Je n’aime pas ce gouvernement qui montre tout de même un gros virage à droite avec l’entrée de Mmes Vautrin et Dati. D’un autre côté, je n’aime pas, non plus, que les commentaires ne portent que sur un positionnement politique supposé (ou plus que supposé) parce que, au fond, c’est tout ce que la gauche a à montrer, visiblement, depuis quelques mois : « C’est de droite, c’est mal. » Il n’y a rien d’autre.
Je n’aime pas l’arrivée de Rachida Dati dans le gouvernement de notre pays car elle représente une législature, celle de 2007 à 2012, qui a été la pire dans notre pays. Preuve en est, par exemple, que la droite, du moins son « grand parti de gouvernement », n’arrive pas à se remettre depuis. On se moque beaucoup du PS mais, tout de même, il faut bien reconnaitre que LR est dans un sale état, même s’ils conservent la majorité au Sénat. Tant pis pour eux et, au fond, j’aime autant que ce soient les centristes qui récupèrent des électeurs que les extrémistes…
LR a fait une grosse connerie en virant Rachida Dati dès son acceptation du poste. Son retour sur la scène pourrait un beau piédestal pour la reconquête de Paris. Si elle gagne les élections dans la capitale, cela sera évidemment une victoire de la droite. Mais la droite préfère la virer pour garder une espèce de pureté. La macronerie a de beaux jours devant elle.
Si je n’aime pas l’arrivée de Mme Dati au gouvernement (ni celle de Mme Vautrin ni le renforcement, en général, des personnalités venues de la droite), je refuse de faire un procès d’intention. Ce n’est pas que j’ai confiance mais, au fond, je ne sais pas ce que la gauche veut pour la culture. J’ai une vraie nostalgie pour les actions du ministère de la culture des années 80, avec une démocratisation de l’accès aux écoles de musique et aux bibliothèques. Depuis, j’ai bien l’impression que la gauche ne fait que défendre des va-nu-pieds et autres artistes de rue.
J’en discutais à midi avec un copain de gauche, jeune retraité mais qui, en juin dernier, jouait à mi-temps du basson à l’opéra de Paris et passait le reste de son temps à enseigner l’usage de cet instrument aux mômes du conservatoire de ma commune. Je pensais qu’il allait hurler devant la nomination et il m’a dit, simplement : « au fond, pourquoi pas Dati ? » Et il a argumenté. Sur le fond…
Je n’ai pas lu toutes les réactions, dans la presse, car je suis réellement bouleversé par la mort de Jean-Luc Laurent, le maire du Kremlin-Bicêtre. J’ai seulement vu quelques commentaires dans les réseaux sociaux. Au fond, les gens ne disent rien. Que des inepties.
Quand je dis, ici, que je n’aime pas Rachida Dati, c’est mon opinion personnelle. Je ne vois pas l’intérêt d’affirmer ailleurs qu’elle est nulle ou de droite. Ce que je dis, c’est que je ne l’aime pas. Point barre.
Ainsi, je n’ai pas lu grand-chose depuis l’annonce officielle du gouvernement contrairement au lendemain de l’annonce du remplacement de Mme Borne par M. Attal et tous les analystes du dimanche disaient des conneries hautement prévisibles et sans intérêt. Les centristes : « Elisabeth Borne a fait le job, courageusement, vaillamment, et elle doit être largement remerciée et félicitée. Maintenant, Gabriel Attal pourra donner une nouvelle impulsion à la politique voulue par Emmanuel Macron ». Les gauchistes : « Madame Borne a tenu une très mauvaise politique avec l’usage abusif du 49.3, la loi immigration et la réforme des retraites. Monsieur Attal est un pion de Macron et continuera à mettre en œuvre la casse de notre protection sociale ».
Objectivement, a-t-on besoin d’entendre ou de lire ces conneries, largement prévisibles, des éléments de langage qui ont pu être préparés depuis la nuit des temps.
Pour ma part, le petit jeune avec ses vieux crabes, je vais lui laisser sa chance sans espoir particulier mais sans procès bouclé d’avance non seulement parce que cela ne sert à rien mais en plus, c’est dangereux. Partir dans une radicalisation antigouvernementale aboutit toujours à un aveuglement, à cause de l’entre-soi que cela induit.
La seule chose est que si la macronerie part à droite, ça laisse un boulevard pour le centre gauche, pas pour le gauchisme. Et si la macronerie ne part pas à droite, ce qui serait surprenant, alors pourquoi pas ? Elle serait réélue et nous serions stupides de louper le coche et de rester dans une opposition gauchiste radicale comme depuis 2017, dans les mêmes oubliettes que les Républicains.
Ensuite, on nous parle de l’avenir de Gabriel Attal. Tout d’abord, je préfère avoir à l’Elysée un type qui vient de la gauche et flirte avec la droite plutôt qu’un lascar qui vient directement de l’extrême droite. Ensuite, on arrive à nous dire en même temps, ce fameux « en même temps », que Macron a propulsé Attal pour torpiller un successeur potentiel et que Attal se met en position pour l’avenir. Restons calme et reposé d’autant que Gaby pourra démissionner dans deux ans pour se faire une virginité avant la prochaine présidentielle. On n’en sait rien. Arrêtons le billard à trois bandes et travaillons à l’avenir de nos propositions.
Si on en a.
Enfin, je parlais de ce « il est de droite, c’est mal » mais ne faisons pas, non plus, de procès à ceux qui ont cru en Emmanuel Macron même si, sept ans après avoir voté pour lui, j’ai tout de même mal au cul. Par exemple, ce n’est pas parce que Borne ou Attal viennent de la gauche qu’ils ne sont plus à gauche et qu’ils sont à droite.
Ils ont fait le constat, un jour, tout simplement, qu’on ne pouvait plus reconquérir le pouvoir puis l’exercer avec toute une partie de la gauche. Moi aussi.
De tout temps, les trotskistes ont prétendu être les seuls à gauche. Sortons de ce jeu.
Rappelons aussi que les mauvaises réformes de Madame Borne, par exemple, n’ont pas été imposées par elle, ni d’ailleurs par Macron. C’est en faisant de l’obstruction parlementaire que la gauche a évité au texte des retraites d’être étudié et amendé. C’est en présentant une motion de rejet que la gauche a fait en sorte que la loi immigration a été rédigée par la droite. Ne refaisons pas l’histoire. C’est tout de même délirant que quelques semaines après la motion de rejet, la gauche fasse porter sur les épaules d’Elisabeth Borne qui n’a pas grand-chose à voir avec ce que voulait son gouvernement…
Quant à l’usage du 49.3, c’est simplement parce que pour l’éviter, elle aurait dû appliquer une politique autre que celle voulue par ses électeurs qui ont fini majoritaires. C’est bien ça, la démocratie. Respecter les électeurs qui n’ont pas voulu de politiques poussées à droite ou à gauche pour satisfaire des « besoins parlementaires ».
On ne regagnera pas ainsi. On continuera, par contre, à passer pour des guignols. Peut-être est-ce d’ailleurs le but de ceux qui n’ont jamais voulu arriver aux responsabilités ?
François Ruffin a fait un tweet pour expliquer que Gabriel Attal n’avait jamais bossé en entreprise et n’avait pas les compétences pour exercer les compétences. Je vous passe le fait que cela soit complètement con (la plupart de nos élites sont issues des grands concours de la fonction publique). Je vous passe le fait qu’un type qui a fait polytechnique est peut-être moins un baltringue que celui qui a un CAP en boucherie pâtissière… Quand on a soutenu Jean-Luc Mélenchon, on n’oublie pas de vérifier les CV de nos propres amis…
Je ne défends rien à part les gens ou causes victimes d’un procès d’intention. Je dis simplement que j’en ai marre des commentaires à deux balles.
P.S. : j’ai des problèmes de PC. Excusez la présentation de ce billet.