Cette polémique à propos du gaz de Schiste commence à me les
brouter sérieusement comme à peu près tous les sujets liés à l’environnement.
Elle a à nouveau éclaté suite à des propos d’Arnaud Montebourg –
les
mêmes qu’il tient depuis longtemps – et des imbéciles élus qui se disent
dans la majorité ont immédiatement exigé sa démission : qu’ils se taisent.
Pour ma part, je ne suis pas scientifique mais blogueur
politique dubitatif. Pour l’instant, on suppute que l’extraction du gaz de mes
deux par fracturation hydraulique est réellement très mauvaise pour l’environnement.
Je suis un blogueur politique dubitatif mais de gouvernement : il a
interdit l’extraction par fracturation hydraulique et c’est très bien.
Je ne suis pas scientifique et je n’ai pas que ça à foutre :
je lis les arguments des anti et des pro. Je ne sais pas qui croire et,
franchement, je n’ai envie de croire personne. Je ne suis pas spécialement pour
le principe de précaution, un machin qui a été inventé par la droite pour se donner
bonne figure. Il n’empêche qu’il n’y a pas le feu au lac et, avec le
pragmatisme qui me catégorise, j’aurais tendance à dire : faut voir. Continuons
les études avant de commencer la poursuite de l’inexorable destruction de la
planète…
Le gaz de schiste, c’est caca.
C’est un machin, quand on l’utilise pour cuire des nouilles,
faire avancer une voiture ou mettre de la pression pour pouvoir tirer des
bières,… Ca produit du CO2 et un tas d’immondice qui ne servent à rien à part sauf
à participer à la photosynthèse pour produire de l’orge, sympathique ingrédient
de base de la bière que l’on vient de tirer.
Du coup, on rejette un paquet de CO2 dans l’air. Il s’entasse
bêtement en hauteur. Ca fait « effet de serre ». Ca génère le
réchauffement climatique qui donne si soif. D’ailleurs, je soupçonne le lobby
des producteurs de bière de s’être associé avec celui des extracteurs de gaz…
Tout cela a un côté « cercle vicieux ».
Un peu de sérieux.
L’utilisation du gaz de schiste est mauvaise comme l’utilisation
de toutes les énergies fossiles et en plus ce n’est même pas une énergie
renouvelable. Il faut que l’essentiel des dépenses de recherche soient
orientées vers des machins renouvelables et non polluant.
Le gaz de schiste, c’est caca mais…
Quand tous les autres pays autour de nous auront commencé à
extraire du gaz de schiste et poursuivront la pollution de l’air avec une
nouvelle saloperie, ça nous fera une belle jambe de ne pas participer à la
destruction de la planète. A peu près tous les pays du monde rejettent un
maximum de saloperie dans l’air ricanant doucement de tout ce qui est mis en
place pour leur faire payer leurs saloperies.
Et quand la droite reviendra au pouvoir, en 2017, 2022, 2027
ou 2032, elle autorisera l’extraction en question, on aura l’air malin d’avoir
sauvé le monde cinq ans (ou plus)…
Tiens ! Aparté. Ils m’ont encore gonflé avec leur
fiscalité écologique. Je suis contre, nananère. De toute manière, c’est le
consommateur final qui paye. En gros, la fiscalité écologique, c’est : OK,
tu payes et tu as le droit de détruire la planète. A trop défendre la fiscalité
machin, on finit par se transformer en gauchiste en peau de lapin. Voire en
affreux libéral en organisant un marché du droit à polluer. Si un machin
pollue, il faut le supprimer, quand c’est possible, pas le taxer. Amen.
Le gaz de schiste, c’est miam-miam.
Imaginez un peu qu’on trouve une solution pour extraire le
gaz de schiste sans polluer, détruire les nappes phréatiques et tout ça, voire
avec des avantages, peut-être une solution pour guérir la cirrhose du foie, …
Le bonheur ! On n’aura plus besoin d’importer du pétrole à des méchants
étrangers et le litre de carburant pour la bagnole reviendra à un euro.
Certes, comme c’est moins cher, on prendra plus la voiture
et on fera moins d’effort pour économiser le chauffage. On polluera plus. C’est
mal.
Imaginez qu’un habile parti politique dise aux électeurs :
« bon ben l’environnement, ça commence à bien
faire, on peut produire de l’essence – ou de l’équivalent – qui vous reviendra
à un euro le litre tout en remettant en ordre la balance commercial en arrêtant
de dépenser des sous à l’étranger et en faisant marcher une nouvelle industrie
chez nous. Votez pour moi car en plus je rase gratis. » On aura l’air
malin à dire : « hé ho, c’est mal, faisez
pas les cons ».
Le gaz de schiste, c’est heu…
En lisant ce billet, vous vous direz : ah ! Ca y
est, le gros est devenu fou. Non seulement, il utilise des gros mots mais en
plus il vire réactionnaire, libéral et tout ça. Pas du tout. Le gros, il lit
l’adversaire également
bedonnant. Je ne crois pas spécialement son argumentaire mais je retourne
le principe de précaution : avec ou sans nous, l’exploitation du gaz de
schiste se fera parce qu’un jour les français vont élire des gens qui seront
favorables à son exploitation.
On peut toujours siffloter discrètement en l’air pour faire
mine de rien mais les électeurs finiront par se dire qu’on ne remplacera pas le
pétrole et le nucléaire avec des éoliennes parce que des politiciens que nous
pourrons toujours qualifier de poujadistes, ce qui ne changera rien, vont le
leur dire.
Le gaz de schiste vu par François Hollande.
C’était le 14 septembre 2012 à la Conférence environnementale.
Le texte du discours est sur
le
site de l’Elysée. Oui, je redeviens parfaitement sérieux. «
Mais soyons clairs, dans l'état actuel de nos
connaissances, personne, je dis bien personne, ne peut affirmer que
l'exploitation des gaz et huile de schiste par fracturation hydraulique, seule
technique aujourd'hui connue, est exempte de risques lourds pour la santé et
pour l'environnement. »
Il l’a rappelé lors de sa conférence de presse du 13
novembre. Cette technique d’extraction restera interdite. « En revanche sur les autres techniques, je laisse les
entreprises, les chercheurs travailler et je prendrai mes responsabilités le
moment venu si une technique apparaît, aujourd'hui,
il n'y a aucune autre technique que celle qui est condamnée c'est çà dire la
fracturation hydraulique. »
Le gaz de schiste, vu par moi.
L’exploitation du gaz de schiste se fera. Je l’ai déjà dit
mais la gauche ne sera pas éternellement au pouvoir. Il est donc de notre
responsabilité de faire en sorte qu’elle se fasse bien, donc avec une méthode d’extraction
pas trop destructrice.
Toujours est-il que l’espèce de polémique qu’ont déclenchée
les propos de Montebourg me navre. Que Jean-Vincent Placé dise des conneries,
ce n’est pas très grave, on est habitué et c’est lui qui se décrédibilise. Mais
j’invite tous les autres guignols à maitriser leurs propos. C’est quand même
simple : le gouvernement travaille à la transition énergétique et refuse
la fracturation hydraulique pour l’extraction du gaz de schiste. Montebourg n’a
rien dit de contraire à tout cela.
Ce qu’on retiendra de cette semaine ? Un faux couac
gouvernemental avec un recadrage bidon d’un ministre et le merdier à l’UMP.
Pourtant, Romain nous
rappelle qu’il y
a eu aussi : la loi sur le cumul des mandats, les mesures pour l’égalité
entre les hommes et les femmes, le plan d’investissement de 12 milliards (je n’en
ai même pas fait un billet, tiens !, tellement tout le reste m’énerve, les
mesures de simplification administrative, l’accord sur la PAC, l’avant-projet
de loi sur le commerce et il en oublie, l’andouille !
Arrêtez de déconner !
Et arrêtez de communiquer à propos de l'environnement : c'est totalement contreproductif électoralement. Foutez-vous ça dans le crane. Les gens sont inquiets pour l'avenir et vous leur expliquez que les autres pays vont avoir une source d'énergie pas chère qu'on interdit chez nous ! Inconscients...
(illustration)