En salle

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05 octobre 2011

Kenavo, Martine !

Dans mon billet d’hier soir, j’évoquais les erreurs de Martine Aubry et prenais sa défense. C’est peine perdue. La lecture de cet article du Télégramme (signalé par Romain) me désole. « La candidate à la primaire du PS propose un enseignement obligatoire du breton, sauf si les parents expriment clairement leur désaccord. »

« Il est devenu évident qu'on défend mieux la République française quand on la vit dans son territoire, avec sa culture. »

Madame Aubry, Chère Martine,

J’ai vécu pendant 18 ans dans le Centre Bretagne et pendant 5 ans à Vannes. Je peux vous assurer que les ignobles ploucs que nous sommes ne parlons jamais breton, que la langue bretonne n’est pas dans la culture de mon territoire, que mes parents ne sont pas bretonnants, ni même, d’ailleurs mes grands parents. Ce qui ne m’empêche pas, d’ailleurs, d’avoir un profond respect pour ceux qui parlent breton.

Il n’empêche que les écoles Diwan sont des écoles privées et qu’il me parait suspect, de la part d’un parti de gauche, d’envisager de défendre l’enseignement privé mais je ne vais pas insister, je ne sais pas où vous voulez aller.

Vous allez juste vous mettre à dos les enseignants, les militants de l’école laïque, publique, obligatoire et tout ça, le cœur de la cible électorale du Parti Socialiste.

En outre, sacrifier la République pour recueillir quelques votes communautaires ne me parait pas spécialement fin.

Je ne voterai pas pour vous. Ma décision était déjà prise mais pour des raisons subjectives. Là, c’est terminé.

Je me rappelle d’une soirée, il y a une dizaine d’années, à la « Ville de Guingamp », aimable bistro près de la gare Montparnasse. On s’était donné rendez-vous là, avec mon pote Philippe qui venait de Lannion pour le boulot à Paris. De fil en aiguille et de verre en verre, on avait commencé à discuter avec des gens du coin. Je leur ai dit que j’étais natif de Loudéac, que j’y retournais toutes les trois semaines et que j’habitais le Kremlin-Bicêtre. Une dame d’un certain âge avait tenté de me démontrer que je ne suis pas un vrai Breton, ce que je ne revendique pas, d’ailleurs, n’étant pas spécialement nationaliste. Ses arguments étaient que elle passait tous les ans trois semaines en août dans son village natal et surtout que n’habitant pas Montparnasse, je ne pouvais pas être un vrai Breton.

Libre à vous de chercher à obtenir sa voix. On finira par frôler le sublime.

Au revoir et vive la République !

Nicolas.

24 septembre 2007

Jean-Luc Mélanchon n'a pas un chapeau rond

Jean-Luc Mélanchon a-t-il lu mon billet de l'autre jour sur les Bretons de Paris et le nationalisme qui va avec ?
Toujours est-il qu'il sort un billet sur son blog, aujourd'hui, qui relate assez bien mon opinion sur le néonationalisme imposé par ces guignols.
Je disais : "Ce n’est pas en excitant nos pigeons Elyséens avec vos bignous disgracieux que vous défendrez l’Identité de la Bretagne !"
Jean-Luc Mélanchon dit : "La démonstration sur les champs Elysée des groupes folkloriques bretons, si bienveillants et bons républicains que soient ceux qui y ont participé, mérite un message d’alerte à la manipulation".
Merci à France Info d'avoir signalé ce billet dans sa revue de presse matinale.

21 septembre 2007

Nicolas Sarkozy, les Bretons de Paris et l'Identité Nationale

Suite à une discussion que j’ai eue hier soir avec deux blogueurs influents, je me suis levé, ce matin, bien décidé à faire un billet sur Nicolas Sarkozy pour être original dans la blogosphère.

La trame était bâtie, les phrases clés notées, … j’étais prêt à pondre ! Je suis alors allé prendre le café à la Comète et un connard (plus connu sous le nom du « Grand Jean-Claude » dans mon autre blog) m’a cassé les couilles (plus connues sous le nom de « mes testicules ») à propos d’un événement organisé par des Bretons à Paris ce week-end !

J’ai alors décidé de faire un billet sur les Bretons de Paris ce qui nous changerait du quotidien ! Mais… J’ai pris le métro et réfléchi bêtement tout en essayant d’oublier la petite grosse contre laquelle j’étais tassée et qui n’arrêtait pas de renifler.

Je vais traiter les deux sujets en même temps. Ainsi, plutôt que de mal traiter un sujet, je vais en bâcler deux. Il faut innover.

Car il s’agit en fait d’un même sujet : on a l’identité nationale qui part en couilles.


Nicolas Sarkozy

La rentrée politique semble avoir eu lieu cette semaine. Nicolas Sarkozy a fait un discours sur les régimes spéciaux, un autre sur la réforme de la fonction publique, il est passé hier soir en même temps sur un nombre incalculable de chaîne de télévision, profitant lâchement du moment où j’étais au bistro à discuter avec deux blogueurs gauchistes. En même temps, à l’Assemblée Nationale, un texte inique sur l’immigration passe !

C’est du grand Sarkozy : on fait tout en même temps pour noyer le poisson, les syndicats, l’opposition, les conversations entre collègues, les conversations en famille, les conversations entre poivrots et les blogueurs zinfluents.

On s’en fout ! Sur les blogs on aura le temps de traiter chacun des sujets, même si je dois passer à 18 billets par jour !

Avec son talent habituel et son approche démagogique, Nicolas Sarkozy arrive à faire passer un tas de trucs. Il n’a d’ailleurs par tort sur tout.
Par exemple, je ne vois pas pourquoi des gugusses ayant fait quelques astreintes au cours de leurs vies auraient le droit de partir à la retraite à 55 ans ! Nous autres, connards informaticiens du privé travaillant dans l’informatique des banques, nous faisons souvent des astreintes. Le type d’EDF qui fêtera en boite de nuit sa retraite à 55 ans et paiera sa note de 326 euros par carte bancaire ne devrait pas oublier que s’il arrive à payer à cette l’heure là, c’est que les ordinateurs des banques fonctionnent toujours ! Pour ce faire, il faut bien des permanences et des astreintes.

On n’en chie pas une pendule pour autant. Ce qu’il y a de plus gênant c’est que je crois bien que je suis en train d’écrire le billet le plus grossier de l’histoire de Partageons mon avis.

S’il faut lutter contre ces mesures Sarkozyenne, c’est parce qu’elles sont présentées de manière démagogique : le « bas peuple » est obligé de lui donner raison quand il dit que certains avantages datent d’une autre époque. Il ne présente pas tous les côtés du sujet… Les braves gens qui sont rentrés il y a 20 ans à la RATP ou à EDF ont un contrat de travail. Modifier les conditions de départ en retraite correspond à une rupture de ce contrat et que l’état employeur puisse se le permettre est très grave.

Il nous faut donc lutter dans les blogs.

Par contre, dans toutes ces annonces sarkozyennes, il y a quelques détails qui ne font pas assez la une des journaux.

Par fainéantise, je n’en retiens que deux ce matin. La « privatisation » des contrats de travail de la fonction publique et les trucs ADN pour l’immigration. A la limite, on pourrait s’en foutre comme de notre première bouteille de Whisky ingurgitée trop rapidement, mais…

Je résume : il n’y aura plus égalité des citoyens devant l’accès à la fonction publique et la notion de famille devient purement copulatoire puisque génétique.

Ca n’est pas ça, l’Identité Nationale de la France.
Avec ses grands sabots, Nicolas Sarkozy est tout simplement en train de torpiller notre Identité Nationale !


Les Bretons de Paris

Je n’ai jamais pu sentir cette notion de Breton de Paris. Je suis moi-même Breton et Parisien mais je ne me considère pas comme Breton de Paris. Derrière cette notion, il y a le plus odieux nationalisme. Je ne suis pas chauvin, mais la Bretagne est largement la plus belle région du monde et Paris la plus belle ville du monde. La Bretagne, ce sont ses côtes, sa campagne, ses villages, ses bistros. Paris ce sont sa Tour Eiffel, ses Champs Elysées, son Musée du Louvre, sa banlieue, ses brasseries.

Breton de Paris, ça n’a aucun sens !

Les Bretons de Paris sont des cons. J’ai déjà raconté sur le blog deux épisodes qui n’ont rien à voir qui me les font prendre en horreur. Je les rappelle.

Le premier : il y a 7 ou 8 ans, mon chef embauche une nouvelle collaboratrice de 25 ans (accorte à souhaits mais la question n’est pas là). Nous partageons le même bureau. Elle vient de Bretagne, moi aussi. Mon regard penche parfois sur sa poitrine opulente mais ce n’est pas grave. Elle me dit qu’elle ne peut pas se loger, sa famille n’a pas les moyens de l’aider à prendre un appart.

Ne pouvant rien faire pour elle, à part l’héberger chez moi mais ça aurait fait jaser d’autant que j’étais son supérieur rachitique. Je me décide donc à appeler l’association des Bretons de Paris. Les auvergnats étant très solidaires, je me suis dit : les Bretons doivent l’être aussi. J’explique longuement la situation à la dame au téléphone. Elle me dit : « On va voir ce qu’on peut faire. Elle est à jour de sa cotisation ? » Je lui ai raccroché au nez.

Le deuxième : à peu près à la même époque, j’étais « en bordée » dans le coin de Montparnasse avec mon copain Philippe. Naturellement, nous finissons à « la Ville de Guingamp », célèbre bistro du quartier. Nous sympathisons avec les autochtones. Je me mets à discuter avec une dame relativement âgée. Elle m’explique qu’elle vient de Bretagne, habite le quartier de Montparnasse et passe tous ses mois d’août dans son trou Breton.

Je lui explique alors que moi aussi, j’habite en région Parisienne, suis natif de Bretagne, retourne en Bretagne presque toutes les semaines (à l’époque c’était le cas) mais n’y passais pas toutes mes vacances, préférant vadrouiller. Un moment, je lui dis que j’habite le Kremlin-Bicêtre (pour ce qui ne connaissent pas, c’est une commune limitrophe de Paris au sud-est, à 6 ou 7 km de Montparnasse).

C’est alors qu’elle me dit, à peu près textuellement : « Quoi ? Vous n’habitez pas Montparnasse ! Vous n’êtes pas un vrai Breton ». Elle l’a dit sérieusement. C’est alors que j’ai compris combien certains personnages pouvaient être cons.

Ainsi, je voudrais dire aux Bretons qui organisent cette descente des Champs-Élysées par une fanfare, ce week-end : ça n’est pas rendre service à la Bretagne, alors que si c’était organisé par des Parisiens neutres ça montrerait vraiment une ouverture culturelle !

Ce n’est pas en excitant nos pigeons Elyséens avec vos bignous disgracieux que vous défendrez l’Identité de la Bretagne !