05 décembre 2019

Défendons ma retraite (et seulement la mienne, hein !)

J’en suis toujours au même point. Je me fous de cette réforme des retraites. A titre personnel, je suis propriétaire d’un appartement en région parisienne et - pour résumer - je vais passer ma retraite en Bretagne dans une maison dont je vais hériter (j’ai dit : je résume, dans les faits, je vais acheter la maison avant). Mon appartement vaut bien 350000 euros ce qui me permettra de vivre jusqu’à ma mort dans d’extrêmes douleurs à cause de mon futur probable cancer du foie. Cela étant, il paraît que c’est un des cancers les moins douloureux. 


A titre « collectif » ou « politique », c’est différent. Mais il est probable que tous les métiers que l’on connaît actuellement auront disparu dans 20 ans. Sauf les barmans, les putes et les flics car les rapports humains sont essentiels. Être servi par une fausse dame à laquelle je ne peux pas mettre les mains aux fesses, éjaculer dans un machin en latex ou être ramassé saoul comme un cochon sur la voie publique par un robot, admettez que ça manque de charme. Dans un contexte d’automatisation et d’accélération de la mutation des métiers, défendre les régimes spéciaux devrait mériter le cabanon. 


C’est en outre d’un rare égoïsme puisque les types qui manifestent défendent généralement leur propre retraite et n’ont strictement rien à cirer des autres. 


Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit et lisez ma publication d’hier : je suis contre cette réforme. Pour les mêmes raisons. On ne sait pas de quoi sera fait demain alors arrêtons de nous projeter bêtement. Défendons le système global. Il y a trois paramètres. La durée de cotisation, le taux de cotisation et le montant des pensions. Jouons avec ces paramètres. Objectivement. Sans masquer des trucs. Défendons la répartition. 


Cela étant, j’ai écrit un commentaire dans les réseaux sociaux, du genre « manifester est un droit. ». Un type m’a répondu : « ne pas manifester est un droit ». Il a raison. Je ne manifeste pas. Je ne fais pas la grève. 


Un peu plus tard, dans une autre conversation débile des réseaux sociaux, un type m’a dit : « ce n’est pas que pour ma retraite que je manifeste mais aussi pour la tienne. » Je lui ai évidemment répondu de s’occuper de ses fesses et pas de ma retraite. Non mais sans blague. Pour qui il se prend ? 


J’essaie de militer pour une juste répartition de la production des richesses pour assurer la survie du système dans son évolution. Si on veut manifester pour moi, on peut exiger dans les cortèges là diminution des taxes sur la bière. Pas fanfaronner sur la défense des autres quand on ne pense qu’à sa gueule. 

03 décembre 2019

La réforme des retraites, la grève, et moi

L’escalator est tombé en panne. Je suis resté bloqué. 


A part ça, pendant la grève, je suis à peu près décidé à aller au boulot alors que ma boîte m’autorise à faire du télétravail par dérogation par rapport aux accords (en principe, je ne peux faire du télétravail que le vendredi quand je suis chez ma mère). 


Je vais le faire par solidarité avec :

- les collègues qui ont besoin d’être dans les locaux pour faire leur boulot (un barman ne peut pas faire de télétravail... et un homologateur de distributeur de billets n’a pas de machine de test dans son salon),

- les consultants (le contrat de la firme est avec leur entreprise et ils n’ont pas accès à l’intranet en dehors du boulot et ne sont donc pas autorisés par la firme à télétravailler). 


Je me dois d’être solidaire avec des gens que je côtoie au quotidien. Pas avec des avocats qui gagnent plein de pognon et à qui on impose d’être solidaires avec les pauvres qui sentent mauvais pour payer leurs retraites. 


Je suis contre les régimes spéciaux non pas pour les conditions de départ en retraite mais par devoir de solidarité entre les métiers. Ou alors qu’on crée un régime de retraite pour les salariés du numérique (je devrais alors toucher plus à la retraite qu’en travaillant vu que le nombre de salariés va augmenter). C’est ainsi. Les métiers changent. Un type qui est embauché en 2019 par la RATP mérite des conditions spéciales de départ en retraite parce qu’il a un travail abominable. 40 ans dans des sous-sol avec des horaires tordus à accélérer et arrêter avec un stress à cause des types qui pourraient se jeter sous les voies. L’horreur. Par contre, il doit bien se douter qu’en 2059, il y aura très peu de chauffeurs de métro vu que tout sera automatisé. Sa caisse de retraite va couler si elle doit rester autonome. 


Il faut donc revoir intelligemment les régimes spéciaux par solidarité. Par solidarité. Pas défendre ce que certains appellent des privilèges, comme si c’était un privilège de passer sa vie à empiler des briques dehors. 


Je ne vais pas manifester ou me mettre en grève parce que je ne sais pas ce qui va être proposé. Je ne vais pas me mettre en grève parce qu’aucun préavis n’a été déposé dans ma boîte.


Enfin, j’ai commencé à cotiser à 19 ans. Non stop depuis (sauf pendant le service militaire). A 22 ans, j’avais le statut d’ingénieur en informatique dans ma boîte (avec un bac plus deux mais j’ai un don). Je veux bien être solidaire avec les gens qui n’ont pas eu pas ma chance (ou mon don, don relatif, il ne porte que sur les distributeurs de billets, le truc qui allie la mécanique et l’informatique). Je n’ai pas envie, en revanche, d’avoir la même contrainte d’âge de départ qu’un type qui a commencé à bosser à 25 ans parce qu’il a merdé dans ses études. 


Par contre, je veux bien être solidaire avec les « générations futures ». Du moins, celles qui arriveront à la retraite bien après moi. Je pense à mes neveux et nièces, aux jeunes que je rencontre au 1880... On n’a aucune idée de la manière avec laquelle évoluera le travail. Un jour, un chatbot pourra remplacer un avocat. La robotisation, l’intelligence artificielle,... auront des effets terribles sur le travail. 


Je suis contre cette réforme car on ne sait pas de quoi elle est constituée. 


Je suis contre cette réforme car elle est inutile (différentes publications montrent que le financement est assuré pour longtemps). 


Je suis contre cette réforme car on ne sait pas de quoi demain sera fait. 


Mais je suis contre les régimes spéciaux pour les financements parce que le monde bouge. Un régime spécial ne peut jamais être rentable à long terme et qu’il est totalement inégalitaire. Par définition. 


Et je suis contre cette grève. Elle nous emmerde. Si elle dure, je ne pourrai pas aller passer Noël avec ma mère (je n’en fais pas un aspect personnel, je pourrais aussi faire la fête chez moi ; je pense à chaque personne qui a des ennuis qui dépassent le cadre du boulot, comme pour la précédente grève à Montparnasse quand ces andouilles ont empêché des braves gens d’envoyer les fosses chez les grands-parents). 


Et si je suis contre cette grève, c’est parce quenelle ne changera rien. Macron fera un pas en arrière, au mieux, et le suivant fera un autre pas débile, qu’il soit de droite libérale ou de gauche radicale mais dans un sens inverse. 


Vive la gauche libérale ! Vive la retraite ! 

21 novembre 2019

Vive la République mais pas les cons des réseaux sociaux




Trop c’est trop. Pourquoi ce type m’invite à rejoindre ce groupe Facebook ? Surtout, quand les militants apprendront-ils à utiliser correctement les réseaux sociaux sans perdre de temps. Continuons à rigoler dans les blogs et arrêtons ces conneries contre-productives dans Facebook. 


J’aime bien la République et la France. Surtout la république française, d’ailleurs. J’aime aussi la Bretagne, l’Europe et le pâté de campagne fabriqué à Uzel vendu sous le nom « gros pâté ». Je vous les conseille. 


Mais je ne vais pas acheter une charcuterie avec la photo de gens que je ne respecte que pour les missions qu’ils occupent (on pourra me répondre que la dame n’occupe aucune fonction mais la question n’est pas là). Je rappelle que j’ai voté Macron par défaut aux deux tours et que je refuse le bashing systématique parce que j’ai « subi » ce bashing pendant la mandature précédente. Je n’aime pas la politique qu’il mène mais il a cinq pour réussir tout comme Hollande les avait (mais les imbéciles de militants des réseaux sociaux voudraient que les décisions prises aient des effets immédiats). 


Je ne sais pas qui est Bernard mais je vais lui suggérer d’aller se faire appliquer des pratiques sexuelles rigolotes mais réprouvées par la morale publique. 


Je parlais de conneries contre-productives : en voilà une. Je suis exaspéré par les militants pro-Macron (et je sais avoir exaspéré des gens quand je faisais la campagne d’Hollande en 2012). Quand je vois ce genre de truc (une invitation à un groupe en faveur d’un type que je n’aime pas, pour une raison bidon, genre « soutenez Macron, dernier rempart pour défendre la République »), le lascar me révulse encore plus. 

Mais encore moins que les applications de blocage qui changent subitement de police de caractère, cela étant. 

15 novembre 2019

Le conteur Finky

Les types qui tapent sur Finky (et je n’ai pas l’habitude de défendre ce type) se couvrent de ridicule mais ne s’en rendent pas compte. Tout d’abord, ils tournent un peu entre eux vu que dans leurs abonnés il y a des andouilles comme moi qui ont bien compris qu’il plaisantait face à de Hass (between Two Chears comme dirait l’autre mais mon niveau d’anglais est tellement nul que j’ai mis du temps à comprendre). Il a dit des conneries pour Polanski mais notre niveau de capacité d’indignation est assez bas. On peut déplorer des actes mais 40 ans après, heu... Indignez vous braves gens. Il paraît que le film est génial. 


J’irai le voir. Quand il y aura un cinéma à Bicêtre si tous les bistros seront fermés.


Surtout, l’indignation de rigueur gonfle tout le monde. Ça fait plus de dix ans qu’on s’indigne dans les réseaux sociaux et quelques années qu’on hurle sur les fake news. Le truc de Finkie en est une. Il a poussé un coup de gueule contre une dame qui dit à chaque phrase que tous les hommes sont des porcs en puissance. Elle-même est ridicule. Tous les militants sont ridicules. 


Je retourne défendre François Hollande, tiens !


PS : désolé de publier cela ici, j’ai trouvé le titre après avoir dit ça dans FB. 

31 octobre 2019

Pourquoi les blogs sont morts ?

Avec mon copain Falconhill, on a eu une longue discussion sur l’histoire des blogs et leur mort sauf pour ceux qui ne chient pas ailleurs que dans les endroits autorisés. On a évoqué un tas de raisons. Il y en a une à ne pas négliger. C’est ballot. Mais les blogs ne servent plus à rien. Sauf à parler avec les copains qui les fréquentent et c’est essentiel. 

Aujourd’hui, le Monde, le journal de référence a fait une boulette et a diffusé la « nécrologie » de Bernard Tapie alors qu’il n’est pas encore entièrement passé de l’autre côté, le brave homme. On a bien rigolé dans les réseaux sociaux et Le Monde a présenté ses excuses. Une abominable erreur bien compréhensive. Ils ont des articles prévus pour toutes les éventualités et une andouille a fait une bévue. 

Bien après, un blogueur en a fait un billet. 



Il ajoute du texte pour se rendre interessant et faire croire qu’il produit du fond. 

Ce genre de lascars a tué les blogs politiques en diffusant des billets à propos d’une information sans intérêt : la presse fait des conneries. 

26 octobre 2019

Retour vers le passé

Moi : tu as quel âge, maintenant, 70, 75 ?
Lui : non, 63.
Moi :  oups. Excuses, depuis le temps qu’on s’est pas vus, j’ai fait une erreur de calcul. 

Tu parles ! Il en fait 90. Je pensais avoir été poli. Lui, c’est Alain, ancien cuisinier de la Comète, du temps de Martine et Lelio. Je ne l’avais pas vu depuis des années. Je savais par sa femme (morte depuis) qu’il était malade (j’avais échangé par téléphone avec lui lors de la mort de sa grosse). 

Je pense qu’il a été malade pendant près de 12 ans. Lors de la fermeture de l’ancienne Comète, celle de Josiane, de Jean et des deux cités plus haut, fin 2007, il était déjà limite... Il avait continué à venir prendre des verres ici pendant quelques années avec sa femme. Ils s’asseyaient toujours à la même place. Voir mon illustration : la table la plus proche de l’extincteur, elle de face (à ma caméra, lui de dos). 

Quand il est tombé malade (elle l’était déjà, c’est lui arrivait à faire tenir la maison), il ne pouvait plus venir. Alors elle venait toute seule et s’asseyait à sa place. Elle arrivait le samedi après-midi (peut-être les autres jours, mais je bosse). J’arrivais ensuite, après la sieste. Elle était très handicapée. Nous échangions deux ou trois mots. Je prenais des nouvelles d’Alain. La réponse était souvent la même : il ne sort plus. 





Hier soir, il m’appelle : c’est Alain, j’ai rendez-vous demain à la Comète avec Anne-Marie, mais si tu la connais, à midi et demi. Tu seras là ?

J’ai mis plusieurs secondes avant de comprendre qui était Alain (et j’ai compris ce midi qui était Anne-Marie mais il n’avait aucune raison de penser que je la connaissais, elle n’était pas cliente à l’époque). 

Alors je suis arrivé, aujourd’hui, vers 12h15. Il était à sa place. Je me suis assis en face, à celle d’Aline, où elle s’était assise pendant des années, toute seule depuis qu’il ne venait plus. J’étais presque gêné. On papote un peu. Je le présente au personnel. Seul Pascal travaille ici depuis plusieurs années et connaissait Aline, sa femme, celle dont j’occupais la place dans le bistro. 

On papote un peu et il me dit que ça fait seulement quatre ou cinq jours qu’il peut sortir tout seul. Ne me demandez pas d’où. Il m’a dit qu’il pouvait sortir depuis quelques semaines avec la femme de ménage mais qu’il ne faisait que quelques pas dans la rue. Je ne sais pas qui est la femme de ménage. Je suppose qu’il s’agit d’une aide soignante ou d’une assistante sociale. Je ne sais pas. Aucun mépris de ma part. Je ne sais pas s’il loge dans une maison de retraite, une annexe d’un hôpital, l’appartement qu’il occupait avec Aline.

Quand je suis arrivé, j’ai vu un petit vieux. Il n’a pas dix ans de plus que moi.

24 octobre 2019

Traitons de bière

J’arrive au bistro où je vais tous les soirs après le boulot. Et le patron me dit « Tu connais la 1947 ? » « ben oui » « c’est pas possible, ça vient de sortir ! C’est la commerciale de Kronenbourg qui me la propose en avant première ». 

Ccil et Christophe sont des précurseurs ! Gloire à eux. Ça fait plusieurs mois qu’il y a de la 1947 au 1880 (toutes les marques sont des années dans ce bistro). Quand le patron du 1880 m’avait parlé de cette bière, je m’étais intéressé à l’histoire de la Kro. Passionnante. Avec Christophe, nous avons les mêmes goûts en matière de bière. 

Par exemple, on aime bien goûter à tout et découvrir des produits. Mais quand il s’agit d’en boire plus de trois ou quatre (demis), il y en a très peu vraiment buvables. Je vais citer les deux plus connues : la Carlsberg (j’y suis) et la Kro de base (comme à la Comète). 

La Kro a une mauvaise image. Ça date de longtemps. L’image d’une bière de chantier. Elle est pourtant très bonne mais les types qui boivent relativement peu de bière préfèrent des bières avec plus de goût, comme la Grimbergen. Kronenbourg n’a pas une mauvaise image vu qu’ils ont depuis longtemps un très bon produit, la 1664 (et ses dérivés comme la blanche). Une des meilleures spéciales sur le marché, battant haut la main des bières étrangères.

Attention ! Les goûts et les couleurs ne se discutent pas. On ne peut pas tous être d’accord. Je sais par exemple ce qu’Annie et Marc pourraient commenter à ce billet. Ils sont pardonnés. 

Quand j’étais plus jeune, il y avait une bière de base dans les bistros (Kro, Kanter, Pelforth, Amstel, Heineken...), une bière spéciale (1664, Heineken, Carlsberg, Tuborg) et parfois une bière « autre » (Guiness, Leffe, Grim, Record, blanche...). Depuis plus récemment, le choix est plus large. Beaucoup de simples bistros ont cinq ou six pressions au choix (je pense que les processus de conservation ont changé et que les bars peuvent se mettre d’avoir plus longtemps les flux en perce mais il y a d’autres raisons : la baisse du nombre de cafés, la mode de la bière par rapport à d’autres boissons,... qui font que la consommation de bière d’un commerce augmente).  

Les marques ont changé leurs politiques de marketing. La Kro est remontée en image. La Carlsberg et la Heineken sont devenues des bières de base. D’autres marques ont presque disparu. Des brasseurs (en tant que distributeurs de bières) ont modifié leurs pratiques sans compter le monde de la finance qui provoque des concentrations. Regardez vos bistros préférés. La plupart ont de la Kro (ou de la Carlsberg), de la 1664 et de la Grim. Je suppose que la Carlsberg et la Kro ont le même distributeur : Kronenbourg. 

C’est une révolution par rapport à la décennie précédente où Amstel et Heineken arrivaient en tête. 

Revenons rapidement sur un détail. La différence entre la Kro et la 1664 (blonde). La première est plus légère en alcool. Mathématiquement vous pouvez en boire plus. Surtout, elle est plus légère en goût. Donc plus digeste. Moins écœurante à la longue. Kronenbourg a probablement fait la 1664 pour améliorer son image mais vend plus de Kro pour une question mathématique. Les gens du marketing sont des génies et on est manipulés. Faisons une expérience. Prenez un type qui boit de la 1664. À la quatrième, vous lui servez de la Kro. Il ne le remarquera pas. De toute manière, la bière est un produit qui se boit froid. Donc les goûts sont tués. 

Revenons à la 1947. Je pense que le 1880 a remplacé la Kro par ce machin au début de l’été (sous l’impulsion d’un commercial Kronenbourg, je suppose). A cette époque, j’ai constaté que mes notes de bistro avaient chuté de 30%. J’aurais dû me réjouir pour mon portefeuille mais, bête comme je suis, je me suis demandé si ce n’était pas lié à l’âge ou à une maladie quelconque. J’étais d’autant plus inquiet que mes notes à la Comète (Kro) et au bistro à côté du boulot (Carlsberg) n’ont pas changé et que j’aime toujours autant changer occasionnellement de bière pour l’apéro, découvrir de nouveaux produits et tout ça. Je me demandais si mon « évolution » n’était pas définitivement liée à l’âge (à Loudeac, les bistros ferment à 1 heure du matin, à Bicêtre à 22h30). Si ma note baisse, c’est que je bois moins de bières. 

Remarquons que j’ai vécu le même phénomène mais inversé quand la Comète est passée de l’Amstel à la Kro en 2008 mais sans que je m’en rende compte à l’époque pour différentes raisons (les horaires ont changé et j’ai arrêté de faire crédit, crédit que je faisais pour pouvoir payer par chèque tout en éclusant mes chèques restaurant). Notons le génie de l’homme : nous avons une auto régulation. Comme je buvais plus et plus tard, je n’arrivais plus à me lever pour aller au boulot alors que j’étais très matinal (il me fallait lire la presse et faire mon billet de blog vers 9h). Du coup, je me lève maintenant à 8h30 et bosse plus tard donc sort plus tard du bureau pour aller au bistro. J’ai trouvé le point d’équilibre. 

Ainsi, revenons à ma conversation avec le patron à côté du boulot. Je lui ai raconté ça. En résumé, ça donne : « tu vas faire de la 1947, ça va entrer en conflit avec tes bières spéciales mais ça va diminuer la consommation des buveurs de bière de base. »

Il a fait la gueule.

21 octobre 2019

L’affaire Odoul : un défis pour la République !

Une fois n’est pas coutume, je copie ici une publication du Printemps Républicain dont au sujet duquel je suis fier d’adhérer depuis deux ans. Mon premier engagement associatif depuis 1997. J’avais tout laissé tomber depuis. C’etait au sein de l’association laïque du scoutisme français et nous étions partis en mauvais termes. 

Je copie, donc :

« 🎙L’affaire Odoul : un défi pour la République ! 🎙

Depuis sa création, le Printemps républicain alerte sur l’existence d’une véritable « tenaille identitaire », selon l’expression d’un de ses fondateurs Gilles Clavreul. Celle-ci oppose, d’un côté, l’extrême droite glorifiant une soi-disant pureté de l’identité ou de la civilisation françaises et, de l’autre, l’islam politique et ses idiots utiles glorifiant pour leur part diverses identités au motif que la France serait demeurée cet état colonial aux relents racistes nourrissant une haine contre les Musulmans. 

Dans ce face à face, la République est accusée – en même temps – de faiblesse et de racisme. Et souffre d’être déchirée par les mâchoires de cette tenaille à l’imaginaire de guerre civile. La polémique engendrée par un conseiller régional Rassemblement national est la dernière illustration de cette unique façon d’envisager la vie en commun : inflexible, chaque camp enjoint à l’autre de se soumettre ou de quitter le pays… Et chaque nouvelle outrance nourrit la suivante.

Dans ce capharnaüm, il est difficile d’exister. Mais pas impossible, comme ont su le faire Amine El Khatmi sur LCI ou Laurent Bouvet dans le Figaro la semaine dernière. Qu’ont-ils dit l’un et l’autre ? Qu’il faut partir de la loi telle qu’elle existe aujourd’hui : si ces femmes n’ont pas d’attitude prosélyte, rien ne leur interdit d’accompagner des sorties scolaires. On peut être en totale opposition avec cet attribut rétrograde, mais il ne faudra pas compter sur le Printemps Républicain pour se lancer dans une chasse aux femmes voilées. Et si la loi devait être amenée à changer, on ne le devrait alors qu’aux excès des tous ces entrepreneurs identitaires qui font d’une zone de respiration laïque – l’école – un territoire disputé que l’Etat doit neutraliser. Nous proposons plutôt d’utiliser les bataillons de volontaires de la réserve citoyenne et du service civique pour accompagner le plus possible les sorties scolaires plutôt que de faire de ces moments hybrides des annexes de la neutralité de l’Etat. 

Sur ces sujets, mis à part la position affirmée – et pourtant contestée – du ministre de l’Education nationale, l’Etat est précisément le grand absent de la séquence que nous venons de vivre. En refusant d’exprimer une direction claire sur les questions de laïcité qui pourrait enfin soutenir une action ferme, le Président de la République renforce la cacophonie. 

En effet, aux discours forts qui suivent les épisodes tragiques que connaît son quinquennat – que l’on songe à l‘assassinat du colonel Beltrame ou à celui des fonctionnaires de la Préfecture de Police de Paris – ne succèdent que des actes faibles. Et les propos ambigus sont immédiatement suivis d’un déchirement de sa majorité. Si le Président a su définir les lignes directrices de sa vision pour l’Europe dans le fameux discours de la Sorbonne, on regrette l’absence de son pendant sur l’Etat, ses missions, ses moyens et son rapport à la laïcité. Pour l’heure, le Président semble porteur d’une vision uniquement comptable qui nourrit tous les mécontentements. 

Nous touchons ici aux racines du mal qui nourrissent inexorablement la tenaille identitaire : en raison de l’absence d’une vision claire portée au plus haut niveau, les assauts identitaires de tous bords prennent de court des fonctionnaires désemparés, immanquablement critiqués lorsque, courageux, ils décident d’agir et de lutter. Nous constatons ainsi l’affaiblissement de l’Etat, l’amollissement de la notion de service public et, in fine, la démoralisation de tous les fonctionnaires (par ailleurs alimentée par l’échec spectaculaire de certains services publics, pensons à l’école qui malheureusement amplifie les inégalités sociales ). « Puissance publique » est une expression vide de sens lorsque ses serviteurs ne savent en quoi ils sont encore puissants et à quoi il leur sert d’être publics…  

Ainsi, la tenaille identitaire n’est forte que de la faiblesse de la République. Or, qui incarne la République sur le terrain ? Les fonctionnaires de première ligne : policiers, enseignants, infirmiers médecins, pompiers, magistrats etc. auxquels on pourrait rajouter les élus locaux. C’est-à-dire tous ceux qui expriment aujourd’hui leur malaise en manifestant, en faisant grève, en refusant de poursuivre leur mandat ou plus tragiquement en attentant à leur propre personne...  « Passer à l’acte » de toutes ces manières est le pouvoir qu’il reste quand agir en représentant de l’Etat devient peu à peu impossible, difficile ou insensé.  

Sans jamais se hausser au niveau de l’intérêt général, les identitaires de tous poils partent à l’assaut du commun pour y être entendus ou reconnus. C’est donc l’expression irrépressible de ces identités (individuelles ou communautaires) qui induit un changement de rapport au collectif, donc au service public et nous oblige désormais à redéfinir celui-ci. C’est pourquoi l’impératif managérial et les règles comptables, aussi légitimes soient-ils, ne peuvent servir de doctrine et masquer aux agents le sens de leur métier et leur devoir d’incarnation de l’Etat. Pour répondre aux problèmes de coût, d’efficacité mais aussi de laïcité, l’alternative n’est pas entre une remise en cause libérale de l’idée de service public ou la crispation étatiste – plus d’argent, plus d’agents sous statut. Il est dans une redéfinition même du sens du service public face à la tenaille identitaire. Le service public est un élément de notre accord commun. Et il cherche une nouvelle respiration – les débats sur la laïcité en témoignent. 

Affirmons-le clairement : si l’on veut véritablement lutter contre les extrêmes, contre le communautarisme, contre l’hydre islamiste et au-delà contre la pauvreté ou la relégation sociale, alors il faut investir dans le sauvetage de nos services publics. Non pas seulement avec plus d’argent mais d’abord avec plus de sens. C’est-à-dire notre soutien et notre reconnaissance pour « la République en première ligne » ! »