22 juin 2017

Un peu de sérieux maintenant ?

Mes activités extra-bloguesques (faut-il un tiret à ce mot ?), à savoir le travail pour gagner plus que rien, m'empêchent de commenter l'actualité politique. Il n'empêche que je suis. 

Hier, Cambadelis a dit que le remaniement montrait un virage à droite du gouvernement. Accoyer a dit que cela montrait un virage à gauche. Cela me donne le tournis d'autant qu'il n'y a plus de pression à la Comète à cause de la canicule. 

Les militants de leurs partis politiques disent la même chose dans les réseaux sociaux. 

J'espere que ces gens se rendent compte de leur ridicule et de l'effet sur l'électorat. 

Avec gentillesse (parce que j'aime bien Olivier Faure), je trouve absolument délirant que les groupes LR et PS ont élu les mêmes présidents de groupe qu'avant cette élection alors qu'ils ont pris des vestes électorales. Soit ils n'ont rien compris, soit ils prennent les électeurs pour des cons. 

Cela étant, je suis content que Delphine Batho ait été éliminée. C'est quand même une des premières à avoir foutu la merde lors du précédent quinquennat. Mais je pense que des politiciennes comme elle prennent réellement les électeurs pour des cons. En Français : le PS n'a pas à se réconcilier avec sa gauche mais avec ses électeurs. Dont moi. Quand je pense que je l'aimais bien en 2012. Mon côté obsédé sexuel, sans doute. 

En plus, les partis non extrémistes ou, plus précisément non mitoyens à LREM ont annoncé qu'il ne voteraient la confiance à Machin. Avant même d'avoir entendu son discours de politique générale. C'est grotesque. 

Et les électeurs le savent mais ils les prennent pour des cons. Je ne sais pas s'ils font le lit du FN mais ils font le lie de politique. 

Les Français (les électeurs) ont choisi un Président qui se voulait ni de droite ni de gauche mais de droite et de gauche. Le résultat des élections est terrible mais réel. J'aurais préféré la réélection d'Hollande. C'est mal. 

Il serait temps qu'un certain nombre de glandus s'en rendent compte. Il ne s'agit pas d'acter (quel horrible verbe dans un billet de blog) mais de se rendre compte qu'il n'a servi à rien et qu'il est temps de passer à autre chose. 

Les USA ont eu 8 ans Obama. Et il a été remplacé par Trump. N'en tirez surtout aucune conséquence autre que le système électoral est pourri. Comme en France. Souhaitez une sixième République qui sera ingérable, si vous voulez. 

Mais allons de l'avant. 

Petit 1 : arrêtez de vous planter avec des raisonnements contradictoires en analysant un remaniement (Bayrou ne pouvait pas rester et ça donne les mains libres à Macron). 

Petit 4 : concentrerons dans les blogs sur les prochains faits politiques, à savoir, probablement, le discours de politique générale de Machin. 

Petit 7 : ensuite, concentrons nous sur les prochaines réformes annoncées. 

Petit 7.1 : celle sur la réforme de la moralisation. N'oublions pas que les électeurs s'en foutent et que la morale n'a rien à faire avec la loi

Petit 8.4 : celle sur la réforme du droit du travail. Pour ma part, tant que le droit machin se contentera de protéger des salariés protégés, je peux la défendre. Si je ne m'interdisais pas de parler de ma boite, je pourrais citer des dizaines de cas où les accords de branche sont une connerie accentuée par la loi. Ca me rappelle la fois où nous avons du entasser les consultants prestataires de service parce que les accords exigeaient qu'il fallait un bureau pour les représentants du personnel qui n'avaient pas besoi de bureau mais seulement de pouvoir disposer de salles de réunions dix fois par an. Et je suis représentant du personnel. 

Pourrions nous redevenir sérieux ? Arrêter d'avoir des positions de principe et tout ça. 

De droite, de gauche. Le clivage est réel mais plus d'actualité dans la vie politique de notre pays. Depuis que je blogue, je trouve des types de gauche qui pensent que le PS est à droite et des types de droite qui pensent que LR est à gauche. C'est grotesque. 

Macron a foutu la merde. Suivons le et traitons les ponts cas par cas. 

19 juin 2017

Fin de séquence électorale

J'aurais pu titrer : ils sont devenus fous. Je parle de tous ces commentateurs de gauche qui se revendiquent en être dépositaire alors que ça a mené au désastre, ou, du moins, ça y a contribué. 

Mélenchon en est le chef. Il est persuadé qu'il représente le peuple. Le peuple n'est pas d'accord mais tant pis. 

Prenons un électeur au hasard : moi. Je ne suis pas spécialement représentatif du peuple. J'habite dans une banlieue rouge. J'ai voté plus souvent communiste ou "gauche radicale" que beaucoup de gauchistes des réseaux sociaux. 

Par exemple, à la législative de 2007. En 2012, j'ai voté pour le maire de la commune (MRC et pas PS, hein !) par fidélité vu qu'il avait fait la campagne de Hollande, comme moi, mais c'est la seule raison que j'ai trouvé de ne pas voter communiste. Au premier tour de 2017, j'ai à nouveau voté pour lui après avoir voté Macron à la présidentielle. Je ne connaissais pas Le communiste. Aucun des deux n'est arrivé au second tour. Hier, je voulais ne pas voter, n'ayant aucune raison de voter FI ou LREM. Je me suis finalement décidé à 18h30. Pour virer FI de chez moi. J'ai d'ailleurs échoué. 

Hier, FI et le PCF ont eu 27 députés (de mémoire) avec 60% d'abstention. Aujourd'hui, on a les éternelles discussions sur l'abstention, toujours aussi ridicules. Ils essaient de vous démontrer qu'avec les 60% et Le les 27, ils sont majoritaires. 

Ils essaient de nier que les électeurs de gauche traditionnels ont voté LREM. Je m'en fous. Il n'y a pas de mal à se faire du bien. Mais ils commettent une faute historique. Ils font perdre leur camp. Je m'en fous aussi. Les socdems votent pour LREM ou PS. D'ailleurs, la plupart des frondeurs en peau de fesses ont été balayés. 

Pour ma part, je suis droit dans mes bottes. Et quand je vois que quelques FI se sont compromis dans un rapport louche avec l'islam, je suis bien content d'avoir été voter contre eux. Mais pour une candidate dont le patronyme me laisse penser qu'elle pourrait être originaire du sud de Marseille. 

La gauche officielle veut sa propre mort car elle n'a rien compris, ni aux électeurs ni à ce que doit être la gauche. Je veux bien ne pas être de la gauche officielle. J'ai voté pour un type, à la présidentielle qui a voulu une majorité composée par la droite modérée, le centre de droite et la gauche modérée. Connaissant des types de droite et de gauche, je peux dire que dans les deux bords, on est nombreux à être ulcérés par leurs extrémités. 

Et donc, on travaillera ensemble. Demandez à un type de droite ce qu'il pense de Ciotti. 

On travaillera ensemble. 

Mais si pendant cinq ans, des imbéciles n'ont pas d'autres arguments que "vous êtes de droite", le temps va paraître long. 

Cette séquence électorale n'a que trop duré. Macron, LREM et les gugusses qui pensent que l'on peut ou doit gouverner sans les puristes de chaque bord ont gagné. Et largement. Il y a une forte abstention ? Et alors ? Les abstentionnistes n'ont pas voté pour les puristes. Ce n'était pas à moi de les convaincre. 

Cette séquence électorale est terminée. Reprenez maintenant une lutte saine, projet de loi par projet de loi, acte par acte. 

Mélenchon a promis des manifestations civiques (je n'invente pas grand chose). Manifestez ! Les urnes ont parlé. 

Et on ne peut pas dire qu'elles étaient bourrées, contrairement à certains électeurs. 

18 juin 2017

Changement d'avis

Finalement, je suis allé voter. 

Quand je vois le nombre de types qui se fatiguent à tenir les bureaux de vote, alors que j'avais passé trois heures au bistro, après la sieste, je suis allé leur rendre hommage. 

En plus, je suis assez fier d'habiter dans une banlieue rouge contrairement à de nombreux révolutionnaires en culotte courte des réseaux sociaux. Je ne pouvais pas me résoudre à être complice de l'arrivée d'un insoumis à l'Assemblée, je ne veux pas dénaturer la gauche. J'ai voté pour la dame d'En Marche, je n'avais pas d'autre quiche en stock. 

Me voila conseiller politique de Macron


Heureusement qu'il y a des copains de Twitter pour m'informer. Heureusement qu'il y a des homonymes. 

Abstention

J'ai fait mon choix. Pas de vote. Ce soir, je serai donc montré du doigt comme tous les abstentionnistes par d'éternels politologues de comptoir qui voient dans l'abstention une espèce de masse informe. 

C'est la première fois depuis le 21 avril 2002 et je n'en suis pas spécialement fier. 

17 juin 2017

Mes dernières volontés


Cette semaine, j'ai enterré le vieux Jacques. Vendredi, je vais enterrer mon copain Pierre. 52 ans. Il y a quinze jours, c'est Suzanne qui nous quittait. 93 ans, je crois. Et aujourd'hui, Tonnégrande est arrivé à la Comète en survêtement (notre illustration). La vieillesse est un naufrage, visiblement,  Miranda a réussi à transformer la cérémonie pour ce mécréant de Jacques en un machin religieux. Et on peut mourrir jeune. Il est temps que je rédige mes dernières volontés. 

Je me lance. 

Commençons par les aspects financiers. J'ai un appartement qui doit valoir "dans" les 300 000 euros mais il faut bien habiter quelque part. Je souhaite qu'il soit vendu et que mes deux neveux touchent le pognon. Ils feront évidemment ce qu'ils veulent mais je veux qu'ils gardent le pognon pour financer leurs propres acquisitions immobilières. C'est un conseil. Respectez votre vieil oncle. Qui a acheté son appartement à 28 ans ce qui lui a permis d'être débarrassé des problèmes financiers à 40 ans (des contingences financières comme on dit). Par pitié, Claire, Nathan, faites pas les cons. Pour le reste, j'ai quelques liquidités placées de anoere totalement immorale pour un blogueur de gauche. Répartissez le pognon entre les autres andouilles familiales, y compris les neveux par alliance. 

Pour ce qui concerne mon corps, faites en ce que vous voulez. Je serai mort. C'est à la mode de se faire incinérer et je me fous de la mode. Je connais le côté pragmatique de ma famille qui explique mon côté social démocrate. S'il reste de la place dans la tombe familiale à Loudéac, vous me collez dedans, ça évitera les notes de gaz. Je me répète : je m'en fous. Vous faites (ou ferez...) ce que voila vous voudrez. 

Le mieux serait que vous donniez mon corps à manger aux cochons. Ensuite vous tuez les cochons et vous les mangez sous forme de sandwichs au pâte et d'andouillettes. La boucle sera bouclée. 

Par contre, et j'y tiens, vous mettrez une plaque à mon nom sur le caveau familial. Je ne voudrais pas avoir l'impression de laisser tomber les lascars qui m'aiment et cherchent un lieu pour se recueillir.

Il me reste à organiser la cérémonie. 

Il ne devra n'y avoir aucune référence autre que musicale à la religion. Les errances seraient considérées comme un manque de respect et les coupables, forcément religieux, finiraient en enfer. C'est mal. Je me rappelle de l'enterrement de ma grand mère paternelle, ayant survécu une dizaine d'années ou damnées à son fils, mon père, qui avait été enterré très civilement. La branche catholique de la famille avait réussi à coller une bénédiction pour le fils lors de l'enterrement de la mère. J'étais assis à côté de ma mère. J'allais me lever pour les traiter d'enculés mais Maman avait failli le faire avant moi. J'avais calmé le jeu. Tous les connards qui veulent me bénir ou autre peuvent crever. Et je n'ai pas oublié la trahison. 

Revenons à la cérémonie. Elle doit se dérouler au cimetière, près de la plaque en question. S'il pleut, prenez une salle ou reportez la cérémonie. 

Commencez par un bref discours par le type des ompes funebres. Du genre : nous sommes réunis ce jour patati patata. 

Ensuite, vous passez un Ave Maria de Goux, Now. Ensuite, vous trouvez un glandus pour faire un discours de deux minutes sur ma vie familiale. Là, vous passez l'hymne à l'amour. Puis un discours à ma gloire. Ce n'est pas un exercice facile, mais si vous me demandez (dépêchez vous, les métastases pourraient me gagner), je peux Le rédiger. 

Là, vous passez "Love Paris" par Jonathan Richman. Puis, la traditionnelle minute de silence pour penser à moi.  Enfin, vous passez Everybody Hurt et vous commencez à penser à autre chose. 

Après, vous allez au 1880 vous saouler la gueule. La famille paiera la première tournée mais pas plus. Faut pas deconner non plus. Le patron aura néanmoins l'obligeance de mettre à disposition de la charcuterie et des trucs comme ça pour éponger. 

Le patron de la Comete aura prévu un écran géant pour retransmettre la cérémonie et organiser l'apéro parallèle pour les gens qui ne pourraient pas venir en Bretagne ce jour-là. 

Amen. 

16 juin 2017

Adieu Pierre Danet, adieu Disparitus, adieu mon ami !

Pierre Danet, alias Disparitus, nous a quittés samedi dernier, après plusieurs mois de lutte contre la maladie.

Ses obsèques auront lieu le vendredi 23 juin à 11h à l'église de Villennes sur Seine. Tous ceux qui l'ont connu sont les bienvenus.

Et la troisième circonscription des Côtes d'Armor ? VIREZ LE FUR !

La campagne se termine et on n'aura bientôt plus le droit de faire des billets de blog et autres publications politiciennes. A Bicêtre, je ne sais pas si je vais voter. Pas de vrai enjeu à part politicard. 

Mais je suis natif de Loudéac, y vais souvent, y ai ma mère et plein de copains d'enfance. La législative m'intéresse donc, dans cette circonscription avec Lamballe et Loudéac. 

Nous avons un duel entre Olivier Allain et Marc Le Fur. 

Olivier Allain est le candidat En Marche. LREM. Certains font le reproche à des candidats LREM d'être débutants et incompétents. M. Allain n'est ni l'un ni l'autre. Il suffit de consulter son CV. Il est soutenu par la majorité municipale de Loudéac qui a réussi, lors d'une élection "partielle" en juin dernier à foutre dehors un système partisan qui a très nui à la commune pendant 15 ans. Mais je me fous de M. Allain que je ne connais pas et je fais campagne partout pour que LREM batte la droite. Soyons objectif. 

Marc Le Fur est le candidat LR, proche de la manif pour tous, de Civitas, cette officine ultra catho et tout ça. Selon la rumeur, hein ! Je n'ai pas vérifié. Toujours selon la rumeur, il était au centre des manipulations politiciennes à Loudéac, basées sur un clientélisme abominable, des menaces et tout ça. Le mal absolu. Selon la rumeur, hein !  

Alors, faites taire tout ça (y compris la rumeur). Votez pour Allain que vous soyez d'extrême gauche, libéral, gaulliste,... On se fout de savoir si Macron aura 400 ou 401 godillots. Il faut virer Le Fur. Il faut tourner cette page de dizaines d'années au cours desquelles le Centre Bretagne a été la victime de manipulations politiciennes. 

Rappelez-vous des municipales de 2001. Le Maire, Didier Chouat (PS), était relativement aimé de tous. Il s'est présenté à sa propre succession. Il n'avait pas d'opposition. Il a failli être le seul candidat. Gérard Huet, a priori de gauche, trouvait que ce n'était normal. Il a monté sa liste. Soutenu par une parie de la gauche et présenté, à droite, comme l'opposant au PS, a été élu. 

C'était un personnage et Marc Le Fur, au cours des élections suivantes, quelles qu'elles soient, a continué à tirer les ficelles. Jouant de M. Huet comme d'une marionnette (ce dernier avait besoin de Le Fur pour son boulot de Maire s'en ai rendu compte sur le tard), Marc Le Fur a continué à assurer sa domination sur la circonscription. 

En 2012, elle a voté à 56% pour François Hollande à la présidentielle et pour 56% pour Marc Le Fur à la législative. C'est délirant. Le Fur a réussi à détruire la politique au niveau local, faisant campagne sur des enjeux locaux qu'il ne maîtrisait pas sans manipulation. Les électeurs se sont laissés avoir (dans le sens où ils n'ont rien gagné avec Le Fur, pour le reste, je n'ai pas à juger de leur vote). 

Lors des dernières municipales à Loudéac, il a montré qu'il a perdu la main. Il y avait deux listes de droite et une liste de gauche. Les trois étaient à egalité ou presque au premier tour. Celle de gauche (ou du moins pas de droite) a gagné. Les électeurs ont voulu virer un système, une clique,... Celle de la droite normale, républicaine, et celle de Le Fur. 

Ce personnage, que vous soyez de gauche ou de droite normale, est à éliminer. 

Sans regarder le programme (d'autant que Macron fera bien ce qu'il veut), votez pour éliminer Le Fur, pour le faire disparaître de notre paysage. 

Selon la rumeur, hein ! 


15 juin 2017

L'agression de NKM

C'est lamentable ! L'agresseur doit être puni de manière exemplaire. Je propose une nuit avec ma copine Monique qui lui fera regretter que le pal soit passé en désuétude. D'autant qu'elle est très moche et n'arrête pas de parler. 

Cela étant. 

Il lui a lancé des tracts à la figure. Cela lui a valu (à elle) une perte de connaissance, probablement liée à la fatigue et au stress de cette fin de campagne. Elle ne semble pas avoir d'autres dégâts (mais je ne suis pas son toubib). 

Ses collaborateurs ont porté plainte. 

Elle est en situation délicate trois jours avant un scrutin. Elle a besoin d'un élan de sympathie. 

C'est loin de l'Observatoire ? Très loin, ouf. 

S'il n'y avait pas eu la plainte (pour jet de tracts à la figure ?), j'aurais fermé ma gueulee. 

14 juin 2017

Enterrement de vie de garçon

La cérémonie pour les funérailles du vieux Jacques était bien. On était une bonne trentaine. C’est la première fois que j’assistais à la fermeture d’un cercueil. Et surtout que j’étais au premier rang pendant une espèce de messe (c’est un peu à ça que ressemblait la cérémonie au funérarium, le bon dieu était un peu trop présent pour un mécréant comme Jacques, sans doute la famille, les copains de la Comète et surtout moi). Je me suis dévoué, avec Patrice, pour que Miranda s’autorise à vernir au premier rang.

Je suis revenu au boulot avec juste assez peu d’alcool dans le sang pour pouvoir travailler mais le minimum pour l’enterrement d’un copain de bistro comme Jacques. C’est de la faute de la sœur, de la belle-fille et du fils du vieux qui m’ont poussé à boire alors que, normalement, je n’ai pas besoin qu’on me pousse.

Pendant le pot et le repas, je me suis souvenu d’une anecdote que Jacques m’avait racontée. A l’époque, Marcel venait de se fâcher avec Michel (présent aujourd’hui). Plus exactement, Michel s’était fâché avec Marcel parce que ce dernier lui avait dit que sa femme (présente également) le rendait cocu avec le gros Loïc. Marcel croyait rendre service en disant ce qu’il croyait être la vérité mais Michel pensait qu’il se foutait de sa gueule. Michel n’a jamais fait la gueule au gros Loïc. Cet événement nous avait fait rigoler, avec le vieux Jacques, pendant plusieurs semaines.

Tout Jacques, tout moi ! Des copains de bistro !

J’avais préparé un discours pour la cérémonie au cas où un guignol demande si quelqu’un voulait balancer deux ou trois mots. Je n’ai pas eu l’occasion de le faire (ce qui m’arrange bien, autant je peux dire des conneries à l’écrit, les sortir à un pupitre devant une foule me refile les jetons). Alors je vous le refile, au cas où vous en ayez besoin.


Bonjour,

On est aujourd’hui réunis pour Jacques, autour de lui, et je voulais simplement dire un mot sur les copains, car pour Jacques, le vieux, comme on l’appelait, les copains étaient essentiels, surtout les copains de bistro parce qu’il n’y a que là qu’on peut se faire des copains ou presque, des vrais copains, on se rencontre par hasard, on se parle par mégarde et on se trouve des affinités.

Mais les copains, ça meurt. Ca fait 23 ans que j’habite Bicêtre, sans doute 18 ou 19, que je connais Jacques. Le premier copain mort, c’était Robert, le facteur. 80 ans, le cœur. Le suivant, c’était Eric. 31 ans. Jacques les avait peu connus.

Le suivant fut Charly, le vieux bossu acariâtre, un vrai copain de Jacques, lui. Ensuite, on a eu Fernand. Je crois bien que ce sont Jacques et Marcel, son compère, qui ont découvert le corps.

Peu après, il y a eu Henri, le compagnon d’Odette, il y a eu Abdel. Puis c’est Marcel, le compère de Jacques, le mari de Miranda qui nous a quittés. Plus récemment, on a eu le vieux Joël.

Et Jacques, la semaine dernière.

Maintenant, ils sont réunis, là-haut. Ils nous regardent, nous attendent peut-être, vicieux comme ils sont.

Je suis sûr qu’ils sont en train de rigoler, entraînés par Jacques. Il avait beaucoup d’autodérision quand on déconnait entre copains. Quand on le charriait trop, il chantait « Allumez le vieux » sur l’air de la célèbre chanson de Johnny. Il chantait souvent. L’autre jour, Miranda m’a dit qu’elle souhaitait faire passer cette chanson pour la cérémonie. C’était au téléphone, elle n’a pas vu mon sourire quand je l’ai encouragée.

J’imagine Jacques rigoler comme un bossu en entendant « Allumez le vieux » le jour de sa crémation [en fin de compte, la chanson n’a pas été passée]. Et Marcel me traiter de con.


C’est ça, les copains, les copains de bistro, quand une relation de comptoir se transforme en une longue amitié. Jamais assez longue. Merci à tous.