17 mai 2022

Ne relativisons pas le relativisme

 

Rousseau contemporaine

Je vais à nouveau parler de l’affaire Bouhafs mais pas pour incriminer ce pauvre garçon qui en a pris plein dans la gueule en quelques jours et est probablement grillé pour quelques années, plutôt pour évoquer la bêtise ambiante voire insoumise… Et surtout le relativisme et les efforts faits par certains pour démontrer que ce qu’a fait Taha Bouhafs n’est pas grave par rapport à ce qu’on fait les autres.

Relativiser, c’est mal ! Xavier Dupont de Ligonnes a tué plein de gens mais moins que n’en a fait occire Hitler, hein ! On ne va pas tout comparer pour faire joli. Bouhafs ne doit pas être candidat, point barre. Il a un casé judiciaire vaguement chargé, un passé assez lourd avec ses histoires de journalisme ou de fakenews et des soupçons avérés (les soupçons, pas la faute) d’actes graves d’harcèlement sexuel ou assimilé.

Malgré cela, il a été soutenu jusqu’au bout par des cadres importants du parti, dont le chef suprême, et y compris après les révélations de l’affaire en interne. A ce stade, il n’y a plus rien contre Bouhafs et ce sont les membres de Nupes, dont Madame Rousseau (je vais y revenir) qui passent leur temps à le défendre vu que leurs féministes sont occupées à défendre le burqini quand ce n’est pas franchement le port de la burqa en Afghanistan.

 

Rappelons tout d’abord qu’il y a deux types d’affaires : celles qui sont devant la justice et celles qui restent dans une sphère, disons, plus privée, comme cette histoire d’harcèlement chez LFI. J’espère qu’LFI aura les burnes pour aider les femmes concernées à porter plainte devant la justice mais, pour l’instant, et jusqu’à preuve du contraire, l’histoire rester interne à LFI même si elle a été mise sur la place publique.

Quelle que soit l’affaire, l’accusé reste présumé coupable vu qu’il est présumé innocent et seulement présumé coupable jusqu’à ce que l’affaire soit jugée. Par la justice. Ce n’est pas si simple. Dans l’affaire des coups de casque sur l’ami Boris Faure, le député M'jid El Guerrab dépasse le stade de « présomption de culpabilité » depuis longtemps. Les faits sont établis et, s’il y a eu débat (et ils continuent vu qu’il a fait appel), c’est uniquement sur les circonstances (il essaie de faire croire que Faure l’a harcelé, je crois, mais même si c’était vrai – ce qui n’est pas crédible, je connais Boris, il est doux comme un agneau même s’il est chauve – ce n’est pas un prétexte pour lui défoncer la tronche). Dans l’affaire Bouhafs, il faut bien reconnaître que la présomption d’innocence est assez faible, il a d’ailleurs été « jugé » coupable par le parti et ce dernier n’est pas démenti par les militants tweetériens vu l’énergie qu’ils dépensent à relativiser tout ça.

 

Rousseau Jean-Jacques

Notons d’ailleurs les propos de François Ruffin : « Chacun commet des erreurs ». Non. J’espère que chacun des candidats Nupes n’a pas violé une femme ou, du moins, un individu d’un autre ou du même sexe. Une telle défense est de la pure folie surtout que les lfistfuckings nous demandent de taper sur les autres candidats ayant fait des conneries (soit chacun fait des conneries soit pas mais dans le premier cas, les conneries des autres ne sont pas graves… C’est compliqué). Il a dit aussi «  Ce qui m'inquiète, ce n'est pas qu'il y ait un Taha Bouhafs à l'Assemblée nationale. C'est tout ce qu'il n'y a pas à l'Assemblée. Combien d'ouvriers ? Combien de maçons ? Ce qui m'inquiète pour la démocratie, c'est cette uniformité. » Il faudrait étudier le groupe LFI actuel pour voir la représentativité (je n’en sais strictement rien, d’ailleurs). Toujours est-il que c’est du mépris de classe : seuls les CSP++ ont des pulsions sexuelles néfastes. Smiley. Il a dit aussi : « Si jamais TF1 avait fonctionné comme La France insoumise, on n'aurait pas eu PPDA pendant 20 ans... »

Je vais défendre PPDA. S’il a accordé des faveurs sexuelles à des jeunes femmes pour qu’elles aient des promotions, c’est évidemment à leurs demandes. Nan, je déconne. PPDA n’est plus candidat à aucun poste. La présomption d’innocence est totale pour lui mais si on se doute bien qu’il n’y a pas de fumée sans feu, qu’on pense tous qu’il est coupable et que l’on doit soutenir les plaignantes en difficulté. Mais il y a présomption d’innocence. Avec Bouhafs, la question ne se pose pas réellement à ce stade. Le parti a décidé qu’il ne pouvait pas maintenir l’investiture car, moralement, ce n’était plus défendable tout comme, d’ailleurs, ça ne serait pas défendable que TF1 envisage d’embaucher à nouveau son ancien présentateur vedette, du moins celui qui est encore vivant (aux dernières nouvelles, il banderait même encore). Mais la question ne se pose pas non plus.

 

Rousseau douanier

Je reprends l’histoire de Twitter de ce week-end. Benjamin Grivaux, l’homme à la bite, a tweeté : « En France, la justice se rend dans un tribunal, pas dans un conclave d’un parti politique à l’abri des regards! Quelle honte de se prétendre féministe et de tenir de tels propos…naufrage final et sans surprise pour @sandrousseau. » Il faut dire que cette dernière avait déclaré : « Cette femme m’a contacté, j’ai eu un entretien assez long avec elle. Je lui ai demandé d’écrire son témoignage pour clarifier les dates, les faits. » Grivaux a évidemment raison à 100%.

La Rousseau a tweeté, en réponse : « 😳 Benjamin Griveaux #TouteHonteBue » Tout type normalement constitué comprendra qu’elle ait réponse au reportage non pas sur l’habitat urbain mais celle de Grivaux.

Gilles Clavreul, un des chefs du Parti Républicain (mon duce, donc, vu qu’il y fait führer), a alors tweeté, à son tour : « Chère @sandrousseau, puisque nous avons quelques affinités et que nous en avons parlé de vive voix : j’aimerais vraiment comprendre comment vous pouvez mettre sur le même plan la vie privée de @BGriveaux et ce qui est reproché a T.Bouhafs. Et qui est TRÈS grave. » Il a évidemment parfaitement raison mais ces gens « en vue » sont assez policés alors j’en ai rajouté, d’autant que j’étais coincé au bistro à cause de la pluie : « Ça a un côté réjouissant de défendre un type qui a diffusé des vidéos de sa bite. Ce qui n’empêche pas Gilles d’avoir raison. Comparons les choses qui peuvent l’être. »

Et j’ai aussi raison, d’ailleurs !

 

Mais, ce qui me fait rigoler, c’est que des insoumis me sont tombés dessus pour défendre Grivaux au prétexte qu’il n’a pas diffusé de vidéo de sa bite mais qu’on lui a « volé » cette vidéo qu’il avait transmise. J’ai bien rigolé car ces imbéciles ne voyaient même pas que je défendais Grivaux (le principal incriminé à presque présenté ses excuses mais les abrutis ont continué à me tomber dessus ce qui fait que j’ai du en bloquer une dizaine pour avoir la paix).

Il n’empêche qu’il y a plein de chose que ne doit pas faire un candidat dans le cadre d’une élection en France, comme donner des coups de casque à un citoyen, violer une femme… et prendre une vidéo d’une branlette pratiquée sur soi-même et la transmettre à sa copine.

Leur axe d’attaque, pour la défense, est :

Petit 1 : Grivaux n’a pas diffusé cette vidéo donc j’ai eu tort d’utiliser ce terme. Il l’a seulement transmis à une amie à qui elle a été volée.

Petit 2 : Grivaux est la victime, c’est bien lui qui a été volé.

 

Rousseau mâle

N’oublions pas que la comparaison de Bouhafs et de Grivaux vient de la nupseries autant que de la cour de récré.

Evidemment, un homme condamné par la justice avec, en plus, une présomption de culpabilité dans une affaire de viol ne doit pas avoir l’investiture d’un parti politique.

Mais on ne m’empêchera pas de penser qu’un responsable politique qui se prend en vidéo en train de se masturber puis transmet cette vidéo à sa copine a toute la maturité nécessaire pour assumer les plus hautes fonctions.

Je peux donc rigoler de la bite à Grivaux tout en critiquant les propos de Rousseau.

Non mais sans blague.

 

 

P.S. : désolé de faire trois billets, ce matin. Celui-ci a été rédigé en grande partie, hier, mais j’ai « oublié » de prendre le temps de le diffuser vu que j’ai bossé tard et que les heures de bistro approchaient. Les deux autres billets sont plus légers et dictés par l’actualité politique.

Non aux ingénus à Grenoble


 

« A Grenoble, le conseil municipal vote l’autorisation du burkini dans les piscines. La délibération a été adoptée lundi soir avec une très courte majorité et au terme d’un débat long et parfois tendu. » nous titre et sous-titre le quotidien de référence. Je déplore évidemment cette décision parfaitement contraire aux idéaux de la République et j’espère que des « instances » (préfecture, Etat…) pourront s’y opposer.

C’est évidemment une soumission à des exigences politique de militants islamistes pour conformer leur domination sur le terrain, le tout en rabaissant les femmes au rang de sombre merde.

 


Après avoir exprimé mon dépit dans Twitter, j’ai évidemment été traité de raciste mais il est évident les auteurs de ces propos sont des cons. Littéralement. Critiquer une religion n’est pas critiquer une race et n’a rien de raciste. Au contraire, faire la relation entre la religion et une origine ethnique, ce qu’ils font, est réellement raciste. En outre, je ne critique pas une religion, chacun fait bien ce qu’il veut. Je critique la soumission a des revendications politiques venant de religion. Mes propos seraient strictement les mêmes si des dirigeants cédaient aux demandes des catholiques, des juifs, des bouddhistes et autres. Voire à ces imbéciles qui se prétendent athées uniquement par refus de la religion de nos ancêtres et refusent certaines traditions…

En plus, cette fois, je ne sais même pas s’il s’agit d’une revendication vu que la burkini ne figure dans aucune tradition musulmane… pas plus que le fait de fréquenter les piscines. Par contre, les traditions sont bien de séparer les hommes des femmes et vice versa et des générations bien de chez ont mené des combats pour que tout le monde puisse vivre ensemble, y compris, évidemment, des femmes qui se sont battues pour s’habiller librement.

Et ne me faites pas croire que la quelconque notion de liberté incite à mettre une tenue intégrale pour aller patauger avec d’autres couillons.

La tenue vestimentaire est une histoire de bienséance, de coutume. Ces tenues n’ont rien à faire dans nos espaces, tout comme les hommes torse-nu en dehors des plages, les touristes en tenue fluorescente visitant des villages médiévaux ou des crétins qui viennent en short de bain dans les bistros de ma commune comme ce con de Michel le cycliste.

 

Par ailleurs, je me suis fâché avec une vieille copine au point de la bloquer (n’ont pas à cause d’un désaccord mais parce qu’elle devenait particulièrement insistante) car elle avait comme seul argument « tu ne connais pas de femme voilées ».

Je passe le fait qu’elle ne peut pas savoir qui je connais. J’habite dans une banlieue avec beaucoup de musulmans et ces braves gens ont des épouses qu’il m’arrive de croiser (sans les connaître vraiment, je le reconnais). Mais si je ne connais pas de femmes voilées, c’est parce que les préceptes religieux les empêchent de croiser des hommes et je n’y suis pour rien s’il y a peu de musulmanes à fréquenter les bistros.

Et même si j’en connaissais, ce n’est pas parce qu’elles m’expliqueraient qu’elles portent le voile par conviction religieuse que j’excuserai : elles sont enfermées dans une éducation religieuse et dans des exigences putatives de leurs mecs.

Mais d’une manière générale, il faut arrêter de nous casser les couilles : laisser les femmes s’habiller de manière à se cacher des hommes est bien une soumission et, en aucun cas, un élément de liberté. Il faut arrêter que des militants bien de chez nous tentent de nous plonger trois siècles, voire 13 siècles, dans le passé et fassent une croix sur des années d’évolution au nom de la défense inventées de minorités même pas opprimées et qui n’ont rien demandé.

 

Vous me direz que ces femmes pourront dorénavant aller à la piscine à Grenoble. Elles le pouvaient déjà avant. Ces propos sont donc mensongers, réellement, dramatiquement. Elles ne le faisaient pas parce que des préceptes religieux inventés (par définition) leur interdisaient de le faire mais aucun texte de cette religion n’a jamais demandé que les femmes s’habillent d’une manière spécifique.

Enfin, une telle tenue est évidemment contraire aux règles d’hygiène et c’est pour cela que les shorts longs et caleçons de bain sont généralement interdits aux hommes. Rappelons d’ailleurs que l’on va à la piscine pour nager et toute tenue autre que le maillot de bain classique empêche de le faire normalement.

Il y a aussi des raisons de « morale » : les strings de bain et les seins nus, par exemple, sont interdits… Tout comme d’ailleurs la nudité complète. La « morale » réprouve également des tenues trop lourdes.

Point barre.

 


Des élus qui ne respectent pas nos traditions retranscrites dans nos lois voire dans la Constitution et surtout son préambule. « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances. »

Les textes de la réglementation intérieure d’une piscine ne peuvent pas autoriser les femmes (donc la moitié de la population) d’une certaine religion à porter une tenue qui romprait ces principes d’égalité et on ne rigole pas avec cela.

 

On ne rigole pas, non plus, avec la lutte contre le progrès des revendications de groupes religieux surtout si les fâcheux en question ont parfois tendance à se distraire en massacrant nos concitoyens au nom de leur dieu. Ceux qui les tolèrent sont évidemment des collabos.

   

Une première ministresse !

 


Je n’ai pas grand-chose à dire sur la nomination d’Elisabeth Borne comme premier ministre. On peut se féliciter qu’il s’agisse d’une femme mais je ne vois pas en quoi ça la rendrait plus ou moins compétente. Donc, il n’y a pas à se féliciter mais on peut ou doit déplorer, pour faire plaisir aux copines féministes, que les femmes soient si rares à ce poste.

L’intérêt avec elle, c’est qu’on peut faire un tas de jeux de mot avec son nom de famille. L’intérêt ou pas. C’est dramatique : les résossocioteurs ont tenté de battre des records d’inventivité, hier, mais tout ce qu’on peut constater est le déclin de l’humour. C’est bien triste. Les plaisanteries étaient d’une nullité sans borne.

Il y a quelques réactions politiques mais uniquement du genre « ah ben elle est de gauche » ou « ah ben elle est bien à droite ». Le tout était évidemment ridicule tant on s’en fout, aujourd’hui ! Les gens de gauche, en particulier, sont réellement déments : ils espéraient que Macron allaient nommer un premier ministre de gauche pour leur faire plaisir.

Toutes ces mélenchonneries commencent à bien faire. Il faut que ça cesse. La gauche a perdu les élections. Elle perdra les prochaines. Et une raison de ces pertes est la nullité de ses acteurs incapables de penser autrement.

 

Pour ma part, je lui souhaite un bon courage et une réussite. Cela ne m’empêche pas de penser que je ne serai probablement pas d’accord avec les mesures que prendra son gouvernement mais il est temps que l’on nous foute la paix.

J'avais demandé à Macron de nommer une jeune femme bien en chair mais il ne m'écoute jamais.


N.B. : vous m'excuserez de faire plusieurs billets ce matin mais, d'une part, l'actualité est assez riche et, d'autre part, j'ai oublié de diffusé mon billet d'hier (le troisième que je ferai ce matin).

14 mai 2022

Ceci est mon blog politique

 


Il y a un big malentendu (en français : gros malentendu) : avant-hier, disais-je, un type me sommait de parler des autres affaires que de celles de Taha Bouhafs. La vérité, toute simple, est que cela ne servirait à rien. Il faut arrêter de croire que les blogs ont le moindre impact sur la vie politique et que si j’avais parlé d’un autre gugusse, cela aurait fait basculer les électeurs ou les partis politiques. Même Twitter a peu d’impact, à part créer une caisse de résonnance (et pas de raisonnance…) pouvant exciter quelques pigistes médiocres.

Je parle de Bouhafs parce qu’il sert d’emblème, le pauvre, à quelques-uns de mes sujets de préoccupation du moment, comme tout ce qui touche Nupes. Pourquoi j’évoque ces sujets, me demanderez-vous, curieux comme tu es ? Avec la délicatesse qui me caractérise, je pourrais répondre : « occupe-toi donc de tes fesses ? » La vérité est que je parle de politique sur Internet depuis une vingtaine d’années, donc avant même la création de mon blog, parce que j’aime ça. Disons, en plus, que ça fait toujours plaisir de voir que certains semblent d’accord avec moi et j’ai même l’outrecuidance qu’ils sont bien contents de voir écrit par un autre des idées qui ne leur sont pas étrangères.

 

Par contre, je n’ai jamais fait campagne, dans le blog, pour quoi que ce soit sauf, peut-être, pendant la campagne de la primaire 2011 et, évidemment, de l’élection présidentielle qui a suivi. Je me suis contenté d’exprimer mon avis sur les sujets politiques du moment et, il faut bien reconnaître, qu’ils sont petit 1, Bouhafs, petit 2, les autres candidats avec des casseroles au cul, petit 3, la campagne législative et notamment la Nupes.

Pour les candidats autres avec des casseroles, je pourrais dire « ouh la la c’est mal, il faut empêcher cela, les partis devraient retirer les investitures et aider les victimes devant la justice » mais cela est une évidence et ne servirait à rien, sauf, pour moi, dans la cadre de cette enflure qui a massacré Boris Faure à coup de casque, parce que Boris est un ami et je pense qu’il a besoin que des proches lui fassent preuve de soutien.

Bouhafs est emblématique d’un tas de chose et de tout ce qui peut se faire de pire à gauche. A la limite, je me fous des violences sexuelles qu’il a pu commettre et c’est plus pour l’ensemble de son œuvre, et notamment sa proximité avec des islamistes, qu’il me semble important de taper dessus. J’en ai marre de ces compromissions d’une certaine gauche, malheureusement assez large si on prend en compte les gens qui ne se rendent pas compte de l’importance de certaines choses. Alors je critique.

Tout comme la Nupes. Je suis effaré de voir certains, dont des bons copains, y accorder de l’importance alors que ce machin sera mort dans un mois, assurément il n’y a aucune chance de gagner l’élection, mais qu’il met des partis politiques à la ramasse d’une bande d’excité qui pratique les compromissions dont je parlais et n’ont que faire de la République.

Ils n’ont d’ailleurs probablement que faire du peuple et, même si mon « procès » est un peu gratuit, leur propension à faire perdre la gauche va quand même dans mon sens, sans compter l’absence de vision de l’avenir à part via un catalogue de mesures incohérentes et nous précipitant vers la ruine.

 

Alors je continue à baver dans mon blog, tout comme plein de types le font dans les réseaux sociaux mais je ne parle que de sujets qui m’intéressent et on n’a rien à me dicter.

Point barre.

13 mai 2022

Nupes : deux doigts coupe faim


 

Je suis désolé pour mes sympathiques lecteurs (ou pas) qui croyaient sincèrement à la création de la Nupes, ceux qui pensaient que le programme n’était pas si mauvais que ça, ceux qui pensaient qu’une telle union pourrait sauver la gauche. Pour ma part, j’ai exprimé ici tout le mal que je pensais de « l’Avenir en Commun » et de ce qui en reste dans les accords qui font que les mauvais côtés prennent le pas sur les bons. J’ai dit aussi pourquoi cette union allait être un fossoyeur supplémentaire pour la gauche « non radicale », enfermant longuement le pays dans une gestion bien à droite. Je n’ai pas évoqué d’autres aspects qui me déplaisent fortement, notamment le fait que le populisme de droite ne se bat pas avec un populisme de gauche…

Mais, il y a eu, hier, quelques événements qui me font penser qu’il faut combattre Nupes et pas seulement regarder ce bordel avec un œil compatissant. Je suis d’ailleurs bien content d’avoir vu qu’il y aura, dans ma circonscription, des candidats de gauche « hors Nupes », comme mon copain Nanard, qui a démissionné d’EELV après en avoir été un des animateurs départementaux, il y a déjà longtemps, mais qui ne supporter pas que son parti ait signé ce truc. Il y a surtout un candidat du MRC, pour la Fédération de la Gauche Républicaine (les partis à gauche du PS qui n’ont pas été retenus par LFI pour les accords (MRC, donc, et aussi : GRS, Radicaux de gauche…). Mathilde Panot est sûre d’être élue mais, au moins, pas au premier tour… On se console comme on peut.

 

Il y a, tout d’abord, une nouvelle note du blog de Jean-Luc Mélenchon pour critiquer les méthodes d’un institut de sondage qui seraient en la défaveur de la Nupes. Cela commence à bien faire. Pendant toute la campagne de la présidentielle, LFI a diffusé de fausses informations pour faire croire que leur chef seront au second tour ce qui, par ailleurs, n’a aucun intérêt : il n’y a qu’un seul vainqueur. Et ils diffusent, maintenant, un sondage pour expliquer que Nupes était en tête : forcément, la formation qui représente, pour l’instant, toute la gauche, est devant le centre, la droite et l’extrême droite. C’est purement mathématique vu que la droite est riquiqui et le centre élargi, mais le système électoral n’en a que faire. La gauche recueillerait, de mémoire, un peu moins de 28 bulletins sur cent contre 26 en 2017, année où le PS a eu plus de sièges que LFI avec moins d’électeurs… mais moins que les trois législatives précédentes.

Vous en avez marre de mes tripatouillages ? Alors que les chefs de LFI voire de Nupes arrêtent les leurs.

Ensuite, il y a eu l’officialisation de la non-candidature du Mélenchon en question. C’est quand même fort : le type qui se présente comme le futur premier ministre donc chef de la majorité parlementaire ne se présente même pas pour en faire partie. C’est de la pure escroquerie, d’autant qu’il a tweeté, hier : « Pour répondre à M. Macron, oui un troisième tour, ça existe. L'élection législative est celle qui va donner le mandat politique et non la majorité au président. Si vous élisez une majorité de la #NUPES, vous aurez un Premier ministre issu de cette union. #MelenchonMatignon » ce qui comporte un certain nombre de mensonges.

Le pire est que son remplaçant est « ostensiblement » parachuté et, la semaine de l’affaire Bouhafs, on aurait attendu un peu plus de rigueur dans les investitures.

 

Bouhafs, tiens ! C’est à son propos que j’ai lu le tweet qui a fait déborder le vase. Un zinfluenceur mélenchomanique à 70000 a accusé l’ensemble des types qui parlaient plus des affaires de Bouhafs que de celles de Zemmour étaient des zemmourophile ou presque. Il y a d’ailleurs tout un tas d’andouilles qui relativisent les agissements de Bouhafs en fonction de ceux supposés d’autres personnes. Il faudrait quand même voir à être sérieux.

D’ailleurs, ces lfistefuckings tweetaient ce matin au sujet de l’opposant LREM au remplaçant de Bouhafs pour expliquer que c’était lamentable vu qu’il était aussi soupçonné d’harcèlement sexuel ! Si on a tapé sur Taha Boubou, c’est pour l’ensemble de son œuvre. Après, chacun des cas doit être étudié mais, par pitié, arrêtons de tout confondre (d’autant que ce pauvre Yves Blein est probablement totalement innocent : je parlais d’hier de la présomption d’innocence mais, je suis désolé, à ce stade elle ne s’applique plus pour Bouhafs.

 

Par ailleurs, quand je vois des militantes féministes défendre la Burqa en Afghanistan, je me dis qu’il faut absolument faire le ménage dans toute cette gauche et virer, coûte que coûte, les mouvements politiques qui en sont proches.

Enfin, notons que tout cela a fortement fait baisser l’enthousiasme pour Nupes…

12 mai 2022

Bouhafs, sans soif

 


« Tu as des infos ou alors tu salis ? » me demandait une espèce d’ahuri insoumis dans Twitter alors que je dégoisais des méchancetés à propos de Taha Bouhafs. Je vais lui répondre : bon, les gars, il faut arrêter de jouer, cela fait des années (au moins depuis 2016) qu’on dit qu’il faut se méfier de ce type, qu’il entretient des relations étroites avec les milieux islamistes et tout ça… Et je dis « on », c’est une façon de parler, je ne crois pas avoir parlé de cette andouille dans les réseaux sociaux (ni ailleurs, évidemment), avant cette semaine. Par contre, je dénonce depuis des mois la collusion d’une certaine gauche avec l’islamisme.

Vos défenses débiles, ça commence à bien faire. Traiter tous les types qui sont en désaccord avec vous de racistes est lassant vu que cela ressemble à une espèce de cancel culture (quand on traite les autres de racistes, ils ont tendance à ne plus vouloir ouvrir leur gueule). Vous êtes ridicules. Ca fait plusieurs jours qu’une partie de la gauche critique l’investiture de ce guignol et qu’on en prend plein la gueule. Sa nouvelle affaire a été connue au sein de LFI dès samedi, il a retiré sa candidature lundi et vous avez continué le défendre, sans doute jusqu’à mardi soir, sur le thème « il est tombé sous la pression islamophobe » et vous continuez à faire n’importe quoi. Il faut que cela cesse.

Il y a un autre type, dans Twitter, qui me répondait directement à mes propos (proches de ceux-ci-dessus) : « Effectivement… mais il y a en a d’autres », accompagnés de photos de candidats LREM investis malgré des affaires louches. Mais ON S’EN FOUT. Ca n’excuse pas Bouhafs. Aussi bien, il a réellement violé une jeune femme mais il faudrait l’excuser parce que ce n’est pas le seul ? Vous êtes tombés sur la tête, ou quoi ?

Je suis pourtant le premier à invoquer la présomption d’innocence, y compris dans les histoires de « harcèlement », ma consoeur Elodie pourra témoigner que je la titille souvent à ce sujet. Mais pour l’andouille présente, cela fait des années que l’on vous dit de vous en débarrasser et, pour ma part, depuis le début de la campagne électorale (pour les présidentielles), je dis que je refuse toute compromission avec les insoumis. Il y a des raisons !

Vous voyez, on a par exemple l’autre guignol grenoblonesque qui veut autoriser les burkinis dans les piscines (tout en disant que ce sont les autres qui n’arrêtent pas d’en parler) alors que, pendant ce temps, en Afghanistan des femmes deviennent obligées de mettre la burqa. Il faut que l’on arrête de jouer au con et cela ne pourra pas commencer tant qu’une espèce de gauche française continuera à défendre les militants islamistes et des jeunes racisés des banlieues pour aller avec dans une seule logique de clientélisme ou de j’en-foutisme.

 

Il faut arrêter de traiter tout le monde de raciste quand on critique l’islam. Je dois avouer que je n’aime pas l’islam. Pas plus que le catholicisme, le judaïsme, le bouddhisme et la tempérance. Ce ne fait pas de moi un raciste pour autant. J’espère que les copains qui me critiquent quand je dis qu’il ne faut pas s’allier avec LFI, tant bien même il ferait de jolis scores électoraux, finiront par admettre que je n’ai pas entièrement tort. Ils défendent n’importe quoi et, finalement, n’ont aucune valeur morale, mettant tous ces aspects au second plan en adoptant des défenses débiles. Toujours est-il qu’on ne peut pas être de gauche quand on défend une religion ou un type accusé d’affaires sexuelles. Tout ce qu’on peut dire c’est que le gars, à ce point compromis, ne mérite pas d’être candidat et que, maintenant, la justice doit se saisir du dossier et pas seulement une obscure commission des affaires internes d’un parti politique pas spécialement réputé pour son honnêteté intellectuelle mais plus pour sa capacité à supprimer des tonnes de tweets quand le vent tourne.

Alors bien sûr, tous les partis qui soutiennent des candidats « limites » devraient y réfléchir à deux fois. Je pense par exemple à LREM qui défend l’agresseur de mon copain Boris Faure, à coup de casque (le parquet doit justement se prononcer sur la plainte, aujourd’hui). La question n’est plus la présomption d’innocence, les faits ont été démontrés, mais uniquement le prononcé des magistraux : la justice va se poursuivre mais le type ne doit surtout pas être candidat. De même, il me semble que Nupes avait un candidat ouvertement homophobe (qui a été évincé hier). Et je passe une série d’histoire. Mais ce n’est pas parce qu’il y a un ou cinq candidats sur cent qui seraient blâmable que l’on doit excuser quelques cas particuliers.

 

Tara Bouhafs a été condamné pour avoir insulté une syndicaliste policière. Rien que pour ça, il ne mérite surtout pas d’être députés. Cela ne s’invente pas : c’est dans son casier judiciaire. On voit des insoumis gueuler quand on prétend qu’il a été condamné pour injure raciste ce qui n’est, effectivement pas la vérité, il a été condamné pour « injure publique en à raison de l’origine ». Vous m’expliquerez la différence… Comment un parti de gauche peut-il présenter comme candidat un type qui est un raciste notoire et continuer à le défendre.  Il a été connu pour avoir filmé une agression par Benalla et avoir mis en ligne la vidéo. Depuis, il se fait passer pour journaliste alors qu’il ne savait pas, au moment de la diffusion, qui était Benalla et que c’est un autre type qui la reconnu. Et il y a eu l’histoire du mort de Tolbiac, totalement inventée. Tout ça était dénoncé avant cette semaine et suffisait largement à critiquer le locdu. L’affaire de violences sexuelles n’est venue qu’après.

 


Je me fous de ce type. Je le disais : je n’en avais jamais parlé auparavant. Je pense seulement que, à un moment, les dirigeants politiques doivent arrêter les conneries et que les militants doivent arrêter de se comporter comme une meute. Autoriser le burqini dans une piscine ne va pas dans le sens de la libération de la femme et ceux qui tentent de se persuader – de nous persuader – du contraire méritent des baffes.

Ne pratiquons pas l’amalgame mais la concomitance des faits est amusante. Arrêtons de défendre les "jeunes de banlieue" sous prétexte unique qu'ils sont des "jeunes de banlieue" et ouvrons les yeux.

Et le gosier, bien sûr.

11 mai 2022

Mélenchon, ce blogueur politique

 


La honte me vient au nez quand je constate la longueur affligeante de mes billets de blog mais, quand je vois celui de Jean-Luc Mélenchon, je me calme. Le leader insoumissionnesque est non seulement un fin stratège et un excellent orateur, c’est aussi, et je l’ai déjà dit, un très bon blogueur. Mais il est trop long et je ne lis pas tout. Son dernier billet a pour titre « la semaine où mon prédécesseur va être désigné ». Sur les quatre autres de la journée (il est en télétravail ou quoi ?), il y en a un qui s’intitule : « Macron déclare l’obsolescence des traités européens ».

 

A ce dernier sujet, il raconte strictement n’importe quoi et pense faire de l’humour. Je le cite (du coup, mon billet va être long…) : « Venons-en à son discours à Strasbourg. Il contient une information d’importance. Emmanuel Macron s’est prononcé pour la révision des traités actuels. Il considère donc ces traités comme obsolètes. C’est-à-dire périmés. « Il faudra réformer nos textes, c’est évident. L’une des voix de cette réforme est la convocation d’une convention de révision des traités. C’est une proposition du parlement européen et je l’approuve » a-t-il déclaré. Qu’en peu de mots ces choses-là sont dites. C’est un désaveu cinglant pour tous ses propagandistes qui viennent de passer des jours entiers à expliquer sur tous les tons qu’être contre les règles européennes actuelles était être « anti-européen ». Leur argument principal contre la Nouvelle Union populaire s’effondre sous l’effet d’une déclaration de leur propre chef. Trop comique. »

Personne n’a jamais dit qu’on ne pouvait pas modifier les règles, ni même qu’il ne fallait pas le faire (Hollande, lui-même, voulait les renégocier, du moins officiellement). On a simplement dit qu’on ne pouvait pas ne pas respecter les règles en vigueur et respectées par les autres.

Par la suite, il reproche aux types soumis (par opposition aux insoumis, évidemment) de… reprocher aux insoumis (par opposition, non rien…) de vouloir une Europe à la carte, ingérable, et d’être démenti par Emmanuel Macron alors que la plupart des « analystes » ont toujours dit qu’il fallait, justement, une Europe en plusieurs cercles, comme d’ailleurs maintenant (il me semble que tout le monde n’est pas dans l’euro ou dans Schengen, par exemple).

Et Mélenchon luttant contre son camp en voulant lutter contre la macronie poursuit en rappelant quand Macron a été pour le changement des traités. Je cite à nouveau : « Le 17 janvier 2022, il a déclaré : « Il est temps de reconstruire des marges de manœuvre budgétaires, c’est pourquoi je défends fortement une réduction de la dette souveraine (…) Je ne pense pas qu’on puisse de façon réaliste s’attendre à des changements fondamentaux sur les critères de dette et de déficit ». Fermez le ban. Emmanuel Macron a renoncé à son ambition de desserrer un peu l’étau budgétaire. On sait depuis le discours du 9 mai que même dans le cas d’une révision des traités, la France ne compte pas le proposer. » Il me semble que, effectivement, Macron dit qu’il veut réduire la dette mais poursuit en expliquant que ces critères ne pourraient pas, de toute manière, apporter des changements profonds. Donc qu’il se fout de ce critère dans les traités mais il est attaché à ce que la France ne dépense pas beaucoup plus de pognon qu’elle ne gagne.

Ensuite, il rappelle que Macron a promis le retour au 3% en 2027 mais, à Bruxelles, ils doivent bien rigoler devant le nombre de fois où on leur a fait le coup. Néanmoins, la fin du billet de Mélenchon est imprécis : aucun pays ne respecte ces 3% mais qu’en est-il des autres textes qu’il veut ne pas respecter ?

 


Il faut une fixation, il faut croire, vu que l’autre billet dont je parlais commence ainsi : « Cette semaine, le président va nommer mon prédécesseur. Lui sera nommé. Moi j’espère être désigné par le vote des législatives prochaines. Que va décider ce nouveau gouvernement ? Il appliquera la feuille de route sur laquelle s’est engagée le précédent devant la Commission européenne. L’austérité, le retour au 3 % de déficit. Erreur totale. » il ne devrait pas revisiter la constitution : les électeurs ne désignent pas le premier ministre. Outre le fait que la nupesserie ne va probablement gagner, ces âneries commencent sérieusement à fatiguer le brave peuple qui n’a rien demandé.

Et la suite est tout aussi fatigante. Il cite les mauvais chiffres putatifs de l’économie en oubliant deux choses : qu’ils sont liés d’une part à la guerre en Ukraine et d’autre part à la crise sanitaire. Ensuite, il avoue que tout ce qu’il peut faire pour les salaires et de « convoquer des conférences » sans même faire semblant de se rendre compte que c’est évidemment du pipeau. Puis, il revient sur le discours de Macron qui n’a pourtant rien fait de la présidence de l’UE contrairement à ce qu’il avait annoncé mais il oublie toujours de dire que le président avait peut-être été occupé par la guerre ce que les électeurs ne vont pas oublier.

Ensuite, il reprend l’argumentaire de son autre billet ce qui me fait dire que, comme blogueur, il radote plus que moi.

La fin est un feu d’artifice : « Cette campagne présidentielle manipulée n’en finit plus d’exposer ses conséquences. Car elle n’a mis aucun sujet de fond à l’ordre du jour en dépit de tous nos efforts. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons mené une campagne si longue de dix-huit mois. Du coup, elle n’a réglé aucune des grandes urgences de notre époque. Un président sans mandat a donc été élu. À présent, l’actualité n’en finit pas de nous donner raison. Et l’impréparation est complète. » On peut tout dire (cela étant, il a un mandat, si tant qu’un président doive en avoir un) mais la seule conclusion possible est que la campagne de dix-huit mois est un échec. C’est sidérant de refaire l’histoire sans se rendre compte.            

Pour la suite du billet, il parle de l’environnement et des difficultés au niveau mondial. Il a raison. Mais quand on fait campagne sur la sortie des accords internationaux, ce n’est pas spécialement sérieux. Il finit cette section (c’est pas terminé, hein !) par : « L’inaction de Macron nous a mis au pied du mur de la crise de l’eau. Avec la Nouvelle Union populaire, les premiers mètres cubes d’eau seront gratuits, les gaspillages et mésusages empêchés et les canalisations rénovées. C’est clair ? C’est aussi le sens du bulletin de vote des 12 et 19 juin. » Comment veut-il vérifier que les mètres cubes d’eau sont bien utilisés ? Il va monter dans mon appartement pour vérifier que je ne prends pas de bain ou n’y lave pas ma voiture ?

 


La fin du billet fait trois pages (soit une fois et demie que ce qui précède dans mon texte…) et est consacrée à un éditorial du Monde pour que le casser mot par mot, comme si ça avait le moindre intérêt pour le commun du mortel.

Mais, dans son blog, Méluche ne s’adresse pas au commun des mortels mais uniquement à son entourage de militants ce qui fait qu’il raconte n’importe quoi de manière à donner des arguments qui pourront être répétés dans les comptoirs et les réseaux sociaux.

C’est un métier.

10 mai 2022

Gauche : ne refaisons pas l'histoire !

 


Les militants de gauche en général et socialistes en particulier sont tout de même sacrément barrés ! Qu’ils jugent les accords « Nupes » bénéfiques voire indispensables est une chose (certains refusent quand même d’en discuter) mais qu’ils arrivent à les considérer comme une victoire alors qu’il ne s’agit que des conséquences d’une déroute électorale me sidère. Le pire est qu’ils considèrent comme une victoire le départ annoncé des opposants, notamment des partisans de François Hollande comme si perdre une partie de l’électorat pouvait être considéré comme positif alors que la gauche a toujours pu gouverner grâce à un large rassemblement et jamais avec des accords de coin de table à un mois d’un scrutin pouvait être satisfaisant.

Ainsi, il y a différentes choses qui m’énervent, la première étant que ces militants s’imaginent parler au nom du peuple sans même se rendre compte qu’un positionnement politique est avant tout quelque chose d’ancré en soi, quasiment génétique. Si 30% des électeurs ont voté pour un candidat ouvertement à gauche, c’est, un peu comme moi, parce que c’est « inscrit en lui ». Vous pouvez ne pas être d’accord mais rendez-vous compte, quand même, que de l’autre côté, Valérie Pécresse a eu des voix sur son nom comme si elle avait vraiment un nombre significatif de partisans…

Ensuite, et dans la lignée, ils se trompent souvent de ce qui motive un vote. J’ai, hier, une publication qui disait : « 🏆 59% (+9) des jeunes de 18 à 24 ans prévoient de voter pour la Nouvelle Union Populaire Écologique et Sociale ! 📖 Allocation d'autonomie de 1063€/mois, suppression de Parcoursup, planification écologique, etc. La jeunesse sait ce qu'elle veut ! » L’auteur ne se rend même compte que la seule conclusion que l’on peut en tirer n’est pas que les jeunes soient à gauche (alors qu’on aurait pu faire il y a des années) mais qu’ils ne pensent qu’à leur gueule.

 


Nous sommes le 10 mai. Il y a quarante et un ans, François Mitterrand était le premier président de gauche à être élu depuis le début de la Cinquième. Rendons-lui hommage.

Voila, c’est fait. Pendant deux ans, une vraie politique de gauche a pu être menée, entendons par là une politique telle qui ferait sans doute plaisir à nos militants d’aujourd’hui mais ils ajoutent, dans la foulée, les trois années suivantes puis les cinq premières du second mandat et les cinq de « la législature Jospin » en rejetant les cinq années hollandesques alors que, pendant ces dix-huit années on a eu des politiques relativement proches, des avancées sociales teintées de poussées économiquement libérales.

Notons d’abord que le vrai tournant, sous Mitterrand, ne fut pas en 1983 mais en juin 1982… Ce gauchisme a tenu un peu plus d’une année et le constat fut affreux. Je cite un grand économiste : « ah ben bordel ça marche pas ». Ils ont mis en place la rigueur et ont arrêté les réformes promises. Sans doute que ces reculs ont accéléré la chute de la gauche aux élections : les législatives de 1986 sont un bel exemple mais dès, les européennes de 1984, la gauche était à la ramasse (avec, entre nous, une belle poussée du Front National).

Vous pouvez faire le rapprochement avec l’ère Hollande et expliquer que la chute est liée à la déception mais, dès 1988, la gauche retrouvait le pouvoir alors qu’elles se morfond, maintenant, les bas-fonds.

Pendant cette nouvelle participation au pouvoir, il y a eu des grandes choses comme la création du RMI (somme toute à moitié libéral vu qu’inspiré du revenu universel) mais aussi la création de la CSG (et l’arrêt progressif du financement de la sécu par les cotisations sur le travail), la séparation en deux de l’administration des PTT (donc le début du démantèlement des services publics), la délocalisation de l’ENA (préparant le fin des grands corps, malades… ?), le traité de Maastricht (l’enfoncement de la France dans une Europe libérale)… Autant de mesures que j’approuve mais qu’on ne peut qualifier de gauchistes…

La gauche a perdu le pouvoir à l’occasion d’une affreuse débâcle, la pire jusqu’alors, mais a fini par le récupérer quatre ans après (nous sommes à cinq ans de 2017, si je compte bien), arrivant à gouvernement Jospin qui a fait de bien belles choses, en commençant par le début de la privatisation de France Télécom (mais pourquoi conserver dans le public une entreprise qui finirait forcément concurrentielle), celle du GAN et de Thomson, du CIC. On a eu ensuite la recapitalisation du Crédit Lyonnais (pourquoi pas ? mais il a fini privatisé grâce au pognon injecté par l’Etat…), l’ouverture du capital d’Air France, la baisse de l’impôt sur le revenu (tu parles d’une mesure de gauche…)… Notons aussi la création de la prime pour l’emploi, emblème des usines à gaz fiscales (le CICE est bien loin…).

Je ne compte pas les aspects positifs, évidemment largement supérieurs, mais il me semble que la liste des méfaits de François Hollande est largement plus courte et que les militants qui s’expriment aujourd’hui manquent beaucoup d’objectivité.

 


Ce « manque » me met en colère mais il est complètement délirant de penser qu’un militant de gauche puisse encore penser que tout est blanc ou tout est noir alors que la politique se doit d’être adaptée aux circonstances. Si une politique de gauche officielle aboutit à l’appauvrissement de la France, elle est forcément mauvaise pour les citoyens… et donc pas de gauche. C’est ballot. La haine actuelle est entièrement dirigée contre le centre-gauche et même plus contre la macronie, c’est une chose, et surtout pas contre la droite ni l’extrême droite, mais ces andouilles en viennent à taper contre Valls qui lutterait contre la gauche et pas la droite.

L’industrie pharmaceutique a encore de la marge de progrès…

 

Je suis un peu fatigué de passer pour un suppôt d’Hollande. Pas plus tard qu’hier, un lascar voulait savoir ce que je pensais de propos qu’il avait tenus. Je n’ai pas que ça à foutre que de toute lire. En l’occurrence, il s’agissait de pépère qui disait qu’il ne savait pas s’il allait se présenter. Il faut bien se rendre compte que je m’en fous totalement sauf s’il se présenter dans la dixième circonscription du Val de Marne… Et j’ai dit récemment tout ce que j’avais à dire, à savoir que Sarko et Giscard sont la preuve que le retour d’un ancien président n’est jamais vraiment une bonne chose, ni pour lui, ni pour le peuple (sauf s’il s’agit d’une mission « à l’écart » comme quand Giscard a préparé le TCE… qui fut d’ailleurs un fiasco en particulier parce qu’il avait perdu la main).

Je suis, politique, très proche de lui, on s’en doute, mais ce qui m’intéresse aujourd’hui serait plutôt que tout le monde comprenne que la gauche ne peut gagner si on en exclut toute la partie qui n’est pas franchement gauchiste… Et que, d’autre part, certains militants comprennent que certaines mesures qui nous font sombrer dans la modernité ne sont pas toujours négatives. Par exemple, c’est un des gouvernements de gauche dont je parlais qui permis la mise en place des intercommunalités telles que nous les connaissons ce qui me parait une bonne chose (mais l’AEC lutte contre, consultez donc son projet). Ou alors, je parlais de la privatisation d’Air France : pourquoi voudriez-vous que ce machin reste dans le domaine public ? En conséquence, pourquoi voudriez-vous que les aéroports restent publics alors qu’ils sont majoritairement utilisés par des compagnies privées ? Et si des gouvernements de gauche successifs n’avaient pas réformé « les PTT », aurions-nous des abonnements internet à des prix dérisoires (tiens ! on vient d’arrêter l’horloge parlante, ce machin qui nécessitait de payer pour avoir l’heure…) ou des forfaits mobiles à deux euros par mois si la concurrence ne l’avait pas permis ?

 


Ce qui m’énerve aussi, ce sont les ânes de la vraie gauche qui n’apportent pas assez d’attention à des sujets comme l’islamisme. J’en voyais un, ce matin, qui qualifiait de droite (il est gentil) ou d’extrême droite les gens qui critiquaient l’investiture de Bouhafs. Et je ne parle même pas du fait que cela était probablement instrumentalisé par le roi Méluche qui ne pouvait qu’imaginer la suite. Sans compter que les âneries de ces lfistes, comme le parachutage de la famille du bigboss, montre que la rénovation des pratiques politiques n’est pas encore là…

 

Ainsi, la question n’est pas de savoir si les gens de mon camp ont raison d’une part sur la politique à mener et d’autre part sur ce qui pourrait convaincre beaucoup électeurs de voter « pour nous » mais simplement sur le fait de savoir si une gauche qui oublierait une partie des électeurs pourrait en convaincre assez pour espérer une victoire. En l’absence de candidat socdem, j’ai voté pour le communiste. C’est vous dire si je fais d’énormes concessions sur certains points.

Il faudrait que tout le monde en fasse autant. Et ça fait des années que la gauche de la gauche n’a qu’un seul objectif : détruire les socialistes. Mais il faudrait que les socialistes se le mettent dans le crânent et arrêtent d’applaudir quand la réponse à un propos est « tu n’es pas de gauche ».

On ne gagnera pas ainsi.

07 mai 2022

Ni Nupes ni Insoumis

 


J’ai fait, dans mon blog, une campagne assez intense contre les accords entre LFI et trois autres formations politiques pour une union pour les législatives et un regroupement sous la bannière du Nupes et j’étais bien décidé à arrêter là jusqu’aux résultats si je ne m’étais pas senti profondément insulté par deux publications dans Facebook, à peu près sur le thème : « si tu es contre le Nupes, c’est que tu es contre la victoire de la gauche et donc pour celle de la droite. »

Je pense que ça commence à bien faire que des abrutis n’arrivent pas à voir la gauche sous un angle de la diversité, donc de personnes avec des avis différents, et ce sont bien ces abrutis qui font perdre la gauche.

Tout au long de ces trois semaines, j’ai développé des arguments de plusieurs types. Il y a trois points que j’ai très peu évoqués. Le premier est qu’il s’agit de trois accords bien différents avec trois formations politiques. Je n’en connais le contenu que par le biais des communiqués de presse de LFI. Par exemple, avec EELV, LFI indique qu’il faudra désobéir aux traités européens alors qu’avec le PS, ils ne disent que qu’il faudra renégocier les traités. Le deuxième est au sujet du partage des circonscriptions : il est évident qu’avec 70 circonscriptions attribués, le PS ne pourra pas défendre ses positions dans les 500 autres. Alors, non seulement, par le contenu de l’accord, il renie sont histoire mais, en plus, il renonce à son influence sur le terrain (alors qu’il a été la formation politique de gauche largement en tête lors des dernières élections locales). C’est son arrêt de mort. Le troisième est qu’il n’y a jamais eu d’accord politique sur la base de la formation la plus proche de l’extrême, mais que, a contrario, comme me le faisait récemment remarquer un pote, les projets du « parti le plus centriste » étaient bien plus à gauche que LFI aujourd’hui quand il a permis la victoire de la gauche (rappelons-nous les 35 heures !).

 

Parmi les arguments que j’ai développés, outre ces reniements, il y en a de plusieurs types mais je ne vais en retenir que peu, aujourd’hui. Tout d’abord, jamais une union pour un premier tour des législatives n’a permis la victoire de la gauche. Comme, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la gauche ou la droite (le nucléaire et l’universalisme républicain, par exemple, mais aussi les volets internationaux), je ne pourrais pas voter pour un candidat LFI, la gauche a perdu ma voix. Cette union va mécaniquement faire baisser le nombre de voix à gauche (un accord de premier tour aurait dû ne porter que sur les circonscriptions où il y a un risque de ne pas atteindre le seuil de voix pour passer au second). Ensuite, j’ai dit que le programme de LFI était surtout du « leftwashing » et du « greenwashing » vu que le programme n’était composé que d’une série de mesure pour démontrer le positionnement à gauche et en faveur de l’environnement… Mais qu’une démonstration permettant de construire des argumentaires rapidement et parler de tous les sujets. Comment voulez-vous faire progresser la société ou l’environnement en reniant les accords avec les autres pays ? Il faut se méfier du « washing » et notamment du « greenwashing »… Rappelons-nous Chirac qui mettait dans la constitution le « principe de précaution » au sein d’une inconnue « charte pour l’environnement » ! Comme si cela avait progresser la cause de l’écologie… Enfin, ce programme n’étant qu’une succession de mesures, il ne montrait pas de vrais projets de société (voir mon premier billet d’hier).

 


Dans tous les messages lus, pendant ces dix jours, il y a évidemment tout un tas de brulots contre le hollandisme. J’ai longtemps critiqué le fait que le PS n’ait pas fait un vrai inventaire (il l’a fait mais pas vraiment publiquement). Je ne peux pas nier un malentendu mais il y a quand même un paquet de lascars, en France, qui ont les fils qui se touchent. Par exemple, la mesure la plus à gauche prise depuis des décennies est quand même l’alignement de la taxation des revenus du capital sur ce qui est fait pour le travail et c’est bien Hollande qui a permis sa mise en œuvre. Et ça, c’est bien lutter contre « le monde de la finance » contrairement aux piteuses mesures inapplicables de l’AEC…

Par ailleurs, on peut débattre du rôle de Hollande et de la politique menée dans la débâcle de 2017 mais, en le faisant, on se prend un peu trop au sérieux et on ne pense pas aux électeurs. Le fait que les frondeurs ont montré que la gauche ne pouvait pas être tenue a largement participé à ce bazar tout comme les négociations actuelles (mais terminées) vont montrer que la gauche n’est prête qu’à des improvisations. Ces accords sont réellement mortifères mais je m’égare. Et même si on admet qu’Hollande est le responsable du fiasco de 2017, on pourrait quand même s’imaginer que ce n’était pas candidat du PS et que ce dernier a eu cinq ans pour se refaire. La précédente vraie débâche datait de 1993, la candidat socialiste était en tête au premier tour de 1995 et le parti « prenait » le gouvernement en 1997.

Il faut que les militants socialistes fassent le ménage dans leurs idées et arrêtent, un jour, de tout baser sur le tournant de la rigueur par Mitterrand et les privatisations de Jospin… Si Méluche devient premier ministre, dans un an il changera de politique car il ne trouvera plus de financement pour ses projets et appellera l’Europe à l’aide. Ceci n’est pas une prédiction mais je rigole à l’idée qu’il faudra, dans cinq ans, supporter les lascars qui feront à Mélenchon le reproche de ne pas avoir tenu bon.

 


Je disais hier, dans Facebook : « Parmi toutes les publications politiques que je vois ce matin, il y en a deux types :

- celles de type ayant quitté le PS par la gauche et se réjouissant de l'accord,

- celles de ceux restés fidèles mais déplorant le renoncement à "ni nupes ni insoumis". »

Les premiers ne sont pas concernés (et le PS est « ma » famille politique) et sont donc assez risibles. Toujours est-il que je n’ai pas vu la moindre publication favorable aux accords en question autrement que sous la forme « ah ben c’est évident que l’union fait la force et qu’il la faut pour gagner. » à part quelques textes outrageusement mensongers, notamment, faisant référence à des périodes politiques précédentes (hors, comme je le disais, jamais un accord de premier tour n’a fait gagner la gauche), ou oubliant les caractéristiques des législatives, les triangulaires, l’absence de proportionnelle et tout ça. Et je passe les analyses de sondages complètement déformées.

 

Enfin, je suis fatigué des attaques contre des personnalités politiques tels que Mme Delga ou MM. Cazeneuve, Le Foll voire Hollande et Valls par des imbéciles qui n’ont jamais rien fait pour la gauche en France a part vociférer dans les réseaux sociaux. En complément, d’ailleurs, on parle plus des hésitations de Mmes Aubry et Hidalgo que des décisions des loustics dont je parlais ce qui est bien la preuve que l’union n’est pas évidente.

Surtout, je suis fatigué des crétins qui expliquent que les opposants au Nupes le faisaient par intérêt personnel sans même s’imaginer que les partisans ne pouvait le faire que pour sauver leurs postes, ceux de leurs potes, et des bribes de financement. Des accords peuvent être naturels en politique, rien que pour des raisons électorales mais il faut arrêter d’être assez cons pour penser que les « salopards » ne peuvent pas être dans son propre camp.

Ces deux semaines de débat ont surtout montré beaucoup de bêtise et, dans un mois, on retiendra surtout que l’union ne peut pas être improvisée.

 


Alors voila, j’ai fait campagne contre des accords entre partis et j’ai perdu. Amen. Faut dire qu’avec mes trois cents lecteurs quotidiens et trois jours de bannissement par Facebook, je ne m’attendais pas à grand-chose. Le problème est que je vois maintenant de plus en plus d’orphelins du parti socialiste.

J’espère qu’un nouveau machin va se mettre en place et que ceux qui refusent la soumission et qui ont des chances de gagner iront au front sans s’occuper des investitures…

 

Je me suis levé pour rédiger ce machin quand j’ai vu la publication d’un type qui gueulait parce que Sarkozy et Hollande allaient participer à la cérémonie d’investiture de Macron, aujourd’hui, ce qui en fait des traitres. J’étais alors bien décidé à insulter tous les crétins de nos sphères politiques d’autant que, hier, je m’étais pris la tête, dans Twitter, avec une connasse qui affirmait des choses fausses (ce qui était facilement vérifiable avec Google) et qui était RT par une meute de fans, visiblement tous finis à l’urine.

J’ai été assez poli aujourd’hui, finalement, non ?