22 février 2017

Vive le centre ! Vive Bayrou ! Allez Hamon !

Pour des raisons que j'ai déjà évoquées, je continue à espère qu'Hamon puisse gagner la présidentielle. Néanmoins, une des priorités est aussi d'empêcher l'élection de Le Pen et Fillon. A ceux qui sont dans mon cas, on a deux solutions : un truc de gauche ou un truc nouveau. 

Bayrou s'étend désisté au profit de Macron, on commence à imaginer ce truc nouveau. Ni de gauche ni de droite. Le truc révé par Bayrou depuis longtemps, qui sera sans doute fait par Macron. 

Commençons par saluer François Bayrou. N'ayant aucune chance de gagner, il choisit de defendre celui qui incarne le plus ce qu'il aurait voulu être. Et n'oublions pas le second tour de 2012 quand il a choisi de soutenir François Hollande. Quand on compte les voix, c'est probablement ce qui a fait la victoire de François Hollande et de "nous" amener au pouvoir. François Hollande a mené une politique qui représente son électorat et pas seulement une certaine gauche qui s'imagine qu'elle peut gagner toute seule. N'oublions pas non plus que le PS a maintenu un candidat face à Bayrou aux législatives. Ce n'était pas bien fin. Pas digne. Pas moral. 

Mes camarades de gauche qui se moquent de Bayrou ou Macron, ce soir, on probablement une mémoire de poisson rouge. 

Revenons sur le "ni de droite ni de gauche". Ça me titille depuis plusieurs mois. J'ai l'impression que certains ont perdu leurs repères mais peu importe. Surtout, il faudra bien reconnaître, un jour, que le clivage a changé. Prenons 2005, par exemple. Les Français se séparaient sur une ligne relative à la souveraineté. Aujourd'hui, le projet économique de Marine Le Pen est qualifié de communiste par les réactionnaires qui, au moment de l'élection de François Fillon ont nettement choisi ce dernier... jusqu'à ce qu'ils se rendent compte que, non rien. 

Arrêtons donc ces propos sur plus à gauche que moi tu meurs. Rappelons nous 1980 où le PC bastonnait les immigrés. 

Je me sens bien à gauche. Je suis pour la répartition du temps de travail et donc sa baisse. Je suis pour l'imposition progressive sur le revenu. Tiens ! Je suis pour le revenu universel. C'est pour cela que je vais voter Hamon. 

Quand il a sorti ce truc, mes potes de gauche soutiens de Macron (respirez) se sont foutu de lui en disant que c'était un truc libéral inadmissible. Retrouvons nos repères. C'est aussi marxiste. Mais je m'en fous. Je me revendique libéral de gauche. 

D'ailleurs, ce n'est pas Macron qui disait que le libéralisme était une valeur de gauche ? Mais son programme est-il libéral ? Je veux bien reconnaître qu'il ne semble pas de gauche. Mais on s'en fout. 

Défendons Benoît Hamon pour différentes raisons même si Emmanuel Macron ne dit pas que des conneries mais n nous battons sur la base de vieux clivages qui n'existent que dans nos têtes. Dans vos têtes. 

Si Macron est elu, soutenu par Bayrou, il faudra qu'il trouve une majorité à l'Assemblée. On peut espérer qu'il la fera avec des gens intelligents qui peuvent s'unir pour faire avancer le pays, comme l'a toujours rêver Bayrou, en oubliant nos haines qui doivent rester dans le passé. Si Hamon est élu, il devra conjuguer avec des frondeurs qui viennent de sa droite. 

On n'a pas fini de rigoler. 

Vive Bayrou, vive Hamon, vive Macron et arrêtons de voir tout noir ou tout blanc. 

20 février 2017

Tous pourris crématoires !

J'ai toujours été persuadé que la plaisanterie de Jean-Marie Le Pen ("Durafour crématoire") n'était qu'une blague potache. Je conçois qu'elle blesse et tout ça. D'ailleurs, je crois me rappeler que la justice a tranché dans ce sens. C'est ballot. Je crois que c'est genre de blague idiotes qui aurait fait rire mes copains à l'apéro. On a fait une erreur grotesque en enfonçant papy qui avait les buveurs d'apéritif avec lui. On a toujours le mauvais combat contre le FN. A l'époque, il faisait 10 ou 15% dans les urnes. Maintenant, il fait 10 points de plus. On a raté. 

Cette fois, le Front National, sa chef en tête, a des problèmes. Des sombres histoires judiciaires d'emplois fictifs tout en continuant sa campagne sur le thème "tous pourris", tous pareil, ils abusent du système. Et il semble bien que le FN ait fait pareil. 

L'information est relativement peu relayée par les médias parce qu'elle n'est pas "vendeuse" notamment par rapport aux histoires de Fillon. En plus, et c'est paradoxal, peu accrocheur pour les électeurs du FN, bien qu'ils luttent (ou croient le faire) contre le système dont il profite. On l'oublie. Tout comme on oublie que Fillon ne fera pas moins de 20% parce qu'il y a un socle d'électeurs...

À gauche, on rêve. On s'imagine qu'un des nôtres sera naturellement au second tour face à la Marine qui se trouve en position royale. 

Or, c'est bien contre elle qu'il faut lutter. N'ayons pas peur de sauver le soldat Fillon. Entre la peste et le choléra, je choisis la cirrhose. Ce n'est pas contagieux. 

Relayons ces affaires, dans les réseaux sociaux. Si au moins on peut servir à quelque chose...

Moi, vous me connaissez. On me reproche assez d'être proche de vils réactionnaires. Je vais vous dire : ils ne pensent plus à voter pour Marine Le Pen. Selon eux, elle n'est même pas à droite. A un moment, ils ont cru à François Fillon. Lui, il est bien réactionnaire. Mais on a vu ses conneries. Il est grillé auprès de l'électorat désœuvré. Mais il garde son socle. On ne peut pas lutter contre. 

Même si mon favori (a priori Hamon, peut-être Macron) était démontré comme un pourri, je ne voterai pas pour le camp d'en face (ou l'autre poulain). "Être demontré". Je parle comme si j'étais blogueur de gauche... On ne sait pas pour qui votera le type déçu par MLP. Mais au moins, il ne votera pas pour elle. 

Tapons sur le FN. Sur Marine Le Pen. On a le créneaux. 

Au boulot, bordel ! 

18 février 2017

Difficile soutien

Je veux bien soutenir Hamon mais ce n'est pas toujours facile. 

Petit 1 : j'ai lu ses propositions pour la transparence et la démocratie. Ça frise l'inquisition et le populisme. Je m'en fois qu'un élu soit riche ou emploie son fils. Je veux une justice qui vérifie l'honnêteté des élus. 

Petit 2 : j'ai lu le billet de Jeff. Il gueule parce que la lutte contre les déficits n'a jamais rien apporté aux Français alors que la courbe du chômage est à peu près parallèle à celle de la dette. 

Les gars, revenez sur terre.

En fait, je vais être le premier type à lutter contre les conneries du candidat que je soutiens (pour de bonnes raisons) alors que, politiquement, je suis plus proche d'un autre qui en plus a plus de chances de gagner. 

Faut être taré.

16 février 2017

Macron dit des conneries, je choisis Hamon ! Hop !

Je ne parle pas de ses propos sur la colonisation qui serait un crime contre l'humanité et qui font polémique aujourd'hui. Je suis d'accord avec lui. Et en plus ils le font rigoler. 

D'autant qu'ils font rager les réactionnaires qui défendent la colonisation tout en gueulant parce qu'on est colonisés par des hordes de basanés, de noirs et tout ça. Ils font aussi rager les gauchistes mais je n'ai pas compris pourquoi à part qu'ils n'aiment pas Macron. 

Je parle de ses propos sur le mariage pour tous qui, pour résumer, étaient : "Hollande avec cette histoire a mal parlé aux opposants et a divisé les Français". Je n'ai pas lu les blogs de droite mais j'imagine volontiers Corto faire un billet en rigolant et lui donner raison. Ce qui est une connerie : donner raison à l'adversaire. Mais quand on est con, on est con. 

Francois Hollande a pris une mesure qui était à son programme. Il faut le noter. Il n'a pas terrassé les banques mais il a fait un truc qu'il avait promis, en gros un an après son élection. 

Les andouilles homophobes qui ont manifesté méritent de rencontrer une matraque de ma connaissance. Ils ont foutu la merde en prétendant que c'était Hollande. Je ne comprends pas ce que Macron veut dire. Hollande aurait dû envoyer l'armée pour écraser les imbéciles et accélérer la procédure parlementaire pour régler le tout en 15 jours. 

Macron n'est pas un progressiste. C'est un type qui ne comprend visiblement rien au processus législatif. Qui n'est pas progressiste est nécessairement réactionnaire. Alors qu'il passe pour moderne. Il va griller sa campagne. 

Notons que c'est le premier billet que je fais résolument contre. 

Notons  aussi, mais hors sujet, que les cadres du PS critiquent Hamon qui ne ferait pas campagne feraient mieux de réfléchir. On en parlera plus tard. 

15 février 2017

Alerte ! Les militants des réseaux sociaux sont en campagne !

C'est la troisième campagne présidentielle que j'observe depuis les réseaux sociaux. Je dois reconnaître qu'en 2007, mon blog était neuf, mon compte Facebook tout récent et je crois bien que j'ai ouvert mon compte Twitter en avril ou en mai. J'ai fait néanmoins un nombre incroyable de campagnes, des européennes, des présidentielles (pour celle de 2012, j'étais au top ! Pensez-vous, dans l'équipe web d'Hollande !), des régionales, des départementales et cantonales et des municipales. 

Les militants politiques font toujours les mêmes erreurs. C'est presque rigolo. 

Tout d'abord, ils tournent entre eux. Ils parlent uniquement à des fans de leur propre idole. Comme si un supporter de Giscard essayait de convaincre un supporter de Giscard de voter pour Giscard. Que d'énergie perdue ! C'est totalement inutile et contre efficace. Olivier braquent les gens qui ne sont pas totalement d'accord avec eux. 

Je me rappelle d'une discussion avec une copine en 2012 (Olympe). Blogueur phare de l'équipe web de pépère avec Sarkofrance et d'autres copains, je n'arrêtais pas de diffuser des trucs favorables à Hollande. Elle m'avait fait comprendre que je lui cassais les couilles (de la part d'une blogueuse féministe...). 

J'aime bien rappeler que Sarkofrance défendait Hollande. Je suis vicieux. Il défend Mélenchon, maintenant. Je vais y revenir, il illustre la deuxième partie de mon billet. 

Pour le reste, cette année, je ne défends personne. J'ai une large préférence pour Hamon mais si le 23 avril 2017, le jour de mes 51 ans, Macron est en figure de figurer (...) au second tour, je voterai sans complexe pour lui. C'est pareil pour les autres, d'ailleurs. Si Mélenchon ou Macron sont les mieux placés, ils auront ma voix. Comme à chaque élection, on voit des réflexions sur l'inutilité du vote utile. Je m'en fous. Quand Fillon sera elu, certains gauchistes devront assumer. Avec mon blog ou mon compte Twitter, je ne fais pas l'opinion publique. 

Ensuite (et j'en viens à la deuxième partie), les militants inutiles sont tournés vers le premier tour. Ils veulent que leur idole soit le premier et oublient l'essentiel. Je le rappelle : il ne faut pas que Marine Le Pen ou François Fillon soient le prochain Président. Point barre. Ce n'est pas une question de vote utile mais de militantisme débile. 

Je rappelle que les cibles sont :
- defendre son candidat,
- taper sur les candidats franchement opposés (les deux sus-nommés pour la gauche, pour la droite c'est plus compliqué ; je ne vais pas en faire un billet, qu'ils se débrouillent). 

Les militants pro Mélenchon tapent sur Hamon. Ceux pro Hamon tapent sur Macron. Ceux pro Macron sur Hamon. La belle vie. Mélenchon a de la chance, c'est lui qui prend moins de coups. Et pourtant ! 

Je vais prendre un exemple. Les Hamonistes qui tapent sur Macron parce qu'ils n'a pas de programme. D'une part, il en a un mais on s'en fout. Il le présentera un de ces jours (et en plus il en a dévoilé un tas d'aspects). D'autre part, jamais un programme n'a fait l'élection. Il est seulement le reflet d'un projet de société. 

Et c'est pour ça qu'Hamon est mon favori. Il dit que le travail n'est pas l'avenir et il faut que le pognon soit mieux réparti en conséquence. Mais les militants pro Hamon dans les réseaux sociaux sont majoritairement des anciens militants pro Montebourg qui défendait une position diamétralement opposée. On arrive à une situation presque risible d'autant que les fans de Montebourg tapaient sur Hamon quand ils ont commencé à penser qu'il allait battre Montebourg au premier tour de la primaire. 

Les gars, remettez vous ! Défendez, dans les réseaux sociaux, un projet de société. Vous convaincrez naturellement des followers. Ne militez contre des gens pour lesquels vous voterez au second tour si l'occasion se présente. 

Vous éviterez au moins le ridicule. 


09 février 2017

Votre éminence

"Sous" ma chef, il y a cinq ou six chefs de projet et moi, avec un rôle transverse. Du coup, quand la chef est absente, les gens viennent me voir. Aujourd'hui, une collègue d'un autre service est venue et m'a demandé un renseignement. Je ne pouvais pas le lui donner et elle insistait : "j'ai besoin de l'information, il faut que tu me la donnes".

Ce en quoi j'ai répondu : "Mais je ne l'ai pas, je ne suis pas son adjoint.".
Elle le découvrait et m'a demandé ce que j'étais.
J'ai répondu : "Sa proéminence grise".

08 février 2017

Théo

Je n'ai rien dit sur cette affaire parce qu'il n'y a rien à dire à part témoigner de la sympathie pour lui et dire que "j'espère que la justice patati patata". Ou alors faire un discours de premier ministre, du genre : "la police fait un métier difficile mais doit être irréprochable."

Néanmoins, deux trucs dans l'actualité "connexe" m'inspirent deux réflexions. 

La premier est au sujet de Cantelou qui a fait une blague jugée homophobe et grossière. Il a présenté ses excuses (que j'accepte, n'étant pas concerné). Mais le problème n'est pas que l'agression soit homosexuelle (si on peut qualifier cela ainsi). Théo va sortir de l'hôpital et rejoindre ses potes qui vont se foutre de sa gueule parce qu'il s'est fait enculé. Désolé d'être grossier mais l'homophobie n'est pas un faux problème. Mais il faut déconner pour qu'on se foute de l'homosexualité, pour que se faire enculer ne devienne plus péjoratif. 

Laissez nous raconter des blagues odieuses. Ca n'empêche pas de penser à Théo. Au contraire, on vous cachant derrière une morale à la con, vous l'enfoncer (si je puis dire). 

Tenez ! Moi qui marche avec une béquille depuis trois semaines, j'ai dit à un jeune collègue qui m'énervait : tu as de la chance que je n'ai pas une matraque mais juste une canne anglaise. 

Le seul problème (sur lequel je devrais m'étendre mais le sujet n'est pas là)(encore que, s'étendre sur un viol...) est le viol. D'autant qu'il semble que Théo soit issu des banlieues où l'homophobie n'est pas spécialement absente.

La deuxième est que je viens de recevoir par mail un appel à signer une pétition. 


Je me demande comment Théo avant de  recevoir une matraque dans le fondement aurait pu demander un récépissé. 

Récupérer des faits divers pour exiger des conneries est odieux. Les auteurs de cette pétition sont invités à se présenter à la Comète et à baisser leurs pantalons afin que je puisse leur enfoncer ma béquille dans le cul. 

Des cons. Laissons les flics bosser. Et condamnons les s'ils font des conneries. 

06 février 2017

L'excellente stratégie de François Fillon

La stratégie de Fillon n'est pas mauvaise. Il est peut être au plus bas avec 18 ou 20% des intentions de vote, cet espèce de socle du candidat du principal parti de la droite de gouvernement. Je ne sais plus si Chirac a fait beaucoup plus en 1995 et 2002. 

Le socle pour la gauche est bien plus élevé, vers 23%. Jospin n'a pas été elu en 1995 et, en cumulant avec Chevenement et Taubira en 2002, je ne crois pas qu'il était bien au dessus. 

L'affaire Pénélope va s'éteindre progressivement. Bien sûr ! À gauche on va gueuler. Mais c'est ainsi. Fillon va remonter et fera 22 ou 23%. Il sera élu. 

Macron, Mélenchon et Hamon vont se concurrencer, deux à deux. Aucun ne dépassera 20. Certes, à eux trois, ils feront un cumul impressionnant, jamais atteint par des candidats "pas de droite" (à ce stade la question n'est pas de savoir si Macron est à gauche, la moitié de ses électeurs le sont et si on fait le cumul avec uniquement cette moitié, on va dépasser les 45%, ce qui est exceptionnel). Il n'y a pas de mal à se faire du bien.

Mais sans tremblement de terre, c'est gagné pour Fillon.

Pendant ce temps, les militants de gauche continuent à taper sur Fillon en espérant être entendus alors qu'ils ne sont suivis, dans les réseaux sociaux, que par leurs potes d'accord avec eux. 

Le numérique et les candidats à la présidentielle

Je dois avouer que quand j’entends le mot « numérique », j’ai tendance à m’énerver rien qu’à l’idée des âneries qui vont être débitées par la suite.  On nous parle d’un enjeu majeur et tout ça mais je ne vois pas beaucoup de candidats à l’élection présidentiel qui en parlent et la politique du Parti Socialiste m’énerve depuis toujours même si Axelle Lemaire fait un bon job. Ce n’est pas à un ministère de travailler les conséquences du numérique.

 

Le numérique est souvent réduit aux technologies utilisées et à ce qu’elles permettent de faire tout en laissant entendre que c’est nouveau et que le rôle des politiques publiques est de favoriser le développement de ces technologies. Pas plus tard qu’en faisant caca, hier matin, je lisais une publication d’un Conseil Départemental (le 22 pour ne rien vous cacher vu que je faisais caca chez ma mère, ce week-end). Ces braves gens nous expliquaient que le Conseil en question allait favoriser le développement de la fibre.

 

C’est très bien mais on s’en fout. Il n’empêche que ma mère a le téléphone depuis aussi longtemps que je puisse m’en rappeler. Je suppose qu’il a été installé avant 1970. Par ces fils pendus à la maison, on a pu avoir le Minitel dans les années 80, Minitel qui me servait à consulter mes comptes bancaires, comme on peut le faire maintenant avec une tablette. 20 ans plus tard, on a pu lui prendre un abonnement à Internet. Le monde bouge, rapidement, lentement, mais il bouge. Pouvoir faire sa déclaration d’impôt par internet n’est pas neuf et j’ai parfois l’impression que si on parle beaucoup de numérique, c’est pour masquer les conséquences de ces progrès technologiques continus.

 

On parle de révolution numérique, de transformation du même métal,… Des types qui auraient eu des cravates au siècle dernier nous parlent de disruption sans même savoir ce que cela veut dire et Mélenchon fait un discours avec hologramme pour paraitre moderne. Sauf que la technologie n’a rien à voir avec des hologrammes. C’est une projection vidéo en 2D depuis le plafond sur un écran presque transparent placé à 45 degrés. Les frères Lumière auraient pu le faire.

 

Dans la suite de ce billet, je vais continuer à utiliser ce terme, « numérique », mais vous devriez lire « progrès technologique » à la place. 

 

Tenez ! On nous parle de voiture autonome mais, il y a quinze ans, j’avais une voiture qui parlait, qui allumait automatique les phares quand il faisait nuit ou les essuie-glaces quand il pleuvait, qui bipait quand j’approchais d’obstacle en marche arrière ou dépassais la vitesse autorisée... Quinze ans après, que les voitures puissent se débrouiller toutes seules, c’est logique. L’exemple de la voiture autonome est intéressant. Ca y est ! Ca marche. Il reste des problèmes industriels à résoudre mais aussi des bricoles, comme sur le plan juridique : qui est responsable en cas d’accident, par exemple, quand une voiture n’a pas de chauffeur ? D’autres sujets plus intéressants sont à aborder : peut-on prendre une voiture électronique quand on est saoul comme un terrain de manœuvre (je ne veux pas stigmatiser les Polonais aujourd’hui). Voilà de vrais enjeux du numérique : comment une boite informatique peut s’associer avec un constructeur automobile (ou vice versa) pour produire ? Comment faire évoluer la réglementation ou la législation en conséquence ?

 

Outre le fait qu’on pourra rentrer saouls du bistro, quelles sont les conséquences de la voiture autonome ? Uber va pouvoir en acheter et n’aura plus besoin d’employer des chauffeurs. Je vais être cynique mais dans ce contexte, Uber a raison de mal payer les chauffeurs. Pendant une semaine, pour des raisons de santé, j’ai dû prendre le taxi pour aller au travail (c’est plus pratique pour moi qu’Uber, mon côté ringard). J’ai donc découvert l’application G7 pour smartphone. D’ici quelques années, il n’y aura plus besoin de chauffeurs de taxi (sauf pour manifester pour défendre les monopoles…). 

 

Notons que c’est bien rigolo de voir les conflits entre les chauffeurs de taxis et les chauffeurs Uber : ils ont les mêmes défis à relever (s’assurer un job) et se battent les uns contre les autres pour les intérêts de de leurs patrons réciproques qui se préparent déjà à assurer l’ère « voiture électronique ». 

 

Une profession, celle de chauffeurs de voitures individuelles à destination du grand public, va disparaitre. Les sociétés mères vont se mener une grande guerre, les tarifs vont baisser et les habitants des grandes villes n’auront plus intérêt d’avoir leurs propres véhicules et les charges qui vont avec. Les véhicules électriques vont se multiplier, les questions d’autonomie n’auront plus d’intérêt, les voitures se débrouilleront toutes seules. Toute l’industrie autour de la voiture (les vendeurs, les assureurs, les réparateurs, changeurs de pneus, laveurs, vidangeurs,…) va disparaitre (au profit de grands garages gérés par G7, Uber ou les constructeurs de voitures, presque totalement automatisés).

 

Des dizaines ou des centaines de milliers d’emplois vont disparaitre mais nos politiciens continuent à voir le numérique comme une application pour smartphone permettant de commander une voiture géolocalisée.

 

Cette profession ne sera pas la seule à être bouleversée. Certaines l’ont été par le passé et on l’a oublié ! Où voit-on encore des pompistes ? Combien de temps aura-t-on encore des caissières ? Surtout quand tous les produits auront des puces genre RFID et seront comptabilisés quand vous les mettrez dans votre caddie ? Et nos pauvres libraires dont on annonce la disparition à cause des méchants d’Amazon ?

 

Cela fait très longtemps qu’on parle de la disparition de métiers. On nous explique qu’ils seront remplacés par d’autres y compris dans le numérique, d’ailleurs (en pensant encore aux nouvelles technologies). Mais ce n’est pas vrai. On bosse de moins en moins (en cinquante ans, on est passés de plus de 2200 heures par an à moins de 1600) et le chômage augmente… Pour un politicien, ce n’est pas facile de dire à l’électeur : « hé ben ducon, on ne sortira pas du chômage ».

 

Et la présidentielle ?

 

Si je n’avais éliminé Arnaud Montebourg et Manuel Valls parce que je ne peux pas les blairer, je les aurais éliminés pour leur rapport au travail, à cette fameuse « valeur travail ». Je vais éliminer Emmanuel Macron. Ses propos, ce week-end, autour de ces thèmes n’étaient pas satisfaisants. Ils étaient presque destructeurs. Je vais l’éliminer temporairement (si, en avril prochain, il est plus en mesure de figurer au second  tour qu’un type de gauche, je changerai d’avis). Pour un peu, il va nous vanter l’émancipation par le travail. Mélenchon va un peu dans le bon sens, mais…

 

Seul Benoît Hamon évoque ces sujets. Il le fait maladroitement. Sa taxation des robots est grotesque et ses propos relatifs au revenu universel ne sont pas clairs, pas vendeurs. Pourtant, il a raison. Les voiture autonome d’Uber et de G7 sont bien des robots. Et le chiffre d’affaire fait par les robots sans main d’œuvre doit bien être taxé afin de permettre de redistribuer les revenus d’Uber vers une espèce d’allocation pour les braves gens qui n’auront pas la chance d’avoir un job…

 

Benoît Hamon porte, dans cette élection, le seul vrai sujet valable dans les secteurs sociaux et économiques. Aidons-le !

 

Et le numérique dans tout ça ?

 

C’est un titre d’accroche pour mon billet. Parce que tout le monde met n’importe quoi derrière ce terme numérique, d’un progrès humain en passant par une augmentation de compétitivité, des sources de revenus, des économies, une nécessité face à la concurrence. Pour ma part, ça fait 30 ans que je bosse dans l’informatique, sur des automates qui remplacent le boulot d’hommes parce que le service rendu est meilleur, que le travail remplacé était chiant,… Je ne me suis jamais vanté de bosser dans le numérique.

 

Le numérique est plein de chose mais c’est surtout une baisse du travail, parce que c’est le progrès et que nous ne sommes pas faits pour travailler.

 

Mais pour aller au bistro. C’est l’heure, d’autant que ça fait longtemps que je n’avais pas pondu une tartine comme ça. Vive l’iPhone dans le TGV et la fonction qui vous rappelle à 18 heures le lendemain qu'un billet est prêt ! C'est aussi ça, le numérique...


Mais halte aux tireuses de bière reliées à un ordinateur qui vérifie la quantité servie, hein !

Moquons nous des chauffeurs de taxi qui vont majoritairement voter pour Marliere Le Pen.