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11 octobre 2013

La rentabilité du gaz de schiste

Moi ! Vous me connaissez. Ou pas. Je ne suis pas anti gaz de schiste mais opposé à la fracturation hydraulique. Ca détruit nos sous-sols, nos nappes phréatiques, c'est caca. Il y en a même qui ont montré que l'eau du robinet devenait inflammable ce dont au sujet duquel j'ai du mal à croire. Pourtant, économiquement, il me semble intéressant d'exploiter ce bordel. Ca éviterait de payer du pétrole à des pays qui sont obligés d'investir dans nos équipes de foot et nos hôtels de luxe le pognon qu'on leur file.

La nouvelle est tombée aujourd'hui sans se faire trop mal : la loi interdisant la fracturation hydraulique est bien conforme à la Constitution. C'est le Conseil Constitutionnel qui l'a dit suite à un recours de méchants pétroliers étrangers qui voulaient exploiter chez nous.

C'est bien fait. Nananère.

Néanmoins, des braves gens (Arrêt sur image et Reflets), un peu gauchistes sur les bords, ont mené l'enquête : l'exploitation du gaz de schiste n'est pas rentable. Vous pouvez lire les billets que je mets en lien (le premier, extrait du deuxième, est réservé aux abonnés).

C'est amusant comment on peut être pour ou contre le gaz de schiste. C'est le thème de cet article d'Atlantico. Ou, plutôt, de son début. On se rend compte rapidement, puisqu'ils le disent, que les auteurs sont favorables à l'exploitation du gaz de schiste. D'ailleurs, ce n'est pas un article mais une tribune adressée à l'UMP pour lui demander de se battre contre la loi...

Néanmoins, en conclusion, ils confirment que ce gaz n'est pas rentable. « Le gaz de schiste ne constitue pas la pierre philosophale : pour un certain nombre de raisons que la Boîte à idées a développées dans son rapport sur le sujet, son exploitation ne créera pas de centaines de milliers d’emplois comme aux Etats-Unis, et n’entrainera pas d’effondrement du prix de l’énergie dont pourrait profiter notre industrie (nos coûts d’exploitation seront plus élevés aboutissant à un coût de revient proche des cours actuels en Europe, et le prix de l’électricité, déjà faible grâce à notre parc électronucléaire n’est pas impacté par les prix du gaz en France). » Ils disent simplement que cela serait bon pour notre économie...

Pour résumer les arguments des deux articles que je cite : l'extraction du gaz de schiste coûte plus cher que le gaz normal plus les frais d'importation. On ne connaît pas les réserves. Le nombre de puits a commencé à baisser aux USA où l'Etat commence à envisager d'augmenter les subventions au secteur...

Un des articles souligne qu'il est bizarre que les opposants au gaz de schiste ne prennent pas en compte cet argument de la non rentabilité de l'extraction de ce gaz. Il est étrange que les industriels continuent à vouloir investir, jusqu'à se permettre de saisir notre bon vieux Conseil Constitutionnel. Il serait donc rentable pour eux mais pas pour nous ?

Etrange.

12 juillet 2013

Vive le gaz de schiste ?

Cette polémique à propos du gaz de Schiste commence à me les brouter sérieusement comme à peu près tous les sujets liés à l’environnement. Elle a à nouveau éclaté suite à des propos d’Arnaud Montebourg – les mêmes qu’il tient depuis longtemps – et des imbéciles élus qui se disent dans la majorité ont immédiatement exigé sa démission : qu’ils se taisent.

Pour ma part, je ne suis pas scientifique mais blogueur politique dubitatif. Pour l’instant, on suppute que l’extraction du gaz de mes deux par fracturation hydraulique est réellement très mauvaise pour l’environnement. Je suis un blogueur politique dubitatif mais de gouvernement : il a interdit l’extraction par fracturation hydraulique et c’est très bien.

Je ne suis pas scientifique et je n’ai pas que ça à foutre : je lis les arguments des anti et des pro. Je ne sais pas qui croire et, franchement, je n’ai envie de croire personne. Je ne suis pas spécialement pour le principe de précaution, un machin qui a été inventé par la droite pour se donner bonne figure. Il n’empêche qu’il n’y a pas le feu au lac et, avec le pragmatisme qui me catégorise, j’aurais tendance à dire : faut voir. Continuons les études avant de commencer la poursuite de l’inexorable destruction de la planète…

Le gaz de schiste, c’est caca.

C’est un machin, quand on l’utilise pour cuire des nouilles, faire avancer une voiture ou mettre de la pression pour pouvoir tirer des bières,… Ca produit du CO2 et un tas d’immondice qui ne servent à rien à part sauf à participer à la photosynthèse pour produire de l’orge, sympathique ingrédient de base de la bière que l’on vient de tirer.

Du coup, on rejette un paquet de CO2 dans l’air. Il s’entasse bêtement en hauteur. Ca fait « effet de serre ». Ca génère le réchauffement climatique qui donne si soif. D’ailleurs, je soupçonne le lobby des producteurs de bière de s’être associé avec celui des extracteurs de gaz… Tout cela a un côté « cercle vicieux ».

Un peu de sérieux.

L’utilisation du gaz de schiste est mauvaise comme l’utilisation de toutes les énergies fossiles et en plus ce n’est même pas une énergie renouvelable. Il faut que l’essentiel des dépenses de recherche soient orientées vers des machins renouvelables et non polluant.

Le gaz de schiste, c’est caca mais…

Quand tous les autres pays autour de nous auront commencé à extraire du gaz de schiste et poursuivront la pollution de l’air avec une nouvelle saloperie, ça nous fera une belle jambe de ne pas participer à la destruction de la planète. A peu près tous les pays du monde rejettent un maximum de saloperie dans l’air ricanant doucement de tout ce qui est mis en place pour leur faire payer leurs saloperies.

Et quand la droite reviendra au pouvoir, en 2017, 2022, 2027 ou 2032, elle autorisera l’extraction en question, on aura l’air malin d’avoir sauvé le monde cinq ans (ou plus)…

Tiens ! Aparté. Ils m’ont encore gonflé avec leur fiscalité écologique. Je suis contre, nananère. De toute manière, c’est le consommateur final qui paye. En gros, la fiscalité écologique, c’est : OK, tu payes et tu as le droit de détruire la planète. A trop défendre la fiscalité machin, on finit par se transformer en gauchiste en peau de lapin. Voire en affreux libéral en organisant un marché du droit à polluer. Si un machin pollue, il faut le supprimer, quand c’est possible, pas le taxer. Amen.

Le gaz de schiste, c’est miam-miam.

Imaginez un peu qu’on trouve une solution pour extraire le gaz de schiste sans polluer, détruire les nappes phréatiques et tout ça, voire avec des avantages, peut-être une solution pour guérir la cirrhose du foie, … Le bonheur ! On n’aura plus besoin d’importer du pétrole à des méchants étrangers et le litre de carburant pour la bagnole reviendra à un euro.

Certes, comme c’est moins cher, on prendra plus la voiture et on fera moins d’effort pour économiser le chauffage. On polluera plus. C’est mal.

Imaginez qu’un habile parti politique dise aux électeurs : « bon ben l’environnement, ça commence à bien faire, on peut produire de l’essence – ou de l’équivalent – qui vous reviendra à un euro le litre tout en remettant en ordre la balance commercial en arrêtant de dépenser des sous à l’étranger et en faisant marcher une nouvelle industrie chez nous. Votez pour moi car en plus je rase gratis. » On aura l’air malin à dire : « hé ho, c’est mal, faisez pas les cons ».

Le gaz de schiste, c’est heu…

En lisant ce billet, vous vous direz : ah ! Ca y est, le gros est devenu fou. Non seulement, il utilise des gros mots mais en plus il vire réactionnaire, libéral et tout ça. Pas du tout. Le gros, il lit l’adversaire également bedonnant. Je ne crois pas spécialement son argumentaire mais je retourne le principe de précaution : avec ou sans nous, l’exploitation du gaz de schiste se fera parce qu’un jour les français vont élire des gens qui seront favorables à son exploitation.

On peut toujours siffloter discrètement en l’air pour faire mine de rien mais les électeurs finiront par se dire qu’on ne remplacera pas le pétrole et le nucléaire avec des éoliennes parce que des politiciens que nous pourrons toujours qualifier de poujadistes, ce qui ne changera rien, vont le leur dire.

Le gaz de schiste vu par François Hollande.

C’était le 14 septembre 2012 à la Conférence environnementale. Le texte du discours est sur le site de l’Elysée. Oui, je redeviens parfaitement sérieux. « Mais soyons clairs, dans l'état actuel de nos connaissances, personne, je dis bien personne, ne peut affirmer que l'exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique, seule technique aujourd'hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et pour l'environnement. »

Il l’a rappelé lors de sa conférence de presse du 13 novembre. Cette technique d’extraction restera interdite. « En revanche sur les autres techniques, je laisse les entreprises, les chercheurs travailler et je prendrai mes responsabilités le moment venu si une technique apparaît,  aujourd'hui, il n'y a aucune autre technique que celle qui est condamnée c'est çà dire la fracturation hydraulique. »

Le gaz de schiste, vu par moi.

L’exploitation du gaz de schiste se fera. Je l’ai déjà dit mais la gauche ne sera pas éternellement au pouvoir. Il est donc de notre responsabilité de faire en sorte qu’elle se fasse bien, donc avec une méthode d’extraction pas trop destructrice.

Toujours est-il que l’espèce de polémique qu’ont déclenchée les propos de Montebourg me navre. Que Jean-Vincent Placé dise des conneries, ce n’est pas très grave, on est habitué et c’est lui qui se décrédibilise. Mais j’invite tous les autres guignols à maitriser leurs propos. C’est quand même simple : le gouvernement travaille à la transition énergétique et refuse la fracturation hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste. Montebourg n’a rien dit de contraire à tout cela.

Ce qu’on retiendra de cette semaine ? Un faux couac gouvernemental avec un recadrage bidon d’un ministre et le merdier à l’UMP.

Pourtant, Romain nous rappelle qu’il y a eu aussi : la loi sur le cumul des mandats, les mesures pour l’égalité entre les hommes et les femmes, le plan d’investissement de 12 milliards (je n’en ai même pas fait un billet, tiens !, tellement tout le reste m’énerve, les mesures de simplification administrative, l’accord sur la PAC, l’avant-projet de loi sur le commerce et il en oublie, l’andouille !

Arrêtez de déconner !  

Et arrêtez de communiquer à propos de l'environnement : c'est totalement contreproductif électoralement. Foutez-vous ça dans le crane. Les gens sont inquiets pour l'avenir et vous leur expliquez que les autres pays vont avoir une source d'énergie pas chère qu'on interdit chez nous ! Inconscients...

(illustration)

04 juin 2013

Le gaz de schistes, les écolos, les lobbies et les scientifiques

Gaël fait un intéressant billet à propos du gaz de schiste et du lobbying : « les entreprises pétrolière notamment ont trouvé un nouvel angle d'attaque qui pourrait se résumer ainsi : "on nous interdit de pratiquer la fracture hydraulique pour les gaz de schiste, alors que pour la géothermie c'est légal". » Il explique ainsi les différences entre l’extraction du gaz de schiste et la géothermie.

Lisez-le.

Elie Arié fait presque le billet inverse. Il explique ainsi que les mouvements écologiques sont parfois trop bruyants. « Faute d’une écologie scientifique bien structurée, des mouvements se sont développés, fondés sur l’adoration sans esprit critique d’une nature sacralisée. Et, dans les cas extrêmes, l’écologie est devenue une religion séculaire accompagnée de fanatisme et d’intolérance. »

Lisez-le. Je ne peux pas résumer les billets de blog en une phrase.

En bon socdem, je leur donne raison à tous les deux. Les méthodes d’extractions du gaz de schiste sont nocives pour l’environnement mais certaines actions des écolos sont parfois disproportionnées.

Je vais ajouter qu’elles sont parfois aussi à côté de la plaque. Pour l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ils ont fait tellement bruit sur des bricoles erronées, notamment l’utilisation de Nantes-Atlantique, qu’ils n’ont pas mis en avant les « vrais problèmes », à savoir que les deux pistes remettent en cause la circulation de l’eau et l’approvisionnement en eau potable du bassin Nantais. Ils ont réussi le tour de force à réduire ça à l’existence de quelques espèces de salamandres ou autres cochonneries probablement imbuvable et dont, honnêtement, je n’ai pas grand-chose à cirer. Ce qu’il y a de rigolo, c’est que c’est le rapport de l’Etat qui a mis à jour le vrai problème d’eau.

Par contre, le billet d’Elie (que j’ai lu après celui de Gaël) n’évoque pas les lobbies industriels dont je me méfie beaucoup, ils savent faire dire aux scientifiques ce qu’ils ont envie, notamment s’ils les financent, sauf en conclusion :

« Seul l’Etat peut financer la protection de la science. Tout autre sponsor rendrait l’information suspecte. »