04 septembre 2014

Le retour des commissaires du peuple !

Dans mon dernier billet, je parlais de la popularité de pépère. Et paf ! Un nouveau ministre est obligé de démissionner pour une histoire fiscale. Il aurait oublié de déclarer ses revenus. Et paf ! Encore un coup dans la gueule de nos braves dirigeants...

J'en veux évidemment à ce type Thévenoud, dont j'avais totalement oublié l'existence. Il n'aurait jamais du accepter ce poste, ce con ! Comme s'il ne savait pas qu'il allait de faire gauler. Comme dit le vieux Joël (vieux mais célèbre) : il est idiot. 

Toujours est-il qu'on voit passer des tweets étranges : ça serait de la faute d'Hollande et de Valls. Ils auraient du se renseigner avant. 

Vous savez comment on appelle "se renseigner avant" ? Ben, c'est mettre en place une police politique, la Stasi, quoi. Le retour des commissaire du peuple, des petits juges qui enquêtent pour le compte du pouvoir. 

À gauche, on exige la transparence. C'est bien. On en fait une doctrine. Mais quand elle conduit à enquêter sur des citoyens pour des motifs politiques, on entre en dictature. 

On voit bien que cette transparence est de la connerie : si des individus mentent, ils mentent. On l'a vu avec Cahuzac. Par contre, cela oblige à entrer dans la vie privée des gens. J'ai moi-même défendu Cahuzac jusqu'à ses aveux. Tiens ! C'est amusant ! C'est encore Médiapart qui sort le machin. Encore des petits commissaires du peuples mais auto-proclamés. C'est leur job. Ils gagnent de l'argent avec, s'ils le font bien, ce job. Mais nous, qui sommes nous ?

Cela étant, un des nôtres fait une connerie. Ce n'est pas pour autant que c'est de notre faute. Il démissionne (ou est viré) du gouvernement. Normal. Mais je voyais des lascars exiger qu'il démissionne de son poste de député qu'il devrait récupérer. Ce n'est pas notre problème mais le sien. François Hollande et Manuel Valls nomment des ministres mais, heureusement pour la démocratie, pas des députés. Les députés sont des élus du peuple. Seule une dissolution de l'Assemblée peut provoquer le départ de l'un d'eux sans passer par des procédures de justice. Le PS et son groupe à l'Assemblée peuvent décider de l'exclure mais nous ne pouvons pas exiger son départ. Et heureusement. Bis. 

Le premier ministre et le président ne nomment pas les représentants du peuple et n'interviennent pas dans des procédures de justice. Ils nomment et virent des ministres, tout comme les élus du peuple, les députés, qui peuvent refuser de voter la confiance. 

Je parlais de Cahuzac. Je le fais parce que j'ai vu passer des tweets. À ce stade on sait ou suppose qu'il avait des comptes à l'étranger et qu'il était chargé de la lutte contre l'évasion fiscale. Il a menti. C'est normal de vitupérer. Pour Thévenoud, on ne sait rien. Posons-nous la question ? Comment un type peut oublier de déclarer ses revenus en sachant qu'il allait payer plus cher avec la majoration de 40% ? À part un problème psychologique ? 

Je croyais que la justice était à gauche. Mais la gauche réclame des enquêtes. La Stasi a de beaux jours. 

Vous me téléphonez quand la popularité de François Hollande est négative ?

Notons qu'on peut toujours faire les fiers. Pas de ça chez nous ! Mais qu'en savons-nous ? C'est rigolo quand la droite tape sur la gauche ou que la gauche tape sur la droite. C'est la règle. Mais quand la gauche tape sur la gauche, ça m'amuse moins. Je répondais récemment à un commentateur de mon blog, à un tout autre sujet, que ça faisait monter le FN. Ce n'était pas un jugement ou une critique. Je ne disais pas : "c'est de la faute à". Je faisais simplement un constat. 

Mais dans Twitter et les blogs, nous sommes dans des outils de communication. Compte tenu du nombre de concitoyens à avoir des problèmes avec le fisc (ne serait-ce que parce qu'ils payent des impôts), je me demande si, électoralement, nous n'aurions pas intérêt à défendre ce pauvre Thévenoud. Taper dessus ne servant à rien. Avec les informations dont au sujet desquelles nous avons en notre possession, ce type semble réellement fou. C'est à la justice et au fisc de traiter le sujet pas aux réseaux sociaux. 

Surtout s'il faut remettre en place une police politique pour traiter le sujet. 

21 commentaires:

  1. Pourquoi fou alors que la simple connerie explique énormément de cas ? On imagine mal le nombre de types supposés intelligents qui commettent de vraies âneries, soit parce qu'ils croient naïvement passer au travers, soit parce qu'ils s' imaginent plus futés que le système.

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    1. Quelle est la différence entre fou et con ?

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    2. Et du fait de ne pas déclarer, il payait 40% de plus.

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    3. "Quelle est la différence entre fou et con ?"

      On ne peut pas grand chose contre la folie alors que la conneries, ça se traite... non ?

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    4. Si la connerie se traitait, tu aurais une chance.

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    5. Et comme vous êtes fous, vous n'en avez aucune...

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    6. Mais justement, la folie se traite par la médecine ou l'internement.

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  2. Ceci dit, la république irréprochable prennent encore un sérieux coup derrière les étiquettes. Depuis Danton qui pique 300.000 livres dans les caisses pour les refiler à des potes, en passant par Panama, Caillaux, Clemenceau, etc. jusqu'aux derniers, l'histoire de la république est jalonnée de coquins et d'affaires. Au point que l'on est en droit de se demander si ce régime est vraiment sérieux.

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    1. D'un autre côté, on peut aussi évoquer les fabuleux enrichissements personnels d'un Richelieu, d'un Mazarin, d'un Foucquet, etc. Tout cela ne va pas nous mener très loin, je le crains.

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    2. Certes Didier, mais il me semble bien me rappeler que la république se présentait comme le renouveau qui allait purger la France de la monarchie et de ses supposées tares, qu'elle allait instaurer le règne de la vertu pour le plus grand bien du peuple. Et bien on a vu. Concussion et corruption à tous les niveaux, et dans des proportions autrement plus importantes. Pour un Richelieu, un Mazarin, un Foucquet, combien de républicains ?

      Royaliste, je ne prétends pas que la monarchie est le régime qui résoudra tous nos problèmes. En revanche, a contrario des républicains, je n'oublie pas que nous ne sommes que des hommes, faibles et coupables par nature, et je me garderais bien de me lancer dans de belles et grandes envolées aussi lyriques que stupides sur la vertu que la monarchie ne manquerait pas d'instaurer, sans parler du chapitre des "valeurs" qui, on le sent bien pour les zigotos qui nous gouvernent, auraient tendance à être plutôt sonnantes et trébuchantes que morales.

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  3. Nicolas, les blogs de gauche sont tétanisés, plus personne ne commente, ne papote, plus personne ou presque ne s'engueule. Hollande force la pitié. On attend, mais quoi ? Impression d'être dans une impasse et ça, c'est embêtant, non ?

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    1. Oui c'est embêtant. Mais temporaire (je suis prêt à parier, même, que de plus en plus de blog de gauche vont défendre Hollande, vu qu'il fait pitié).

      Quant à moi mon mutisme est du uniquement à ma charge de travail (j'ai trois demi journées pour sortir 20 ou 30 pages de spécifications techniques... C'est mon point commun avec Didier : voir son billet d'hier. C'est à nous qu'on fait appel pour rédiger en trois heures ce qu'un type normal ferait en une semaine. Je me demande si ce n'est pas une faculté commune à comprendre rapidement la documentation qui nous est fournie, dans des domaines bien différents) (je m'égare).

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    2. Non, c'est juste que, au fond, tout le monde sait que les pochetrons en surcharge pondérale sont les derniers refuges de l'efficacité, de la conscience professionnelle et, pour finir, de la civilisation gréco-latino-judéo-chrétienne.

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    3. Didier,
      Oui.

      Suzanne,
      Je suis persuadé que dans le cadre de son boulot, Didier pourrait faire un papier favorable à Hollande, tout comme je peux faire des notes pour défendre des positions techniques auxquelles je suis opposé si c'est le choix de l'entreprise.

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    4. Non seulement je pourrais, mais je suis à peu près certain de l'avoir déjà fait !

      (Même si j'oublie instantanément tout ce qu'on me fait écrire, ce qui est le seul moyen que j'ai trouvé pour ne pas devenir fou.)

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    5. Moi, c'est un différent. J'oublie immédiatement que j'ai écrit un truc mais l'information technique reste gravée dans un coin de mon cerveau surtout si je suis créateur de l'information. Par exemple, dans une autre vie, j'ai écrit comment devaient fonctionner les cartes à puce étrangères dans nos machines. C'était en 2000 ou en 2001. Récemment on a eu un bug. Les cartes d'une banque d'un pays du sud est asiatique ne passaient vu. J'ai analysé les choses et j'ai trouvé immédiatement que nos machines n'étaient pas conformes à ce que j'avais écrit à l'époque, à un sujet que je n'avais abordé depuis, sur un détail. Vraiment. En regardant la spécification, j'ai découvert qu'elle était correcte. J'ai aussi découvert que c'est moi qui l'avait écrite (à une tournure de phrase). J'avais tout oublié. Mais le fonctionnement des machines était ancré dans mon cerveau alors que ça fait 12 ans que je n'ai pas travaillé sur le sujet.

      C'est aussi pour ça que je fais peur à certains confrères en réunion. Et pour ça que je suis grassement rémunéré.

      Dans les blogs ça se traduit par la possiblité d'avoir une bonne idée de billet en oubliant que je l'ai déjà fait la semaine précédente.

      Par contre, je n'ai de la mémoire que pour des conneries.

      Toujours est-il que je n'ai rédigé que 7 ou 8 pages cette après-midi au lieu des 20 prévues car j'avais déjà rédigé le reste en mars, ce que j'avais totalement oublié (mais les vérifications techniques ont été plus longues que prévu à cause d'une incompatibilité entre deux documents). Bref ! Pas de blogage aujourd'hui.

      J'avais prévu de faire un billet pour répondre à celui d'Olympe qui, au nom de l'égalité, voudrait que les hommes mettent autant de temps que les femmes pour pisser. Généralement, je suis d'accord avec elle ou, du moins, je comprends ses positions. Là, je suis resté sur le cul.

      Je vous le conseille.

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    6. J'ai lu le billet d'Olympe il y a quelques heures : ou c'est de l'humour très subtil, ou elle est en train de devenir complètement timbrée. J'ose encore espérer que c'est de l'humour…

      Pour le reste, la mémoire du travail, cela tient je pense à ce que vous bossez sur des choses concrètes, tandis que je ne fais rien d'autre que brasser du vent, le plus élégamment possible.

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    7. Je n'avais pas pris ça pour de l'humour.

      Pour le reste, vous avez raison mais en partie seulement. Ça mériterait un billet.

      1. J'ai du bon sens, une passion pour mon boulot. Ça permet de "savoir" comment doit marcher un truc.

      2. J'ai une vision plus large. Par exemple, mes machines ne font pas que distribuer des sous. Il faut gérer les pb techniques, les gens qui chargent les machines avec du pognon, ceux qui gèrent la maintenance, ceux qui gèrent les litiges. Les informaticiens sont souvent concentrés sur leur corps de métier.

      Je vais donner un exemple relatif aux blogs : dans mon dernier billet à propos de NDDL, je m'engueule avec un lascar opposant. Un de ses arguments est qu'il est inutile. Il confond ce terme avec "pas raisonnable". Il est évident qu'un aéroport place de la Comète serait utile. Il est concentré sur son truc.

      3. Dans un de mes commentaires je dis que je reconnais une de les tournures de phrase. C'est presque faux. J'écris ce que mes lecteurs doivent comprendre (un peu comme vous pour le boulot avec une dimension supplémentaire, il faut aussi écrire ce qu'ils veulent lire). La plupart de mes confrères expliquent ce qu'ils comprennent.

      N.B. : c'est d'ailleurs rigolo, dans le domaine, les lecteurs se demandent ce que le rédacteur a voulu dire. Il m'arrive très fréquemment d'être en conflit avec des gens qui essaient d'interpréter mes phrases de passer du temps avec eux à les réécrire... Pour finir par leur démontrer que le résultat de nos "négociations" sont conforme à ce que je voulais écrire.

      J'ai déjà écrit une anecdote (je m'en rappelle car il avait fallu que je supprime mon billet qui contenait des trucs confidentiels). Je rédigeais des notes que devait présenter le big boss en conseil de direction. C'était relu et corrigé par mon "chef", le chef de service, le directeur du département et ce big boss. Il y avait cinq versions consécutives. La première était identique à la dernière (sauf les erreurs de français qui étaient corrigées). Seuls le big boss et moi savions ce qu'il fallait présenter au conseil. Les autres expliquaient ce qu'ils avaient compris à leur supérieur hiérarchique.

      On papote, je vais être en retard à la comète.

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  4. "C'est mon point commun avec Didier : voir son billet d'hier."
    et même quand Didier sortira de ses torrents de signes, je ne pense pas qu'on puisse compter dessus pour défendre le Président Hollande et compagnie... Pire encore, je crois qu'il vaut mieux rien dire du tout, parce que tout ce qu'on peut dire...
    L'éditorial du Monde est terrible.

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