05 février 2023

L'intelligence artificielle confrontée à l'utilisation de l'argent liquide

 


« Il est difficile de prévoir l'utilisation future de l'argent liquide, mais de nombreux experts estiment que la tendance est à la diminution de l'utilisation de l'argent liquide au profit des moyens de paiement électroniques, tels que les cartes de crédit et les systèmes de paiement mobile. Cependant, l'argent liquide restera probablement une forme d'argent couramment utilisée pour les petits achats et dans les régions où l'infrastructure pour les paiements électroniques est limitée. » « Il est possible que l'utilisation de l'argent liquide soit réduite au profit des paiements sans contact, mais il est peu probable que l'argent liquide soit complètement remplacé. Les paiements sans contact, tels que les cartes de crédit et les systèmes de paiement mobile, sont plus pratiques pour les achats importants et les transactions en ligne, mais l'argent liquide reste un moyen de paiement fiable pour les petits achats et dans les situations où les paiements électroniques ne sont pas disponibles ou pratiques. De plus, certaines personnes préfèrent toujours conserver de l'argent liquide pour des raisons de sécurité ou de préférence personnelle. »

 

Vu que mon boulot est de gérer des machines qui distribuent de l’oseille, tout ce qui est relatif à l’évolution de l’utilisation de l’argent liquide m’intéresse. Hier soir, j’ai bien rigolé, au bistro, en écoutant une conversation entre petits vieux. Notons bien que je m’en fous : les espèces tiendront bien jusqu’à ma retraite mais il faudrait arrêter de faire des réformalacon.

Comme tout le monde semble prévoir la disparition des espèces j’ai interrogé le nouveau machin d’IA (Chat machin d’Open truc). Très pratique ce machin…

Ce machin n’est pas pessimiste : les espèces vont sans doute continuer à baisser mais ne disparaîtront pas.

 


Il y a néanmoins des raisons d’être optimistes quant à la survie du liquide. Tant qu’il restera des types qui dépensent une partie de l’argent du ménage au bistro, ils refuseront que leurs épouses constatent le nombre de paiement par carte au comptoir en lisant les relevés de compte. Quand les jeunes qui ont largement développé l’usage du sans contact devront passer devant le banquier pour obtenir un prêt immobilier et que le lascar fera en face des réflexions, ils rigoleront moins et regretteront une période…

Il y a d’autres raisons moins avouables : quand les patrons des bistros en question ne pourront plus gagner de l’argent au black, ils ne pourront plus utiliser espèces pour payer les heures supplémentaires (un barman travaille souvent 11 heures par jour, cinq jours par semaine : le payer 55 coûte très cher… et est interdit).

Quand vous ne pourrez plus filer de pièces aux SDF, ils n’auront plus de source de revenus (déjà que la suppression des tickets restaurant « physique » ne joue pas en leur faveur).

On peut aussi s’asseoir sur la morale : mon plombier a déjà passé une douzaine d’heures à tenter de réparer la chaudière (sans réussite). J’aurais peut-être aimé lui refiler 100 ou 200 euros en espèces plutôt que de payer de jolies factures avec la TVA. Je sais, c’est interdit.

 


J’utilise de plus en plus ChatMachin pour des recherches sur Internet car les réponses sont souvent plus sûres qu’avec Google. D’ailleurs, ce géant, déjà confronté à la baisse des recettes publicitaires, risque fort d’avoir des problèmes, prochainement, s’il ne change pas (sans même parler des difficultés avec la justice à cause de la « position dominante »).

Il n’empêche que mes petits vieux du bistro auraient eu des informations erronées ou partielles avec ChatMachin (mes extraits). Google nous apprend que des pays qui visaient le « zéro espèces » à court terme font maintenant machine arrière. En Suède, le « mouvement populaire de réaction, baptisé « Kontantupproret » pour « rébellion en faveur du liquide », fait valoir depuis 2015 que les paiements électroniques ne sont pas adaptés aux personnes âgées, aux malvoyants, ou encore aux immigrants, et qu'ils participent à l'exclusion de cette population. D'autres ont alerté sur les risques de paralysie de la société suédoise en cas de cyberattaque ou de panne électrique généralisée. » Même la Banque de France déclare : « nous ne souhaitons pas privilégier un moyen de paiement par rapport à un autre […]. Nous nous devons d'assurer l'équilibre entre eux avec le même niveau de sécurité et d'accessibilité. Il ne faut pas oublier que nous avons un rôle d'inclusion et les espèces sont primordiales pour la partie la plus précaire de la population française qui est contrainte de gérer son argent à l'euro prêt. » 

BiduleChat est un peu perdu d’autant que, comme pour Google, il faut lui poser la bonne question (je suppose que ses bases de connaissance, en plus, son limiter, et qu’il doit lui-même faire des recherches sur le web – ce qui est évidemment une prouesse technologique).

 


En tant que professionnel des distributeurs de billet, j’ai des informations. Je ne peux pas forcément parler de tout ici (non pas que cela soit confidentiel mais, disons que, je ne sais pas ce qu’il l’est et, au fond, tout le monde s’en fout sauf mes collègues et moi). Néanmoins, il est évident que de plus en plus de commune rurale ont des accords avec des banques ou d’autres opérateurs pour maintenir des GAB dans les campagnes, GAB qui ne seront pas « rentables » pour les banques, par exemple.

Ce que j’appelle « des informations » reste quand même de piètre importance pour les moteurs de recherche et les robots d’intelligence artificielle qui cherchent à présenter des résultats aux andouilles utilisatrices.

En plus, elles sont masquées par des publications plus ou moins mensongères, comme cet article de Numérama basé sur un communiqué de presse d’une grande banque. Le titre est « 9 Français sur 10 paient leur baguette en sans contact avec leur CB ». On apprend à la lecture de l’article que ce n’est pas la baguette qui est concernée mais le chiffre d’affaires des boulangeries, par exemple. Surtout, il y a un gros détail : la banque en question ne peut pas savoir quelle est le montant touché en liquide par ses clients.

En revanche, l’article et le communiqué contiennent des informations très intéressantes (mais le titre est mensonger) comme : « Le paiement mobile, qui n’est pas plafonné, connaît aussi une forte croissance. D’une année sur l’autre, il progresse de 163 % (+ 1 128 % par rapport à 2019) ». Mais quel est l’intérêt de parler d’un pourcentage de croissance pour un truc neuf ? Après tout, avant l’invention de la carte bancaire, il n’y avait pas de paiement par carte bancaire. Ou comme disait Nadine Morano à une époque, en faisant rire la population : « Le vol de portable à l'arraché n'existait pas avant que les [...] ». On avait bien rigolé ce qui ne l’empêche pas d’avoir eu parfaitement raison. Je m’égare (et je défends une poissonnière).

C'est le métier de la banque de communiquer sur les moyens qu'elle met à la disposition des clients pour régler, pas d'être objective.

 


En plus, si j’ai des informations (que j’utilise pour me faire du bien en attendant la retraite), il y en a une « clé ». Ce n’est pas confidentiel, c’est sur les sites web des industriels : les ventes de distributeurs de billets restent importantes et les banques continuent à investir. C’est vous dire qu’elles ne croient pas en la disparition des espèces…

La question est maintenant de savoir comment des outils d’intelligences artificielles et des moteurs de recherche peuvent avoir accès à toute l’information nécessaire et « pondérée » afin d’en sortir un résultat crédible. Après tout, mes clients de comptoir sont assez éloignés des industriels du « cash » mais les journaux font des articles qu’ils pourront vendre et donc intéresser le grand public.

En complément, j’ai « caché » dans ce billet, des informations allant dans le sens de la diminution des espèces, comme le coût de traitement par les banques, ceux liés à la sécurité, la lutte contre le blanchiment d’argent par les autorités et j’en passe.

Je vous invite à adopter, pour tester, la même démarche : utiliser les outils disponibles pour faire des recherches sur des sujets que vous connaissez sans doute mieux que les machines, comme votre domaine professionnel, ou, du moins, vous pouvez plus facilement faire fonctionner votre intelligence pour faire le tri des informations parmi celles qui sont présentées en priorité.

 

Profitez-en pour réfléchir au fait que des imbéciles connaissent mieux un certain nombre de secteurs que vous et apprenez à ne pas faire de raccourcis.

02 février 2023

Qui veut tuer la répartition ?



« Par contre, ne mélangeons pas ce sujet avec la réforme des retraites. C'est bien le travail rémunéré qui doit payé les pensions... C'est un peu le principe de base de notre système "par répartition" et ceux qui voudraient modifier cela pour sauvegarder le système mériteraient un stage au cabanon. » écrivais-je dans mon billet du 25 février, reprenant un peu le sujet hier. On va parler en français : ceux qui veulent financer les retraites sur autre chose que les revenus du travail ne se rendent pas compte qu’ils sont en train de tuer la retraite par répartition.

Entendons-nous bien : je suis le premier à dire qu’il faudrait imposer ou taxer les revenus du capital au même niveau que ceux du travail et donc élargir l’assiette du financement de notre « protection sociale ». En outre, je ne fais pas de la répartition une position de principe idéologique mais un système de bon sens : le travail… de ceux qui travaillent finance les pensions de ceux qui ont eu un travail… Le financement se trouve ainsi naturel malgré différents paramètres à ajuster : le niveau des cotisations (salariales et patronales), celui des pensions et la durée de cotisation (ou l’âge de départ).

 

On voit beaucoup de publications de jeunes militants qui « exigent » que les années d’études soient comptées dans « l’âge de départ ». Sur le fond, on peut y réfléchir. Pour ma part, je suis partagé, voire opposé. Imaginons que « l’âge légal » soit de 63 ans. Un type qui commence à bosser à 27 ans après avoir « trainaillé » en études (par bêtise, volontairement, par fainéantise ou parce qu’il a réellement voulu faire de longues études) doit-il avoir les mêmes droits qu’un type qui aurait commencé à 20 ans, soit 20% de plus ? D’autant que ce dernier aura sans doute eu un moins bon salaire donc aura un niveau de pension inférieur ? Pour ma part, il me semblerait plus intéressant de s’occuper de ceux qui ont des carrières « hachées ».

Mais, par-delà ces considérations mathématiques, que vous pouvez d’ailleurs qualifier de « justice sociale », pouvons-nous vraiment considérer que l’on reste dans un système par répartition si l’on fait diminuer la part des cotisations des « carrières longues » dans leur propre calcul du montant des pensions ?

Vous avez deux heures.


Il y a une question, dans le titre de ce billet. Mais l'interrogation que j'ai porte sur la crédibilité de ceux qui défendent n'importe quoi au nom de la défense d'un système par répartition. 

01 février 2023

Des infographies pour ou contre les retraites

 


Alors qu’il apparait de plus en plus évident que la réforme des retraites est inutile (ce que disent même des médias dits de la méchante droite libérale avec du poil dans les oreilles, du moins ceux qui, contrairement à beaucoup, se donnent la peine de lire les rapports des instituts gouvernementaux) et, bien sûr, rejetée par une majorité de Français, les militants de gauche continuent à relayer des infographies débiles dans les réseaux sociaux.

Les partisans de cette réforme ont d’ailleurs un comportement à peu près identique mais ils ne sont pas ma cible (mon but est de faire changer les opposants afin que les arguments deviennent sérieux ; le mot « but » est un bien grand mot – de trois lettres – quand on connait l’audience de mon blog). Je vais donner un exemple : ils font circuler une espèce d’histogramme avec l’espérance de vie après la sortie du monde de travail. La France arrive en tête. Ils veulent démontrer que l’on est différent des autres et qu’il est évident qu’il faut partir à la retraite plus tard pour la financer. Si on suit leur raisonnement, il vaudrait mieux exécuter les gens qui ont déjà passé 10 ans à la retraite pour améliorer les statistiques. Ces imbéciles – je ne vois pas d’autres mots – ne se rendent pas compte qu’il faudrait qu’on change parce qu’on est les meilleurs pour devenir aussi mauvais que les autres…

 


J’espère que je me suis bien fait applaudir par les camarades divers après m’être méchamment moqué des imbéciles de droite mais, il faut maintenant qu’ils appliquent le raisonnement à leurs propres publications.

Prenez cette copie d’écran d’un tweet de François Ruffin raillant Eric Woerth qui ne connaitrait pas le monde du travail (à part le monde judiciaire). Pourtant, Woerth a une vingtaine d’années d’expériences professionnelles divers avant de vivre de la politique. C’est plus (un peu…) que Ruffin. On ne va pas comparer les talents de toutes ces andouilles mais un peu de prudence, dans les publications, semble de mise.

 


Je passe les infographies expliquant qu’il y a plus de morts pauvres que de riches. Entre nous, on comprend ce que cela veut dire mais certaines formulations sont à améliorer. Encore une fois, l’absurde nous donne une conclusion : tuons les vieux pour rétablir l’égalité. Tuons aussi les femmes qui ont un net avantage. On va quand même tenter de dépasser ce stade. D’abord, il faut s’interroger sur les raisons qui poussent les pauvres vers le précipice final plutôt que les riches. Elles sont évidentes. Mais laisser penser que le problème est qu’ils passent moins de temps à la retraite que les autres est abjects ! Et inefficace : vous diminuez l’âge de la retraite, les pauvres continueront à passer l’arme à gauche avant les riches. Et le problème n’est pas l’âge du passage à la retraite mais celui du trépas (je n’ai pas de solution à proposer, malheureusement).

L’autre conclusion débile est qu’il faudrait moduler l’âge de la retraite en fonction du niveau de vie. « Augmenter le niveau de vie pour diminuer le niveau de mort » est amusant mais hors sujet. Les perdants seraient les riches qui meurent jeunes.

Mon propos porte sur les infographies simplistes, je ne nie pas les sujets…

 


Les infographies qui tournent le plus sont celles qui voudraient montrer où l’on pourrait prendre l’argent pour les retraites. Voir ci-contre. Tout d’abord, elles accréditent l’idée qu’il y a un problème de financement alors que la sagesse voudrait que l’on tente de démontrer le contraire…

On peut étudier chaque point.

L’augmentation du budget de la Défense. Ah merde ! Il faudrait arrêter de payer des troufions et des ouvriers des usines d’armement pour financer les retraites… Des chômeurs en plus ?

Le coût du CICI ? Ce machin est discutable mais il a servi à alléger les charges des entreprises pour permettre leur reprise.

L’augmentation annuelle de la fortune des Français ? Je vais y revenir mais le nombre de billets dans le coffre d’oncle Picsou n’a pas augmenté. Il s’agit seulement de l’augmentation de la valeur des actions qu’il a en bourse.

Les sommes versées aux actionnaires sous la forme de dividendes (deux lignes : ceux du CAC40 et le total) ? Il faudrait qu’ils investissent dans les entreprises bénévolement ? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit (je disais récemment qu’il fallait aligner la taxation des revenus du capital sur ceux du travail mais pas prendre tout le pognon).

Les aides aux entreprises ? On parle ici de plus de 250 milliards. Vous pouvez chercher sur Internet à quoi cela correspond (sans oublier, en plus, que c’était en pleine crise sanitaire). Les recettes totales de l’Etat sont de l’ordre de 300 milliards. Il faudrait savoir où l’on trouve ces 250 milliards.

 


La fortune des 42 milliardaires et des 500 plus grosses fortunes ? Je disais que ce n’était pas du pognon dans le coffre de l’oncle Picsou mais de la valorisation boursière. Vous vendez pour récupérer du pognon. Paf ! La valorisation baisse mécaniquement… Sans compter qu’au bout de quelques années, tout aura disparu. Oups ! On vend ? Mais quelqu’un va acheter, alors ? Des investisseurs étrangers ?

Comparaison n’est pas raison disais le sage quand il était à jeun. Néanmoins, avoir une idée de l’ordre de grandeur des montants n’est pas idiot. Par contre, laisser entendre qu’on pourrait récupérer facilement l’oseille est simplement un mensonge. C’est du populisme pur et bête. Je m’y oppose.

Cela masque la seule information chiffrée valable : le déficit prévisible est de l’ordre de 1,4% du PIB, parfaitement stable dans toutes les prévisions du COR et on n’a pas de raison de s’emmerder pour une telle poussière.

Cela masque aussi le fait que prendre le pognon ailleurs que sur les revenus du travail, cela tuait la retraite par répartition (et s’appelait la retraite par capitalisation). Mon troll sénile me reprochait de ne pas l’avoir dit dans mon dernier billet mais je l’avais signalé dans un des précédents. Le pauvre, il ne sait pas de quoi il parle.

Cela masque également un élément que j’ai rabâché dans d’autres billets : on ignore tout des évolutions des conditions de travail liées aux progrès technologiques. La logique voudrait quand même qu’on finisse par tuer un certain nombre de boulots idiots et on ne va pas maintenir artificiellement un salariat pour permettre de redistribuer la création de richesses sous la forme de travail. Ou alors nous serions bien cons.

 


Enfin, il est temps d’ajouter un argument : le réchauffement climatique et les évolutions du climat. On ne sait même pas si la montée annoncée du niveau de la mer nous permettra de vivre normalement et on ne sait pas si les conditions environnementales et autres nous permettront de continuer à dépenser du pognon sans compter. Le jour où les ressources en pétrole auront disparu, on n’aura pas l’air malins. Je ne suis pas pessimiste pour autant mais il me semble que les militants contre la réforme des retraites ont pour beaucoup une vocation d’écologistes en herbe, voire de décroissant.

A mon avis, le suicide serait plus efficace que la publications d’infographies dans les réseaux sociaux.

31 janvier 2023

Lettre ouverte à Dominique Macron et Jacques Borne

 


Ma chère Elisabeth, Mon cher Emmanuel,

Mme la première ministresse, M. le Président TC,

N’allons pas par quatre chemins : par la présente, je vais vous suggérer de retirer votre réforme des retraites dans les meilleurs délais et sans préambule. Nous allons commencer par couper court au débat et à la question que nous avons sur nos lèvres desséchées : cette réforme est-elle nécessaire ou indispensable ? Notez bien que j’ai un avis. La réponse est deux points ouvrons les guillemets négative mais peu importe. De toute manière, toute la gauche est persuadée qu’elle ne sert à rien, est injuste et j’en passe. L’extrême droite, dont nous devrions conchier l’avis, devrait dire la même chose mais elle est quand même capable de faire basculer une majorité au Parlement. La droite dite républicaine ou de gouvernement devrait être partagée. Les centristes, en revanche, voterons pour votre texte. On s’en fout.

La question reste ouverte mais, entre nous, nous parlons de quelques milliards par an et on ne va pas se triturer les testicules vu que cela ne fait quand même rien par rapport à nos différents budgets et, comme dirait les opposants qui mélangent tout par rapport à toutes les aides, aux bénéfices des grandes entreprises, aux dividendes versées par celles du cacarante.

Ne me dites que, après le « quoi qu’il en coûte », cela vous dérange beaucoup ?

 


La question est de savoir pourquoi recommandationnais-je ce revirement immédiat mais sans frais. Tu te rappelles du CPE ? Et ça ne te dérange pas si je te tutoie en parlant à vous deux, en tant que tête de l’exécutif ? C’est l’histoire du petit Villepin qui fut première ministresse en son temps – il était un peu précieux. Et l’histoire du grand Chichi qui présidait en fuyant tout emmerdement pour finir son quinquennat bien aimé du peuple malgré la reprise des essais nucléaires et son épouse du même métal.

Ils ont dit « bon ben les gars, on va faire le CPE. » Il s’agissait de permettre aux entreprises d’embaucher des jeunes, y compris des blancs, aux conditions du bon vieux temps de l’esclavage tout en leur versant une indemnité digne de la moitié du montant minimum. Les jeunes n’étaient pas contents et le dit peuple était un peu énervé. Alors personne n’était satisfait et les manifestations continuaient dans la rue après le vote de loi instaurant ce truc vu qu’on les prenait tout de même un peu pour des cons, ce qui se voyait autant que la peau de mon ventre quand je n’ai plus de tee-shirt 6XL à me mettre même si les raisons ne sont pas identiques.

C’était tellement le bordel que le grand Chichi a dit ah ben c’est trop on va arrêter ce truc. La Constitution disait quand même qu’il devait promulguer une loi votée alors il l’a promulgationnée tout en faisant voter par le parlement une loi d’annulation ou un truc comme ça, les détails ne m’intéressant pas trop, ils m’échappent.

L’exécutif fut alors couvert de ridicule.

Ben mes cochons, Elisanuel et Emmabeth, j’ai bien l’impression que l’on fonce droit vers le même mur honteux. Le peuple est mécontent. Il y a eu les gilets jaunes, le virus, la guerre en Ukraine, l’inflation et tout ce que j’ai oublié et ça commence à bien faire. Les manifestations pourraient bien se multiplier et nous frôlerions alors la révolution ce qui m’empêcherait d’aller siroter mes demis sereinement dans un des bistros du quartier.

J’ai l’air de déconner mais pas du tout. La vérité est que je le sens mal et les barouds d’honneur me les brisent.

 


En retirant ce projet de loi et en passant quelques trucs un peu sociaux voire sociétaux comme l’obligation pour les clergimanes pédophiles d’épouser leurs victimes vous « achèteriez la paix sociales » et ça m’arrangerait assez.

Ensuite, vous pourriez faire passer n’importe quelle loi comme celle sur l’immigration qu’il y a dans les papiers pour donner une heure de gloire à M. Darmanin. Nous retrouverons une situation normale : les gauchistes seront scandalisés et les fachistes trouveraient que vous n’en faites pas assez. Mais le mécontentement ne serait que fictif dans la mesure où personne n’a rien à cirer de l’immigration du moment que ce n’est pas chez eux.

De toute manière, une loi ne servirait à rien : vous n’allez pas bloquer les frontières où, alors, il faudrait faire venir des travailleurs immigrés pour construire des murs qui pourraient les empêcher de repartir à l’issue des travaux. Toutes les autres mesures seraient inutiles sauf si elles sont vraiment inhumaines au point où, même dans les pays exotiques, on aurait du mal à les supporter.

Je pourrais être critiqué, pour ces propos, par mes amis réactionnaires mais le journal Le Monde nous en dit plus sur ce projet : « Ce texte, intitulé « Pour contrôler l’immigration, améliorer l’intégration » et que Le Monde a consulté, se décline en vingt-cinq articles. Il y est question de conditionner l’octroi de titres de séjour pluriannuels à la maîtrise d’un certain niveau de français ; de créer un titre de séjour « métiers en tension » accessible aux travailleurs sans papiers ; de renforcer la « double peine » en levant certaines protections à l’éloignement à l’encontre d’étrangers délinquants ; de pouvoir retirer un titre de séjour à un étranger « en cas de rejet des principes de la République » ; de réformer la procédure de demande d’asile pour raccourcir les délais d’instruction ou encore de simplifier le contentieux des étrangers. »

Admettez tout de même que les violons n’ont pas fini de déborder. Mais on s’égare. Je lutterai contre ce texte dans mon blog quand le moment sera venu et j’aurai du mal à trouver un angle d’attaque tant je m’en contrepignole. Vos suggestions seront les bienvenues. Pour les manifestations à venir, veuillez veiller à ne pas boucher les entrées des brasseries.

 


Il vous reste un double volet à régler : comment annoncer l’annulation de la réforme des retraites aux Français tout en ménageant vos supporters qui soutiennent cette réforme des retraites par pur principe. Tout d’abord, je pense que c’est Manu qui doit s’y coller vu qu’il y a déjà eu une réforme avortée lors du premier quinquennat et que c’est lui qui a promis des bêtises.

Vous pourriez commencer par inviter à déjeuner (le même jour, pour limiter les frais) le président du Conseil de l’Europe et la petite dame que personne ne connait mais qui préside la grosse commission pour leur demander de préparer le terrain (encore plus) avec un discours qui consisterait à dire « ah ah, il y a un malentendu assourdissant : l’Europe n’a pas à donner des consignes sur la gestion des comptes sociaux et le système des retraites n’est pas en danger même si le déficit c’est mal, hein ! » Ensuite, vous pourriez envoyer vos troupes détailler des éléments de langage du genre « ah ben ils font chier les socialopes, la réforme qu’ils ont faite du temps d’Hollande avec Touraine, était bien pire que ce que l’on fait là mais comme ils ont fait passer leur usine à gaz sur la pénibilité, le peuple s’est endormi. »

Après, vous profitez des scandales des Ehpad pour lancer une grande consultation (ça fait toujours bien) sur le thème « putain de bordel, comment ça se fait que les structures publiques dépendant des municipalités ou des hôpitaux assurent un bon service pour 1800 euros par mois alors que les structures privées arnaquent des gens qui paient quand même 3 ou 4 000 balles avec un service qui pourrait donner des érections à Mme Lucet ? ». Cela n’est qu’un exemple mais aussi un excellent prétexte pour annoncer une grande réforme à venir (officiellement…) autour du vieillissement de la population et donc remettre en cause les actuels projets sur les retraites en faisant semblant de ne pas y toucher.

Enfin, Manu fera un grand discours solennel : « je vous hais, compris ? » Après, il faudra broder, je ne peux pas tout faire. « Au vu des mouvements sociaux, nous voyons bien que vous êtes beaucoup plus préoccupés par les conditions de la retraite, la dépendance, la fin de vie que par l’âge de la retraite » même si c’est tout le contraire « nous allons donc entamer de nouvelles concertations globales. » Puis vous n’avez pas de raison de vous faire chier : « nous allons commencer par proposer en urgence une légère augmentation des cotisations au-delà du plafond de la sécurité sociale pour améliorer les petites retraites puis pour indexer les populations sur les salaires » ou n’importe quoi d’absolument incompréhensible.

 

A vous de jouer, mes cher.e.s, et agréez donc en passant mes salutations distinguées et tout ce que vous pourrez agréer.

25 janvier 2023

Taxons les riches !


 

L’ineffable et célèbre Prix Nobel d’économie (discipline qui ne devrait pas exister nobellistiquement mais ne réactionnons pas) « propose de mettre en place un taux d'imposition mondial spécial de 70% sur les revenus les plus élevés et un impôt sur la fortune de 2 à 3 %. » J’imagine que nos gauchistes préférés sont en PLS surtout s’ils traduisent, comme BFM, « LE PRIX NOBEL JOSEPH STIGLITZ PROPOSE DE TAXER LES PLUS RICHES À 70% POUR RÉDUIRE LES INÉGALITÉS » (les majuscules sont offertes par la maison).

J’attire quand même leur attention sur deux points. Tout d’abord, il ne parle pas de taxer les plus riches à 70% mais les plus hauts revenus. Ne confondons pas les riches (qui possèdent une fortune) et ceux qui gagnent de l’oseille, sinon on va cibler des pauvres gens (comme moi – smiley – qui dispose d’un appartement valant plus de pognon que la moyenne mais uniquement parce qu’il a pris de la valeur depuis son achat, ce qui n’a rien à voir avec mes revenus).

En outre, il parle bien de faire cela au niveau mondial. On sait que c’est à peu près impossible. Nous pissons donc dans un violon pour rien et il faut arrêter de dire que c’est de la faute de Macron si cela ne se fait pas. C’est bien la preuve que les prix Nobel d’économie ne servent pas à grand-chose : ils préconisent des solutions impossibles.

 


Ce week-end, dans TikTok, je suis tombé sur une interview ou une conférence de presse Du Général (les majuscules sont là pour souligner qu’il s’agit du vrai général, celui qui a prêté son nom à la place de l’étoile) qui date évidemment un peu vu qu’il nous a quitté quatre ans après ma naissance, sans doute à cause de la dépression induite.

Il faisait l’éloge du capitalisme et je me suis dit ah ben il était bien de droite, papi, en disant, pour résumer, que c’était la seule solution pour créer des richesses. Et finissait par taper dessus en expliquant que le système capitaliste ne faisait d’engraisser les salauds de riches et ne participait pas à la redistribution, à la solidarité et tout ça et finissait donc incapable de garantir une espèce d’équilibre.

La seule conclusion qu’on pouvait retirer de ses propos est bien qu’il fallait taxer tous les revenus au même niveau que ceux du capital, ce qui serait de nature à me mettre en joie si je n’étais pas tiraillé par l’appétit qui me vient en cette fin de matinée.

 


Commençons déjà, entre nous-autres, stupides salariés, par se mettre d’accord sur la nécessité de taxer tous les revenus du travail de la même façon. Dans ces revenus du travail, il y a déjà les heures supplémentaires. Sarkozy avait inventé leur défiscalisation ce qui fût une erreur notoire pour différentes raisons. Hollande a supprimé ce truc. Macron l’a rétabli (décidément, si je comprends qu’on puisse être de gauche et avoir soutenu Macron par conviction en 2017, le fait qu’on puisse continuer à le faire autrement que par défaut en 2023 me parait surréaliste).

Commençons donc par refiscaliser ce machin.

On doit faire à l’identique avec toutes les primes et, surtout, avec tout ce qui relève de la participation et de l’intéressement. Après, on s’intéressera aux stock-options (c’est un peu compliqué mais on doit pouvoir faire la différence entre le prix d’achat « pratiqué » et le cours en bourse et imposer la différence). Je m’excuse d’être un peu précis mais il faut bien que j’aille jusqu’au bout de mon raisonnement. Dans le lot, n’oublions tous les petits revenus liés au travail comme les tickets restaurant et les subventions du CE. C’est peut-être dur à attendre mais pourquoi un type aurait-il un don au titre des œuvres sociales pour aller voir des spectacles pornographiques ou des séances de piscine pour mater les gonzesses sans être imposé ? Pour aller plus loin, pourquoi un type aurait-il une complémentaire santé payée par son employeur (et non comprise dans le revenu imposable) alors que d’autres n’en ont pas ?

Nous avons donc tous ces revenus qui, en plus du salaire de base, doivent entrer dans petit un le calcul de l’imposition progressif sur le revenu, petit deux les contributions genre CSG, petit 3, les contributions salariales, à la charge du salarié comme de l’employeur.

Quand on aura fait ça, déjà, on n’aura plus de problème de financement des retraites (si tant est qu’on en ait réellement un). Non mais sans blague.

 


Après, il nous faudra bien traiter les autres revenus que l’on prendra soin de séparer en trois pour notre délire mondial momentané : les revenus du capital, les plus-value (c’est pareil) d’un côté ; ceux de l’immobilier, y compris les plus-values, de l’autre et, enfin, les successions.

Dans une parenthèse, je parlais de mon appartement. Il serait injuste que je sois taxé pour l’avoir mais, si je le vends, il ne parait pas totalement immoral qu’on m’impose sur le pognon que j’aurais gagné par cette vente… On va mettre un délai de prescription (comme pour toutes les plus-values) comme nous ne sommes pas des chiens et un peu de stabilité dans le capital ne fait pas de mal. Disons 10 ans. Tout cela n’est pas si simple. On devoir supprimer les PEA, par exemple, vu que le délai court à partir de l’ouverture et pas de l’achat des titres. Nananère. Concentre-toi, bordel. Je ne suis pas un spécialiste mais je peux théoriser un tas de trucs. On nous a dit qu’il fallait taxer les riches, enfin !

 


Je pense avoir été assez complet – et formel – sur l’imposition sur les revenus mais je n’ai pas abordé deux sujets : l’imposition des successions et celle du capital. Pour les revenus, je voulais aussi signaler que ça n’est pas si simple que cela en a l’air.

Je n’ai jamais été un grand partisan de l’imposition sur le capital (la fortune, pas les revenus, essaie de suivre) et je l’ai souvent dit dans ce blog (aussi pour titiller mes potes de gauche). Par contre, je pourrais en faire des tonnes au sujet des successions, surtout parce que l’entassement du capital me parait une calamité.

Mais là, j’ai la flemme.

 

On va quand même résumer : les plus-values et les dividendes doivent être taxés comme les revenus du travail et Macron a fait une connerie avec la flat-tax. 

Par contre, ne mélangeons pas ce sujet avec la réforme des retraites. C'est bien le travail rémunéré qui doit payé les pensions... C'est un peu le principe de base de notre système "par répartition" et ceux qui voudraient modifier cela pour sauvegarder le système mériteraient un stage au cabanon.

23 janvier 2023

Le parti au fond du trou

 


S’il y a quelque chose qui fonctionne moins bien qu’Internet au Plessis-Hébert, en France, c’est bien la démocratie interne au Parti Socialiste. Tout d’abord, je n’ai jamais compris comment un parti démocratique pouvait choisir son patron avant le congrès où devraient être débattues les différentes orientations.

A l’heure où je mets sous presse, Olivier Faure a été déclaré vainqueur par son club de supporters, ceux de Nicolas Mayer-Rossignol continuent à refuser ce résultat à cause de nombreuses irrégularités et les Français n’ont plus aucune confiance : personne n’a la moindre crédibilité. Bien sûr, je ne suis pas neutre. Je ne souhaite pas la victoire de Faure. Tout d’abord, je suis persuadé qu’il est un mauvais stratège depuis l’élection européenne de 2019, en passant par la désignation de la candidate à la présidentielle pour 2022 (je ne sais pas si un mauvais choix avait été fait mais il n’y avait eu aucun débat d’envergure nationale). Ensuite, il y a la participation à la Nupes qui est une erreur majeure pour des raisons que j’ai largement déjà évoquées dans le blog mais aussi parce que, à l’heure où la macronerie s’enfonce à droite, il y est surréaliste de voir la social-démocratie s’allier avec la gauche radical et perdre toute espoir de retour en grâce. Il y avait un boulevard, non pas pour arriver en tête, mais, au moins, pour ne pas se transformer en poussière…

Par contre, on ne peut pas dire que je sois partisan de Mayer-Rossignol vu que je ne le connaissais il y a quelques semaines.

 


Depuis que j’ai des copains blogueurs membres du Parti Socialiste, je m’intéresse à ces histoires de congrès, d’autant que je les ai rencontrés, pour la plupart, juste avant le fameux congrès de Reims, en 2008, et l’affrontement entre Ségolène Royal et Martine Aubry. Ces querelles ne datent pourtant pas d’hier. On se rappelle les bisbilles entre Jospin et Fabius, par exemple, et on pourrait remonter bien plus loin. Rappelons-nous les amours entre Mitterrand et Rocard.

Ce week-end, j’ai lu beaucoup de comparaison entre la situation actuelle et les bagarre du passé. Or, dans les époques précédentes, le PS était encore un parti de gouvernement et les candidats étaient des personnes reconnues. En 2008, Martine Aubry était ancienne ministre, la « dame des 35 heures ». Ségolène, ancienne ministre aussi (mais moins connue pour cela) mais surtout ancienne candidate à la présidentielle. En 1990, à Rennes, Fabius était un ancien premier ministre et Jospin un ancien premier secrétaire (comme Faure mais bien plus connu) mais aussi ministre reconnu.

Faure et Mayer-Rossignol ne sont rien.

Et, au moins, en 2008, l'affrontement a débouché sur la mise en place d'une nouvelle direction. Elle a abouté à la victoire à la présidentielle d'un socialiste, même si le scénario aurait été jugé improbable à l'époque. Cette fois, c'est plus qu'improbable...

 


A contrario, en temps que vague observateur, je n’ai jamais rien compris aux différences entre les motions présentées au suffrage interne. Je suis sans doute un abruti mais je suppose que les français étaient comme moi.

Cette fois, la différence est claire : Nupes ou pas Nupes.

Mais, vu d’un autre côté, c’est enterrer, ou pas, la social-démocratie, déjà laissée de côté par une partie du PS à la fin du quinquennat d’Hollande.

C’était idiot.

 


Comme dit Trub : « « Je suis ancien combattant, militant socialiste, patron de bistrot. C’est dire si, dans ma vie, j’ai entendu des conneries.  »

Michel Audiard

J'ai beau l'avoir quitté depuis longtemps, je suis toujours avec grand intérêt les péripéties de ce qui a été ma famille politique. J'admire les copains qui ont choisi d'y rester, continuant d'avaler les couleuvres qu'on nous faisait avaler. Audiard c'est pour la rigolade. Bachelot le cite dans son bouquin et c'est toujours bien de citer de l'Audiard. »

 

Alors qu’ils se débrouillent.

Je propose de faire une motion demandant le rétablissement d’Internet dans toute la Normandie.

20 janvier 2023

Travaillons moins !


 

« Comment certains Français peuvent-ils espérer à la fois travailler moins chaque semaine et pendant moins d’années que leurs voisins, bénéficier de prestations sociales supérieures et sécuriser leur retraite? Les richesses qui ne sont pas produites ne peuvent pas être distribuées. » C’est un de mes contacts macroniste de Facebook qui a republié dans ce réseau ce Tweet d’un certains François Cherix qui est un écrivain, militant socialiste (oui…) suisse. Il passe sa vie à défendre Emmanuel Macron dans les réseaux sociaux.

Il fait bien ce qu’il veut, ce bougre.

Tout d’abord, en préambule (car ce n’est pas le sujet de mon billet), il faut être très prudent lors des comparaisons avec les autres pays (du moins, quand ça m’arrange, hein !). Il faut comparer aussi le taux de chômage et différentes statistiques sur le niveau de vie des anciens… Ensuite, toujours en marge, j’ai du mal à comprendre que l’on puisse être de gauche et ne pas avoir une vue globale de l’économie et que seul le travail permet la production de richesse. Cela étant, je n’ai pas à diffuser des brevets de gauchisme.

 

Je vais essayer de lui expliquer même si un enfant de trois ans le comprendrait assez bien. Quand un hypermarché remplace des caisses traditionnelles par des caisses automatisées, c’est bien, au minimum, pour avoir autant d’argent avec moins de personnel, donc de travail, et ainsi améliorer sa rentabilité. En fait, il va même en gagner plus, probablement, vu que le « débit » de clients est meilleurs dans les machins automatisés, d’autant qu’ils prennent moins de place.

Il va donc produire au moins autant de richesse avec moins de travail. Je me répète un peu. On appelle ça, aussi, du gain de productivité. Ce qu’on aimerait, c’est que ce gain de productivité soit mieux réparti entre les entreprises et les braves gens. Plutôt que de « tout reverser aux actionnaires », On peut envisager différentes solutions comme faire travailler moins les caissières (vu qu’elles ont moins de travail), améliorer la rémunération des caissières subsistantes, baisser les prix, augmenter les cotisations de l’employeurs pour compenser la suppression de personnel. Je n’ai pas le remède miracle (le dernier point, par exemple, revient à la « taxe robot » de Benoît Hamon, en 2017, mais elle était très mal présentée) d’autant que je crois à une globalisation de l’économie. Il faudrait que la société en général améliore le partage des gains de productivité.

Je ne vais pas multiplier les exemples mais les gains de productivités sont partout. L’autre jour, j’étais en consultation à l’hôpital, l’infirmière du service m’a fait une prise de sang et j’ai reçu le résultat par mail : ça évite de payer des salariés à imprimer des âneries et à les glisser dans des enveloppes.

 


Les militants de gauche sont souvent obtus devant ces gains de productivité, ne voyant qu’une manière de plus, pour l’employeur, de s’en foutre dans les poches. Néanmoins, « caissière » est un métier pénible. Sans compter le fait de supporter des crétins à longueur de journée, il faut prendre des produits sur un tapis, les passer devant un lecteur de code barre, les reposer de l’autre côté… Je ne vous parle même pas de la jouissance de mettre des résultats d’analyse à la chaîne dans des enveloppes…

Ces gains de productivité, liés à un progrès technique, sont bel et bien une amélioration globale de notre sombre monde et il faut arrêter de prétendre le contraire, bordel de merde.

 

Mais, revenons à notre réforme des retraites. Nous avons d’un côté le progrès technique avec ses gains de productivité et un tas de chômeurs en stock mais un gouvernement qui voudrait que l’on travaille plus. Cela va exactement à l’encontre de ce qu’il faudrait faire (et nous pousse dans le même mur que les voisins dont au sujet desquels je parlais en début de note).

Le « travailler plus » aurait un sens si l’on pouvait réellement produire plus, consommer plus et ainsi de suite (ce qui ne colle pas, d’une part, avec notre fainéantise naturelle et, d’autre part, avec la protection de l’environnement) mais cela n’a pas de sens : je n’ai pas besoin de consommer plus (et ce qu’ils l’ont, ce besoin, ont surtout besoin de pognon) et on n’a pas besoin de produire plus quand on a atteint notre « niveau social ».

 

Cette réforme est donc une hérésie. Elle est réduite, par la droite, au financement à long terme des retraites alors que le sujet est plus vaste. D’ailleurs, on parle d’un besoin de financement de l’ordre de quelques pourcents du PIB, pourcentage qui pourrait d’ailleurs être compensé en partie par les gains de productivité en question.

Puisque vous insistez, voila un exemple : grâce au Covid, on a popularisé – voire presque inventé – le télétravail. Pourquoi les entreprises devraient continuer à construire des immeubles de bureau alors que 25% des salariés peuvent maintenant réduire de 60 ou 80% leurs temps de présence dans les locaux de la boite ? On va d’ailleurs y venir… Et je radote : les ouvriers du bâtiment n’ont pas besoin de travailler plus et on ne va pas tous les licencier. Les paramètres de l’équation ne doivent pas porter que sur la retraite…

 


Cette hérésie est souvent combattue par la gauche par des mauvais arguments comme la défense d’avantage acquis ce qui ne fait que conforter les partisans dans leurs positions relatives à la nécessité de travailler plus pour produire plus de richesses que l’on pourrait distribuer.

On trouve beaucoup de commentaires dans les réseaux sur l’augmentation du nombre de milliardaires et les « gains du CAC40 ». C’est maladroit : on va finir par chasser les milliardaires… voir à faire une liste des 200 familles, vieux mythe qui ne va pas nous rappeler les heures les plus glorieuses de notre histoire…

On ferait mieux de chercher l’apaisement (dit l’imbécile angélique) plutôt que la confrontation. Il n’empêche que cette augmentation des revenus du capital est bien la preuve que la production de richesses est réelle et qu’il faut arrêter de nous prendre pour des abrutis. Par contre, il faut arrêter de dire que l’on doit prendre du pognon où il est : une valorisation boursière n’est pas du pognon. Tout peut s’effondrer. C’est le résultat de prévision au sujet de l’évolution des entreprises, pas la vraie richesse des gens.

Ah ! Vous voulez encore un exemple : la valeur de mon appartement à doublé ou triplé depuis que je l’ai acheté mais ce n’est pas du pognon. Si je le vends, il faudra bien que j’habite quelque part… Toutes les choses étant égales par ailleurs d’autant que patati patata.

 

J’en veux beaucoup aux gens de gauche en général qui ont chié sur le quinquennat Hollande qui a pourtant mis en place la mesure la plus utile de tous les temps depuis l’obligation d’entretenir les pompes à bière : aligner la taxation des revenus du patrimoine sur ceux du travail. Cela résolvait une partie de notre souhaitée redistribution. J’en veux aussi à mes confrères d’une gauche modérée qui a fleuri sur la répartition du temps de travail, les trente-cinq heures et tout ça et n’arrive pas à mettre des baffes à la macronerie qu’ils continuent à soutenir.

Cela relève du cabanon.

 

Travaillons moins. J’y excelle.

18 janvier 2023

La réforme des retraites en bérézina pour la gauche

 


Si mon blog est peu actif (enfin… c’est surtout moi) depuis quelques temps, c’est que l’actualité politique est sans intérêt et que je suis tiraillé, quand j’ouvre mon clavier, entre deux sujets : les élections internes au Parti Socialiste et la réforme des retraites. Sur les premières, je pourrais exprimer ma satisfaction de ne pas avoir assisté à un plébiscite pour Olivier Faure : voir la moitié du parti croire en une autre stratégie que la nuptiale me ravit, et pas qu’au lit, et je pourrais en faire des tonnes pour dire pourquoi cette alliance est mortifère. Mais on s’en fout.

C’est d’ailleurs pareil pour la réforme des retraites. Ou presque. Je vous passe le fait que je risque bien d’avoir à trimer durement à la mine pendant neuf mois de plus. En revanche, on s’ennuie. Dans cet article de 2014, par exemple, l’Insee nous rappelle le nombre de réformes depuis 1993 (sans compter celles avortées, comme en 1995) : 1993, 2003, 2010 et 2014. Depuis que je tiens ce p… de blog, j’ai l’impression de tourner en rond et je suppose que les concitoyens néanmoins électeurs, presque par définition, ne doivent pas être loin de mon état d’esprit. Mitterrand avait peut-être fait trop fort en passant de 65 à 60 ans.

C’était pourtant beau.

 


Je suis opposé à cette réforme mais si je ne fais pas plus de billets de blog, c’est que je suis fatigué des arguments de courte vue présentés par la gauche (et toujours les mêmes, ceux que j’ai défendu par le passé) et que je ne crois plus du tout au rôle « militant » des blogs politiques. D’ailleurs le mien s’appelle « partageons mon avis » : je ne suis pas là pour défendre quoi que ce soit mais pour donner mon avis dont au sujet duquel la plupart des quidams peuvent se foutre à peu près autant que de la première boniche qu’ils ont culbutée au bureau à cause d’horaires délirants.

Mon confrère mais néanmoins ami, de gauche et supporter de Macron, pour vous dire à quel point il cumule, a fait un billet en étalant ses réflexions sur cette réforme. Si vous le permettez (et même si vous l’interdisez, d’ailleurs), je vais en reprendre quelques-uns.

 

Le premier : « j'ai toujours affirmé mon soutien à Macron. (ça c'est pour mettre les choses au clair pour les visiteurs perdus qui pourraient tomber sur ce billet) » En 2017, je n’étais pas du tout opposé à Macron, au point que j’ai voté pour lui quand j’ai « pris acte » que les andouilles gauchisantes allaient se vautrer. Je rappelle quand même que, à cette époque, notre VRP suprême se disait opposé à une augmentation de la durée de cotisation. Au moins, il respectait un des principes forts de la gauche : partager le travail…

Il ne me paraitrait pas inutile que les électeurs de gauche passés chez Macron n’oublient pas ce léger détail et rappelle au gugusse ses prises de positions passées même si on ne doute pas que son revirement de 2022 a quelques raisons électorales de siphonnage de la droite traditionnelle…

 


Le deuxième : « comparé aux autres pays, en France on part à la retraite tôt. » Ce n’est pas une raison. On ne peut pas comparer les pays en oubliant certains détails, comme le taux de pauvreté des personnes âgées et ce genre de bricoles.

Le quatrième (je ne vais pas tous les revoir, non plus) : « le niveau du pouvoir d'achat des retraités en France dépasse celui des travailleurs. » Le sujet mérite débat. Déjà, je ne suis pas sûr que ce qui était vrai il y a dix ou quinze ans le reste. Sans compter que l’âge amène des charges comme le règlement des factures des Ehpad. Toujours est-il que, quand je vois des retraités de plus de 80 ans, je constate qu’ils sont bien assis mais cela n’est plus vrai pour les plus jeunes (notamment depuis que le montant des pensions est basé sur les 25 meilleurs années et plus les 10). J’ai un âge où des proches commencent à « liquider leurs droits » et on ne peut que constater une vraie baisse de revenus. Il faudrait être saoul pour prétendre le contraire.

L’article de l’Insee que je mets en lien dit, par exemple : « Toutefois, les pensions vont évoluer moins rapidement que les revenus d’activité et l’écart entre les deux sera plus important dans les scénarios de croissance plus forte. » Le rapport du COR, cité par tout le monde pour le meilleur comme pour le pire, dire un peu la même chose.

C’est préoccupant.

 

Le onzième (j’ai franchi un gap…) : « il y a autant de régimes spéciaux de retraite que de corporations. » Depuis toujours, cela m’énerve que les réformes des retraites mélangent tous les régimes. Il est clair, à mon sens, qu’on devrait fusionner tous les régimes, non pas par méchanceté mais parce que le monde du travail évolue pendant la quarantaine d’années d’activité et parce que notre système est quand même basé sur la solidarité nationale. On a tous en tête des « régimes » fortement déficitaires qu’il faut renflouer. Quant à ceux excédentaires, rien ne les empêche d’avoir une cagnotte spécifique, une « complémentaire des complémentaires » et qu’ils arrêtent de nous les brouter.

Le quinzième (et j’arrête là) : « le COR contrairement à la gauche n'a pas de boule cristal ». Justement, les partisans de la réforme se basent autant sur ce rapport que les opposants et il faudrait arrêter de nous prendre pour des guignols. C’est un rapport qui prend des hypothèses et expose les impacts bruts. Point barre.

 


Toujours est-il qu’il n’y a pas de problème de financement des retraites (par contre, il y a un problème de baisse de pouvoir d’achat des retraités) avec des prévisions à 50 ans (on croit rêver…) à peu près constante avec un coût du système de l’ordre de 14% du PIB avec un ou deux points de variation. Quand on considère les aléas de nos budgets (notamment en période de « quoiqu’il en coute », on devrait sérieusement ne rien en avoir à cirer.

Par contre, mais copains de gauche n’arrête pas de faire des publications sur le thème : il y a du pognon, il suffit de le prendre ailleurs. Ils oublient d’ailleurs les principes de la retraite par répartition : les cotisations des salariés permettent de filer des sous aux heureux pensionnés. Ils en sortent des infographies (et la presse de gauche officielle ne se lasse pas d’en rajouter, il faut bien vivre) sans même se rendre compte qu’ils sont hors des clous.

N'oublions d’ailleurs pas que le CAC 40 a été divisé par deux entre fin 2000 et début 2003 : prendre du pognon ailleurs ne tiendra pas longtemps si le pognon d’ailleurs disparait.

 

Il n’empêche qu’on est au cœur des politiques à envisager : comment permettre aux pue-la-sueur que nous sommes de profiter des évolutions de la production des richesses et des modes de production, notamment avec une probable baisse du travail… ?

On ne pourra pas continuer à éluder ce sujet, que cela soit d’un point de vue « de droite » en niant les problèmes que de gauche en sortant n’importe quels arguments. C’est ballot, en 2017, quand j’ai choisi Macron, c’était au cœur du projet du candidat du Parti Socialiste avec l’incompris revenu universel et la très mal nommée taxe sur les robots.

 


Ca ne devrait néanmoins pas empêcher les types de gauche croyant sincèrement à Macron à l’époque de pouvoir réviser leurs positions : le seul argument pour Macron reste la nullité de la gauche. Et le débat au sein du PS ne le montre pas.

Il y a d’ailleurs eu une altercation à l’Assemblée, hier, largement relayé par les réseaux sociaux, entre Olivier Faure et Olivier Dussopt. Faure a été nul : l’invective ne sert à rien. Il n’empêche que le ministre du travail pourrait se rappeler d’où il vient. Wikipedia est là pour nous aider : « Proche de la Nouvelle Gauche avec Benoît Hamon, il est membre du Conseil national du Parti socialiste », à propos de ses débuts en politique.

Faudrait pas vieillir. En plus, il a un menton balladurien. Mais on avait dit : pas le physique.