Je pense que vous ne savez pas que le « shampoing,
coupe, coiffure » du Franck
Provost de Bourg-en-Bresse coûte 23 euros pour les hommes et 36 pour les
femmes. Ceci est révoltant et nous devons lutter pour l’égalité plutôt que de
passer notre temps au bistro. Je vais participer à la cause.
Mais tout d’abord, je tiens à présenter mes excuses au
personnel et aux dirigeants du commerce que je viens de stigmatiser avec une
rare virulence. Franck Provost est la chaîne que je fréquente et le classement
des salons par ordre des départements puis par ordre alphabétique du nom de la
commune fait que ce commerce est en premier sur le site web. Et les prix ne
sont pas affichés pour le
mien.
Toujours est-il qu’un « collectif a mis en lumière une différence de prix entre
les produits et services destinés aux hommes et ceux qui s'adressent aux
femmes. Bercy lance une enquête. » C’est le
Point qui nous le dit. Soyons honnêtes : quand j’ai vu cela, j’ai
retenu mon hilarité par principe, mais bon. Surtout que l’article est le
premier de la une de Google News.
Outre la coiffure, l’article cite quelques exemples comme
les rasoirs et le pressing. Faire laver un chemisier est plus cher que faire
laver une chemise. Je suis un blogueur consciencieux. J’ai pris mon Google
préféré et j’ai fait un sondage auprès d’un pressing. Le lavage d’une chemise
homme coûte 3 euros pour le bas de gamme et 6€50 pour du machin de luxe. Le
lavage d’un chemisier coûte 10€50. La différence est en effet extraordinaire.
Menant un véritable travail d’investigation, j’ai cherché ce qu’était un
chemisier. La différence saute aux yeux de tous les observateurs de la mode,
même moi, c’est vous dire. C’est donc dans le Larousse que mis toute ma
confiance : « Corsage de femme dont la
coupe s'inspire de la chemise d'homme. », le corsage étant : « Vêtement féminin qui habille le buste. »
Je ne suis pas que blogueur d’investigation mais aussi
blogueur de déduction, de réflexion, d’analyse.
Pour les rasoirs, la question ne se pose pas. La différence
de prix est strictement un phénomène de marketing mais répond aussi à une
logique financière habituelle : la loi de l’offre et de la demande. Les
hommes ayant plus de poil que les femmes – ce qui est une inégalité assez peu
dénoncée à sa juste valeur, ils consomment plus de rasoir, le coût de production
est donc moins élevé et, en plus, il y a beaucoup plus de concurrence puisque
le marché est juteux. Plus de demande mais aussi plus d’offre. Les rasoirs pour homme sont en vente au rayon
des machins pour que les hommes se lavent, les rasoirs pour femmes sont venus
au rayon « hygiène et beauté féminine ». Les rasoirs pour homme sont
bleus ou verts, les rasoirs pour femme sont rose. Ce n’est pas un choix de la
nature, nous en conviendront aisément, mais un truc marketing qu’il faut
dénoncer avec une très grande véhémence. C’est mal. Il n’empêche que ça
explique la différence de tarif.
Ce raisonnement ne doit pas s’arrêter là. Si les rasoirs
pour hommes sont les mêmes produits que les rasoirs pour femmes, les femmes
peuvent utiliser des rasoirs pour homme, voire piquer le rasoir de leur mari
mais ce n’est pas hygiénique (c’est beaucoup plus mauvais pour la santé que d’échanger
les brosses à dents, à cause des microcoupures susceptibles de générer des
saignements et donc l’échange de méchant virus comme celui du sida ou de la
jambe cassée).
Ainsi, si elles payent plus cher leurs rasoirs, c’est
uniquement par bêtises ce qui prouve bien que nous ne pouvons pas être
réellement égaux. Par ailleurs, il faudrait faire une étude pour savoir si les
hommes et les femmes homosexuelles utilisent des rasoirs pour l’autre sexe,
notamment s’ils sont dans la catégorie des passifs pour les hommes voire des
actives pour les femmes mais vous m’expliquerez plus tard ce que cela veut dire, ce n’est pas l’heure de
se taper une branlette, nous traitons un sujet sérieux.
Ainsi, si la femme peut acheter et utiliser un rasoir pour
homme, je ne vois pas pourquoi elle ne pourrait pas aller chez le coiffeur et
demander : « bonjour, je voudrais une
coupe pour homme, s’il vous plait ». La coiffeuse avisée ou le coiffeur
homosexuel répondrait : « hé ho, vous n’êtes
pas un homme ». Ce en quoi la dame pourrait répondre : « Et alors, si je veux une coupe pour homme, hein ? Qu’est-ce
que vous avez à répondre à cela ? ». L’honnête commerçant se dirait
alors qu’il est tombé sur une casse-couille et abandonnerait immédiatement. La
dame aurait en plus le plaisir d’être coiffée en silence par un lascar faisant
la gueule. Parce que les discussions des coiffeurs, hein…
Poussons un peu plus loin. Imaginons un homme avec une
coiffure particulière, un brushing, les cheveux longs, ou que sais-je ?
Cela ne choquerait strictement personne qu’on lui fasse payer le tarif femme. Nous sommes donc, dans
ce combat, dans une discrimination à l’envers. Ce sont bien les hommes qui sont
discriminés parce qu’il est affiché « tarif hommes » sur la devanture
d’un commerce. En fait, les féministes qui dénoncent cette histoire de tarifs
différents, stigmatisent directement les hommes alors qu’elles devraient
stigmatiser les coiffeurs.
Le sujet est intéressant. Un homme va chez le coiffeur parce
qu’il le faut ou parce qu’il est temps, ou parce qu’il va se faire engueuler
par sa femme, ou parce qu’il se fait chier au bureau. Il choisit de préférence
un coiffeur sans rendez-vous, qu’il connait un peu parce que ça l’emmerde de
répondre à la question « il se coiffe comment ? » et tout ça. La
femme va chez le coiffeur pour se faire belle. Elle prend rendez-vous à l’avance
pour être sûr d’être prise et va toujours chez la même coiffeuse car elle la
coiffe bien, elle, et elle se rappelle toujours de la référence de la couleur.
Vous me direz que ceci est immonde cliché machiste et vous
aurez probablement raison. Il n’empêche que le jour où les femmes trouveront
que cela fait distingué d’être chauve, on pourra étudier à nouveau le problème
et elles pourront acheter un rasoir à sabot qui pourront à la fois leur
permettre de se raser le crâne et tous les endroits qu’il est d’usage de se
raser, ce qui n’est pas l’objet du billet, bien que l’on pourrait rigoler. La
pilosité des femmes est un éternel sujet de réjouissance.
Nous avons traité le cas des poils à un détail près :
je n’ai pas consulté les tarifs sur internet pour les rasoirs mais uniquement
pour les coiffeurs et le pressing. Je
vous laisse faire les recherches vous-mêmes. C’est un peu chiant parce qu’il
faut pouvoir comparer des produits et conditionnements identiques, dans des
même gammes. Notons d’ailleurs que nos féministes du jour sont un peu fainéants
de même que les gens des ministères : l’étude est assez facile à faire
avec Google ou dans le supermarché du coin.
Il nous reste le cas du lavage des chemisiers.
S’il est avéré que les femmes peuvent utiliser des rasoirs
pour homme et quasi avéré qu’un coiffeur ne rechignerait pas à faire une coupe
pour homme à une femme, le lavage des chemisiers est un cas particulier.
Certes, une femme pourrait mettre des chemises pour homme mais elle aurait un
problème, ne le cachons pas mais faites sortir les enfants, au niveau des
nichons, du moins celles qui ont des nichons normaux ou gros.
Ainsi, la principale différence entre les chemisiers et les
chemises est provoquée par les nichons. Si on parle de pressing, nous sommes
dans des fringues de haut de gamme. Une personne avisée ne confie pas des
chemises de bas de gamme ou de milieu de gamme ne confie aucunement ses
chemises à laver à un pressing et trouve une solution pour le repassage.
Les chemisiers ont une coupe particulière à cause des
nichons avec des tissus particuliers. Cette coupe particulière provoque des
difficultés complémentaires pour l’entretien et notamment le repassage. C’est
donc plus cher.
Nous pourrions évoquer les solutions comme nous l’avons fait
pour le rasoir et le coiffeur mais je n’en trouve aucune qui ne soit pas tirée
par les cheveux. Nous avons évidemment des solutions rigolotes comme forcer les
hommes à porter des faux seins ce qui permettrait, en plus, aux homosexuels de
pratiquer la cravate de notaire à moindre prix mais elles ne sont pas
sérieuses.
Nous pourrions proposer une loi qui obligerait les pressings
à pratiquer une égalité tarifaire. Cela serait évidemment complètement grotesque
mais je m’en fous : faire laver des chemises en pressing est une solution
de riches. Il n’empêche que le coût pour le lavage des chemises pour homme
augmenterait, ce qui serait une forme de discrimination inacceptable.
Puisque nous avons une solution par la loi pour le pressing,
qu’en est-il du reste ? Je ne plaisante pas. C’est bien le ministère de l’économie
qui a été saisi par ce collectif féministe, pas celui du droit des femmes. Ce
dernier aurait pu faire des campagnes, négocier avec les industriels et
professionnels concernés. Le sujet étant pris en main par Bercy, cela sent bon
la volonté des féministes de faire légiférer. Du genre : il est interdit
de :
Petit 1 : faire des produits réservés à un genre quand
les deux genres peuvent utiliser le même. Le cas des préservatifs donnera lieu
à une exception. Pas les sous-vêtements. Les consommateurs ne sont pas assez
idiots pour voir que les petites culottes de dentelles sont plus spécialement
conçues pour les femmes et les slips kangourou pour les hommes même si une
exclusivité d’usage ne peut pas être affirmée. En plus, les rayons de lingerie
ne pourront plus être séparés dans les magasins et on aura des érections en
regardant la lingerie fine en choisissant des caleçons.
Petit 2 : afficher des tarifs différents pour les
hommes et pour les femmes. Ceci pourrait
fonctionner pour les rasoirs et nous resterions becs dans l’eau pour les
chemisiers. La politique tarifaire des coiffeurs deviendrait délirante et le
prix de la coupe homme pourrait augmenter ce qui inciterait de plus en plus de
lascars à se couper les cheveux eux-mêmes. Nos rues seraient remplies de types
rasés de près.
Avec ce genre de billet, je ne vais pas calmer ma réputation
de réactionnaire. Il n’empêche qu’il me serait agréable de savoir que mes
impôts ne sont pas utilisés à payer des fonctionnaires faisant des études
idiotes.
Néanmoins, je vous propose un exercice : regardez l'illustration de ce billet. Si une femme peut mettre un caleçon homme sans problème (a priori, ce vêtement n'est pas destiné à être montré à tout le monde), un homme pourrait mettre un caleçon de femme mais aurait la bite à l'étroit.
Voila une discrimination qu'il faut combattre.








