Dans son
billet d’hier, l’amie Juliette « s’amusait » du côté fallacieux
de certains arguments en matière de politique (vous pouvez la lire, je ne suis
pas son porte-parole). Elle illustrait ses propos avec des éléments suite à la
mort de Quentin. Il est vrai que dire, en défense de LFI : « arrêtez
de nous les brouter avec nos morts, l’extrême droite tue plus que nous »,
n’est pas très fin.
En revanche, il faut se poser ! Ce n’est pas LFI qui a tué
quelqu’un mais, potentiellement, des relations douteuses d’un député du même
métal. Je dis bien « potentiellement » parce qu’à l’époque où les
accusations ont été lancées, on ne savait strictement rien. Il va nous falloir
attendre la fin de l’enquête mais il faut tout de même admettre que le scénario
le plus probable est que les dames de Némésis sont venues exciter les zozos d’extrême
gauche en espérant de la castagne avec leurs propres nervis, des zozos d’extrême
droite.
Cela n’excuse évidemment pas un mort et je ne suis pas sûr
de connaitre formellement les causes du décès. On nous a parlé d’un acharnement
sur un homme à terre mais aussi de cet homme qui s’est relevé et a refuser d’aller
à l’hosto. Honnêtement, je ne sais pas. Ca me gonfle de lire la presse à ce
sujet car, aussi bien, une heure après, on aura une autre version…
Reprenons les faits.
Petit 1 : il y a une dizaine de jours, le ministère de
l’intérieur a classé LFI dans les partis d’extrême-gauche. A mon avis, c’est
une double erreur. D’une part, le programme de LFI n’est pas plus à gauche que
des programmes du PS qui ont, par le passé, permis la victoire de son poulain
(rappelez-vous Hollande qui voulait taxer les hauts revenus à 75% !). D’autre
part, LFI veut la révolution par les urnes, pas par la violence. Ne me faites
pas dire ce que je n’ai pas dit : vous pouvez relire ce blog, depuis deux
ans, les trois quarts des billets sont là pour dénoncer le comportement ou le
positionnement de LFI.
Petit 2 : il y a une conférence de Rima Hassan dans une
université à Lyon. Je le déplore complètement mais ce n’est pas le sujet de mon
billet.
Petit 3 : il y a, un peu à côté, ce « gars »
qui meurent sous les coups d’abrutis « d’une milice proche de LFI ».
Petit 4 : il y a des élus de droite, dans le poste, qui
explique que l’extrême gauche tue.
A ce stade, on a pu dire « attention, l’ED tue huit à
dix fois plus que l’EG ». On pourra admettre que cette formulation est maladroite.
Je reformule : « hé dis donc mes canards, vous auriez pu mettre plus
d’entrain à ronchonner lorsque des types ont été tués par l’extrême droite plutôt
de réagir en meute, maintenant, alors que LFI vient d’être classé « officiellement »
à l’EG ! »
Petit 5 : ces mêmes élus de droite ont immédiatement
enchaîné avec « il faut que les socialistes se désolidarisent complètement
de LFI ».
Petit 6 : des élus de gauche ont dit « il faut qu’on
se désolidarise d’LFI ».
Petit 7 (vous avez peut-être loupé une étape) : mes
copains de ce que j’appelle (affectueusement) « la gauche républicaine et
laïcarde » ont commencé à crier « si les socialos ne se désolidarisent
pas immédiatement, ce sont des traitres, des collabos et en plus ils puent de
la gueule ».
Je rappelle que j’ai fait partie du Printemps Républicain »
dont je suis parti quand ils sont devenus une formation politique proche de
Macron. A ce sujet, j’ai eu un éclat de rire quand j’ai vu hier, dans Facebook,
que « Amine » qui en était le président à l’époque annonçait sa
présence sur les listes de Rachida Dati pour les municipales. Je crois que je n’ai
pas trop de leçon à recevoir en « traitrise » !
Nous en sommes à un point où le Rassemblement National a été
dédiabolisé officiellement par la droite (puisque le front républicain a migré)
et LFI diabolisé ! Nous avons des élections dans un mois et tout est fait
pourque les partis de droite puissent aller chercher des sourires des
dirigeants RN pour récupérer des électeurs (au second tour) mais que les
socialos ne peuvent plus aller chercher des bulletins « sur leur gauche ».
C’est fort ! On assiste à une grandiose manipulation
politique qui vise, au minimum, à torpiller la gauche pour les municipales.
Suite à la manifestation, à Lyon, la famille de Quentin a appelé à cesser les
récupérations, notamment à droite, à cause des saluts nazis et des slogans
racistes. Côté récupération, ils étaient loin du compte.
Et je n’ai fait que citer des faits.
Petits 8 et 9 (j’accélère) : le PS se sentant coincé a
fait un communiqué (que je n’ai pas lu) pour dire que des accords locaux
pouvaient être possibles à nos conditions. Mélenchon a rétorqué (j’ai lu sa
publication FB mais pas le communiqué) : « z’êtes gonflés, ce sont
nos conditions qui s’appliqueront ! »
Il va falloir que les différentes composantes de la gauche
clarifient tout cela et enterrent leurs propres fantômes… Je propose un accord :
Petit a : on ne fait plus d’accords nationaux pour ce
qui concerne le programme et les candidats.
Petit b : on maintient ce qui a toujours été fait,
depuis la nuit des temps, à savoir des accords de second tour, des désistements
républicains. En d’autres termes, celui (le candidat ou la liste) qui arrive
second parmi les listes de gauche à un scrutin doit se désister pour l’autre si
cela est nécessaire pour empêcher un second tour qu’il juge mauvais. Le cas
échéant, ils pourront discuter pour étudier l’opportunité de fusionner les listes.
Petit c : on se calme ! On n’oublie
pas que c’est le RN qui vient d’un parti qui a été créé par des Waffen SS et contre
lequel le « front républicain » a été imaginé, il y a environ 25 ans.
Dans l’histoire de l’Europe, ce sont bien des partis politiques de l’ED qui ont
toujours refusé de rendre le pouvoir par les urnes. Le danger est bien là. On n’oublie
pas que ce front républicain avait été mis en place pour permettre l’élection
haut la main d’une personnalité de droite qui, par ailleurs, aimait la bière et
les pommes. Il doit maintenant se retourner dans sa tombe (d'autant qu'il y a assez peu de bruit et d'odeurs).
Petit d : je continue à dire du mal de LFI et de
Mélenchon dans mon blog. Par exemple, Méluche a refusé de se désolidariser de
la Jeune Garde alors qu’il rappelait, moins d’une semaine avant, que cette
formation n’existait pas car elle avait été dissoute.
A ce niveau de folie…
Très bien dit : on se calme. Dans bluesky j'ai posté un message simple : on n'a pas reproché aux LR des choses par ce qu'un de leur sénateur était un violeur (avec drogue). Donc là tant qu'aucun fait ne prouve autre chose , rien à dire de plus sur la responsabilité de la LFI. La LFI est déjà assez pourrie pour la critiquer sur d'autres points. Et notamment sa culture de la violence, et idée de résistance populaire.
RépondreSupprimerTon petit b va être vu à Paris avec ce mode de scrutin particulier : on vote pour des listes qui proposeront un maire/un mairesse (et idem dans les arrondissements). J'hésite à voter pour le pénible socialiste (en me pinçant un peu le nez) ou l'andouille renaissance qui vient de dire qu'il ne s'allierai avec personne au 2nd tour : ni Dati, ni Grégoire.Ce qui va surement énerver encore plus Dati. Et dans mon arrondissement, ça sera contre la LFI.
Oui, il faut se focaliser sur les erreurs de LFI pas sur les "machin est copain avec machin qui aurait fait partie de agresseurs qui auraient tué un gars".
SupprimerA Bicêtre, c'est un peu pareil : on a besoin des voix qui auront choisi la liste soutenue par LFI.
Il y a beaucoup de sujets pertinents abordés dans ce billet, sur certains je suis d'accord, et sur d'autres j'ai un avis diamétralement différent, carrément à 180°C! Comme je vais aborder la plupart d'entre eux dans mes billets suivants, dont l'un est en cours d'écriture, je ne vais pas te répondre ici, cela ferait double emploi.
RépondreSupprimerPoints de convergence et choses importantes sur les quels je veux réagir:
- Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il y a beaucoup de choses que tu ne peux pas sacquer chez LFI, tu l'as dénoncé à plusieurs reprises. Je suis parfaitement consciente de çà.
- Dans ce billet, il y a désormais par rapport à la manière dont tu as récemment défendu ton point de vue sur la "comparaison des morts dans chaque camp" chez moi, une nuance évidente dans la façon dont tu reformules tes propos, tant dans la forme que le fond. Cela rend ta position nettement plus claire, lui enlève un côté que j'avais trouvé manichéen, et n'est donc désormais plus un raisonnement dont je questionne la logique.
Suite au prochain numéro :o)
Désolé pour le temps mis à répondre mais j'ai parfois des périodes sans accès à un PC (tous les dix jours, en gros, quand je migre entre la Bretagne et Paris : arrivée à destination, je ne me précipite pas pour sortir l'ordi de la valise...).
SupprimerJe ne vais répondre que sur ton dernier paragraphe, ma position sur la comparaison des nombres de morts. Même si je crois que tu as compris ma position, je vais préciser car je ne peux pas nier ce que j'ai écrit à savoir qu'il ne fallait pas nous faire chier avec le nombre de morts ce qui était odieux, je le conçois. Mais ma pensée est vraiment celle que j'ai expliquée par la suite : c'était mal venu d'attaquer la gauche radicale alors que la droite ne dit jamais rien quand il y a des tués par l'ED (ce qui est tout de même généralement le cas pour les crimes racistes).
Je vais en rajouter (j'ai beaucoup pensé à tout ça, depuis hier, car je prépare un billet pour aujourd'hui). La droite critique beaucoup d'EG (ou la GR, si je puis me permettre) pour ses relations avec la Jeune Garde (ou d'autres groupes de tarés) mais on l'a vu à la manif de Lyon : il y a tout de même un bon lot de tarés dans les manifs ED (les tatouages de croix gammées, les insultes racistes ou homophobes). Ainsi, chacun devrait mettre de l'eau dans son vin et on ne s'en sortira jamais (et on ne s'en sortira jamais avec des préambules de types : "on ne devrait jamais mourir pour une idée politique" ou "c'est encore un mort de trop". Ce sont généralement ce qu'on sort avant de balancer des saloperies sur le camp d'en face.
C'est ce que j'appelle, peut-être à tort vu qu'on me l'a reproché, un "besoin d'objectivité". Ainsi, dans mon blog, où je crois faire passer des idées de gauche mais aussi des idées républicaines (donc à l'opposée de LFI) tout en hésitant pas à faire l'avocat du diable... c'est à dire en essayant de montrer que je comprends les opinions d'autrui. D'ailleurs mon blog a très longtemps été fréquenté plus par des réactionnaires que des gauchistes. Et mes 18 ou 19 ans d'amitié avec FalconHill sont là pour prouver une certaine compréhension mutuelle.
Pas de souci, je ne passe pas ma vie devant mon écran moi-même, et réponds souvent à des commentaires des heures après voire le lendemain.
SupprimerLes néo-nazis tatoués à certaines manifs de droite, j’ai évoqué ce sujet dans mon billet sur les sophismes et paralogismes, donc je ne reviendrai pas dessus ici.
Mais justement, je vais abandonner momentanément et sciemment ma casquette de chasseuse d’erreurs de logique pour répondre à un point de ton billet. Je pensais l’adresser dans celui que j’écris actuellement, mais il deviendrait trop long, donc j’argumente ici.
Il faut faire attention quand on rappelle (avec justesse certes) les origines dégueu du FN (anciens de la Waffen-SS) et l’Histoire montrant la trace sanglante souvent laissée par l’extrême-droite (vrai). On pourrait se voir remettre sur le nez les Killings Fields (Champs de la Mort) des Khmers Rouges, l’Holodomor (génocide des Ukrainiens par la faim) orchestrée par Staline, les purges sanglantes et la répression marque de fabrique dudit Staline, la chasse aux intellectuels sanglante de Mao Tsé Toung, les épurations menées par le boucher Trotsky et j’en passe.
Je pourrais aussi citer l’Humanité qui a souhaité la bienvenue à Paris aux armées nazies au nom de l’amitié entre les peuples, et ce même journal qui a pleuré en première page la mort du « Grand Staline » alors que ses exactions étaient connues (sources fiables disponibles si on me les demande). Ou plus récemment ceux (nombreux) qui à gauche ont applaudi l’arrivée au pouvoir du meurtrier théocrate Khomenei en Iran. Ils en ont encore les mains meurtries, les pauvres !
Toutes ces réalités déplaisantes ont régulièrement été poussées sous le tapis par beaucoup, voire fait l’objet d’un narratif alternatif, chose qui a un nom : le révisionnisme !
Et des artistes et intellectuels comme Aragon, Yves Montand ou Jean Ferrat, des communistes dans la période d’après guerre, se sont fait ostraciser par le Parti quand ils ont dénonçé ces horreurs. Méthode totalitaire, quand tu nous tiens !
Ah, si tout le monde balayait devant sa porte, comme le monde serait propre, hein :- ;
Je répondrai au sujet de l’indignation sélective face à la violence politique dans un autre commentaire.
Quand je compare l'ED et l'EG, je prends soin de bien limiter mes comparaisons à notre Europe Occidentale. Par exemple, on a eu les nazis et les fachos, il a fallu les virer par les armes, ce n'est jamais arrivé avec l'EG. Et je n'ai pas oublié les communications foireuses de nos cocos locaux.
SupprimerJe vais chipoter comme la scientifique que je suis, mais si tu poses un raisonnement, il faut en définir le cadre dans le temps et l'espace (ici une zone géographique) sans ambiguïté. Je ne dis pas çà en donneuse de leçons qui vient te dire quoi faire sur ton propre blog, je ne me permettrais pas. Je dis çà pour que le débat soit clair.
SupprimerL'EG n'a jamais dû être virée par la force des armes en Europe occidentale? Es-tu sérieux, MDR? Les Rouges Finlandais, juste après la Seconde Guerre Mondiale. La République Soviétique des Conseils de Bavière, également après la Seconde GM. Figure toi que le problème des ED et EG au XXème siècle est un sujet qui me passionne. J'arrêterai là ce "réquisitoire" (amical), car tu m'as dit un jour que tu estimais que tes commentateurs devaient avoir l'élégance de te laisser le dernier mot chez toi. Voilou voilà.
Oui, on peut trouver des exceptions. Le machin de Bavière ça fait plus de 100 ans et ça n'a pas duré longtemps.
SupprimerPareil pour les rouges finlandais mais moins longtemps encore et c'était après la première GM (je dis ça grâce à Google pas grâce à ma culture, hein !)
Oups désolée, oui, ces évènements on eu lieu en 1918-1919. Voilà ce qui se passe quand je ne me relis pas!
SupprimerDeuxième partie de ma réponse à ta réponse. Désolée, j'aurais pu faire un billet de tous mes arguments, mais si je fais çà à chaque fois que nous discutons, je ne terminerai jamais ce que je suis en train d'écrire de mon côté, MDR!
RépondreSupprimerAu sujet de la complaisance de la droite vis-à-vis de la violence d’extrême-droite, chose que tu dénonces. Je ne suis pas sûre qu’on aie vu le même film…ou tout au moins on a vu le même film, mais n’en avons pas tiré les mêmes observations. Je ne parlerai pas ici du RN, qui pratique souvent le même art de l’esquive sélective que l’extrême-gauche.
La mort de Clément Méric a été dénoncée de façon claire par la droite républicaine comme meurtre d’ED par des gens comme Copé et Fillon. L’affaire Thomas Perotto à Crépol, violemment dénoncée par Eric Ciotti, alors président du groupe LR à l’AN. Le meurtre de Federico Aramburu par un ancien du GUD, dénoncé sans ambiguïté par Gerald Darmanin comme crime d’ED. Meurtre à la mosquée de Bayonne qualifié de terrorisme d’ED sur base raciste par Estrosi et Philippe. Dissolution du groupuscule néo-nazi Lyon Populaire, exactement en même temps que la Jeune Garde. Merci Google de m’avoir rappelé qui a dit quoi au moment de ces meurtres.
Tu vois Nicolas, on peut jouer longtemps à tirer la couverture à soi de chaque côté de l’échiquier politique. La vérité est que personne n’en ressortira avec une belle robe de pureté.
Ceci étant, tu n’a pas à te justifier et à amener des preuves que tu n'est pas extrémiste en parlant de notre copain commun Falconhill comme caution de droite. Pas plus que je n’aie à sortir comme totem de bonne foi républicaine les blogueurs de gauche que je lis et où je commente, alors que je penche clairement à droite (et ce depuis les années 90) sous ce qui reste de mes oripeaux macronistes. Seul un crétin fini pourrait nous traiter d’ultras :o)
Je ne vois pas Falconhill comme caution de droite ! Mais ça fait 18 ans qu'on affiche des désaccords dans nos blogs car nous n'avons pas la fâcherie dans nos habitudes. J'avais un copain blogueur réac (Didier Goux) et on me l'a souvent reproché ce qui nous empêchait pas d'être copains comme cochons et amis dans la vraie vie...
SupprimerPour le reste, je ne sais pas. Je pense qu'il y a eu des avalanches de propos depuis la mort de Quentin.
En outre, il y a un autre sujet, un peu tabou : le RN peut-il toujours est considéré comme d'extrême droite. Voir nos échanges sur Everton mais quand un parti fait 30% des intentions de vote, je ne crois pas qu'on doive le considérer comme extrémiste.
C'est vrai qu'il y a une avalanche de la surenchère de propos depuis la mort de Quentin. Je m'étais dit que je ne le ferais pas, pour ne pas donner dans la récupération politique d'un truc sordide, et voilà que je le fais quand même depuis une semaine. A ma décharge, je blogue là dessus pour vider mon sac, et non à des fins politiciennes. Mais je devrais peut-être en rester là.
SupprimerLe RN, extrême-droite où pas? Un excellent sujet. Mon avis sur la question n'est pas tranché, pour un tas de raisons. Je ne vais pas me lancer dans ce débat ici, sinon c'est des romans-fleuves que je vais publier dans tes comms.
Je ne sais pas si c'est un excellent sujet (on ferait des tartines pour pas grand chose) mais on doit prendre en compte dans notre réflexion ce fait qu'il atteigne les 30% et qu'il n'est plus marginal (pour moi, l'extrémisme sous-entend la marginalité).
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