23 avril 2021

2022 : la gauche peut-elle encore gagner ?


Comme c’est mon anniversaire, je vais être sympathique et répondre à la question que beaucoup se posent encore gauche « la gauche a-t-elle encore une chance de gagner ? » On ne pas se demander quelle gauche, n’est-ce pas ?, il y en a trop et, en plus, chaque type qui se prétend à gauche estime que ceux qui ne sont pas totalement d’accord avec eux sont à droite.

Je vois passer des tribunes, des appels et autres pétitions visant à l’unité de la gauche en vue d’une victoire : il faut un programme commun, un candidat unique et que sais-je… Etant parfois de bonne humeur, je vais jusqu’à en signer mais tout cela serait amusant si je ne pensais pas sincères les gens, voire les copains, qui sont derrière ! Beaucoup veulent l’union derrière leurs idées, leurs chefs… et personne n’est prêt à la moindre concession.

Même moi, je veux bien voter pour un candidat LFI mais à condition qu’il ne soit pas LFI, c’est vous dire…

Par ailleurs, la gauche va mal (on n’est pas au « jeu de la vérité », non plus, ne nous cachons rien) et cela met un coup au moral des bons vieux militants qui veulent absolument s’en sortir au plus vite sans relativiser par des généralités du genre : Hollande a fait le con, les frondeurs ont fait les cons, depuis 2017, la gauche fait la conne… Du coup, les cons, ils se rattrapent à des branches. J’en lisais un qui m’expliquait, hier, dans Twitter qui disait que le plus important pour les électeurs susceptibles de voter à gauche était « la planification écologique ».

Je précise pour les andouilles qu’il ne s’agit pas de faire un planning dans des conditions nécessaires au maintien de l’environnement, du genre : il était interdit de faire un planning dans un bureau climatisé sur du papier non renouvelable. Pourtant, littéralement… Il ne s’agit pas non plus, de savoir quand on pourra polluer. Comme : « on pourra tondre la pelouse dimanche matin parce que les entreprises seront fermées. » Si j’ai bien compris, il s’agit de réfléchir à long terme. Par exemple, dans 8 ans, à 7h43, on pourra éteindre la lumière.


Inutile de dire à quel point les électeurs n’en ont rien à cirer. Alors disons-le franchement : la victoire de la gauche ne passera pas par l’écologie. Par exemple, moi, je suis dans le camp du bien. La terre frise les 10 milliards d’habitants. S’il faut des OGM pour les nourrir, utilisons des OGM. On ne sait pas ce que c’est même si on devine que les scientifiques spécialistes ont du poil qui sort des narines. C’est aussi bien d’utiliser des machins louches que de laisser crever des gens de faim. Effectivement, si on pouvait éviter les deux.

Prenons un exemple sérieux : le nucléaire. On sait que c’est dangereux, qu’on peut avoir des explosions qui détruiront la moitié de la planète mais disons-nous bien que l’ombre « projetée » par les espèces de cheminées pour être propice à la récolte du muguet. Par contre, expliquons à un électeur qu’il risque de manquer l’électricité huit jours par an si on ne construit pas des centrales thermiques très polluantes ou à un ouvrier du nucléaire qu’il risque de perdre son job, il ira voter ailleurs. Les militants ont sans doute raison : il faut éviter le nucléaire. Mais si on pouvait éviter de continuer à se prendre des vestes aux élections, on pourrait peut-être favoriser une politique sociale réduisant les inégalités et le coût de la bière.

L’écologie étant balayée au niveau de la communication (pas des pratiques, hein, continuons à polluer avec de l’électricité plutôt qu’avec du pétrole), un autre terme est à aborder et concerne le sujet qui a fait le plus de bruit dans ce blog dans l’année écoulée : la relation à laïcité, à la République et toutes les conneries qui vont autour.

Déjà, près de la moitié des électeurs sont des hommes blancs. Ils savent faire la part des choses mais évitons de les prendre pour des lapins de six semaines. Evitons surtout tous les débats d’intellectuels de bas étage qui visent à faire croire que le port de voile est bon pour l’émancipation des grosses connes. C’est faux. Evitons de penser que les électeurs de gauche ne sont pas effrayés par certaines évolutions de la société, voire de la démographie. Arrêtons de dire que s’ils ne sentent pas en sécurité, physique ou culturelle, c’est uniquement parce que leur bêtise dépasse l’entendement.  Cessons immédiatement d’expliquer que la laïcité étant subitement défendue par le Front National, c’est le mal. Claironnons que c’est une valeur de gauche de même que la République et d’indivisibilité de cette dernière !

Quand on pourra affirmer qu’on aura les couilles et les ovaires clair.e.s, ça ira mieux !

 


La gauche a-t-elle encore une chance de gagner ?

La réponse est totalement négative si on se base sur les travaux des partis et des militants actuellement en cours. Excusez mon indélicatesse mais si on pouvait arrêter dès maintenant d’en parler, on pourrait passer plus de temps à regarder des séries sur Netflix.

Qu’est-ce la gauche ? « Entre la droite et la gauche, il y a la différence qu'il y a entre ce qu'on dit de moi et ce que je dis de moi. L'homme de droite, en général, est dit de droite.  On le parle. On l'accuse. On le définit. Être de droite, c'est être dans une attitude passive, une situation de défini. Masochisme. L'homme de gauche, en revanche, se dit de gauche. C'est de lui-même que vient sa propre définition. Quand il le dit, il manifeste en même temps une immense satisfaction de son être. Il faut entendre ce qu'il dit de lui-même comme un soupir de satisfaction. »

Ouf ! Je suis dans le camp du bien : à gauche. Mes copains de droite n’osent pas dire qu’ils sont dans le camp du mal. A la limite, on sait ce qu’est la gauche, on ne sait pas ce qu’est la droite. C’est con. A droite, ils pensent être dans le camp du bien. Surtout les minorités. A gauche, on est égaux donc on n’a pas de minorité. Pendant que, à droite, ils vont à la messe, à gauche, on va distribuer des tracts sur les marchés pour expliquer qu’on est dans le camp du bien. A la fin, tout le monde se retrouve au bistro et on est embarqués par la police pour ébriété sur la voie publique. C’est malin.

 

La gauche a-t-elle encore une chance de gagner ?

On l’a vu : si on se base sur les idées et les projets c’est raté. C’est con. A gauche, on a toujours voulu faire le bonheur des gens mais on ne leur demande pas leur avis. Ils votent parfois pour nous mais c’est pour éviter certains cons de droite qui arrivent à être plus cons que les cons de gauche.

On ne peut donc plus se baser que sur les personnes mais, on le voit au cours des sondages, la gauche est systématiquement donnée perdante face à la droite, quel que soit le candidat. Je propose de faire un sondage de deuxième tour entre Mélenchon et Asselineau. Le premier gagnerait et les militants LFI seraient aux anges mais ça ne nous occuperait qu’une dizaine de minutes. Ainsi Mélenchon se maintient mais personne ne l’imagine gagner, Jadot et Hidalgo sont au fraises (d’Espagne pour la seconde), Montebourg a jeté l’éponge. Les prétendants actuels sont dans les choux et le camp du bien peut se mettre sa victoire sur une oreille pour la fumer plus tard.

 


Ce qu’il faudrait, pour avoir une chance de gagner, c’est au minimum une autre personne qui arrive à se débarrasser des projets actuels et qui emporte la confiance d’une majorité des Français, un tantinet au centre gauche pour rester dans le camp du bien tout en n’effrayant pas la droite, assez républicain pour la même raison les mêmes raisons.

Une personne neuve mais connue du public pour ne pas avoir de retard ou des problème de visibilité, de légitimité…

Vous avez deux heures.

Et encore faut-il que ces crétins de gauche ne tapent pas sur l'heureux élu qui fera de l'ombre à leurs poulains.

22 commentaires:

  1. Être dans le camp du Bien et citer Philippe Muray, ça fait quand même désordre ! Lui qui a écrit un livre intitulé L'Empire du Bien tout exprès pour se payer votre fiole…

    RépondreSupprimer
  2. L'avenir de l'écologie politique ne passe pas non plus par la gauche.

    Quant à Cazeneuve, je continue de penser - à tort ou à raison - qu'il a le charisme d'un valet de chambre. Et son côté 3e République ne le montre pas à son avantage. A la fois, ce sont les vieux qui votent, y compris chez les dangereux gauchistes.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui mais c'est la seule chance (à moins de sortir un vieux cheval mais il n'en reste plus trop). Et on se fout du charisme. Hollande a bien réussi à gagner alors que personne ne le voyait un an à l'avance.

      Supprimer
    2. Bonjour Denis et Nicolas,

      C'est ce que je disais. A droite nous avons ce même luxe. Des "si c'est lui ou elle je vote pas ou je vote Le Pen"... A croire que nous avons encore le luxe de se diviser.

      Le Pen et Macron se marrent : ils sont seuls...

      Supprimer
    3. Oui, ils n'ont pas beaucoup d'inquiétude à se faire.

      Supprimer
  3. Débrouillez-vous, chers campeurs du Bien, pour que votre candidat-de-gauche arrive au second tour. Car alors la Le Pen aurait toutes les chances de l'emporter… et c'est là qu'on commencerait à vraiment rigoler.

    RépondreSupprimer
  4. Billet intéressant

    L'électeur de droite que je suis et qui votera probablement pour la candidate de gauche aux élections de mon canton pense que vos deux gauches irréconciliables sont une bénédiction pour Macron. Aujourd'hui, il y a une gauche qui fait plus peur que ne le fait Le Pen.

    Exemple en Ile de France. La liste Pulvar et les thèmes et thèses qu'elle défend sont délirantes. Cherchez le vote des amis d'Assafa Traoré c'est électoralement un risque.
    Je pense que tu as bien ciblé les soucis.

    Sur les poulains des autres, à droite on a les mêmes... Macron est mort de rire : il est seul. Et nous on a le luxe de dire "je veux bien lui mais pas lui sinon je vote FN". Autant dire chez nous aussi c'est mort.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Ton commentaire était dans les tuyaux, désolés !

      Que l'on vote à l'opposé de son camp dans une élection très locale n'est pas très grave... Mais ayons une pensée émue pour les électeurs de gauche d'Ile de France qui n'iront pas voter ou qui, s'ils le font, mettront un bulletin Pécresse pour éviter les autres cinglés. D'autant que la gauche était très bien en IdF avant Pécresse (je n'ai pas d'avis sur son bilan, je ne compare pas).

      Supprimer
  5. "le port de voile est bon pour l’émancipation des grosses connes" Attention, tu deviens grosso-islamo-conassophobe !

    RépondreSupprimer
  6. Bon bah on est d’accord hein.
    Ça s’arrose. Vivement ce soir !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne comprendrai jamais, je crois, le plaisir que vous pouvez éprouver, les uns et les autres, à boire comme ça…

      Supprimer
    2. Ah mais il n'y a aucun plaisir ! On se force !

      Supprimer
  7. Je suis d'accord, à la dernière photo près, pour laquelle je préférerais quand même un bon libéral de gauche. Ça doit se trouver sur

    RépondreSupprimer
  8. on a toujours voulu faire le bonheur des gens mais on ne leur demande pas leur avis. Très juste, et c'est pire encore : les militants pensent à la place des autres.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Les militants pensent ? Mais depuis quand, grands dieux ?

      On ne me dit jamais rien, à moi…

      Supprimer
    2. Ils pensent leurs plaies. Exemple : ils pensent Mélenchon.

      Supprimer
  9. Vous nous dites que les gens de droite ne disent jamais d'eux même qu'ils sont dans le camp du mal. C'est souvent vrai mais pas toujours. Prenons l'exemple de Dominique de Roux qui a force d'être traité de fasciste de presentait comme "Dominique de Roux, fasciste, déjà pendu à Nuremberg".
    En vous lisant, je comprends mieux les difficultés du militant de gauche, mais ne croyez pas que l'herbe soit plus verte chez nous. Les candidats véritablement conservateurs, réactionnaires et suffisamment charismatiques pour emporter le suffrage des ronchons (caractéristique essentielle d'une personne de droite) ne sont pas légion non plus...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Courage (et je ne fais qu'interpréter les propos de Murray, vil réactionnaire).

      Supprimer

La modération des commentaires est activée. Je publie ceux que je veux. On ne va pas reprocher à un journal de ne pas publier tous les courriers des lecteurs...