19 mars 2012

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Pour des raisons professionnelles, j'étais presque totalement off, aujourd'hui. J'ai donc appris la tuerie de Toulouse dans Twitter en allant déjeuner, sans trop comprendre ce dont il retournait. J'ai donc foncé sur News Republic puis j'ai zappé de sites d'information en sites d'information et j'ai réussi à me faire un schéma global dans mon crâne. L'horreur absolue venait d'avoir lieu.

Alors, j'ai informé mes collègues, pendant le repas : vous vous rendez compte, patati, patata,...

Aucun n'a réagi. Comme s'ils ne me croyaient pas, comme si twitter n'était pas fiable, comme si je ne pouvais qu'inventer,...

Il n'y a qu'à l'aéroport, alors que nous attendions l'embarquement pour le vol de retour, que l'un d'eux a sorti son iPad (j'avais découvert que le Wifi était libre) et a confirmé l'information.

Il a commencé à s'intéresser au sujet. Mon autre collègue ne nous "croyait" tout simplement pas, comme si le sujet n'avait aucune importance, comme si elle allait le découvrir en regardant le journal de 20 heures (elle l'a probablement loupé, je suis arrivé "chez moi", à la Comète, à 20h10), donc comme si elle allait le découvrir en écoutant la radio, demain, ou en lisant le Parisien...

Ainsi, tout ce que j'ai pu dire, tout ce que mon collègue avec un iPad a pu dire, lui est passé entre les oreilles.

Et au bureau demain, cette atrocité sera en tête des sujets de discussion, avec 24 heures de retard.

C'est étrange.

11 commentaires:

  1. Voilà, hélas, je le crains, le point de basculement de cette campagne...

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  2. Voilà, hélas, je le crains, le point de basculement de cette campagne...

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  3. Mais arrêtez donc de faire semblant d'être horrifié ! C'est "juste" normal. quel que soit le coupable, il est le pur produit du monde que vous souhaitez voir advenir…

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    1. Didier, je crois vous prenez le problème à l'envers...

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  4. Pardon ?
    "Le pur produit du monde que vous souhaitez voir advenir"?
    Personne, à part les sales cons, ne souhaite voir advenir un monde qui produirait cette ignominie.(mais j'ai peut-être mal compris la tournure de la phrase)

    ça n'a peut-être rien à voir, mais par une étrangeté de la vie, je suis tombé aujourd'hui sur une BD que j'avais adoré (et que je possédais avant de la refiler à une copine qui ne me l'a jamais rendu, d'ailleurs).
    Un collector.
    A l'époque (fin des années 80), le dessinateur Vuillemin et Gourio sortirent une espèce d'horrible truc de 100 pages subtilement baptisé Hitler = SS.
    (Choron était dans le coup, forcément)

    Evidemment, ça m'a fait pisser de rire, pourtant il fut vite retiré de la circulation (à peine Mille exemplaires) because l'humour dans un camp de concentration, ce fut jugé très moyen par un bon nombre d'associations.
    C'était de nature humaine et de son indécrottable crétinerie dont il était question, et c'est de là que venait le rire, de cette veulerie, de cette pitoyable lâcheté (contrastant absolument avec la réalité de l'horreur, rendant absurde, à l'avance, toute utilisation malsaine qui aurait pu en être faite).

    Et malgré le paysage extrêmement douteux où se passaient les scènes (camps), pas une fois il n'était spécifiquement question de race, à part pour s'en foutre royalement, car l'on voit bien que d'une race à l'autre ça ne change rien. Il n'y a que de la place où tu te trouves, dominante ou non, ou tu subis où écrabouilles ton prochain.

    J'étais ado, je n'avais aucun recul à l'époque, mais j'avais lu des tas de livres sur les camps et la barbarie nazie, mais je me dis qu'il n'y avait aucun danger, dans cette BD, sinon, et au contraire, d'évoquer l'horreur et d'en parler, par un moyen détourné. Et puis finalement, d'arriver A EN RIRE, quand même.

    Si raconter des conneries et transformer les horreurs en histoires et en affabulations, pouvait au moins servir à cautériser les plaies et autres douleurs en faisant rire, déjà ça servirait à quelque chose.

    A cette époque, les conneries de Vuillemin furent censurées, à mon grand désarroi, peut-être parce que le gros Le Pen montait faisant flipper tout le monde.

    Mais désormais, voir cette ignominie ânonnée en boucle par des cruches sur toutes les antennes, mâchonnant des faits sans la moindre recherche de réflexion, d'explication, je me dis parfois qu'on s'enfonce dans une autre sorte de barbarie, parfois, et mine de rien.

    Mais évidemment, mon blabla ne retire évidemment rien à l'horreur du massacre de ce matin.

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  5. C'est plutôt une bonne chose que les gens ressentent le besoin d'une source d'information qui aura pris le temps de vérifier et recouper l'info. Twiter a vite fait de propager des rumeurs. L'info d'hier ne sera pas moins atroce aujourd'hui.

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    1. Oui, mais en plus de Twitter, j'avais la presse en ligne.

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    2. Mouai, je ne suis pas persuadé que les sites d’actualité en ligne fassent mieux que twiter dans ces cas là. lemonde.fr avait ouvert un fil en direct avant 10 heure le matin. Ils n'ont quand même pas beaucoup de recul quand ils donnent les infos et ça se sent (beaucoup de conditionnel).

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  6. Je me demande cependant si ce "déni" ne correspond pas à une phase de sidération, quand l'évènement est particulièrement violent ...
    Mais c'est peut-être aussi quelqu'un qui ne croit que TF1 ! ...
    Bonne journée

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    1. Non, je crois que c'est juste qu'il faut que l'information passe par un canal "officiel".

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