08 juillet 2020

Vive mon blog à l'exclusion de tous les autres sauf ceux des copains


En ce cent-quatorzième jour coronaviré, je papotais avec un illustre commentateur de la blogosphère de gauche et de droite réunie dans mon blog célèbre blog politique de gauche mais pas trop de la difficulté à trimbaler de la pâtisserie dans les sacoches d’un vélo ou d’un cyclomoteur au point où j’en suis à ne plus manger que du flan pâtissier qui peut voyager sur la tranche. J’envoyais chier néanmoins un commentateur aigri qui passe ses journées à dénoncer dans mes colonnes mon confrère et ami Sarkofrance pour différentes raisons.

Notons néanmoins fait assez fort, parfois, mais pour les raisons citées par l’andouille. Par exemple, aujourd’hui, il nous incite à aller écouter Mélenchon. N’étant pas insoumis, j’y suis allé. Ayant constaté que la vidéo durait trois quarts d’heure, j’ai abandonné ! C’est quand même surprenant que des militants politiques ne comprennent pas qu’il ne faut pas se convaincre dans un entre-soi mais s’adresser aux électeurs. Seuls les insoumis écoutent leur chef ce qui est, au fond, assez rigolo.

L’aigri n’aimant probablement les discussions au sujet du transport de pâtisserie dans des objets coulants avec un nombre pair de routes compris entre un et trois, il a dit : « ah ben c’est ça un blog ? » Le gars a tenu une chronique dans Marianne pendant des années en s’imaginant qu’il avait un blog. Je lui ai répondu oui.

Je vais donc rappeler la définition d’un blog tel que généreusement concocter par les rédacteurs du Petit Larousse, notamment ceux qui ont des gros roberts : « espace personnel où un crétin peut écrire des conneries qui seront commentées par des imbéciles auxquels le taulier dégénéré pourra répondre y compris en les traitant de connard ou de trou du cul. » La différence avec les réseaux sociaux « purs » tels que Facebook et Twitter est que c’est personnel et qu’il faut que les lecteurs fassent l’effort de venir nous lire. Quant on fait des billets très mauvais, ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux pour avoir perdu du temps.

Ca fait quinze ans ou presque que je tiens un blog classé comme étant politique parce ça fait plus sérieux que blog de transport de pizza, tartes et toutes pâtisserie dans une sacoche de vélo mais ne soyons pas dupes, le transport en question est plus important que la politique surtout qu’avec tous les écolos au pouvoir qui nous obligent à prendre des vélos pour acheter des tartes aux fruits bio même quand l’aimable vendeuse est en bas de chez vous.

Mon blog s’appelle depuis le départ : « Partageons mon avis ». J’y suis critiqué depuis toujours parce que je ne donne que mon avis et que des lecteurs ne sont pas d’accord. Je crois qu’il n’y a pas pourtant pas d’ambiguïté : il s’agit de mon avis. Je donne mon avis sur ce que je veux y compris le transport des fars bretons qui, plus compacts, supportent très bien les sacoches mais il faut aimer les fars.

Si je veux l’avis des autres, je peux aller lire leurs propres billets de blog. Je lis parfois quelques avis sur Facebook mais il y a des types encore plus cons que dans les blogs, c’est vous dire. Même à Lyon. Alors je lis les avis des gens que je connais et que j’aime bien dans Facebook et l’avis des copains dans leurs blogs. Je ne lis des avis d’andouilles que je ne connais pas que j’ai que ça à foutre et toujours en espérant pouvoir faire une réponse qui prouvera à la terre entière qu’ils sont des peine-à-jouir ou des jean-foutre. Ou des idiots, tout simplement.

Qui à me masturber avec mon blog, je fais à peu près un billet par jour depuis le début officiel du confinement. Chacun, au bout de deux ou trois jours, aura été lu par entre 270 et 340 personnes dont toi, là, et je ne sais pas ce que tu fous là. Dans mon lectorat, il y a une meute de sociaux-démocrates qui m’aiment bien et je me demande pourquoi.  Parfois, des billets atteignent 5 ou 700 lecteurs. C’est le cas quand je suis particulièrement virulent dans mes conseils au parti socialiste qui sera bientôt invité à livrer de la pâtisserie faute d’électeurs. Mon billet d’hier en est à 380 lecteurs alors que son titre est : « Remaniement sans commentaire : ne cliquez surtout pas pour lire mon billet ! » Au moins ce titre n’est pas mensonger. JE n’y disais rien et il ne valait pas le détour. Et ne dites pas que c’est un billet putaclic, je ne savais vraiment pas quoi mettre et mon conseil était parfaitement sincère.

D’un autre côté, j’y évoquais la crevais de la roue avant de mon vélo électrique ce qui a généré une passionnante discussion sur le transport des tartes.

Mais tu as cliqué quand même. Sois tu es un peu con, hypothèse que je ne peux pas écarter d’emblée mais qui ne change rien, je t’aime bien. Sois, tu penses qu’il peut toujours se passer quelque chose, chez moi. Tiens ! Ca me rappelle la fois où j’ai écrit un bon billet.

L’illustration provient d’un de mes vieux billets et est le principal apporteur de visites à ce blog incontournable pour sa connerie enjouée et cela relativise bien l’importance des blogs politiques : les gens venaient les lire quand de bons mots clés les parsemaient.

On est peu de chose.

Si tu as l'impression d'avoir perdu du temps en lisant ce billet de blog, c'est que tu as loupé son sens secret. Tu peux donc le relire une deuxième fois (mais avec un autre ordinateur, une tablette, un smartphone,...) : c'est meilleur pour mon compteur de visites.

06 juillet 2020

Remaniement sans commentaire : ne cliquez surtout pas pour lire mon billet !


En ce cent-douzième jour d’état comme ma queue, soit en cette fin de seizième semaine, je songerais volontiers à arrêter la politique si j’avais commencé à faire plus que de raconter des conneries dans les blogs, surtout les miens, les vaches sont mieux gardées ainsi. On a une animatrice télé, ancienne ministre de droite, qui devient ministre de la culture. On a un avocat impliqué (pas au sens péjoratif du terme, il fait son job) dans des affaires proches du sommet de l’Etat qui devient ministre de la justice. On a un type qui a des plaintes au cul pour s’intéresser à ceux des autres au ministère de l’intérieur. On a perdu Castaner et Ndiaye qui vont nous manquer ou pas. Et Perricaud, tiens ?

Parlons de la vraie vie. Je suis ainsi à ma deuxième semaine de télétravail en Bretagne après une première période de troisième. Pour la première fois, il fait beau. Mon vélo ayant crevé, je n’ai pas pu aller au bistro hier mais les copains sont fantastiques. L’un d’eux est venu diagnostiquer la chose aujourd’hui dès que je l’ai appelé. L’autre m’a proposé de me prêter sa voiture de 11h45 à 22h pour me permettre de faire réparer ma roue et de faire différentes emplettes indispensables.

J’ai repris l’usage de la télé mais j’ai du mal…  La semaine dernière, j’ai regardé un dessin animé. Hier soir, j’ai regardé Spartakus. Ce soir, je pense m’allonger devant « les compères » que je n’ai pas vu depuis une éternité.

J’irais bien en boite avec Castaner maintenant qu’il a le temps mais elles sont fermées.

Je vous avais prévenus.

05 juillet 2020

L'union de la gauche ne doit pas être la priorité !


François Mitterrand - La biographie de François Mitterrand avec ...En ce cent-onzième jour de nuit des temps, je suis tombé sur une publication d’un copain, Frédéric, qui citait un article de presse évoquant des universités d’été du PS remplacées par des universités d’été de toute la gauche, avec son commentaire : « Ca ne vous a pas suffi, la primaire élargie qui nous a imposé le pire candidat qu'on ait eu, et qui a abouti à un tonitruant 6% ? ». Je parlais récemment d’Olivier Faure qui disait que le Parti Socialiste pouvait ne pas présenter de candidat et s’effacer derrière un autre.

Hier, la gauche a gagné la mairie de Marseille et c’est un beau boulot de la part du Printemps Marseillais et une des conséquences largement positives de l’unité à gauche. Les écolos ont gagné de grandes villes et c’est très bien. LREM a pris une grosse baffe et on peut s’en réjouir. On peut en tirer toutes les conclusions qu’on veut. Des débats se conduisent dans des réseaux sociaux et c’est très bien. Mais restons calme.

Le vainqueur de la primaire de la gauche s'appelle... Lionel Jospin !Tiens ! On va parler de l’histoire de la gauche en France. Revisitons rapidement l’union de la gauche. En 1974, un candidat commun et surtout « le programme commun » : la gauche perd la présidentielle (elle ne l’avait jamais gagné). L’union part en vrille. La droite gagne les législatives de 1978. En 1981, la gauche part divisée mais avec deux partis forts avec des leaders charismatique. Elle gagne la présidentielle (non sans être aidée par le bordel à droite). Toute la gauche gouverne ensemble et a de belles réalisations mais tout part en couilles en quelques années. Les législatives qui suivent, en 1986, sont un échec, peut-être atténué par une modification du mode de scrutin. Ne parlons pas de la victoire de 1988 due à notre droite la plus bête du monde. La gauche devient majoritaire mais il faut un gouvernement d’ouverture car la gauche est divisée. En trois ans, tout est foutu. Aux législatives de 1993, c’est la bérézina ce qui n’empêche pas au candidat socialiste d’arriver en tête en 1995 mais c’est anecdotique (le candidat à droite a été très bon), tout comme 1997 qui a vu le retour aux affaires de la gauche avec la fabuleuse gauche plurielle qui n’arrive pas à en bénéficier aux présidentielles de 2002 parce que les candidats de la gauche socialiste ne sont pas rassemblés ce qui empêche un candidat de gauche d’être présent au second tour. On peut dégoiser sur 2007 (une primaire pas adaptée, une candidate maladroite, un parti pas uni derrière elle) mais la défaite est surtout due à la présence d’un excellent candidat à droite, comme en 1995. Cela est un résumé et on ne va négocier tout point par point, hein !

Voici ce qui attend Ségolène Royal, l'ambassadrice des pôles ...Ca nous amène en 2012, préparé par un bon travail du PS sous la direction de Martine Aubry et l’organisation de belles primaires (malgré l’épisode DSK). La « gauche de gouvernement » arrive unie à l’élection (unie surtout parce que la candidate des verts était nulle). Elle remporte le scrutin (sur fond de dégagisme pour le président de la droite) mais le quinquennat se passe mal pour l’union. Trois ans après la fin, les vraies raisons n’ont jamais fait consensus faute d’un vrai travail du PS. Parlons-en un (mais je suis bien conscient d’être hors consensus et peut-être pas spécialement objectif). Tout d’abord, il y a eu de mauvais accords électoraux, passés dans le dos du candidat, appauvrissant la majorité de ce dernier à l’Assemblée. Pour rassembler les troupes, il avait tenu ce magnifique discours du budget. Trop magnifique : les sympathisants ont cru qu’il devenait gauchiste alors qu’il ne fut que rassembleur… Alors, il y a eu les frondeurs et le joyeux bordel dont on se souvient. Cette fronde est responsable de la plus grande partie du bordel (attention, je ne critique pas les frondeurs, ici ! Ne me faites pas de procès : en leur âme et conscience, ils ont considéré que la politique menée n’était pas celle prévue et n’était pas « assez à gauche » : ce n’est pas mon avis mais ce n’est pas l’objet du billet). Le tout a abouti à la panique de 2017 également due à la nullité des dirigeants du Parti Socialiste qui n’ont pas su accompagner le gouvernement… et préparer l’échéance, ce qui avait pris plus de trois ans pour la précédente (mais c’est plus facile d’agir dans l’opposition).

Il y a d’ailleurs un point auquel je suis très attaché : le parti socialiste aurait dû modifier ses statuts dès 2015 pour ne plus rendre la primaire obligatoire ! Elle a participé à l’empêchement d’Hollande de se représenter (il ne l’aurait peut-être pas fait et, s’il avait été désigné automatiquement comme candidat, il n’aurait sans doute pas remporté… Mais il n’aurait pas fait 6% et laissé un boulevard au candidat issu du centre gauche).

Alors essayons de tirer une conclusion de tout cela (et, je me répète, je ne cherche pas à récrire l’histoire mais plus à exprimer mes sentiments). Commençons à l’envers : l’unité de la gauche n’a jamais duré une fois celle-ci aux manettes après une présidentielle. Elle a été à peu près constante en 1997 et en 2002 mais les petits partis de gauche se sont autorisés à présenter des candidats à la présidentielle 2002 et le candidat n’a pas su aller les repêcher. Quand l’union de la gauche a été faite, les présidentielles ont été perdues. Les deux seules vraies fois où la gauche a gagné des présidentielles, en 1981 et 2012, il y avait deux candidats forts à gauche qui avaient réussi à pomper les voix des petits candidats, comme en 2012 (en 1981, il y avait moins de candidats).

François Hollande - La biographie de François Hollande avec Voici.frIl y a une seule conclusion à tirer de tout cela : ne faisons de l’union de la gauche l’alpha et l’oméga de la victoire et du retour aux commandes. Elle ne doit pas être jetée aux oubliettes pour autant mais on a le temps. Disons dix-huit mois. La victoire des écolos aux municipales est en trompe l’œil : ils n’ont gagné que quelques grandes villes. Pour le reste, ils sont dans les choux. Il y a une infographie qui tourne dans Facebook. Je ne sais si elle est exacte mais elle montre que seules trois forces politiques ont un nombre conséquent d’élus municipaux : LR, le PS et le PCF alors que ces trois formations n’ont pas le vent en poupe au niveau national.

Un rassemblement de l’électorat de gauche ne pourra se faire qu’autour du candidat qui sera le mieux placé dans la dernière ligne droite avant la présidentielle de 2022.

Il y a un autre élément à prendre en compte : l’essentiel de l’électorat de Macron en 2017 vient de la gauche, c’est presque mathématique. Il ne faut pas les voir comme des traitres mais, au contraire, comme des braves trahis d’un côté par Macron et de l’autre parce qu’il reste du PS qui a fini par se gauchiser pour la seule raison de s’opposer à Macron. Encore une fois, je n’affirme pas qu’il a eu tort, je fais un constat. Ce n’est ainsi pas l’union de la gauche qu’il faut faire mais l’union des sympathisants socialistes qui, en 1981, 1988 (à un taux exceptionnel), 1995 (à un taux un peu moindre), 2002 (mais dans le bordel), 2007 et 2012 représentaient le quart des électeurs au premier tour.

Cette union ne peut pas être faite autour d’un programme. On a toujours un clown qui va dire : « ah ben tiens, l’écologie est à la mode, il faut qu’on aide les propriétaires à rénover leurs logements. » Ne rigolez pas ! Je l’ai entendu plusieurs fois. Il faut la faire autour de valeurs. L’environnement en est une. L’aide aux propriétaires peut en être une, pas surtout pas de gauche… Il y a plein de valeurs à mettre en avant. C’est assez facile. Tiens ! Le PS pourrait faire un joli communiqué de presse pour condamner les propos de la députée LFI ayant critiqué que fait que le nouveau premier ministre soit encore un homme blanc (on peut ronchonner sur le fait que ça soit encore un homme, mais pas « un homme blanc », c’est contraire aux valeurs de la République et une députée qui se place en dehors des valeurs de la République doit recevoir des baffes, à la limite pas « par méchanceté » mais pour rappeler que la République – qui n’est pas qu’un numéro de constitution, en déplaise à certains – est une de nos valeurs).

Benoît Hamon donne un second souffle à sa campagne - Focus - Polony.tvQue le parti socialiste fasse l’union autour des valeurs et d’un projet de société pour se retrouver et non pas pour élaborer un attelage bancal qui ira dans le mur en 2022. Et s’il s’aperçoit alors qu’il n’a pas de candidat pour promouvoir ses idées, il trouvera une autre solution. Mais il aura un candidat capable d’atteindre les 15% le faisant sortir du ridicule voire de flirter avec les 20 points, clé d’accès au second tour et à la victoire.

Il en a. Pas les verts. Les verts aidés par le PS pourraient atteindre ces 15% mais le PS se suiciderait au profit d’un parti sans colonne vertébrale.

Alors le PS ne doit pas faire une querelle de personne. Peu importe qui de Royal, Cazeneuve, Montebourg ou un autre cheval qui pourrait arriver soit le candidat providentiel ! Le PS doit se centrer sur les valeurs et le projet pour faire l’union dans ses propres rangs.


04 juillet 2020

Un conseil municipal au Kremlin-Bicêtre et des rapports au sein de la gauche


https://94.citoyens.com/wp-content/blogs.dir/2/files/2020/02/candidats-kb.jpgEn ce cent-dixième jour depuis les évangiles depuis St Emmanuel, j’ai regardé le conseil municipal d’élection du maire du Kremlin-Bicêtre sur le site de la mairie. Je l’avais déjà fait pour celui de Loudéac, il n’y a pas loin de trois mois… Mais en replay. Là, c’était en direct… Le replay permet de zapper certaines longueurs, notamment pendant les discours chiants et presque institutionnels du début et surtout pendant l’appel des conseillers municipaux pour qu’ils aillent voter et les dépouillements (surtout qu’il n’y pas beaucoup de suspens).

Néanmoins, je pense que ces séances sont des moments importants de la République et de la vie municipale et démocratique et la diffusion sur internet devrait permettre de rapprocher les citoyens de ses élus. Pendant le confinement, j’avais regardé plusieurs séances vidéo de celui qui était encore maire et beaucoup appris sur le fonctionnement de la vie municipale. Il faudrait seulement permettre d’écourter certaines parties et un vote électronique devrait pouvoir le permettre notamment quand le scrutin est symbolique (dans une ville « normale », la liste arrivée en tête et élue recueille automatiquement plus de 50% des sièges, il n’y a absolument aucun suspens en début de mandat).

Ces séances vidéos – et mon temps en télétravail – me permettront de suivre d’assez près la vie de mes cités.

Je vais commencer par de traditionnelles félicitations à mon ami Jean-Luc Laurent qui a été élu maire, aux adjoints et à toute l’équipe qui a gagné dimanche dernier. Je salue également un autre ami, Jean-Marc Nicolle, maire sortant, dont la liste est arrivée en deuxième position. Tant qu’à faire, j’adresse un bonjour à un autre ami, mais Facebook uniquement, Lionel Zinciroglu, dont la liste est arrivée en troisième position (j’ai discuté une fois ou deux avec lui pendant la campagne et il est bine sympathique… mais représenter LREM et la droite est une charge). J’en profite pour remercie tous les citoyens qui ont participé à la campagne et s’investissent dans la vie de la cité.


Tant que je suis à balancer des banalités, certaines sincères mais dont je ne tire aucune fierté, je vais faire un aparté suite à la nomination d’un nouveau premier ministre car je suis fatigué des positionnements partisans et idiots dans la vie politique. Mon copain Melclalex a dit dans Facebook, hier : « On ne remerciera jamais assez les socialistes, sympathisants et militants, ayant voté Macron en 2017 (1er tour) ... pour finir avec 2 premiers ministres, l’un à la suite de l’autre, du parti de Nicolas Sarkozy ... et je ne parle pas des ministres. » Je vais lui répondre que je ne remercierai jamais assez les socialistes qui font foutu la merde pendant six ans (même si la politique pouvait être critiquée) et qui ont désigné un candidat branquignol comme candidat à la présidence après avoir sabordé leur propre parti laissant les types qui ont toujours été proches du centre gauche orphelin et les obligeant à voter pour y type qui est à droite.

Il faudrait peut-être commencer, pour ces andouilles de militants, à assumer leur responsabilité car ça commence réellement à bien faire. Ils sont totalement coupables d’avoir… coupé la gauche de son aile la moins extrémiste, celle qui lui permet d’arriver parfois aux affaires pour pourvoir appliquer une politique largement plus souhaitable que celle de l’autre bord.

Ca commence à bien faire.


Je pense qu’il faut savoir tourner la page et j’en reviens dont au conseil municipal de ce matin au Kremlin-Bicêtre. Je regrette l’absence du groupe dirigé par Jean-Marc Nicolle, ce matin. Sa présence aurait permis de faire une passation de pouvoir entre l’ancien et le nouveau maire, normale et nécessaire à la démocratie. Je regrette aussi la prise de position de Lionel Zinciroglu et de son groupe à propos du nombre d’adjoint. La nouvelle équipe a le droit de travailler comme elle veut et si elle veut passer de 9 à 13 adjoints, comme la loi le permet, elle en a le droit. Avoir plus de personnes aux responsabilités permettra de se rapprocher des citoyens. L’argument pris par M. Zinciroglu est le coût des indemnités pour ces quatre adjoints nécessaires (ça fera moins deux euros par an et par habitant) alors que la démocratie n’a pas de prix. S’il faut être mesquin jusqu’à la fin du mandat, on va franchement se faire chier.

Comme je le disais plus haut, l’opposition municipale ne sert pas à grand-chose dans beaucoup de villes vu que l’équipe du maire a, tant qu’il n’y a pas de scission, une majorité énorme. L’opposition n’a pas beaucoup de boulot à part contrôler les agissements de la majorité et, si j’étais dans l’opposition, je tenterais de participer pleinement aux orientations qui sont prises plutôt qu’en ayant un point de vue de principe et d’opposant (tant pis si la décision est bonne, il faut s’opposer…).

Les trois listes sont arrivées dans un mouchoir de poche au second tour (moins de depuis 0points séparaient la première de la dernière) avec un taux d’abstention record. Mais il faut des règles : l’équipe arrivée en tête récolte au moins la moitié des sièges, le reste étant attribué au prorata des résultat, en l’occurrence environ un tiers chacune ce qui fait que l’équipe en tête se retrouve avec les deux tiers à Bicêtre (en gros).

Maintenant, braves gens, vous vous mettez autour de table et vous bossez. Tous les trois, au niveau politique, vous n’êtes sans doute pas si éloignés que ça et certainement pas plus que moi de l’aile gauche de la gauche. J’ai voté Macron à la présidentielle et Laurent au premier tour des législative. Au deuxième tour, j’avais voté pour la candidate LREM pour tenter de faire barrage au candidat LFI. Aux municipales, j’ai voté pour Laurent allié à LFI au deuxième tour pour faire barrage à la liste LREM alliée à la droite (au premier tour, j’avais voté pour lui pour d’autres raisons). Je n’aurais eu aucun complexe à voter pour Zinciroglu si le deuxième tour l’avait opposé à une liste d’extrême gauche ou des candidats de gauche modérée foireux. Je l’ai déjà dit mais arrêtez avec ces conneries et travaillez !

Au niveau national comme communal, il faut arrêter de prendre les gens pour des cons. Nous sommes dans un contexte de mondialisation, au sein d’une crise sanitaire sans précédent depuis longtemps doublée par une crise économique et on n’est pas là pour déconner.



Lors de la retransmission, ce matin, le discours final du maire a été trop long. Le programme a été présenté pendant la campagne, ce n’était pas la peine de présenter une espèce de feuilles de route : il faut aussi penser aux gens qui regardent ça devant leur ordinateur.

Un dernier point. Dans ton discours, Jean-Luc, tu as rappelé ta proposition de remplacer la voie de bus de l’avenue de Fontainebleau par une piste cyclable dans les deux sens. Je rappelle que la voie est utilisée depuis sa mise en place il y a une dizaine d’années par les cyclistes (du sud vers le nord) et qu’il existe un trottoir large de l’autre côté avec une piste cyclable colorée qu’il serait sage de renforcer.

Beaucoup plus sage que de supprimer une voie de bus qui, elle, est vraiment utilisée par beaucoup de monde et qui est indispensable aux heures de pointes à cause des bouchons. Ta décision, ton souhaite, n’est profitable qu’à très peu de monde et, surtout pas, aux Kremlinois qui passent pas là et qui sont bien plus nombreux que les habitants des autres communes.

Cela dit, au boulot ! Développez les terrasses des bistros sans taxer les commerçants qui y pratiquent des tarifs raisonnables. On devrait indexer le prix des patentes sur la pinte de bière.



03 juillet 2020

EPI ou la genèse d'un acteur européen du paiement par carte !


Billets détournés à la Banque de France : prison ferme pour les ...Vous me connaissez, moi ! Blogueur prolifique mais aussi professionnel de la carte bancaire depuis 33… C’est donc la moindre des choses que je fasse parfois un billet sur le boulot quand un nouvel acteur des paiements, potentiellement majeur, se pointe ! Et c’est hier qu’une annonce a été faite : « «EPI», tel est le nom d'un nouveau service de paiement paneuropéen promis pour 2022 par seize banques du Vieux Continent en vue de faciliter la vie des consommateurs et commerçants, mais aussi proposer une option alternative aux Visa, Mastercard et autres acteurs étrangers. »

L’article que je cite a été rédigé par un journaliste pour les lecteurs de son canard mais j’ai bien envie d’être plus précis pour t’éclairer. Ne me remercie pas. J’aime bien vulgariser tous les sujets mais à la seule condition que je puisse, moi-même, rester vulgaire et ça nous changera de mes conneries habituelles au sujet du confinement, du télétravail et de la politique franchouillarde.

Revenons en 1992, Kohl et Mitterrand nous ont demandé : « bon, les gars, vous voulez bien qu’on fasse une monnaie commune » ? On a répondu oui. Ca sera l’Euro qui est né sept ans plus tard (le 1er janvier 1999) et est arrivé dans nos poches trois ans après. Vous vous doutez bien que cela a été un sacré boulot ! La définition du cadre juridique, l’adaptation des systèmes informatiques et j’en passe pendant ces sept premières années puis, pendant trois ans, la préparation de l’arrivée des pièces et des billets. Je travaillais « dans » les distributeurs de billets, je peux vous dire qu’on en a chié surtout qu’au milieu de tout ça, on a eu le passage à l’an 2000.

Les différents chéquiers: classique ou portefeuille ? – 01 banque ...Ensuite, il a fallu construire le Sepa, l’Europe des paiements (Single Euro Payments Area). Les gens gueulent après l’Euro et les populistes veulent en sortir mais ils oublient un peu ce qu’il y a derrière. Ou alors, ils gueulent contre la disparition des chèques en oubliant que c’est chiant et couteux et qu’ils préfèrent eux-mêmes payer par carte mais la raison est plus simple : le chèque, typiquement français, n’a pas été retenu par les instances qui devaient décider quels moyens de paiement seraient utilisables pour payer en euros dans la zone euro, voire dans l’Union Européenne.

Quel est le rôle de la Banque centrale européenne ? | MIFJe parle « des instances » parce que, au fond, on s’en fout. Il y a l’UE, avec ses trois pattes (la Commission, le Parlement et le Conseil), la Banque Centrale Européen, le conseil européen des banques (EPC) qui est une sorte de fédération européennes des banques et j’en passe comme les banques centrales. L’UE est libérale. Elle prend des décisions, en l’occurrence sur les moyens de paiement, puis dit aux banques (l’EPC) : démerdez-vous pour mettre ça en musique ! C’est aussi pour ça que je suis libéral : s’il faut mettre en place un nouveau moyen de paiement, il faut une impulsion politique, mais les banquiers connaissent mieux le job que les technocrates…

Ainsi, au SEPA, ils ont dit, bon, les gars, il faut quatre moyens de paiement en Europe et vous me mettrez ça en 2010. Le chèque n’a pas été retenu. L’ont été : les espèces (ouf…), la carte bancaire, le virement et les prélèvements. On peut gueuler après la disparition du chèque franchouillard mais notons quand même les prélèvements sont bien un truc bien de chez nous aussi. Vous donnez un TIP et un RIB a une entreprise et elle peut prélever des sous sur votre compte. C’est quand même bien pratique.

Ce virement et ce prélèvement ont généré beaucoup de travail dans l’informatique des banques. Tout était à construire autour des nouveaux standards européens. Par exemple, l’IBAN a remplacé le RIB. C’est limite révolutionnaire.

Quel est le meilleur terminal de paiement ? (comparatif 2020)Mais la carte et les espèces fonctionnaient déjà en « transfrontalier ». Pour la carte, on passait par Mastercard ou Visa mais tant pis. Les banquiers se sont concentrés sur les prélèvements et les virements, ont mis en œuvre des API et autres machins afin de rendre les systèmes interopérables.

Ainsi, on s’est retrouvés en 2010 avec nos quatre moyens de paiement. Le grand public s’en fout, évidemment. Mais une crise financière était passée par là, les banques n’avaient plus de pognon tout en ayant l’obligation de renforcer leurs fonds propres alors la poursuite logique du SEPA, un système unique pour les cartes en Europe a été mis de côté. Les banques avaient d’autres chats à fouetter dont s’occuper de nouvelles concurrences dans le domaine des paiements. Je pense évidemment à ce que peuvent provoquer les « GAFAM » et les « Fintech » mais aussi à l’émergence de nouveaux réseaux de cartes, comme CUP (China UnionPay né en 2002) qui a donné UPI (UnionPay International en 2012) et il fallait bien les commerçants français puissent accepter le pognon des touristes étrangers et que les touristes étrangers puissent retirer du pognon sinon UPI allait refiler des terminaux à eux dans toutes les boutiques de luxe, voire installer ses propres distributeurs de billets. Ca leur aurait fait du boulot et, au fond, que les banques françaises fassent le job était aussi bien d’autant que ça faisait la nique à Mastercard et Visa sur les paiements internationaux… D’autres acteurs historiques ou pas (on connaît Diners, American Express, Discover… On connait moins JCB – J comme Japon) ont passé leur tête par là…

https://cdn-media.rtl.fr/cache/7O565aHEbVPH1V5nt0J7Aw/600v400-2/online/image/2019/0826/7798230242_un-homme-retirant-des-billets-au-distributeur-illustration.jpgEncore du boulot pour les banques ! Ca n’a l’air de rien pour le client : il met une carte dans une machine, tape son code et il a payé. Youpi. Par contre, derrière, il y a des moyens techniques différents, des réglementations presque contradictoires et un aspect juridique assez compliqué dans un contexte international.

Tous ces machins, on appelle ça des schemes. Visa, Mastercard, JCB, UPI, Amex,… sont des schemes. CB est un scheme, vous savez le « CB » qui figure sans doute sur votre carte bancaire à côté de Visa ou de  Mastercard. Oui, tu as dans ta poche une carte qui est dans deux schemes. On appelle ça une carte cobrandée. On va y revenir.

Dans le temps, on appelait ça des réseaux mais c’est réducteur. Prononcer « skime ». On devrait utiliser le mot français schème. Il existe mais est un peu exigu : « Ensemble de concepts permettant de se faire une image de la réalité en résumant les éléments disparates de cette réalité à l'aide d'instruments fournis par la raison. » Mais peu de gens connaissent ce mot (et si je le connais, c’est parce que je suis nul en anglais donc j’utilise « Google Translate » et suis curieux). Mais c’est bien ça un scheme : un ensemble de concepts disparates pour faire des machins. Il y a par exemple une marque commerciale. Mastercard, Visa, American Express,… le sont évidemment ! Ils peuvent faire de la pub à la télé. Pour CB, c’est moins évident ! La marque ne fait pas vendre (d’ailleurs beaucoup de gens pensent encore que CB veut dire « carte bleue » alors que ça veut dire « carte bancaire »). Il y a aussi un cadre règlementaire : dans le respect des lois, les schemes définissent le cadre d’utilisation de leurs cartes, les moyens qui garantissent le paiement aux commerçants et la sécurité aux porteurs de cartes… Il y a également un réseau d’autorisation (quand tu mets ta carte de la BNP dans le distributeur du Crédit Mutuel, ce dernier « appelle » le serveur de la BNP). Il y a les systèmes de compensation (pour que le Crédit Mutuel se fasse rembourser ton retrait par la BNP). J’en passe, comme les instruments de lutte contre la fraude, ceux de cryptographie pour la sécurité,…

Revenons à ta carte cobrandée CB et Mastercard ou Visa. A l’origine, c’était simple. Tu l’utilise en France, c’est le scheme français qui est automatiquement choisi. Tu vas à l’étranger, c’est le scheme international. Mais tout se complique. La libre concurrence et tout ça. Avec une monnaie qui n’est plus nationale, le SEPA,… tu ne peux plus privilégier, dans un pays, l’usage d’un scheme. Le commerçant devrait avoir le choix entre CB et Mastercard ou Visa et le choix final devrait revenir au consommateur. J’ai une carte CB dans un magasin CB, je choisis CB. Point barre. Mais quand on te propose un choix, tu choisis la marque commerciale la plus connue. Tu commandes un billet de train sur le site de la SNCF, tu as le choix entre différents schemes : CB, Mastercard et Visa. Et le type qui a une CB/Mastercard se dit qu’il a une Mastercard et clique sur Mastercard alors qu’il pourrait cliquer sur CB. D’ailleurs, le client s’en fout ! Le commerçant, un peu moins : il risque de payer des commissions différentes selon le scheme. Et ça n’amuse pas les banques. Elles payent des commissions pour l’usage des « moyens disparate ». Et elles préfèrent payer à une filiale qui tarifie aux prix coûtant vu que ses clients sont ses actionnaires qu’à des multinationales étrangères…

Ça y est ? Tu commences à avoir une idée de la genèse du nouveau scheme européen ? Les banques ne sont pas des anges. Elles sont là pour toucher des commissions et négocient pour pouvoir le faire mais doivent aussi travailler à en payer moins surtout quand c’est fait sous l’œil bienveillant des instances qui voient la part d’entreprises américaines dans le marché européen diminuer.

Distributeur de carburant Public | Automatic TechnologiesMais continuons un peu l’histoire récente des moyens de paiement en Europe. Nos instances et nos banques ont ainsi mis en œuvre leur bazar du SEPA quand des lascars ont dit : on peut encore aller plus loin. On va créer « l’Intant Payment » (je traduits car tu ne maîtrises pas mieux l’anglais que moi : « le paiement instantané »). On va combiner les virements, les prélèvements et tout ça pour créer un truc sécurisé qui permettra de faire un virement immédiat, donc en toute sécurité.

Péages sur l'A13 et A29 : découvrez les nouveaux tarifs appliqués ...Tu te promènes dans la rue et tu vois, dans une boutique, une voiture à vendre pour 9000 euros. Elle te plait, tu la veux. Tu prends ton smartphone, vire les 9000 euros de ton livret A vers ton compte bancaire. Tu rentres dans le commerce tu dis tope là au commerçant. Vous tripotez des machins techniques et moins de 10 secondes après ton pognon est sur son compte (réellement, ce n’est pas une simple écriture comptable, l’oseille est là et disponible : ta banque l’a filée à la sienne). Il peut donc te laisser la bagnole sans risque et tu n’as pas à avoir peur d’un défaut de paiement. Le tout est avec des moyens sécurisés des interconnexions avec des API, des opérateurs neutres, qui te permettent de t’authentifier auprès de ta banque dans l’application du commerçant (voir la DSP2 et tout ça). Ce machin fonctionne depuis un an ou deux et n’est pas encore répandu.

Revenons à nos gugusses qui ont pensé à EPI, un scheme européen (c’est récent, ça date d’environ un an, c’était secret et ça a été officialisé hier, près de trente ans après Maastricht) se sont dit : « et si on faisait ça en Instant Paiement » ?

https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/2019/08/16/cb-1.png?width=189&height=119&width_format=pixel&height_format=pixelPrenons un exemple, le retrait d’espèces (parce que c’est le plus simple). Actuellement, tu as une carte du Crédit Mutuel et tu vas retirer des sous chez BNPP. Le GAB de BNPP appelle le serveur de BNPP pour lui dire : « hé ho, j’ai un lascar qui veut retirer des sous. » Le serveur en question (on va l’appeler le GDG) qui va se dire « ah putain de bordel, ce n’est pas un client à moi, il faut que j’envoie la demande d’autorisation au serveur d’autorisation (SAE) de sa banque mais je ne lui suis pas raccordé, je vais passer par le réseau du scheme ». Il envoie donc la demande sur le eRSB (le réseau d’autorisation du scheme CB) qui aura un contrat avec le Crédit Mutuel, membre du même schemes et ainsi de suite, ta banque va répondre oui si elle est bien lunée et tu auras ton pognon.

Le soir (ou autre, on s’en fout), le GDG va dire au gros serveur de la banque la liste des retraits qu’il a servis et le serveur en question va devoir se démerder pour retrouver le pognon. Il va passer par le réseau de compensation du scheme. On va voir que le Crédit Mutuel a  distribué un million d’euros à des clients de BNPP qui a distribué cinq cent mille euros aux clients du Crédit Agricole qui en a refilé un virgule cinq à La Banque Postale qui en a pondu trois cent mille pour BPCE et ainsi de suite. On va compenser : pour voir, au final, qui doit quoi à qui et si on ne pourrait pas d’arranger entre nous, au sein du scheme pour assurer l’équilibre de tout ce pataquès. C’est bien compliqué !

TELECARTE 50 UNITES Privees Publiques Reseau Cartes Bancaires En ...En retrait en Instant Payment, c’est le réseau d’autorisation qui va faire le boulot. Là, je précise que j’invente complètement : les règles ne sont pas encore fixées, à ma connaissance. Il va recevoir une demande d’autorisation du Crédit Mutuel pour la transmettre à BNPP et va l’enrichir de l’IBAN du Crédit Mutuel ce qui fait que la BNPP pourra envoyer un virement immédiatement (un Instant Payment) au Crédit Mutuel s’il autorise le paiement. Et hop ! Plus de compensation. S’il y a un problème technique et que le Crédit Mutuel ne peut pas délivrer le pognon au client de la BNPP, il dire à la BNPP : « oups, je n’ai pas réussi à filer le flouze à ton andouille, je t’envoie un Instant Paiement pour te rembourser ».

Alors que pour créer un scheme, il aurait fallu définir un système de compensation à l’échelle européenne, le scheme EPI va utiliser les moyens développés pour l’Instant Payment et le règlement entre banques. C’est une idée géniale. Je dis ça car ma boîte est logiquement partie prenante dans ce machin vu que qu’on fait de la carte, des machins SEPA et de l’IP (pour Instant Payment, il est temps que j’utilise l’acronyme idoine mais quand je vais parler de réseau IP, ça pourrait porter à confusion). Sans compter les mouvements de personnel à la direction… Sans compter que les grosses banques françaises sont bien implantées dans ce machin… Pendant que j’y pense, il y avait quelques mouvements dans l’interbancarité française et CB avec la création d’une espèce de filiale, FrenchSys, et j’avais du mal à tout intégrer. Ne cliquez pas sur le lien, il n’y a quasiment rien à part une vague définition : « Référentiel français d’acceptation multi-Scheme ».

J’en parle parce que tu vas me dire : « ah mais dis donc, ça doit être le bordel avec tous ces schemes, toutes les banques, tous les pays,… qui ont des fonctionnements différents ! » Ma réponse sera claire : oui et non.

Quels documents peut-on vous demander lors de la signature du ...Tout d’abord, il y a des accords entre les banques et les schemes, entre les banques, entre les schemes,… Vous vous doutez bien que le bar tabac en bas de chez vous n’a pas de contrat avec les Chinois d’UPI. Il en a un avec sa banque, qui se débrouille ! Et il n’a pas un TPE pour CB, un pour Visa, un pour Mastercard, un pour UPI, un pour Amex, un pour Diners… Charge à Frenchsys, émanation des banques française, de définir comment doivent marcher ces terminaux pour l’intérêt de tous. Il y a ensuite des standards définis par les industriels et les entreprises au sein de consortium comme EMV (Eurocard, Mastercard Visa) qui définissent, par exemple, comment doivent causer des cartes à puce bancaire avec des terminaux ! Vous imaginez, si les cartes de chaque scheme avait un dialogue différent avec les terminaux… Pauvres terminaux. Proches des standards, il y a les normes, notamment ISO, définies par des organismes internationaux, comme la 7816 qui définit comment une carte « en général » doit parler à un terminal (par exemple, une pharmacie aura le même lecteur pour les cartes vitales et les cartes de paiement). Par ailleurs, il y a les organismes de certification, comme Elitt, autre émanation de CB. Il y a les partenaires techniques spécialisés comme Stet, encore une émanation… Ils gèrent la partie technique du scheme CB et d’autres machins tels que les API pour la DSP2 ou l’IP…

Ainsi, il y a quinze ans en France, il y avait un machin : le Groupement des Cartes Bancaires CB, le scheme CB est resté pour gérer la marque, la réglementation et différents services ont été filialisés dans Elitt, puis Stet et, dernièrement Frenchsys pour répondre à des règles de concurrence et différentes pratiques. Elitt, par exemple, ne pouvait pas faire des certifications pour EMV donc Visa et Mastercard alors qu’ils étaient intégrés à un concurrent.

Ainsi, nos banquiers d’EPI vont pouvoir créer leur nouveau scheme dans un délai record, probablement pour une somme modique, le tout en profitant d’infrastructure ou de services existants, qu’ils soient issus de CB ou d’autres entreprises européennes, filiales ou non des banques, comme Atos, le tout avec une technologie up to date comme on dit.

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C'est tout moi : faire un long billet non politique le jour où on change
de premier ministre. Monsieur déconfinement, il parait. Ma mère étant toujours
confinée, il ne mérite que mon mépris
Je n’ai abordé plusieurs sujets, dont le principal, celui qui rend le tout possible : la puce ! Comment ce machin si petit peut-il contenir pour faire travailler la carte avec plusieurs schemes tout en ayant des fonctionnalités, des modules de sécurité,… différents. Bientôt au moins trois, Mastercard ou Visa, CB et EPI. Dans quelques années, plus qu’un : EPI. Pourquoi payer des redevances à Visa ou Mastercard si vous ne sortez pas d’Europe. Ou pourquoi pas EPI et UPI, deux futurs gros acteurs internationaux ? J'ai zappé l'Apple Pay, le Google Pay, j'ai omis le sans contact...

Les banques savent s’unir pour des gros projets ; il faut parfois un petit coup de pied au cul par les instances ! Ensemble, elles luttent pour un meilleur service au client et contre Visa et Mastercard, contre les GAFAM et les FinTech et aussi d’autres opérateurs de paiement. Sur ce coup, elles avaient un peu de retard mais il fallait construire le SEPA, l’IP,… mais aussi préparer ces révolutions, monter des plates-formes communes pour diminuer tous ces coûts de structures liés aux évolutions légales et réglementaires…

Elles vont pouvoir se concurrencer entre elles pour ce qu’elles vendent : des contrats, des services aux commerçants, voire elles-mêmes pour des retraits d’un client d’une banque sur un distributeur d’une autre banque…

Elles vont faire des économies et pouvoir diminuer les commissions.

Ah non ! Là, je déconne ! Quelles attendent au moins que je sois en retraite…

Bienvenue à EPI !

02 juillet 2020

Halte au « greenwashing » !


Recette Omelette aux champignons de parisEn ce cent-huitième jour suivant le début la déprime de circonstance, je continue à prendre mon rythme pour cette période particulière pour moi : un été presque entièrement en télétravail en Bretagne. Mes lecteurs m’objecteront peut-être que je radote mais je m’en fous. Hier, je parlais de bouffe et d’écologie mais ce n’était que le cent-septième jour depuis que je ne vais plus au bureau. Aujourd’hui, je vais faire une confidence. En télétravail, les journées sont longues.

Aujourd’hui, par exemple, j’ai commencé à 7 heures et fini à 18h30 alors que, ce matin, je me demandais ce que j’allais faire. En fin de compte, je n’ai pas arrêté à part une heure de pause déjeuner… et trois fois un quart d’heure de jardinage (successifs, les trois quarts en question, je rentrais voir mes mails professionnels entre eux). Les tâches professionnelles me sont tombées les unes après les autres. Tous les jours, depuis mardi (ce qui fait donc trois jours), je m’efforce de faire ces pauses dans le jardin (pendant mon premier séjour en Bretagne, début juin, je le faisais par contrainte et, en plus, il faisait mauvais). Cette fois, je commence à y prendre goût. Quand je suis à Paris, je fais ces petites pauses sur mon lit avec mon iPhone…

Dans la première partie de cette période, j’avais redécouvert le plaisir de faire la cuisine, cette fois c’est le jardinage qui n’est évident pas compatible avec une vie loin de son lieu de travail… Mi-juin, j’avais passé du vinaigre blanc dilué dans de l’eau (disons 30 cl pour 5 litres) sur les saloperies qui poussent entre les pavés des allées devant la maison. La plupart sont mortes mais il en restait un peu alors, mardi, j’ai fini le travail et, aujourd’hui, je me suis efforcé de bruler le reste avec un machin fait pour ça. Ce n’est pas très rapide mais, à part le CO2 dégagé par les flammes et l’électricité consommée, c’est écologique.

Je suis donc tout à fait apte à parler d’écologie et comme je discute politique sur ce blog depuis près de quinze ans, je peux faire un billet sur l’écologie politique. Bientôt, je pourrais même aborder le véganisme bio : je m’entraîne. Ce soir, j’ai mangé une omette aux champignons mais je me demande si le beurre et les œufs étaient vraiment d’origine végétale. Il reste les champignons et l’échalotte pour me sauver.

L’échalotte était dans un filet. Je suppose que c’est écologique. Les œufs étaient dans une boite en plastique mais ils étaient bio. Cela compense. Les champignons étaient dans une barquette en plastique. Je cumule. Mais je recyclique.

Vendre des œufs bio dans une boîte en plastique est du « greenwashing ». Vous faites croire que c’est écologique parce que la production respecte deux ou trois normes mais ça ne l’est pas du tout. Vous ne savez pas du tout ce que la « distribution » (l’emballage, le transport et tout ça) a de biologique.

Je vais faire un aparté pour me moquer des végans sans la moindre méchanceté, je connais une lesbienne végane très sympathique. Elle se reconnaitra. A priori, être végan est aussi une facette de l’écologie voire un extrémisme écologique. L’autre jour, je suis tombé sur une publication dans Facebook qui tourne régulièrement : du vin végan… recommandé pour accompagner la viande rouge. C’est très drôle et on ne s’en lasse pas. Cela étant, on peut se demander ce qu’est du vin végan. Les seuls éléments d’origine animale utilisés pour faire du vin me semblent être des résidus d’élevage que l’on met au pied des vignes pour les engraisser. Donc soit les producteurs utilisent de la pisse et de la merde de cochons et autres grosses vaches et c’est donc du « véganwashing », soit ils utilisent des produits chimiques et c’est donc du « greenwashing ». Soit ils n’utilisent rien mais ils vendent des produits dégueulasses.

Je vais aller plus loin dans la démonstration de mauvaise foi. Prenez les lascars qui luttent contre les OGM. Ils préconisent quoi pour nourrir les sept milliards de terriens, qu’ils soient racisés, blancs ou verts ? Des pesticides, des engrais chimiques et j’en passe ? La lutte contre les OGM n’est-elle pas du « greenwashing » ? Tout comme celle contre le nucléaire dont je parlais hier.

Je sais, on devrait vendre les champignons dans des filets biodégradables mais ils se conserveraient moins longtemps et les consommateurs passeraient beaucoup plus de temps à les laver. Il ne faut jamais faire chier les consommateurs au moment de l’acte d’achat. C’est du « greenwashing » détourné. Ils finiront par voter contre les écolos aux élections. On n’est pas loin de la genèse des gilets jaunes. On augmente les taxes au nom de l’environnement et tout le monde se retrouve dans la rue.

Rappelez-vous l’écotaxe votée « sous Sarko » et annulée « sous Hollande » par son ex (même qu’on se demandait ce qu’elle faisait « sous lui »). On met en place une nouvelle taxe qui n’aurait jamais fait diminuer les transports de marchandise mais aurait pesé sur le prix d’achat des marchandises… C’est typiquement du « greenwashing » de droite (comme quand Chirac avait mis le principe de précaution dans la Constitution). En la supprimant, la gauche a fait une excellente chose mais elle s’est fait taper dessus par les écolos. Même les écolos font du « greenwashing ». Ils luttent contre leur camp. Tiens ! Le thème de mon billet d’hier était le pragmatisme de la social-démocratie…

Aujourd’hui, c’est le greenbashing car j’ai eu un échange au sujet de la taxe carbone qui revient au goût du jour, promue par Macron avec comme méchant commentaire : « C'est quand même objectivement rigolo. Les types qui reprochent à Macron d'être libéral lui tapent dessus quand il propose la création d'une nouvelle taxe. » On m’a répondu que c’était une taxe libérale ce qui est crétin : un libéral ne peut pas préconiser une nouvelle taxe sauf pour faire du « greenwashing ». « On » avait confondu le marché du carbone (effectivement assez libéral même si ça se discute) avec la taxe carbone. Ce que je voulais dire n’a rien à voir avec l’écologie (mais la connerie des militants). Macron aurait dit qu’il ne voulait pas de taxe carbone, les mêmes andouilles auraient ronchonné. La taxe carbone est surtout un machin anti-égalitaire qui devrait être honni par la gauche. Elle veut dire : tu as le droit de polluer si tu as plein de pognon.

Je dois avouer que je suis plutôt un écolo autoritariste : plus une voiture individuelle est lourde, plus elle pollue. On doit donc interdire les voitures individuelles lourdes. Point barre. Ca ferait sans doute chier les petits bourgeois qui votent écolo dans les centres-villes mais cela amuserait tous les braves gens avec un peu de bon sens d’autant que la voiture légère coûte moins.

A propos de ces bobos, un canard a sorti aujourd’hui une infographie avec la tendance électorale en fonction de la taille de la commune. Elle mériterait une analyse détaillée mais j’ai la flemme. Toujours est-il qu’elle montre bien que le vote vert ne fonctionne donc que dans les très grandes villes, auprès de gens qui ne connaissent pas grand-chose à l’environnement mais qui ont des boutiques bios en bas de chez eux et qui peuvent faire leurs courses dans un marché avec un panier en osier très tendance.

Ainsi, parler de vague verte pour cette dernière élection est en mensonge et les encouragements divers ne sont que du « greenwashing ». C’est mal. Faire croire qu’on peut sauver la planète en augmentant des taxes est du « greenwashing ». Défendre les circuits courts est très bien mais quand on habite au centre d’une métropole c’est ridicule : on ne produit pas, dans le coin, ce qu’il faut pour nourrir la population.

Promouvoir l’écologie est sans doute très bien mais quand on encourage le « greenwashing », cette tendance naturelle à faire croire que c’est mieux d’acheter tel ou tel produit parce que le producteur fait un peu d’écologie, est un désastre. Surtout quand il est nocif pour le consommateur qui n’aspire qu’à ce qu’on arrêter de lui les briser.

En dessert, j’ai mangé du riz au lait dans une barquette en plastique après m’être assuré que « bio » n’était écrit dessus.

On peut lutter contre les pesticides et autres round-up quand on a un jardin de 250 mètres carrés et qu'on peut utiliser du vinaigre blanc pour l'entretien mais, à l'échelle d'un pays, il faut être prudent. On sait que ces produits sont mauvais, qu'il faut arrêter de les utiliser s'ils risquent de se protéger jusqu'à chez les voisin et les nappes phréatiques mais arrêtons mais prenons garde à ne pas pousser à solutions inapplicables.

C'est du greenwashing, on se fait plaisir mais ça n'avance à rien.

Les ploucs ne savent pas ce qui est bon pour eux mais ils votent. Quand les types de gauche auront compris ça...

01 juillet 2020

Le poulet rôti et le pragmatisme social-démocrate


Poulet rôti - MyCuisineEn ce cent-septième jour suivant le surlendemain de l’annonce du confinement pour deux jours plus tard alors que les bistros étaient fermés depuis la veille au soir (n’oublions pas, avant 2022, la séquence même si je vais avoir du mal à numéroter jusque-là) et alors que les analyses sur les votes en faveur des écolos continuent à exploser (on parlait lundi d’une large victoire et on constate aujourd’hui une victoire en trompe l’œil), il est temps que je parle de la normalitude. De la vie, quoi !

Il ne s’agit pas de parler de moi mais d’un lascar au hasard, c’est-à-dire moi. Ce n’est pas de ma faute si j’arrive à avoir 3 ou 400 lecteurs par billet de blog en mélangeant les aspects personnels et politiques.

Tenez, pas plus tard qu’hier, j’avais envie de poulet rôti et d’haricots verts. Je crois bien que je n’avais pas mangé de légumes verts depuis le début du confinement. Mon envie n’est pas liée à la victoire de cette couleur en trompe l’œil mais d’une réflexion : je ne peux pas vivre pendant trois mois (vu que, pour des raisons amusantes, je suis en télétravail jusqu’à fin septembre) en ne mangeant que des pommes de terre avec un peu de viande en accompagnement mais pas plus de 300 grammes par repas, il fallait que je varie. En temps normal, les repas de la cantine me permettent de maintenir un certain équilibre certes démoralisant mais salvateur. Je me fous complètement des haricots verts mais un billet de blog doit bien avoir un sujet principal autre que Europe Ecologie Haricots Verts.

Haricot vert | AZ MartiniqueQuant au poulet rôti, cela fait des mois que ça me travaille. Je passe le fait que la société de consommation moderne ne nous offre plus que des poulets à chier alors que les poulets bretons sont largement meilleurs, comme les célèbres poulets de Brest qui méritent des louhanges. Les poulets de la cantine ne sont pas seulement à chier mais à éviter. Cuisiner un poulet pour un célibataire n’est pas satisfaisant. Il faudrait se faire un coquelet mais la découpe est pénible, il faut ronger les os et tout ça.

J’ai donc fait le choix pragmatique donc social-démocrate de me faire des filets de poulets au four, hier midi. J’avais cuit de pommes de terre à l’eau, le matin, que j’ai enfournées avec mes filets sans filet. J’avais auparavant consulté quelques sites internet pour avoir des conseils et je n’en ai retenu qu’un seul, pour ma ligne : mettre du beurre et des herbes de Provence. Autant vous dire que mes filets n’avaient qu’un lointain rapport avec la sociale-démocratie et le poulet rôti mais n’étaient pas moins pragmatiques et suaves.

Hier soir, j’ai fait l’acquisition écologique d’haricots verts bios et surtout déjà équeutés en circuit assez courts puisqu’ils n’ont pas traversé la moitié de la planète mais un seul quart ce qui m’évitait des tâches fastidieuses : il m’a suffi de les plonger cinq minutes dans l’eau bouillante en prenant mon café.

A onze heures, j’avais une réunion au sujet de l’organisation des réunions dans mon service pour la prochaine année, j’en ai profité pour allumer le four pour faire cuire le rosbif dont j’avais fait l’acquisition en fonction d’un seul critère, social-écologique : le poids. Il me fallait 630 grammes. S’il avait été plus petit, je l’aurais fini en un seul repas. S’il avait été plus gros, je n’aurais pas pu le faire saignant comme il faut pour le midi pour en garder la moitié à manger froid le lendemain.

Pommes de terre sautées à la graisse de canard - pommes sarladaisesA onze heures quarante-cinq, alors qu’on débattait social-démocratiquement avec les collègues de travail pour savoir si la réunion de suivi des incidents devait s’appeler « Comité de suivi des incidents » ou « Point hebdomadaire de suivi des incidents », je suis allé mettre le rosbif dans le four et mettre une poêle sur le feu où j’ai mis du beurre, une échalotte hachée, la moitié des haricots cuits avec le café (enfin, pendant le café) et le reste des pommes de terre de la veille. J’ai recyclé mes pommes de terre. Je ne sais pas si c’est d’un pragmatisme social-démocrate ou un mouvement écologiste.

Ce soir, après le Kremlin des Blogs consacré aux élections par visioconférence (remettez les mots dans le bon ordre), j’ai mangé une salade composée du reste de haricots, de quatre tranche de rôti de porc sous vide (que j’avais achetées après avoir vérifié que l’emballage était recyclable et le cul de la fermière biocompatible), le tout agrémenté d’une vinaigrette avec une échalotte (crue, cette fois), de la mayonnaise de Dijon aux relents Tchétchènes et de l’huile d’olive de Perpignan car un militant politique doit s’intéresser aux préoccupations de la population même si elles nous rappellent les heures sombres de notre histoire. Pour éclaircir, je n’ai pas mis trop de sel.

Recette Rosbif - Magazine OmnicuiseurJ’ai fini mon repas par une glace dont l’emballage ne me précisait pas s’il avait été composée avec des produits génétiquement modifiés ou de perturbateurs endocriniens mais en m’assurant que l’électricité utilisée pour sa conservation n’était pas issue de l’énergie nucléaire mais de la bonne production d’éoliennes supplées miraculeusement en cas d’accalmie par des centrales à charbon allemandes néanmoins alimentées par une production digne de la tradition Républicaine française, à savoir avec une proportion de mineurs racisés compatible avec le composition de la population.

Demain midi, je vais déjeuner de la deuxième moitié de mon rosbaif servi froid avec des pommes de terre au beurre vu que j’ai fini les haricots et que j’ai oublié d’acheter des courgettes.

Donc j’aurais d’ailleurs eu un meilleur usage si j’avais vu un fondamentaliste écolo non dénué de fondement à côté de moi, grâce à mon pragmatisme social-démocrate.

Depuis quinze ans, je donne des conseils politiques dans mon blog (pour être précis, depuis 14 ans et demi). Je vais en donner un dernier : quand vous faites cuire un rosbif, commencez par enlever la barde. Outre que je ne sais pas si le bardagement en question est vraiment respectueux de l'environnement, il me parait totalement inutile et issu de producteurs de droite voulant vous faire croire que la viande est parfaitement disciplinée alors qu'elle n'est qu'endoctrinée pour le vivre ensemble anticommunautariste. 

Vive la France ! Vive le poulet rôti ! Vive les haricots verts ou les courgettes ! Vive le rosbif et les pommes de terre sautées, les salopes. 

30 juin 2020

Opposants au télétravail : foutez nous la paix !


Outils chocolat laitEn ce cent-sixième jour depuis de la fin du jour d’avant, je me retrouve enfin dans ma situation de vie en télétravail jusqu’au vingt-et-un septembre dans la maison de Loudéac. Je vais rappeler un peu longuement ce que sera ma vie de télétravailleur avant de tordre le coup à ceux qui sont contre, pour des raisons éditoriales, et méritent des baffes.

L’été sera coupé par trois semaines de vacances et des allers-retours à Paris pour prendre l’air frais des bistros près de chez moi, au Kremlin-Bicêtre. Lors de mon précédent séjour au bled, de 3 au 21 septembre, j’ai eu un très mauvais temps (et ça ne va pas mieux après un séjour au soleil de Paris) et j’ai eu à remettre la maison en marche, remplacer le frigo, déconfiner le jardin et trouver mon rythme, moi qui n’avais jamais vécu dans une maison après mes 18 ans (ou presque, disons, après mes 24 ans).

Pendant cette semaine au Kremlin-Bicêtre (du 21 au 28, donc), provoquée par différents motifs (une visite à faire au bureau, la réouverture de la Comète, les élections,…), j’ai beaucoup réfléchi à tout ça, à la différence entre mes deux vies. Il n’y a pas photo. Dès la descente du car, hier midi, j’ai retrouvé mes marques. Mon après-midi était chargée : il fallait que je déjeune, que je bosse et que j’aille voir ma mère.

Que doit-on prévoir dans son coffret à outils ?Figurez-vous que les « résidences service », une partie des maisons de retraites, ne sont pas déconfinées contrairement à ce que l’on peut voir à droite ou à gauche, seules les Ehpad le sont parce qu’ils ont un médecin attitré. C’est grotesque. Il faut que je prenne rendez-vous pour voir ma mère.

Aujourd’hui, c’était la première journée complète. J’ai choisi de commencer à bosser très tôt (pas le choix, comment voulez-vous dormir dans une maison où il fait 16 degrés ?), de prendre du temps à midi et de finir tôt pour aller à « mon rendez-vous » qui finira traditionnel puis d’aller revoir les copains au bistro.

Dans mon agenda, j’accepte les réunions de 8h à 18h30 (sauf après 17 heures si elles ne sont pas planifiées avant la veille pour me permettre d’honorer mon rendez-vous quotidien ou de l’annuler), je ne reste pas plus de quinze minutes loin de ma messagerie professionnelle de 8 à 12h et de 14h à 19h et la vie se passe.

Le télétravail n’est pas que travailler à la maison, c’est aussi, une façon de s’organiser, de gérer ses journées. Aujourd’hui, j’ai fait ma toilette à 11 heures après avoir commencé la préparation de mon déjeuner. J’ai repris le boulot à 11h30, bossé une demi-heure, continué la cuisson de la viande (des filets de poulet au four avec des herbes de Provence), suis allé faire un tour, ai déjeuné, repris le taf,… Pendant l’après-midi, j’ai consacré quinze minutes à trucider les mauvaises herbes à coup de vinaigre blanc…

L'outil de démolition perfectionné On lit beaucoup de choses fausses sur le télétravail, je l’ai déjà dit, mais aujourd’hui, je suis tombé sur un billet d’un blog du Huffington Post qui racontait n’importe quoi. Rien que le titre est à chier : « La vraie question que pose le télétravail, c’est l’utilité du travail ! » La rédactrice, une sommité, sans-doute vu son titre, nous explique sagement que seuls les métiers manuels sont utiles. Extrait : « L’attente forte vis-à-vis du télétravail accentue encore la faille puisque, dans bon nombre de cas, les vrais productifs (ouvriers, caissiers, infirmiers…) ne pourront bénéficier de ce dispositif, avec la tentation de pointer du doigt “ceux qui restent à la maison”. » Cette conne prétend donc que ce que je fais est improductif, ce que nous faisons tous dans des bureaux est improductifs. A mon avis, elle mérite directement le cabanon. Cet article, elle l’a rédigé où, dans son entreprise ? En quoi est-elle productive ? Et mes parents, que j’ai vu pendant une trentaine d’années corriger des copies à la maison et préparer les cours pour le lendemain ? Ils faisaient quoi ? Ils ne produisaient pas ? Ils étaient inutiles à la société ? Et mes collègues (et moi), en télétravail, pendant la crise sanitaire, qui mettaient tout en œuvre pour que les prestations sociales puissent être distribuées, ils se branlaient les couilles ? 



8pcs / lot bricolage outils de couteau à découper en bois ensemble ...Cette folle pense donc que seuls les types qui sont obligés d’aller « sur un lieu de travail » sont productifs, que tous les autres sont d’immondes crevures. Evidemment que le télétravail va créer une fracture entre ceux qui peuvent en bénéficier et les autres mais il faudrait qu’on se force à prendre deux heures de transports en commun et faire des afterworks avec les collègues (lisez bien le papier) pour être qualifiés de productifs ?

Décapsuleur simple en acier - Meilleur du ChefLe plus drôle est que cette débile mentale (je cite : « Directrice générale de l'INSEEC Business School et Directrice de la recherche et de la valorisation académique du groupe INSEEC U » pour vous dire à quel point elle a passé ses journées à faire du travail productif) ne cite qu’un seul exemple de télétravail : un étudiant que passe sa thèse ! Il peut maintenant passer les deux ou quatre heures de soutenance en visioconférence, ce qui est très certainement lamentable, et symptomatiques de toutes ces fainéasses d’improductifs qui bossent à la maison.

Je ne félicite pas le Huff d’avoir laissé public ce truc d’autant que le boulot des journalistes ne consiste pas, non plus, à rester 8 heures par jour au bureau (d’autant qu’on peut recevoir les dépêche AFP et rédiger des papiers de chez soi).

Foutez-nous donc la paix, tas d’imbéciles qui ne connaissent pas le boulot d’un bureaucrate ! Vous croyez que je stresse moins à la maison qu’au bureau quand un serveur se plante, que je dois monter une cellule de crise, assurer la communication auprès des clients tout en aidant les collègues à résoudre les problèmes ?

Foutez-nous la paix et laissez-nous vivre ! Vous passez à côté d’une évolution majeure de la société qui, certes, ne concerne pas tout le monde, et vous allez nous gâcher la vie par seule envie ou besoin de produire des lignes d’un texte à chier.

Décapsuleur Promotionnel Multifonction 'Brento' | ObjetramaAllez donc vous faire foutre. 

La crise sanitaire a montré que le télétravail est possible, qu’il est bénéfique aux salariés et aux entreprises, qu’il permet de limiter l’encombrement des transports en commun, ce qui est bénéfique à tous, non seulement à ceux qui sont obligés de les utilisés mais aussi à ceux qui en supportent la pollution, qu’il va permettre la diminution de la construction d’immeubles de bureaux. Ce sont des évidences mais le confinement a permis une belle expérimentation : le télétravail est possible.

Prétendre des entreprises emploient volontairement des improductifs pour occuper des bureaux mérite un examen mental approfondi.

Les peine-à-jouir, fermez-la !