du PCF et d’EELV) envisager sérieusement de continuer l’alliance avec LFI. Comme le dit le camarade Audibert dans Facebook : « Donc le parti socialiste réfléchit à faire liste commune à l'élection européenne avec des anti-europeens, dont le chef de file voulait supprimer le drapeau européen à l'Assemblée Nationale ? Il va falloir réfléchir vite et arrêter les conneries. Vendre son âme, son passé, son histoire, pour sauver quelques sièges n'a jamais été la bonne solution. »

Mitterrand doit en effet se retourner dans sa tombe.

Si jamais une telle alliance devrait voir le jour, j’appelle tous ces braves gens qui font des tribunes que je signe (ou pas, en l’occurrence) à monter un nouveau parti. J’appelle surtout les militants socialistes à ne pas reconduire Olivier Faure, au prochain congrès, mais je suis assez pessimiste, tant les militants socialistes sont suivistes derrière leurs dirigeants élus… Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui me contredira, surtout qu’il a « fait carrière » après avoir déserté ce panier de crabes.

 

En appeler à Mitterrand, c’est mal, je sais. Surtout pour prôner à demi-mots une scission du PS… Mais cette élection européenne est l’occasion rêvée pour cette refondation.

 

J’ai écrit en vert, cette fois. Il n'y aucun jeu de mot dans le titre de ce billet.

01 octobre 2022

Autrices, on crie !

 


« Nombreuses sont les femmes qui refusent de féminiser leur métier d’écrivain et de se faire appeler «autrice» ou «auteure». » J’ai eu la chance de pouvoir lire cet article du Figaro pourtant réservé aux abonnés. Je ne vois pas, effectivement, pourquoi une « femme qui écrit un livre » voudrait passer pour « autre chose » qu’une « personne qui écrit un livre », comme s’il devait y avoir une catégorie spécifique, un peu comme en sport, où, pourtant, on imagine les raisons…

Depuis que je tiens ce blog, j’ai beaucoup discuté avec des féministes, souvent devenues des bonnes amies, qui m’ont très souvent convaincu à de nombreux sujets (je me rappelle notamment d’une discussion avec Olympe au sujet du « plafond de verre », phénomène que je minimisais beaucoup… Et ne parle pas d’Elodie qui sait être convaincante à plein de sujets ni d’autres, moins militantes mais tout aussi convaincues). En revanche, voir des hommes – de potes – se prétendre militants féministes m’a toujours amusé. Je dois être un méchant réactionnaire, peut-être de gauche, mais avec de mauvaises fréquentations…

Par exemple, je ne concevrai pas que l’on puisse remplacer les jeunes filles blondes à l’accueil de l’immeuble ou de bosse par mecs ou même des grosses pétasses, même si ça serait probablement très amusant. Dans mes sources d’amusement, il y a la fameuse charge mentale qui me laisse pantois. Je suis sans doute idiot, mais je ne vois pas l’intérêt, par exemple, de repasser des draps lavés et séchés dans la journée avant de les remettre sur mon lit ! Autant vous dire que je ne vois pas l’intérêt de faire un lit avant d’aller se coucher alors qu’on va commencer par « défaire le lit » notamment s’il fait un peu chaud. Mon féminisme a vraiment des limites.

D’autres aspects m’énervent comme l’espèce de totalitarisme qui veut qu’on arrête de séparer les mômes entre celleux (si je puis me permettre) qui jouent au foot et celleux qui préfèrent la corde à sauter.

 


Cela ne m’empêche pas d’être un foutu égalitariste sur des tas d’aspects, notamment au niveau professionnel et salarial et cette manie qu’ont certains lascars de se regrouper pour s’assurer que c’est bien un des leurs qui deviendra le nouveau patron m’énerve au plus haut point et pas uniquement parce qu'il y a une inégalité mais aussi parce que c'est insupportable de voir des abrutis encravatés monopoliser des estrades.

Et je ne suis pas sûr que séparer les « auteurs » des « autrices » aille vraiment dans le bon sens.

J’ai néanmoins un côté pragmatique : par exemple, je ne vois pas ce qui pourrait faire que les employeurs ne préfèrent pas embaucher des hommes de trente ans dont la probabilité de tomber enceinte est assez faible, quoiqu’en dise le planning familial, plutôt que des femmes. C’est certainement immoral, certes, mais c’est humain.

Je vais le dire autrement : en politique, on essaie de pratiquer une espèce de parité imposée par la loi. Cela m’agace sérieusement car cette « mixité » devrait être naturelle. Mais, par pragmatisme, bis, je veux bien qu’on impose des choses pour faire bouger le monde. Il n’empêche qu’un parti politique obligé de présenter des femmes dans la moitié des circonscriptions pourra toujours leur réserver aux hommes celles présumées gagnables. C’est d’ailleurs ce que l’on voit sur le terrain ! La solution a peut-être été trouvée pour les élections départementales (ce sont des paires qui se présentent dans les cantons) mais, d’un point de vue opérationnel, c’est quand même insupportable d’avoir « un chef des hommes » et une « cheffe des femmes » ! Ca va contre tous les principes d’égalité, il me semble.

 


J’habite dans une banlieue rouge : la candidate ou le candidat issu de la gauche radicale est à peu près sûr d’être élu (ou élue, m’énervez pas). Ma député est Mathilde Panot. C’est une femme.

Notons que je veux bien dire « ma député » au lieu de « mon député » ce qui est une faiblesse de ma part, je le concède, mais il est hors de question que je dise « ma députée » en petite vertu d’une règle d’orthographe (rappelée par Google : « Les noms féminins terminés par té et tié ne prennent pas de E muet final, SAUF les SIX exceptions suivantes : la butée, la dictée, la jetée, la montée, la pâtée, la portée, ainsi que tous les noms qui indiquent une quantité ou un contenu : l'assiettée, la fourchetée, la brouettée, la charretée, la pelletée... »).

Je ne sais pas pourquoi Mme Panot a été désignée comme la candidate. Sans doute les militants locaux ont-ils pensé qu’elle était la plus apte pour faire le job (candidate puis député), ce qui est tout à leur honneur. Peu importe. Elle est « progressivement » devenue cheffesse du groupe LFI à l’Assemblée, probablement grâce à la parité.

 


Toujours est-il qu’elle a déclaré à propos d’Elisabeth Badinter : « Dire autant de bêtises en un temps aussi réduit, relève du talent. » C’est insupportable. Je ne parle pas du fait que comparer les capacités intellectuelles des deux femmes semble surréaliste : c’est la saucisse de Francfort qui se moque de celle de Morteau. Ma député tient son poste du combat mené par des générations de femmes qui se sont battues pour la cause…

Je ne vais pas rappeler ce qu’a dit Madame Badinter (et que, vous l’aurez saisi, je juge de bon sens mais je préfère l’avoir elle, comme référence, que Madame Rousseau). Je ne vais pas rappeler, non plus, tout ce qui a été dit à son sujet. Je vais quand même répété ce que j’ai écrit à propos des histoires récentes : il aurait fallu lâcher la grappe à Adrien Quatennens à partir du moment où il a démissionné de son poste de coordinateur de LFI (le reste est du ressort du privé et Jean-Luc Mélenchon a parfaitement eu raison de rappeler son affection, même si son message était mal foutu) et Sandrine Rousseau aurait dû saisir la justice quand elle a été avertie de ce qui touche Julien Bayou (je vous laisse quand même lire l’article de Libération rappelant le contexte mais il est réservé aux abonnés).

Je vais aussi rappeler ce que je disais à époque de « #metoo » : « Noble combat mais attention à la présomption d’innocence, bordel ! ». Cela ne m’empêche pas de penser, par exemple, que les propositions de LFI pour lutter contre les violences faites aux femmes en augmentant fortement les budgets pour leur permettre de parler, de chercher une protection… sont bonnes. Et de penser que la justice et la police feraient mieux de consacrer du temps à ce sujet qu’aux jeunes des banlieues qui vendent des cigarettes de contrebande à des laissés pour compte sans oseille. On ne mesure pas la souffrance au quotidien de ces milliers ou dizaines de milliers de femmes battues par des imbéciles qui ne méritent que le mépris avant de finir dans les bas-fonds de nos geôles républicaines.

 


Tu te demandes peut-être pourquoi je dégoise toutes ces âneries.

C’est simple, je n’aime pas ce néoféminisme limite woke et je pense que toutes ces bêtises sont nuisibles à la cause du féminisme, tout comme à la cause de la gauche, en général, ce que je dis souvent et depuis longtemps à différents sujets mais les scrutins finissent par me donner de plus en plus raison.

La France a une histoire et la cause des femmes avance progressivement, peut-être trop lentement, mais il faut laisser du temps au temps et ne pas tout balancer sur la table au cours d’une canicule et du mois qui a suivi, entre la virilité des mangeurs d’entrecôtes au barbecue et l’enterrement des icones du féminisme, le tout sur un fond de ce qui n’est qu’une succession de faits divers…

Emmanuel Macron a menacé de faire une dissolution (ce qui fait hurler ce qui disait, juste après les élections, qu’ils l’obligeraient à faire cette dissolution… mais le ridicule ne tue pas). S’il l’a fait, j’ai bien peur que la gauche ne s’en remette pas et qu’on se trouve une majorité présidentielle vaguement renforcé et une extrême droite épanouie, si on n’arrête pas de raconter des conneries.


N.B. : chercher "hôtesses d'accueil" dans Google Images (ce que je viens de faire pour illustrer ce billet) vous donnera la preuve du machisme ambiant (que je reprends à mon compte, of course).

30 septembre 2022

Et pourquoi pas enfiler une deuxième paire de chaussettes ?

 


Les recommandations des néoécologistes y compris gouvernementaux me font assez rire. On s’est bien amusé avec les propos de Le Maire sur les cols roulés (il est fort probable, d’ailleurs, qu’il plaisantait) et ceux de Le Gendre sur l’étendage du linge préférable au sèche-linge (on voit que ce gugusse ne sait pas qu’on n’a pas la place, en appartement). Je m’attends à entendre des lascars expliquer qu’il faut cuire les nouilles dans la bouilloire électrique ou tenter de nous persuader que, en hiver, quand il ne fait pas chaud, justement, on peut bien garder un slibard trois jours avant de le laver…

Je ne suis pas contre les conseils mais ils vont finir par exaspérer les braves gens, dont moi, évidemment. Dans la maison où je fais du télétravail, je suis obligé de travailler la fenêtre ouverte car mon bureau est plein sud et de mettre le chauffage dans une partie de la maison pour maintenir un 17 ou 18 dans la cuisine et le séjour… Le plus con est que j’oublie généralement de fermer les fenêtres en quittant le travail, à l’heure où le bistro m’appelle, et que je me les gèle le soir. En revanche, c’est un bonheur de ne jamais avoir à chauffer la partie « travail » en hiver et de pouvoir me réfugier dans le reste de la maison lors des canicules. J’y ai d’ailleurs installé un tirage de bière. Tout cela est bien personnel, évidemment, mais chacun aurait des anecdotes de ce type à raconter à moins d’habiter un appartement entièrement au nord qu’il faut chauffer dès que la température extérieure passe au-dessous de seize degrés sans compter toutes les configurations (par exemple, pour chauffer la salle de bain, j’ai un chauffage électrique séparé de tout le reste).

Je passe évidemment les bureaux, généralement surdimensionnés à cause du télétravail où la « température ressentie » varie d’un bout à l’autre mais avec des palanquées de techniciens de maintenance qui nous expliquent qu’on ne sait pas régler le chauffage et la ventilation… Des fois, on a envie de les étrangler.

 


Les mesures exaspèrent les gens tout d’abord parce qu’ils n’ont pas attendu des conseils pour ajouter des couvertures ou enfiler un pull, à défaut de la bonne. Je ne dis pas que les conseils sont inutiles : j’ignorais, par exemple, que le Wifi consommait autant. Et on met depuis longtemps un couvercle pour faire bouillir l’eau de cuisson non pas pour faire des économies mais parce que cela va bien plus vite. Et on tente toujours de faire fonctionner les appareils électriques en heures creuses (mais une machine à laver, en appartement, fait trop de bruit pour être utilisée de nuit).

Elles sont exaspérantes, également, parce que les mesures que l’on peut prendre individuellement sont dérisoires par rapport à celles qui sont du ressort des entreprises et de la collectivité. Certes, les petits ruisseaux forment les grandes rivières mais, tout de même, si ma commune éteignait un lampadaire sur deux après 22 heures, toutes les mesures individuelles deviendraient dérisoires (pour ne citer qu’un exemple). Et je passe un volet politique : les plus riches consomment plus… Attaquer les plus démunis n’est pas d’une grande finesse. En plus, on va entrer dans une période de fête : les villes vont être illuminées dans tous les sens (ce qui est heureux, évidemment).

Elles sont exaspérantes, aussi, car on a toujours bien vécu (ce qui n’empêche pas de changer), tout en limitant la consommation d’énergie pour des raisons budgétaires, et qu’on finit par avoir l’impression de sombrer dans le moyen-âge. Certes, l’interdiction de chauffer les terrasses des bistros est pleine de bon sens mais l’habitude de dîner avec des potes en simili plein air n’est pas désagréable.

Ainsi et enfin, elles sont exaspérantes car on a l’impression qu’une grosse régression nous tombe sur la gueule pour des raisons bizarres, une guerre éloignée, des centrales en maintenance, des fous qui piratent des gazoducs ou que sais-je. En d’autres termes, on nous impose des changements subitement alors que rien n’a changé, uniquement pour des motifs économiques et industriels (si au moins on parlait d’environnement…).

 


Et maintenant, cher lecteur, tu aurais envie de me dire de fermer ma gueule (ce qui est hors de question), de me rappeler que tous les Français ne sont pas des abrutis (ce que je veux bien concevoir mais je ne vais pas remplacer les halogènes de mon salon, à la mode quand j’ai acheté, par des leds) et, surtout, me demander ce que je préconise.

La réponse est claire : rien. Du moins, je ne sais pas.

Pour le long terme, j’ai bien des idées : renforcer le nucléaire et le renouvelable (sans dissocier les deux : j’imagine que, à terme, nos scientifiques auront trouvé mieux que le nucléaire et inventé des caleçons autonettoyants) et favoriser, disons, une maitrise de la consommation d’énergie. Pour le court terme, je suis sec. Je vais y revenir si je n’oublie pas.

 


Pour la maitrise, par contre, j’ai bien un avis sur le seul thème « restons prudents ». Par exemple, les évolutions des conditions de circulation, à Paris, sont aberrantes. Un piéton doit maintenant traverser des pistes cyclables pour prendre le bus, ces derniers ayant de moins en moins de voies dédiées. Toujours dans le domaine des transports, je suis très concerné par les transports publics ruraux (contrairement à un tas d’andouilles qui ont des avis) mais on m’expliquera comment développer des petites lignes ferrées pourrait être bénéfique à l’environnement. C’est bien un truc de militants mais il n’en reste pas moins que faire bouger un autorail de 15 tonnes est plus polluant que faire rouler un minibus qui, en outre, utilise des infrastructures partagées.

Pour ma part, j’ai du mal avec les voitures électriques : il faudrait une espèce de livre blanc. On nous explique que c’est l’avenir mais que l’autonomie n’est pas suffisante, qu’il n’y a pas assez de points de chargement, que la production et l’usage de batterie est très polluante. Chaque militant a ses arguments et on n’y comprend rien.

Enfin, je suis perplexe avec ce qui tourne autour de la rénovation des logements… C’est bien joli mais aider des propriétaires à améliorer leurs biens et à payer moins de charges ne me parait spécialement gauchiste.

 


Dans le moyen terme, on nous parle de taxer les superprofits mais j’ai un peu de mal, non pas avec l’idée de prendre le pognon où il se trouve mais avec les idées de la gauche, d’un référendum et tout ça. Il faut être sérieux. Il existe un impôt sur les bénéfices, il faut sans doute l’augmenter, tout comme sa progressivité, et il n’y a pas besoin de peigner la girafe. Surtout, il faut aligner les règles entre les pays, au moins au sein de l’UE (un accord vient d’être passé, à ce sujet, d’ailleurs).

Quand ces superprofits seront-ils redistribués ? Pourra-t-on toucher de l’oseille avant l’hiver.

En outre, taxer les compagnies pétrolières me parait de bon sens mais n’oublions pas que le prix des pleins d’essence est surtout composé de taxes. Le tout fait quand même un peu faux cul, non ?

 


Pour le court terme, disais-je, je suis sec. La première chose serait, évidemment, d’arrêter de nous prendre pour des abrutis, qu’on soit du gouvernement, je l’ai exposé en début de billet, ou de l’opposition mais je ne vais pas consacrer un billet de plus aux erreurs de la gauche.

Ainsi, il faut arrêter les propos irritants dont je parlais. De toute manière, si les efforts de ces communicants portaient des fruits, on n’économiserait pas 1% de la consommation, je suppose.

Cela n’empêche pas tout d’abord d’être pédagogue : comment en sommes-nous arrivés là ? Pourquoi les prix augmentent tant, notamment dans l’énergie électrique alors que, au fond, la production nucléaire ou renouvelable a des coûts relativement fixes ? Pourquoi vaut-il mieux, pour la collectivité, utiliser en priorité l’électricité dans les heures creuses ? Comment fonctionne le marché européen de l'électricité ? Pourquoi avons nous des difficultés alors que notre production est une des moins coûteuses ? Ensuite, certains conseils ne sont pas inutiles. Je le disais, j’ai été surpris de voir la consommation du wifi… On peut en trouver d’autres : par exemple, il vaut mieux faire son télétravail avec une température inférieure à 20 degrés quitte à mettre un pull aussi car les bouts des doigts qui s’agitent sur le clavier sont très sensibles à la chaleur… C’est un truc que j’ai appris avec les ergonomes du boulot qui nous montraient les bonnes pratiques du télétravail.



Le problème est éternel : quand on ne peut rien faire, autant ne rien faire vu que les violons supportent mal l’urine.  

Tourner en rond pour se donner l’impression d’être efficace est utile surtout pour les serveurs de bistro, pas pour les militants des réseaux sociaux.

28 septembre 2022

Meloni en souffrance


 

Le fascisme est aux portes du pouvoir en Ritalerie via l’arrivée d’une blondasse à laquelle on ne refuserait pas une gâterie et ces étrangers pourraient faire leurs élections en dehors de week-ends qui précèdent des journées de travail surchargées de ma part, m’empêchant d’avoir une réaction débile à chaud dans mon blog. Je vais donc avoir une réaction débile à froid et elle va évidemment concerner les politiciens bien de chez nous.

Tout d’abord, ils se demandent comment « on » en est arrivé là. Je ne fais pas partie des « on », je ne suis pas électeurs dans ce pays. En outre, pleine de vin, « on » est quand même assez habitués de voir, derrière les Alpes, des dirigeants qui ne nous plaisent pas. De toute manière, d’une part, ils ont des coalitions auxquelles on ne comprend rien – à côté de la précédente, la Nupes est d’une limpidité surréaliste – et, d’autre part, n’oublions pas que ces andouilles voisines votent bien pour qui ils veulent même si Mussolini sentait un peu mauvais, il faut bien le reconnaître.

 


La question évidemment posée est de savoir comment l’on pourrait éviter à l’extrême droite d’arriver au pouvoir chez nous. J’ai bien des idées mais je constate que chacun a ses propres idées qui se résument à « il faut que l’on continue à défendre notre projet ». Prenez LFI, par exemple (et pas par méchanceté mais ils ont le même programme, en gros, qu’en 2017) : défendre « l’AEC » ne les a pas empêchés de voir Marine Le Pen et ses joyeux lurons continuer sa progression. C’est donc la preuve absolue que « l’AEC » n’est pas de nature à faire reculer les nazis en culotte courte.

Son parti étant empêtré dans les gifles éparses, Mathilde Panot a publié dans les réseaux sociaux, pour tenter de redresser la barre, un message de type « Il nous faut maintenant combattre le Front National et la réforme des retraites de Macron. » Elle a bien raison mais un peu de subtilité ne nuit pas : toute action contre la réforme des retraites de Macron affaiblira, bien évidemment, sa majorité, mais, cette baisse, pourrait bien bénéficier à toutes les oppositions, y compris le Rassemblement national.

Le sujet de ce billet n’est pas la réforme des retraites mais je ne crois pas qu’il faille taper dessus en évoquant des motifs politiques ou en multipliant les manifestations. Il faut rappeler que c’est une ineptie de bosser plus longtemps alors qu’il y a du chômage, que les carrières longues et les métiers pénibles doivent faire l’objet de mesures spéciales et j’en passe. On en reparlera. Et n’oublions pas le motif avancé pour la réforme : il faut augmenter le volume des cotisations pour améliorer les petites retraites, ce qui, au fond, n’est pas spécialement débile.

 

Comme tout un chacun, j’ai des thèmes de prédilections. Par exemple, il me semble qu’il faut défendre la « République qui protège, nananère » et arrêter de lui chier dessus. Dans le paquet, il y a la laïcité et tout ce qui va avec mais que je vais résumer : il faut arrêter de gueuler quand un ministre veut expulser un imam néfaste. On peut se foutre de sa gueule quand il n’y arrive pas.

Et il y a l’Europe. Chacun en pense ce qu’il veut. J’aurais tendance à dire qu’on devrait museler la présidente de la Commission et lui rappeler qu’elle n’est qu’une fonctionnaire, certes de catégorie supérieure, mais que cela ne l’autorise pas à commenter les votes dans les différents pays. Cela étant, à force de chier sur l’Europe, on ne fait que favoriser les principaux partis antieuropéens qui ne sont pas spécialement des gauchistes.

 


Beaucoup de choses ont été écrites sur les raisons de la montée du FN par des gens bien plus doués que moi (mais fréquentant sans doute moins les bistros). Il faudrait ne pas les oublier. J’ajouterais que le départ en couilles des partis traditionnels explique en partie cette montée et que leur force passée était un bon rempart. Si la petite dame prend la tête de l’Italie, c’est parce qu’elle arrive à faire une coalition avec la vieille droite torpillée comme la nôtre.

 Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il faut sauver Ciotti et Wauquiez, hein…

 

Un dernier point : un vieux con critiquait mon dernier billet car je disais que je fréquentais TikTok. Il me prenait pour un gamin débile. Il n’empêche qu’en regardant des vidéos, j’en sais plus que beaucoup sur ce que disent Bardella et Le Pen aux jeunes de notre payse.

Commençons donc par arrêter de nous croire plus intelligents que les autres : si l’extrême droite monte, c’est aussi parce qu’on ne sait plus parler aux électeurs mais on est persuadés savoir le faire.

C’est con.