11 septembre 2014

La critique de l’iPhone passe aussi par le marxisme !

Dans un billet, hier soir, l’ami Sarkofrance évoquait la sortie de l’iPhone 6 : « Tous iFous », se demande-t-il ! Moi, je m’en fous, justement. Hier, je recevais mon nouvel iPhone, le bas de gamme du précédent modèle. Il n’empêche que je suis un fan.

La guerre entre les supporters d’iPhone et ceux d’Androïd me fait bien marrer. Quand j’ai eu l’intention de le commander (suite au vol du précédent), j’en ai parlé à deux collègues qui m’ont répondu à peu près la même chose : « n’en parle pas à Christophe, il va tenter de te faire acheter un Androïd ». Cela n’a pas loupé. Christophe m’a dit qu’il avait réussi à convaincre son épouse iPhone addict de changer pour uniquement en plus prêtant son propre smartphone deux jours. Il m’a même sorti l’argument qui tue : « avec l’iPhone, tu ne peux pas bricoler, modifier tous les réglages. » C’est alors que je lui ai répondu que j’avais un téléphone pour utiliser des applications d’autres éditeurs, pour naviguer sur le web, consulter mes messages et, accessoirement, téléphoner mais en aucun cas pour bricoler.

Figurez-vous que l’ami DDP, proche du Front de Gauche, vient de faire un billet. Pour tout vous avouer, je pensais citer du pas ami GdC et en cherchant son billet (il est 18h26), celui de DPP arrive dans mon reader. Le hasard est grand, ce qui fait qu’à la minute où j’écris ces lignes, je ne sais même pas ce qu’il a écrit.

C’est le titre qui me fait réagir en premier : « Apple, la servitude volontaire. » Avant de poursuivre ma lecture, je vais répondre à ce titre : qu’est-ce que ça peut foutre ? Je ne suis pas pris en otage par Apple. Personne ne me force à acheter un de leur produit. J’aime bien ces machins. Ca fait 64 mois que j’ai un iPhone. C’est comme quand j’avais des voitures : je ne prenais que des Citroën.

Alors que dit DPP ! Je passe l’introduction et j’arrive à la suite.

« Dans la mesure où l'Iphone 6 et la Watch ne révolutionnent pas leur domaine, de tels comportements ne peuvent être motivés par l'amour ou la passion de la technologie dernier cri, mais par le fait de posséder un objet particulier, de s'afficher avec, et d'en retirer l'orgueil de croire en l'appartenance à une classe de privilégiés par rapport aux masses qui ne peuvent (ou ne veulent) s'offrir. »

Tout d’abord, quand on pense représenter le peuple, on ne crache pas sur les électeurs. Je ne savais qu’on allait rouvrir la lutte des classes avec un tel machin. Je vais lui expliquer : on peut être amoureux d’une marque sans pour autant en tirer un orgueil particulier.

« Le succès de Apple repose sur le fétichisme, le snobisme, le modernisme, et avouons-le, l'ignorance de ses client-e-s, en dépit du prix de vente abusivement élevé par rapport au prix de revient, aux performances et à la concurrence. »

Tout d’abord, quand on pense représenter le peuple, on ne dit pas qu’il est ignorant. Le commerce est libre, en France, les gens achètent ce qu’ils veulent sans avoir besoin de leçon de morale. Il faudrait que le gouvernement mette en place un commissariat au choix des modèles de smartphones vendus dans le pays.

Il s’en suit une critique dans tous les sens que je ne vais pas détailler ici. Un petit extrait, néanmoins : « Jusqu'à l'Iphone 5 inclus, Apple a réussi l'exploit de vendre très cher un téléphone doté d'un misérable écran, guère plus grand qu'un timbre postal, et d'une mémoire limitée à 3 versions inamovibles de surcroît ! » L’intérêt de l’iPhone 5 est qu’il tient dans la poche ! Et on peut l’utiliser d’une main dans le métro… Quel est ce délire sur la taille de l’écran ? Ai-je le droit de dire que je trouve ridicule les téléphones trop grands ? Qu’a-t-on à foutre d’une limite à trois versions de mémoire ?

« Sans être ingénieur en informatique ou geek, [l’utilisateur de logiciels libre] a la liberté d'améliorer le système d'exploitation qui fait fonctionner ses appareils. » au risque de me répéter, je n’achète pas un smartphone pour avoir la liberté d’améliorer son système d’exploitation ! Je vous passe le militant qui pense qu’un type qui n’est pas geek ou ingénieur en informatique va améliorer le système d’exploitation d’un téléphone !

« En l'espèce, j'ai donné une deuxième jeunesse à mon mobile Sony, bas de gamme et vieux de plus de 18 mois, en le rootant et en installant la dernière mouture d'ANDROID, dans une version développée indépendamment de Google par l'équipe CyanogenMod... » Pour ma part, j’ai acheté un iPhone en remplacement du précédent qui avait été volé et qui tournait comme une horloge, à part la batterie qui m’obligeait d’avoir un chargeur de secours sur moi en permanence… Il avait 40 mois, pas 18…

Passons directement à la conclusion !

« Bref, ANDROID […]  laissent à chacun la liberté de choix du matériel et des logiciels. C'est peut-être moins glamour que l'image officielle de Apple, mais la liberté de ne pas devenir un consommateur totalement asservi à la Word Company n'a pas de prix... »

Tout d’abord, j’ai le choix du matériel. J’ai acheté un 5c alors que le 6 était disponible et j’aurais pu acheter n’importe quelle autre marc. J’ai le choix du logiciel : il ne viendrait à l’idée d’aucun développeur d’application de ne pas en faire une fonctionnant sur iPhone ! On se fout totalement de l’OS d’un matériel que les gens changent tous les deux ans.

La liberté de ne pas devenir un consommateur totalement asservi à la Word Company ? Heu ! La Word Compagny, c’est Microsoft… La World Comparny, peut-être…

La vraie liberté est bien de pouvoir acheter ce qu’on veut.


Mais un blogueur de gauche devrait s’intéresser totalement à la liberté de consommer. Parce que certains ne l’ont pas. Ils n’en ont pas les moyens.

10 commentaires:

  1. "La vraie liberté est bien de pouvoir acheter ce qu’on veut" -> excellent.

    J'ajoute que vouloir tout politiser est des fois idiot...

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    1. Oui. Mais en plus c'est une erreur grave. L'iPhone est peut être un truc de gens aisés mais il explique aux pauvres qu'il n'y ont pas droit
      alors qu'ils revendiquent une montée de classe.

      C'est une erreur économique. En favorisant Android, ils donnent le lead à Google.

      Un vrai billet de gauche (donc tu peux être contre) serait de revendiquer l'accès pour tous à un smartphone ou, plus précisément, à "l'Internet mobile". Donc exiger qu'une société publique fasse un service complet à 30 euros par mois (avec location de l'appareil). Un vrai billet de gauche serait d'interdire les numéros surtaxés sans accord préalable du vrai propriétaire (cette histoire pourrait me coûter 110 euros de communication mais je vais être remboursé par le plus grand des hasards, billet à suivre).

      Ils (DPP qui est sympa et GdC qui.. Non rien) ne font que défendre un système auquel ils ne comprennent rien, probablement avec une production (d'ordinateur et de smartphone) faite en Chine.

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    2. Personnellement, je n'y connais rien là dedans...mais je suis d'accord avec la proposition...C'est une proposition "de gauche" pour réduire la "fracture numérique..."

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  2. "La vraie liberté est bien de pouvoir acheter ce qu’on veut" : oui.

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  3. J'ai répondu en 2 commentaires au tovarich DPP en lui expliquant que la liberté sous Linux dans une environnement avec des big companies comme google ou les providers internet, c'était un peu une vue de l'esprit. Bizarrement il est OK avec GDC mais me renvoie sur celui)ci quand j'explique que google et la vie privée, comment dire.. ou alors les google glass... hahaha pas de réponse la dessus.

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    1. Le plus drôle est qu'ils ne connaissent rien en informatique et donnent des leçons.

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    2. bah oui, l'avant garde éclairée du prolétariat qui colle des "capitalistes de séduction" à tout va. Et après il s'étonnent de boucler entre eux.

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  4. Ils oublient surtout que si Apple vend des trucs très chers et que ça marche, et bien ! ils auraient tort de se priver. Si les gens trouvent leurs méthodes contestables, par exemple la fermeture du système ou les conditions de travail chez Foxconn, ils n'ont qu'à plus acheter chez eux. Facile, non, d'autant plus que les alternatives sont largement développées. Tout le reste c'est du vent.

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