19 février 2024

Faut-il dédiaboliser LFI ?

 


On dira ce que l’on voudra mais le Front National, devenu le Rassemblement National, a parfaitement réussi sa dédiabolisation et si son candidat ne remporte pas la prochaine présidentielle, c’est surtout parce que certains, dont moi, n’oublie pas où il vient… Voir des gens issus de ce qu’on va appeler, aujourd’hui, « la gauche républicaine » dire qu’ils préfèreraient voter pour Le Pen que Mélenchon me fait très mal (et a introduit un gros doute, chez moi, quant à la fiabilité de certains ce qui a contribué, par exemple, à mon départ du Printemps Républicain, même si ce n’est qu’un ancien président de ce mouvement qui a dit des bêtises).

Il n’empêche que, à la lecture du billet de Captain Haka, je me dis, comme lui, que c’est maintenant la gauche de la gauche qui est aurait besoin d’une sérieuse dédiabolisation tant LFI a fait du mal depuis la quasi-disparition du PS (la cause de cette dernière n’est pas l’objet du billet et je ne reproche pas à LFI de faire des scores honorables).

 


Je vais résumer la situation. Depuis que j’ai le droit de vote, j’ai voté à un premier tour des présidentielles en 1988, 1995, 2007, 2012, 2017 et 2022, soit six fois. Par deux fois, j’ai voté pour un candidat de la gauche radicale (et, sinon, pour des types de gauche ou, pour ce qui concerne 2017, pour un que je pensais à gauche). J’ai toujours trouvé normal que les partis de gauche travaillent ensemble, que des communistes participent au gouvernement et j’en passe ! En outre, compte tenu du coin où je vote, j’ai très souvent voté pour d’autres formations de gauche que le PS ou les écolos.

Enfin, je suis d’accord avec une large partie des programmes des formations de gauche, y compris LFI. Si quelques aspects me sortent par le trou de nez, comme le nucléaire et l’Europe, je m’en suis exprimé ici mais, pour le fond, la justice sociale, le progrès du même métal, la défense des opprimés, nous sommes en phase.

Je ne cherche pas, ici, à prouver ma gauchitude d’autant qu’il reste toujours des couillons pour se croire dépositaire des valeurs de gauche (dont le retournement de veste) mais à tenter d’exprimer ce qui ne va pas avec LFI et les écolos roussotandelieristes et qui a, par ailleurs, contaminé une partie de la gauche, pour résumer tous ceux qui ont cru en la possibilité d’une alliance telle que la Nupes, et qui a donc rejailli sur l’ensemble de la gauche.

 

Le phénomène n’est pas nouveau. En 2017, j’étais convaincu par l’importance des thèses de Benoît Hamon dont, notamment, la nécessité de s’adapter aux évolutions du monde du travail comme la nécessité de plus financer notre protection sociale uniquement par les revenus du travail. Il a fait une mauvaise campagne ce qui fait que j’ai fini par voter pour Emmanuel Macron, surtout pour éviter un second tour entre François Fillon et Marine Le Pen (et je ne regrette rien). Mais déjà, à cette époque, la proximité supposée d’Hamon avec les milieux musulmano-trappistes me sortait par les trous de nez.

Il a disparu de la scène politique et je ne vais pas lui reprocher les turpides ultérieures de « mon camp ».

 


Si vous regardez les publications d’LFI dans les réseaux sociaux, vous verrez qu’ils tournent en boucle, depuis le 7 octobre, sur les torts d’Israël au sujet des « attaques » de Gaza. S’ils reconnaissent des torts au Hamas, c’est toujours avec un « oui mais ».

Petit 1 : dans la dédiabolisation, commencez à reconnaître les terroristes et, ensuite, on pourra avancer.

Petit 1 bis : arrêtez donc de faire de la drague aux « électeurs musulmans » (sans compter que vous ne semblez pas voir l’ironie qu’il y a à le faire tout en prétendant lutter contre l’homophobie et pour l’égalité hommes-femmes).

 

Dans la Tribune, ils ont lancé… une tribune (réservée aux abonnés, ce qui est franchement ridicule) pour une union (Nupes) aux Européennes. Elle est annoncée, par exemple, par Mathilde Panot : « Avec une liste de la NUPES aux #européennes nous pouvons battre Macron et balayer Le Pen. »

Petit 2 : arrêtez de prendre les électeurs pour des jambons. Tous les sondages montrent que les partis de gauche arriveront en tête s’ils sont en « ordre dispersé » et que cette union sera néfaste sans compter que la liste en question aurait une très faible chance d’arriver en tête.

Petit 3 : arrêtez de prendre les électeurs pour des lapins de six semaines. Le but n’est pas de battre Macron ou Le Pen (qui ne se présentent d’ailleurs pas…) mais de constituer une majorité au parlement européen.

 

La semaine dernière, il y a eu l’hommage national à Robert Badinter. Il y a eu une polémique sur la participation de représentants d’élus LFI. Elizabeth Badinter a dit qu’elle n’en voulait pas. Vous auriez dû vous plier aux volontés d’une veuve plutôt que d’alimenter une polémique.

Depuis, on a Marine Le Pen qui déclare souhaiter assister à la Panthéonisation de Manouchian (comme la lune) alors qu’Emmanuel Macron ne le souhaite pas.

En fait, elle se fout clairement de votre gueule.

Petit 4 : arrêtez de faire du bruit pour n’importe quelle ânerie et apprenez à la fermer.

 

Vous n’êtes pas encore l’incarnation du diable mais, plutôt que de chouiner en permanence, vous feriez mieux de faire attention à tous les propos que vous tenez. 

Peut-être que, après, les électeurs de "gauche modérée" seront-ils un peu plus ouverts... ?

12 février 2024

Facebook ou la lie

 


Je me moquais souvent dans Facebook des militants politiques en peau de fesses qui publient n’importe quoi et ont un « langage » bien aléatoire… Toutes ces âneries font parfois que les réseaux sociaux ressemblent à une espèce de bouge…

Cela peut ressembler à tout et n’importe quoi. Par exemple, tout à l’heure, dans Threads, cette fois, je suis tombé sur un lascar qui critiquait les fautes d’orthographe d’un message qui n’en avait aucune alors que le type en question en faisait lui-même ! Le plus drôle est qu’un locdu a répondu à ce type en critiquant une des ses fautes… qui n’en était pas une mais n’avait pas vu les vraies.

Le meilleur conseil que l’on pourrait donner serait de faire attention à ce qu’on écrit s’il n’y en avait pas un encore meilleur : ne pas s’occuper des fautes des autres surtout qu’il s’agit souvent de fautes de frappe ou d’erreurs qui sont faites par des gens qui ne sont pas habitués à communiquer à l’écrit. Et ne pensez même pas aux miennes… On se connait ! Que serait un blogueur politique de gauche avec une orthographe parfaite ?

 

C’est plus le contenu dont il faut rigoler. Depuis quelques temps, je suis abonné à « Loudéac info », groupe où les gens diffusent des informations et surtout des « petites annonces ». L’autre jour, j’en ai vu une d’une brave mère de famille qui cherchait un « stage de troisième » pour sa fille. La petiote voulait une expérience dans une ferme avec des vaches laitières. L’annonce était formulée bizarrement et laissait clairement comprendre que la dame cherchait un stage de vache laitière pour sa fille.

J’ai bien rigolé. Je n’ai pas répondu, j’avais déjà été viré d’un groupe d’andouilles loudéaciennes.

Plus récemment (ou pas), je suis tombé sur une jeune femme qui cherchait une machine à laver d’occasion pour « pas cher ». J’en avais une à donner (moyennant un petit service : apporter à la déchèterie un sèche-linge défaillant) et j’ai fait la proposition. Elle m’a répondu : « envoyez-moi une photo » sans la moindre formule de politesse. La bienséance m’a empêché de dire ce que je pensais (en l’occurrence : « espèce de connasse, je te donne la machine, tu n’as qu’à venir la prendre et me fais pas chier »). Finalement, elle a du comprendre assez rapidement qu’elle avait dépassé les bornes… Et nous avons fait affaire !

A noter qu’ils sont venus à quatre à la maison pour porter les deux machines mais leur voiture n’était pas assez grande car ils ne pouvaient plus rabattre les fauteuils pour agrandir le coffre… Ils n’ont pas dit « merci » (contrairement à moi mais c’était par vice).

 

Il y a vraiment beaucoup de publications dans ce groupe. La dernière est : « Concert du Ténor AMAURY VASSILI a Pontivy le dimanche 10 mars 18h basilique notre dame de la joie ». C’est bien gentil. Mais je ne comprends pas pourquoi le nom du gars est en majuscules alors que la pauvre notre dame de la joie n’a droit à aucune. Ne nous moquons pas de l’orthographe, j’ai dit.

La précédente (sans compter la mienne, je vais y revenir si j’y pense) était : « J’ai deux appartements disponibles dans la commune de La Cheze pour ceux qui recherchent un logement ». Bien heureux d’apprendre que les deux appartements ne sont pas pour ceux qui n’en cherchent pas.

Un peu plus tôt (vers midi) : « Plus que quelques jours pour réserver votre stage de vacances d'hiver. Il reste quelques places!!! » C’est bien gentil. Je vais enfin pouvoir apprendre les vacances d’hiver.

Avant : « Je vends des jouets faits main aux prix de 10 à 30 euros, selon la taille, le remplissage des jouets est hypoallergénique, les yeux sont à une hauteur sécuritaire, la hauteur est de 15 cm à 40 cm. » (photo en illustration de ce billet) Notez bien ! 15 à 40 cm, c’est une hauteur sécuritaire (littéralement, ça donne quelque chose comme une hauteur qui assure la sécurité publique). Pour des yeux dans des jouets de taille variable.

Encore avant : « J'aimerai savoir à quelle heure ouvre les caisses des station essence (paiement en espece) à leclerc ou super u ? » C’est sans doute suspect mais Google donne la réponse (il suffit de chercher : « station service leclerc loudéac ».

Je continue (on ne quitte pas une équipe qui gagne) : « Chien (mâle) en divagation secteur le pré Rouxel a manqué se faire percuter a plusieurs reprise mon mari la récupérer il est a l'abri a trévé. N'est pas pucé Ont peux le garder un moment mais faite vite quand mm ». Je vous laisse traduire et je suis bien content d’apprendre que le mari n’a pas de puce.

Allez ! « Bonjour, est ce que quelqu'un aurait trouvé une clé de voiture vers le centre ville (Peugeot) merci ». Le service des objets trouvé de la ville de Loudéac est plus fréquenté par les gens qui trouvent des objets que par des réseauteurs sociaux. C’est derrière la mairie, à la police municipale. La ville de Peugeot vous donne bien le bonjour.

Encore… « Bonjour je recherche une voiture pour aller travailler budget 700€.avec la carte grise du propriétaire. » Moi je veux bien vendre des voitures mais pas seulement pour aller travailler. C’est bien, en revanche, de s’assurer que le propriétaire est bien immatriculé.

Je chipote un peu, cette fois mais : « Bonjour. Il y a une salle de sport à Loudéac avec des tarifs mensuels abordables et toutes les installations? Merci d'avance ». Elles ont des sites web et sont présentées dans Google.

On ne s’arrête pas, voila une annonce complétée par des photos : « 85 euro! canapé d'angle ! Paiement sur place! Uniquement à Loudéac ! Soyons réalistes, le canapé n'est pas neuf ! » C’est tout de même déplorable que le canapé d’occasion ne soit pas neuf et qu’il ne puisse être payé qu’à Loudéac.

« Bonjour, connaissez-vous un bon plombier sur Loudéac et alentours qui n’est pas trop cher SVP. » Non, désolé, par contre, je peux vous communiquer les coordonnées d’un mauvais mais hors de prix.

« Je vous attends au Leclerc de Loudéac ce samedi 10 février 2024 de 10h à 16h à l'espace culturel avec mon autobiographie Piégée. J' échangerai avec vous sur la perversité narcissique, l'aliénation parentale, les travers de la justice ... » (« Piégée » est le nom du livre mais il faut le savoir). Beau programme en perspective qui va certainement faire plaisir aux gens qui fréquentent le groupe.

« Bsr recherche  quelle qu un pour récupère une voiture pour mettre en destruction  svp merci » Vous voulez dire que vous cherchez quelqu’un pour amener votre voiture à la casse ?

« Bonjour , jeune couple avec enfant cherchant une maison ou appartement pour pouvoir nous loger ,avec 2 chambre  nous avons un budget de600€ maximum par  mois , secteur 22 ou 56 » Je chipote toujours mais la surface est en gros une zone avec des « diagonales » de 150 et 200 km.

J’ai dit que je chipote au sujet de deux ou trois publications mais dites-vous bien que je les ai toutes citées sauf une assez sympa (et sauf la mienne, celles venant de professionnels et les « simples republications »).

 

Quant à ma publication, elle concernait une demande pour quelqu’un pour entretenir la tombe familiale. En moins d’une heure, j’avais plusieurs réponses ce qui montre qu’il y a tout de même pas mal de gens à l’affut d’une occupation.

Dont deux qui me suggéraient de contacter des professionnels du secteur (marbrier ou fleuristes). Merci, je n’y avais pas pensé à utiliser Google. Dont trois qui proposaient un service sans vraiment de rapport (genre : laver le marbre mais pas du tout mettre des fleurs). Quelques sérieuses dont une dame qui voulait des précisions en MP (message privé). Je ne voyais pas l’intérêt d’échanger en privé et j’ai toujours horreur de le faire avec des gens que je ne connais pas (il y a trop d’escrocs voire de putes).  Je suis tordu.

Où peut-on avoir la tête pour demander un dialogue privé suite à une communication publique sans se poser de question ?

N.B. : c’est pourtant avec cette dernière que je vais probablement faire affaire, si je fais affaire, vu que l’échange a été très constructif. Il aurait été plus simple qu’elle me répondre : « c’est un service que je rends avec plaisir, payable uniquement en CESU, comment pouvons-nous échanger ? Le mieux serait peut-être une rencontre au cimetière selon vos disponibilités. »

 

J’allais terminer ce billet mais la dernière publication, assez longue, vient de tomber. Elle commence ainsi : « Bonjour 🙂 La question a été posée, alors voilà plus en détail : Il y a un an, au décès de ma grand-mère, j'ai été confrontée à une problématique : la distance ne me permet pas de continuer à prendre soin d'elle ». Je passe le fait que la question posée l’avait été par moi et que ce texte concerne en fait une proposition de service (répondant à mes besoins). Elle est très bien rédigée et je vais peut-être contacter la personne.

Il n’empêche que ça doit être une sacrée charge de s’occuper de sa grand-mère après sa mort…

10 février 2024

Du cimetière des éléphants au Panthéon

 


Un mois et demi après Jacques Delors, c’est Robert Badinter qui est mort. Quand je l’ai su, j’ai écrit dans un des réseaux sociaux : « c’est bien la peine de s’être autant investi contre la peine de mort ». Il faut bien rigoler (mais il vaudrait mieux parler français). Ce que j’ai craint est évidemment arrivé : les murs Twitter, Facebook et autres se sont remplis d’hommages, dont les trois quarts étaient ridicules.

Le pire que j’ai vu est : « Robert Badinter est mort, je suis triste. » Comment peut-on être triste du trépas d’un type de 95 ans qui n’est pas de la famille ? Soit on est fou, auquel cas c’est à la médecine de prendre des mesures, soit on est très au faux cul… Allez ! Je vous laisse une dernière chance : on peut aussi être juste un peu con.

J’ai vu aussi : « Il faut que Macron fasse entrer Delors et Badinter au Panthéon. » Je ne veux pas minimiser les actions des saints hommes mais Badinter n’a fait que mettre en œuvre un élément du programme de Mitterrand et il l’a fait quand il en a reçu l’autorisation. Quant à Delors, voir les gauchistes lui adresser des compliments m’a plongé dans l’hilarité. Delors a été successivement l’homme de la rigueur puis de la construction européenne. De fait, je suis bien plus proche de lui que tous ces imbéciles… qui, a une époque, n’arrêtaient pas de dire que j’étais de droite.

 


C’étaient des hommes de conviction. Toute sa vie, par exemple, Robert Badinter a lutté contre la peine de mort. C’étaient des hommes profondément intègres et honnêtes, je crois. Je vais citer mon confrère Authueil : « La notion même d’autorité morale semble désormais étrangère à notre classe politique. Elle nécessite en effet un mélange de valeurs morales et politiques, incarnées dans une action et par des personnes dont la vie « réelle » est en cohérence avec les valeurs qu’ils expriment. Badinter comme Delors ont à la fois une colonne vertébrale idéologique (qu’on peut ne pas partager, mais au moins, ils en ont une), qui guide leur action, sur des sujets d’ampleur, la construction européenne pour l’un, la justice et l’abolition de la peine de mort pour l’autre. Ils ont en plus cette capacité à prendre de la hauteur, à savoir passer à autre chose, une fois leur moment passé, sans chercher à continuer, encore et encore, une quête de pouvoir qui sert surtout à satisfaire l’ego. Renoncer à être candidat à la présidence de la République, alors que les sondages vous sont favorables, et retourner dans la discrétion de la vie privée (sans venir emmerder ses successeurs), c’est chose rare. »

C’est pour ça que nos Dupont et Dupond du jour méritent des hommages sincères et, surtout, autre chose que trois mots vomis dans un réseau social à la mode. Ils étaient des grands hommes.

 


Je ne sais pas quels sont les critères pour être admis au Panthéon. Depuis qu’Emmanuel Macron a été élu, nous avons Antoine Veil, entré ici pour accompagner son épouse, cette dernière Simone Veil, hautement méritante, mais peut-être bien sélectionnée juste après sa mort car il fallait une femme, Joséphine Baker, sans doute parce qu’une femme noire manquait au tableau, et Maurice Genevoix (Tiens !).

Un de ces jours, il y en a qui vont réclamer l’admission de Chevènement… (ben quoi, il est déjà mort une première fois !).

Robert Badinter et Jacques Delors méritent de grands hommages et de rester « à la postérité » mais leurs places dans nos cœurs, dans nos esprits, suffit peut-être.

 


Il reste quelques éléphants, au PS, un peu moins âges que nos deux lascars mais ils doivent se dire qu’ils sont sans doute les prochains sur la liste. On pense évidemment à Lionel Jospin. Encore un qui recevra des hommages de tout une floppée de gauchistes, lui a fait tant de privatisations mais qui est à l’origine, avec DSK et la fille de Delors, d’une des dernières avancées sociales.

Quand c’est moi qui dit qu’il faut baisser le temps de travail mais laisser la liberté aux entreprises, personne ne me rend hommage. Tant pis. Je ne sais même pas s’il y a une buvette, au Panthéon.

 

Hier, je pensais aux derniers éléphants et procédais à quelques vérifications dans Wikipédia. J’étais stupéfait de voir que Pierre Mauroy est mort depuis plus de dix ans. Quels compagnons de route de Mitterrand sont encore parmi nous ? Pierre Joxe mais il a été accusé d’agression sexuelle, le pauvre vieux. 89 ans. Paul Quilès. Ah non, il est mort ! Le Covid, peut-être. 79 ans, seulement. Le gars qui avait démantelé les PTT. Vive la gauche. Louis Mexandeau ? Mort aussi, assez récemment. Jack Lang. 84 ans. Au moins, il n’est pas mort. Mais il est déjà momifié, ça accélèrera peut-être le transfert.

Edit Cresson, tiens ! Elle ferait une bonne candidate. Elle vient d’avoir 90 balais et il faut des gonzesses. Première femme première ministre, c’est un critère ? Ou plus courte durée dans le poste…

Genevoix qu’eux…


Ou Mitterrand lui-même, tiens ! Ca serait rigolo de demander sa panthéonisation... 

09 février 2024

Le retour du covid (dans les bistros et les médias)


 

Des chercheurs sérieux ont sorti une étude sur l’impact des mesures prises par le gouvernement pendant la crise sanitaire, de mars 2020 à octobre 2021 et les résultats sont largement positifs. Le premier confinement a permis de réduire la transmission du virus de 84%. Sans vaccin, il y aurait eu près de 160 000 morts en plus (au total, la Covid a entraîné 116 000 décès).

L’impact du confinement est évident : quand on ne sort pas, on ne peut pas choper de saloperies. Celui du vaccin étonnera peut-être les détracteurs… Il n’empêche que le bilan de la gestion est « globalement positif » comme dirait l’autre même si de fortes critiques peuvent être faites comme la systématisation de l’obligation du port du masque en extérieur, la fermeture des parcs, l’attestation ridicule… Pour ma part, j’en ajouterais une : le remplacement du « passe sanitaire » par le « passe vaccinal » mais je n’ai pas envie d’en discuter sauf sur quelques aspects.

Le plus important est qu’il a rendu la vaccination obligatoire pour certaines activités, évidemment, alors qu’il n’empêchait pas la transmission et a donc enlevé une alternative, le test, pour les zozos ne voulant pas subir une injection d’un produit dont certains (pas moi) pouvaient légitiment douter de la sécurité.

Et on se serait peut-être moins engueulés par la suite.

En outre, il a ajouté un doute sur la communication du gouvernement, déjà très important depuis le début de la crise avec les changements d’avis sur le masque. En gros, nos ministres sont passés du « il faut se faire tester pour savoir si on peut sortir » à « ça ne servait à rien, il faut être vacciné, même si le vaccin ne garantit rien ».  

L’étude ne semble pas avoir montré l’impact de ce « passe vaccinal » (mais elle est en anglais et j’ai un peu la flemme de tout lire).

 


Les engueulades ont été réelles. J’ai encore des potes qui ne se parlent plus et je reproche beaucoup le manque de « rondeur » de certains dans leurs argumentations tant ils étaient baignés dans leur foi (et qu’ils soient « pour » ou « anti »). C’est un peu la routine des discussions politiques avec tous les imbéciles qui ne laissent aucune part aux doutes : les leurs comme ceux des autres… On a atteint des sommets.

Quand on bosse dans un domaine médical ou scientifique, on peut être sûr de la sécurité et de l’efficacité des vaccins voir de de leur caractère primordiale mais il faudrait admettre que l’on puisse douter. A contrario, ceux qui n’y connaissent rien pourrait éviter la recherche sur internet d’informations auxquelles ils ne comprennent rien et qui sont souvent fausses ou mal interprétées et les jeter à la face des autres. C’est quand même simple de dire : « je n’ai pas confiance dans un vaccin qui vient d’être créé et qui a peu été expérimenté, je préfère m’en passer ». Car l’argument final était de traiter de débiles ceux qui avaient confiance dans le vaccin… Ce n’est pas bien.

 


Si je rebondis sur cet article c’est parce que cela fait plusieurs jours que j’ai une anecdote à raconter. Figurez-vous que je fais du psoriasis. Figurez-vous qu’avec l’alcool et le stress, «  le système immunitaire dit « inné » s'active de manière anormale et produit des molécules inflammatoires » qui se traduisent, chez moi, par des croutes sur la peau. Je fais des crises, par période. Je suppose que c’est le stress vu que je n’arrête jamais l’alcool… Pendant des années, elles ont été cantonnées au cuir chevelu (elles expliquent les pellicules peu photogéniques) et aux coudes (j’en ai salis, des comptoirs, quand, à force de frotter, ça commence à saigner). A partir de cet été, j’en ai fait sur les mains (surtout la droite). Les pliures (les lignes) qui n’arrêtent pas de bouger arrivent rapidement au sang et, en plus, on a une fâcheuse tendance à se gratter les croutes. Cela a cessé vers Noël même si quelques jours après, je ne pouvais toujours pas utiliser ma main droite pour serrer des trucs (pour le repas de famille qu’on a fait vers le 28, je n’arrivais pas à ouvrir les bouteilles de champagne ; heureusement que je vois surtout de la bière pression et du vin en cubi).

On est loin du covid, me direz-vous, mais je vais y venir.

Après les crises, les croutes mettent quelques temps à disparaitre. Il y deux ou trois semaines, j’ai revu au comptoir un vieux copain (quarante ans que je le connais, trente ans de vraie amitié, des vacances ensemble et tout ça). Il a vu mes mains et a sorti quelques banalités dont je n’avais que faire (la crise était passée et j’avais mieux à faire que d’en parler) et il me conseillais des « huiles essentielles » (il est hors de question que je prenne un truc qui ne m’est pas conseillé par un toubib ; sur le web, les articles non sponsorisés montrent par ailleurs qu’elles sont potentiellement dangereuses).

Le lendemain, il est venu avec une photo qu’il avait faite d’un dictionnaire des huiles essentielles pour me montrer qu’il avait ce qu’il me fallait. Je l’ai rembarré gentiment. Il a insisté. Je me suis fâché et j’ai dit que je n’avais rien à foutre de ses trucs pas scientifiques et que j’étais capable d’aller voir un toubib si j’en avais envie. Le ton a monté et il a fini par me dire : « ah tu es comme les partisans des vaccins, tu crois tout ce qu’on te dit alors qu’on nous ment en permanence » et a poursuivi par un truc qui ressemblait à « tu vois bien qu’on nous pulvérise des produits, tu connais les chemtrails, non, tu es vraiment un neuneu influençable. »

 


Tout ça pour dire que les détracteurs des vaccins contre le covid auraient dû être un peu plus prudents pour éviter que je ne mette en cause leur santé mentale et de qu’ils s’indignent qu’on les traite de complotistes.


L'article nous dit aussi qu'on n'aurait dû se confiner plus tôt que pas que Castex était chiant comme la lune.

06 février 2024

Référendum de paille

 


Le referendum hidalguesque sur l’augmentation du coût du stationnement pour les véhicules lourds et autres SUV a été un fiasco. Moins de 3% des parisiens inscrits sur les listes électorales ont voté pour et, en plus, on imagine que les boboécolos qui veulent taper sur les pollueurs et les gauchistes qui veulent taper sur les riches se sont déplacés en masse. Autant dire qu’une immense majorité de la population s’en fout.

C’est la démonstration que tout ne doit pas être du ressort d’un référendum et que c’est bien le rôle de nos politiciens d’agir, sur la base d’un programme et en prévision des prochains suffrages.

Le sujet a largement fait le tour de la presse et des réseaux sociaux et je ne vais qu’ajouter quelques réflexions, bien évidemment de la plus haute tenue sinon je ne servirais à rien.

 

Tout d’abord, les partis populistes qui réclament des « référendums d’initiative populaire » et des consultations du même métal se plantent largement, surtout quand ils le font au prétexte d’augmenter la démocratie. C’est de la pure démagogie et vive la démocratie représentative.

Ensuite, je suis contre ce type de mesure : si ces véhicules sont polluants et peuvent être remplacés par des machins moins abominables, ils doivent être interdits. Point barre. Je n’ai pas dit que j’étais pour cette interdiction (je suis partagé : contre les machins qui polluent mais pour les libertés individuelles) mais je suis contre toute fiscalité qui permet aux riches d’acheter un droit à polluer.

« Hé mec, j’ai du pognon, j’ai le droit de détruire la planète. » Pour résumer.

 

A force de lire des articles et d’écouter des collègues de boulot ou de bistro, je ne sais plus sur quoi portait la question (et je m’en fous, ce qui n’aide en rien ma mémoire). Il n’empêche qu’il faut être un peu débile pour avoir une grosse voiture à Paris. Il vaut mieux une petite poubelle qui ne craint pas les chocs et se faufile partout tout en pouvant se garer sans occuper la surface d’un studio parisien.

Je conchie, en plus, tous les zozos qui achètent une grosse caisse pour montrer leur aisance, tout comme les abrutis qui boivent des bières spéciales hors de prix alors que la bière de base est bonne et bien plus digeste.

Amen.


Dépenser du pognon pour une caisse quand on habite en ville alors qu'il est si simple d'en louer une et de se faire livrer les courses est significatif des manques de moyen de la psychiatrie en France, tout comme le fait de penser qu'on peut sauver le monde à coup de referendums dans la capitale.

Evolution des paiements : jusqu'où ?

 


Je suis toujours à moitié sidéré quand je me mets à utiliser un des nouveaux moyens de paiement mis à notre disposition par d’honorable institutions. J’en parle parfois dans ce blog, souvent pour « démystifier » des aspects liés à la sécurité. L’avant dernière fois, c’était pour le paiement sans contact par smartphone, la fois suivante pour le paiement par virement avec authentification mutuelle des acteurs. Cette fois, je cumule !

Par exemple, je viens de renouveler mon abonnement à La Hulotte en payant par carte par Internet et l’application de ma banque sur l’iPhone m’a envoyé une notification pour que je valide le paiement avec la reconnaissance faciale. Vendredi, j’ai découvert que je pouvais demander à Netflix de prélever le montant de l’abonnement chez mon opérateur de téléphonie qui me le refacturerait ensuite. Samedi, je me suis rendu compte que je pouvais régler mes achats chez Amazon par virement. C'est nouveau, pour moi...

Je dis « à moitié sidéré » car je ne trouve pas la bonne expression mais il n’y a pas aucune surprise. Outre le fait que je vois ce que font les gens autour de moi et que je lis la presse nationale, c’est au cœur de mon métier. Je suis abonné à des revues de presse spécialisées, j’assiste à des conférences et je participe même à des travaux dédiés à ces différents machins, même parfois à la marge (par exemple, quand des banques ont sorti le « cryptogramme visuel dynamique », il fallait bien que l’on vérifier que les cartes continuent à fonctionner sur nos braves distributeurs de billets ce qui prend au moins 35 secondes).

 


Souvent, les évolutions ne sont pas récentes. Prenez mon prélèvement Netflix sur ma facture Orange. C’est un sujet sur lequel mon chef de l’époque travaillait à la fin des années 90 parce qu’il y avait un risque pour que des opérateurs externes prennent du boulot (et des flux financiers) aux banques (on appelait cela la désintermédiation si ma mémoire est bonne ; Orange banque, et c’est un autre sujet, a capoté mais l’Apple Card va bien). Près de dix ans auparavant, j’avais travaillé sur le fait que la délivrance de tickets pour les clients ne soit plus obligatoire sur les GAB et on vient de voir cela arriver pour les terminaux de paiement, trente ans après…

Par ailleurs, les évolutions sont lentes. Par exemple, on a toujours pu payer par carte sur Internet (on pouvait même le faire avec les Minitel…). Depuis, les banques ont ajouté le cryptogramme virtuel, puis les cartes virtuelles dynamiques, puis les codes de contrôle envoyés par SMS, puis les codes de vérification envoyés par l’application puis la validation par l’application elle-même, puis la validation par l’application qui utilise la reconnaissance faciale des portables. Je ne sais pas ce que nous réserve la suite…

Toujours est-il que ces « progrès » ont au moins un côté réjouissant : ils nous donnent du boulot. Même dans mon secteur précis, alors que l’on parle beaucoup de la diminution des espèces (le mois dernier, on parlait encore du rapprochement des trois grandes banques, pour optimiser leur bastringue mais la diminution « perçue » de l’usage des espèces est peut-être bien un leurre), on ne sait pas ce qui pourrait arriver… Par exemple, dans certains pays, le retrait d’espèces par carte sans contact est possible et cela devrait arriver chez nous. On peut imaginer que le retrait avec authentification par Smartphone arrive prochainement aussi. Il pourrait séduire une clientèle jeune qui n’hésite pas à payer des petits montants à sans contact (et qui vont finir par se rendre compte que leurs darons peuvent compter le nombre de binouzes qu’ils s’enfilent quand ils ont procuration sur leurs comptes bancaires).

 


Je ne sais pas comment le grand public « reçoit » toutes ces évolutions et je vais y revenir mais deux problèmes me viennent à l’esprit.

Le premier concerne les « exclus du numérique », à savoir toutes ces personnes qui ne savent pas utiliser les moyens informatiques ou n’ont pas de smartphone. C’est très à la mode, à gauche, de s’occuper de ces laissés pour compte du numérique mais, objectivement, c’est totalement hors sujet et, pour ce qui nous concerne, on s’en fout. Si un type n’est pas capable de payer une facture d’un service internet, il sera incapable de faire une commande sur Internet (le problème est différent : par exemple, il devient presque impossible de réserver un billet de train sans passer par le web).

Le deuxième concerne les bugs ou les erreurs de conception voire les défauts dans la législation ou la réglementation (on parlait de l’application de la SNCF, justement !). Par exemple, je viens de télécharger l’application de « BreizhGo », l’opérateur de transport qui agit pour le compte du Conseil Régional de Bretagne. Elle permet d’acheter les billets mais pas d’avoir les horaires des cartes ou des TER. Ils ont quoi, dans la tête, les gars ?

Tant qu’on est dans le domaine des transports, il est impossible de télécharger son passe Navigo sur un iPhone (ça devrait être possible avant juin) alors que l’application permet de recharger une carte externe. Ils fument quoi chez Pécresse ?

L’autre jour, j’ai pris un abonnement Orange (pour remplacer celui de ma mère). Le premier règlement doit impérativement est fait par carte bancaire sur le net (ou dans l’application Orange). Ils font comment les gens qui ne peuvent pas payer par Internet ?

A contrario, chez Amazon, ils ont ouvert la possibilité de payer par virement. Donc tout le monde peut utiliser mon RIB ? Ils ont complètement oublié la sécurisation offerte par la carte…

A l’opposé de ces considérations moderneuses, comment se fait-il que des professions entières (comme les commerçants sur les marchés) n’acceptent que les espèces et pas la carte ? Ils peuvent faire tout le black qu’ils veulent (et c’est bon pour mes DAB). A contrario, pour revenir aux transports, on ne pouvait pas payer dans le car que je prenais pour aller voir ma mère à l’hôpital autrement qu’en faisant l’appoint en espèces (ce n’est plus le cas mais ça fait tout de même moins d’un an).

Ces questions sont évidemment rhétoriques. Soit je connais les réponses, soit je me doute qu’il y en ait… Disons que l’on peut souligner des marges de progrès…

 


Je ne sais pas quelle est la perception par le grand public de toutes les évolutions qu’ils voient depuis toutes ces années. Les braves gens y adhèrent, généralement (il y a peu de fiascos, on pourrait citer Monéo, il y a 25 ans), d’autant plus facilement qu’ils n’ont souvent pas le choix. Plus précisément, je me demande s’ils voient ce que nous pondent nos sympathiques ingénieurs comme du progrès ou comme des contraintes. Par exemple, une authentification par l’application de la banque qui utilise la reconnaissance faciale lors d’un achat par Internet est évidemment un progrès technologique et améliore la sécurité. C’est aussi une espèce de gadget amusant que l’on peut utiliser avec un certain émerveillement, voire pour frimer un peu ou pour se sentir à la pointe…

Il n’empêche que, au fond, on n’a pas que ça à foutre de faire le guignol devant une « caméra intégrée » pour acheter un billet de train. On conçoit les progrès en matière de sécurité mais il faudrait être un peu con pour faire un achat chez Amazon avec une carte volée et se faire livrer chez soi…

Pour ma part, j’aime assez ces gadgets électroniques. Au moins, ils montrent que les idées saugrenues que je peux avoir pendant mes heures de travail, les dossiers sur lesquels je bosse sans relâche sauf à l’heure d’aller au bistro (ou de rédiger des billets de blog) servent à quelque chose.

01 février 2024

Faut-il soutenir les agriculteurs ?

 


Un pote a fait une publication dans Facebook pour indiquer que les agriculteurs ne devraient peut-être pas aller bloquer Paris car les Parisiens pourraient très bien ne plus les soutenir au motif « faut pas abuser ». J’ai répondu que je ne vois pas pourquoi les parigots iraient soutenir les paysans dans la mesure où ces derniers n’iraient jamais les aider… Un lascar a répondu (je cite) : « Je n’ai pas l’habitude de commenter mais là…Nicolas Jégou rien en retour? Si une alimentation de qualité cela s’appel rien en retour alors oui effectivement… il y a un problème de compréhension de la part de ses bobos parisiens … »

La condescendance des ploucs à l’égard des habitants de la capitale est toujours amusante. Je ne sais pas si notre rural veut bien soutenir un ménage de proche banlieue parisienne vivant dans un appartement de 60M2 à 4, pour un loyer de 1200 euros, tout en se tapant, pour chacun des adultes, deux fois trente minutes de transport et courant en permanence pour s’occuper des gamins.

On peut effectivement prendre des popcorns et regarder les manifestations de tracteurs dans son écran plat, avec un certain soutien, voire une légère affection ou une sympathie affirmer mais si ces guignols nous ajoutent des galères dans la vie quotidienne, on peut aussi clairement et nettement les envoyer chier.

 


La condescendance va un peu dans tous les sens. Je suis allé voir le profil de mon Facebook. Il semble habiter dans une petite ville de province et c’est presque à ce titre qu’il défend ceux qui « vivent de la campagne », comme s’il voulait s’excuser de ne plus avoir à labourer la terre et faire ce genre de travaux qui me semblent passablement gonflants.

Défendre les paysans est sans doute une posture très gratifiante.

Il faut prendre du recul : ils nous fournissent une nourriture de qualité, disait l’andouille, mais la ménagère regarde surtout le prix du produit plutôt que d’étudier l’usage de pesticides dans la culture du mais pour nourrir les poulets élevés en plein air. Ou autre. Moi aussi, j’ai un métier. Il permet aux gens de retirer des espèces pour payer des bières dans des bistros (par exemple). Je ne sais pas si les billets qui sortent de nos machines sont de qualité… Toujours est-il que notre imbécile s’imagine avoir un boulot moins important que celui des agriculteurs qui formeraient une espèce d’élite de la nation… Pauvre garçon.

 

Nous, soussigné Nicolas Jégou, revendiquons le droit de nous foutre totalement du mouvement de protestation des agriculteurs tant qu’ils n’empêchent pas la livraison de bouffe dans les commerces ce qui ne m’empêche pas de suivre les informations avec attention pour la seule et bonne raison que j’ai des copains qui bossent dans des fermes.

Nous soutenons toute action politique du gouvernement visant à uniformiser les normes entre les différents pays avec qui nous avons des accords commerciaux si ces normes ne sont pas totalement inutiles et encourageons toutes les actions contre le foutage de gueule environnemental qu’il soit de la part des agriculteurs qui déversent un tas de saloperies dans la nature tout comme de celle des écolos qui ont une fâcheuse tendance à nous les briser pour des âneries.

Nous encourageons les agriculteurs à acheter du matériel au moins assemblé en France et nous conchions ouvertement les industries qui leur vendent différents machins comme des semences, des insecticides et autres saloperies de désherbage.

 

Ainsi soit-il.

28 janvier 2024

Ce libéralisme qui nuit aux agriculteurs…

 


Vous pouvez cliquer pour agrandir et il n’y a pas de mal à faire un billet facile un dimanche soir. Continuez à penser que c’est le libéralisme et pas les normes qui nuisent à une profession. 


Profession qui bénéficie en France de 10 milliards de subvention pour 500 000 exploitations. Tu as une calculatrice ? Tu parles d’un libéralisme…

27 janvier 2024

Fin de semaine : la politique au plus bas

 


En cette fin de semaine, l’actualité française est dominée par deux événements : la crise de l’agriculture et le retoquage de la loi immigration par le Conseil Constitutionnel (en fait, un troisième est peut-être plus important : les andouilles de la gauche radical qui tentent de faire croire que la cour de justice internationale – ou un truc comme ça – a accusé Israël de génocide ; l’antisémitisme a de l’avenir…).

Pour les deux, il y a une forme de délire dans les réseaux sociaux.

 

Prenons la loi « immigration ». N’oublions que c’est la gauche qui a « posé » une « motion de rejet » quand le texte, préparé par le Gouvernement et préalablement modifié par le Sénat à majorité LR, à l’Assemblée Nationale. Dans l’impasse, c’est la « CMP » qui a proposé le texte final, sur la base des choix des sénateurs LR soutenus par le RN (lisez doucement…) et il a fini par être adopté. Le Conseil Constitutionnel a été saisi et a retoqué une grande partie des articles sous prétexte, en gros, qu’ils n’avaient rien à faire dans ce texte.

Tout cela s’est déroulé dans le cadre de la Constitution et serait à peu près normal sauf que cela met en évidence que les députés sont des ânes. Les commentaires sont allés bon train. Laurent Wauquiez, qui est tout de même « le présidentiable » du parti descendant des partis gaullistes, a déclaré que c’est « coup d’État de droit ». Je ne comprends pas qu’un type qui ose dire ça puisse être maintenu « en fonction » par son parti…

 


Pour la crise agricole, je me suis peu exprimé à part, encore une fois, au sujet des commentaires des personnalités politiques qui, à peu près toutes, nous expliquent que le problème ne vient pas des normes mais du libéralisme. Il faut quand même revenir sur terre. Ce sont bien les accords de libre-échange qui nous donnent des smartphones pour taper sur les accords de libre-échange dans les réseaux sociaux.

Nos paysans ne veulent pas d’un débat pour connaître l’origine des maux (l’intérêt d’habiter en Centre-Bretagne, c’est qu’on peut interroger directement les agriculteurs sans passer par les troupes d’ahuris qui les « fédèrent ») : ils ne veulent plus de concurrence déloyale. Cette dernière vient sans doute un peu des accords en question et des normes différentes entre les pays mais il n’y a pas que ça, il y a aussi les modalités de fixation des prix par les industriels et les distributeurs.

 

Les agriculteurs ne sont innocents dans cette histoire et ont fait beaucoup de conneries, par le passé, ce qu’explique assez bien Denis dans son blog. J’ajoute que les grands-parents et arrière-grands-parents des exploitants actuels avaient créé les coopératives agricoles et que leurs descendants ont fini par les vendre à des multinationales ce qui fait qu’ils ne maîtrisent plus grand-chose. Je veux bien défendre une corporation qui souffre mais je ne suis tout de même pas un lapin de six semaines élevé en clapier.

Cela étant, je n’ai aucune solution à apporter. Peut-être des vagues pistes de discussion… Mais le personnel politique devrait être un peu plus sérieux. Avant-hier, par exemple, l’ineffable Mélenchon a déclaré que ce que veulent les agriculteurs étaient dans le programme de LFI ce qui est faux à un point incroyable. LFI veut plus de planification écologique alors que les paysans en veulent moins. Ou alors, ils entrent en plein délire en promettant des prix plafonds pour les consommateurs et des prix planchers pour les producteurs…

Un peu de sérieux.

 

Pour l’immigration, c’est un peu pareil. Ils ont tous dit n’importe quoi jusqu’à pondre un texte inutile d’une part et partiellement censuré de l’autre, le tout pour que certains puissent avoir une heure de gloire mais sans se poser de bonnes questions sur l’immigration uniquement pour faire un plaisir à électorat qui semble dans l’attente.

 


Il va être temps de se poser, d’arrêter de remettre en cause notre Etat de droit, le fonctionnement de nos institutions, notre participation à l’Europe et un tas de trucs. Il ne s’agit pas d’exonérer ces machins de toutes responsabilités mais quand les électeurs auront perdu toute confiance, on continuera à s’écharper sur les responsabilités quant à la progression des partis populistes dont, surtout, ceux de droite. Si les partis politiques et, surtout, les élus ne se remettent pas à travailler normalement, à exposer des éléments de réflexion et autres joyeusetés, tout le château va s’écrouler.

Ce qui serait dommage.

Et n’oublions pas de préserver le prix des céréales, elles sont la base de la bière.

24 janvier 2024

Les paysans dans la campagne

 


Leon Deffontaines, chef de file PCF pour les élections européennes, a déclaré dans Twitter (ou dans X, je ne sais plus) : « "N'importons pas ce que l'on interdit en France" Cet agriculteur a tout dit ! Il est urgent de sortir de ces traités libéraux européens mortifères pour notre agriculture en France. Permettons à nos agriculteurs et agricultrices de vivre dignement de leur travail ! »

Quand j’ai pris mon Txitter pour consulter les réactions des personnalités politiques à propos des manifestations dans le monde agricole, je m’attendais à lire des conneries comme les propos ci-dessus d’un guignol qui critique dans la même phrase les interdits et le libéralisme…

Les âneries les plus faciles à trouver étaient de la part de la cheffesse des écolos : « Je soutiens à 200% le mouvement des agriculteurs, tout comme une très large majorité d'écologistes, les sondages le montre. C’est logique. La réalité c'est que nous sommes alliés naturels, sur beaucoup de sujets et depuis longtemps. » Je rigole toujours quand je vois des écolos défendre les paysans, ces écolos à l’origine de la plupart des normes qui sont dénoncées et qui sont des acteurs majeurs (heu… Voila que je me laisse encore emporter) de la construction européenne.

On va dire que je suis tordu mais la protection de l’environnement passe aussi par la généralisation internationale de contraintes et donc des mesures européennes visant à les uniformiser pour tous les agriculteurs.

Le chef de LR a eu un moment d’égarement puisqu’entre deux publications pour taper sur les immigrés, il en a envoyé une de soutien au monde agricole suite à l’incident tragique d’hier. Et il a écrit à Emmanuel Macron, aussi. Il est mignon notre dernier patron de ce qui reste des vieux partis chiraquiens quand il essaie de récupérer les agriculteurs.

Jordan Bardella n’est pas en reste. Un de ces dernies Xwitter : « Je souhaite que l'avantage fiscal sur le GNR soit préservé, et je souhaite, dans une logique de transmission, que l'on puisse abroger quasiment totalement les droits de succession sur les exploitations agricoles, à la condition de garder l'exploitation. » Il a sans doute raison de critiquer la politique fiscale du gouvernement mais pourrait rappeler que les l’abrogation des droits de succession profitera essentiellement aux gros exploitants (ou du moins à leurs rejetons) et pas « aux petits qui souffrent ».

 

Ils sont bien charmants, nos politiciens (je suis allé voir trois ou quatre guignols au hasard, j’imagine qu’ils sortent tous les mêmes sottises comme Mathilde Panot qui, après avoir défendu un plafonnement des prix, gueule maintenant contre le gouvernement qui n’a pas mis en place des prix planchers pour garantir les rémunérations des paysans) à soutenir les agriculteurs ! Qu’en serait-il si on n’avait pas des élections européennes dans quelques mois ?

 


On pourrait dire que je suis assez d’accord avec la position des socialistes (dans le clavier d’un de leurs députés) : « Les agriculteurs souffrent plus du libéralisme que des normes ! Les démagogues veulent casser le #PacteVert #UE, les @socialistesAN luttent contre la concurrence déloyale, pour le partage de la valeur & celui de la terre. Economie et écologie même combat ! » mais cette opposition entre le libéralisme et les normes me fatigue. Il faut arrêter de lancer des slogans dans les réseaux sociaux.

Les agriculteurs, par exemple, souffrent du niveau des taxes sur le gazole ce qui semble être un des principaux motifs de la grogne d’aujourd’hui vu les augmentations de début d’année. Taxer n’est pas du libéralisme, bordel !

 

Le plus drôle, dans cette histoire, est que les paysans n’annonceront leurs revendications que cette après-midi. On ne sait même pas vraiment pourquoi ils manifestent.

Je propose : il faut que les normes soient partout les mêmes en Europe et que les importations, à son entrée, permettent de contrebalancer les différence. Ca va déplaire, je sais. Mais nous avons des élections européennes à gagner et il faut bien que l'on y défendre que chose.

Mais peut-être que les illustrations de ce billets sont plus significatives des difficultés actuelles des paysans que toutes ces âneries à propos de l'Europe, des normes et du libéralisme...


Et je ne vais pas me fâcher avec les travailleurs de la terre, je suis actuellement en télétravail en Centre Bretagne et je ne voudrais pas qu'on se foute sur la gueule au bistro.