03 avril 2020

#Confiné Jour 18 - Un tour à Tolbiac

ibis Paris Italie Tolbiac, Paris – Tarifs 2020
Destination aléatoire

Ce dix-huitième jour est à marquer d’une croix dans le calendrier. Dûment muni de mon attestation dérogatoire, j’ai fait ma première promenade pédestre depuis des années. C’est assez plaisant d’avoir l’Avenue de Fontainebleau au Kremlin-Bicêtre et l’avenue d’Italie pour soi. Je n’étais pas seul, entendons-nous, mais il n’y avait pas les éternels badauds, les vendeurs à la sauvette, les vendeurs pas à la sauvette.

J’ai fait deux kilomètres et demi, en tout. C’est la première fois que je dépasse les 300 mètres depuis le début du confinement et, en déconfinement, je fais le strict nécessaire, genre aller du boulot au bistro, du bistro au métro, du métro au bistro et du bistro à chez moi.

Au retour, je me suis arrêté devant la Comète et regarder par la vitre. C’est étrange, le bar était comme d’habitude quand il est fermé, prêt à ouvrir pour le matin. Les serveurs avaient été prévenus le samedi soir que le bar était ouvert. Ils ont fait le tout dans la précipitation et ont agi par réflexe. Par exemple, ils ont mis les pots avec le sucre sur le comptoir. Comme si c’était utile ! Après un mois ou deux de confinement, il faudra refaire le ménage complet, désinfecter et tout ça. Ça me  semble d’autant plus bizarre qu’il y aurait dû y avoir un changement de gérance le premier du mois mais l’affaire a évidemment mise en suspens. Je ne sais donc pas qui sera au comptoir lors de la réouverture.

J’ai découvert des choses dans mon quartier où il y a plein de commerce, je ne faisais pas attention. Là, seuls les commerces alimentaires étaient ouverts et j’ai pu les regarder. Par exemple, j’ai vu une boucherie charcuterie alors que j’étais persuadé que toutes les boucheries du coin étaient halal.

Le plus drôle est que j’ai oublié de faire mes courses. Ça va me coûter une nouvelle attestation à écrire et une deuxième sortie de la journée moi qui m’étais juré de ne pas passer plus de deux fois par semaine sur l’avenue.

Hier, je parlais de la rumeur de la mort de l’ancien maire du patelin. C’était bien une fausse nouvelle, heureusement. Son épouse a fait un communiqué vu que des andouilles l’ont appelée. Ce n’est pas malin. Il est « seulement » à l’hôpital, touché par le COVID.

Côté boulot, ça va à part de nombreux problèmes techniques. Ce matin, par exemple, j’arrivais bien à accéder à internet au travers des applications (Teams, Outlook,…) mais il m’était impossible d’aller sur l’intranet ou un site web avec Chrome ou IE (et je n’ai que ça). Ces incidents sont dû à ce Covid (il  y a plus de gens en télétravail et les équipes ont dû livrer des portables, augmenter la capacité des tuyaux).

A propos de Teams, que je découvre de plus en plus, je suis assez épaté des performances de la chose. Par contre, beaucoup de collègues l’utilisent comme un outil de conversation instantanée soit avec toute l’équipe ce qui fait qu’on s’y perd. Je dois recadrer les gens un par un. Et les outils de partage de document (par exemple, une feuille Excel que l’on modifie à plusieurs en même temps).

Hier, j’évoquais la rumeur de l’ancien maire de la ville. Une copine fiable m’a appelé pour m’informer pour me le dire alors qu’elle tenait ça d’une personne fiable et bien placée à la mairie. J’ai appelé un copain bien renseigné qui venait d’apprendre « l’information » par des gens… fiables dont une copine commune qui bosse à l’agglomération. J’en ai parlé à ma mère qui n’était pas au courant et ses copines non plus. J’avais un gros doute puisque je ne trouvais pas une seule dépêche d’un canard local mentionnant ce fait. Le copain a fini par m’appeler pour me dire que c’était faux, finalement, puis m’a envoyé un SMS, ce matin, pour me dire que c’était vrai. J’y repense à 15h15 et je vois une dépêche de 15h15 (le hasard est grand et Google News est rapide pour mettre à jour ses index…) reprenant les propos de l’épouse de l’ex qui démentait formellement et était « énervée » par ses rumeurs (la pauvre, aussi bien des gens n’ont pas arrêté de l’appeler pour présenter des condoléances.

Le confinement m’interroge de plus en plus (pour vous dire, il m’a téléphoné pour m’interroger). Quand on va sortir, le virus sera encore là. Le gouvernement ne va pas nous imposer de rester à la maison. Donc on aura de nouveaux malades et un nouveau confinement. Ca pourrait durer assez longtemps, jusqu’à ce qu’une forte population ait des défenses immunitaires contre ce truc qui ne pourra plus se propager. J’imagine que ça dure jusqu’à la fin de l’année. Confiné 3 semaines. Déconfiné deux semaines, confiné à nouveau trois semaine et ainsi de suite. C’est d’une gaité. Heureusement que je n’y connais rien et rigole presque de mon propre avis.

Ou alors, ils vont faire une déconfinement alternatif. Les semaines paires sortent ceux qui sont nés un jour pair ou un truc comme ça. On n’a pas fini de rigoler.

Plus sérieusement, j’ai vu qu’ils allaient faire une application sur iPhone. On sera obligés de se déclarer sur un site web du ministère et la marée chaussée pourra vérifier avec un QR code. Les gens se réjouissent mais j’ai du mal à avoir un avis. D’une part, ça revient à obtenir l’autorisation d’un serveur du gouvernement (alors que l’attestation est un truc sur l’honneur : je jure de ne pas faire le con), c’est bien autre chose, et, d’autre part, c’est l’introduction d’un flicage généralisé. Je ne suis pas parano ou complotiste mais je regarde toujours ces machins avec circonspection.

J’ai donc fait une deuxième sortie pour faire des courses. Rien de particulier à signaler sauf qu’il y avait beaucoup plus de monde aux caisses automatiques que les trois ou quatre fois où je suis allé depuis le début du confinement mais moins de gens de le magasin. Cela vous intéresse sûrement.

Et j’ai oublié le beurre. Il va falloir faire la cuisine à l’huile. Je ne déteste pas non plus. Pendant des années, j’ai cuisiné à l’huile puis je me suis lassé et j’ai repris du beurre ; voilà enfin un propos intéressant dans ce « journal » fleuve. 

Ce qui me fait penser qu'il y a une affiche "changement de propriétaire" sur "l'épicerie fine restaurant" en bas de chez moi. Le changement, c'est maintenant. 

02 avril 2020

#Confiné Jour 17 - Loudéac 1 - Bicêtre 0

Un billet de 17ème jour de confinement un peu bâclé ce soir. Figurez-vous que j’ai terminé le boulot à 19h45 au lieu de 18h 18h30 lors des précédents confinades. Ou confitudes ?

En début d’après midi, « on » m’a envoyé un message pour me dire que l’ancien maire du bled a passé l’arme à gauche à cause du Covid. Il était peu apprécié par les milieux de gauche donc j’ai cru à une rumeur. Ce soir, j’ai appelé un pote âgé. Il confirme. La nouvelle me laisse dans un sentiment bizarre si tant est qu’on puisse être dans un sentiment. Je ne l’aime pas. Je ne l’ai vu qu’une fois de près et je connais un de ses fils qui fréquente le même bistro que moi. En fait, c’est le type mort du coronavirus dans mon entourage élargi. Politiquement, je l’ai combattu, certes. Mais quand même. 

Côté boulot, j’ai tellement peur de m’emmerder à la maison que je me fixe les 12 travaux d’Hercule. Je le disais l’autre jour, mon job est passionnant parce qu’il permet de préparer des nouveaux projets, parfois quatre ou cinq ans avant qu’ils ne viennent aux vieux du grand public mais en pleine confinitude, tout le monde s’en fout. Mes patrons banquiers s’inquiètent plus de savoir s’ils vont pouvoir distribuer le RSA demain que d’autres joyeusetés du futur. Ça m’occupe quand même un peu, je l’ai dit aussi. Il faut faire évoluer nos machins en urgence pour que les gens puissent acheter à bouffer ou des masques. Voire des bouteilles de pastis, ils font bien ce qu’ils veulent mais il faut qu’ils aient un minimum de pognon. 

Ces douze travaux d’Hercule sont en gros les trucs qu’on repousse au lendemain parce qu’ils sont chiants (ce n’est pas de la procastination - comment ça s’écrit, ce truc ? - parce qu’on sait qu’on le fera dans les délais, qu’on n’a pas la flemme mais on n’a pas tous les éléments dans le crâne pour passer à l’acte). Ils sont chiants et volumineux. J’en suis au troisième, je crois. Le deuxième c’était hier ou avant hier (je m’y mets quand je n’ai pas de réunion à mon agenda ; j’en avais une aujourd’hui mais mon agenda a bugué -je parle en novlangue - mais ça veut dire que j’ai effacé une invitation que j’avais acceptée). 

Aujourd’hui, mon troisième travail d’Hercule était de faire le point sur tous les projets dont j’avais demandé la validation (ça coute du pognon, aussi !) qui avait été accordée. Près de 60. J’ai décidé de le faire par hasard ce matin alors que je préparais un mail à un fournisseur pour le relancer. Je le suis dit : ce n’est pas que lui qui est concerné, le pauvre, il faut que je fasse une démarche exhaustive. C’est ainsi que j’ai bossé non stop (hors 10 minutes pour bouffer) de 9h30 à 19h45. Ce qui fait en gros 10 heures de boulot, alors que ce matin, au réveil, je me demandais ce que j’allais pouvoir branler. 

A part ça, je continue à tester des trucs électroniques pour mes conditions de travail. Par exemple, les hashtag ne fonctionnent pas dans Teams. Autre exemple : mon forfait mobile du bureau étant assez limité, je teste ses capacités pour savoir si en cas de confinement prolongé mon abonnement personnel pourrait tenir. C’est ainsi que depuis hier matin, mon PC du boulot et mon iPhone sont connectés en wifi sur mon portable pro. Pour voir. On marche sur la tête. Une conséquence du confitionnement !

Je n’ai pas regardé l’actualité aujourd’hui sauf pour vérifier la mort d’un type. Je n’y ai rien trouvé. 

01 avril 2020

#Confiné Jour 16 - des réseaux sociaux et des blogs


Explorez l'Histoire avec les journaux d'autrefois ! : Femme ...Ce quinzième jour de confinement voir sortir le journal de mars de Didier Goux et les blogueurs qui tiennent un journal, comme moi, prennent cher ! Il est vrai que nous n’avons pas grand-chose à dire et notre extase devant une queue de supermarché a assez peu d’intérêt. Je trouve néanmoins tout cela sympathique d’autant que des blogs que l’on croyait morts se réveillent. Comme au bon vieux temps, avant que les réseaux sociaux n’apparaissent.

A sa décharge, Didier n’a pas de compte Twitter ou Facebook. Twitter est devenu inintéressant au possible (du moins, pour moi ; il y a, en revanche, beaucoup de gens qui s’y complaisent). Il y a trop peu de dialogues, de trucs originaux. Les gens croient faire des vannes dans les commentaires qu’ils font aux articles qu’ils partagent alors que, souvent, ils n’ont lu que le titre.

Facebook est bien différent. Il n’y a pas assez de différence entre les gens qu’on connaît réellement et les types pour lesquels on a accepté une « demande d’ami ». Par contre, Facebook a un avantage sur Twitter qui n’a que des messages alors que Facebook a des publications, chacune avec des commentaires et des réponses aux commentaires. C’est beaucoup plus proche des blogs, en fait. Et ça me fait plaisir d’avoir des nouvelles des gens que je connais…

Pour les blogs et les « journaux de confinement », je trouve ça sympa car je connais assez bien les blogueurs. C’est comme si on échangeait entre nous sur le thème : « et toi, tu confines quoi ? »

Toujours est-il que Didier ne va pas dans ces machins et ne sait pas la chance qu'il a de n'avoir que les blogs à supporter.

Rien à signaler dans l’actualité à propos du covid. J’ai vu une information qui n’a rien à voir (une évolution des produits Microsoft de bureautique) et qui n’intéresse probablement que moi. Et quelques canulars du 1er avril (comme celui du point qui dit que le Tour de France se déroulera en Corée du sud).

A part ça, il me faut bien parler de ma journée. Elle fut normale. Mais confinée. Et je dois ajouter : ça me gonfle de plus en plus de faire de la cuisine pour une personne. Ca ne me fait pas ça quand je le fais sans obligation…


Rappelons à Didier Goux qu'il vit quasiconfiné en permanence et qu'il tient un journal (publié chaque mois) avec un tas de détails indispensable. Tiens ! L'autre jour, il a fait la révision de sa voiture de bobo.

31 mars 2020

#Confiné jour 15 - choucroute et Macron


Excellente journée de télétravail, ma foi… La quinzième du confinement. J’avais une appréhension, ce matin, quand j’ai vu mon agenda : j’avais une seule réunion de planifiée entre 10 et 11 heures et tous les collègues habituels étaient en réunion. La journée allait être longue… Quelqu’un m’a ajouté une réunion à 14h. Joie… Puis l’a supprimé une demi-heure après. Horreur !

Déjà, je m’étais réveillé vers 4h (normal, je me couche toujours tôt quand il n’y a pas de bistro). J’ai trainé dans les actualités et les réseaux sociaux jusqu’à 5h. Et là, un coup de bourdon en voyant qu’allais devoir attendre pendant cinq heures pour parler à quelqu’un. En fait, je me suis rendormi de six heures à neuf heures ou presque. Quasiment à la bourre si j’avais dû aller au bureau.

Alors, vers midi, je me suis décidé à réchauffer une choucroute (sous vide achetée chez Leclerc). J’en ai profité pour faire la vaisselle (qui s’entassait depuis jeudi, je crois). La choucroute était excellente, la meilleure depuis plus de dix ans, je pense (depuis que je ne déjeune plus dans des brasseries dans Paris). Ce qui me manque, côté bouffe, depuis le vendredi d’avant le confinement, ce sont les entrées et les desserts. C’est toujours chiant de faire quelque chose pour une personne (et la cantine du bureau était très bien, originalité, variété,… Sauf pour la choucroute).

Je suis allé faire la sieste, immédiatement annulée car j’ai eu une idée : un truc qui me trotte dans la tête depuis des semaines, pour le boulot, ce qui m’a occupé de 13 à 18 heures, en plus de deux coups de fil sur mon téléphone professionnel.  Vous me direz que cela n’a aucun intérêt (sauf le fait de discuter avec des vrais gens) mais il y a une anecdote. Depuis que j’ai ce téléphone professionnel, à peu près 18 mois, j’ai reçu trois appels. Tous les trois au cours de ces quinze jours. Même des collègues avec qui je communique sur mon 06 personnel habituellement, se sont mis à utiliser les moyens officiels. Ce qui est d’autant plus con que les gens de mon équipe m’appellent maintenant par Teams.

Comme les autres jours, je ne vais plus voir l’actualité avant de rédiger la fin de mon billet du soir. Rien d’intéressant. Emmanuel Macron est grotesque. Il appelle à construire l’après en produisant en local les trucs essentiels alors qu’on sait bien que la vie reprendra comme avant et qu’un sous-secrétaire d’Etat finira par dire que c’est idiot de stocker des casques périssables alors qu’on peut mettre rapidement la machine en marche. Ou un ministre commandera à nouveau des vaccins inutiles et sera la risée des réseaux sociaux. Commençons déjà par sortir de cette crise sanitaire et à préparer le « juste après » sans s’occuper des tournures que pourront prendre la politique et l’économie dans un an.         

D’ailleurs, on voit beaucoup de types de gauche dans les réseaux sociaux qui s’imaginent que le système va changer. Ils se trompent probablement. D’ailleurs, je crois bien que je le disais hier. Je radote avec ce journal. Preuve en est : Darmanin vient de lancer un appel au don. Ca équivaut à peu près à un arrêt de la solidarité nationale.

Les cotes de popularité de Macron et Philippe s’envolent (dans le tableau de bord Ifop pour Match) et je vais manger des tagliatelles au saumon ce soir. Les jours se suivent, se ressemblent, ne se ressemblent pas... Demain, j'ai quatre réunion à 10 heures... 

30 mars 2020

#confiné Jour 14 - Rien à signaler

Le temps qui passe | franckferdinand
Temps qui passe

Ce soir, 14ème jour du confinement, j’ai appelé ma mère confinée dans sa chambre de la résidence de retraite. Depuis aujourd’hui, ils n’ont plus le droit d’aller faire un tour dans le jardin. Elle ne voit donc personne à part les aides-soignantes  et n’a pas de nouvelle à donner. C’est un peu comme moi, dans ce « journal du confinement ».

J’ai survolé l’actualité, ce soir. Les nouvelles ne sont pas mauvaises. Il parait que le nombre de gens admis en réanimation devrait baisser au cours de la semaine et Jean-Luc Mélenchon  a dit qu’il fallait penser à la fin de ce confinement. Je ne prends pas ça au premier degré (je viens de recevoir un mail du maire de Bicêtre qui dit le contraire… et Jean-Michel Blanquer a dit que la réouverture des écoles sera peut-être après le 4 mai) mais il n’y a pas de mal à se faire du bien.

Je suis allé faire des courses, cette après-midi. Le personnel de Leclerc a enfin des masques. Il y avait beaucoup moins de monde que d’habitude alors que je pensais avoir choisi la mauvaise heure (cinq heures vingt), dans le magasin mais aussi dans la rue.

Le week-end a été long pour moi et pour tous les gens avec qui j’ai été en contact. Ce n’est pas qu’on s’ennuie (on lit, on joue,…) mais on l’impression de ne faire qu’attendre le prochain moment de la journée (le déjeuner, le dîner, l’heure de se coucher,…). Pour ma part, je suis décalé (peut-être un effet du changement d’heure). J’étais réveillé très tôt ce matin, j’ai déjeuné plus tard que d’habitude et il a fallu que je fasse une sieste express.

La journée de travail a été calme. Je le disais l’autre jour, j’ai du boulot « fluctuant ». A la limite, si j’avais été au boulot, je me serais fait chier. Aussi bien, demain, je vais faire douze heures de travail…

Ce soir, on a un « after téléwork » avec les collègues. Pourquoi pas ?


29 mars 2020

#confiné Jour 13 - Tout est politique ?

Les horreurs de Hiroshima sont la preuve qu'on ne sort pas ...
Il faut reconstruire.

En ce treizième jour de confinement, on va se dire que touche à la fin de la deuxième semaine vu qu’il n’y a pas de mal à se faire du bien. J’admire les copains qui, comme Elodie et Seb, continuent à faire des billets politiques sur le thème du confinement. Il faut voir la cause de la pandémie (une andouille qui a sodomisé un pangolin dans une soupe de chauve-souris ?), la cause de la crise et de la mauvaise gestion passée du système de soin en France), la gestion de cette crise, le médicament miracle qu’on n’a pas le droit de prendre, la gestion de l’après avec la fin de la mondialisation galopante et je ne sais plus quoi.

Treize jours sans boire de bière.  Encore deux semaines. Voire quatre, voire plus. Encore que… Je ne vois pas pourquoi le méchant virus déciderait de retourner subitement dans le trou du cul de son pangolin et nous lâcherait la grappe au point qu’on puisse sortir et rencontrer à nouveau des cons dans des bistros. On nous dit dans Facebook que les courbes sont encourageantes (on nous le disait il y a deux jours pour celles de l’Italie mais la tendance est repartie à la hausse, comme si le virus avait fait la trêve le vendredi) mais qu’en sera-t-il quand on sortira ? Le premier ministre nous dit que le pire est à venir pour les quinze prochains jours mais le déconfinement ne sera-t-il pas terrible ?

Ce qui m’amuse le plus est quand je vois des prévisions optimistes sur une nouvelle donne économique après l’épidémie. On voit des avantages à la situation actuelle avec une belle chute de la pollution à l’échelle mondiale et ne voilà-t-il pas quelques imbéciles heureux qui s’imaginent qu’on en tirera toutes les leçons et créeront un monde sans production mais qui finance des hôpitaux. Les gauchistes se réjouissent de l’arrêt du versement des dividendes comme si, à vie, tous les bénéfices des entreprises allaient être captés par l’Etat pour lui permettre de redistribuer. Comme si des individus allaient arrêter d’investir dans l’économie pour faire du profit mais uniquement pour faire du bien…

Denis est persuadé que la politique actuelle favorise la montée de Marine Le Pen, ce en quoi il n’a pas entièrement tort mais je ne la vois toujours pas au pouvoir. Qui pourrait prétendre qu’elle a la moindre compétence pour gérer ce gros bordel ? Qui pourrait lui faire confiance, lui accorder un vote d’adhésion plus qu’un vote de protestation contre les autres locdus ? D’autres s’imaginent que c’est la fin de l’Union européenne comme si notre brave Europe était responsable du pauvre Chinois qui mange du pangolin…

Rien ne changera réellement. Le pognon va être déversé pour faire tourner la machine et on nous expliquera ensuite qu’il faut rembourser. Pendant quelques années, nous feront preuve d’empathie et de fraternité en se rappelant l’époque où plusieurs milliards d’andouilles étaient confiné même qu’il ne faut pas que ça recommence, hein ! Et on oubliera, les années passeront, les populistes resteront aux aguets.

Et on continuera à refaire l’histoire. Roselyne Bachelot avait raison d’acheter des vaccins et des masques, qu’on commence à nous dire, sans même se remettre dans le contexte de l’époque. Nous sommes soixante millions de spécialistes de la Nivaquine et de l’entreposage de masques…

Accrochons-nous donc au présent, à l’amitié entre les gens et au rythme de la vie. Ce matin, avec le changement d’heure, je ne savais plus m’organiser. Fallait-il que je déjeune à 12h ou à 13h pour me caller. C’est con mais si la Comète avait été ouverte, je serais passé à table à 14h20, comme tous les dimanches, pour une raison essentielle : le cuisinier commence son ménage à 14h30.

Je me suis autorisé un apéritif (bon, deux…) pendant que ce qui ressemblait à du poulet cuisait. La première fois depuis toujours ou presque que je prends un apéritif à la maison un midi alors que c’est un rituel, le dimanche, quand je suis en Bretagne. C’est Jean-Michel qui m’a donné envie. Généralement, le midi, les week-ends, nous prenons l’apéritif ensemble à un comptoir du coin. Notre conversation a duré deux minutes. Rien à se dire.

On ne va quand même pas parler de politique ?

On va se dire que je ne connais, dans la vraie vie, aucun mort du covid-19 et que tout le reste n’est qu’accessoire.





28 mars 2020

#Journalduconfinement Jour 12 - Un Kremlin des blogs !


Pour cette douzième journée de confinement, je n’ai rien fait à part organiser un apéritif avec les copains blogueurs ou ancien blogueur et c’était bien sympa, ma foi ! Merci à Sylvie, Brigitte, Annie, Gaël, Denis et Jean (qui n’avait pas de micro)… Tous, ça fait plus de 10 que je les connais. Peut-être 12 ou 13.

On a bien sûr parler du coronavirus, assez peu de nos vie, beaucoup de l’ambiance dans nos quartiers réciproques..

Pour le reste, je suis resté à glander sur mon lit en jouant avec mon iPhone.

Je ne regarde plus l’actualité. Je suis allé voir ce matin au cas où et je viens d’y retourner avant d’écrire ce paragraphe. Il parait qu’Edouard Philippe a fait une conférence de presse et qu’il a dit que les 15 prochains jours seraient plus durs que les 15 derniers.

En fin de compte, je crois que je m’en fous.

27 mars 2020

#Journalduconfinement Jour 11 - Les affaires reprennent


France - Monde | L'argent liquide, espèce en voie de disparitionDans ce onzième jour de confinement, j’ai été happé par la crise sanitaire vu qu’elle est arrivée au centre de mon boulot. On est tous concernés par ce bordel. Certains doivent être en contact avec le public, maintenir la production. Nous, on a passé la première semaine à s’organiser tout en réglant les affaires courantes, affaires courantes qui ne changeait, jusqu’alors, absolument rien à nos missions sauf que certains collègues doivent être sur le lieu de travail alors que, nous, on peut rester en télétravail.

Un de nos clients nous a fait part, en début de semaine, d’un problème avec ses propres clients, du moins ceux qui ne peuvent pas aller jusqu’à nos machines, et nous a demandé de le résoudre, en tant que sous-traitant informatique. Pas de bol, c’est tombé sur mon interlocuteur qui s’est adressé à moi. En accord avec ma hiérarchie, j’ai répondu « ouh la la c’est compliqué et en plus avec le confinement on ne peut pas faire de mise en production, c’est trop dangereux et tout ça ». Il a dit « ah oui, je comprends bien. » Parallèlement, sa hiérarchie a « escaladé » auprès du directeur général qui a demandé aux directeurs variés de traiter le sujet sérieusement. L’adjoint du mien a récupéré le sujet. Ca devait être mardi ou mercredi et, entre chefs, ils ont décidé d’organiser la réunion avec tous les services ce matin mais l’adjoint a oublié de la planifier. Je l’ai relancé hier et, finalement, on a conclu que c’est moi qui m’en chargerai ce que j’ai fait immédiatement.

Ce matin, en rêvassant une heure avant le début, je me suis dit qu’en plus j’allais devoir me farcir le compte rendu de la réunion. J’ai donc commencé à le mettre en page ce qui était facile vu que j’étais absolument persuadé qu’il allait me laisser mener les débats ce dont j’ai absolument horreur. Ca fait 17 ans que je bosse dans la même direction que lui mais c’est la première fois que nous avons des « rapports hiérarchiques » (les autres chefs me connaissent…). Et j’ai appelé une collègue pour qu’elle m’assiste.

La réunion démarre, je fais un tour de table (nous étions 16 de cinq services différents) et lui passe la parole pour qu’il fasse l’introduction. Ca n’a pas loupé, à la fin, il m’a dit « je te laisse poursuivre. » Ce qui m’a navré c’est qu’il m’a intronisé ainsi responsable du projet alors que le gros du travail n’est pas dans mon équipe. C’est contraire aux usages…

Au milieu de la réunion, ça devenait un peu compliqué vu qu’on traitait d’applications qui ne sont pas de notre périmètre, il me dit : « au fait, Nicolas, je te laisse prendre des notes pour le compte rendu ». Quand va-t-il comprendre que je ne suis ni un chef de projet ni un organisateur mais un expert en un tas de sujets dont le montage applicatif de projets compliqués ? A sa décharge, en cette période, je ne suis pas le plus chargé vu que les temps ne sont pas à monter des projets… Sauf celui-là.

A la fin de la réunion, un lascar demande dans quels délais on doit faire le truc. Ce à quoi je lui ai répondu qu’on lançait la chose pour la période de confinement et qu’il faut donc qu’on soit prêts au maximum dans trois semaines. Il me dit : on ne peut pas avant juin. Je lui ai sorti : « bouge pas j’appelle le directeur général. »

Voila une journée bien remplie, sans compter les deux autres réunions.

Edouard Philippe a annoncé aujourd’hui une prolongation du confinement jusqu’au 15 avril. Au bureau, on table plutôt jusqu’au 15 mai. La deuxième semaine se termine (au onzième jour…). Officiellement, il en reste 3 mais sans doute 7. Ce qui va nous faire passer au moins trois jours fériés confinés. Il faudrait que ceux qui font du télétravail, puissent consacrer ces jours au boulot plutôt et les récupérer sous forme de RTT à prendre avant la fin de l’année. On serait peu à être avantagés mais tant pis. Désolé pour les autres.

A 15h40, j’ai été appelé par un pote. Il fallait absolument que je lui remette quelque chose. On a convenu d’un rendez-vous en bas de chez moi à 16h. La flemme de rédiger un laisser passer. Pardon, une attestation. Je suis descendu à 15h50. Comme il n’y avait pas grand monde je suis allé jusqu’au trottoir qui longe la Nationale 7 (en prenant bien soin de ne pas mettre les pieds sur le territoire public). Et je suis resté regarder pendant 10 minutes sans bouger, sauf pour m’écarter quand un quidam longeait de trop près les murs.

Les gens passaient. Quelques piétons, peu d’automobiles. On connait tous cette ambiance, maintenant. La frénésie au travail. La quiétude dans la rue.

Nous voila partis pour le deuxième week-end confiné.

26 mars 2020

#journalduconfinement Jour 10 - Sans patate


Résultat de recherche d'images pour "michel hidalgo"Belle journée de travail pour ce dixième jour de confinement. Putain ! 10 jours. 10 jours pendant lesquels je n’ai adressé la parole « de visu » qu’à trois personnes connues (la gardienne et deux voisins de longue date). Et encore, des formules de politesse banales. Heureusement qu’il y a le téléphone et les réunions de travail. Notons que ça ne me gêne pas plus que ça. Quand je passe des week-ends à Paris, il y a des jours où je ne parle qu’à des serveurs de bistro, parfois cons comme une bite, alors, hein…

Une autre routine est prise. C’est comme ça. Je m’imaginais, pour « l’après », décider de ne plus aller au bistro en semaine. Le patron de la Comète change et seuls trois serveurs restent dont un pour quelques mois. Le bureau va déménager dans un coin où je n’ai aucune habitude… Je ne m’en crois évidemment pas capable.

Je parlais d’une belle journée de travail. Dès le réveil me voilà à préparer une réunion pour l’après-midi. A 10h30, notre point d’équipe quotidien. 11h à 12h30, un workshop avec des clients sur un problème précis. De 14h à 16h un comité trimestriel avec les clients. De 16h à 17h, un comité mensuel avec un fournisseur. Le tout en audioconférence. Je ne plaisante pas. On dit bien « en audio » et pas « au téléphone ». On dit bien « point d’équipe », « workshop » et « comité ». Et encore, je suis le seul à ne pas mettre de majuscule à « comité ».

Ça me rappelle une instance interbancaire dans laquelle je bossais il y a une vingtaine d’années. Nous tenions tous les quinze jours des groupes de travail où nous évoquions plusieurs sujets. La direction a décidé de réorganiser toutes les relations entre l’institution et les banques. Nous avions alors le droit de faire des « groupes d’experts » (avec des majuscules, hein !) sur un sujet dédié avec uniquement des gens compétents et pas que des imbéciles ne connaissant rien et ayant pour seul travail d’aller à des réunions pour se montrer importants. Ça n’avait rien changé. Sauf qu’on avait des sujets officiels pour nos réunions. Comme le chef avait remarqué que je pouvais rapidement rédiger n’importe quoi sur n’importe quel sujet, il me confiait la rédaction des documents préparatoires (à l’époque, il n’y avait pas de mails, il fallait les envoyer par courrier une semaine à l’avance).

J’étais donc en réunion de 10h30 à midi et de 14 à 17h. Je n’ai presque rien fait en parallèle (à part surveiller les mails) sauf rédiger – recopier serait plus exact – mon attestation de sortie.

Et je suis sorti de 17h à 17h20 pour faire des courses. Les trottoirs sont toujours vides, des gens ont des masques, ils respectent les distances dans la file d’attente aux caisses mais pas dans le magasin. Un mal voyant (ou aveugle, c’est comme pour les « workshops » et les « comités ») m’a demandé où était vendue l’eau. J’étais bien emmerdé pour lui répondre.

10 jours, disais-je. Vous vous rendez compte ? 10 jours sans boire de bière, moi ! Et pire : 10 jours sans manger de pommes de terre. A propos de bouffe, je me suis fait une entrecôte, ce midi. Elle n’était pas bonne. Comme mon steak de l’autre jour. J’en ai conclu une chose : que c’est mon poivre qui est périmé. On est peu de chose. J’en ai donc acheté, tout comme de la moutarde pour mon sauté de porc de demain et du beurre par la cuisine à l’huile n’est pas adaptée à tout. Plus je confine, plus il me faut du beurre salé.

Ce matin, j’ai reçu un SMS d’Orange pour me dire qu’ils avaient des problèmes de consommation de téléphonie mobile liée au covid car trop de gens sont en télétravail ou s’emmerdent à la maison. Ils donnaient des bonnes pratiques que je vais respecter, surtout une : ne pas connecter mon VPN du bureau en permanence mais uniquement quand j’en ai vraiment besoin.

Ca me fera des vacances et me permettra de traiter les sujets de fond.

Quant aux actualités. Je n’ai pas regardé depuis ce matin. Dans mes mails, j’en ai un de la SNCF. Ils arrêtent les ouigo dès demain pour la durée du confinement et ont déjà réduit le trafic.

C’est tout ce que je sais. A part la mort de Michel Hidalgo.

25 mars 2020

#journalduconfinement Jour 9 - Rythme pris, c'est dommage !


Pour le neuvième jour du confinement, on peut dire que je suis loin d’être débordé, le mercredi.  C’est souvent pareil quand je suis au bureau. Mon travail comporte plusieurs volets. L’un d’entre eux est du support aux équipes. J’ai donc fait une réunion dans ce cadre cette après-midi. Un autre tourne autour des projets à long terme. Ce n’est pas le moment d’en parler. Par contre, comme je le dis ci-dessous, le rythme des bien différent. Je pense devoir bosser jusqu’à 21h.

J’ai donc eu le temps de faire un tutoriel pour Microsoft Teams que je viens de diffuser ici et que j’ai envoyé à l’adjoint de la chef qui a bien rigolé. Teams est bien devenu le centre de nos échanges mais les utilisateurs restent réticents… C’est pourtant très simple.

J’ai l’impression de dire chaque jour, dans chaque « numéro » du journal, que la routine s’installe. Une autre vie se met en place. Dès le réveil, ou, du moins avant 8 heures, je connecte le PC du bureau (un peu après, les entrées du VPN sont surchargées et pépère part en vrille) et la journée démarre. Au boulot, on commence par une réunion d’équipe. Elle remplace les échanges informels qu’on pourrait avoir à la machine à café ou en se disant bonjour. On parle des dossiers en cours, on organise le travail…

Le rythme est différent. Je viens de recevoir un dossier de chacune de mes chefs (un à 18h30, l’autre à 19h30). Il faut que je fasse un retour pour demain matin. Je vais le faire ce soir.

A la maison, c’est pareil. Le train train mais à d’autres heures. Dans son billet du jour, CC nous demande si on dort bien. Ben oui, un autre rythme de vie est en place. C’est fait. Aussi bien je vais me coucher à 21h30 et me lever à 7h…

Je n’ai pas trop regardé l’actualité, aujourd’hui. Je n’en peux plus de tous ces articles qui parlent alors que personne ne sait rien.

Je retiens une phrase du billet de Seb : « Il faut vite sortir de cycle sanitaire qui nous fait glisser dans un autre monde confiné. » Il explique ses raisons (je suis d’accord avec lu). J’ai les miennes, chacun à les siennes, et pas seulement pour des histoires personnelles.