30 mars 2017

Voter pour les sondages, des programmes ou des idées ?

Raisons de voter
J’entends (ou lis…) souvent la même réaction de la part des copains socialistes quand « on » exprime des réserves sur leur poulain, Benoît Hamon : « moi, je ne vote pas en fonction des sondages ». Comme s’ils étaient persuadés qu’on n’avait pas d’idée politique, que l’on votait pour celui qui semble le plus près de la victoire pour virer la droite.

En l’occurrence, ils n’ont pas tout à fait tort : si je vote, ce qui n’est pas gagné (bien au contraire), mon choix se portera sur Emmanuel Macron pour garantir sa présence au second tour ou sur Jean-Luc Mélenchon si les sondages me laissent penser qu’il pourrait être devant François Fillon. Je suis joueur.

On lit beaucoup de bêtises au sujet des sondages, la première étant qu’ils se trompent toujours. Je pourrais les défendre. J’ai fait des études de statistiques, je sais mieux que beaucoup ce qu’est la représentativité d’un échantillon et une marge d’erreur. Mais j’ai la flemme. Ceux qui disent qu’ils se trompent sont généralement ceux qui se forgent une idée de l’état de l’opinion en écoutant deux ou trois guignols autour d’eux. C’est important aussi, je suis le premier à faire des billets inspirés par une conversation de bistro, mais il faut toujours relativiser.

Qui est le « on » dont je parlais. Disons que « nous » sommes des électeurs habituels du candidat présenté par le parti socialiste, dégoutés par ce parti et pas convaincus par Benoît Hamon avec plus ou moins des raisons de penser que le programme d’Emmanuel Macron serait mieux que celui des autres. Pour ma part, je m’en fous un peu, je ne crois pas aux programmes. Par contre, je suis partisan de la recherche d’une majorité au centre. Ca fait près de 40 ans qu’à chaque élection nationale (sauf en 2007), on a un changement de majorité, cette fameuse alternance. Cinq ans d’espoirs, deux ou cinq de haine. La routine. Passons à autre chose. Si le clivage droite gauche existe toujours, il y en a tellement d’autres, de clivages, comme celui entre les européistes et les nationalistes, que l’on finit par s’en foutre.

Les copains qui nous critiquent sortent toujours des arguments du genre : ah ben tu n’es plus socialiste. Ils ont raison. Je n’ai jamais été socialiste et expliquez donc aux électeurs de Benoît Hamon qu’ils vont voter pour le candidat qui, par définition, voudrait la collectivisation des moyens de production et autres cochonneries qui permettent la création de richesse… Vous verrez.

Les copains nous disent : ah ben tu n’es plus à gauche. Je suis fatigué de me justifier. Je crois bien que j’ai rappelé hier que je n’étais pas un partisan de la propriété privée. En plus, exprimé comme ça, ça sonne comme une insulte. C’est ballot. J’ai plein de copains de droite et quand on milite, on est là pour rassembler, pour former une majorité.

Et Benoît Hamon n’a pas su le faire. Les sondages le montrent. Ils permettent de constater que la campagne ne prend pas. Mais l’observation « du reste » permet de voir aisément que les électeurs ne veulent plus de ce petit monde socialiste. Par exemple, la une de Google News, ce matin, portait sur un meeting avec Martine Aubry et lui au cours duquel ils auraient passé leur temps à fustiger les autres, comme si ça faisait bander les électeurs. Le plus drôle est que la copine qui m’a dit pour la dernière fois que je votais en fonction des sondages, Amandine pour ne pas la citer, le faisait en réponse à un de mes commentaires  à une publication de Jeff où il tapait sur Emmanuel Macron. Je lui disais qu’il ferait mieux de défendre son candidat.

Taper sur l’autre n’avance à rien. On me dit souvent : hé ho Macron, il veut supprimer 120 000 fonctionnaires, il est de droite et tu vas voter pour lui. Je m’en fous, j’ai d’autres reproches à faire à Macron. D’ailleurs, j’ai décidé que je ne voterai pas pour lui mais j’ai oublié la raison (et comme je le disais en début de billet, il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis). Depuis 1980, le nombre de fonctionnaires a augmenté de près de 40%. Or beaucoup d’entreprises publiques ne le sont plus et n’emploient plus de fonctionnaires. Ou alors : le nombre de personnel administratif des hôpitaux augmente plus vite que celui des soignants. A peu près. On a donc un problème. Je vais reprocher à Emmanuel Macron de faire du Sarkozysme en donnant ce genre d’objectif chiffré (raison de plus pour ne pas voter pour lui, tiens !). Mais arrêtons d’utiliser ce genre d’argument. Il y a d’autres choses importantes, comme la manière avec laquelle le service public contribue à la répartition des richesses, à la diminution des inégalités,…

Ainsi, si je ne vote pas en fonction des sondages, je ne vote pas, non plus, pour des slogans. On voit des lascars hurler contre la promesse de Macron de supprimer la taxe d’habitation. On a l’impression qu’ils le font uniquement parce que c’est Macron. Ils ne connaissent strictement rien aux finances publiques, moi non-plus d’ailleurs, mais ils gueulent.

Ils m’amusent d’autant plus à sortir des slogans ou des promesses qu’une grande partie d’entre eux n’ont pas soutenu Benoît Hamon à la primaire et défendaient un autre projet. Il faut tuer les primaires mais c’est un autre sujet. Ils n’ont pas compris (contrairement à Hollande mais à ses dépens…) que l’opportunité de l’application d’une promesse politique pourra dépendre des circonstances économiques. Ca me rappelle la droite en 2007 qui a pris des mesures économiques (le fameux TEPA) et qui a été obligée de revenir sur une grande partie suite à la crise de 2008.


Je ne vote pas en fonction des sondages ou des programmes. Je vote en fonction de mes idées. La première est qu’aucun candidat ne me séduit. La suivante est peut-être que la campagne est mal barrée pour le Parti Socialiste. Et les sondages me confortent dans cette idée.

29 mars 2017

L'homme sans honneur !


Dans mon dernier billet, je chiais sur Valls. Cette fois, je vais lancer un cri : que tous ces connards ferment leur gueule. Point. 

L'autre abruti a participé à un gouvernement en continuant à lui chier dessus et il nous parle d'honneur. La honte de la gauche. 

Voila un homme sans honneur. Ni vergogne. 

Que penser de Valls ?

Tout d'abord, notons que je ne peux pas le blairer depuis qu'il est devenu ministre de l'intérieur et, si je l'ai soutenu quand il était PM, c'est en tant que soutient d'Hollande. Je l'ai même soutenu devant tous les crétins qui le pensaient de droite.  Donc je m'en fous et mon avis est totalement objectif. Au moins autant que celui des autres. 

Mais j'ai vu 37842 personnes donner leurs avis dans Facebook au sujet de son ralliement à Macron. Mon avis est que je m'en fous autant que de la première fois où la porte de l'ascenseur s'est ouverte alors que j'avais un doigt dans le nez. À ce sujet, la blogosphère manque d'avis sur ce qu'on doit faire quand le résidu d'un curetage de nez que l'on souhaite éliminer discrètement se coince dans une dent creuse. 

C'était mon avis sur la question. Mais je vais ajouter un point. 

Avant la primaire de la BAP, j'ai écrit dans mon blog que je refusais de voter parce que cela m'obligeait à soutenir le vainqueur. A l'époque, on était persuadé que ça serait Montebourg ou Valls. Je ne voulais pas avoir à les défendre. Je n'ai pas voté mais j'ai poussé mes proches qui m'interrogeaient à voter Hamon, non seulement pour éliminer les deux autres mais aussi parce que les propos de Benoît sur le travail, le RU me paraissaient intéressant. Depuis, il a foiré et j'ai laissé tomber. Votez Macron !

Ce midi, à un collègue qui m'interrogeait, j'ai répondu que j'allais voter pour Mélenchon mais uniquement pour rigoler s'il arrive devant Fillon. Votez Mélenchon !

Toujours est-il que je n'ai pas voté à la primaire pour ne pas être engagé moralement par le résultat. Alors, vous comprendrez aisément que je n'éprouve que du mépris pour un candidat qui ne se sent pas engagé par le résultat. 

Manuel Valls n'a aucun honneur. 

Basta. 

J'ai dit en introduction. : "Je l'ai même soutenu devant tous les crétins qui le pensaient de droite." Je vais ajouter ici que tous les crétins qui décident péremptoirement que ceux qui disent dans les réseaux sociaux que ceux qui ne votent pas pour Mélenchon ou Hamon ne sont pas à gauche méritent des baffes. S'ils pensent avoir le monopole de la gauche alors qu'ils représentent moins de 25% de l'électorat, ils peuvent se la mettre dans le cul pour la fumer plus tard. 

Je ne sais pas s'ils ont plus d'honneur que Valls.

Pour ma part, j'ai fait des billets de blog pour dire que j'étais contre la propriété privée (ce qui est vrai : je suis propriétaire de mon appartement mais ce qui m'importe, c'est d'être logé, le fait que je sois propriétaire n'est qu'un avantage qui me permet de dépenser l'équivalent d'un loyer dans les bistros). Eux, non. 

Je n'ai donc aucune leçon de gauchitude à recevoir de ceux qui chient sur Valls. Je chie pour des raisons objectives. 

Parfois un peu mou, mais c'est à cause du loyer mal employé. 

27 mars 2017

Bal tragique à Bicêtre ! #jesuislacomete

Cette après-midi, un type a sorti un flingue en terrasse de la Comète. Il a rapidement été maitrisé par un client et désarmé par un serveur. 

Ils ont appelé la police qui est arrivée rapidement. Le flingue était chargé et armé. 

Du coup, depuis, Roger, le serveur en question picole pour faire retomber la pression. 


25 mars 2017

Les militants de gauche et l'orchestre du Titanic : la semaine politique de @jegoun


Heu...
Dans un mois, l'ami Sarkofrance sera a 10 ans de chroniques politiques du samedi. Je ne sais pas comment il tient. Bravo à lui ! Je suppose qu'il doit se dire qu'il va arrêter mais il va continuer, je le connais. Rassurez-vous, je ne vais pas commencer à l'imiter mais il se trouve que depuis la création du blog, je crois bien (à part peut-être lors des mois d'août), c'est la première fois que je n'ai rien pondu ici en une semaine. Il faut dire que la dernière a été riche en n'importe quoi... Entre le débat, le dévissage d'Hamon, l'émission avec Fillon. De tout manière, je ne regarde pas la télé, sauf parfois en streaming sur mon iPhone pendant la sieste...

Je vais revenir sur deux points en laissant de côté les costumes, les montres,...

Le premier est le reportage de Fillon avec des infirmières. Dans les réseaux sociaux, les gugusses de gauche s'indignent du comportement hautain de l'ancien premier ministre. Ils ont tort. Je ne vais pas défendre le lascar mais il a probablement été pris à moitié au piège et que voulez-vous qu'il dise ? C'est autre chose qui m'indigne. D'une part, que seules deux aides soignantes soient de permanence la nuit pour s'occuper de tant de petits vieux et, d'autre part, qu'il y a encore une personnalité politique qui dit qu'il faut travailler plus alors qu'on a des millions de chômeurs et qu'aucun twittos de gauche n'est bondi sur ce fait. Et ces braves gens ne se rendent même pas compte que Fillon ne s'adressait pas aux infirmières ou à eux mais à son socle d'électeurs et aux indécis qui pencheraient vers la droite. C'est à ces derniers qu'il faut répondre. Voir un mec froid qui veut régler la dette pourrait les convaincre.

Certes, je préfère l'empathie d'Hollande mais, visiblement, pas nos gauchistes en herbe.

Justement, parlons-en ou presque. Le deuxième point que je voulais évoquer porte sur ce qu'a dit Hamon au sujet des trahisons. Tout d'abord, comme l'a dit je ne sais plus qui dans Facebook, il devrait savoir qu'une campagne électorale est moins proche d'Amélie Poulain que de Mad Max. Ensuite, comme le dit tout le monde hors frondeurs, côté trahison, je pense qu'il a donné de bonnes leçons depuis le début de sa carrière. Je vous passe les frondeurs en question qui ont trahi et tout ça.

Je veux dire que le type trahi, c'est surtout moi et, avec moi, tous ceux qui sont sur une ligne politique proche d'Hollande des sociaux démocrates qui, jusqu'à peu, étaient encore majoritaire au sein de l'électorat socialiste. Il a fait 39% au premier tour de la primaire et 52% au second tour de la présidentielle. 39*52/100 = 20. Soit, environ son niveau de popularité actuel. Je suis resté fidèle. Par contre, tous ceux qui ont chié dessus ont trahi. Ceux qui suite à la primaire de cette année n'ont pas essayé de réconcilier tout le monde ont trahi. Ils se sont eux-même trahi. Et j'ai été trahi, j'ai toujours dit qu'une campagne se gagne au centre, je suis moi-même centriste.

Je vais m'adresser à mes amis qui soutiennent Hamon, des très anciens comme CC, des très proches comme Annie et Jeff, d'autres que je vois à l'occasion comme Elodie et Vincent et j'en oublie (je vais le regretter dès la publication). Ce n'est pas parce que nous ne sommes plus de gauche que nous partons, ce n'est pas parce que nous avons perdu les valeurs. C'est parce que la campagne est mauvaise, le parti est pourri et le candidat nul. Un conseil : ne soyez pas l'orchestre du Titanic.

Hamon finira a moins de 10%.

Vous allez voir que le résultat final du premier tour sera :
  1. Macron, 28.
  2. Le Pen, 26,
  3. Mélenchon, 16,
  4. Fillon, 15,
  5. Dupont Machin, 10,
  6. Hamon, 9.
Ce n'est pas grave. Un parti, ça se reconstruit. Il reste du monde sur le terrain, des élus locaux,...

Ca serait même rigolo. Et en plus, mon total dépasse les 100%, alors que j'ai oublié 5 candidats, ce qui montre que Macron et Mélenchon sont très forts.

Ca serait moins drôle si Madame Le Pen arrivait en tête.

19 mars 2017

L'insécurité au quotidien

Figurez-vous que je suis allé à Auchan, hier, pour acheter un câble d'iPhone (il en faut un par mois, ça me coûte plus cher en câbles qu'en iphone) et des chaussettes (je préfère en acheter des neuves que me faire chier à refaire des paires mais une fois par an seulement, sauf ce mois-ci mais les dernières étaient nulles à chier. Poubelle). En sortant, je me suis dit : "tiens ! Et si j'appelais ma mère ?" plutôt que d'attendre le traditionnel appel dominical du dimanche. Je le fais. 

J'arrive au niveau de la sortie du parking et je passe sans faire gaffe car j'avais l'appareil à l'oreille mais le "bonhomme" était bien au rouge (un peu comme Tonnégrande). Un type s'arrête en pilant (ou vice versa). Il ouvre la fenêtre de sa voiture (un gros 4x4) et m'engueule. À mon avis, il était originaire du nord de l'Afrique. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il était Arabe, je ne veux pas stigmatiser ces pauvres gens que l'on a colonisés. Ses propos étaient peu aimables. 

Je lui ai donc dit : ta gueule connard. C'était la seule réponse appropriée. Il a continué à m'engueuler et moi à l'insulter pendant que je continuais à discuter avec ma mère (mais mettais le doigt devant le micro quand je gueulais)(Ca fait près de trente cinq ans que j'arrive à simuler dès colères tout en faisant des trucs importants. Ca a commencé quand j'étais directeur adjoint de centres de vacances, j'engueulais les gamins qui commençaient à pleurer en voyant mon regard tour en faisant la comptabilité ou des trucs comme ça, et je continue à faire pareil au boulot. La dernière fois, j'engueulais un fournisseur au téléphone tout en jouant à la belote sur mon iPhone, ce qui est quand même très important). 

Je m'attendais à ce que con sorte de sa voiture pour me casser la gueule (j'attendais réellement, j'ai un côté vicieux). Nous nous insultions de plus en plus fort mais il me semble que ces conducteurs de 4x4 d'origine, disons-le, je connais mon quartier, algérienne, mais je vais passer pour un raciste, aient quelques réticences à sortir de leurs grosses voitures pour se battre avec un type de 110 kg. 

Nous pouvons donc en conclure que l'immigration ne provoque aucun problème de sécurité. D'ailleurs, depuis 29 ans et six mois que j'habite Paris, je n'est été agressé que deux fois. Lapremier par un escalier, la deuxième, récemment, par une plaque de verglas. 

18 mars 2017

Le 23 avril, j'ai piscine (et anniversaire) mais pas bureau de vote


J'avais une vague hésitation mais cette annonce est de trop. En plus elle est RT par un compte "La droite avec Macron". 

Au second tour, je voterai pour le candidat le moins à l'extrême droite sauf si c'est Fillon, Le Pen, Dupont machin ou Assel truc. 

A la limite, j'aurais pu voter pour eux  si l'élection avait lieu demain pour faire plaisir à Didier Goux dont au sujet du quel il prend un an le 19 mars. 

Mais le jour de mon anniversaire, je vote pour qui je veux. Si je veux. 

Cette élection est délirante. À droite, nous avons deux escrocs manifestes. À gauche, deux types qui n'ont aucun sens politique. Au centre, un lascar qui raconte n'importe quoi. 

Tiens le sens politique. Je me demande si les supporters d'Hamon et Mélenchon ne sont pas pires que leurs idoles. Tiens ! Avec l'élection en Hollande et la déroute d'Hollande (pardon), ils sont persuadés que c'est la sociale démocratie qui dégoûte les électeurs. Ils ne peuvent pas imaginer que c'est la gauche en général  qu'ils ne veulent plus voir. Quand tu le leurs dit, ils sortent des chiffres. Ils te disent que la vraie gauche fait plus de point que la fausse gauche mais oublient que la vraie gauche pourrit les mandats et est incapable de gagner toute seule. Et ils balancent des types de droite au pouvoir. 

Alors, je ne joue plus. Parce que ce n'est pas un jeu. 

14 mars 2017

Recomposition en vue

Ce ne sont pas les errements de Manuel Valls qui me feront basculer « chez Macron ». Il n’empêche que son refus de soutenir Benoît Hamon, bien compréhensible malgré son engagement lors de la primaire signifie la fin du PS. Comme de l’autre côté, nous avons aussi la disparition du grand parti de gouvernement de droite, cela est assez rigolo, finalement.

Cette disparition est à relativiser. Tout d’abord, on verra le 23 avril au soir, qui n’est pas que le jour de mon anniversaire. Ensuite, il reste à « LR » un socle d’environ 20% d’électeurs, socle que n’a même plus le PS… Qui sont ces 20% ? Il est quand même incroyable que des gens continuent à donner leur confiance à François Fillon. Comme disait l’ami Romain Blachier, dans ces Facebook, Fillon serait pris dans un réseau de pédophiles, il garderait ces 20%... Ce sont des gens qui sont à droite, sans être à l’extrême droite, parce qu’ils savent bien que les gens de gauche mangent les enfants et n’ont aucune valeur, alors que, à droite, il reste des valeurs. Quelles sont-elles ? C’est la question que je me posais au saut du lit, ce matin.

C’est important, les valeurs. Moi-même qui n’ai envie de voter pour aucun candidat officiellement de gauche, je finis par me demander quelles sont les valeurs de gauche. Je suis allé voir sur Wikipedia. Cette encyclopédie me dit que le libéralisme est une valeur de gauche dans certains pays, notamment aux USA. Tant mieux ! Moi-même, je suis libéral. Par exemple, je suis contre l’Etat quand il impose des horaires de fermeture des bistros quand il n’y a pas de tapage public, de trouble à l’ordre du même métal. C’est bien un truc de droite, ça ! Imposer une heure de fermeture à un commerce. Je suis de gauche et libéral. C’est prouvé.

C’est compliqué la droite et la gauche avec (ou sans) Wikipedia. A droite, nous avons comme valeur : liberté, justice, nation et tolérance. J’ignorais que la tolérance était de droite. Ca me parait totalement le contraire en France. Remarque, si on observe les militants politiques de gauche dans les réseaux sociaux, on peut difficilement de dire que la tolérance est de gauche. Pour moi, la justice est une valeur de gauche. Cela étant, vu le temps que passe la droite dans des affaires juridique, on ne peut qu’en déduire qu’ils aiment les juges. La liberté me semble être une valeur de gauche, aussi. Je vais laisser la nation à la droite. Ils ont d’autres valeurs, toujours selon notre encyclopédie en ligne : mérite, ordre, sécurité, tradition et conservatisme. Je le leur les laisse mais il faudrait interroger les électeurs de droite pour savoir ce qu’ils en pensent. A gauche, on a : « égalité, solidarité, progrès, insoumission ». Très bien. A mon avis, l’insoumission a été ajoutée récemment par un facétieux supporter de Jean-Luc Mélenchon.

Figurez-vous que j’étais au bistro, dimanche midi, ce qui n’est pas une information en soi mais j’étais avec des gens de droite. Un type qui se prétend Gaulliste mais je ne sais pas s’il sait pour quoi. Un autre qui et dans la grande descendance du RPR. Une dernière qui votera Marine Le Pen mais qui défend François Fillon dans cette période de tourmente. C’était le jour où a éclaté l’affaire des costumes. Aucun de nous n’avais lu le JDD mais on avait tous eu vent de l’information. Ces trois individus défendaient à fond le vainqueur de la primaire de droite. C’était très drôle. Les autres copains, pas de gauche mais moins à droite, étaient pliés de rire. Le deuxième s’est même mis en colère qu’on ose dire que son candidat pouvait être malhonnête. C’était faux criait-il ! On n’arrivera jamais rien à prouver. Tant pis, lui ai-je répondu, avec toutes les casseroles, il y a bien une part de vérité.
Etrangement, on trouve moins de militants de gauche au comptoir. Du moins, ceux qui viennent boire l’apéro font un peu profil bas. Mais dans les réseaux sociaux, ils deviennent abjects. Je ne vais pas citer trop d’exemple mais un seul. Un militant socialiste de vieille date qui s’était déjà « éloigné » d’Hollande l’a traité de « pauvre type », hier. Je vais lui rappeler qu’on est un certain nombre à avoir soutenu pépère pendant cette période et qu’il ferait mieux de nous donner des raisons à continuer à défendre le PS, outre que certains ont un peu trop le monopole de la connaissance de ce qu’est la vraie gauche et que « ça commence à bien faire ». Revenons à 2012. François Hollande a eu environ 27% au premier tour. Il reste environ 12% des électeurs qui envisagent de voter pour Hamon. On suppose que les « 15% » restants font partie des 15 ou 20% des Français qui sont contents de Hollande, dans les sondages de popularité, et qu’ils sont partis ailleurs. Tout cela est de l’arithmétique.

Mais Benoît Hamon, de sa faute ou pas, a perdu ces « 15% ». S’il a gagné la primaire ce n’est pas lié à son positionnement politique mais c’est aussi purement arithmétique. Les votants souhaitaient éliminer Valls et Montebourg. La primaire n’était pas un congrès… Le Parti Socialiste n’est plus le grand parti qu’il a été parce que son candidat n’a pas su faire l’ouverture à tous ses sympathisants alors qu’une majorité, une large majorité, était dans l’aile droite de ce mouvement.

Il y aura une refondation à gauche si Emmanuel Macron gagne, autour des élus de gauche qui le soutiendront, ceux dont on dit souvent qu’ils font partie de la gauche de gouvernement. Je ne vais pas développer : je n’ai aucune idée précise de ce qui se passera. A droite d’ailleurs non plus. Je ne vois pas une refondation de LR s’ils ne redeviennent pas réellement à droite, c’est-à-dire sur une idéologie réelle mais supportable que nous pourrons combattre joyeusement.

Cette idéologie réelle mais supportable n’est pas tout ce qu’a pu défendre la droite depuis 2010 avec ce rapport à l’islam par la stigmatisation et tout. Je ne vais pas leur donner de piste, qu’ils se débrouillent. Mais la droite n’est bien fait que ça depuis bientôt 10 ans. Elle a de la chance : les élections locales sont gagnées par les partis dans l’opposition au niveau national. Mais, pour la première fois depuis 1978, elle risque bien de perdre une deuxième série d’élections nationales consécutives. Ce parti, dit de droite de gouvernement, va probablement passer 10 années consécutives dans l’opposition. Nous, à gauche, on est habitués…

Bon courage,

Bonne recomposition à tous.

Pendant ce temps, je vais continuer à raconter des conneries dans mes blogs.

On apprend aujourd’hui la mise en examen de François Fillon (qui n’est pas une surprise mais on aurait dû l’apprendre demain). C’est le même jour où on a confirmation que Manuel Valls ne devrait pas soutenir Benoît Hamon. Les gars, vous n’apprenez rien des faits ? Macron va être élu avec une ligne politique proche de celle d’Hollande mais encore plus centriste. Donc à droite, je vous l’accorde…

10 mars 2017

Une campagne au dessous de tout

Entre l'infographie de LR sur l'équipe de Macron (avec le nez crochu et la faucille rouge), celle de l'équipe d'Hamon pour comparer ses soutiens avec ceux de Macron et les propos de Peillon sur les chambres à gaz (sans compter tout ce que j'ai pu louper aujourd'hui), on a l'impression qu'ils sont tous en train de devenir fous.

C'est une sensation déjà connue. Au fur et à mesure que l'on imagine le résultat final, les "perdants" font n'importe quoi dans une espèce d'ultime sursaut mais, cette année, je crois qu'on dépasse les bornes. Les militants LR ont l'impression qu'on leur vole l'élection tant ils étaient sûrs de gagner (et tant ils pensent qu'ils sont les seuls à avoir la légitimité pour gouverner) et ils s'aperçoivent qu'ils vont, pour la première fois depuis toujours, passer deux législatures consécutives dans la minorité...

A gauche (enfin, la vraie, hein !), ce match pour la quatrième place entre Mélenchon et Hamon (et, du moins, leurs supporters) atteint un sommet du ridicule.

Je vais boire pour oublier. Le changement, c'est maintenant.