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19 octobre 2015

Dray - Mélenchon : la castagne - journaliste et blogs : heu ?

C'est une des informations politiques de la journée : Dray et Mélenchon se jettent à la figure des vieux enregistrements.

Cela étant, tout le monde s'en branle, si je puis me permettre une vulgarité dans ce blog de haute tenue.

Toujours est-il que je tiens à préciser à nos amis journalistes que les propos de Dray, s'ils ont été tenus, hein !, l'ont probablement été lors d'une rencontre avec des blogueurs. Nananère.

Je tiens aussi à préciser qu'un des blogueurs présents, si fier à l'époque de participer à des rencontres avec des personnalités politiques, qu'elles soient initiées par le groupe des leftblogs ou d'autres andouilles, vient de diffuser un enregistrement qui n'était pas fait pour cela (on enregistre pour faire des billets de blogs avec des comptes rendus par pour les diffuser, sinon nous ne sommes plus des blogueurs).

Ce n'est pas joli joli. C'est un traître qui sera tondu à la libération sauf s'il paye une tournée générale.

Tous les moyens ne sont pas bons à être utilisés d'autant que le niveau des débats n'en sort pas grandi. On aimerait, aujourd'hui, parler des propositions de chacun pour les régionales, de travaux menés pour aboutir à une plateforme commune et éviter à la droite de prendre des régions, dont la mienne, celle de Dray,... : l'Île de France.

21 avril 2015

Mélenchon, Hollande et les années 70

Je n'ai pas fait de billet suite à l'émission de Canal+ avec pépère mais la polémique qui a suivi ses propos sur le FN qui ressemble à une affiche du PC des années 70 m'a fait rigoler, d'autant que je dis à peu près la même chose sur mon blog depuis des années... 

Ce qu'il y a d'amusant, c'est que personne n'avait ronchonné quand Jean-Luc Mélenchon avait dit "Madame Le Pen récite des morceaux entiers de notre programme (de la gauche). Leur ligne, c'est d'occuper l'espace politique de la gauche", car "l'espace politique de la gauche, c'est le peuple" et "le problème de la droite, c'est le peuple"

31 mars 2015

Parler aux électeurs ?

« Interrogé sur RTL quant à la situation économique française, Jean-Luc Mélenchon a refusé d'envisager l'assouplissement du marché du travail comme une solution de relance. "L'assouplissement, c'est un durcissement des conditions pour les travailleurs", a dit le député européen. Le problème se pose, selon lui, par les carnets de commande. "Est-ce que les carnets de commande des entreprises sont pleins ou est-ce qu'ils sont vides ? Et pour que les carnets de commandes se remplissent il faut qu'il y ait de la production". » C’est dans le Figaro du jour…

Je suis tombé dessus en cherchant « Mélenchon » dans Google News pour argumenter dans le cadre d’une discussion avec des potes. C’est la première phrase qui m’intéressait à l’origine et je vais y revenir. Mais la dernière a généré une certaine hilarité de ma part. Outre le fait que je me demande comment il va faire de la production (il est complètement déconnecté, visiblement), il ne fait que défendre la politique de l’offre…

Cette discussion porte sur le fait que la gauche ne sait plus s’adresser aux catégories populaires. Les ouvriers et les employés votent maintenant plus pour le Front National que pour un des partis dans la moitié gauche de l’échiquier politique. Et cette première phrase est emblématique. A gauche, on sera bien d’accord pour protéger les salariés mais seule une minorité de l’électorat fait partie de ces salariés qui pourraient pâtir d’un assouplissement. Pas facile d’être à gauche, de lutter contre les privilèges tout en devant bien admettre qu’avoir un travail dans une boite solide, où l’on n’est pas susceptible d’être licencié dans le mois, est devenu un privilège…

« Il propose pour l'avenir un rassemblement des forces de gauche, « quelque chose d'extrêmement large pour donner une alternative aux français ». L'idée étant de rassembler sous une même bannière parti de gauche, socialistes démissionnaires, verts ou encore nouvelle donne, entre autre. "Ma vie est éclairée par le combat", rappelle Mélenchon, qui "refuse d'être embauché dans le tripartisme" s'étant fait jour au lendemain des départementales. »

C’est notre mode de scrutin qui a généré le tripartisme qui en est un faux : le Front National n’a pas d’élus ; dans les « assemblées », les débats sont entre la gauche et la droite, pas d’extrême… La solution, pour en sortir, c’est la proportionnelle mais si on introduit une dose de proportionnelle, le Front de Gauche perdrait une partie de ses élus et le Front National en gagnerait des tas.

En outre, le rassemblement qu’il propose, parfaitement honorable mais peu crédible (on attend de voir leur position commune sur l’Europe), regrouperait au maximum 20% de la population et ferait passer le PS « dans ces eaux-là ». Avec des votes nominatifs, tous les bénéfices iraient à la droite. Avec des votes sur listes, des majorités seraient impossible à trouver et on aboutirait à des coalitions « autour » de l’UMP.

Je tacle un peu Jean-Luc Mélenchon. Cécile Duflot mériterait aussi une avoinée. C’est Le Point qui s’en charge en expliquant qu’elle fait une Fixation sur Manuel Valls. Encore une fois, elle se coupe complètement des électeurs sans même se rendre compte que tout le bénéfice ira à Jean-Vincent Placé, François de Rugy et Barbara Pompili qui sont favorables à un retour des Verts au gouvernement.

Il n’y a pas que la gauche de la gauche qui ne sache plus s’adresser aux braves gens. Regardez cette copie d’écran de Google News, prise dans l’après-midi. Le premier article parle de Marisol Touraine qui veut rétablir le fond de la loi sur la prostitution. Qu’en pense le peuple ? « Ils nous font chier ». Le deuxième article est au sujet de Manuel Valls qui regrette de ne pas avoir baissé les impôts. Qu’en pense le peuple ? « Il nous prend pour des cons. »

La question est de savoir à qui s’adressent Mmes Duflot et Touraine et MM. Mélenchon et Valls. Aux autres responsables de gauche, aux militants ou aux braves gens ?

Imaginons, par exemple, que Manuel Valls s’adresse au reste de la gauche pour dire « bon ben ho je vais infléchir ma position, ne vous fâchez pas, hein ! ». Est-ce vraiment de gauche de baisser les impôts et donc les moyens de faire une jolie « redistribution » ?

N’est-il pas dans la même situation que Jean-Luc Mélenchon qui prône la politique de l’offre sans s’en rendre compte ?

Remettez-vous !

Il ne sert à rien de s'interroger sur les raisons de la défaite. La gauche et la droite ont toujours perdu les élections locales quand ils étaient au pouvoir depuis quelques années et à chaque législative depuis 1981, sauf en 2007, il y a eu alternance. On a toujours trouvé des analystes en culotte courte qui connaissaient mieux les raisons que les autres.



13 septembre 2014

Kerviel ou l'imposture Mélenchon

A la fête de l'Humanité, Jean-Luc Mélenchon s'affiche à côté de Jérôme Kerviel, l'illustre trader de la Société Générale, le type qui jouait avec des milliards d’euros des clients tout en volant visiblement l’entreprise qui l’employait. C’est d’ailleurs très drôle de voir des blogueurs de la vraie gauche soutenir ce guignol, à se demander qui est vraiment de gauche dans cette histoire !

 Et Méluche compare son invité à.... Alfred Dreyfus, déclarant, en substance, que la Gauche doit défendre cet ex trader comme elle a défendu le Capitaine Dreyfus à la fin du 19ème siècle. Mélenchon qui se targue d'avoir une connaissance approfondie de l'Histoire a tout bonnement oublié qu'Alfred Dreyfus fut injustement condamné parce qu'il était innocent comme ont contribué à le démontrer, avec courage, Emile Zola, Jean Jaurès, entre autres, dont moi-même mais à l’époque je n’étais pas encore un blogueur z’influent ! 


On peut suggérer au "Leader Maximo" du Front de Gauche d'inviter prochainement Thomas Thévenoud qui symbolisera ainsi "l'esprit de rébellion et de résistance face à l'injuste pression fiscale de l'Etat sur les classes laborieuses !".


(texte partiellement piqué dans Facebook).

23 juillet 2014

Les erreurs de Jean-Luc Mélenchon

Actif retraité
« Le groupe socialiste, qui détient à lui seul la majorité absolue à l'Assemblée, a voté pour la réforme […]. Le groupe écologiste s'est abstenu. Celui des radicaux de gauche et celui du Front de gauche ont voté contre, de même que ceux de l'UMP, hormis une poignée de ses membres, qui se sont abstenus, comme la majorité du groupe UDI. » C’est à propos de la réforme territoriale qui n’est pas le sujet de mon billet contrairement à Jean-Luc Mélenchon qui forme un excellent sujet ! Je vous le conseille. Par exemple, hier, il annonçait se mettre au repos ce qui ne l’empêchait pas de manifester aujourd’hui et de continuer à dire des bêtises dans le poste.

Pourquoi je parle de la réforme territoriale, alors, me demanderont les plus vicieux d’entre vous ? Parce que le Front de Gauche a voté avec l’UMP. Je me fous des raisons de ce vote, moi-même, je ne sais pas quoi penser de cette réforme. Mais c’est trop souvent le cas.

Alors quelles bêtises ont été sorties par notre Méluche, aujourd’hui ? « Le gouvernement a fait tant de maladresses que je me dis que c’est un calcul. On se demande s’ils n’allument pas eux-mêmes un incendie qu’ils souhaitent, de façon à provoquer en France une espèce de confrontation qui leur servirait. Je me demande dans quelle mesure c’est pas leur façon à eux de préparer une absurde montée en puissance du lepénisme car qui peut croire sérieusement qu’à part une poignée d’énergumènes, il y aurait en France, dans la protestation contre l’agression de Gaza, de l’antisémitisme ? Ne changeons pas de sujet, ce n’est pas la question qui est posée aujourd’hui ! »

Je ne vais pas répondre à propos de l’antisémitisme. J’ai vu dans Le Monde une très bonne chronique à ce sujet. Nier sa montée est délirant… Toujours est-il que je trouve odieux de dire que le gouvernement provoque volontairement le bordel à des fins électorales, notamment quand c’est un responsable politique qui le fait. Tant pis.

Toujours est-il qu’il fait une nouvelle erreur politique et pas seulement du fait qu’il dise explicitement aux électeurs de voter pour le Front National. En outre, si la gauche de la gauche a perdu le vote ouvrier, il faut peut-être qu’elle réfléchisse aux causes.

Reprenons cette histoire de réforme territoriale et de fusions de régions. C’est une réforme populaire. La plupart des gens s’accordent sur sa justification (mais pas sur le découpage !). Néanmoins, c’est un serpent de mer… Imaginée par la droite mais pas finalisée, déposée par la gauche… Ceux qui votent contre vont passer pour des passéistes, des guignols qui protègent leurs postes…

Tiens ! Une devinette ! Qui a déclaré « Ils sont en train de jouer au puzzle ou aux ciseaux avec la carte de France avec comme arrière-pensée, pour Madame Royal, Madame Aubry: "où sera ma baronnie demain, je serai baronne de quoi? Quel score fera le Front National dans ces nouvelles régions ?" Où est la réflexion sur l'intérêt de la France et des Français dans cette affaire-là ? » ? C’est Florent Philippot. La gauche de la gauche, l’UMP et le Front National partagent les mêmes positions au sujet de la réforme territoriale.

A mon dernier billet, un commentateur m’a laissé un commentaire rappelant les erreurs de Jean-Luc Mélenchon. Je vais le résumer. En quittant le PS en 2008 et en s’alliant au PCF, il a cru pouvoir créer quelque chose, notamment manipuler les élus du Parti Communiste. Son positionnement politique ne convient totalement presque à personne à gauche. Pour les socialistes, c’est un traitre qui a craché dans la main qui l’a nourrie pendant plus de 30 ans (ancien salarié de la fédération socialiste du Jura, apparatchik vivant de ses mandats à Massy,…). C’est un éternel parachuté. « Pour l’extrême gauche, c’est un social-traitre qui joue aujourd’hui au révolutionnaire. Pour les écologistes, c’est un gars énervé qui fait marrer avec ses petites manies de bateleurs d’estrade. Pour les Français, c’est un fada qui tantôt choque, heurte et inquiète, tantôt amuse par ses outrances verbales, ses exagérations et ses coups de menton dignes d’un Tartarin de Tarascon. » Les types de la vraie gauche sont les dindons de la farce, couillonnés par leur mentor.

Il n'est apprécié que par la droite : il tape sur le Parti Socialiste et le gouvernement.

Comme l’UMP, le Front de Gauche vote avec le FN. Accuser les socialos de le faire monter est peut-être retranscrire la vérité mais c’est une erreur supplémentaire.


Il ne faut pas qu’il prenne du recul mais qu’il prenne sa retraite politique ou qu’il fasse ce pourquoi il est payé par le peuple : siéger à Strasbourg.

22 juillet 2014

Jean-Luc Mélenchon se met au vert

Jean-Luc Mélenchon a donné une interview dans Hexagones, nouveau machin que je ne connais ni des lèvres ni des dents. C’est sur abonnement, ne cliquez pas où raquez. Voilà quelques extraits, vous pourrez en lire d’autres la presse, notamment le fait qu’il pronostique la victoire de Marine Le Pen en 2017. Toujours est-il qu’il se met au vert.

Je suis subjugué de voir à quel point il peut se tromper. Par exemple, alors qu’il est interrogé sur sa bonne campagne de 2012, il répond : « Ce n’est pas la campagne qui est bonne, c’est le fait que je ne me suis pas trompé sur l’analyse du moment politique. J’ai eu aussi de la chance. Comme personne ne croyait en ce que je faisais, tout le monde m’a foutu la paix, y compris dans ma propre coalition. J’ai démarré à 3,5 %. Beaucoup pensaient que si je faisais 8 %, ça serait méritoire ; on me taperait sur l’épaule, on reviendrait à la popote. Mais ce n’est pas ce qui s’est passé. Quand je suis arrivé à 8 %, c’était trop tard, j’étais devenu incontrôlable. De 8 pour bondir à 10, ça a pris deux mois. Et à partir de là, c’est fini, le mouvement était tellement puissant que plus personne ne le contrôlait, ce qui faisait mes affaires. C’est à la fois une campagne et une insurrection. »

Tout cela est évidemment faux. Il a grimpé sans cesse entre début mars 2012 et le premier tour, jusqu’à atteindre 15 ou 16%, le tout pour finir à 11%. Il a été grisé par les meetings, tout comme les militants (le tout sur une présence acquise de François Hollande au second tour donc sans « vote utile », ce qui fait que les 15 ou 16% étaient possibles).

Il continue : « Mon idée était que je pourrais prolonger ensuite l’insurrection en m’appuyant sur le bilan de la campagne. » Je coupe. Il a oublié d’une part ce que je disais, à savoir que le bilan de la campagne est mitigé (11% est un bon score mais il est inférieur aux prévisions) et d’autre part qu’il a lui-même fait une erreur, ensuite, en allant se présenter face à Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Je continue « Ce que je n’avais pas envisagé, c’est que cette force puisse être étouffée par le poids du retour aux vieilles traditions partiaires, aux arrangements, aux accords électoraux. » Il pense ce qu’il veut mais il y a forcément des accords électoraux : ce n’est pas possible de gagner des élections sans cela. Dès le lendemain de la présidentielle, il fallait revenir à une « tradition partiaire » et attendre les Européennes pour en sortir vu que les partis de gauche n’ont pas la même vision de l’Europe.

«  Jusqu’à ce néant qu’a été l’élection municipale qui a complètement décrédibilisé ce qu’était le Front de gauche, explosé entre ceux qui ne voulaient pas d’alliance avec le Parti socialiste et ceux qui se sont vautrés dans cette alliance. » Ils ne se sont pas vautrés, ils ont tenu une position intelligente, du moins, je trouve.

Il poursuit en justifiant sa stratégie face aux médias où il se plante également en jouant la victime alors qu’il a eu une forte exposition médiatique.

La suite de ses propos est largement reprise par la presse : « Là, on est dans une période où l’on a besoin de se reposer. Parce qu’on vient de passer cinq ans terribles. Nous sommes en échec. Pour moi la séquence a été écrite entre deux européennes : on a fondé le Front de Gauche pour les européennes de 2009 et à la suivante on passait devant le PS. Tout était en place. Tout ça a été planté pour une poignée de postes aux municipales. » Je ne crois pas qu’il ait raison. Peut-être qu’avec une bonne dynamique, le Front de Gauche aurait-il pu bénéficier de ce qu’a bénéficié EELV en 2009. Toujours est-il que battre le Parti Socialiste à des européennes ne peut pas être un objectif sérieux. Il a voulu jouer avec des élections, il a perdu…

Un peu plus loin, il évoque le Front National et tombe sur l’éternelle rengaine du Parti Socialiste qui fait tout pour le faire monter pour gagner des élections. S’en plaindre n’est pas la bonne stratégie. Le Front de Gauche ne doit pas être dans l’opposition au Parti Socialiste mais à la droite.

Ensuite : « Madame Le Pen récite des morceaux entiers de notre programme. Leur ligne, c’est d’occuper l’espace politique de la gauche. Quel est l’espace politique de la gauche ? C’est le peuple. Quel est le problème de la droite ? C’est le peuple. » Il y a des choses qu’il ne devrait pas dire, comme le peuple est le problème de la droite, on n’insulte pas les électeurs… Toujours est-il qu’il est temps qu’un responsable politique constate que Marine Le Pen pique le programme de la gauche de la gauche…

Je lui souhaite bien du repos.https://ssl.gstatic.com/ui/v1/icons/mail/images/cleardot.gifIl en a besoin. Dans la suite de l’article, il s’en prend à ses alliés, un peu comme avant, les traitant quasiment de pleutres, puis il explique qu’il espère gagner en faisant appel au peuple, tout comme il considérait sa campagne de 2012 « comme une insurrection ».

Bien du courage.


12 juillet 2014

Voila comment retrouver l'unité de la gauche !

J'ai reçu hier une invitation pour les Universités d'été du Parti Socialiste. Je ne pense pas y aller, cette année (généralement, elles tombent pendant mes vacances mais je les prends une semaine plus tôt). J'ai vu une conférence ou un débat qui m'intéresse particulièrement : « Après les élections municipales et européennes, l’unité de la gauche : pourquoi, comment ? »

Je pense en effet qu'il faut que la gauche se ressaisisse, non pas, évidemment, pour suivre le président de la République ou le premier ministre sans se poser de question, sans opposer de résistance, voire sans s'opposer de plein fouet sur certains sujets quand les désaccords sont sérieux, et ils le sont ! Mais je pense qu'on peut trouver des terrains d'entente sur un tas de sujets et qu'à un niveau local, certaines bisbilles sont très lassantes et démobilisatrices pour les électeurs.

En outre, je suis également fatigué quand je vois les sénateurs du Front de Gauche voter avec ceux de l'UMP mais pour des raisons opposés. L'UMP est contre car le gouvernement va trop loin et le FdG est gauche parce que le gouvernement ne va pas assez loin.

Toujours est-il que je regardais la liste des participants : Marie-Noelle Lienemann (animatrice), Sénatrice de Paris, Jean-Christophe Cambadélis, Premier Secrétaire du Parti socialiste, Emmanuelle Cosse, Secrétaire nationale de Europe Écologie - Les Verts, Pierre Laurent, Secrétaire national du Parti communiste français, Président du Parti de la gauche européenne, Jean-Michel Baylet, Président du Parti Radical de Gauche Sénateur de Tarn-et-Garonne, Robert Hue, Président du Mouvement unitaire progressiste, Jean-Luc Benhamias, Ancien Député européen, fondateur du Front démocrate, Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen.

Ainsi, tous les chefs des principaux partis de gauche sont là, avec, en prime, l'animatrice qui représente l'aile gauche du PS. Tous ? Non, il manque Pierre Larrouturou, ce qui est surprenant (et la présence de Jean-Luc Benhamias est surprenante mais il a créé un parti de centre gauche en juin..).

Par contre, une absence saute aux yeux : celle de représentants du Parti de Gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon. D'ailleurs, je lisais cette après-midi un article du Point sur la désertion du Parti de Gauche par ses militants.

Toujours est-il que les types du PS chargés d'organiser cette séance ont trouvé la réponse à la question : « Après les élections municipales et européennes, l’unité de la gauche : pourquoi, comment ? »

Travailler sans Jean-Luc Mélenchon !

15 décembre 2013

Apprenons la démocratie à Jean-Luc Mélenchon

« Le SPD s'est vendu à Merkel » a déclaré Jean-Luc Mélenchon avec la finesse qui le caractérise suite à l’approbation par le SPD du projet de gouvernement commun en Allemagne. Je ne sais pas si on a vraiment la vocation à commenter les actes démocratiques des partis politiques étrangers.

Je suis d’ailleurs fatigué de ces gens qui ne respectent pas la démocratie. Le parti de Mme Merkel a remporté une large victoire, ce que l’on peut déplorer, avec 47% des voix. Le jour où on verra ça en France… Il est donc logique qu’il soit amené à diriger le pays mais il n’a pas la majorité absolue et est obligée de composer avec le camp d’en face. Ce sont les socdem qui s’y collent.

Imaginons la situation en France. Il y a 577 députés mais je vais arrondir à 600. Imaginons que l’UMP et l’UDI remporte 295 sièges. Ca serait une victoire incroyable pour eux mais ils n’auraient pas la majorité absolue. Imaginons que le PS remporte 150 sièges, les verts 100 et les communistes 55, soit un total de 305. Avec le système électoral Allemand, c’est le parlement qui élit le chancelier. En France, c’est un peu différent mais ça revient au même. Les partis politiques doivent discuter en entre eux pour trouver une base de gouvernement.

Imaginons cette élection du Premier Ministre par le Parlement. Au premier tour, on peut supposer que le chef de l’UMP obtienne 295 voix et celui du PS, 150. Il y a donc un deuxième tour. En toute logique, le candidat du PS gagne le second tour avec 305 voix. Et encore, ce n’est même pas sûr. Il devrait donner des gages à son aile gauche au cours d’une négociation ce qui fait que des députés de cette formation pourraient être amenés à voter pour le candidat de l’UMP…

C’est le jeu démocratique. Prenons une exigence au hasard des communistes, pendant ces négociations : le SMIC à 1700 euros. Un député PS pourrait penser que ça serait une catastrophe pour le pays. Il s’en suivrait en effet une importante inflation et le nombre de smicards augmenteraient. Les classes « moyennes basses » se retrouveraient au SMIC mais les prix augmentant, ils perdraient du pouvoir d’achat. Le candidat de l’UMP pourrait alors dire : hého, je promets d’augmenter légèrement le SMIC et d’aligner le PACS sur le mariage. On trouverait bien 6 députés PS qui préfèreraient voter pour lui que pour le candidat de son propre parti qui aurait ajouté un élément de programme qu’il jugerait catastrophique.

Et ils respecteraient ainsi la démocratie.

Mais le candidat de l’UMP est intelligent (c’est une fiction). Dès le départ, il va voir le candidat du PS et dira : ah ben on est dans la merde. Je ne peux pas réunir une majorité et toi non plus sans générer un gros bordel. Je propose qu’on mette en place une plateforme commune qui répondrait aux votes des gens : 50% pour moi, 25% pour toi. On aurait donc une plateforme qui représenterait 75% de la population. On aura des mécontents à ma droite et à ta gauche mais on resterait largement majoritaire.

C’est ce qui se passe en Allemagne.

C’est aussi ce qui s’est passé en 1988 en France. François Mitterrand avait toute légitimité pour diriger la France puisqu’il venait d’être élu mais il n’avait pas la majorité à l’Assemblée. Le Parti Socialiste avait 47,82% des députés. Les communistes 4,4% et les non inscrits 2,4%. Le Parti Socialiste n’aurait pas été sûr d’avoir une majorité sur tous les textes sans faire de larges concessions aux communistes. Mitterrand a donc dit : hop ! Je vais nommer Rocard et lui demander de faire une majorité d’ouverture. C’est la seule solution qu’il avait pour disposer d’une majorité capable de gouverner durablement. Rocard a donc été voir les centristes et leur a dit : bon les gars, on prend certains d’entre vous au gouvernement et on se met d’accord.

On appelle ça de la démocratie.

N’oublions pas que les communistes avaient pris une belle claque, à l’époque. Tout comme Die Linke, cette fois, et les écolos allemands. La comparaison avec l’Allemagne s’arrêtera là. Le système électoral n’est pas le même. Le PS et les partis qui gravitent autour de lui arrivent à avoir 57% des députés avec 40% des voix. Le Front de Gauche qui a fait 7% des voix arrive avec 1,7% des députés et le Front National qui a fait 13,6% avec 0,35… Si le nombre d’élus était proportionnel aux voix, le total de la gauche ferait un peu moins de 50%. Il n’y aurait pas de majorité… Et vous avez beau retourner les chiffres dans tous les sens, pour qu’un texte passe, il faudrait un accord entre l’UMP et le PS. Le Front de Gauche aurait beau hurler, c’est la démocratie. Ca représente une majeure partie du peuple.

Jean-Luc Mélenchon vocifère. Reprenons son communiqué. « Le SPD s'est vendu à Merkel. Il préfère l'alliance de droite plutôt qu'un accord de gauche. La social-démocratie ne sert plus qu'à épauler l'ordre libéral. Et le PS vient de donner son appui à la candidature de Martin Schulz du SPD allié à Merkel pour la présidence de la Commission européenne. De Merkel à Hollande, c'est la ligne directe ! En France comme en Allemagne, les sociaux-démocrates sont la camisole de force des peuples. Ce monde-là n'est pas le nôtre. L'opposition de gauche en France doit être la relève. »

Nous allons le prendre dans l’autre sens. Madame Merkel a fait un triomphe à cette élection. On peut évidement le regretter et traiter les Allemands de fous mais ça ne fera pas avancer le dossier. Néanmoins, elle n’a pas su ménager son allié traditionnel, les vils libéraux du FDP. Elle doit donc composer et faire une politique moins à droite que ce qui était prévu. C’est donc tout à l’honneur du SPD (et des militants qui ont accepté) de permettre à Madame Merkel de faire une politique moins à droite, avec des points par ailleurs très satisfaisants : instauration d’un SMIC, augmentation des petites retraites, limitation des loyers,… Le ministère de l’économie devrait revenir au président du SPD, Sigmar Gabriel, qui chapeautera en outre la transition énergétique.

Le peuple allemand n’a pas voté pour Die Linke comme le peuple français n’a pas voté pour le Front de Gauche. Le PS soutient un candidat qui pourrait imprimer un retournement à gauche de la politique européenne, Martin Schulz, issu du SPD. Ce monsieur fait campagne en politisant le choix du président de la Commission européenne. « Les grandes forces politiques ont besoin d'une compétition pour confronter leur vision de l'Europe. Il ne faut pas réduire le débat à un affrontement entre pro et anti-européens. Nous devons offrir le choix entre une Europe du centre droit et une Europe du centre gauche, une Europe libérale et une Europe socialiste, pour aider à sa démocratisation. »

Les tractations seront les mêmes, à l’issue des élections Européennes, dans six mois. Il y a deux grandes forces, le PPE (à droite) et le PSE (à gauche). Le PSE ne sera pas capable de gouverner tout seul. M. Schulz devra trouver une coalition, s’il veut devenir le chef de la future Commission.

J’attends de voir le programme du Front de Gauche et les annonces faites Jean-Luc Mélenchon, pour cette élection.

Je suppose qu’il va vociférer contre les technocrates de Bruxelles avec un programme qui ne sera pas audible parce que la gauche de la gauche ne remportera pas se scrutin. Il devrait faire de la politique, de la vraie, celle qui a un impact sur la vie des gens. Il devrait donc soutenir Martin Schulz s’il veut un peu moins d’Europe libérale.

Mais non ! Il va taper sur le PS pour sa propre gloire, voire pour s’assurer un job.


Ce n’est pas de la démocratie.

05 décembre 2013

Sacré Méluche !


Dans son blog, Jean-Luc Mélenchon a déclaré : « La prostate d’un candidat socialiste, le père naturel d’une députée, les manipulations des photographes de balcon… Jusqu’où ira la malveillance voyeuriste du système médiatique, jusqu’où ira le gout de créer du sensationnel à n’importe quel prix ?

Cette volonté d’humilier l’action politique signale une dérive grave d’une caste déjà condamnée par l’évolution des techniques et le mépris du public.

Celui-ci achète de moins en moins les journaux et classe les médiacrates plus bas encore que les hommes politiques que ces derniers violentent sans cesse.

Il est temps de se ressaisir ! »

Il a parfaitement raison ce que dit mon confrère Sarkofrance. Il n’empêche que quand j’ai vu ce communiqué (hier soir, je crois), j’ai failli bondir. Je n’ai pas fait de billet de blog parce que j’en avais déjà fait un la veille…

J’ai failli bondir parce qu’il parle de manipulations du photographe suite à l’épisode de dimanche dernier. Or, ce sont bien Jean-Luc Mélenchon et TF1 qui ont provoqué une manipulation par cette mise en scène grotesque… qui n’est qu’une mise en scène qui a été rendue ridicule que par des chiffres de participants à une manifestation qui sont visiblement multipliés par cinq ou dix.

C’est Jean-Luc Mélenchon lui-même qui se transforme en personnage de foire par ses outrances répétées, encore maintenant puisque la polémique continue alors qu’il aurait du l’éteindre. Le tout en vantant TF1 et en disant aux journaux ce qu’ils devraient faire.

N’allez pas croire que je lance une énième charge contre Jean-Luc Mélenchon pour le plaisir, comme je sais le faire parfois pour exciter quelques trolls mais la mansuétude de l’ami Sarkofrance pour le personnage me fatigue.

Je ne veux pas fâcher les trolls parce que je suis d’accord avec ces propos de Jean-Luc Mélenchon et une partie des autres. Je m’inquiète simplement de la crédibilité générale de la classe politique, comme Jean-Luc Mélenchon mais, lui, il ne semble pas se rendre compte qu’il rentre parfaitement dans le cirque, sous les yeux amusés du public qui va finir par se rendre compte qu’il ne vise qu’une place au parlement Européen et, peut-être, connaître une nouvelle heure de gloire.

Méluche critiquant les médias qu’il utilise et des politicards qui font n’importe quoi.

C’est un peu comme si je militais contre les bistros…

Cela étant, la presse écrite doit se ressaisir. Sinon, elle va crever. Mais ce n’est ni mon problème, ni celui du Parti de Gauche.