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12 avril 2015

Relançons l'économie avant l'apéro

« Le fait que la France soit l’un des pays qui protègent le plus ses travailleurs est l’une des explications de son taux de chômage à 10% ». C’est ce qu’a déclaré Emmanuel Macron récemment et qui provoque la colère mes camarades gauchistes tels que Bembelly et l’ami Seb Musset, réveillé pour l’occasion. Je ne suis pas contre une bonne colère de temps, étant parfois assez irascible. Il n’empêche que nier une évidence n’en fait pas pour autant un mensonge.

Par exemple, si je pouvais embaucher un serveur pour 1 euro de l’heure avec la possibilité de le virer quand je n’ai plus soif, je l’embaucherais. Il irait me chercher des demis à la Comète et me les apporterait à la maison. Je serai alors heureux et il ne sera plus au chômage.

Notez que je n’exprime pas la volonté politique de supprimer les contrats de travail et le SMIC mais rappelle une vérité idiote. Quant à faire mon antigauchiste primaire, je vais en sortir une deuxième : quand un Etat dépense 80 milliards de plus qu’il ne gagne, on peut difficilement dire qu’il mène une politique de rigueur sans avoir le nez qui rallonge. On ne peut pas, non plus, dire que c’est une politique efficace : cela fait plus de 40 ans qu’on tient la même politique et que le taux de chômage augmente. On ne redressera pas la France à coup de sentences.

Nous sommes malheureusement à la fin d’un monde : on peut produire ce dont on a besoin avec moins de personnel et il revient moins cher de le faire produire à l’étranger. C’est triste à dire, ma brave dame, et je suis désolé de participer à l’entretien de votre dépression mais c’est ainsi. Quand, en plus, produire est généralement nocif à l’environnement, il se trouve qu’on est vraiment mal barrés. La seule solution étant de taxer plus les profits pour permettre à tout le monde d’en profiter, je ne vois pas d’autres solutions. Sauf que les méchants entrepreneurs vont mettre les bouts dans des pays plus accueillants ce qui n’est pas grave pour eux vu qu’avec le réchauffement climatique, on pourra produire du Beaujolais nouveau en Rosbiferie d’ici quelques années.

Après le suicide collectif qui me pense être la seule voie possible, y compris pour les catholiques, nous nous mettrons en tête le rêve d’un pays où les entreprises aient des carnets de commandes qui débordent et soient obligés d’embaucher des salariés qui pourraient négocier des augmentations. A défaut de suicide, on pourrait lancer une bonne guerre : l’effort de reconstruction et tout ça devrait nous permettre de passer quelques années au chaud. Surtout qu’approchant la cinquantaine sur un rythme régulier d’une journée par 24 heures, je devrais être exempté de combat. Par contre, avec l’égalitarisme forcené qui nous caractérise, les femmes iront aussi sur le front et on ne pourra plus les sauter pendant que les maris se battent.

Il nous faut donc imaginer que les carnets de commande de nos entreprises aillent mieux, prier pour que celles-ci décident de produire sur le territoire avec du personnel qualifié non remplaçable par des machines. C’est ce que fait le gouvernement.

On peut aussi rêver d’un monde sans ouverture le dimanche et sans importations de gadgets informatiques produits en chine.


Voire faire des propositions concrètes pour relancer l’économie. Un peu ce que font Emmanuel Macron et Manuel Valls pour supprimer certains blocages. Alors si par pur gauchisme, il faut lutter contre, luttons contre.

28 février 2015

Vive Macron !

Je dois reconnaître que ce garçon m'est de plus en plus sympathique. Il est haï par la vraie gauche parce qu'il est pire que Valls et est un ancien banquier qui a gagné de l'oseille. Comme si c'était incompatible avec être de gauche. D'ailleurs, je suis prêt à parier qu'il y a plus de types à voter à gauche dans les banques que parmi les ouvriers.

Ca me rappelle une anecdote ! Il y a trois ans (avant la présidentielle, donc), nous parlions politique. Un de mes jeunes collègues nous dit alors qu'il se sentait plutôt de droite alors qu'il voyait bien que nous étions tous favorables à celui qui avait déclaré la finance comme son adversaire... J'avais senti qu'il allait dire une bêtise et j'avais aiguillé la conversation. Un peu après, je l'avais pris à part (j'étais alors son chef direct) et je lui avais conseillé pour sa carrière dans le monde bancaire de ne jamais dire qu'il était à droite...

Ils sont cons, dans les banques. Ils sont cons, à gauche.

Ce que j'aime, dans Macron, c'est qu'il a une certaine innocence et n'a pas sa langue dans sa poche. Par exemple, il a engueulé les types de droite qui étaient contre sa loi pour leur reprocher d'avoir voter « non » parce que la loi n'allait pas assez loin. Il a raison. Ils sont cons, à droite. Ils n'ont pas la culture du compromis, ils auraient du voter pour la loi. Les postures politiciennes commencent à bien faire. Toujours est-il qu'il les a traités de bovarystes ce qui est une fine allusion culture si je me rappelle des déboires de cette pauvre Emma.

Et il s'est payé les frondeurs. Comme on ne peut pas exclure que leur posture soit uniquement en vue de préparer le congrès, Macron a raison.

Tout le monde a retenu son qualificatif de « foyer infectieux » à propos de frondeurs. L'image est forte mais pas fausse : quand on commence à se battre contre la majorité à laquelle on fait partie, outre que la médecine aurait son mot à dire, il s'agit bien d'une infection. Sans compter la méconnaissance totale des pratiques de la cinquième république : ce n'est pas le Parlement qui choisit la ligne politique mais le premier ministre choisi par le Président.

Et parlons clairement : la gauche de la gauche, frondeur compris, n'a aucune chance de former un majorité de gouvernement, y compris en regardant vers la Grèce où le système n'est pas le même. Ils n'ont aucune légitimité politique pour gouverner. Ils ont la légitimité des urnes pour soutenir François Hollande même si ce dernier ne fait pas exactement ce qu'il avait promis. Ceux qui pensaient réellement qu'il allait terrasser les banques devraient aller à confesse immédiatement.

Macron a déclaré, juste après ses propos au sujet du foyer infectieux : « Au cours de la dernière nuit de discussion à l’Assemblée, j’ai été saisi de voir à quel point certains députés étaient dans un débat théorique et à quel point ils perdaient le réel. » Je le crois aussi et tout cela est très grave. Nous avons une représentation nationale qui ignore tout des changements survenus dans la société.

« Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. Moi je fais la politique avec les artisans et les artisans, au sens fort du terme, ce sont ceux qui ont passé des jours et des nuits à travailler un texte au fond, qui savent ce qu’il y a dedans, qui peuvent en être fiers. Et il y a la politique des fainéants, qui consiste à regarder la surface de l’eau. » Certes, il n'est pas très diplomate mais il a parfaitement raison.

Alors que la gauche avait le vent en poupe, que le texte a été étudié, amendé en commission, que beaucoup de député ont travaillé, quelques gugusses de la vraie gauche ont fanfaronné dans les médias et sont simplement venus voter « non » à l'Assemblée.

Ils sont cons, à gauche.

Et heureusement qu'on a des lascars comme Macron qui montrent que la gauche peut avancer en dehors d'un congrès du parti...


17 février 2015

La faute des frondeurs

La lecture de Twitter est amusante, cette après-midi, entre les types de gauche qui critiquent les frondeurs et ceux qui critiquent le gouvernement. Les frondeurs ont gagné : le gouvernement utilise le 49.3 aimablement fourni, main d’œuvre comprise, par notre constitution, qui permet au premier ministre de dire « vous me cassez les cerises ».

Vous prenez Google News, vous tapez « travail salarié » et vous tombez sur un tas d’articles, comme celui-ci, datant de la semaine dernière et reprenant une information de l’Insee. C’est important d’utiliser Google News, aussi, plutôt que de faire le guignol derrière un clavier. Je reprends cette dépêche. « Le nombre de travailleurs indépendants a nettement augmenté ces dernières années en France, où les non-salariés ne représentent cependant qu'une personne en emploi sur dix, selon une vaste enquête diffusée ce matin par l'Insee. » C’est une tendance à la hausse dans une courbe qui ne s’inversera pas.  « Cette proportion place l'Hexagone parmi les pays de l'Union européenne où le travail indépendant est le moins répandu, précise L'Institut national de la statistique et des études économiques. La moyenne européenne est de 15%. » Qu’on le veuille ou non… « La recrudescence du travail indépendant peut être aussi dans certains cas liée à des difficultés rencontrées dans la recherche d'un emploi salarié ». « Les non-salariés exercent des métiers très divers, exploitants agricoles, commerçants, artisans, professions libérales et sont sur-représentés dans des secteurs tels que la construction, la santé ou le commerce de détail, selon l'étude. »

Les frondeurs ont fait du travail le dimanche la mesure emblématique de la loi Macron préparée par Montebourg. Or le travail le dimanche n’est pas l’enjeu de société. L’enjeu de société est la pérennité du travail salarié (et la baisse du nombre de types qui restent sur le bord du chemin…).

Les frondeurs font une erreur, ils se trompent de combat. Ce n’est pas le fait d’avoir une posture de gauchiste qui fera le progrès social ou empêchera la régression. Ce n’est pas le fait d’avoir une posture de gauchiste qui permet de se prétendre à gauche. Surtout quand on pense essentiellement au prochain congrès du PS, pas à la France.

Ils font une faute politique, l’électeur ne s’y trompera pas, notamment s’il n’est pas salarié d’une grande entreprise. Ils font une faute politique en contraignant leur propre parti politique à faire appel au 49.3. Ils font une faute politique : ils ne gagneront pas et seront marginalisés.

Dans l’attente, ils peuvent aussi souligner ce qu’apporte la loi Macron.

Vous lui avez demandé à l’étudiant qui souhaite avoir des revenus s’il n’a pas envie de travailler le dimanche ? Et aux trois ou quatre millions de chômeurs à qui l’on dit « vous n’avez pas le droit de travailler le dimanche ».

Ils doivent bien rigoler.

Les frondeurs font une faute politique. Ils laissent Manuel Valls et François Hollande dire : « vous nous cassez les burnes, nous sommes les patrons, faites pas chier ». Et c’est peut-être bien ce qu’attend l’électeur. Les frondeurs politiques font une faute. Ils donnent l'occasion à l'opposition de défendre une motion de censure. Ils font une faute. Ils font porter le débat sur la forme et pas sur le fond.

Dans l’attente, je suis bien content, je vais pouvoir faire mes courses au Virgin sur les Champs Elysées. Ah, non ! Il a fermé. Parce que la société évolue.

"Qui se montre partisan d'un conservatisme étroit ou d'un retour vers un état social ou politique antérieur" C'est la définition que donne le Larousse du mot "réactionnaire". Je dis ça, hein...

19 octobre 2014

Vive le libéralisme, sauf le dimanche !

Parmi la chose politique de la semaine, il y en a une que je n'ai pas vraiment eu le temps de commenter dans mon blog : les annonces du ministre de l'économie Emmanuel Macron et des réactions qu'elles ont suscitées à gauche. Ca tombe bien, c'est aujourd'hui que Martine Aubry fait son vrai retour dans la presse en exigeant une réorientation de la politique économique. C'est elle qui soutenait Dominique Strauss-Kahn.

La vrauche a évidemment qualifié ces mesures de libérales, voire ultra libérales, la honte et tout ça mais a gueulé aussi quand Macron a fait des retours arrières : il est à la solde des lobbies de droite et tout ça aussi.

C'est bien rigolo. Le plus drôle étant l'Humanité qui qualifie les mesures de réactionnaires. Favoriser le travail du dimanche, c'est réactionnaire ? Torpiller les professions réglementées, c'est réactionnaires ? C'est vraiment n'importe quoi. En s'opposant au changement, l'Humanité qualifie les autres de réactionnaires. On croît rêver.

Les mots ont un sens, que diable ! Tiens ! Libéral : quel mal à libérer les professions réglementées ? En quoi pourrait-on considérer que casser des monopoles privés ne pourrait pas être de gauche. Un autre exemple : pourquoi les idées d'Emmanuel Macron de favoriser l'actionnariat salariés – à part le fait que les actions, c'est mal – serait-il mauvais ? Surtout quand ce sont des lascars qui préconisent la propriété de l'outil de travail par les salariés, ils ne pourraient pas devenir propriétaires de leur boite ?

Il n'y a qu'une seule vraie connerie, dans les propositions de Macron, la libération partielle du travail le dimanche. C'est une connerie pour un tas de raisons, la principale étant que c'est un leurre – qui plus est bien de droite, lui – qu'en travaillant plus, on pourra faire redémarrer l'économie. C'est faux ! Ce n'est pas parce que les gens dépenseront leurs sous le dimanche qu'ils en auront plus à dépenser.

Je vais donc faire une suggestion à notre jeune ministre de l'économie à propos de ce dossier. Petit 1 : aucune tolérance à la règle de la non ouverture des magasins le dimanche ne doit être accordée. Les contrevenant se verront enfoncer une statue gonflable de Mac Carthy dans un orifice tiré au sort. Petit 2 : les magasins auront le droit d'ouvrir tous les dimanches qu'ils veulent jusqu'à n'importe quelle heure dans des zones touristiques déterminées avec sagesse (les Grand Boulevards, à Paris, sont une zone touristique, contrairement au centre commercial des quatre temps, à La Défense). Petit 3 : les zones commerciales éloignées des centre-villes ou des centres d'activités touristiques ou de loisir ne pourront en aucun cas être reconnus en zone touristique. Petit 4 : même en centre-ville, les commerces qui ne peuvent prétexter aucun caractère touristique, comme les marchand de bricolage, les jardineries, ne pourront pas avoir de dérogation pour ouvrir le dimanche.

Ne chions pas sur le libéralisme, on se trompe de cible.

Hier soir, j'étais au bistro. Il n'y avait pas trop de monde, la soirée était sympa. J'en ai passé une partie à discuter avec le patron. A 0h35, il a sonné une première fois la cloche. Les clients connaissent : il ne va pas tarder à fermer, ceux qui ont encore soif peuvent encore passer une dernière commande. A 0h45, il a sonné une deuxième fois. Service terminé. A 0h50, il a commencé à prier les gens de régler leurs consommations et de partir. A 0h59, il a commencé à se fâcher. Il y avait un groupe de lascars qui faisaient la foiridon, qui voulait rester. A 0h05, tout le monde était sorti, y compris moi. Nous avions 5 minutes de retard, peut-être un peu moins. Si les gendarmes étaient passé devant, ils auraient pu faire un constat et obtenir une fermeture administrative de la boutique.

Ils ne sont évidement pas si cons : dans la mesure où il n'y a pas de problème de délinquance, de tapage nocturne, d'alcoolisme sur la voie publique, nos valeureuses forces de l'ordre n'ont aucune raison d'emmerder les commerçants.

Il n'empêche que, à Loudéac (comme dans tout le département), les bistros doivent fermer à 1h du matin le vendredi et le samedi. Pourquoi ce texte ? Pourquoi le patron n'aurait-il pas pu décider de fermer plus tard, hier, alors que nous n'étions pas nombreux, que tout se passait bien, que, de toute manière, la serveuse aurait pu faire le ménage dans la salle pendant que nous buvions le dernier verre... ?

Ce sont peut-être bien des textes réactionnaires qui imposent cet état de fait. De la sécurité, lutter contre les jeunes qui s'amusent, boivent, font du bruit.

Au nom du libéralisme, je demande leur suppression.

Si tu n'es pas d'accord et te prétends de gauche, réfléchis bien...

17 septembre 2014

L'illettrisme n'est pas un problème de mots...

A chaque jour sa nouvelle polémique. Emmanuelle Macron, notre nouveau ministre de l’économie aurait traité les salariés de Gad d’illettrés, provoquant un tollé au Front de Gauche (jusqu’à certains blogueurs qui n’hésitent pas à franchir un pas supplémentaire vers le grand ridicule). Le ministre a été obligé de présenter des excuses.

Il aurait déclaré : « Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Pour beaucoup on leur explique: “Vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km.” Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien. »

Il aurait dû faire quoi ? C’est vrai qu’on ne parle plus d’handicapés mais de personnes à mobilité réduite, d’aveugles mais de malvoyants,… A la place d’illettrés, il aurait dû dire « personnes à compréhension de l’écrit difficile » ?

Pourtant, le problème d’illettrisme est avéré chez les anciens salariés de Gad, pire que chez les blogueurs  de gouvernement. Exemple, cet article d’Europe 1 : « Avec un taux d'illettrisme d'environ 20% parmi les employés, le combat pour le retour à l'emploi s'annonce particulièrement ardu. »  Ou cet article de Ouest-France : « Une première réunion dans ce sens a déjà eu lieu à Lampaul-Guimiliau en février avec les salariés licenciés de l'abattoir Gad, afin de les informer sur les possibilités d'aide dans la réappropriation des savoirs de base. »

Tant que les syndicats et le Front de Gauche ne font que surveiller les propos des ministres, c’est sûr qu’ils ne s’intéressent pas aux problèmes des salariés (ou plutôt des chômeurs, d’ailleurs), qui ne peuvent pas avoir de boulot parce qu’ils n’ont pas le permis de conduire ou ne savent pas lire.

De ça, ils s’en foutent !


Et il est temps que cela cesse.

28 août 2014

On ne touche pas au temps de travail !

Ca ressemble à un premier couac : Emmanuel Macron a dit qu’il n’était pas opposé à un retour sur les 35 heures. Ca n’est pas un couac : il l’a dit dans une interview réalisée avant sa nomination au gouvernement. Il n’empêche que méchants twittos de gauche continue à délirer comme s’ils n’avaient pas vu les démentis du gouvernement. Il n’empêche que dans les propos de Macron (au micro…), on peut relever quelques sujets d’inquiétude…

Ce désir de nuire et ce manque de recul sont amusants. Ce matin, je me baladais dans Facebook et lisais quelques commentaires de retardataires donner leur avis sur le remaniement. J’ai vu une petite dame qui déclarait, ce matin : remplacer un industriel par un financier au ministère de l’économie est lamentable. Je vous passe le fait que M. Macron n’est pas un financier (ni une religieuse, d’ailleurs, et encore moins un Paris-Brest) mais ma petite dame n’avait pas remarqué que M. Montebourg n’était pas un industriel. C’est rigolo.

Revenons aux 35 heures…

Moi, vous me connaissez ! Ma gauchitude ne se traduit pas par une défense immodérée du droit du travail. D’ailleurs mes camarades gauchistes ne devraient pas oublier que nous sommes censés défendre les opprimés, tels de braves Robin des bois, qui sont essentiellement des gens qui ne sont pas concernés par le droit du travail, notamment des chômeurs mais aussi des salariés précaires, ce qui est à peu près tout le cas de tous ceux qui bossent dans les petites boites.

Il n’empêche que j’ai des marottes. Le temps de travail en est une tout comme la défense du CDI ce qui me pousse hurler occasionnellement contre le statut des intermittents et celui des autoentrepreneurs qui sont majoritairement utilisés par le patronat pour contourner le droit du travail. Alors, ce dernier, hein ! Pourquoi défendre les seuils sociaux alors que dans notre monde merveilleux que l’on prépare le salariat sera un jour remplacé par de la sous-traitance auprès de braves gens avec un statut particulier.

Je dis ça, j’ai l’air de déconner, mais je suis extrêmement sérieux ! Prenez mon job. Dans l’informatique, on a toujours fait appel à de la sous-traitance parce que les projets ont par nature une durée limitée et la quantité de travail est élastique. J’ai moi-même été salariés de SSII pendant 20 ans. Je dis que j’étais consultant parce que ça fait plus joli. Ainsi, dans mon service, aujourd’hui, il y a un bon tiers de « prestataires de services » que nous « louons » à des SSII. Figurez-vous que, maintenant, de plus en plus de ces prestataires ne sont plus salariés de leurs SSII mais sont autoentrepreneurs, entrepreneurs individuels voire salariés de toutes petites SSII. Notez bien qu’hors période de crise, ça arrange bien tout le monde : le prestataire gagne plus d’oseille et la SSII n’a pas de contraintes de gestion.

En résumé, moi, représentant d’une grosse entreprise, quand j’ai besoin de main d’œuvre, je fais appel à une société spécialisée (la SSII) qui me fournit du personnel qu’elle récupère à droite ou à gauche. Je n’ai donc pas de problème de gestion de personnel.

Il ne me surprendrait pas que ce mode de fonctionnement finisse par devenir la norme… Tiens ! Je connais quelqu’un qui est traductrice scientifique à son compte. Elle travaille soit pour des sociétés de traduction soit directement pour des entreprises qui ont besoin de traduction (publications scientifiques et autres notices ! Je me rappelle une fois, il y a une petite vingtaine, d’années où je l’avais aidée vu que j’avais internet et pas elle, j’avais passé des heures à me renseigner à propos des ciments). Toujours est-il qu’elle ne compte pas ses heures. Le matin, vers 6 heures, sur le PC, à travailler, vers 7 heures, elle s’occupe des enfants puis se remet au travail jusqu’à la fin de l’école, rapatrie son monde à la maison, se remet au travail, revient pour le repas et, quand les mômes sont couchés, rebelote. Pendant des périodes, elle n’a pas de client et peu souffler un peu mais le pognon ne rentre pas. Alors pendant les vacances, elle amène son ordinateur, se connecte à internet via la 3G de son iPhone et au boulot ! Le pire est qu’elle n’a pas le choix. Ce mode de fonctionnement est devenu un standard de la profession qu’elle a choisi il y a vingt ans, mais, outre le fait qu’il faut bien faire rentrer de l’argent, il faut bien qu’elle réponde aux besoins des clients, sinon ils vont chercher ailleurs et elle perdrait toutes ressources.

Elle ne connait ni les 35 heures, ni les 5 semaines,… Elle ne facture pas son travail au temps passé et personne ne peut savoir le nombre d’heures qu’elle y passe. Et cela pourrait bien être le cas de plus en plus de monde. Ou, du moins, il pourrait très bien y avoir de moins en moins de salariés.

Ainsi, si j’étais ministre de l’industrie, j’irais voir mon collègue ministre du travail et je me tournerais vers les partenaires sociaux pour leur suggérer de réfléchir à tout ça. Outre le fait que le travailleur n’est plus protégé par le code du travail et ce qu’il y a avec, l’entreprise ne verse plus de salaires et de cotisations sur le travail, c’est le prestataire qui paye ces cotisations (salariales et patronales, je ne sais pas exactement comment ça marche), en plus des différents impôts. L’entreprise ne paye qu’une facture globale en fonction de la prestation, majorée de la TVA par ailleurs récupérable.

Le modèle de société change… Et je ne suis pas Don Quichotte.

Revenons aux 35 heures…

Le temps de travail est globalement encadré par un nombre d’heures maximum par semaine, un nombre de semaines travaillées par an et un nombre d’années de travail au cours d’une vie. C’est un résumé mais, pour moi, la problématique du chômage ne peut pas être distincte de celle de la retraite… En gros, au cours de ta vie, tu devras travailler 64 000 heures et basta.

La limitation du temps de travail couvre plusieurs aspects.

Le premier est que c’est un acquis social, une conséquence du progrès et le résultat d’années de revendications, de luttes,… Il n’empêche que s’il y avait le plein emploi et que nous n’arrivions pas à produire suffisamment pour satisfaire nos besoins, nous concevrions très bien de travailler plus.

Le deuxième est que c’est garde-fou au « travailler plus pour gagner plus ». Des gens qui en ont la capacité pourraient souhaiter faire plus de 60 heures par semaine pour gagner du pognon. Je me rappelle d’une histoire qui avait fait l’actualité : une femme de ménage était salariée de deux entreprises différentes ce qui fait qu’elle dépassait 48 heures par semaine. La justice avait sévi.  Mais je me rappelle de commentaire de gauchistes à la petite semaine qui la plaignait… Avec la fin annoncée du salariat, il est temps de penser à ce sujet sérieusement…

Le troisième, et c’est ce qui génère ce billet suite aux propos de M. Macron, c’est que c’est un élément de partage du travail et donc des revenus. Si 9 types travaillent 39 heures, ils fournissent 351 heures de travail, ce qui pourrait occuper 10 lascars aux 35 heures. Evidemment, tout n’est pas une question de mathématiques et tout n’est pas aussi simple…

C’est un peu comme le travail le dimanche, tiens ! Si l’ensemble des Français ont 20 milliards (je dis ça au hasard) à dépenser par an dans les grandes surfaces spécialisées, qu’ils le fassent sur six jours ou sur sept ne change pas grand-chose et ne profite pas à l’économie, sauf dans les zones touristiques où pourrait consommer une clientèle étrangère.

Ainsi, les salariés français travaillent au total environ 40 milliards d’heures par an. Il me paraitrait à peu près plus juste de les répartir entre 30 millions de personnes qu’entre 20… Le coût serait le même et le montant que les Français auraient à dépenser dans l’économie. A droite, on dit qu’il faut travailler plus pour faire marcher l’économie et sortir de la crise. Ils ont raison ! Mais ce sont les 40 milliards qu’il faudrait augmenter, par le travail hebdomadaire de la partie de la population qui en a un.

Le ministre de l’industrie est chargé de permettre d’accroitre ce potentiel global de 40 milliards (que j’ai d’ailleurs sorti au hasard : ça fait 25 millions de salariés multipliés par 1600 heures).

Par contre, M’sieur Macron, M’sieur Rebsamen, M’sieur Valls et M’sieur pépère, ne touchez pas au 35 heures, bordel !

D’autant qu’avec la fin programmée du salariat, on est un peu dans la merde, et, surtout, qu’avec le progrès technologique, on a besoin de moins travailler pour subvenir aux besoins de la population (surtout qu’on achète des produits faits à l’étranger par des gens qui travaillent à notre place, ce qui n’est pas plus mal, au fond, mais fait sortir du pognon du pays).

Dans dix ans, toutes les caisses des supermarchés seront automatiques. Il n’y aura plus de caissière.

C’est un exemple. Je vais en prendre un autre. Je discutais hier avec un collègue. Mon boulot est de concevoir des logiciels. Le sien est d’aller les installer dans les agences « pilotes » (les premières qui vont utiliser ces machins pour les tester avant de les mettre dans toutes les agences). Hier, il me disait que les agents étaient inquiet par notre dernière trouvaille parce qu’ils avaient effectivement moins de travail à faire. On les rassure comme on peut (z’inquiétez pas les gars, on ne va pas vous virer mais quand machin partira à la retraite il ne sera pas remplacé).

Qu’on ait moins de travail est très bien ! Ca nous dégage du temps pour faire les cons dans les réseaux sociaux. Il n’empêche que cette réduction ne doit pas profiter uniquement à l’actionnaire mais à toute la société. On appelle ça la redistribution aussi. Ca peut se faire par l’impôt et les cotisations pour donner des sous à ceux qui ne peuvent pas en avoir par le travail.

Mais ça peut aussi se faire par le partage du travail. Les 35 heures en sont un outil.

N’y touchez pas, bordel !


Sauf pour les serveurs de bistro quand j’ai encore soif après la fermeture.

27 août 2014

Le Macron n'est pas encore grillé

Jeune Macron tourné à droite vers sa nouvelle boîte
Tous les jeux de mots avec Macron ayant été faits hier, je me devais de faire pire aujourd'hui. Visuellement essentiellement. Il n'empêche que je lisais ce matin, surtout dans Facebook, des critiques qui lui sont faites. Le monsieur est peut-être libéral mal la justice n'est vraisemblablement plus une valeur de l'aile gauche du PS.


Rigolons une minute. Citez-moi une vieille gloire du PS qui incarne l'aile gauche du PS. Ne cherchez pas longtemps : il n'y en a qu'un. Henri Emmanuelli. Où a-t-il fait ses premières armes ? Hein ? Ah ! Oui ! À la banque Rothschild.



Les critiques gueulent ! C'est un symbole disent-ils. Ce sont les mêmes qui disent que la nomination de Najat Vallaud-Belkacem est un symbole. Parce que c’est une femme. Sans préjuger de ses compétences. Bravo.


Disons que c’est un symbole.

Tiens ! Je me demande si les crétins qui ont fait un billet pour se foutre de celui que j’avais raté dimanche, montrant un joli manque de clairvoyance, auront noté celui d’hier matin où je fus d’une lucidité sans pareil vu que j’appelais Manuel Valls à nous faire « un machin bien "soclib" assumé » lui suggérant ensuite de faire un remaniement a minima pour ne remplacer que ce qui devait être remplacé.

Comme quoi, ma perte de main dura peu de temps.

Ce qui s’arrose.

Au vin blanc, pour un Macron.