En salle

Affichage des articles dont le libellé est Principe de précaution. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Principe de précaution. Afficher tous les articles

24 avril 2009

En avril, ne te découvre pas d'un fil

En répondant à est un commentateur de mon billet de ce matin, j’ai eu une idée saugrenue. J’étais tagué sur le principe de précaution par Lomig qui gagne ainsi un troisième lien, ce matin. « D’où vient cette absurde expression ? ». Consultant Wikipedia : de toute manière, c’est un « machin libre » donc rempli par libéraux polémistes, la définition de « principe de précaution » sera en ma défaveur.

Même pas ! Je suis presque déçu. En fait, ça ne veut rien dire et ils ont beaucoup de mal à le définir. Dans mon extrême bonté, je vais résumer : c’est un machin inventé par la droite pour faire croire qu’ils sont capables d’avoir des idées de gauche en ne proposant pas de détruire la planète et repris par les libéraux pour faire croire que les gauchistes n’ont pas de couilles, si vous me permettez l’expression.

C’est Michel Barnier qui avait mis se bazar dans la loi Française pour faire plaisir à Jacques Chirac qui avait modifié la constitution. A droite, ils aiment bien modifier la constitution. Tiens ! Au nom du principe de précaution, Jacques Chirac l’avait modifié pour obliger la tenue d’un referendum pour l’arrivée des Turcs dans l’Europe (je résume). Nicolas Sarkozy, ensuite, la remodifie ensuite pour enlever cette obligation. Du coup, on ne sait jamais s’il est pour ou contre et les discussions de comptoir ne s’arrêtent jamais.

En fouillant, l’article de Wikiopedia, on s’aperçoit qu’au niveau mondial, il n’y a pas grand-chose non plus, juste un vague projet de directive Européenne… et on peut difficilement considérer l’Europe comme une bande de dangereux gauchistes.

Ce matin, j’ai mis mon manteau, pour aller au bureau. Par réflexe. Par principe. Par précaution. Pourtant il fait beau, le ciel est tellement bleu qu’on se met à rêver de terrasses de bistros à masser les décolletés et les jupes courtes des passantes enragées. J’ai quand même pris mon manteau au nom du magnifique proverbe qui sert de titre à ce billet : je ne sais pas si on ne va pas se retrouver sous la flotte se soir et être obligés de rester au comptoir.

C’est juste une précaution.

Le « principe de précaution » est un machin inventé de toutes pièces par ceux qui lui sont opposés !

Des ondes dans le ciboulot !

Me voilà tagué par Lomig pour causer du principe de précaution. C’est le dada des libéraux. Comme pour tous les sujets, ils intellectualisent le débat pour nous renvoyer dans nos baskets en nous sommant d’expliquer pourquoi nous ne sommes pas volontaires pour mourir de manière idiote afin de laisser des industriels gagner un tas de pognon.

Nous ne tomberons pas dans le panneau d’autant qu’il prend le pire exemple qu’il soit : les ondes qui traversent nos corps vulnérables pour amener des sites pornographiques sur mon iPhone.

Je vais donc m’intéresser à un autre billet de Lomig, celui-ci. Il s’agit de l’interview d’une petite dame islamophobe.

Extrait (pour rigoler) : « EL : Lors de la conférence consacrée à la sortie du livre d’Elena Tchoudinova, vous avez affirmé être “contre le dialogue islamo-chrétien”. Pourquoi ? AMD : Je suis contre ce dialogue parce qu’il ne peut pas y avoir de dialogue sincère. Jamais les musulmans ne considèreront que le christianisme est à égalité avec l’islam. Mais le dialogue leur sert à convertir les chrétiens. »

Il est pourtant évident qu’un chrétien considère l’islam à égalité avec le christianisme et que le dialogue d’un chrétien ne sert pas à convertir.

Poursuivons la lecture : « Il faut alors […] combattre [l’islam] comme une idéologie politique dangereuse. » En fait, c’est un peu comme le libéralisme.

« Si l’on considère, dit Pipes, que l’islam doit être traité comme les autres religions, alors cette loi anti-charia risque de toucher d’autres religions de la loi comme le judaïsme orthodoxe ou le catholicisme traditionaliste. » Ah ! Une bonne Pipes !

Je résume : il faut interdire l’Islam, qu’elle dit, la Madame, et que reprend Lomig dans son billet.

Le principe de précaution aurait voulu que Lomig ne me taggue pas le jour même où il sort un billet ostensiblement tourné vers l’extrême de la droite…

Le jour même d’ailleurs qui tombe sur mon anniversaire et un grenelle débile dont, évidemment, toute la blogosphère est pliée de rire. A ce niveau de démagogie ou de populisme, on se demande si c’est bien la peine de se consacrer à autre chose qu’à la rédaction d’un billet pour raconter la cuite de la veille.

J’y fonce !

13 février 2009

Des précautions, par principe

Tous les ans, je passe mes vacances à Florac, en Lozère. Il y a quatre ans, j’y étais mon copain Gilles, un couple d’amis et leurs deux enfants. Un jour, nous avons décidé, Gilles et moi, de passer la journée à faire du Kayak dans les Gorges du Tarn avec les deux mômes. Le lendemain matin, il a fallu que je conduise mon pote Gilles chez le toubib : comme le temps avait été grisâtre, il avait oublié de prendre les précautions élémentaires contre le soleil, mais, avec la réverbération, il s’était cramé les jambes et avait une grosse cloque. Quand je dis grosse, c’est grosse : un demi melon. Si elle avait été remplie de Whisky, on aurait pu prendre une cuite tous les deux.

Il s’était foutu de ma gueule parce que j’avais gardé mon pantalon. Je me suis bien foutu de la sienne : il avait oublié le principe de précaution.

Et maintenant, on a une bande d’hurluberlus qui souhaite nous refiler à nouveau des OGM dans les pattes et les pâtes sous prétexte qu’un nouveau rapport d’experts de l’AFSSA a dit qu’on pouvait en bouffer sans crainte. Pour ce faire, d’après ce que j’ai lu dans Métro dans le métro ce matin, ils ont fait des tests avec des rats pendant six mois. Les rats ne sont pas morts au bout de six mois. Ils étaient contents. Mangeons des OGM ! Statistiquement, dans six mois, on ne sera pas morts. Ca s’arrose.

Ils devraient pourtant savoir que les experts sont rémunérés pour démontrer ce que leurs sponsors leur demandent. Je le sais : je suis expert. Je suis payé pour faire des études diverses. Certaines fois, quand mon chef me demande un truc, j’ai impression qu’il a une idée derrière la tête. Je le questionne discrètement pour en savoir plus sur l’objet de la demande. Ca me permet de tirer la conclusion qui lui permettra de démontrer à sa hiérarchie qu’il a raison. Ca lui fait plaisir. Il faut toujours faire plaisir à son chef.

Evidemment, j’ai feuilleté les blogs libéraux. En tant qu’expert es blogage libéral, j’en tire la conclusion suivante : ils n’en ont rien à cirer des OGM, ce qu’ils veulent juste c’est lutter contre les gugusses comme Bové et surtout lutter contre le principe de précaution.

Nous pouvons hautement les féliciter pour cette tranche de franche rigolade.

Comme si on n’avait pas déjà suffisamment fait de conneries par le passé, pour ne pas se poser des questions maintenant. La crise économique qui va nous les brouter pendant quelques années devrait nous apprendre qu’il vaut parfois mieux réfléchir que de prendre des décisions ridicules parce que ça fait « branché ».

Ce matin, je suis parti de chez moi avec mon parapluie. C’était au nom du principe de précaution car il ne pleuvait pas. Quand je suis sorti du métro, il pleuvait.