31 octobre 2019

Pourquoi les blogs sont morts ?

Avec mon copain Falconhill, on a eu une longue discussion sur l’histoire des blogs et leur mort sauf pour ceux qui ne chient pas ailleurs que dans les endroits autorisés. On a évoqué un tas de raisons. Il y en a une à ne pas négliger. C’est ballot. Mais les blogs ne servent plus à rien. Sauf à parler avec les copains qui les fréquentent et c’est essentiel. 

Aujourd’hui, le Monde, le journal de référence a fait une boulette et a diffusé la « nécrologie » de Bernard Tapie alors qu’il n’est pas encore entièrement passé de l’autre côté, le brave homme. On a bien rigolé dans les réseaux sociaux et Le Monde a présenté ses excuses. Une abominable erreur bien compréhensive. Ils ont des articles prévus pour toutes les éventualités et une andouille a fait une bévue. 

Bien après, un blogueur en a fait un billet. 



Il ajoute du texte pour se rendre interessant et faire croire qu’il produit du fond. 

Ce genre de lascars a tué les blogs politiques en diffusant des billets à propos d’une information sans intérêt : la presse fait des conneries. 

26 octobre 2019

Retour vers le passé

Moi : tu as quel âge, maintenant, 70, 75 ?
Lui : non, 63.
Moi :  oups. Excuses, depuis le temps qu’on s’est pas vus, j’ai fait une erreur de calcul. 

Tu parles ! Il en fait 90. Je pensais avoir été poli. Lui, c’est Alain, ancien cuisinier de la Comète, du temps de Martine et Lelio. Je ne l’avais pas vu depuis des années. Je savais par sa femme (morte depuis) qu’il était malade (j’avais échangé par téléphone avec lui lors de la mort de sa grosse). 

Je pense qu’il a été malade pendant près de 12 ans. Lors de la fermeture de l’ancienne Comète, celle de Josiane, de Jean et des deux cités plus haut, fin 2007, il était déjà limite... Il avait continué à venir prendre des verres ici pendant quelques années avec sa femme. Ils s’asseyaient toujours à la même place. Voir mon illustration : la table la plus proche de l’extincteur, elle de face (à ma caméra, lui de dos). 

Quand il est tombé malade (elle l’était déjà, c’est lui arrivait à faire tenir la maison), il ne pouvait plus venir. Alors elle venait toute seule et s’asseyait à sa place. Elle arrivait le samedi après-midi (peut-être les autres jours, mais je bosse). J’arrivais ensuite, après la sieste. Elle était très handicapée. Nous échangions deux ou trois mots. Je prenais des nouvelles d’Alain. La réponse était souvent la même : il ne sort plus. 





Hier soir, il m’appelle : c’est Alain, j’ai rendez-vous demain à la Comète avec Anne-Marie, mais si tu la connais, à midi et demi. Tu seras là ?

J’ai mis plusieurs secondes avant de comprendre qui était Alain (et j’ai compris ce midi qui était Anne-Marie mais il n’avait aucune raison de penser que je la connaissais, elle n’était pas cliente à l’époque). 

Alors je suis arrivé, aujourd’hui, vers 12h15. Il était à sa place. Je me suis assis en face, à celle d’Aline, où elle s’était assise pendant des années, toute seule depuis qu’il ne venait plus. J’étais presque gêné. On papote un peu. Je le présente au personnel. Seul Pascal travaille ici depuis plusieurs années et connaissait Aline, sa femme, celle dont j’occupais la place dans le bistro. 

On papote un peu et il me dit que ça fait seulement quatre ou cinq jours qu’il peut sortir tout seul. Ne me demandez pas d’où. Il m’a dit qu’il pouvait sortir depuis quelques semaines avec la femme de ménage mais qu’il ne faisait que quelques pas dans la rue. Je ne sais pas qui est la femme de ménage. Je suppose qu’il s’agit d’une aide soignante ou d’une assistante sociale. Je ne sais pas. Aucun mépris de ma part. Je ne sais pas s’il loge dans une maison de retraite, une annexe d’un hôpital, l’appartement qu’il occupait avec Aline.

Quand je suis arrivé, j’ai vu un petit vieux. Il n’a pas dix ans de plus que moi.

24 octobre 2019

Traitons de bière

J’arrive au bistro où je vais tous les soirs après le boulot. Et le patron me dit « Tu connais la 1947 ? » « ben oui » « c’est pas possible, ça vient de sortir ! C’est la commerciale de Kronenbourg qui me la propose en avant première ». 

Ccil et Christophe sont des précurseurs ! Gloire à eux. Ça fait plusieurs mois qu’il y a de la 1947 au 1880 (toutes les marques sont des années dans ce bistro). Quand le patron du 1880 m’avait parlé de cette bière, je m’étais intéressé à l’histoire de la Kro. Passionnante. Avec Christophe, nous avons les mêmes goûts en matière de bière. 

Par exemple, on aime bien goûter à tout et découvrir des produits. Mais quand il s’agit d’en boire plus de trois ou quatre (demis), il y en a très peu vraiment buvables. Je vais citer les deux plus connues : la Carlsberg (j’y suis) et la Kro de base (comme à la Comète). 

La Kro a une mauvaise image. Ça date de longtemps. L’image d’une bière de chantier. Elle est pourtant très bonne mais les types qui boivent relativement peu de bière préfèrent des bières avec plus de goût, comme la Grimbergen. Kronenbourg n’a pas une mauvaise image vu qu’ils ont depuis longtemps un très bon produit, la 1664 (et ses dérivés comme la blanche). Une des meilleures spéciales sur le marché, battant haut la main des bières étrangères.

Attention ! Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. On ne peut pas tous être d’accord. Je sais par exemple ce qu’Annie et Marc pourraient commenter à ce billet. Ils sont pardonnés. 

Quand j’étais plus jeune, il y avait une bière de base dans les bistros (Kro, Kanter, Pelforth, Amstel, Heineken...), une bière spéciale (1664, Heineken, Carlsberg, Tuborg) et parfois une bière « autre » (Guiness, Leffe, Grim, Record, blanche...). Depuis plus récemment, le choix est plus large. Beaucoup de simples bistros ont cinq ou six pressions au choix (je pense que les processus de conservation ont changé et que les bars peuvent se mettre d’avoir plus longtemps les flux en perce mais il y a d’autres raisons : la baisse du nombre de cafés, la mode de la bière par rapport à d’autres boissons,... qui font que la consommation de bière d’un commerce augmente).  

Les marques ont changé leurs politiques de marketing. La Kro est remontée en image. La Carlsberg et la Heineken sont devenues des bières de base. D’autres marques ont presque disparu. Des brasseurs (en tant que distributeurs de bières) ont modifié leurs pratiques sans compter le monde de la finance qui provoque des concentrations. Regardez vos bistros préférés. La plupart ont de la Kro (ou de la Carlsberg), de la 1664 et de la Grim. Je suppose que la Carlsberg et la Kro ont le même distributeur : Kronenbourg. 

C’est une révolution par rapport à la décennie précédente où Amstel et Heineken arrivaient en tête. 

Revenons rapidement sur un détail. La différence entre la Kro et la 1664 (blonde). La première est plus légère en alcool. Mathématiquement vous pouvez en boire plus. Surtout, elle est plus légère en goût. Donc plus digeste. Moins écœurante à la longue. Kronenbourg a probablement fait la 1664 pour améliorer son image mais vend plus de Kro pour une question mathématique. Les gens du marketing sont des génies et on est manipulés. Faisons une expérience. Prenez un type qui boit de la 1664. À la quatrième, vous lui servez de la Kro. Il ne le remarquera pas. De toute manière, la bière est un produit qui se boit froid. Donc les goûts sont tués. 

Revenons à la 1947. Je pense que le 1880 a remplacé la Kro par ce machin au début de l’été (sous l’impulsion d’un commercial Kronenbourg, je suppose). A cette époque, j’ai constaté que mes notes de bistro avaient chuté de 30%. J’aurais dû me réjouir pour mon portefeuille mais, bête comme je suis, je me suis demandé si ce n’était pas lié à l’âge ou à une maladie quelconque. J’étais d’autant plus inquiet que mes notes à la Comète (Kro) et au bistro à côté du boulot (Carlsberg) n’ont pas changé et que j’aime toujours autant changer occasionnellement de bière pour l’apéro, découvrir de nouveaux produits et tout ça. Je me demandais si mon « évolution » n’était pas définitivement liée à l’âge (à Loudeac, les bistros ferment à 1 heure du matin, à Bicêtre à 22h30). Si ma note baisse, c’est que je bois moins de bières. 

Remarquons que j’ai vécu le même phénomène mais inversé quand la Comète est passée de l’Amstel à la Kro en 2008 mais sans que je m’en rende compte à l’époque pour différentes raisons (les horaires ont changé et j’ai arrêté de faire crédit, crédit que je faisais pour pouvoir payer par chèque tout en éclusant mes chèques restaurant). Notons le génie de l’homme : nous avons une auto régulation. Comme je buvais plus et plus tard, je n’arrivais plus à me lever pour aller au boulot alors que j’étais très matinal (il me fallait lire la presse et faire mon billet de blog vers 9h). Du coup, je me lève maintenant à 8h30 et bosse plus tard donc sort plus tard du bureau pour aller au bistro. J’ai trouvé le point d’équilibre. 

Ainsi, revenons à ma conversation avec le patron à côté du boulot. Je lui ai raconté ça. En résumé, ça donne : « tu vas faire de la 1947, ça va entrer en conflit avec tes bières spéciales mais ça va diminuer la consommation des buveurs de bière de base. »

Il a fait la gueule.

21 octobre 2019

L’affaire Odoul : un défis pour la République !

Une fois n’est pas coutume, je copie ici une publication du Printemps Républicain dont au sujet duquel je suis fier d’adhérer depuis deux ans. Mon premier engagement associatif depuis 1997. J’avais tout laissé tomber depuis. C’etait au sein de l’association laïque du scoutisme français et nous étions partis en mauvais termes. 

Je copie, donc :

« 🎙L’affaire Odoul : un défi pour la République ! 🎙

Depuis sa création, le Printemps républicain alerte sur l’existence d’une véritable « tenaille identitaire », selon l’expression d’un de ses fondateurs Gilles Clavreul. Celle-ci oppose, d’un côté, l’extrême droite glorifiant une soi-disant pureté de l’identité ou de la civilisation françaises et, de l’autre, l’islam politique et ses idiots utiles glorifiant pour leur part diverses identités au motif que la France serait demeurée cet état colonial aux relents racistes nourrissant une haine contre les Musulmans. 

Dans ce face à face, la République est accusée – en même temps – de faiblesse et de racisme. Et souffre d’être déchirée par les mâchoires de cette tenaille à l’imaginaire de guerre civile. La polémique engendrée par un conseiller régional Rassemblement national est la dernière illustration de cette unique façon d’envisager la vie en commun : inflexible, chaque camp enjoint à l’autre de se soumettre ou de quitter le pays… Et chaque nouvelle outrance nourrit la suivante.

Dans ce capharnaüm, il est difficile d’exister. Mais pas impossible, comme ont su le faire Amine El Khatmi sur LCI ou Laurent Bouvet dans le Figaro la semaine dernière. Qu’ont-ils dit l’un et l’autre ? Qu’il faut partir de la loi telle qu’elle existe aujourd’hui : si ces femmes n’ont pas d’attitude prosélyte, rien ne leur interdit d’accompagner des sorties scolaires. On peut être en totale opposition avec cet attribut rétrograde, mais il ne faudra pas compter sur le Printemps Républicain pour se lancer dans une chasse aux femmes voilées. Et si la loi devait être amenée à changer, on ne le devrait alors qu’aux excès des tous ces entrepreneurs identitaires qui font d’une zone de respiration laïque – l’école – un territoire disputé que l’Etat doit neutraliser. Nous proposons plutôt d’utiliser les bataillons de volontaires de la réserve citoyenne et du service civique pour accompagner le plus possible les sorties scolaires plutôt que de faire de ces moments hybrides des annexes de la neutralité de l’Etat. 

Sur ces sujets, mis à part la position affirmée – et pourtant contestée – du ministre de l’Education nationale, l’Etat est précisément le grand absent de la séquence que nous venons de vivre. En refusant d’exprimer une direction claire sur les questions de laïcité qui pourrait enfin soutenir une action ferme, le Président de la République renforce la cacophonie. 

En effet, aux discours forts qui suivent les épisodes tragiques que connaît son quinquennat – que l’on songe à l‘assassinat du colonel Beltrame ou à celui des fonctionnaires de la Préfecture de Police de Paris – ne succèdent que des actes faibles. Et les propos ambigus sont immédiatement suivis d’un déchirement de sa majorité. Si le Président a su définir les lignes directrices de sa vision pour l’Europe dans le fameux discours de la Sorbonne, on regrette l’absence de son pendant sur l’Etat, ses missions, ses moyens et son rapport à la laïcité. Pour l’heure, le Président semble porteur d’une vision uniquement comptable qui nourrit tous les mécontentements. 

Nous touchons ici aux racines du mal qui nourrissent inexorablement la tenaille identitaire : en raison de l’absence d’une vision claire portée au plus haut niveau, les assauts identitaires de tous bords prennent de court des fonctionnaires désemparés, immanquablement critiqués lorsque, courageux, ils décident d’agir et de lutter. Nous constatons ainsi l’affaiblissement de l’Etat, l’amollissement de la notion de service public et, in fine, la démoralisation de tous les fonctionnaires (par ailleurs alimentée par l’échec spectaculaire de certains services publics, pensons à l’école qui malheureusement amplifie les inégalités sociales ). « Puissance publique » est une expression vide de sens lorsque ses serviteurs ne savent en quoi ils sont encore puissants et à quoi il leur sert d’être publics…  

Ainsi, la tenaille identitaire n’est forte que de la faiblesse de la République. Or, qui incarne la République sur le terrain ? Les fonctionnaires de première ligne : policiers, enseignants, infirmiers médecins, pompiers, magistrats etc. auxquels on pourrait rajouter les élus locaux. C’est-à-dire tous ceux qui expriment aujourd’hui leur malaise en manifestant, en faisant grève, en refusant de poursuivre leur mandat ou plus tragiquement en attentant à leur propre personne...  « Passer à l’acte » de toutes ces manières est le pouvoir qu’il reste quand agir en représentant de l’Etat devient peu à peu impossible, difficile ou insensé.  

Sans jamais se hausser au niveau de l’intérêt général, les identitaires de tous poils partent à l’assaut du commun pour y être entendus ou reconnus. C’est donc l’expression irrépressible de ces identités (individuelles ou communautaires) qui induit un changement de rapport au collectif, donc au service public et nous oblige désormais à redéfinir celui-ci. C’est pourquoi l’impératif managérial et les règles comptables, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent servir de doctrine et masquer aux agents le sens de leur métier et leur devoir d’incarnation de l’Etat. Pour répondre aux problèmes de coût, d’efficacité mais aussi de laïcité, l’alternative n’est pas entre une remise en cause libérale de l’idée de service public ou la crispation étatiste – plus d’argent, plus d’agents sous statut. Il est dans une redéfinition même du sens du service public face à la tenaille identitaire. Le service public est un élément de notre accord commun. Et il cherche une nouvelle respiration – les débats sur la laïcité en témoignent. 

Affirmons-le clairement : si l’on veut véritablement lutter contre les extrêmes, contre le communautarisme, contre l’hydre islamiste et au-delà contre la pauvreté ou la relégation sociale, alors il faut investir dans le sauvetage de nos services publics. Non pas seulement avec plus d’argent mais d’abord avec plus de sens. C’est-à-dire notre soutien et notre reconnaissance pour « la République en première ligne » ! »

19 octobre 2019

Devenons de bons musulmans

J’arrive de Twitter. Les imbéciles s’excitent contre Cazeneuve qui a dit qu’on aimerait bien que les musulmans disent qu’ils aiment la République.  Ou un truc comme ça. Je ne suis pas son porte parole. Ils sont fous. Pas les musulmans, les islamogauchistes. 


Néanmoins, il nous faut rétablir l’entente à gauche afin de lui permettre de gagner des élections et de reprendre le progrès social comme le voilage des femmes et trucs comme ça. 


Pour rétablir la paix, je propose que nous nous convertissions tous à l’islam mais à un islam modéré. Pas à un islam méchant qui pousse à faire des attentats dans des mosquées, hein ! Nous serons alors des musulmans qui lutteront contre l’islamisme ce qui n’est quand même pas compliqué. Pour ma part, je ferais bien musulman kabyle ou sénégalais : ces braves gens continuent à se saouler la gueule. 


Je crains néanmoins qu’on ne voit éclater une nouvelle scission à gauche entre les gauchistes islamistes et les gauchistes musulmans modérés. Les premiers nous obligeraient à poser des bombes, à mettre le voile, à nous lapider, nous exciser pour prouver notre foi. Et si on refuse, on passera pour des fascistes, des collabos et tout ça. 


On nous dira qu’on est des méchants qui ne respectent pas les pires traditions des contrées malfaisantes. Et on nous engueulera quand on ira au bistro avec nos femmes (il en faut plusieurs) car le bistro n’est pas la place des femmes. Elles doivent rester au harem. Et on pliera. On se forcera à supporter plusieurs gonzesses mais on ne les amènera pas au bistro. On les lapidera si elles font une des pipes au plombier alors que la fuite n’est pas encore bouchée. 


Mais on aura la chance d’avoir défendu tous les opprimés.  D’être de bons gauchistes. 

15 octobre 2019

Mettons un voile sur l’amalgame

Je lirais bien la tribune des 90 lascars qui appellent à lutter contre la haine anti musulmans mais elle est réservée aux abonnés du monde et je me fais toujours un plaisir de n’avoir accès qu’aux mêmes informations que les citoyens lambda. 

Je leur ferai néanmoins remarquer qu’ils ont remis une pièce dans la machine à amalgamer et à rendre insupportables les musulmans. 

Il faut savoir raison garder comme disait un grand penseur comme Balladur au sujet de sa propre sénilité. 

Odoul a dit une connerie. Très grosse. Je passe l’humiliation de la mère et du môme. Pour cela, il mérite des coups de pied au cul. Violents. Avec des chaussures pointues par un type sachant viser. Avec des tessons de verre collés à la pointe des chaussures. Il mérite d’être condamné pour avoir dit dans une enceinte de la République ces conneries. 

La présidente du conseil machin aurait pu avoir une réaction plus virulente et connaître la loi. 

Les propos de Blanquer ont été justes. Il n’est pas souhaitable d’avoir des femmes voilées accompagnant des sorties scolaires mais ce n’est pas interdit. Il est critiqué par quelques gauchistes qui aiment bien critiquer. C’est un peu dommage pour eux. Les sondages disent clairement que 60% des électeurs de la gauche de la gauche sont nettement contre le voilage en question (et encore plus quand on va sur la droite, ce qui n’est pas surprenant). Il ne s’agit pas de faire une politique en fonction des sondages mais il faut bien se foutre dans le crâne que les gens de gauche ne veulent pas de religion sans l’espace public. J’en fais partie. Blanquer a dit « il n’est pas souhaitable » et il a raison. S’il y en a, tant pis. Ce n’est pas interdit. 

Et une mère voilée qui accompagne un groupe de gamins ne remet pas en cause la cohérence de la République. Mais, le jour où on aura que des femmes voilées à accompagner des sorties scolaires, ça sera trop tard. Amen. 

Philippe, notre Premier Ministre, a rappelé la loi. Celle de 1905, la base. Et les suivantes. Elles suffisent. On ne va pas adapter la loi à chaque pet de travers. Jacob commence très mal son job de chef de ce qui fût un grand parti de droite. Il ferait mieux de rappeler ce qu’est la République. 

Et ces 90 andouilles feraient mieux de ne pas interpeller notre président, celui de notre République, suite à des sorties odieuses d’un immonde petit élu. Elle en sortirait, la République, grandie. Elle sortirait grandie qu’on arrête de remettre une pièce dans la machine à chaque connerie. 

Et ça ne sert absolument pas les musulmans qui n’ont rien demandé dans cette histoire. Et on peut torturer le problème dans tous les sens. Il n’est pas qu’une femme voilée accompagne des gamins dans une sortie scolaire. Si elle est convaincue, si elle a vu la vierge, qu’elle porte une voile ! 

Le problème tourne autour des revendications politiques. De l’extrême droite. Des islamistes. J’en passe. Bonnet blanc. Blanc bonnet. Il nous faut être très vigilant. Ne pas défendre une cause pour tenter d’éliminer l’autre. Quand 90 starlettes émettent un tel appel, elles visent à combattre ceux qui luttent contre l’islamisme : les républicains. Sans majuscule. 

Ils pratiquent l’amalgame. C’est toujours le même problème.

09 octobre 2019

Laissez-nous padamalganer !

Le pas d’amalgame me gonfle toujours. Des andouilles ont même sorti un hashtag #balancetonmusulman pour protester contre je ne sais qu’elle annonce présidentielle ou gouvernementale qui invite la population à s’interroger s’ils voient des gens avec des signes de radicalisation. 


Le résultat est évidemment très drôle (du type : mon voisin ne se rase plus, c’est un signe de radicalisation, je vais le dénoncer). J’ai même failli participer mais j’ai vu des trucs bien plus rigolos que ce que j’aurais pu imaginer alors j’ai lu en silence. Puis j’ai compris. 


C’est encore un truc pour empêcher toute critique de l’Islam. 


Les gars, ce n’est pas amusant. Dans mon équipe, j’ai eu un type qui refusait de serrer les mains des femmes avec un tas de prétextes différents (genre je sors des toilettes ou je suis enrhumé mais il avait serré les mains des hommes). Il avait des tenues très strictes (à l’occidentale) à un point très drôle (d’autant qu’il était grand et mince et avait des pantalons trop courts). Il avait en permanence des écouteurs sur les oreilles (pour son boulot ce n’était pas gênant) et on a appris par hasard qu’il écoutait le coran en permanence. Qu’il s’habille n’importe comment et écoute le coran en permanence ne me dérange pas spécialement mais montre qu’il n’est pas franchement intégré à la société. Qu’il refuse de serrer les mains des femmes est inadmissible. Et qu’il se force à tenir des discussions de machine à café (ce dont j’ai horreur) parce qu’il faut bien parler aux clients m’exaspérait au plus au point. 


Et je bosse dans un milieu où il y a plein de musulmans issus de nos anciennes colonies d’Afrique du nord et du Sénégal au point où ça nous pose des questions pour l’organisation des pots. C’est d’ailleurs pareil dans les bistros mais on y trouve assez peu de salafistes. Pour le boulot, c’est simple : on recrute sur CV et entretien (les consultants comme les permanents) et un diplôme d’ingénieur n’a pas d’origine ethnique, alors on s’en fout ! Et comme les types pas franchement blondinets sont moins chers parce qu’ils ne pêtent pas plus haut que leur cul... A deux personnes avec la même compétence professionnelle, on ne va pas prendre la plus chère. On ne fait pas du dumping social, on parle d’ingénieurs. 


Alors laissez nous padamalguer comme on a envie de padamalguer ! Je sais faire la différence entre mes musulmans du quotidien, ceux qui refusent de s’intégrer et ceux susceptibles de virer au terrorisme. 


Le sujet est grave et sérieux. Si vous voulez le résoudre par un hashtag, il n’est pas impossible que vous méritiez des baffes. 


08 octobre 2019

Radicalisation grossophobe

Tant que je suis dans les réseaux sociaux à raconter des conneries, il faut que je raconte une anecdote. Ce matin, je n'avais plus de belle chemise repassée. J'ai donc décidé en prendre une neuve, encore jamais portée et dans son emballage d'origine (j'ai toujours eu un stock pour ce genre d'urgence).

J'ai quand même vérifié la taille vu qu'à une époque, j'avais un tantinet tendance à nier ma légère surcharge pondérale ce qui fait que j'avais beaucoup de chemise bien trop petites (je prenais du 41/42 alors qu'un 45/46 est plus adapté, soit tout de même 10% de plus ; depuis, avec l'aide du père Noël et de quelques achats bien sentis). La taille était bonne.

Je vais pour la mettre mais ça ne rentre pas. Ca ne glisse pas, j'ai du mal à enfiler la deuxième manche... Un peu comme si je ne m'étais pas séché après la douche et que la chemise sortie du paquet conservait des plis. Je ne sais pas. J'insiste. J'arrive à la mettre mais impossible de la fermer, j'étais tassé dedans, mal à l'aise, les bras à moitié coïncés.

J'essaie de l'enlever mais je n'y arrive pas, je tire dans tous les sens, me contorsionne,... Rien à faire. J'envisage les scénarios du genre : aller comme ça avec un manteau à la Comète et demander au serveur de me libérer ou appeler la concierge.  Finalement, j'ai réussi mais j'ai perdu 10 bonnes minutes (réellement) en plus du temps perdu à déballer la chemise, enlever les épingles (et faire la même opération avec une autre chemise) : je suis donc arriver avec 10 minutes de retard au boulot (je m'étais accordé une marge de 10 minutes pour les pb de transport en commun).

Bref, je regarde l'étiquette de la chemise : 39/40. Je vérifie l'emballage : 45/46.

Ah ben merde.

Je peux vous dire que pour la chemise suivante, j'ai vérifié avant de l'enfiler.

05 octobre 2019

La relativité de la pénibilité du travail

Parmi les boulots pénibles - Macron a encore dit une connerie à ce sujet et les gauchistes ont réagi - il y a ceux qui passent des heures à faire la mise en place ou le rangement après les heures productives. 


Prenons un exemple : moi. C’est un gros exemple. J’arrive au boulot et je fais ce pour quoi je suis payé : aller prendre un café et m’asseoir sur mon siège à taper des conneries sur un clavier. Je suis productif 217 jours par an, huit heures par jour. 


Prenons un serveur de bistro en caricaturant un peu (dans le sens ou un serveur ne fait jamais l’ouverture et la fermeture d’un bistro le même jour, contrairement, parfois, au patron). Le matin, il passe une heure à sortir la terrasse et le soir une autre à la rentrer et à faire la caisse. Et une des deux périodes en faisant le ménage à fond. Ces deux heures sont pénibles. Ça fait partie de leur travail mais l’essence de ce travail est de faire du chiffre d’affaire en vendant des trucs. Pas pour porter des tables avec des pieds en fonte. 


Je ne sais pas si les gauchistes qui parlent de pénibilité savent de quoi ils parlent. Ils imaginent le couvreur qui passe son temps dehors dans des conditions de sécurité un peu limite mais ont pour la plupart un boulot dans lequel ils sont productifs. A droite, ils sont aussi cons. Ils s’imaginent que la totalité du temps de travail des profs est de faire classe alors qu’il faut corriger des copies, rencontrer des parents, préparer des leçons et ... travailler debout ce qui n’est pas fréquent dans le tertiaire. Sans compter que, n’ayant pas de chiffre d’affaire à réaliser, il manque un critère. 


Moi, par exemple, je n’ai pas de chiffre d’affaire à réaliser mais par le boulot que je fais, qui n’est pas pénible, je contribue au chiffre de la firme. Certains voudraient sans doute que l’enseignant participe au chiffre de l’Education Nationale. 


Je ne veux pas opposer la droite et la gauche mais les deux se trompent péniblement sur la pénibilité. Prenons un même gros exemple : moi. J’ai un boulot qui n’est pas pénible a priori mais je bosse dans un open space au troisième sous-sol d’une tour de La Défense. Vous croyez que ce n’est pas un peu pénible ? Le siège de ma boîte est au 17ème étage et des gens qui font le même boulot que moi y bossent. J’y bossais. L’augmentation de la productivité que nous avions a fait que notre service a augmenté le nombre des employés et a été obligé de déménager au sous-sol... Vous pensez vraiment que c’est valorisant ? Non. C’est pénible. 






Prenez l’illustration de ce billet. C’est le poissonnier qui s’installe tous les samedis en face de la Comète. Il y a le patron et deux salariés (un vieux qui forme une jeune pour le remplacer). Ils viennent de Normandie tous les jours où ils bossent en région parisienne, installent leur stand, vendent trois ou quatre heure et passent une heure à tout ranger puis rentrent en Normandie. C’est pas un boulot pénible, ça ? Vous me direz que les deux salariés (comme mes serveurs de bistro sont payés pour et que le patron gagne de l’argent avec ce truc). 


Macron a tort de dire qu’on ne peut pas assimiler le travail à la pénibilité. Les gauchistes ont tort de le critiquer parce qu’ils ne savent eux même pas ce que ça veut dire (et j’en veux à Hollande). 


Pour ma part, j’ai deux heures de transport par jour. C’est pénible. J’ai la chance d’avoir une journée de télétravail par semaine mais je la passe à 430 km de chez moi donc passe deux demi journées en transport. Je le fais pour « m’occuper » de ma mère. C’est pénible (pas de m’occuper de ma mère mais de devoir m’organiser autour et j’ai bien conscience que beaucoup n’ont pas la possibilité de le faire). 


Ceux qui parlent de la pénibilité au travail, Macron et les gauchistes, feraient mieux de poser les critères et de les analyser. Un maçon a un boulot pénible mais il fait ce qu’il aime - construire - et est productif à 100% du temps. Ou alors il n’aime pas mais il faut bien manger. 


C’est la relativité de la pénibilité.