13 janvier 2019

Etudions une nouvelle constitution


La Cinquième république a plus de 60 ans, l’élection du Président au suffrage universel plus de 50. Elle a toujours eu des défauts mais a fait ses épreuves. En revanche, depuis quelques temps, elle est partie en vrille. Donner le début de ce bordel n’est pas facile ? Est-ce la dissolution de 1997 alors que la majorité était acquise au Président ? Est-ce le passage au quinquennat ? Est-ce lié à la construction européenne ? Peu importe. On n’est pas là pour faire le choix et les raisons se cumulent. Le fait est que les trois derniers présidents, donc l’actuel, ont rapidement atteint une popularité dérisoire significative d’une coupure entre les dirigeants et les citoyens. Ces derniers n’ont plus confiance et ça nous pousse à cette histoire de gilets jaunes. On ne sait plus comment s’en sortir et des personnalités politiques de premier plan, comme Julien Dray hier, demandent le passage à la Sixième. D’autres le demandent depuis plus longtemps mais leurs arguments n’étaient pas les bons au bon moment. Là, nous avons un créneau. Du monde dans la rue et la crise des partis politiques.

Ces éléments ont été appuyés par le développement de l’information en continu, d’Internet et des réseaux sociaux. Je ne fais pas le procès de ces machins. J’en ai été acteur (si j’ai pu bloguer, c’est bien parce que j’avais accès plus rapidement à plus d’information que beaucoup) et, même si on peut le regretter, on ne peut pas faire le procès d’évolutions naturelles (que je pourrais nommer « progrès » mais je connais des réactionnaires qui pourraient m’alpaguer).

Ce qui me parait le plus urgent est la suppression du Président de la république. Ni plus ni moins. Je suis là pour proposer « l’esprit » d’une nouvelle constitution et vous comprendrez ce par quoi je veux remplacer ce bordel. On a tous un rapport particulier avec le Président. Je ne pouvais pas blairer Sarkozy. J’ai toujours aimé Hollande. Mais nous avons maintenant Macron. J’ai voté pour lui dès le premier tour car c’était la seule solution valable pour éviter Fillon (les supporters de Mélenchon me diraient qu’il aurait pu être élu mais je n’y croyais pas et je ne le croyais pas capable de trouver une majorité à l’Assemblée pour gouverner). Je n’aime pas plus Macron que ça mais, ayant assez souffert du bashing sous Hollande (et assez contribué à alimenter le bashing sous Sarkozy) que je ne pense pas que ça soit une solution. Ca contribue à la défiance envers les institutions et on se retrouve comme des cons. Ce « Macron bashing » repose généralement sur n’importe quoi comme cette récente histoire d’effort : une agence de presse a pris quelques mots d’un discours et en a fait une phrase. Pour moi, je ne suis pas choqué qu’un Président parle d’effort quand il s’adresse à des apprentis.

Je vais donc proposer la base de la nouvelle constitution. Adoptez-là sans réfléchir, ça nous évitera de perdre du temps. On se reverra pour les détails. Je ne suis pas populiste. Cette constitution n’est pas là pour redonner le pouvoir au peuple. Le peuple a déjà le pouvoir : il vote. Et c’est bien son problème s’il vote pour n’importe qui. Aucun autre système ne résoudra ce phénomène. On va néanmoins renforcer l’accès au referendum, donc celui d’initiative citoyenne.

On va procéder par étapes. On ne va pas faire un joyeux bigbang.

Commençons par l’Assemblée nationale.

On n’y change rien ou presque. On supprime le non cumul des mandats pour éviter d’avoir des candidats hors sols coupés de tout. On supprime peut-être les « députés des Français de l’étranger » (les types qui habitent ailleurs qu’en France peuvent toujours rester inscrits dans un bureau de vote en France, le dernier où ils étaient inscrits, par exemple, ou celui d’un de leurs parents mais en ne gardant le droit de vote que pour les élections nationales).

Un député ayant déjà fait plus de 11 ans n’aura pas le droit de se représenter. Les élections auront forcément lieu en juin. Si la dissolution reste possible, l’Assemblée en place restera présente jusqu’au mois de juin suivant. S’il est impossible de gouverner pendant la phase transitoire, le Congrès (réunion de l’Assemblée et du Sénat) prendra le dessus.

Le diable se cache dans les détails.

La prochaine élection aura lieu en juin 2022.

Passons au Sénat

Les sénateurs seront élus par liste nationale au suffrage universel à la proportionnelle intégrale pour une durée de neuf ans mais renouvelable par tiers tous les trois ans. L’élection aura lieu en avril, la première en avril 2020 avec l’élection de 348 sénateurs (en gros). Les listes seront paritaires (un sur deux des membres sera une gonzesse). C’est ma seule concession.

Un tiers des sénateurs, 116 choisis aléatoirement, seront virés en avril 2023 et une nouvelle élection (suffrage universel par liste) aura lieu pour 116 sénateurs. En avril 2026, la moitié des sénateurs présents depuis 2023 sera foutue dehors et 116 autres seront élus. En avril 2029, on fout dehors ceux présents depuis le départ et on les remplace. En 2032, on fait pareil avec les zozos en place depuis 2023 et on entre dans le rythme de croisière.

Les sénateurs ayant déjà fait 13 ans en place n’auront plus le droit de figurer sur les nouvelles listes.

Le Président de la république

Le poste est supprimé, je vous ai dit. Basta !

Le Conseil de la république

Ca, vous ne le voyiez pas venir, hein ! C’est un machin pour remplacer la Présidence. Il sera composé de dix-huit membres élus à la proportionnelle, neuf par le Sénat, neuf l’Assemblée. Les neufs de l’Assemblée seront renouvelés pour les cinq ans, les neuf du Sénat pour les neuf ans.

Le Conseil aura un président (et un vice-président pour le remplacer si besoin) élu, parmi les représentants de Sénateurs par l’ensemble des membres, pour neuf ans. Le Président (j’y mets une majuscule, tiens !) aura une indemnité importante, celle des autres seront l’équivalent de ce qu’ils toucheraient dans leurs postes d’élus dans une des assemblées, assemblée dont ils seront démissionnaires dès leurs élections (tout comme le Président).

Le Président aura le rôle de représentation qu’a l’actuel Président de la république. Il participera obligatoirement au conseil des ministres mais n’aura plus la main sur l’ordre du jour.

Le Conseil aura notamment en charge les nominations qui reviennent actuellement au Président. Les votes devront avoir lieu à la majorité (la voix du Président comptera double s’il est impossible d’avoir une majorité). Le Conseil aura surtout en charge la ratification des traités internationaux et la promulgation des lois. Il aura l’obligation de promulguer les lois de finances et certaines lois de programmation. S’il ne trouve pas une majorité pour valider une loi, il aura l’obligation de déclencher un referendum. Il pourra déclencher des referendums sur proposition du gouvernement et du Conseil constitutionnel.

Des grandes « entités nationales » qui n’ont pas à dépendre de la politique du gouvernement pourront être rattachées au Conseil. Je pense à un tas de trucs n’ayant rien à voir et auxquels je ne connais rien (le sujet est donc totalement ouvert) comme le Conseil supérieur de la magistrature, l’ONF, le CSA, France Télévision, l’Insee (qui fournit les  statistiques officielles du gouvernement…), Radio France, Hadopi (jusqu’à sa suppression, hein !),…

Le Conseil se réunira au minimum une fois par semaine (sauf cinq semaines dans l’année). La composition des cabinets (du moins le nombre de conseillers) sera limitée par la Constitution (c’est un détail mais le diable se cache où j’ai envie : ce n’est plus le Président qui décide de la politique, il n’a pas besoin d’une cohorte d’andouilles).

Je parlais du Conseil constitutionnel.

On n’y touche pas à part un vague détail : il aura en charge de confirmer la constitutionnalité des referendums et l’organisation des « pétitions citoyennes » pour obliger le Conseil de la république à organiser des referendums. J’y reviendrai si j’y pense.

Le gouvernement et le Premier ministre (à ne pas confondre avec le Président du conseil, hein !)

Que l’Assemblée nationale se débrouille pour mettre ça en place, un peu comme en Allemagne ou un tas de démocratie qui n’ont pas besoin de Président pour choisir celui qui conduit opérationnellement la politique de la nation.

Le Premier ministre, à ce sujet, conduit la politique de la nation et est chef des armées.

Le referendum d’initiative citoyenne

Le Conseil constitutionnel devra étudier tout projet de referendum présenté par au moins 10000 citoyens. S’il est conforme à la Constitution, le CC devra le soumettre au vote des électeurs (par voie électronique sécurisée).  S’il reçoit plus d’un million de voix en sa faveur (et moins de voix contre, évidemment), le Conseil constitutionnel devra charger le Conseil de la république d’organiser un referendum en bonne et due forme.

T’as vu ça, j’ai inventé un referendum à tiroirs (c’est parce que seul le CC est en mesure de vérifier le million de voix, ça serait trop facile de faire une pétition bidon signée par des trolls) !

Le referendum par le Conseil de la république

Il peut (ou doit) être déclenché par le Conseil sur demande du Conseil constitutionnel (donc en cas de validité d’un referendum d’initiative populaire), si le Conseil ne trouve un accord pour promulguer une voix, sur proposition du gouvernement ou sur sa propre initiative.

La validité d’un referendum autre que ceux portant sur la Constitution doit être validée par le Conseil constitutionnel. Aucun referendum ne venant pas d’un texte issu du Gouvernement et remettant en cause de manière importante le budget en cours ou, à plus long terme, l’équilibre financier de l’Etat, ne pourra être déclaré conforme. Un referendum, par contre, pourra obliger le gouvernement à préparer tout projet de loi.

Ces referendums nationaux ne pourront être soumis au vote qu’une fois par an, le troisième dimanche de septembre, par exemple.

Et le Conseil Economique, Social et Environnemental dans tout ça ?

Je n’ai rien contre ce machin mais un bazar dont personne ne sait vraiment à quoi il sert et qui n’est que consultatif n’a rien à faire dans la Constitution. Hop ! Du balai ! On fera une loi organique pour mettre un bastringue en place.

L’organisation territoriale de la République

On n’y change rien.

Les collectivités territoriales

Elles ne sont pas du ressort de la Constitution (sauf pour ce qui concerne la définition des niveaux). Néanmoins, cette dernière pourrait définir une taille maximum pour chaque niveau parce que les régions qui font plus de 400 km de long n’ont pas grand sens même si c’est très joli sur des cartes.

Les révisions de la Constitution

Elles doivent être soumises à referendum (sauf pour ce qui concerne des modifications marginales liées à des traités européens, donc l’ouverture de l’Union à d’autres pays, parce que la négociation est faite à l’échelle du Continent). En plus de l’accord des citoyens, elles doivent être validées par le congrès (majorité normale).

Et voila !

Ce n’est pas une belle trame, ça ?


11 janvier 2019

N’oublions pas le sens de l’effort, hein !




La polémique du jour porte sur des propos d’Emmanuel Macron en titre d’une dépêche de Reuters reprise en premier (à ma connaissance) par Challenges. Il n’a pas dit exactement ça. Les propos sont déformés comme d’habitude mais peu importe. 

Il pourrait faire gaffe, me direz-vous. On ne sait même pas si Sarko aurait pu se faire déformer de telle conneries... Sauf en faisant des efforts. 

Toujours est-il que mon pote Julien pense que c’est un coup de génie et, à la réflexion, il n’a pas entièrement tort. Certes, ça fait une petite quinzaine d’années que je fais de l’analyse politique à la petite semaine sur mon blog et je ne suis pas à une connerie près. 

Petit 1 : Macron se met dans la poche tous les Sarkozystes perdus par Wauquiez. 
Petit 2 : toute sa garde rapprochée issue du PS se met en quatre pour le défendre.
Petit 3 : il porte toute l’attention sur lui et fait oublier opposition, gouvernement et gilets jaune à un point où on se demande si Edouard Machin ne va pas retourner son blouson. 
Petit 4 : les militants de gauche qui n’ont toujours pas compris que c’était contreproductif de lutter contre le pouvoir en place dans les réseaux sociaux sont vent-debout.

On n’a pas fini de rigoler. 

04 janvier 2019

Les gilets jaunes, la gauche et moi

J’invite mes amis de gauche qui soutiennent les gilets jaunes et me reproche de ne pas le faire (mais je n’ai rien publié contre à part au sujet leur communication dans les réseaux sociaux qui est de plus en plus mauvaise, par ailleurs) à lire cet article et à me trouver un truc qui pourrait laisser à penser que le fond des revendications (tel qu’exposé) à un brin de progressisme et de non réactionnaire !


https://www.nouvelobs.com/societe/20190104.OBS7984/gilets-jaunes-ce-qui-ressort-des-premieres-contributions-au-debat.html


Les gens de gauche qui pensent comprendre le peuple et vouloir le défendre sont un tantinet à vomir. Que les cadres des mouvements politiques de gauche qui soutiennent ce bordel aillent pourrir dans des fosses à lisier. 






Le problème n’est pas la légitimité de certaines revendications. Certaines sont très justes. Mais elles ne me paraissent pas exprimées dans cet article qui porte sur les premiers résultats d’une consultation. Mais le peuple, vu dans une globalité, ne peut pas défendre un vrai projet de gauche. Alors on se vautre dans un populisme de bas étage (je n’ai rien contre le populisme, je m’en fous : moi même, j’ai connu une heure de gloire avec mon blog qui parlait de politique à partir d’un comptoir de bistro). 


Mais une offre de gauche ne peut pas être élaborée en dehors d’un mouvement politique structuré. Sinon, on aboutit à ce genre de conneries. Ben oui ! On veut revenir à l’universalité des allocations familiale ! Tout le monde est pour mais personne ne sait de quoi on parle... 




Il est temps que les partis de gauche cessent d’entre à la ramasse et cherchent de courir après des machins sans cul ni tête. Regardons bien : la principale revendication exprimée est l’abolition de la loi Taubira. Elle est complétée par un machin sur la GPA voire l’exigence d’un référendum sur la bioéthique... 


Ces andouilles de gauche soutenant les GJ comme des girouettes soutiennent le vent (je me comprends) sont ceux qui ont tapé le plus sur François Hollande, le lascar qui a fait passé les idées sociétales de gauche comme, évidemment, le mariage pour tous, dont ne veut pas ce qu’ils appellent le peuple mais dont nous voulons pour des raisons diverses (pour ma part, je suis contre le mariage mais je défends le mariage pour tous pour que cette institution à l’origine catholique perde sa substance en plus du fait que je pense que chaque foyer doive avoir les mêmes droits). 


A l’heure où la gauche est laminée, il est temps de se poser des questions. Et d’arrêter de revendiquer l’appartenance à une vraie gauche... 


Alors, je vais le dire. Donner enfin ma position sur ce mouvement. 


1. Je comprends parfaitement d’où il vient. Je le disais dernièrement dans mon dernier billet à ce sujet. Je ne vois pas pourquoi l’Etat imposerait des heures de fermeture de bistro (c’est un exemple, mais il fallait être débile pour imposer une limitation de vitesse à 80 sans que ça soit explicitement au programme). J’ai beaucoup parlé de piste cyclables en décembre. C’est pareil (en tant que piéton, je n’ai pas à éviter des parties du trottoir). Ce n’est pas que l’Etat qui impose mais une espèce d’élite (qui n’est pas nécessairement parisienne). 


Je ne déconne pas. Parmi les revendications, il y a l’arrêt des subventions à l’éolien. Il faut que la gauche travaille pour améliorer la fourniture énergétique dans notre pays et arrête les slogans bas du front. Il faut développer l’éolien et tout le renouvelable à l’insu du plein gré du peuple. Celui qu’on devrait pourtant vénérer 


2. En conséquence, il faut arrêter de prendre l’avis du peuple sur chaque point mais proposer une politique globale qui corresponde à un projet politique. Il faut arrêter de défendre le RIC, par exemple. Il faut défendre la démocratie représentative, le seul bazar qui puisse mettre en avant une vision globale. 


3.  Parmi les revendications, certaines sont purement réactionnaires. On ne peut pas suivre cela. Les dirigeants politiques qui le font par opportunisme ponctuel seront tondus à la libération. 


4. J’appelle solennellement et alcooliquement les partis de gauche et les syndicats du même métal à se désolidariser de ce mouvement et à prendre en compte unitairement les revendications légitimes (vues de nous, hein !) sans oublier notre vision de gauche. 


5. Ça ne sert à rien de se revendiquer de la vraie gauche si on ne fait que courir derrière des machins abstraits.


Amen et Hips. 

03 janvier 2019

GJ or not GJ : la loi est la loi



Me voilà à publier un truc de Valeurs Actuelles mais peu importe. Beaucoup de militant braillent des conneries dans leur militantisme subi sans se rendre compte que c’est illégal. Tant pis pour ce type. Il aura gagné une nuit au poste (en incitant au meurtre du president, quand même). 


Dans les réseaux sociaux, c’est pareil. Je vois un tas de publications qui mériteraient des baffes par des juges mais je suis plein de mansuétude (d’autant que je raconte aussi ma dose de conneries). 


Le plus drôle est quand les gens se prennent pour des constitutionnalistes ou des juristes pour justifier leurs conneries. Tiens ! J’ai vu plusieurs personnes défendre Drouet en publiant un truc d’Amnesty International sur le droit de manifester. Il suffit de quelques clics sur Google pour avoir accès à la loi en vigueur : ce qu’il a fait est illégal. L’ONG ne fait qu’une vulgarisation de ce qu’ils appellent le droit international mais oublie le code civil de notre beau pays. Et des andouilles vulgarisent une vulgarisation sur le vieux thème : « on est en démocratie, on fait ce qu’on veut, surtout manifester qui est un droit patati patata. »


Ben non. Le droit est le droit. La loi n’est pas toujours bonne et on peut vouloir la changer. Mais si législateur a dit qu’une manifestation doit être autorisée, il y a des raisons, notamment de sécurité...


Et c’est ainsi que les imbéciles finissent par dire que c’est le gouvernement et le Président qui sont la cause des morts à l’occasion des manifestations des gilets jaunes alors que ces manifestations ne sont pas d’autorisées, d’une part parce que personne n’a fait la demande et, d’autre part, parce que l’Etat penserait probablement qu’il n’a pas la capacité à assurer la sécurité et garantir l’ordre public. Ce n’est pas pour rien que les syndicats ont des services d’ordre qui ne rigolent pas : c’est apporter une garantie que la sécurité est assurée et donc l’ordre public. 


Et en bout de chaîne : la démocratie. Et tout ce qui nous permet de vivre dans le même pays. 


29 décembre 2018

Et voila 2019 !

Ficus (rien à voir avec le sujet du billet mais je voulais voir à
 quoi ça ressemblait)

« Au moins, il y a une chose sur laquelle on sera tous d’accord : Emmanuel Macron est le pire Président qu’on ait eu de la Cinquième ! » C’est ce qu’a dit un type dans mon Facebook, hier. Je vais lui répondre. Outre qu’il reste des types fans de Macron à un point que si l’élection avait lieu maintenant, il serait réélu, je pense qu’il y a bien pire que lui, Nicolas Sarkozy, par exemple. Et je ne doute pas que chacun de mes lecteurs pourrait démontrer qu’un autre type a été pire ! Tiens ! Et de Gaulle qui nous a refilé cette constitution et qui a été obligé de se casser vu que ses réformes ne passaient pas, hein ? On en parle de de Gaulle ?

Etrange façon de commencer un billet de vœux pour 2019, me direz-vous. Laissez-moi continuer, je vous prie, bordel. Dans Twitter, ce matin, un type a dit ça : « Le service de presse de l’Élysée se refuse toujours à communiquer le lieu où se trouve actuellement Emmanuel Macron. » Le type est sérieux. D’ailleurs je l’ai repris en lui disant qu’il faut vraiment « être-peine à jouir pour poser la question ! » Il m’a dit « Quelle question ? ». Donc pour lui, ce n’est pas une question. Il pense vraiment que l’Elysée nous cache ce que fait le Président. Tout d’abord, je me fous de ce que faire le Président pour les fêtes et j’espère que 99% des citoyens ont la même idée que moi (ou la même absence d’idée, plutôt). Ensuite, j’espère que l’Elysée nous cache vraiment ce que fait le Président et que c’est heureux. Vous imaginez le compte Twitter de l’Elysée.

8h30 : Monsieur le Président de la République prend le café avec Madame.
8h40 : Monsieur le Président va faire une rapide promenade dans le parc avec son chien.
8h50 : Monsieur le Président vient de remplir la gamelle de croquettes du chien en question car il est important qu’il affirme ainsi qu’il est le maître. Maintenant il fait caca et les premiers bruits entendus laissent penser que tout va bien.
8h55 : Monsieur le Président de la République prend un dernier petit café avant d’avoir le premier entretien de la journée. Un huissier vient néanmoins d’être licencié : il avait oublié de garnir les toilettes d’assez de papier pour assurer l’hygiène de l’élu. Madame Macron Brigitte était heureusement dans les parages et a pu sauver sa grandeur d’époux.

Vous me direz que je pourrais prendre la résolution, pour 2019, de ne plus lire de conneries dans les réseaux sociaux, de ne plus m’abonner à des comptes au hasard et de ne plus suivre des personnes qui me sont chères. Vous avez raison. Mais j’ai horreur de prendre des résolutions. Je n’en prendrais qu’une pour cette nouvelle année. Elle ne s’applique pas uniquement aux réseaux sociaux mais aussi aux bistros : je continuerai à envoyer chier les types qui veulent me causer alors que je n’ai pas envie. Non mais sans blague.

Le type qui parlait du pire président se permet de se positionner dans l’histoire, comme si son tweet était « historique », comme s’il avait la moindre importance. Il est à peu près sûr que chaque Président cherche à avoir une place dans l’Histoire mais nous ne sommes que des merdes, surtout si nous cherchons à nous mettre dans l’histoire en 140 ou 280 caractères. Ca me fait penser à l’autre andouille de député LREM, Joachim machin. Il m’est très sympathique. Il se fout de ce qu’il peut publier et ne dit que des conneries depuis quelques jours. Un peu comme moi quand je m’emmerde au bistro, vers 23h, mais que je suis bien décidé à faire la fermeture même si les copains ne sont pas là. Je préfère m’adresser à des inconnus que voir des inconnus s’adresser à moi alors que je n’ai pas du tout envie de me voir imposer un sujet de discussion et surtout l’avis d’autrui. L’intérêt d’un billet de blog par rapport à une publication Facebook ou Twitter est que vous n’obligez personne à vous lire. Dans les réseaux sociaux, vous n’obligez personne, bien sûr !, mais il faudrait être con ou prétentieux pour y venir et ne pas lire ce qu’il se passe. Alors que personne ne viendra sur mon blog s’il n’a pas envie d’y venir.

Donc Joachim est très drôle et il a une meute d’andouilles qui le suivent et qui le critiquent. Des organes de presse sont obligés d’avoir des employés pour suivre cela et les partis politiques sont en émoi. Certes, Jojo n’a pas été spécialement élégant avec mémère qu’il a accusé de mettre des tonnes de maquillage pour cacher ce qu’elle a à cacher mais sinon…

Ces critiques se placent dans l’histoire. Ils s’imaginent que leurs propres indignations ont le moindre intérêt et que cette série de tweets aura un impact sur la carrière du Jojo mais s’en s’imaginer lequel. Le lascar vient de se faire un nom en démontrant que la politique et les réseaux sociaux sont ridicules. Il vient de démissionner de son parti politique (ou de son groupe parlementaire, je n'ai pas tout suivi).

Il vient de dire (ou je viens d’entendre) que son boulot de parlementaire ne peut pas se faire dans ce bruit quotidien des réseaux sociaux ou d’information en continue. Tiens ! On parle beaucoup, à nouveau, de Benalla, pour une histoire de passeport diplomatique. Objectivement, cela n’a strictement aucun intérêt. Je suis citoyen de mon pays. J’ai confiance dans sa justice et dans ses institutions, au sens large (la presse, par exemple, peut mettre à jour des informations qui peuvent donner lieu à des poursuites). On se fout de Benalla. Ceux qui tombent dessus veulent évidemment s’attaquer à Macon. Mais quel est l’intérêt de s’attaquer à Macron ? Il démissionne et un autre guignol le remplace. Même pas. Il ne démissionnera pas. Il ne fera probablement rien et s’il le fait, cela ne changera rien.

Ce n’est pas par hasard que je parlais de de Gaulle en début de billet. Lui aussi, il a eu ses « gilets jaunes » en mai 68. Quelques semaines après, les réactionnaires manifestaient pour le soutenir puis il a été obligé de démissionné un an après… Et, en fin de compte, qu’est-ce qui a changé pour les Français. Quatre ou cinq ans plus, une page s’est tournée, on est entré dans une crise économique et un chômage de masse qui dure depuis des années. 45 ans, on y est encore. Des types manifestent. Le Président fait quelques concessions en dépensant des sous qu’on a pas pour leur faire plaisir et il passe pour un ultralibéral qui achète le peuple comme si un libéral pouvait dépenser les sous de l’Etat.

L’histoire est courte.

Concentrons-nous sur 2019. Faisons des vœux qui ne seront pas respectés.

Faisons-le vœux que le parti socialiste se remette debout en 2019. Donnons-leur un conseil : mettez un type avec un certain charisme à la tête de la liste pour les élections et, hop !, vous serez à nouveau la première formation de gauche dans le pays. Un type ou une gonzesse. Par exemple, une ancienne candidate… Ou une maire de Lille, de Paris ou d’où vous voulez.

Faisons-le vœux que les andouilles qui donnent leurs avis de manière péremptoire dans les réseaux sociaux se rendent compte du ridicule de leurs propos. Oui, je rêve.

Faisons-le vœux que les mêmes andouilles prennent du recul, arrêtent de diffuser des informations sans analyse et de pondre des slogans de cinq mots qui ne sont lus que par des types qui s’emmerdent.

Faisons-le vœux que Twitter et Facebook refusent de voir les andouilles en question mettre en lien dans leurs publications de articles qui ont plus de 12 heures (dans les commentaires, ils peuvent le faire) pour que ces andouilles arrêtent de croire qu’ils font un journal et qu’ils sont la seule source d’information de leurs abonnés. Et en plus, ça me gonfle.

Faisons-le vœux que tous les observateurs de la vie politique se rendent compte que la menace identitaire est bien réelle, que le vil communautarisme nous guette et qu’il effraie les électeurs.

Faisons-le vœux, enfin, que les élites qui s’ignorent arrêtent de faire des leçons de morale à tous les sujets, y compris les pistes cyclables, hein !, leçons qui effraient également les mêmes électeurs.

Faisons-le vœux que la paix nous arrive au comptoir des bistros. Et c’est bien ça le plus important.

Et tous mes vœux à mes potes, mes proches, ma famille, moi. Je me fous des autres, il faut bien le reconnaître.

Et longue vie aux blogs, ces supports où des cons s'adressent à des crétins qu'ils connaissent et pas à une meute d'abrutis dégérés.

27 décembre 2018

Ouf, 2018 se termine !


L’année 2008 fut pleine de changements pour moi, avec la transformation de la Comète (d’une brasserie de banlieue à un bistro bobo) et un changement d’employeur et de métier (de consultant en informatique dans une SSII à « maître d’ouvrage » dans la DSI d’une grande banque puis une filiale de cette dernière à une concurrente). Au niveau des blogs, surtout des miens mais ils étaient encore neufs, avec ces histoires de classements, les blogs sérieux « historiques » ont été mis au placard au détriment de « ma bande ». On rigolait bien. Au niveau politique, on a vu la crise financière et le congrès de Reims. Oublions cette période. Le plus difficile, pour moi, fut le changement de la Comète car je perdais mon bistro familial et il a fallu plusieurs mois voire années avant de me sentir à nouveau chez moi. Ca fut très perturbant. Pour le boulot, j’avais perdu mes repères (et j’étais parti dans de mauvaises conditions de l’ancienne boîte alors que je m’étais toujours trouvé bien auprès de mes employeurs). Perdre ceux de la vie privée me poussait vers la déprime.

10 ans sont passés.

L’année 2018 fut aussi une « grande année » (ou une sombre année ?). Au niveau des bistros, il y a eu un renouvellement du stock de serveurs, à la Comète. Même le patron n’y vient plus à mes heures. L’Amandine a changé de patron. Les copains ont vieilli (le vieux Jacques est mort l’an dernier et Tonnégrande a pris sa retraite). Les blogs n’existent quasiment plus. Je vais y revenir mais je ne peux toujours pas me résigner à ne plus donner mon avis de temps en temps. Alors je ponds des trucs dans Facebook et je les recopie parfois ici car mes lecteurs sont différents mais le cœur n’y est plus qu’une fois ou deux par mois. Ceux qui me connaissent auront compris, par exemple, que ce billet était près dans mon crâne avant d’en entamer la rédaction. Ma vie personnelle a été mouvementée (ma mère a été gravement malade et pour la première fois en 52 ans, j’ai bien cru devoir commencer à vivre sans elle, sans mes allers-retours en Bretagne pour la voir,…). Au niveau du boulot, après une période de trois ou quatre ans bien dense (qui explique aussi mon absence des blogs), mon service a été réorganisé et pas vraiment en ma faveur. Maintenant, ma mère est réparée et je m’entends à merveille avec mes nouveaux chefs dans la nouvelle structure.

Au niveau politique, c’est plus compliqué et je suis très déçu. Tout d’abord, déçu par Emmanuel Macron. Je savais qu’il n’était ni de droite ni de gauche et donc surtout ni de gauche mais il me semble avoir tourné le dos à plus de la moitié de son électorat, tous les braves gens du centre gauche, comme moi, qui ont voté pour lui à cause du vide sidéral au sein de la gauche traditionnelle. Ca se voit de plus en plus : il commence même à reprendre des mesures de Nicolas Sarkozy comme les heures supplémentaires défiscalisées. Et il paye tout ça avec la dette ce qui n’empêche pas les andouilles de le traiter d’ultra libéral ! Comme si dépenser du pognon public était libéral…

J’avais constaté depuis longtemps qu’il y avait bien deux gauches irréconciliables. Par exemple, au sein des leftblogs, les débats ont toujours été animés alors que j’aurais voulu en faire un groupe de blogueurs de gauche, de toute la gauche, de toutes les gauches et pas une instance politique, celle qui a été vue par les quelques types qui nous connaissaient comme un ramassis de sociaux libéraux… Je parlais du congrès de Reims. Ca a été l’apogée d’une division idiote, ne reposant pas sur des lignes idéologiques visibles de l’extérieur du parti mais sur des querelles de personnes, entre les partisans de Martine Aubry et ceux de Ségolène Royal. Tout ça fut quand même un peu oublié avec le chemin de la victoire de 2012 mais un autre bordel a continué.

Et il n’a pas cessé. Les électeurs et les militants ont quitté le PS et force est de constaté que le parti n’a pas fait ce qu’on attendait de lui en 2018 : tirer un bilan clair et net la présidence Hollande. Du coup, chacun est resté planté dans ses convictions sans faire la moindre concession. Le PS a fait d’autres erreurs comme ne pas désigner un chef connu du grand public et ne pas tracer plus tôt la voie pour les Européennes (c’est quand même fort de voir une personnalité comme Ségolène Royal se faire éconduire par les écolos alors qu’elle ne voulait même pas de la tête de liste, sombres imbéciles écologistes qui ne pensent qu’à une victoire momentanée : être la deuxième force de gauche à une élection dont tout le monde se taper).

Il se trouve que parmi les anciens électeurs de François Hollande, certains sont passés chez Macron, d’autres, comme moi, ont levé le pied, les plus méritants sont restés et quelques-uns ont franchi la porte des insoumis. Tant pis. Je pense que mon groupe est majoritaire. Je le vois par exemple auprès des collègues de travail ou des clients des bistros avec qui j’ai toujours parlé politique. Et j’en veux aux autres, surtout aux plus à gauche, de ne pas avoir compris. Je radote un peu mais nous n’avons pas voté Macron par conviction. Nous n’avons pas avalé ses idées. Nous avions constaté que le rivage droite gauche ne suffisait plus à faire une ligne politique (on parle maintenant d’un clivage entre les populistes et les européistes !). On a favorisé le lascar qui le disait, qui voulait travailler avec tout le monde, au centre et tout ça. Dans ma parenthèse, j’ai lâché le mot : populistes. Au fond, je ne sais pas ce que ça veut dire. La bande à Macron n’est-elle pas populiste ? Plus que les autres ?

Ils sont surtout incompétents tout comme les différentes oppositions. 2018 l’a montré.

Le bon côté des choses est, pour moi, que j'ai pu aller voir autre chose que les aspects économiques et sociaux de la gauche comme tout ce qui touche autour de la République et de la laïcité. Et de plus en plus, je pense que les aspects sociétaux de la gauche la tuerons (encore plus !). Chaque cause est individuellement bonne mais le cumul de ce qu'on essaie de nous imposer fait déborder le vase et donne peut-être des gilets jaunes. Ou bruns. Les éternelles leçons de morale, j'en parlais hier, des vrais leçons, on veut nous éduquer à bien penser, j'en parlais plus ou moins hier, détruiront le vivre-ensemble des gens identiques ou presque.

Je parlais de 2018 qui avait été un tournant pour moi. Du fait de l'état de santé de ma mère, elle n'a plus de voiture. Je me promène beaucoup en vélo (j'en suis à 42 km en une semaine, le tout entre la maison, la maison de retraite et le bistro) ce qui ne m'empêche pas conchier les pistes cyclables que j'emprunte.

Vive les paradoxes !

26 décembre 2018

Gilets et étoiles jaunes : on vigile pour vous, restez zen !

Ce qui me gonfle le plus dans le torchon d’Asko c’est qu’il fait partie de cette meute d’abrutis qui opposent quelques groupes d’élites (pour ma part, je suis membre du Printemps Républicain et assez proche des idées des fondateurs sauf au sujet de la circulation à Paris) au peuple sans même se rendre compte qu’il fait lui même partie d’une espèce d’élite. 





Comme la plupart des gens qui défendent un truc qui leur tient à cœur mais dont la plupart des gens s’en foutent. Pour comprendre, vous devriez lire le nombre de conneries que je vois sur mon mur Facebook. 

Ça me rappelle un récent d’article du monde qui parlait des commentaires reçus suite à un précédent article où ils parlaient d’une famille de « pauvres ». Les commentateurs critiquaient les dépenses des pauvres en question : patati patata ils n’ont pas besoin d’avoir deux smartphone dans la famille et des forfaits en conséquence. Du coup, les opposants défendaient les pauvres : ils font ce qu’ils veulent de leur pognon, ils ont le droit à l’égalité vers le haut et tout ça. Je suis d’accord : les pauvres devraient avoir le droit de dépenser autant que moi dans les bistros. 

En fait, on avait des types à 2000 euros qui critiquaient des types à 1000 euros finalement défendus par des lascars à 4000. Le tout avec des accusations de mépris de classe et tout ça. Le type à 4000 méprise le type à 2000 qui méprise celui à 1000. Je m’en fous. Je suis hors catégorie. Je méprise les types à 4000. Si je ne touchais que ça, je ne pourrais pas en dépenser 2500 dans les bistros (en payant des verres à ceux au RSA que je méprise autant vu que s’ils buvaient moins ça me ferait des économies) et être fauché en fin de mois. 

On arrive à des torchons incompréhensibles ce pour quoi Asko est assez fort ce qui ne m’empêche pas de souvent bien aimer ce qu’il écrit. Mais cette fois, j’ai du mal à suivre. 





Askolovirch critique les gens qui tentent de lutter contre l’antisemitisme parce que tous les gilets jaunes n’exigent pas le port de l’étoile du même métal. C’est compliqué mais il faut bien vendre et faire buzzer des serviettes hygiéniques. 

Vive les vigilants !

21 décembre 2018

Certains ne comprennent pas le triste état de la gauche, c'est ballot !


Je n’ai pas suivi les réseaux sociaux, aujourd’hui, mais hier, deux types de publications, liés, m’ont frappé. Tout d’abord, il y a le potentiel retour de Nicolas Sarkozy, le fait qu’il ait représenté Emmanuel Macron dans je ne sais quelle (si, je sais…) cérémonie à l’étranger. Ensuite, il y a les militants socialistes anciens soutiens de la gauche du parti et souvent partis chez Hamon ou Mélenchon maintenant, qui se foutent de la gueule des socialistes qui soutiennent Macron.

Tout d’abord plaçons-nous deux ans en arrière (deux ans et 21 jours pour être à la veille de l’annonce d’Hollande). La gauche traditionnelle était à la ramasse et un type nouveau, Macron, arrivait, on pouvait croire en lui comme type du centre gauche, prêt à travailler avec le centre droite, avec une politique libéral, quand on était social-démocrate ou libéral de gauche. On attendait alors les primaires de gauche. Un seul type représentait encore quelque chose, Hamon. Il a gagné la primaire mais tout le monde savait qu’aucun candidat du PS n’avait la moindre chance de gagner la présidentielle… A la limite, on s’en foutait un peu. On se désolait des années gâchées et le seul type qui pouvait nous éviter la droite dure était Macron.

Alors les types du centre gauche se sont « séparés » en deux, ceux qui ont réellement décidé de soutenir Macron, voire de rentrer dans ses troupes, et les autres, comme moi, qui n’ont fait que voter Macron pour éviter le pire. Puis espérer pendant quelques mois après l’élection, sans vouloir faire de bashing pour en avoir tant subi pendant cinq ans. Et tout s’est envolé. On est orphelins. D’un leader de centre gauche. De Pépère, sans doute.

Quand on est à la gauche de la gauche, se moquer d’eux est oublier l’histoire récente, à savoir que la gauche du PS s’est encore plus plantée que le centre gauche. Se moquer d’eux aujourd’hui est encore plus con quand on sait la popularité de cette gauche, de toute la gauche aujourd’hui.

Et le fait que le retour de Sarkozy est sincèrement évoqué (je n’y crois pas, n’en débattons pas, c’est juste son évocation qui m’intéresse) montre bien qu’il y a un boulevard pour le centre gauche. Encore faut-il savoir y entrer et les dirigeants actuels du PS, tout comme certains militants, ne sont pas prêts à y entrer, tout comme les écolos qui s’imaginent déjà sur des nuages sans se rendre compte que les 10% qu’ils pourraient récolter sont une anomalie de l’histoire.

A bon entendeur, je vais au bistro. Je suis en vacances.