24 mai 2020

Conf 69 - Une vie sans bistros est possible, c'est dommage !


Super soirée au Bobo Bistro Grâce à Mathilde Merci Patrice l ...Au soixante-neuvième jour depuis le début du confinement, c’est un peu comme si on allait finir la dixième semaine, si je compte bien. Ce matin, j’ai enfin fini mon billet sur le deuxième tour des municipales. Il faut dire que ça fait plusieurs jours que je me lève très tôt. J’étais debout à trois heures ce matin ! Je n’ai aucun manque de sommeil mais j’ai des horaires idiots. Hier soir, j’ai regardé un passionnant documentaire et je vous conseille fortement d’y consacrer une heure et je me suis couché juste après, avant 22 heures. Que vouliez-vous que je fasse ?

Si le miconfinement dure, il va falloir que j’achète une télé pour faire comme toutes les andouilles : attendre devant par habitude pour que le temps passe avant de mettre le jambon dans le torchon. Quelle vie de con en cette absence de bistro ! Il y a trois mois, je rentrais vers 22h30 ou 23h, je dînais, faisais le con sur internet et hop, au lit !

Il n’empêche qu’on a fait notre troisième apéro en plein air avec Patrice. On achète des bières fraiches à l’Arabe du coin, place de la Comète, et on les boit accoudés aux barrières mobiles qui empêchent l’accès des véhicules sur la place. Je commence à bien aimer ça. Des connaissances – qui furent copains de bistro dans une autre vie – passent et on papote. Même des inconnus qui nous ont déjà vu commence à dire bonjour…

Ce midi, il faisait un peu trop froid pour que le moment soit agréable. La bonne vie ne tient qu’à une veste…

J’aime aussi nos apéros de blogueurs en vidéo, tous les samedis soir. Je me demande si je ne vais pas les poursuivre quand les bistros seront rouverts. De 18h30 à 20h. Hier soir, on a surtout parlé des problèmes de la grande distribution.

Demain, lundi, l’Arabe du coin est fermé. Ce n’est pas grave, nous avons notre « visio afterwork » avec les collègues. J’aime bien aussi. En temps normal, je fuis les soirées avec eux mais, maintenant qu’on ne se voit plus toute la journée, ils commencent à me manquer. Ces visios sont très sympas et je regrette qu’il y ait peu de participants.

Une vie sans bistro est possible. Mais quelle vie de con !

Réinventer la campagne pour les municipales


 Le Kremlin-Bicêtre, ce samedi. Jean-Luc Laurent (MRC-GRS) a choisi le quartier sensible des Martinets pour lancer son premier week-end de campagne.La date du second tour a été fixé et il y a bien sûr des polémiques mais ne rentrons pas dedans maintenant sauf pour citer quelques faits dont l’essentiel : la campagne ne pourra pas se dérouler comme d’habitude. Il ne pourra pas y avoir de réunions publiques ni même de réunions d’appartement. Le porte-à-porte est impossible et les séances de tractage seront délicates : les candidats et les militants doivent être exemplaires et il n’est pas question de faire le job sans les masques et la fameuse distanciation sociale.

Il faut donc réinventer une campagne électorale et je vais prendre pour exemple ma commune, Le Kremlin-Bicêtre, et la liste que je soutiens, celle de Jean-Luc Laurent (ce qui n’enlève d’ailleurs rien à l’amitié que j’ai pour le maire sortant, Jean-Marc Nicolle). Bicêtre est un cas particulier que je vais résumer : Jean-Luc Laurent a été maire de 1995 à 2016, je crois, et a laissé sa place à Jean-Marc Nicolle qui était son premier adjoint car il était aussi député. Mais il y a eu bisbille entre les deux. Au premier tour, le sortant a fait près de 23% et l’ancien plus de 19. Les listes LR et LREM devraient figurer aussi au second tour alors qu’elles ont fait environ 12% chacune.

Dans toutes les communes de France, les sortants ont été mis en avant par la crise sanitaire et ont gagné des points tout en renforçant leur notoriété par rapport aux autres qui ont maintenant un large déficit (sauf peut-être à Bicêtre pour les raisons que j’évoquais). C’est aussi un sujet de polémique mais l’objet de mon billet n’est pas de l’approfondir.

Par ailleurs, je pense que les outils de campagne traditionnel dont je parlais et qui sont bien connus, voire chéris, par les militants ont un effet assez dérisoire sur l’issue du vote sauf peut-être la présence des têtes de liste dans les lieux de vie de la commune pour des séances de distribution de tract. On vote plus facilement pour quelqu’un que l’on connaît (et on a du mal à le dénigrer).

Une autre difficulté, également sujet de polémique, est que le programme présenté au premier tour est mis à mal par la crise sanitaire : le fond doit être conservé puisque les électeurs du premier tour se sont prononcés en sa faveur ce qui donne la légitimité aux participants au second, mais il doit être adapté. Cette adaptation n’a rien d’exceptionnel : entre les deux tours, il faut organiser les soutiens, les fusions de listes,… donc « corriger » les projets. C’est d’ailleurs pour cela que je ne regarde jamais vraiment les programmes du premier tour. Imaginons que les élections aient eu lieu les 16 et 23 février. On aurait eu un programme de premier tour, des accords entre candidats pour le second, un projet vite bouclé pour imprimer les tracs avant le mercredi… Et dès l’installation du nouveau conseil municipal, la crise sanitaire aurait obligé les vainqueurs à faire tout autre chose que ce qu’ils avaient promis.

Val-de-Marne : l'hôtel de ville du Kremlin-Bicêtre et le domicile ...Ainsi, la configuration que nous avons cette année, avec plus de trois mois entre les deux tours et une campagne de second tour qui va durer un mois, est intéressante et, à la limite, rendra plus légitime l’issue du scrutin. Peut-être faut-il en prendre de la graine pour de futures élections importantes ?

Enfin, je rappelle que je ne veux pas d’une polémique en commentaire. Le gouvernement a pris une décision : point barre. Il faut maintenant la mettre en musique.

Toujours est-il que nous voila à réinventer la campagne !

Mais avant, il faut repenser le programme pour tirer les enseignements de la crise sanitaire.  Les candidats connaissent mieux la commune et ce qu’il faut pour les habitants que moi mais ils doivent montrer qu’ils sont expérimentés et qu’ils sauront gérer ce qui se passera demain, ce que personne ne sait ! Ils devront prouver qu’ils pourront faire face à l’inconnu. Ne me demandez pas comment…

Ils doivent aussi se demander ce qui a manqué pendant ces deux mois, surtout après le 11 mai. Je vais répondre pour moi, pas égoïstement (je me doute bien que chacun a son avis et que tout a un coût).

Tout d’abord, il manque de bancs publics place Victor Hugo. Cette dernière doit être entièrement refaite pour mieux répondre aux besoins : un espace de jeux pour les mômes et des coins pour se poser, avec d’autres, pour discuter, pour lire,… Ce n’est pas le tout de créer des espaces verts, il faut aussi que les espaces existants soient améliorés et vivables, avec des arbres pour faire de l’ombre, l’ouverture des carrés de pelouse. Jean-Luc Laurent a, à son projet, la refonte de l’avenue Eugène Thomas (c’est une très bonne idée). Cela doit être l’occasion de repenser l’accès à la place (et au parking de Leclerc) qui doit aussi être mieux ouverte sur l’avenue de Fontainebleau (qui sait qu’on peut accéder au théâtre en passant par l’espèce de cour cradingue du 114, qui fait naturellement office d’entrée pour une partie des habitants de la place ?).

La place de La Comète et, en face, celle de l’Aéro, qui ont été refaites il y a peu, doivent aussi être améliorées, également avec des bancs, et tant pis si le marché doit être repensé. Il doit être possible d’acheter des canettes de bière à l’épicerie et de se poser, calmement. Les bistros doivent pouvoir élargir leurs terrasses (quand ils seront ouverts…).

Ce ne sont que des exemples mais ils me sautent aux yeux depuis deux semaines alors que j’habite là depuis 25 ans.

Une campagne par internet

Compte tenu de ce que j’exposais en introduction, les sites web des candidats pourraient servir de principal support à la campagne. Je suis allé voir les deux dont je parlais, ils sont entièrement à revoir. Le programme doit être lisible clairement, dans une seule grande page, et les sites ne doivent pas se contenter d’afficher des extraits des tracts. Par exemple, le site de Jean-Luc Laurent contient une « lettre au Kremlinois » : elle n’est pas en mode texte mais en mode graphique, presque illisible. Le programme n’est pas réellement lisible et les « 101 engagements » ne sont qu’en pdf. Ce n’est pas ça, Internet. Internet va remplacer les tracts, les professions de foi,… Les sites actuels sont pensés pour des gens qui voudraient aller chercher des informations pour comparer les projets mais pas pour vendre les projets et les présenter réellement.

Les tracts, qui restent indispensables néanmoins, doivent incident les citoyens à se rendre sur les sites web des candidats.

https://www.zdnet.fr/i/edit/ne/2020/04/ZoomUKgov.jpgRéinventer les réunions d’appartement

Si j’étais candidat, je ferais un direct de trois heures, trois fois par semaine, en « visio », de type « zoom », chacun pouvant interroger les colistiers de permanence. Au moins, la crise sanitaire a permis à de nombreux outils pratiques de se montrer. Tiens ! C’est pas beau, ça ?


Pas d’application à installer. On clique sur la page d’accueil du site, on autorise le machin à utiliser sa caméra et son micro et on peut dialoguer avec ceux qui sollicitent nos suffrages.

Il reste cinq semaines, deux pour se mettre en ordre de marche et trois pour faire campagne. Il n’y a plus qu’à…

23 mai 2020

Conf 68 - Le jour le plus court


En ce soixante-huitième jours depuis le début du confinement, j’ai l’impression que c’est la journée qui est passée la plus vite en ces bientôt sept semaines ce qui me fait dire que le déconfinement a quand même du bon. Ce n’est pas que je m’ennuie, d’habitude, mais j’ai tendance à attendre avec impatience la prochaine échéance (la réunion qui arrive, l’heure du repas, l’appel à ma mère à 18 heures,…). Le plus long est le soir, après le dîner, patienter jusqu’à ce qu’il soit une heure raisonnable pour se coucher… Pendant ce moment, la plupart des andouilles regardent la télé. Pas moi.

Ce matin, je me suis levé relativement tard, disons un peu avant 10h. J’ai commencé à bricoler sur internet puis à rédiger un billet de blog, toujours en cours puis à préparer le repas (un filet mignon de porc au curry à la sauteuse). Patrice m’a appelé vers 11h30 pour aller boire un coup place de la Comète. Je suis rentré vers 13 heures. J’ai fini ma préparation, déjeuner. A la sieste vers 14h. A 16h, je me suis rappelé que je devais aller chez Auchan pour acheter des fringues (deux mois sans lessive… le stock est à 0 et sa reconstitution ne sera possible qu’après le rétablissement d’Odette). De retour à 17h, je décide de prendre un bain (n’ayant plus de fringue propre à me mettre, j’avais évité la salle de bain depuis deux jours) puis de me raser. Ma tondeuse est tombée en panne de batterie et me voila à faire un billet de blog en attendant son rechargement histoire de ne pas avoir qu’une moitié glabre lors de l’apéro visio de ce soir avec les copains blogueurs, du moins les survivants, vu que la plupart ont des apéros en vrai ce qui est tout à leur honneur. Moi, j’ai une semaine de retard sur le déconfinage.

Quand je pense qu’il va nous falloir encore une dizaine de jours avant de trouver des bistros ouverts…

La pénurie de fringue n’est pas trop gênante vu que je ne mets des chaussettes et un pantalon que pour sortir et un tee-shirt uniquement, en plus des sorties, pour les visios. Par contre, j’ai commencé à attaquer le stock de caleçons avec des trous ou l’élastique bien détendu ce qui n’est pas pratique. Ce genre de période sans lessive est assez courant chez moi ce qui fait que j’ai un stock qui me permet de tenir assez longtemps… Il y a un temps où j’avais plus de quarante chemises (mais les kilos sont venus et je ne rentre plus dans la plupart).

Il n’y a pas grand-chose d’intéressant dans l’actualité. Néanmoins, ça fait trois fois en deux semaines que je vois des articles « contre » le télétravail et détaillant les aspects négatifs notamment avec des témoignages d’abrutis qui ne le supportent pas ce que je peux très bien comprendre. Néanmoins, il faudrait un peu plus d’objectivité : le télétravail est bénéfique à la plupart des gens et il ne faudrait pas dégoûter ceux qui y sont hostiles, notamment certains patrons mais surtout des syndicalistes qui voient fondre leur public ! Plus de salarié sous la main pour les manipuler, plus de conditions de travail à défendre,…

Les auteurs de tels articles seront tondues après le déconfinement mais pas avec ma tondeuse, sa batterie est trop faible.æ

22 mai 2020

Conf 67 - Les covidsceptiques de Facebook


Poire williams : conseils d'achat et de préparationEn ce soixante-septième jour après le confinement, je me suis préparé un rôti de porc confit. C’est aussi un des intérêts du télétravail avoir le temps pour faire n’importe quoi tout en travaillant. Au boulot à 8h, aux fourneaux à 9h, de retour au boulot à 9h30, aux fourneaux à 11h15, au boulot à 11h30, aux fourneaux à 12h, à table à 12h30. Au boulot à 13h, à la sieste à 13h30, au boulot à 14h, chez Leclerc à 15h, au boulot à 15h, en promenade à 17h30, au boulot à 18h30 et à l’apéro à 19h… Toujours est-t-il qu’à l’heure où j’écris ces lignes (vers 12h, pendant que les pommes de terre se font sauter), mon rôti parfume la maison, un bonheur !

Le fait d’avoir pu discuter avec un pote, hier, en buvant une bière, m’a fait le plus grand bien. Du coup, j’ai appelé Odette mais elle ne peut pas marcher. Du coup, il va falloir qu’aille faire quelques emplettes chez Auchan, je n’ai plus un tee-shirt propre et je ne sais même pas ce que je vais mettre pour aller chez Leclerc. C’est ballot de mettre une chemise les jours où on ne travaille pas.

Côté Covid, Philippe a annoncé la date des élections. Les gens qui ronchonnent contre la date du 28 juin pour le second tour des élections sont sans doute les mêmes qui auraient gueulé s'il avait été reporté en janvier. Et qui gueulent parce que les festivals sont annulés et parce qu'ils ne peuvent pas s'entasser sur les plages. Ils vont faire les courses dans les supermarchés et font des barbecues entre voisins. Ce sont aussi ceux qui hurlent à la dictature de la macronerie alors que le gouvernement ne veut que terminer un processus électoral légitime. Le seul truc complètement con est de mettre un masque pour voter : comment les assesseurs vont-ils pouvoir vérifier l'identité ?

Cela étant, je reste stupéfait du nombre de gens qui nient la dangerosité de la Covid. C’est pourtant la troisième cause de mortalité en France depuis son apparition. Il faut prendre des précautions et ça ne coûte rien de se badigeonner les mains en entrant dans un commerce.

Poire — WikipédiaHier, j’ai fait une publication dans Facebook à propos de gens qui allaient massivement à la plage à La Baule (suite à la lecture d’un article) en commençant par « Nos concitoyens sont profondément débiles. Déjà, aller à la plage quand il y a plein de monde hors crise sanitaire est d'une crétinerie sans égal. Ensuite, ils oublient qu'il y a un vrai risque pour eux-mêmes et pour les autres. Enfin, ce comportement désolant va obliger les autorités à prendre des mesures graves. » Puis : « Et je conchie assez profondément l'adulte qui entrevois la vie uniquement sous l'angle de passer du temps à dormir au soleil sur le sable. » J’aime bien les petites plages où l’on est presque seul, les criques où l’on peut déconner sans déranger les voisins.

Toujours est-il que j’ai eu ce joli commentaire de Arnaud Weber-Guillouet qui fut candidat UMP aux municipales de 2004 à Bicêtre « Sur ce coup là, et comme j’y était, je t’emmerde et les millions de gens biens portants et pères de familles qui aiment la plage également t’emmerdent. Il est vrai qu’on ne peut pas picoler sur la plage en ce moment don ça n’a aucun sens pour toi Nicolas, la plage. Remerde. » Je l’ai évidemment bloqué après l’avoir traité de connard.

Je vais quand même lui rappeler que la plupart des malades ont été bien-portants (sans s à bien et avec un trait d’union) un jour sauf à manquer de bol. Lui rappeler aussi qu’on peut être bien portant et porteur du virus donc contaminer les autres. Je sais que c’est rageant mais nous sommes en plein dans une crise sanitaire margeur et il est plus sain pour un adulte normalement constituer d’aller au bistro que s’étaler sur une plage bondée, notamment quand c’est interdit et que ça va inciter nos autorités à prendre de nouvelles mesures qui pourraient être bien plus gênantes que de ne pas pouvoir aller poser son cul sur une serviette.

Poire Conférence tapées (en conversion BIO) est un produit livré à ...Toujours dans Facebook, j’ai fait une publication avec à peu près le texte ci-dessus à propos des législatives. Un imbécile a commenté : « Posons nous plutôt la question suivante:il n'y a plus de virus, alors pourquoi prévoir des mesures pour le 28/05?Dans une semaine les mesures pour juillet ,Août et dans un mois celles de la rentrée de Septembre?Au fait il restera des masques pour la rentrée scolaire prochaine?? » Je lui ai demandé s’il n’y avait plus de virus. Voila ce qu’il m’a rétorqué : « VOUS REGARDEZ CE QUI CE PASSE DANS LES RUES,PLAGES ,BOIS,PARCS ETC ETC...LES HOPITAUX DEVRAIENT ÊTRE DEPASSES SELON VOS DIRE... » Je traduis pour vous rendre service. Ce crétin voulait dire « Compte tenu que les gens ne respectent pas les consignes depuis le déconfinement, les hôpitaux devraient être débordés mais ils ne le sont pas, c’est bien la preuve qu’il n’y pas de virus. » Je lui réponds et un autre type aussi. Et il ajoute : « Vous êtes médecin? Le non confinement dans plusieurs pays prouve le contraire .Le déconfinement remonte à 11 jours, sauf erreur ?Les chiffres sont là.Quand un ministre annonce ce matin ce que sera le 28/05, excusez moi mais je crois que vous argumentez pour une seule cause politique . » J’arrête là.

Cher lecteur, j’ai le regret de t’informer qu’un certain nombre de nos concitoyens n’a pas le gaz à tous les étages.



21 mai 2020

Le télétravail ? Oui, mais...


https://www.lamontagne.fr/photoSRC/Gw--/38335503-reportage-ambiance-dans-les-supermarches-a-tulle-e-_4696692.jpegJe réfléchissais à mon billet d’hier sur le bordel au travail dans certains projets que nous menons et les conclusions que j’en tire, bien aidé par les commentaires dans Facebook, tournent autour du télétravail qui, mal organisé, aboutit à l’isolement des gens. Je vais y revenir, de même que sur les solutions à mettre en œuvre.

Toujours est-il que, avant, constatant que cela fonctionnait, j’étais enthousiaste à l’idée du télétravail et j’ai même fait des propositions dans ce blog tant il me semble important que l’on puisse voir les gens de l’équipe au moins trois ou quatre jours consécutifs toutes les deux ou trois semaines, de même que les gens des autres équipes. Mais depuis une dizaine de jours, je déchante un peu et je pense que les entreprises doivent plus y réfléchir, en collaboration avec les salariés et prestataires (ces derniers devant avoir les conditions de télétravail de leurs clients, pas de leurs boîtes).

Dans l’image populaire, pour ceux qui le pratiquent depuis seulement quelques année (voire depuis le confinement), le télétravail consiste à ne pas aller un, deux ou trois jours par semaine au bureau mais il faut dépasser ce cap. Dans un couple, par exemple, on pourrait imaginer chacun des parents en télétravail une semaine sur deux, celui qui doit se déplacer et faire une journée normale s’occupe des gamins le matin et l’autre le soir, tout en faisant les courses, le ménage, la préparation du dîner et en allant chercher les mômes le soir et tant pis si on travailler 40 heures certaines semaines et 30 les autres. Ce n’est qu’un exemple. Pour ma part, on pourrait imaginer par exemple, que j’alterne les périodes de 10 jours entre la Bretagne et la région parisienne.

Agriculture, la face sombre: Ce paysan grison reçoit plus de 250 ...Les employeurs et les représentants du personnel doivent introduire de la souplesse par rapport aux accords actuels de télétravail tout en tirant profit des nouvelles technologies tout en étudiant individuellement le cas de chaque employé et en fixant des contraintes fortes comme : « les trois premiers jours de la première semaine complète de chaque mois, tout le monde doit être au bureau ». Cette négociation pourrait être avec moi : je m’engage à venir au bureau si des réunions en présentiel avec des clients doivent être organisés et à participer à toutes les confs indispensables mais tu me laisses gérer totalement mes horaires quand je suis en télétravail pour pouvoir prendre le train, aller voir ma mère en dehors des heures de repas et ainsi de suite. Et je suis cadre au forfait, je m’engage à faire les heures nécessaires à l’accomplissement de mes missions dans la moyenne de 39 heures par semaine, environ 45 semaines par an, à être disponible en quasi-permanence pendant les horaires normaux de travail au téléphone et à ne pas rester absent de mes mails pendant plus de deux heures consécutives pendant ces mêmes périodes.

Alexandre, mécanicien auto à domicile en Essone, Val d'Oise, YvelinesL’isolement des gens

En introduction, j’avais promis d’y revenir car, depuis mon billet d’hier, je pense que c’est le principal point noir du télétravail imposé à cause du confinement. Je vais essayer d’être court car la psychologie n’est pas mon truc. Au travail, chacun a une ou plusieurs missions ! Dans mon domaine, ça peut être coordonner un projet, gérer une application, faire la relation entre le client et l’équipe projet,…

Quand on est boulot, on entend forcément parler de ce que font les autres, on a des discussions informelles, du bruit de fond. Tout seul chez lui, le télétravailleur oublie le travail des autres et se focalise sur ses propres missions qui deviennent forcément les plus importantes du monde. C’est ma première conséquence : la personne oublie que l’entreprise a d’autres missions.

Les avantages et les inconvénients d'être hôtesse de l'airLa deuxième est qu’il a besoin de prouver à lui-même et à sa hiérarchie, à ses collègues… qu’il est utile. Le nombre de mails avec plein de personnes en copie va exploser, les invitations à des réunions avec 30 personnes aussi,… Les gens ne savent plus qui est qui, qui fait quoi,… Chacun est persuadé avoir la bonne méthode.

Le premier point est visible depuis environ un mois. Je le constate dans nos points d’équipes quotidiens : dès qu’un type à la parole, il va la monopoliser pour centrer les dossiers sur ses missions en oubliant que tout le monde est dans la même galère. Il y a une quinzaine de jours, et alors que je ne suis pas manager, il a fallu que je mette subitement fin à un sujet qui avait duré 20 minutes. La personne s’est un peu vexée mais je lui ai expliqué et tout le monde a compris : tu monopolises l’attention de 25 personnes alors que vous n’êtes que trois directement concernée, en plus des deux chefs.

Le deuxième est plus récent, disons une dizaine de jours (et ce n’est peut-être pas une coïncidence si ça tombe sur le début du déconfinement). C’est une des conséquences du premier.

le magasinier 2Les solutions

Il ne s’agit pas de définir ici des solutions qui pourraient fonctionner pour tout le monde. J’ai lancé une discussion sur Facebook pour avoir les premiers avis. J’ai assez peu de réponse mais il est probable que les braves gens soient partis se promener. Ou alors, ils ne s’intéressent pas au sujet ce qui est désolant. On est en train de révolutionner le monde du travail pour la part des Français qui peuvent télétravailler (25% des salariés, je crois) mais des andouilles passent à côté et on va avoir des DRH et des représentants syndicaux qui vont vouloir continuer à surveiller leurs ouailles.

Plus que de solutions, il s’agit de petits conseils.

Le point d’équipe quotidien

Réunir l’équipe pour un rapide point tous les jours le matin pour une plus ou moins courte réunion est indispensable. Elle doit être sans ordre du jour et, selon l’actualité, après avoir abordé les points « institutionnels » (communication de la direction, organisation,…), on s’efforcera d’aborder tous les sujets et de faire parler à peu près tout le monde. C’est très important pour éviter l’isolement dont je parlais et de montrer que l’équipe forme un « tout cohérent ». Ce point doit durer le temps qui faut sans, néanmoins, en faire perdre à la majorité. Disons entre un et trois quarts d’heure. Il doit commencer assez tôt pour permettre de traiter les sujets généraux avant que les gens ne partent en réunion.

Hôtesses & hôtes d'accueil : quels nouveaux atouts ?Je pense que ce point est primordial. Si certains n’en éprouvent pas le besoin, il faut penser aux autres, à ceux qui sont vraiment seuls, à ceux qui ne savent pas s’organiser, qui ne savent pas quelle tâche prendre en premier… Tout simplement parce qu’ils comprennent les besoins de l’équipe, de sa cohésion.

Les outils

Vous me connaissez et, pendant le confinement, je vous ai assez bassiner avec Teams. Je ne vais donc pas en parler sauf sous deux angles. Tout d’abord, il faut apprendre aux gens à l’utiliser et pas seulement pour des conversations instantanées, par téléphone ou par visio. Ensuite, il faut une stratégie managériale autour de ces outils. Un ordre formel. Des équipes et des canaux créés selon les besoins, la consigne de ne plus partager de document en dehors de l’outil.

L’outil doit devenir le centre, dans toutes les boîtes. Prenons une concession automobile. Les commerciaux, les secrétaires à l’accueil et surtout les mécaniciens ne peuvent évidemment pas faire du télétravail. Par contre, le « back office » (la comptabilité, le standard, les secrétaires de direction,…) peuvent travailler de chez eux s’ils ont les outils. Un client vient se plaindre d’une facture à l’accueil ? L’hôtesse doit pouvoir déclencher une visio avec la comptable.
Fiche métier Chirurgien (H/F) | ouestfrance-emploi 
La surveillance managériale

J’en ai discuté une première fois avec une amie Facebook ce matin et je n’étais pas convaincu. Puis, deux ou trois propos d’un pote dans un salon Facebook (ça vient de sortir) m’ont fait changer d’avis : il faut que les managers vérifient que les collaborateurs ne travaillent pas trop et, paradoxalement, sachent relativiser avec les horaires.


Pour le « trop travailler », je me suis fait piéger en fin de semaine dernière avec deux ou trois grosses journées qui n’étaient absolument pas nécessaire. C’est facile, on est chez soi, on se met au taf vers 8 heures, on mange devant le PC, on finit vers 20 ou 21 heures… Et on se rend compte qu’on n’a rien vu. Ce n’est pas facile à faire. Surveiller que les gens ne travaillent pas trop… Il faut que les managers consacrent du temps à chaque collaborateur, pour leur bien, mais aussi pour détecter les collègues qui tomberaient dans le piège.

Quant à relativiser les horaires, c’est autre chose. Un type comme moi est capable de bosser de 8h à 11h et de 16 à 21. Ca peut donc être normal que j’envoie un mail à 20h mais il ne faut pas que les destinataires se sentent obligés de répondre. A la limite, il ne faut pas qu’ils le fassent.

Titre Professionnel Maçon - CFPM FormationLa liberté d’horaire que je dois avoir en télétravail (j’en parlais plus haut : chacun s’organise comme il veut avec l’accord de sa hiérarchie sinon le télétravail n’a plus trop d’intérêt) ne doit pas créer d’obligation pour les autres.

Et alors ?

Un vrai télétravail est sans doute possible pour 5 à 7 millions de Français. Il est évidemment un vrai progrès pour eux mais aussi pour les autres (ne serait-ce parce qu’on ne s’entasse pas dans les transports en commun) et pour l’environnement (on limite le nombre d’immeubles de bureaux, on diminue le nombre de personnes obligées d’habiter dans des grandes villes, donc la densité urbaine, les déplacements,…).

Mais il ne sera réellement possible, au-delà des cas particuliers, que s’il y a une vraie réflexion collective, pour tous les métiers « télétravaillables », pas au niveau de chaque entreprise mais au niveau de chaque poste de travail.

Au boulot !

Conf 66 - Ma première gorgée de bière


En ce soixante-sixième jour de déconfiture, alors que j’étais en train d’entamer un billet sur le télétravail qui ne paraitra que ce soir, il y a eu une sorte d’esclandre sur le palier avec des gamins qui braillaient (je ne savais pas qu’il y en avait à l’étage alors qu’il n’y a que quatre appartements). J’ai entendu la voix rassurante de ma concierge (qui bosse un jour férié) mais j’ai tout de même enfilé un pantalon et préparé un masque au cas où j’aurais dû sortir. La pipelette leur expliquait comment fermer le compteur général d’arrivée d’eau chez eux…
Canette 1664 - Boisson - Canette1664 - Chartreuz Burger
Tout cela s’est rapidement calmé et pour amortir l’enfilage du pantalon, j’ai décidé d’aller faire un rapide tour du quartier pour me déconfiner. Place de la Comète, j’ai croisé un copain de la bande. Pas Djibril, pas Tonnégrande, mais Patrice. La première fois que je vois un vrai pote en neuf semaines et demie.

On a papoté de choses et d’autres puis, au bout de dix minutes, le moment était venu de se quitter. Pour rigoler, j’ai dit « on boit un coup ». Les bistros étant fermés, nous étions dépités et nos regards se sont tournés vers l’Arabe du coin. La décision était prise : nous avons acheté deux 1664 en 33 cl et l’avons bu devant le commerce, debout comme des cons. On a mis une deuxième tournée et on a eu l’idée de s’accouder aux barrières amovibles qui empêchent les véhicules d’entrer sur la place.

On est resté en gros une heure. Mes premières bières depuis 66 jours. Ma première vraie discussion hors du travail et des soirées de blogueurs ou la famille.

Il va falloir que je me coupe les ongles : ouvrir une canette avec les ongles longs est pénibles.

20 mai 2020

Conf 65 - Jour ordinaire de folie au travail


Élevage bovin en Suisse — WikipédiaEn cette soixante-cinquième jour après le début du confinement, j’ai encore eu une journée de dingue. Rien que sur un seul sujet, j’ai reçu près de 60 mails dans ma boîte principale sur un total de 102. Dans la dernière ligne droite d’un projet important, les gens ont complètement oublié les usages voire mes bonnes manières. J’ai assisté à une nouvelle démonstration de la folie collective.

Ce matin, j’avais quatre réunions à 10h30 dont deux sur ce sujet mais sur des thèmes différents. Quand j’ai reçu l’invitation à une d’entre elles, je lui ai répondu qu’il faisait erreur car les participants étaient pour la plupart à une autre réunion. Il m’a indiqué que sa réunion à lui était importante et il a fallu que je lui rappelle que sa réunion ne pouvait déboucher à rien si on n’avait pas le résultat de l’autre et il me fait la gueule depuis.

C’est dingue comment les gens pensent leurs travaux prioritaires par rapport à ceux des autres. Ce soir, il a fallu que je me plaigne à la responsable du projet pour mon entreprise en mettant en copie ma cheffe et que je lui dise qu’il fallait absolument arrêter. L’expertise est chez nous et on fait ce qu’il y a à faire mais on ne peut pas recevoir 60 mails dans une journée pour un seul projet informatique. Des outils de communication modernes existent… Du coup, un de mes fournisseurs m’a indiqué que je n’avais pas répondu à un de ses mails qui était urgent : il était perdu dans la masse. La réponse m’a pris trente secondes mais elle conditionnait des plannings de livraison pour les mois à venir, la possibilité d’assurer le besoin d’un client dans des délais raisonnables et le travail des gens qui vont installer et tester l’application.

Du coup, je ne suis allé à aucune de ces deux réunions. A l’une, j’ai délégué deux collègues, un jeune compétent et un vieux briscard expérimenté comme moi qui saurait prendre les décisions s’il y en avait à prendre (mais il n’a pas mon statut : s’il refile des baffes comme moi, il sera viré). Je suis allé à une autre, planifiée, elle, depuis une semaine, avec deux collègues pour un problème d’architecture applicative beaucoup plus passionnant que les délires opérationnels de gens qui ne savent pas travailler. A trois, on a pu réfléchir à la mise en œuvre d’une demande de clients qui cherchent de la valeur ajoutée. On n’est pas payés pour organiser des réunions à 30 personnes et pour lire ou envoyer des mails mais pour faire gagner de l’argent à l’entreprise qui le fait en permettant à ses clients d’engranger plus de pognon…

Je crois qu’en trente ans de carrière, je n’avais jamais vu autant de gens plongés dans le même délire. Pourtant, individuellement, ils sont irréprochables sauf à la marge : ils font leur boulot. C’est le collectif qui est parti en vrille.

Je ne sais pas si cela est lié à la crise sanitaire. Sans doute un peu. Les gens ne pouvant pas discuter avec leurs collègues proches stressent encore plus voire paniquent. Pas moi…        Pour ce qui concerne l’épidémie, j’ai peu regardé l’actualité aujourd’hui. Je vais quand même dire deux mots sur le deuxième tour des municipales tout en restant prudent : il me semble que ce deuxième tour doit se tenir au moins pour tourner la page et ne pas tomber dans une impasse institutionnelle. Contrairement au premier, nous avons l’habitude des gestes barrière et le danger me parait moins grand. Surtout, il faut qu’on montre qu’on est capable de recommencer à vivre…

Ce qui m’amène naturellement aux bistros : il est temps de rouvrir (dans des conditions patati patata). On est en train de dépasser les sommets de ridicules. Je suis sorti faire des courses, cette après-midi, en faisant un petit détour pour m’obliger à marcher. Il y avait plein de petits groupes de gens ne respectant pas spécialement les consignes, notamment des jeunes de seize à vingt ans (je n’ai pas demandé leurs papiers, hein !) qui discutaient. Certains avaient descendus des chaises de chez eux parce qu’il n’y a pas assez de bancs publics. Une ambiance estivale, un jour ensoleillé, veille d’un jour férié pour des gamins confinés chez eux (donc l’Ascension est plus un prétexte) depuis deux ou trois mois.

Je connais des coins où on devrait pouvoir s’asseoir dans de moins mauvaises conditions de distanciation tout en buvant des bières.

P.S. : la nouvelle version de Blogger fonctionne très bien sur iPhone ce qui devrait pouvoir nous permettre de nous affranchir d'applications spécifiques.

Onfray, du citoyen !


3 mai 1936 - Un Front populaire en France - Herodote.netMichel Onfray lance un nouveau « mook » (mi-magasine, mi livre) : https://frontpopulaire.fr/! L’arrivée de Philippe de Villiers parmi les auteurs a été tonitruante, la semaine dernière, et aussitôt tous les types de la gauche officielle ont « rappelé » que Michel Onfray est d’extrême droite ce qui est une belle connerie !

D’ailleurs, tous les types qui luttent contre l’extrême droite en reprenant leurs thématiques sont qualifié d’extrême droite, ce n’est pas comme si Mme Le Pen n’avait pas fait plus de 20% à la dernière présidentielle (plus 20% pour M. Fillon qui est quand même un tantinet réac et 5% pour M. Dupont-Gnangnan) et si son parti n’avait pas dépassé 23% aux dernières élections européennes.

Nous avons dorénavant un quart de l’électorat qui vote pour l’extrême droite mais nos bienpensants disent qu’il ne faut pas aborder les sujets qui le pousse à le faire. Bravo.

La gauche continue à s’enfoncer plutôt que de relire le CV du gars. Cela étant, il aurait pu appeler son machin autrement mais personne de la vraie gauche n’avait penser à déposer le nom de domaine avant. Ils doivent être occupés à lancer des polémiques.

Onfray est bon client…

Je lirai son nouveau machin. Aux moins les articles gratuits. Il ne faut pas restreindre son champ de lecture parce qu'on n'est pas d'accord avec les auteurs ou qu'on pense qu'un type est d'extrême droite.

19 mai 2020

Conf 64 bis - Vive la réutilisation des masques à usage unique


Masque à usage uniqueUn deuxième billet semi-confiné en ce soixante-quatrième jour pour dire différentes choses sans intérêt donc devant absolument être racontées. Tout d’abord, j’avais une réunion de 18h à 18h45 ce soir. Vers 17h10, comme il faisait un temps splendide, j’ai décidé d’aller faire un tour dehors, ma première sortie sous le soleil depuis neuf semaines, vu que, jusqu’à début mai, ça me stressait, l’attestation et tout ça.

Effectivement, l’ambiance, dans la rue était estivale, les gens déambulaient comme en août (il n’y a jamais beaucoup de monde dans mon quartier l’été). J’étais un des seuls à avoir une veste ; les autres étaient habillés légers… Mais avaient un masque. 90% en portait un, beaucoup plus que ce matin, quand je suis allé chez Leclerc. Il faut donc croire que nos concitoyens ont compris qu’il faut porter un masque pour ce qu’on ne faisait pas lors du confinement : rentrer du boulot, se promener, mais pas pour ce qu’on ne faisait pas avant la sortie car on n’avait pas le masque comme acheter des cubis de blancs chez Leclerc.

A part ça, la plupart de mes sorties durant moins d’une demi-heure, je dois avouer que j’ai une fâcheuse tendance à réutiliser mes masques à usage unique sans la moindre honte, évidemment. Néanmoins, j’ai vu une publication sur Facebook qui m’a incité à faire des recherches avec Google, c’est tout à fait possible sous certaines conditions. Tout d’abord, on peut passer les masques au four pendant un certains temps à une certaine température mais ça coûte plus cher en électricité qu’en masque. Ensuite, il faut respecter un certain nombre de consignes comme se laver les mains avant de remettre le masque pour éviter de lui coller dessus des saloperies (ce qui est aussi valable pour les masques neufs), se laver les mains après l’avoir enlevé et j’en passe (le manipuler par les élastiques, ne pas toucher la surface intérieure et très peu la surface extérieure… et ne pas abuser : il ne s’agit pas de faire un mois avec un masque mais d’éviter des frais lors des petites sorties). Je les respectais toutes par instinct !

Il faut relativiser : le masque n’est pas franchement efficace pour se protéger du virus. Disons que ces masques bas de gamme protègent à 60 ou 70% d’après mes lectures mais je ne sais pas trop ce que ça veut dire. Il protège surtout les autres… et toujours pas à 100%. Du moment que vous le manipulez bien, il reste réutilisable.

Montons un groupe de défense des réutilisateurs de masques !

A part ça, on se rapproche du quatrième jour férié confiné. Je vais finir par être pour la suppression de 10 fériés par an et l’augmentation de 8 jours des congés payés. De toute manière, ça m’a toujours gonflé sauf quand ça me permettait de faire de vrais longs week-ends… Mais là, je ne peux pas aller en Bretagne et les bistros sont fermés. Tu parles d’une joie ! Au lieu de me lever entre 7h et 9h, je vais me lever entre 7h30 et 9h30 tout en continuant à me coucher au moment où Internet me gave. Hier, je me suis couché à 21h30. Le sommeil ne venant évidemment pas, je me suis relevé…

Que vais-je faire, jeudi ? Travailler sur des dossiers…


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Conf 64 - la vie reprend


En ce soixante-quatrième jour de déconfiture, je suis allé vider mes poubelles de machins à recycler (verre et carton) dans les containers de l’immeuble. Ca m’a beaucoup amusé de voir que je n’étais pas le seul à avoir opté pour le vin blanc en cubi pendant le confinement (ce n’est pas cher et l’approvisionnement est facile) ce qui explique que Leclerc a du mal à suivre… Pour ce midi, j’ai opté pour un cubi de trois litres de Muscadet. Sinon, les voisins boivent essentiellement de 1664 et ils ont bien raison. Pour ma part, ça fait exactement soixante quatre jours sans boire une bière.

Ces derniers temps, j’ai fait peu de billets autour de la Covid et de ma vie de semi-confiné. Je pense qu’une page est vraiment tournée : les gens, dont moi, ont appris à être dans cette deuxième phase, dite de déconfinement et font avec d’autant qu’il n’y a pas trop le choix. J’ai un indicateur supplémentaire : le nombre de visites à mon blog a diminué d’un tiers en 10 jours.

Côté boulot, on dirait bien qu’on n’aurait plus à aller au bureau avant longtemps notre déménagement en septembre sauf une fois, en juin, pour faire les cartons. Nous aurions dû bouger en juin, le temps que les travaux se fassent dans les nouveaux locaux tout en ayant un mois pour remettre au propre les anciens (refaire les sols et les peintures) mais avec la crise sanitaire, les plannings des ouvriers sont difficiles à synchroniser et on se retrouve à moitié SDF…

Toujours côté boulot, j’ai raconté deux ou trois journées de travail en fin de semaine dernière (ce qui participe à la baisse de fréquentation du blog…). En fait, c’est simple mais je viens juste de réaliser : le travail normal a repris, on a trouvé de nouvelles marques… J’ai peut-être mis un peu plus de temps que les autres pour au moins trois raisons. La première est que mon boulot n’est pas aisé quand les autres ne sont pas disponibles. La deuxième est que j’ai été franchement perturbé par ces dix demi-journées de travail à poser en trois ou quatre semaines. La troisième est double : je vis seul et je n’avais comme seul ordinateur que celui du boulot.

C’est d’ailleurs peut-être pour ça que mon inconscient m’a poussé à acheter un PC personnel, ce week-end, pouvoir laisser de côté celui du travail.

Autre signe du changement : nous faisons tous les lundis un afterwork en visio avec une trentaine de gens invités. Pendant les huit premières semaines, nous étions entre quinze et vingt. Depuis le 11 mai, on est cinq, les mêmes. Deux femmes mariées vivant en famille avec des enfants d’une bonne vingtaine et trois hommes célibataires. Même moi, hier, j’y suis allé uniquement par solidarité avec l’organisatrice qui n’a pas besoin de ce truc, elle le fait pour souder les équipes ; elle habite dans une grande maison avec jardin vers Grenoble.

Côté informations, nous avons le conseil machin qui ne s’est pas opposé à la tenue du second tour. Si jamais je dois aller en Bretagne, je ne voterai pas. Tant pis. Je pense que l’épisode du virus a donné beaucoup de visibilité au maire actuel mais comme on ne papote plus dans les bistros, je n’arrive pas à sentir le vent. Si l’ancien maire a une chance de passer (tout est possible, nous sommes dans un bled bien à gauche, donc les types alliés avec la droite risquent d’être torpillés).

Donc je vais revenir à Paris en plein déconfinement en Bretagne, j’espère que la Comète, l’Amandine, l’Aéro et le PMU seront rouverts…