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25 juin 2014

Le pacte de responsabilité conforté ?

Sarkofrance revient, ce matin, sur le rapport de Valérie Rabault, rapporteuse du budget, qui soulignait l’impact récessif du plan d’économie du gouvernement et qui a fait beaucoup de bruit en début de semaine. Globalement, elle estime que la politique menée ferait perdre 60000 emplois mais sans prendre en compte l’effet positif du CICE ni les impacts d’une autre politique.

Je ne veux pas polémiquer aujourd’hui. Il est évident que si l’Etat dépense moins, c’est nocif à court terme sur l’emploi. D’un autre côté, on ne peut pas vivre sur la dette, ce que l’on fait depuis 40 ans. Il me semble donc important de réduire les déficits plutôt que de continuer la fuite en avant et qu’il sera nécessairement douloureux de sortir de cette crise qui dure qui dure qui dure.

Cela étant, Ben, du blog « Economie, Europe et Leffe » a une vision différente de celle de Sarkofrance et je vous invite à lire son dernier billet que je vais résumer dans ma grande bonté.

Premier point : ce n’est pas directement le Pacte de responsabilité qui a un impact négatif sur l’emploi, au contraire, mais les baisses de dépense pour la réduction du déficit décidées par ailleurs.

Deuxième point : ne pas diminuer les déficits comporte des risques beaucoup plus importants.

Troisième point : je le disais, ce n’est pas le pacte qui détruit des emplois mais la baisse des déficits. Le pacte pourrait rapporter beaucoup plus que les 190000 emplois prévus, notamment en permettant de sauver certaines filières.

Quatrième point : il faut affiner les prévisions avec les vraies mesures qui seront prises.

Ainsi, le rapport de la dame valide le Pacte de responsabilité contrairement à ce qu’essaient de nous faire croire certains. C’est mal.




20 juillet 2012

Peugeot ou l'erreur 404 de l'économie Française

Tiens ! François Fillon et Jean-François Copé tirent dans le même sens ! C'est à propos de « Peugeot » et de ce pauvre Thierry Peugeot qui se sent stigmatisé par François Hollande et Arnaud Montebourg...

« "Montebourg, c'est l'arrière qui tire dans le dos de ceux qui sont au premier rang du combat" économique, a accusé François Fillon, jugeant le gouvernement "irresponsable" sur ce dossier.
"Quelle est cette attitude qui consiste à taper sur une entreprise, à la dénoncer, à émettre des soupçons, alors que cette entreprise est aux premières loges dans le combat de la mondialisation", a-t-il lancé sur Europe 1.
"Mettre à ce point en cause l'image d'une entreprise (...) pour le plaisir d'expliquer que ça ne peut être que la faute d'un patron, comme on dit au PS, c'est menacer en fait des milliers d'entreprises, des milliers d'emplois", avait accusé le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, peu de temps auparavant sur France 2.

"Je dis attention! M. Montebourg est en train de porter atteinte à notre économie", a poursuivi Jean-François Copé, en raillant l'intitulé du portefeuille de M. Montebourg, ministre du Redressement productif: "Pour l'instant, il n'est pas en train de redresser grand chose". »

Je n'ai aucune preuve que le plan de licenciement de Peugeot était effectivement prévu de longue date et que la droite lui avait demandé de le repousser après les élections. Il n'empêche que si un cadre de l'UMP venait me le jurer au comptoir, j'aurais l'impression de voir son nez grandir.

Pendant que Montebourg est occupé à faire son plan de soutien à l'automobile, je vais répondre à notre duo.
Bonjour Messieurs,

Avant que la droite n'arrive au pouvoir en 2002, le commerce extérieur de la France était excédentaire. Vous pouvez maintenant juger que Montebourg porte atteinte à l'économie ou qu'il est irresponsable, c'est bien la droite qui a foutu le bordel et n'a pas su défendre le tissu industriel français. M. Hollande et Montebourg et tous les autres sont en train de tenter de sauver les meubles après dix ans d'une gestion catastrophique, sans ligne politique, avec parfois un odieux libéralisme et parfois un étatisme misérable.

Monsieur Fillon, vous avez raison de constater que Peugeot est au première loges dans le combat de la mondialisation. Mais, dit en Français, ça veut dire qu'ils n'ont plus grand chose à cirer de la France, ce qui les intéresse est le marché mondial et de produire dans des pays où le coût du travail est moindre. Je ne vais pas les blâmer, c'est tentant.

Néanmoins, vous leurs avez octroyé des milliards d'aides diverses ces dernières années sans exiger la moindre contrepartie industrielle. C'est donc le contribuable français qui a payé.

Je ne sais pas si vous avez remarqué mais vous voulez nous entrainer dans un système économique absolument tout pourri : l'Europe est au bord du gouffre et va exploser. L'économie Américaine ne va pas mieux. On pourrait se pencher sur les japonais mais on peut dire qu'ils survivent avec la planche à billet (qu'on appelle maintenant la dette, pour résumer). Le fleuron de l'Europe, l'Allemagne, bat tout les records du nombre de travailleurs pauvres et j'en passe.

Non ! Je n'en passe pas un. L'Espagne, nos voisins du dessous, qu'on oblige à appliquer la politique que vous avez promue vient d'annoncer un nouveau taux de chômage record. Il suffit qu'il monte de 0,3 pour atteindre celui des USA au pire moment de la crise de 1929.

Je vous invite sincèrement à arrêter d'accuser les autres de détruire l'économie. Ca n'est plus possible, vous l'avez déjà fait.

Votre dévoué,
Nicolas.

Non, pas lui, un autre.

26 mai 2010

Concerto pour crise majeure

Avec le nouveau machin de chez Wikio, j’ai appris que mon blog était orienté « économie » à plus de 10% ! Comme quoi, le blogage mène à tout. Dans ma jeunesse, j’ai été très bon en économie. Je me rappelle à l’IUT, en 1984 ou 1985, j’avais eu deux fois la meilleure note de la promotion en dissertation. A l’époque, je n’avais pas de blog et ne parlais pas de bite dans mes devoirs.

La première fois, c’était une analyse de l’impact du dollar fort par rapport au Franc : sur une centaine de gugusse, j’étais le seul à avoir osé dire que c’était très bien. Les 99 autres andouilles avaient pleuré : « Ouin, c’est pas bien, c’est trop cher. ». Moi, je n’en avais rien à cirer. Ca nous replonge dans l’actualité, avec l’Euro qui baisse aussi vite que Tonnégrande baisse son pantalon devant une nouvelle serveuse, dans un bistro.

La deuxième fois, c’était une analyse d’un texte de Lionel Stoléru du temps où il était ministre de Giscard, quelques années avant. Je ne sais plus de quoi ça causait… J’avais oublié cette anecdote jusqu’à l’autre jour, où en feuilletant le Parisien, je suis tombé sur cet article : « Rangé de la politique, l'économiste et ancien secrétaire d'Etat Lionel Stoléru a désormais du temps pour assouvir sa passion de la musique comme chef de l'Orchestre romantique européen (ORE), qui jouit chaque année d'une petite série de concerts à la Salle Gaveau à Paris. »

Il a probablement fait le même virage que moi : il ne comprend plus rien à l’économie.

Tenez ! Il ne se passe bientôt plus un jour sans qu’un pays de l’Union Européenne annonce un plan de rigueur. Je crois bien que la semaine dernière, c’était l’Espagne et la France. Hier, c’était l’Italie et le Royaume Uni. On baisse les charges à donf ! Terminés, les privilèges des élus, les hauts salaires des fonctionnaires. Le foie gras est remplacé par du pâté Hénaff. Je ne sais pas s’il y a assez de pays dans l’UE pour qu’on puisse tenir ce rythme jusqu’à l’été… D’ici que les Allemands s’y mettent…

Il y a un an, au contraire, la mode était aux plans de relance : il fallait dépenser du pognon pour préparer l’économie, y injecter du pognon ou je ne sais quoi ! Le gouvernement nous avait préparé un grand emprunt, annoncé par Nicolas Sarkozy devant le Parlement en grande pompe.

En un an, on est passé des grandes pompes aux tongs.

J’aurais du faire chef d’orchestre.

08 décembre 2009

Une conférence pour sauver le monde... Au Kremlin-Bicêtre

La lecture matinale du billet de Sarkofrance me rappelle qu’il faut que je fasse mon compte rendu de la conférence d’hier soir. Pourtant, j’ai failli y aller à reculons… Heureusement que mes copains Grodem, Seb et Vogelsong étaient là pour me donner le coup de pied au cul nécessaire et Martin pour poser la question à laquelle n’a pas voulu répondre le conférencier.

C’était Frédéric Lordon, un économiste bien à gauche, talentueux orateur… et très drôle ! C’est donc à reculons que j’entame le compte rendu de ce billet. Une page Word pour résumer les propos tenus en deux heures de discussion passionnée : pas possible. Je vais juste raconter la fin : il y avait un pot mais j’avais la flemme… alors j’ai foncé vers la Comète où il restait du monde. Ouf.

Le conférencier n’a pas voulu répondre à une question de Martin. Probablement était-elle un peu trop technique mais, surtout, la réponse coulait de source mais impliquait un début d’élément de solution pour faire face à la crise. Tout au long de la soirée, Frédo (si je puis me permettre) s’est efforcé à ne donner aucune solution, à juste titre. J’avais peur que la soirée se résume à un entrelacement de solutions inapplicables pour sortir de la crise : il n’en a rien été. Inapplicables car la solution ne peut venir que d’une volonté politique mondiale totalement impossible à mettre en œuvre. Il revient aux économistes de démontrer les mécanismes qui aboutissent à des situations tels que celle que nous avons connue (et qui est loin d’être terminée) : que les citoyens et les politiciens se débrouillent…

Je ressors néanmoins tout à fait optimiste : une guerre thermonucléaire ne sera pas nécessaire pour sortir de la crise, une simple guerre civile devrait être suffisante. En outre, les Chinois font les mêmes conneries que nous : ils ne tarderont pas à exploser et il nous faudra faire gaffe à nos fesses.

Je vais donc résumer. Je vais me limiter à deux paragraphes (plus celui-ci) : tout vient de la sacro-sainte concurrence que veulent nous imposer les affreux néolibéraux avec du poil dans les oreilles.

D’une part, cette concurrence oblige les chefs d’entreprise, notamment les institutions financières, à prendre de plus en plus de risque. Sinon les actionnaires ne sont pas contents car les actionnaires du concurrent gagnent plus d’oseille. Les chefs d’entreprise sont virés. Et ne touche que 100 millions de parachutes dorés. Donc ils prennent des risques et investissent dans n’importe quoi. Et plouf.

D’autre part, cette concurrence oblige les chefs d’entreprise à diminuer les coûts pour survivre et améliorer les bénéfices de l’entreprise. Donc ils font pression sur les salaires. Le premier effet est con : ça pousse les gens à vouloir travailler plus pour gagner plus sinon ils n’arrivent pas à boucler les fins de mois et à payer une tournée au bistro. Le deuxième effet est destructeur : les gens n’ont plus de pognon pour consommer donc les entreprises n’arrivent pas à vendre. La seule solution est des pousser les gens à s’endetter, à faire des crédits à la consommation. Le surendettement prospère, comme si on avait oublié ce qui avait été à l’origine de la crise.

Alors l’état crache au bassinet pour renflouer les banques car si le système bancaire se casse la gueule, je ne pourrais même pas tirer 20 euros sur mon compte pour m’offrir un godet : mon compte aura disparu avec ma banque. Mais l’état paye : pas le choix. Et nos valeureux financiers fiers d’eux-mêmes viendront nous expliquer que la France va mal, qu’il faut diminuer le train de vie de l’état, diminuer la dette, alors que la dette n’aura été amplifiée que pour sortir de la merde dans laquelle ils nous auront mises, car il aura fallu « nationaliser » des dettes privées.

Il n’y a pas de solution. Il faudrait une régulation mondiale mais personne n’en veut. Alors nos amis libéraux renforcent leurs positions libérales pour nous entraîner à nouveau dans un système qui ne marche pas. L’état crache au bassinet pour sauver la face et demain est un autre jour.

Mais l’état veut faire bonne figure, rassurer les gens, faire croire à l’efficacité de la politique. Alors il fait des moulinets avec ces petits bras, pour combattre quelques bricoles dont tout le monde se fout, comme ces parachutes dorées, alors que c’est le système tout entier, bien au fond, qu’il faudrait transformer. Et l’UMP continue à nous culpabiliser. Et à lancer des débats sur n’importe quoi, l’Identité Nationale (tiens ! le sujet arrive à l’Assemblée aujourd’hui) ou la conférence de Copenhague qui devrait sauver le Monde…

Et on va continuer à tenir nos blogs pour dénoncer systématiquement toutes ces mesures à contre sens. Essayer de rappeler à nos concitoyens que quand l’état ne remplace pas un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, c’est pour tenter de boucher un trou dans la caisse, fait pour sauver le capitalisme mondial.



07 décembre 2009

Frédéric Lordon, ce soir au Kremlin-Bicêtre

Je vous rappelle que ce soir, je serai à cette conférence, avec Seb Musset :

La crise : stop ou encore ?


AVEC FRÉDÉRIC LORDON
économiste, directeur de recherches au CNRS
auteur de La crise de trop, Fayard, 2009
première conférence-débat du cycle « Les Causeries du Kremlin-Bicêtre »
lundi 7 décembre 2009 à 20H00

en salle du Conseil municipal / 1, place Jean Jaurès / 94270 LE KREMLIN-BICETRE
entrée libre
renseignements : 01.45.15.55.55

14 août 2008

Des couilles velues d'ailleurs

Tiens ! L’actualité nous déverses sont flot de mauvaises nouvelles.

La récession approche. Notre Ministresse des finances indique que ce n’est pas de sa faute. Ouf. « "Ce sont des chiffres auxquels on s'attendait et qui ne sont pas bons", a commenté la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Mais "ce n'est pas un phénomène propre à l'économie française", a-t-elle ajouté. ».

L’emploi salarié baisse. Les salaires augmentent… mais moins que l’inflation. « Parallèlement, selon le ministère, le salaire mensuel de base (SMB) a augmenté de 0,9% au deuxième trimestre 2008 par rapport au premier trimestre, mais cela n'a pas suffi à compenser le pic d'inflation du début de l'année. »

Nos brillants économistes Européens font tout pour que les citoyens aiment l’Europe. « La Banque centrale européenne (BCE) a mis en garde contre des hausses salariales élevées ». Traduisons : « le peuple peut crever ».

Heureusement que bonnes nouvelles nous remontent le moral ! Crise dans les médias est de retour !


02 octobre 2007

Travailler plus ? A part pour éviter d'aller au bistro...

Je n'ai pas besoin de faire de billet, ce matin. L'AFP s'en charge pour moi. La mesure phare du programme de Nicolas Sarkozy, les machins sur les heures supplémentaires, n'auront aucun impact sur l'emploi (à part négatif, pour l'intérim qui pourrait baisser !), un impact minime sur le pouvoir d'achat, un coût exorbitant pour le budget de l'état et un coût probablement dissuasif pour les entreprises.

Ce n’est pas moi qui le dit mais des économistes propres sur eux malgré les poils qui leur sortent des narines, faute d’entretien régulier. Enfin ! Du moment qu’ils n’en ont pas dans les oreilles.

Pendant la campagne électorale et les débats à l’assemblée, nous autres, espèces de blogailleurs de gauche, l’avons martelé. Il aurait été bien que les économistes ouvrent leur gueule avant pour crier au danger ! Ca n’est pas une baisse de la popularité de François Fillon et Nicolas Sarkozy qui va nous sauver !

En France on bat des records ridicules ! Pas autant qu’au Pakistan, mais pas loin. On élit un Président dont tout le monde sait que le programme est mauvais, mais tout le monde s’en fout… Les économistes avaient vaguement dit dans Les Echos que le Pacte Présidentiel de Ségolène Royal était largement meilleur pour l’économie que le Sac de Pommes de Terre de Nicolas Sarkozy tout en fermant la gueule ailleurs ! Ils viennent maintenant nous dire qu’on a voté des comme des cons !

Merci les gars ! Pendant ce temps, des blogueurs zinfluents viennent nous dire qu’ils n’ont rien à dire !

Nicolas Sarkozy a bien compris tout ça ! Il nous l’a joue à la Jacques Chirac et commence doucement à inaugurer les chrysanthèmes !

Enfin ! Ne nous fâchons pas… Tout va bien. Du moment qu’on a assez de pauvres pour entretenir l’économie, ça nous assure un minimum de boulot !

15 septembre 2007

Equilibre à 20% de précaires



Dans notre brave société, une partie de la précarité est organisée par des forces obscures patronales, financières et gouvernementales pour s’en foutre encore plus plein les fouilles.

C’est évident mais le contraire l’est encore plus au point de nous tromper dans notre réflexion quotidienne. Quand on est un citoyen optimiste, on se dit « moins il y a de chômeurs, plus il y a de salaires versés, meilleure est la consommation, mieux vont les entreprises, mieux rentrent les impôts, mieux va la couverture sociale et le budget de l’état : c’est le bonheur ».

Aussi est-il très dur de se dire que tout ça est de la connerie !

Je vais essayer de le faire, mais je ne suis pas très bien placé pour ça ! Tout cela ressort de la macroéconomie, de la politique monétaire, … Je fais partie de ces 95% de la population qui n’y connaissent rien. Sur les 5 % qui reste, il y en 3 qui pensent connaître quelque chose mais qui se plantent lamentablement. Restent 2%, mais ce sont des gens brillants qui sont incapables de l’expliquer… et reconnaissent tout de même que l’économie est une science risible.

Je vais le faire dans « Partageons mon avis » pour m’entraîner à produire un joli billet pour Equilibre Précaire, notre joyeux blog collaboratif, en commentaire duquel, Céleste, des établissements Célestissima & co, nous priait hier ne pas oublier ce volet de la précarité : en maintenir un seuil minimum est une volonté de nos chefs vénérés.

Il y a bientôt un an, j’avais fait une série de billets sur le NAIRU, l’inflation, tout ça est lié ! Recommençons !

Et n’oubliez jamais, en écoutant la radio la tête dans le cul, le matin, quand vous entendrez un journaliste expliquer que les zouaves de la BCE ont pris telle ou telle décision de peur « d’un emballement de l’économie », ça veut dire qu’ils se foutent de notre gueule.



Lançons-nous !

Tout part de l’inflation.

On nous dit « il faut lutter contre l’inflation, contre la vie chère, … ». On ne peut qu’être d’accord : c’est nous qui payons ! On nous fait pleurer « ah ! ma pauvre dame, tout augmente ! »…

En fait soyons précis : on s’en fout royalement que ça augmente si notre salaire augmente plus.

Prenons un exemple con. Imaginons que le kilo d’orange soit à 1 euro et que mon salaire 1000 euros. Je peux acheter 1000 kilos d’orange (mais je ne connais personne en prison). Si l’inflation est de 10% et que mon salaire augmente de 15%, le kilo d’orange passe à 1,10 euros et mon salaire à 1150. Je peux acheter maintenant 1045 kilos d’orange (vous pouvez vérifier) !

Prenons un autre exemple con. Imaginons un type qui dispose sur son compte en banque d’un million d’euro. Il pouvait donc acheter un million d’oranges. Mais, avec l’inflation à 10% et le kilo d’orange à 1,10 euros, il ne peut plus en acheter que 909 000 oranges. Il est perdant.

En d’autres termes, l’inflation veut dire la perte de valeur de l’euro… : c’est celui qui a beaucoup d’euros qui est perdant.

Amusant ce résumé que je fais la semaine où l’Euro bat tous ses records sur les marchés financiers !



Je re-résume : on nous fait pleurer sur l’inflation alors que la lutte contre profite uniquement aux plus riches, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire.


Rappelons-nous maintenant que l’immobilier ne rentre pas dans le calcul de l’inflation. Depuis 10 ans, l’immobilier galope. Je m’en excuse par avance, mais je vais sortir une phrase très compliquée, il va vous falloir réfléchir. Un type qui a un 200 m2 dans Paris voit sa valeur en nombre d’euros augmenter mais, l’immobilier n’entrant pas dans le calcul de l’inflation, cette augmentation de valeur ne contribue pas à faire baisser la valeur de l’euro, contrairement à l’augmentation du prix des ménagères que nous sommes tous, donc l’augmentation de la valeur du 200m2 est réelle !

Je me demande si on ne se fait pas un peu baiser dans cette histoire !

Il y a bien sûr d’autres raisons de vouloir lutter contre l’inflation, des histoires de parité monétaire, de création monétaire et j’en passe… Mais je suis sûr qu’un tas de gens très bien seraient capable de démonter chacun des points de manière aussi poétique que je le fais ci-dessus.


Il n’y a pas que l’inflation, mais c’est le point essentiel !

Il est à peu près évident que si le chômage baisse, l’inflation repartira à la hausse. Pour deux raisons.

D’une part, le nombre de chômeurs baissant il y aura plus de consommateurs et les gens auront plus confiance et consommeront plus. La loi de l’offre et de la demande fera le reste : et hop ! Augmentation des prix.

D’autre part, les gens étant en confiance, ils n’hésiteront pas à faire pression sur les patrons pour demander des augmentations qui devraient répercutées sur les prix.

Il faut donc faire taire les revendications et mettant la pression !

Nos amis financiers cherchent à atteindre ce qu’on appelle le NAIRU, en gros, le taux minimum de chômage à partir duquel l’inflation ne galope pas !

Je vous laisse faire les recherches Google de Nairu. Vous y trouverez un blog très bien.


La France a un NAIRU supérieur à beaucoup de pays. D’ailleurs son taux de chômage est également supérieur à d’autres. Mais je crois qu’en fait, le NAIRU on s’en fout, il provient d’une différence structurelle entre les pays : le chômage étant « facile » (ha ha) à mesurer, on utilise ça. Ce qui importe, plus, à mon avis, c’est le « taux de précarité ».


Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !

Ces histoires d’emballement de l’économie ne sont pas que de la connerie ! De tous temps, on a eu des cycles économiques assez difficilement maîtrisables. Toutes les périodes de prospérité se sont terminées par des crises économiques.

La différence, maintenant, c’est que la crise économique dure depuis 30 ans, avec un taux de chômage oscillant entre 8 et 12% depuis plus de 20 ans mais des marchés financiers qui battent de records en records, des inégalités qui explosent, des scandales sur les rémunérations patronales qui sortent tous les jours, …

Peut-on tolérer longtemps cette société où le prix à payer pour « la stabilité des marchés financiers » profitant à 10% des gens est la précarisation de 20% de la population pour que les 70% restant ferment leurs gueules ?

Il était temps que Partageons mon avis revienne à ses premières amours !

11 septembre 2007

Elles sont belles les dépêches économiques

Ah ! Un joli billet avec plein de liens !

La commission Européenne révise la croissance à la baisse. Résultat : la bourse s’offre un net rebond.

C’est bizarre ! Au moment même où on nous annonce le décès de la reine du capitalisme éthique (du toc ?).

Aux US, ils sont comme nous. La bourse démarre en hausse alors que le déficit commercial recule de plus en plus.

Pendant ce temps, Nicolas Sarkozy et sa clique nous préparent délicatement la privatisation d’Areva. Notre bien aimé Président en profite pour se fâcher avec nos voisins Allemands. Ils le trouvent trop interventionniste ? Il en profite pour vouloir réformer la PAC, contrairement à ce qu’il avait annoncé aux paysans lors de la campagne électorale.

Fidèle à sa stratégie, il fait dans le populisme et continue d’opposer une partie de la population à une autre : il vient de traiter d’indigne les régimes spéciaux des retraits. Je ne sais pas s’ils sont dignes, mais ils sont dans les contrats de travail ! Tiens ! Il soutient François Fillon dans cette histoire ! Il a été coincé ?

Il reste quand même des bonnes nouvelles. Le nombre de Rmiste semble baisser. Ils ont trouvé une solution pour exclure des gens ? Les licenciés de Moulinex ont eu gain de cause aux Prud’hommes. Rachida Dati ne maîtrise pas encore tous les tribunaux ?

Vive le capitalisme et les dépêches AFP chez actu.voila.fr !