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12 décembre 2012

La lutte contre l'exclusion ou le pacte social pour les nuls

Plus de 14% de la population était considérée comme pauvre en 2010 contre 12,9 en 2002. « La précarité est l’effet de processus économique et sociaux que l’on peut combattre, avec détermination, si l’on estime que chaque citoyen a droit à sa juste place dans la société » a déclaré Jean-Marc Ayrault avant d’annoncer les principales mesures, pour résumer :   augmentation de 10% du RSA d'ici 2017 en plus de l’indexation annuelle sur l’inflation de façon à l'amener à 50% du SMIC, mise en œuvre dès septembre prochain d’une « garantie jeunes » de 450 € par mois, révision du plafond de la CMU complémentaire sera révisé, création de 8 000 nouvelles places d'hébergement d'urgence.

Pour préparer cette conférence, sept groupes de travail ont été mis en place avec un tas de braves gens dont 11 ministres, des représentants des associations, de l’Etat, des collectivités territoriales, des partenaires sociaux et… des pauvres (à qui on a offert des pizzas et de la bière – notons bien que je n’avais encore raconté aucune connerie dans ce billet). Ce travail continuera pour évaluer la mise en œuvre de ce plan qui sera totalement dévoilé le 22 janvier lors d’une nouvelle réunion du « Comité Interministériel de Lutte contre l’Exclusion ». Nouvelle ? Il n’avait pas été réuni depuis 2006… Bravo Nicolas Sarkozy et François Fillon.

Demandez le programme (le blogueur de Gouvernement ne reculant devant rien) !

Petit 1 :  L’Etat s’engage pour remettre le niveau du « RSA Socle » à son niveau d’origine de manière à ce que la société française récupère le niveau de solidarité qu’elle avait de 1989 à 2002. En parallèle, le « RSA activité » sera réformé : 68% des gens en ayant droit n’y font pas recours.

Petit 2 : Pour les jeunes sans emploi, hors formation, en grande précarité, en situation d’isolement et tout ça, quoi, l’Etat mettra en œuvre cette « garantie ». Il s’agit d’un contrat annuel avec des engagements réciproques. Le service public de l’emploi, outre l’accompagnement intensif et des propositions adaptées, versera une allocation d’un montant équivalent au RSA pendant les périodes d’oisivetés. En contre-partie, le jeune devra accepter les formations ou emplois adaptés qui lui sont proposés. Les critères d’accès seront déterminés au premier semestre sachant que le Gouvernement compte cibler 100000 jeunes.

Petit 3 : Un travail sera mené par le président du Haut Conseil de la Famille pour revoir les prestations familiales afin de les orienter vers les familles les plus modestes avec une augmentation de l’ASF (Allocation de Soutien Familial) et du Complément Familial.

Petit 4 : Le barème d’éligibilité à la CMU sera rehausser 500 000 lascars de plus ; les familles modestes sont statistiquement plus souvent malade mais elles renoncent plus souvent à des soins que les autres. Les soins dentaires et ophtalmiques seront pris en compte et une lutte contre les déserts médicaux sera menée.

Petit 5 : Un vaste plan quinquennal sera lancé pour l’hébergement et le logement. La crise est sans précédent: les hébergements d’urgence sont saturés et l’accès à un logement décent est de plus en plus délicat. 8000 places supplémentaires en hébergement d’urgence seront créées. L’accès au logement, en plus de la construction des 150000 logements sociaux par an déjà annoncé, sera facilité par un effort budgétaire important pour l’accompagnement, les résidences sociales, la prévention des expulsions, … Petit 6 : L’accès aux crèches et aux cantines sera renforcé pour les enfants de familles "en état de pauvreté".

Petit 7 : Un registre national des crédits sera mis en place pour lutter contre le surendettement.

« En prônant que les politiques sociales sont nobles, le Premier ministre a affirmé vouloir mettre fin à une décennie de fatalisme et de stigmatisation, pour inaugurer une étape nouvelle de responsabilité partagée, fondement du nouveau modèle français. »

Au boulot !

Je vais apporter ma contribution. Le « Comité Interministériel de Lutte contre l’Exclusion » pourrait être doté d'un "Bureau Interministériel de Travail contre l'Exclusion" pour avoir un acronyme plus rigolo.

20 juillet 2011

Ces inefficaces politiques de "réinsertion"

Un rapport de la Cour des Comptes souligne l’inefficacité du RMI et du RSA en matière d’insertion sur le marché du travail (pdf). Je vous livre ci-après de larges extraits de l’introduction qui présente bien ce que sont ces machins et de la conclusion qui m’intéresse (vous pouvez lire page 60 les recommandations de la Cour).

Je n’ai pas tout lu (faut pas déconner non plus, 60 pages sans les annexes) mais il ressort que ces machins sont réellement inefficaces. Ces machins sont des usines à gaz : des espèces de contrats où les gugusses s’engagent à essayer de revenir dans la vie active en l’échange de quoi ils touchent un peu de pognon.

Le système est sensé « s’autofinancer » : le pognon dépensé pour « réinsérer » les gens permet de ne plus leur verser d’allocation une fois qu’ils ont trouvé du boulot. Ca part d’un principe honorable mais ça ne fonctionne pas. Au pire, si on arrive à caser des gugusses, d’autres se pointent.

Il faut arrêter de croire qu’on créera du travail en formant les gens et en les mettant de force au travail. Il faut arrêter de croire qu’on créera du travail (à part le leur…) en payant des gugusses à contrôler que d’autres font vraiment des efforts pour retrouver du taf.

Plutôt que de payer des gens à contrôler le chômage, on ferait mieux de les payer à contrôler le travail (et donc renforcer l’inspection du travail pour lutter contre le travail au black – de chômeurs, par exemple – mais aussi toute forme de précarisation abusive, enchaînement de stages, surexploitation de « autoentreneurs », …).

Quelle que soit la compétence des « fonctionnaires » (je mets des guillemets) en charge de faire travailler les gens, ils ont trop de boulot pour eux mais ne peuvent pas en créer pour les autres…

Pour faciliter mon billet, devant vos yeux ébahis, je vais mettre dans le même sac « la gestion des chômeurs » et la « gestion des Rmiste » même si ce sont deux choses bien différentes.

Tout d’abord, il faut bien séparer les missions qui leur sont proposées..

D’une part, il y a ce qui permet de filer du pognon à des gugusses :
-         les chômeurs, qui ont mérité ce pognon parce qu’ils ont cotisé (on appelle ça « l’assurance chômage », ce n’est pas de l’assistanat),
-         les « rmistes » qui ont besoin d’un peu de pognon pour vivre parce qu’on ne peut pas les laisser crever.

D’autre part, il y a ce qui permet à des gens :
-         de retrouver du boulot,
-         de se réinsérer par une démarche particulière s’il y en a besoin,
-         de survivre dans notre monde brutal si la « réinsertion par le travail » (achtung) n’est pas possible.

Il y a, en plus, le supplément financier apporté par le RSA qui permet de réellement toucher plus quand on reprend le travail.

Ce sont bien des fonctions différentes. Nos gouvernements de droite aiment bien dire à leurs électeurs qu’ils vont virer des chômeurs qui ne trouvent pas de travail et qu’il faut les contrôler, créer des usines à gaz ne change rien et ne fait que compliquer la vie des « fonctionnaires ».

Depuis que je suis en âge de m’intéresser à ça, soit depuis les années 80, on nous sort différentes politiques pour permettre de mettre plus de gens au travail. On a eu une période où on ne jurait plus que par la formation, puis le RMI et maintenant le RSA avec différentes périodes intermédiaires.

Seuls deux trucs ont réellement marché, en plus, évidemment, des années de bonne croissance économique : les emplois payés par l’état (par exemple les emplois jeunes) quand ils sont d’utilité collective et le partage du travail (les 35 heures).

Tout le reste de la politique a constitué à baisser les charges en offrant ainsi « des cadeaux aux patrons » (vu la situation de notre budget, ce n’est pas très malin) et à faire travailler les gens de force (soit en leur offrant des formations, soit en les forçant contractuellement à bosser). Et je vous passe la défiscalisation des heures supplémentaires (totalement contreproductive en matière de réduction du chômage et très chère).

Même si ces mesures sont utiles (par exemple, il est normal que les gens qui n’ont plus les compétences pour exercer un métier reçoivent une formation), ce n’est pas cela qui permettra aux entreprises (publiques ou du « secteur marchand ») d’avoir plus de boulot à proposer à des salariés.

Les « recommandations » de la Cour des Comptes sont très intéressantes mais nécessitent une bonne connaissance du système.

Je vais en rajouter une : arrêter les usines à gaz et tout reprendre à zéro :
-         séparer l’indemnisation des chômeurs (et l’aide aux rmistes et aux plus pauvres), l’accompagnement de la reprise du boulot (la formation, la réinsertion, …) et tout ce qui n’a rien à voir,
-         arrêter de faire croire aux gens (aussi appelés les « électeurs »), qu’on arrivera à générer du travail pour tous en collant des rustines partout.

Même si colleur de rustine n’est pas un sot métier.

On aura du travail pour plus de personnes en partageant le travail plus justement et en générant de l’activité économique.

Ce qui n’est pas une fin en soi. Mais pour générer de l’activité économique, il faut aussi que les gens aient du pognon à dépenser.




Morceaux choisis de l’introduction :

« Initialement financé par l'État (allocation) et par les départements (actions d'insertion), puis à partir de 2004, par les seuls départements, le RMI était versé aux personnes de plus de 25 ans (éventuellement plus jeunes si elles avaient au moins un enfant) ayant des ressources inférieures à un plafond fixé par décret, moyennant une obligation de participer à des actions d’insertion. Le RMI était complété par des mécanismes complexes d’intéressement à la reprise d’activité (aides forfaitaires ou proportionnelles au revenu selon la durée du temps de travail, prime de retour à l’emploi – PRE), qui se sont révélés peu incitatifs à la reprise durable d’un emploi ; il pouvait également donner accès aux contrats aidés refondus par le plan de cohésion sociale de 2005. »

« Le RSA s’est substitué à plusieurs dispositifs :
-         il remplace à la fois le RMI et l’allocation de parent isolé […] ; appelé RSA « socle » ou « de base », il poursuit des objectifs de simplification des minima sociaux et de lutte contre l’exclusion ; ce sont les départements qui financent le nouveau minimum […] ;
-         lorsqu’il est versé à des personnes qui travaillent déjà mais dont les revenus sont limités, il remplace les mécanismes d’intéressement antérieurement financés soit par les conseils généraux pour le RMI, soit par l’Etat pour l’API ; il est alors appelé RSA « chapeau » ou « activité » et est destiné à compléter les revenus du travail des travailleurs dits « pauvres » et à encourager leur activité professionnelle ; il est pris en charge par l’Etat, et son montant dépend à la fois de la situation familiale et des revenus du travail, qui sont conservés aux intéressés à raison de 62 %.[…]

La même appellation recouvre donc trois catégories de bénéficiaires, qui reçoivent respectivement le RSA « socle », le RSA « activité », ou les deux.

Les enjeux tant économiques, sociaux que budgétaires sont considérables.

Au 31 décembre 2010, le RSA a été versé à près de 1,8 million d’allocataires ; il concerne 3,79 millions de personnes, dont 0,34 million de conjoints et 1,65 million d’enfants ou autres
personnes à charge3. Parmi celles-ci, 1,154 million de personnes relèvent du seul RSA « socle », 446 000 du seul RSA « activité », et 198 000 perçoivent les deux. »

Morceaux choisis de la conclusion :

« Depuis l’instauration du revenu minimum d’insertion et sous l’impulsion des départements dont c’est la compétence, une grande diversité de personnes physiques et morales se sont engagées pour accompagner les bénéficiaires du RMI et faciliter leur insertion professionnelle (associations, service public de l’emploi, entreprises intermédiaires, collectivités territoriales, agents des départements).

Malgré l’engagement réel de tous, le bilan reste souvent décevant, et cela notamment parce que les départements ne se sont pas mis en état de mesurer l’impact des actions en terme d’insertion professionnelle. Cette absence de mesure, tant au niveau de chacun des départements que pour l’ensemble du territoire, ne permet pas d’identifier les pratiques les plus efficaces et donc de les promouvoir.

[…]

On aurait pu espérer qu’après la décentralisation du versement de l’allocation du RMI, cette situation se modifie, une activation des dépenses d’insertion se traduisant alors directement pour les départements en termes d’économie d’allocations versées.

[…]

Pourtant des progrès sont possibles […]. Cependant aucun département ne peut être érigé en exemple, même si certains d’entre eux ont adopté des procédures efficaces […].

Le cercle vertueux de l’insertion sociale et professionnelle permettant de reprendre une activité et de diminuer significativement le nombre des travailleurs pauvres ou des personnes durablement sans emploi, [… et donc de diminuer le coût de l’insertion…] n’a ainsi pas pu fonctionner. Or cette logique de dispositif « d’investissement humain » qui s’autofinance lui-même par les économies qu’il permet de réaliser sur le versement d’allocations reste au cœur du RSA ; sans un changement fondamental dans les politiques et les comportements, cette dynamique ne sera pas véritablement engagée. 

[…] »

La Cour des Comptes se livre ensuite à une série de recommandation que vous pourrez consulter en lisant le pdf (page 60).


09 juin 2011

Pourquoi la "volte-face" à propos du RSA ?

Dans mon billet, ce matin, je parlais des changements d'avis de Martin Hirsch à propos des évolutions envisagées pour le RSA. Les raisons de son changement sont expliquées par le blog Détours à Tours. On voit d'ailleurs qu'il croise Luc Ferry, lui aussi spécialisé dans les revenus pour ne pas travailler... Etonnant, non ?

Circonvolutions (« sociales » ?) à l'UMP...

Je ne sais pas si je dois remercier l’UMP ou le journaliste de France Info de m’avoir donné le sourire, en mettant mes chaussettes, ce matin (véridique), quand j’ai entendu (ou cru entendre) dans le poste : « la convention sociale de l’UMP a validé sa mesure phare : l’obligation pour les allocataires du RSA ! »

Je ne vais pas revenir sur cette mesure, c’était l’objet d’un billet récent et le sujet a déjà longuement été traité par les copains.

J’adore quand l’UMP met le mot « social » à toutes les sauces. Déjà du temps de Jacques Chirac, le nouveau supporter de François Hollande, il nous parlait de « la croissance sociale ». Pour ma part, je vous invite à boire une « bière sociale » au Kremlin des Blogs, ce soir. Si je suis en retard, le Vieux est chargé de « l’accueil social ».

C’était pendant le journal de 7h15 (celui de 12h14 est mieux). Pendant celui de 7h, ils avaient diffusé un reportage expliquant les circonvolutions (« sociales » ?) de Martin Hirsh pour revenir sur ce qu’il avait prétendu la veille sur la même antenne (mais que je n’avais pas écouté). La version officielle est donc maintenant, à peu près : « l’UMP propose une AMELIORATION du RSA, la mesure est donc bénéfique, c’est un plus, c’est génial et c’est parfait, bordel (« social » ?) ! ».

Le plus drôle a été le moment où il est revenu sur le milliard de « plus values » ! Hier, on disait : « Sauf que Martin Hirsh, qui a oublié d'être con, a ce matin, mouché tout l'UMP du grenier à la cave, en un seul coup car il a expliqué que les recettes de la taxe créé pour financer le RSA qui ont été de 1,5 milliards en 2010 ne vont que pour partie au financement du dispositif. Selon Martin Hirsh, Il y a 999 millions d’euros excédent en 2010. Ou vont-ils se demande t-il ? »

J’avais même cru comprendre qu’il ronchonnait parce que, en même temps que l’état se goinfrait sur le dos des pauvres, il diminue l’ISF des plus riches (par définition, les plus pauvres en payent assez moins).

La radio a changé la version ce matin : grâce à cet excédent, une majorité de Français, les plus pauvres, n’auront pas à supporter une augmentation des impôts… (il faudrait que je prenne des notes pour retranscrire ici les propos exacts mais j’ai du mal à écrire en mettant mes chaussettes).

Elle n’est pas belle, la vie ?

(illustration)

07 juin 2011

"Travailler un peu pour ne pas toucher moins" : le nouveau slogan de l'UMP

Je l’avais oublié, celui-là ! Je vais coller sa photo pour illustrer ce billet. C’est Marc-Philippe Daubresse. Il revient sur la possibilité de mettre au STO travail les allocataires du RSA. Le chef de son parti, Jean-François Copé, n’en pense d’ailleurs pas moins.

Je suppose que c’est Laurent Wauquiez qui a été chargé de vérifier l’efficacité d’une telle mesure.

« Dans une interview à paraître ce mardi dans «le Parisien»-«Aujourd’hui en France» il [M. P. Daubresse] suggère la création d’un contrat obligatoire rémunéré. »

Un contrat obligatoire ? Je me demande pourquoi faire un contrat dans ce cas… Rémunéré ? Manquerait plus que ça soit gratuit… Et comme ça sera rémunéré en remplacement du RSA, je suppose…

Nous avons ainsi une droite qui propose que les collectivités locales, majoritairement à gauche, soient obligées par la loi d’employer des bénéficiaires du RSA et de les payer à la place de l’état. Déjà qu'elle leur a collé le RMI (puis le RSA). Sans compter que les collectivités locales devront payer pour encadrer les zigotos. Je propose d’ailleurs qu’on prenne parmi tous ces allocataires quelques tartiflettes pour encadrer le bastringue.

Enfin, c’est ce que j’ai compris.

Hop ! Vive une loi ! 800 000 gugusses au chomdu ou assimilé en moins… Nos 36 000 mairies vont se faire un plaisir d'embaucher 20 types chacune en moyenne.

« Et le principe novateur du RSA, visant à ce que toute personne qui travaille, ne serait-ce qu’une heure, gagne plus qu’en ne faisant rien, n’est pas apparu clairement. » « Environ un tiers des 1 150 000 foyers qui perçoivent l’ancien RMI ne sont pas en état de travailler sans un accompagnement social lourd. Mais pour les autres nous allons proposer un contrat d’utilité sociale rémunéré de 5 a 10 heures par semaine, dans des collectivités ou des structures d’insertion. Ils auront donc de nouveaux droits ouverts et le devoir d’accepter, faute de quoi le RSA pourra être diminué de manière dégressive. »

Je résume : soit tu travailles obligatoirement et tu gagnes des bricoles en plus soit tu ne fais rien et tu touches moins ! L’UMP dans toute sa splendeur.

Pas un mot sur les conditions d’organisation, sur la manière pour déterminer ceux qui « ne sont pas en état de travailler sans un accompagnement social lourd », … Voila une bonne manière pour lutter contre le chômage : embaucher 100 000 psychologues et 100 000 « logisticiens » (ben oui, je ne vais quand même pas dire « éducateurs »…) pour gérer tout ce tralala.

L’UMP est en campagne. Les méthodes n’ont pas changé : il suffit de taper sur ces bandes de fainéasses pour monter contre tous les gugusses qui touchent 1000 euros par mois en travaillant comme des forcenés.

Mais l’UMP ne va tout de même pas s’abaisser à leur proposer une méthode pour avoir un meilleur niveau de vie... Elle avait essayé en 2007 mais n’est plus trop crédible. Travailler plus gagner plus : bof.

Le nouveau slogan : « travailler un peu pour ne pas toucher moins ». Elle n’est pas belle, l’histoire ?

22 juin 2010

Bonne nouvelle, mauvaise nouvelle

Il ne faudrait pas qu’un match de foot nous fasse passer à côté des informations fiscales du moment. Allons voir directement Le Figaro. Nous avons, d’un côté, les recettes fiscales qui s’améliorent, notamment la TVA rapporte 15% de plus que l’an dernier. A priori, c’est bon signe, ça montre que les gens consomment… Ca n’empêchera pas le déficit de se creuser, à cause du grand emprunt.

Je rappelle que la TVA est l’impôt le plus injuste qu’il soit, puisque payé par le consommateur. Mais ne boudons pas notre plaisir.

Nous avons d’un autre côté une baisse des recettes de l’ISF pour la première fois depuis 10 ans. Une partie est expliquée par la chute du CAC40. Plaignons les riches.

L’autre partie est expliquée d’une part par le bouclier fiscal. On va arrêter de les plaindre. Et parce que le bouclier fiscal est inefficace : « l'exode fiscal des grandes fortunes s'est poursuivi, malgré le renforcement du dispositif du bouclier fiscal en 2007 ».

Pendant ce temps, notre gouvernement semble s’orienter vers un gel de trois ans des salaires des fonctionnaires alors qu’on leur annonce une augmentation de leurs cotisations dans le cadre de la réforme des retraites.

La mobilisation de jeudi s’annonce gratinée.

Pendant ce temps « Claude Guéant, secrétaire général de Nicolas Sarkozy, confie ce lundi au Financial Times que de nouvelles mesures d'économies sont en préparation. »

Je pensais qu’il était Secrétaire général de l’Elysée… Cela dit, je me demande au nom de qui il annonce des mesures qui me paraissent du ressort du Gouvernement et du Parlement.

100 000 suppressions de poste de fonctionnaires en trois ans. Tiens ! Je crois que Nicolas Sarkozy avait promis des augmentations de salaires en contrepartie pour ceux qui restent ? Travailler plus pour gagner moins ?

Le « gouvernement prévoit de geler ses dépenses entre 2011 et 2013, de maintenir les transferts vers les collectivités locales et d'augmenter seulement légèrement les dépenses de santé. L'Etat devrait également supprimer les niches fiscales afin de récupérer 5 milliards d'euros par an et créer une nouvelle taxe sur les plus aisés pour lever 3,7 milliards d'euros. »

Ah ! Une nouvelle taxe ! Ca faisait longtemps… Ils ne pourraient pas, plus simplement, créer une nouvelle tranche d’impôts sur le revenu ?

Pendant ce temps, le nombre de bénéficiaire du RSA décolle. « Le ministre des Solidarités actives, Marc-Philippe Daubresse, y voit le signe de la reprise et d'une meilleure organisation des départements. »

J’aime toujours comment « ils » arrivent à tout mettre sur le dos des départements et à présenter comme une bonne nouvelle se qui ressemble à une augmentation de la pauvreté…

08 octobre 2008

Le RSA pendant la crise

Il n’a pas de chance, Martin Hisch ! Son méga plan pour vaincre la pauvreté tombe en pleine crise financière mondiale. Pourtant, c’est bien aujourd’hui que le texte doit être voté à l’Assemblée. Rébus a en effet le bon goût de nous rappeler que les affaires courantes continuent. Je suis là, comme une andouille, à pondre des billets sur la crise économique, sur les classements de blogs et sur les aventures sexuelles du vieux Jacques et j’en oublie l’essentiel : l’actualité.

Il faut dire que Martin Hirsh s’est bien défoncé pour ce projet. Il a réussi à trouver 1 ou 2 milliards pour réduire la pauvreté pendant que d’autres trouvent des dizaines de milliards pour sauver des banques.

Il s’est bien battu pour ce projet : il a réussi à convaincre des types de droite qu’il est utile. C’est donc qui ne l’est pas ! On nous reproche souvent, à nous autres, blogueurs gauchistes, de faire de l’opposition systématique.

Ben ouais.

Mais j’ai un alibi : j’étais déjà contre la Prime Pour l’Emploi…

Je suis donc à moitié contre le RSA. Comme disent nos valeureux gauchistes et syndicalistes : ça risque fort d’augmenter la précarité.

Surtout, je vois ça comme un moyen supplémentaire de faire payer par la collectivité (nos impôts) un revenu que devrait verser une entreprise. Cela dit, on pique bien dans nos impôts pour sauver les banques. Ca me fait penser à l’annonce de ce matin : l’Europe qui s’entend pour que les états garantissent les dépôts bancaires (comme disait Elmone, d’ailleurs, ça montre bien que l’Europe ne sert à rien, ce sont les états qui garantissent). Heu… Les états c’est nous ! Si les banques se cassent la gueule, c’est nous qui raquons… avec notre future monnaie de singes.

J’ai bien dit que j’étais à moitié contre (d’ailleurs les socialos vont s’abstenir). Je crois que ça ne servira à rien. Je le disais sur l’annexe, je suis victime de la « Soumission à la fatalité de la crise ». On nous annonce une nouvelle mesure pour résoudre le chômage, la pauvreté, … comme périodiquement depuis 30 ans !

Ce qu’il y a d’amusant, c’est qu’on en parle très peu, de ce vote. Au journal de 7 heures, sur France Info, le journaliste a évoqué le sujet à la 7ème minutes et je n’ai levé la tête de mon PC que parce que je venais de lire le billet de Rébus que je cite là-haut. Le pire, c’est qu’on parle plus du financement de la mesure que de la mesure elle-même.

D’ailleurs, au cours de la séquence, Martin Hirsh était interrogé sur ce financement. Il a défendu le fait que c’était normal que le bouclier fiscal s’applique. Ben non, Monsieur Hirsh.

Le prétexte qu’on nous a sorti pour bâtir le bouclier : éviter que les gens qui n’avaient qu’un petit revenu, mettons 800 euros par mois, ne payent plus de la moitié, 400 euros donc, en impôts. Ca pourraient leur arriver s’ils étaient propriétaires (suite à un héritage, par exemple) d’un bien assujetti à l’impôt de solidarité sur la fortune. On pense tout de suite à ses paysans de l’Ile de Ré où à ses gugusses qui héritent d’un appartement à Paris.

On fait alors preuve de compassion, on pleure, … et on tolère le bouclier fiscal… On en arrive même à oublier que ces pauvres sont riches puisque propriétaires de biens valant des centaines de millions d’euros ! De la pure compassion ! Ils n’ont qu’à vendre, louer, … pour augmenter leurs revenus et vivre mieux.

On pourra arguer qu’il s’agit de biens de familles, qu’on ne peut pas dilapider le patrimoine et toutes ces conneries… mais non. De toute manière, la génération suivante se précipitera pour la vendre. Et quand on n’a pas les moyens d’entretenir du patrimoine, on n’a qu’à vendre. Surtout si, en plus, on n’a pas les moyens de vivre normalement. Alors qu’on est riches… Caricatural.

Qu’on ne nous fasse pas pleurer…

Mais j’en reviens au financement du RSA, Monsieur Hirsh. Ces « pauvres riches » ne participeront pas au financement du RSA pour une raison idiote : ils n’ont pas de revenus des capitaux. Ou s’ils ont des revenus des capitaux (au point que le montant à payer soit significatif), ils ne sont plus des « pauvres riches » et ont donc largement les moyens de payer.

Vous voyez, Monsieur Hirsh. La taxe sur les revenus des capitaux pour financer ne devraient pas être dans le bouclier fiscal, ce dernier ayant été mis en place pour les raisons que j’évoque ci-dessus.

Mais le problème n’est pas qu’elle y soit intégrée… Le problème est ce bouclier fiscal, complètement injuste.

Si vous ne faisiez pas partie du Gouvernement qui l’a mis en place, vous n’auriez pas à défendre n’importe quoi pendant mon premier café, à 7h08, le matin… Tout ça pour faire passer une mesure soi-disant sociale dont tout le monde se fout royalement aujourd’hui.

L’heure n’est en effet plus à remettre quelques gugusses au travail. Si j’en crois la radio, l’heure est à sauver les meubles, à éviter la faillite générale de l’économie mondiale.

Pas à justifier le bouclier fiscal.

10 septembre 2008

Communication et RSA

Le RSA n’est pas efficace contre la pauvreté. Ce n’est pas que moi qui le dit mais Slovar qui reprend des travaux de Benoît Hamon. J’ai entendu des blogueurs de droite traiter Nicolas Sarkozy de gauchiste à propos de cette mesure (je suis très remonté contre les blogueurs de droite ces jours-ci, allez donc savoir pourquoi !).

Ne revenons pas sur le financement qui est bien très critiquable même si le principe de taxer les revenus du capital est sympathique (des andouilles ont communiqué sur le fait qu’il s’agissait de taxer le capital, c’es faux) mais intégrer ça dans le boulier fiscal est proprement odieux. « Elle rendrait le prélèvement carrément dégressif : plus on est riche, moins on contribue. La création dudit bouclier fiscal avait déjà abouti à la suppression de l'ISF pour les très hauts revenus, ISF dont on oublie qu'il avait à l'origine été créé pour financer le RMI »

Sur les dépenses… Le RSA tel qu’il est présenté n’est qu’une machine de plus à communiquer (pour Nicolas Sarkozy) et à amplifier la précarité.

Cet aspect est détaillé par Slovar. C’est la partie « communication » qui m’ulcère pendant ma pause déjeuner, ce midi.

Nicolas Sarkozy fait très fort ! Il balance une mesure qui semble sociale tout en s’adressant à ses électeurs puisqu’il s’agit de remettre au travail ces fainéants qui vivent du RMI.

Tous ces électeurs qui pensent que 1,2 millions de Français ont choisi d’arnaquer la société en vivant avec 450 euros par mois.

28 août 2008

Financement du RSA

Je n’ai fait aucun billet, hier, sur le projet de financer le RSA à partir d’une nouvelle taxe sur les revenus des capitaux. J’ai juste fait une vague moquerie dans Partageons le Reste.

Je n’ai pas vu beaucoup de billets de blogs abordant le sujet, j’ai juste vu quelques allusions dans mon twitter. Il faut dire que les blogueurs libéraux sont bien embêtés de voir se pointer une nouvelle taxe (confirmée hier soir par l’Elysée) et les blogueurs de gauche sont, quant à eux, bien emmerdés de devoir dire du bien de Nicolas Sarkozy.

Rassurez-vous, je ne vais pas le faire, d’autant que nous ne connaissons pas les modalités prévues par le Gouvernement et que le texte n’a pas encore été massacré par nos députés extrémistes ! Il n’empêche qu’on sera bien obligés de féliciter le Président si le texte va dans le sens annoncé… tout en se méfiant largement : ça ne nous fera pas oublier le reste !

Car il est temps que cette « orientation fiscale », plus ou moins engagée avec la création du RMI, se poursuive ! Je ne vois pas pourquoi tous les maux de la société sont financés par des taxes sur le travail alors qu’il semble tellement évident qu’il vaut mieux taxer le pognon, c’est-à-dire les revenus !

Cette orientation est d’autant plus importante que dans le PIB, le pourcentage des revenus du travail a largement baissé alors que les revenus « des capitaux » ont monté en flèche.

C’est une orientation de bon sens. Je vais être obligé d’accorder ça à Nicolas Sarkozy. J’aurais du prendre une cuite, hier soir.