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12 février 2011

Merci aux peuples de ne pas faire la révolution pendant mes heures de bistro

Ce matin, suite à une grasse matinée largement méritée par une journée de RTT, hier, j'ai appris que ça chauffait en Algérie avec des manifestations et tout ça. Ma première réaction a été de penser « Bordel de merde, les gauchistes vont encore faire chier sous Twitter, exprimant leur joie pour le peuple Algérie et appelant Abdelaziz Bouteflika à se barrer ». Ca n'a d'ailleurs pas manqué...

Ils y sont encore. Il y a même actuellement une manifestation de soutien à Paris. J'imagine que le livetwit va y aller à donf.

Ce qu'il y a de rageant, c'est le nombre de gens qui donnent leur avis sans strictement rien connaître et l'impossibilité de distinguer ceux qui connaissent. D'ailleurs, l'avis de ce qui connaissent peut difficilement être formulé en 140 caractères, d'où l'illustration de ce billet quasiment sans rapport avec le sujet du billet. Mais avec une faute d'orthographe, problème supplémentaire de Twitter.

Hier soir, j'étais tout seul au bistro jusqu'à ce que me potes arrivent, comme toujours, vers 23h. Je suis con, aussi, j'ai oublié, comme souvent, de les prévenir que je rentrais en Bretagne. Du coup, j'ai passé plus de deux heures, non stop, devant mon Twitter de l'iPhone vu que je n'avais que ça à faire, les mots croisés du journal du bistro étant déjà faits.

Moubarak a démissionné. Twitter était en liesse. Bah ! Si le peuple là-bas était content, tant mieux ! Hop ! Viré le dictateur. Il n'empêche qu'en observant ça sereinement sans strictement rien connaître, on ne peut que constater qu'un dictateur a été viré pour être remplacé par un gugusse au CV qui ferait passer tous nos Ministre de l'Intérieur de droite de l'ère Mitterrand président pour des bonnes soeur qui confie tous les pouvoirs à l'armée. On a donc une dictature militaire. Je ne vois pas d'autre mot.

On m'a fait des objections valables de type « il faut bien quelqu'un pour faire l'intérim » et d'autres moins valables comme « les militaires ont promis... » et d'autres à plier de rire surtout aujourd'hui : « Il vaut mieux ça que donner le pouvoir aux barbus. » Vous allez voir que dans trois jours, on va regretter Moubarak !

A «  plier de rire surtout aujourd'hui » parce que la même farce recommence avec Bouteflika, ce matin. C'est un dictateur. Il a volé le pouvoir avec des élections louches. Je ne sais pas pourquoi mais un type élu avec 90,24% est toujours suspect. Il n'empêche qu'on était bien content qu'il soit là, sinon l'Algérie aurait été transformée en République Islamiste.

C'était un dictateur utile dans le temps, aujourd'hui il faut le virer. Soit.

Je prie mes camarades Lybiens de rester calme quelques temps, j'ai envie de passer de nouvelles soirées à parler de cul dans Twitter, parce que je ne connais rien à la situation en Afrique du Nord et m'en fous encore plus du premier demi que j'ai avalé cul sec à l'occasion d'un concours idiot.

En fait, le seul pays qui m'intéresse réellement, dans cette histoire, est l'Iran mais on peut assez difficilement affirmer qu'il se trouve en Afrique du Nord. La perspective d'avoir de tels zozos avec la bombe atomique ne me réjouit pas et si une petite révolution pouvait permettre de mettre en place un pouvoir un plus conciliant, je ne serais pas mécontent. Sauf pour écrire le nom de leur président dans Twitter avec l'iPhone : écrire « Ahmadinejad » sans faute d'orthographe avec iPhone est un sport de compétition, surtout après quelques bières.

Par contre, c'est bizarre, les gauchistes parlent assez peu de l'Iran.

J'ai dis que ne ne connais rien à la situation de ces pays, c'est vrai. La plupart des gens aussi. Je dis que je m'en fous, c'est presque vrai. On a tous des attaches spécifiques, là-bas, des anciennes vacances, … Pour ma part, j'ai quelques potes Kabyles, dont certains très chers (dans tous les sens du terme, ils sont patrons de bistros), donc la situation m'intéresse un peu, pour leur bien et surtout celui de leurs familles, restées là-bas.

Je ferai bien un pari mais il me faudrait une machine à remonter le temps. Je vais appeler un scientifique, pour voir si c'est possible, mais je ne crois pas. Le but serait d'interroger la population Française, hormis les gens issus d'Afrique du Nord, à propos des trois pays en question, l'Algérie, l'Egypte et la Tunisie et de leurs situations politiques.

Tiens ! Combien de Français auraient été capables de citer le nom du Président de l'Egypte et d'affirmer qu'il s'agissait d'un dictateur ? 20% ? Je suis large. De l'Egypte, les gens connaissent Nasser et Sadate. Et ne leur demandez pas pourquoi ils les connaissent... Si ! Tiens ! Les résultats seraient amusants, je suppose : « Nasser, c'est pas celui qui construit le Canal de Suez ? »

Les 140 caractères de Twitter n'auraient pas suffi pour que je raconte tout ça à mes camarades de jeu, hier. Mais pour finir ce billet et dire ce que j'ai encore sur le coeur, je vais le faire en mode Twitter.

« Pendant que les gauchistes s'intéressent à la situation outre Méditerranée, ils ne s'intéressent pas à la France » 113 caractères.

« Les gauchistes me gonflent à se préoccuper du bonheur des autres sans leur demander leur avis. C'est presque une maladie. » 121 caractères.

« Nicolas Sarkozy démarre sa campagne sur le thème "le président qui protège" et les gauchistes voudraient entrainer le peuple dans la révolution. »

Ah ! Merde ! 144 caractères. C'est trop.

Non seulement je ne connais rien à la situation en Afrique du Nord mais en plus je suis un piètre organisateur de révolution avec Twitter.

Cela dit, il fait beau. Je suis en week-end en Bretagne. Il faut que je change le composteur, vous savez ce machin où on met certaines cochonneries pour qu'elles fassent du compost. Un engrais quoi. Ce qui me fait un peu chier, c'est de déplacer le tas de compost pour installer le nouveau machin.

Je vous laisse débattre de la situation en Algérie, il faut que je fasse un tour la vraie vie.

15 janvier 2011

Ben Ali entraine Twitter dans sa chute

Quand je suis arrivé à la Comète, hier soir, après une dure journée de labeur puis la rédaction d’un billet fleuve pour mon blog bistro, je suis allé faire un tour dans Twitter pour remercier pour « les #FF » (ce que j’ai oublié de faire, finalement, merci à tous). Le premier twit que j’ai vu était de Gaël : « Attendons de voir ce que les militaires vont faire du pouvoir RT @MartinP_: Bon ben ben ali viré par les tunisiens, ça s'arrose comme dit     @jegoun » (illustration, ça apprendra à Gaël à relire ses twits, bordel).

Aussitôt mon cerveau entre en ébullition et j’imagine le scénario : les militaires en ont eu marre de tirer sur les braves gens et ont fait un coup d’état pour virer pépère. Voulant en savoir plus, je fonce sur des sites d’informations (je n’avais que l’iPhone) et constate qu’ils ne disent quasiment rien. Pire ! Les informations étaient contradictoires puisqu’une dépêche annonçait que Ben Ali avait viré le gouvernement et une autre que le Premier Ministre a remplacé (pour un intérim) le Président.

Aucune trace des militaires, ce qui ne me désolait point : on n’a pas besoin d’une dictature militaire à nos portes…

Il était 19h20, environ, et, à force de pugnacité, j’arrive à la conclusion que Ben Ali a quitté le pouvoir et a pris l’avion pour quitter le pays, ce qui semble à peu près la vérité, à la lecture de la presse, ce matin (qui n’en dit d’ailleurs pas beaucoup plus).

Arrive alors le vieux Joël et comme je sais qu’il était venu en voiture et qu’il écoute la radio, je lui demande des nouvelles. Il m’en donne. Je ne sais pas quelle radio il écoute mais les journalistes devraient être licenciés : soit ils ont raconté des conneries, soit ils ont mal expliqué. Le vieux me raconte une histoire, comme quoi, il n’y aurait pas eu de coup d’état et que c’était juste une rumeur qui avait emballé les médias.

On croit savoir, maintenant, que ce n’était pas une rumeur mais, hier soir, on était dans le flou complet. J’ai alors eu ce qu’on peut imaginer ce matin comme la réaction la plus intelligente possible : « Bordel, tu ne vas pas te gâcher la soirée (anniversaire du patron de la Comète, les 30 ans, ça s’arrose, comme dirait Martin P), tu verras ça demain sur Internet, qu’est-ce que tu en as à foutre à vouloir capter les informations en temps réel ? »

Je retourne donc dans Twitter, les twittos n’avaient pas eu cette réflexion et ne parlaient que de ça, toujours avec des informations contradictoires. Néanmoins, j’ai un tas de copains Algériens qui étaient préoccupés par la situation chez leurs voisins. On ne se refait pas, je suivais les informations en temps réel, dans twitter, et informait en direct les gens autour de moi.

On ne se refait pas, disais-je, donc j’ai joué mon rôle habituel dans ce genre de situation : j’ai commencé à raconter des conneries, jusqu’à environ 21 heures pendant que des gens vachement sérieux (je vous rappelle que je suis un blogueur zinfluent, donc abonné à plein de gens bien informés, #FF et tout ça, qui se sont abonnés à moi en croyant que j’avais des informations). Le scénario qui se dessinait alors était que Ben Ali avait décollé de Tunis puis était arrivé à Malte d’où il était reparti pour venir en France.

Alors, je lançais des conneries dans Twitter, tout en m’engueulant avec Lucia et Marc et une autre espèce de connard qui mériterait de faire la une de mon blog pour le ridiculiser aux yeux de la société.

« Que fout Ben Ali à Paris ? Il a ses papiers ? Que fait Hortefeux ? »
« Gbagbo : "Mon collègue Ben Ali est un petit joueur." »
« Avec ces conneries, il n'y a pas que Ben Ali qui va tomber, twitter va suivre. »
« Y'aurait pas des Tunisiens, en France, qui pourraient nous débarquer Sarko ? »
« “@M_le_maire: Le savoir faire policier Francais aurait quand même pu éviter des morts.” mais notre président est toujours là. »
« Si Ben Ali arrive à Orly, il va passer par Bicetre. Je vous tiens au courant. Vous me devez des #ff »
« C'est antidémocratique ! On ne vire pas un président élu avec 99,2% des voix. »
« “@ArthurClouzeau: @jegoun orly ?” ben oui. Il ne va pas atterrir à La Motte Piquet ! »
« “@GuyLiguili: @sebmusset @jegoun : Bon... Ben Ali, c'est fait... maintenant Sarko !” non. Là, j'ai bistro. »
« Ben Bokassa arrive à Paris. »
« Ségolène Royal présente les excuses de la France au peuple Tunisien. »
« Le secrétaire de Ben Ali a réservé une table au Fouquet's. »
« Allez, Ben ! Au lit ! »

J’étais en forme, hier soir ! Vous devriez me follower (ainsi que d'autres confrères, j'en ai vu passer des belles !). Cette recherche de twits me fait revivre le film de la soirée, le communiqué de presse de l’Elysée, le communiqué opportuniste d’Eva Joly, les engueulades à propos de l’aéroport : Le Bourget, Orly ou Villacoublay. J’adore m’engueuler avec des gens à propos de sujets dont je n’ai strictement rien à cirer, ils me prennent toujours au sérieux. Je vais leur avouer « Hé, les gens, vous croyez vraiment que l’aéroport choisi par la France pour faire atterrir le lascar a le moindre intérêt ».

J’ai balancé mon dernier twit (« Allez, Ben ! Au lit ! ») quand on a eu un twit qui nous disait que les autorités Françaises avaient confirmé officiellement que l’avion avait atterri au Bourget à 19h30. Il était 20h50.

J’ai raconté ça à tout le monde, autour de moi.

Quand ils vont écouter la radio, ce matin, ils vont me prendre pour un con : la France aurait refusé d’accueillir Ben Ali et il serait en Arabie Saoudite.

La batterie de mon iPhone étant déchargée, j’ai quitté Twitter une demi heure, le temps qu’elle se refasse une santé. Quand j’ai rebranché, la présence à Paris était confirmée et les twittos supputaient fermement sur des émeutes devant l’ambassade de France à Tunis et la sécurité des Français en Tunisie, voire dans nos chères banlieue… J’ai vu passer des twits où de braves gens disaient qu’ils avaient honte de la France qui accueillaient un dictateur. Ce genre de réaction ridicule (ben oui, il faut bien qu’il aille quelque part, Ben Ali, ce n’est pas parce qu’on lui donne une certaine sécurité en France qu’on le soutient …)  et j’ai débranché.

Twitter et tout Internet étaient complètement à côté de la plaque.

Ca n’avait l’air de déranger personne. L’information en temps réel n’est rien d’autre que de la désinformation.

Gloire au peuple Tunisien, néanmoins.
" ux de la société.ia et Marc et une autre espèce de connard qui mériterait de faire la une de mon blog pour le ridiculiser aux

10 janvier 2011

Soutien aux blogueurs tunisiens

Je me joints à mes copains blogueurs El Camino, Cui Cui, Le Grumeau, Yann, MHPA, Hern, Elmone,.. et probablement plein d’autres, comme Ju, à l’instant, pour apporter mon modeste soutien, qui ne changera pas grand-chose, envers ces blogueurs tunisiens emprisonnées.

A ce sujet, à lire, ici, la lettre ouverte à Frédéric Mitterrand. Lire aussi le billet de Nouvel Hermès.

07 novembre 2009

Blogueuse tunisienne en prison

Par Julien,

Fatma Arabicca, de son vrai nom Fatma Riahi, est une blogueuse tunisienne et professeure de théâtre. Les élections étant passées, elle a été emprisonnée le 4 novembre, son blog bloqué, son appartement fouillé et son ordinateur saisi. Elle est accusée de "diffamation" et risque une peine de 3 ans de prison.
Barberousse a réuni dans un pearltree les billets de soutien à Fatma - des billets émouvants, des billets de colère, des billets de (dés)espoir.

Free Fatma Riahi

Il y a aussi un groupe de soutien sur facebook ici.

30 avril 2008

Nous avons beaucoup d'intelligence

Alors que je jouais le troll chez Maxime (Didier Goux a encore une marge de progression, visiblement), mon camarade @marcvasseur nous interpelle sur les derniers propos de notre bon Président de la République.

Voilà le lien sur la dépêche qui traite le sujet. Oups. Je me suis trompé. Mais je ne suis pas tombé loin. Voila le lien sur la dépêche qui traite le sujet. Ca ne s’invente pas : « Vous avez une main d’œuvre […] nous avons beaucoup d’intelligence » disait-il en s’adressant à nos amis Tunisiens.

Je vais consulter mon camarade Tonnegrande pour qu’il m’explique comment interpréter ces propos autrement que par un relent de colonialisme voire de profond racisme.

Ce matin, je me suis rendu compte que j’avais oublié de faire le contrôle technique de ma voiture. Nicolas Sarkozy a oublié le contrôle technique du type qui rédige ses discours ?